25/02/16

Devinez COA ! de Paule Battault & Vincent Boudgourd

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Ouhlàlà, accrochez-vous ! Voici l'histoire d'une devinette interminable, un peu vicieuse, mais carrément déjantée ! 

Tout commence avec la mouche qui aime les cerises, puis l'araignée entre en scène. Devinez ce qu'elle aime ? Les mouches qui aiment les cerises. Tiens, une grenouille ! Qui aime les araignées qui aiment les mouches qui aiment les cerises. Et puis, la couleuvre... la corneille... le renard...

La chaîne alimentaire n'en finit plus de s'allonger et d'étourdir l'attention des petits lecteurs, qui gardent les yeux rivés sur les pages du livre. Encore, encore ! se disent-ils avec impatience. La lecture les tient en haleine, car dès qu'un nouveau personnage fait son apparition, c'est pour mieux dévorer le précédent. Ah, ah.

Bon, tout se corse avec la petite sorcière, qui pensait aimer ci et ça, et puis non, finalement, ce qu'elle préfère, devinez coa! ...

La chute est désopilante. Elle survient comme le coup de gong final d'une pièce de théâtre, hop les lumières s'éteignent, bim bam gnac... Et lorsque le rideau se lève à nouveau, il n'y a plus qu'à déplorer la victime, qui brille par son absence, mais pas seulement. Les auteurs ont volontairement glissé des petits indices très rigolos.

Cet album se lit comme une comptine et fait appel à l'écoute et au sens de l'observation de l'enfant. Même les illustrations, d'apparence indisciplinée, allient griffonnage et finesse, pour donner encore plus de force à cette histoire farfelue. Une chouette découverte ! 

Milan / Février 2016

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13/02/16

Les Dents de la jungle, de Jarvis

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Ali est un alligator terrifiant et, comme tous ses ancêtres, il règne sur la jungle en maintenant un climat de terreur. Tous les matins, il procède à son rituel en effectuant une toilette minutieuse, depuis ses écailles brillantes, à ses griffes aiguisées et aux dents longuement brossées. Puis, il parcourt les alentours en poussant des cris effrayants et en faisant claquer sa mâchoire. L'effet est radical, les grenouilles, les singes et les perroquets se planquent en hurlant comme des malades.

Ali est ravi de l'effet qu'il produit, fier d'inspirer de la crainte. Sauf que l'histoire ne dit pas tout : chaque soir, à l'abri des regards indiscrets, Ali ôte son dentier. Eh oui, un dentier ! Notre grosse bestiole terrifiante est finalement aussi inoffensive qu'un agneau, mais chut ! surtout n'ébruitez pas son secret. Ali serait malheureux sans ce sentiment de puissance, après tout il ne sait rien faire d'autre qu'effrayer les habitants de la jungle.

Et puis, un matin, Bertrand le castor découvre malencontreusement le dentier d'Ali, tandis que celui-ci est encore en train de roupiller un petit somme dans son marais. Quelle aubaine. La révolution peut commencer ! Bertrand et ses camarades prennent le pouvoir et décident d'en faire baver à leur tortionnaire. Du moins, ils vont le faire marcher une bonne journée, avant de se ressaisir face à sa détresse et ses gros sanglots.

Il faut croire que même les brutes ne méritent pas d'être humiliées indéfiniment, surtout si la leçon a été bien apprise. Tous conviennent donc d'un pacte de cohabitation en bonne et due forme. Ali l'alligator va se trouver une nouvelle vocation en s'improvisant jardinier, coiffeur, dentiste et même conteur d'histoires à faire peur ! C'est tout de même son point fort, ne l'oublions pas ! ;-)

Bref. Cette histoire espiègle et drôle est extraordinairement mise en scène par les illustrations colorées et cocasses de Jarvis. Le ton humoristique s'étale à chaque page - même Ali l'alligator ne fait pas peur du tout ! Sa tronche et son sourire canaille font franchement sourire. Cela donne à la lecture une tonalité pleine de pep's et de jovialité, qui plaît beaucoup aux enfants... qui en redemandent. Un album très, très sympa, à découvrir. 

Milan / Février 2016 ♦ Adaptation française de Mim

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06/02/16

Rebelle au bois charmant, de Claire Clément & Karine Bernadou

REBELLE

Rebelle est une très belle jeune fille, fortement courtisée par les beaux garçons de la région... pour son plus grand malheur. Car la demoiselle ne veut pas se marier, elle aime vivre seule et s'adonner à ses petits plaisirs coupables : se lever quand elle veut, manger de la confiture avec des œufs, avoir des chats, des chiens et des grenouilles dans toute la maison, se baigner tout habillée dans le ruisseau, mettre ses coudes sur la table, ses doigts dans le nez, et aussi crier “Purée de pétard de potiron qui pue”.

Alors elle ruse et use de subterfuges pour tromper ses soupirants, qui prennent tous la poudre d'escampette et décident de la laisser tranquille. Quelques années passent, Rebelle se sent un peu seule et décide de partir à l'aventure... pour se trouver un petit mari. Allons donc. Elle toque chez un prétendant, pas très avenant, et préfère continuer sa route. Et pourtant, Gaston vient de tomber fou amoureux de Rebelle et se lance à sa poursuite.

L'histoire est amusante, portée par des personnages qui sont loin d'être polissés et gnangnans, dans cette parodie des contes de prince et princesse à marier. Ici, Rebelle et Gaston ont tous deux des manières grossières, qu'ils affectionnent particulièrement, car ils refusent de changer pour satisfaire les convenances et choisissent ainsi le célibat... sauf que la solitude, ça pèse, et parfois l'amour, ça ne se contrôle pas. Nos deux amoureux vont donc longuement négocier leur vie à deux avant de sceller leur rencontre extraordinaire par une fête complètement folle.

Un vent de folie souffle sur cet album délicieusement exubérant, et aux illustrations aussi joyeuses et pétillantes !  

Album Milan ♦ Janvier 2016

Deux nouvelles aventures avec Milan…  Deux nouvelles aventures avec Milan… 

source : Karine Bernadou

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29/10/15

Horrorstör, de Grady Hendrix

Horrorstör

Quelle singulière couverture, qui prête volontairement à confusion ! Eh non, ceci n'est pas le dernier catalogue d'un célèbre magasin d'ameublement suédois. Il s'agit tout simplement d'une tentative amusée d'un auteur américain qui cherche à faire parler de son roman, dont l'histoire se passe dans une grande enseigne de meubles (Orsk).

Basil, le responsable du magasin, est contrarié par des actes de vandalisme répétés, qui se passent la nuit, sans jamais alerter les caméras de surveillance. Il convoque donc deux employées, fiables et discrètes, Amy et Ruth Ann, pour une inspection nocturne et entend lever le mystère sur ces agissements incompréhensibles. Or, rien ne va se passer comme prévu. Et la nuit va être longue, très longue. On réalise assez vite que l'ambiance du magasin est oppressante, en plus d'être inquiétante, car des phénomènes dignes de figurer dans Paranormal Activity s'invitent à la fête. Youhou. La lecture prend enfin une tournure glaçante, alors qu'on s'imaginait débarquer dans une critique cinglante de la société de consommation, planquée sous des artifices anxiogènes. Mais le résultat est là, scotchant, sombre, poignant. On louvoie entre les émotions fortes et la réflexion suggestive, à l'ombre d'une histoire terrifiante et au suspense hyper efficace. C'est d'autant plus percutant que l'expérience est vécue par une jeune femme éreintée par son boulot, qu'elle ne supporte plus mais auquel elle reste enchaînée par obligation économique. La tension qui s'installe au fil des pages est donc pernicieuse. On devine le danger, plus qu'on ne le subit. Le rythme est lent, l'attente assez longue. Mais heureusement cette chasse aux fantômes prête aussi à sourire, dans les échanges entre les personnages et leur humour sarcastique, d'où certaines scènes surréalistes (cf. extrait ci-dessous). En bref, Horrorstör n'est pas juste un roman qui fait peur, qui dénonce l'esclavage moderne et qui a réussi un gros coup de pub. C'est avant tout une lecture qui fait ressentir des tas de choses et ce n'est déjà pas si mal. 

Milan et demi / Août 2015 ♦ Traduit par Amélie Sarn

♦ Lecture en commun avec Hilde - Sookee &  Lou ♦ 

« De l'autre côté de l'allée, le décor présentait la chambre Sylbian. Tonalité mauve, le moindre détail parfaitement agencé. Rien ne manquait, tout était à sa place. Sauf qu'une main dépassait du cache-sommier. Une main poilue avec une alliance en or.
Amy donna un coup de coude à Basil. Il suivit son doigt tendu et ses yeux s'écarquillèrent comme des soucoupes. 
Leur mouvement de recul alerta Matt qui se retourna. En voyant la main, il sursauta et essaya de tirer Trinity en arrière, mais elle se dégagea. Ruth Ann s'éloigna le plus possible.
- Hum, toussota Basil, nous vous voyons.
Rien. Pas de réaction.
- Sous le lit, poursuivit Basil d'une voix trop forte. Avec l'alliance. Nous voyons votre main poilue et... nous vous encerclons.
La main ne bougea pas, ne tressaillit même pas. Amy ferma les yeux. Ils avaient trouvé un cadavre, ça ne pouvait être que ça. Quelqu'un était mort dans la zone des Chambres, et il était évidemment hors de question que ce cadavre puisse être encore là à l'ouverture. Basil exigerait qu'il soit évacué avant l'arrivée du consultant de la maison mère. Cette nuit ne finirait jamais.
- Nous avons appelé la police, tenta de nouveau Basil. Vous devriez sortir de dessous ce lit de votre plein gré, maintenant. Sinon, ce sont les policiers qui vous y obligeront. Vous avez envie de goûter à leurs bombes lacrymogènes ? Ou à leurs Taser ?
Brusquement, Ruth Ann passa devant lui et poussa le lit. L'homme était étalé face contre le sol, les bras écartés, façon étoile de mer. »

♦♦♦♦♦♦

 

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22/10/15

Classique Maudit pour le #Challenge Halloween : Docteur Jekyll et Mister Hyde

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illustré par Sébastien Mourrain ♦ traduit et adapté par Maxime Rovere

Magnifique adaptation de ce classique de R.L Stevenson, qui propose, rien par sa couverture et ses illustrations mystérieuses, une immersion radicale dans un univers fiévreux et inquiétant. 

Dans le Londres de la seconde moitié du XIXe siècle, le notaire Utterson revient sur sa rencontre avec mister Hyde, un personnage abject, qui prétend connaître le respectable docteur Jekyll, dont il serait le légataire universel. « Comment un véritable suppôt du diable peut-il fréquenter un parfait gentleman ? » Utterson cherche à obtenir une explication de son ami, mais le docteur Jekyll se ferme comme une huître et Utterson s'en retourne à ses basses besognes. Un an plus tard, mister Hyder fait de nouveau parler de lui en assassinant cruellement un honorable conseiller municipal. La ville est sous le choc mais l'individu est introuvable. Jekyll est prostré chez lui, clamant qu'il ne reverra plus jamais de sa vie ce rustre, ce maudit, ce dément. Il remet également au notaire la confession écrite du coupable, que celui-ci aurait déposée devant sa porte avant de disparaître. Peu de temps après, Utterson s'entretient avec un ami commun, le docteur Lanyon, qui lui avoue avoir reçu un choc dont il ne se remettra pas. « Je ne veux plus entendre un mot à propos du docteur Jekyll. Ne parlons pas d'un homme que je considère comme mort. Un jour, vous apprendrez peut-être la vérité sur toute cette histoire. » Après bien des drames et autres tragiques disparitions, Utterson finira par percer le mystère du lien étrange entre le docteur Jekyll et mister Hyde. Une découverte susceptible de bouleverser sa vision de l'être humain (le civilisé et le sauvage, l'animalité et l'humain, la mort et la vie) et qui préfigure sans nul doute la schizophrénie actuelle.

J'ai toujours eu un faible pour cette histoire sombre et fantastique, palpitante et endiablée. Elle reste pour moi un titre inconditionnel de la littérature classique anglaise indémodable. Cette adaptation sous forme d'album au grand format (26,5 x  32,5 cm) lui rend un formidable hommage, avec une mise en couleurs extraordinaire qui crée d'office une aura envoûtante.

Milan / Coll. Albums Classiques ♦ Octobre 2015

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03/07/15

#8PM, tome 2 : Effets secondaires, de Jeff Sampson

8PM

Emily était une jeune fille sans problème, plutôt réservée, jusqu'au jour où sa personnalité a commencé à se dédoubler pour devenir une Emily de la Nuit, vamp incontrôlable, qui fait les 400 coups et drague les mecs lors des soirées alcoolisées. Mais c'était avant de découvrir sa nature profonde et de comprendre qu'elle avait servi de cobaye pour un laboratoire privé. Elle a depuis identifié d'autres jeunes gens dans son cas, zigouillé un meurtrier en série et renoncé à sa vie d'avant. Car les ennuis la poursuivent et Emily doit sonner le rassemblement de la “meute” pour prévenir la présence envahissante de “spectres” et repérer les nouveaux “déviants” qui circulent en électrons libres. Or, son amie Megan prend la mouche et pollue futilement une grande partie de l'histoire, qui déraille en une spirale infernale, mais pas démentielle non plus. Le rythme est bon, les personnages bien en place dans une intrigue peu exceptionnelle, mais pas déplaisante. On n'a pas une évolution fulgurante des caractères qui restent, pour la plupart, très juvéniles et peu fouillés. Je reste aussi perplexe à la lecture de l'univers dépeint (le truc où l'on se renifle... mouaip), même si l'auteur tente sincèrement de renouveler une mythologie ressassée (je spoile si je balance sa teneur), cela reste donc trop en surface à mon goût. Il s'agit de l'avant-dernier tome d'une série qui ne se distingue pas par son originalité, mais inspire une certaine sympathie.

Milan, coll. Macadam / avril 2014 ♦ Traduit par Mim (Deviants #2 : Havoc)

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25/06/15

Les Insurgés, de Malorie Blackman

Les insurgés

Kaspar Wilding vient d'intégrer la prestigieuse académie des Gardiens et rêve d'une brillante carrière, à l'instar de ses parents tous deux décédés. Depuis son enfance, il a grandi dans le culte de l'Alliance et son Haut-Conseil qui lutte contre les Insurgés en prônant un combat pacifique : les armes létales sont strictement interdites, toute répression est réglementée, l'ennemi est arrêté et envoyé en détention pour interrogatoire. Kaspar est convaincu d'œuvrer pour la bonne cause. C'est seulement lors d'une opération de contrôle avec son pote Dillon que le garçon va croiser le chemin d'une jeune rebelle et entrevoir une autre perspective sur ce monde où ils vivent dans des camps différents.

On a là un scénario classique pour un roman dystopique promu par la réputation de l'auteur. Malorie Blackman a coutume d'écrire des livres qui incitent à réfléchir et ne pas tout gober à la première cuillerée. Cette fois, la réflexion porte sur la politique et la manipulation des têtes gouvernantes. Ne pas croire aveuglément tout ce qu'on peut raconter. Le héros de l'histoire est un garçon intrépide mais meurtri par son héritage familial. C'est un bon bougre, qui agit à l'instinct, voit tout, capte tout, sent tout. Un vrai petit génie.

C'en est même trop, car il n'est pas assez avisé. Après chaque coup d'éclat, il tente de se poser et commence à s'interroger. Il collabore avec une jeune Archiviste aux cheveux mauves, Mac, pour bidouiller les ordinateurs et va s'attirer les foudres des chefs, bref on connaît la suite. Je sais bien que c'est un cheminement basique, mais à ce stade j'ai lu trop de romans du même goût pour lui passer la pommade sans avoir à y redire ! ... Le bouquin se lit vite et bien. C'est truffé d'action et de conspiration. Après ça reste léger et trop survolé. 

Milan, coll. Macadam / avril 2015 ♦ Traduit par Amélie Sarn (Noble Conflict)

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23/04/15

Complice(s) d'Eireann Corrigan

Complice

« Ça a commencé comme une plaisanterie. Une blague de très mauvais goût. Le genre de truc dont on n'aurait osé parler à personne, Chloé et moi, de peur de passer pour des monstres. (...) On n'était pas obsédées par la célébrité, d'autant qu'elle est éphémère, les gens ont la mémoire courte. Non, l'intérêt c'était plutôt d'avoir un rôle crucial lors d'un événement important. Une façon de rester vigilantes et réactives, quoi. »

L'heure est grave : une éducation complète ne suffit plus pour entrer dans l'université de son choix, il faut aussi de la motivation en béton, une forte personnalité et combattre l'adversité. Chloé met alors au point, avec son amie Finn, un faux kidnapping. Tandis qu'elle se planque dans la maison de sa grand-mère, savourant son succès devant son poste de télévision, Finn est dépassée par l'ampleur du drame qui se joue à l'extérieur et tente de trouver une issue favorable. Le plan des deux ados peut sembler stupide, naïf et irréfléchi, mais il est dénonciateur des défauts de notre société, comme la pression sociale, la spirale médiatique et ses effets pervers. Difficile alors de ne pas se sentir concernée, ou littéralement happée, par le fil de l'histoire, qui se déroule selon une orchestration simple en apparence, avant de se révéler féroce et implacable. 

La lecture est en effet hallucinante, voire frustrante, car les deux héroïnes sont rudement agaçantes par leur égoïsme et leurs mauvaises décisions. On n'éprouve aucune empathie pour elles, au contraire on s'indigne et on a envie qu'elles se ressaisissent (peut-on infliger pareille torture à sa famille ?!). Même leur amitié sera mise à rude épreuve, faisant voler en éclats le vernis des apparences. L'histoire est donc d'une redoutable efficacité, avec un suspense au taquet et la démonstration d'une supercherie aux conséquences dévastatrices. Bonne pioche pour ce roman qui se veut captivant, poignant, tordu... scotchant !

Milan, coll. Macadam, mars 2015 ♦ traduit par Pascale Houssin (Accomplice) 

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20/04/15

L'Élite 2. Sous surveillance, de Joelle Charbonneau

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Je m'attendais à une suite plus originale, au lieu de ça l'histoire est lente, répétitive, portée par une héroïne peu attachante. Cia est une jeune fille brillante, mais franchement agaçante. Tout repose sur ses épaules, au lieu de paniquer, elle gère à merveille les nouveaux tests psychologiques, les nombreux cours qu'elle doit suivre, la mission d'infiltration, bref elle anticipe chaque événement sans frémir. De plus, l'intrigue évolue sans hâte et se perd dans la description de la routine universitaire. Me suis clairement ennuyée. Il est loin le temps d'une lecture trépidante, semée d'embûches et pleine d'imprévus. Je n'ai pas été convaincue par la nécessité de tester à nouveau les rescapés du tome 1, et encore moins par l'interlude amoureux, qui ne sert à rien. Je lirai néanmoins le prochain tome, pour connaître la fin de l'histoire qui avait su faire preuve d'un brin d'originalité jusqu'à présent... ☺

éditions Milan, coll. Macadam, février 2015 ♦ traduit par Amélie Sarn (The Testing : Independent Study)

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06/04/15

L'Élite, de Joelle Charbonneau

L’Elite

Meurtrie par les guerres successives et les catastrophes naturelles à répétition, la planète se reconstruit avec peine. La société a également remodelé ses repères en formant diverses colonies où chacun doit multiplier ses efforts pour assurer sa survie. Dès 16 ans, la jeune génération est jetée en pâture, soit pour travailler, soit pour aller à l'université et devenir l'élite de demain. Mais pour se montrer à la hauteur des attentes, il faut faire montre d'intelligence, de rouerie et d'acharnement.

Cia a grandi dans la colonie des Cinq Lacs et aspire à rejoindre la Capitale pour intégrer l'université de Tosu. Pour décrocher son ticket d'entrée, il faut être sélectionnée à passer le fameux Test (une série d'épreuves intellectuelles, physiques et morales). Son père en a fait l'expérience, mais n'en a plus aucun souvenir. Cette situation frustre la jeune fille, désireuse de se surpasser. De plus, cela fait dix ans que leur petite colonie n'a pas envoyé de candidats pour les représenter. Cia a donc hâte de chambouler la répartition, quand arrive enfin la remise des diplômes, avec l'annonce officielle de la précieuse sélection.

À l'annonce du cocktail : jeunes gens prêts à tout pour décrocher le Graal, écrémage drastique, selon des règles à l'éthique douteuse & zigouillages d'une rare violence (poison, arbalète, chasse à l'homme), vous vous dites “j'ai déjà lu ça”. Mais encore ? Eh bien figurez-vous que cette histoire au scénario rodé parviendra une fois encore à vous surprendre, en vous embarquant dans une aventure palpitante, et qui tient en haleine. Seule l'héroïne a pour principal défaut d'être une demoiselle trop parfaite (elle sait tout, capte très vite, semble revenue de tout). Même son histoire d'amour arrive comme un chien dans un jeu de quille. C'est passablement frustrant.

À part ça, on mord à l'hameçon et on ne le lâche plus. L'intrigue ancrée dans le milieu universitaire est une donne nouvelle et intéressante. On se sent vite à son aise, curieux de tout, angoissé par les épreuves et leurs enjeux. Même si la recette est parfaitement éculée, elle est toujours efficace et d'une intensité psychologique redoutable ! J'ai beaucoup aimé et n'ai pas traîné pour lire la suite !

éditions Milan, coll. Macadam, mai 2014 ♦ traduit par Amélie Sarn (The Testing)

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