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Chez Clarabel

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14 novembre 2012

“If you ain’t scared… you ain’t human.”

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Présentation du décor : nous avons un Bloc, avec des murs immenses et des portes qui se ferment tous les soirs, pour se protéger des créatures du Labyrinthe. Car derrière cette enceinte, se trouve une jungle de lianes, où se cachent les Griffeurs, des espèces de limaces immondes qui s'en prennent à leurs victimes en les piquant, ce qui provoque une crise de delirium appelée la Transformation. Pour en guérir, il faut injecter le Sérum et attendre deux jours en poussant des cris d'horreur.

Au sein du Bloc, on trouve une petite vingtaine d'adolescents. Débarqués de nulle part, ils ne se souviennent ni de leur passé, ni de leur histoire. Chaque mois, un nouveau candidat surgit d'une boîte, complètement hébété et seulement capable de bredouiller son prénom. Cela fait deux ans que cette étrange aventure dure, les adolescents sont à cran, aussi accueillent-ils avec dépit le dernier arrivant. Mais Thomas est un empêcheur de tourner en rond, il pose des questions, juge et émet des opinions, il fourre son nez partout et il a pour ambition de devenir Coureur (pour affronter le Labyrinthe et ses Griffeurs). En gros, il dérange.

Et puis, il n'ose pas l'avouer, mais il a une impression de déjà-vu. L'endroit lui semble familier mais sa mémoire lui joue des tours. Il comprend toutefois que la soudaine arrivée d'une fille parmi le groupe est le signe d'un grand changement. Ensemble, peut-être vont-ils cerner le mystère qui les entoure. Mais bon, rien n'est simple et puis la bande des Tocards met souvent des bâtons dans les roues, car cette succession d'évènements hors du commun est perturbante et provoque des grognements de frustration.

Concrètement, l'histoire est très curieuse : elle suscite l'interrogation, excite l'imagination et incite le lecteur à tourner les pages à toute vitesse. C'est un roman d'action, de suspense et de manipulation (ou je ne m'y connais pas). Le milieu est à la fois exotique et hostile, on s'y sent mal à l'aise, en danger et on n'y comprend rien du tout ! Sur ce plan, c'est infaillible, nos nerfs sont à vif et on devient un pantin entre les mains de l'auteur (et des Créateurs du Bloc !). Très bon épilogue, à ce propos, qui lance la perspective d'une suite encore plus flippante (mais moins surprenante, je suppose). Toutefois, j'émets une petite réserve car j'ai trouvé le style un peu lourd et pesant. J'ai passé un bon moment de lecture, mais il m'a tout de même manqué la petite étincelle pour revendiquer un enthousiasme débordant.

L'Epreuve, tome 1 :  Le Labyrinthe,  par James Dashner
PKJ. (2012) - traduit par Guillaume Fournier

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13 novembre 2012

L'histoire du soir #16 : Elvis Presley, de Stéphane Ollivier & raconté par Eric Caravaca

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En onze tableaux et un CD audio, découvrez l'enfance musicale d'Elvis Presley. Issu d'une famille pauvre, Elvis a vu le jour le 8 janvier 1935 près de Tupelo dans le Mississippi. C'est un petit garçon sensible, qui grandit en chantant des gospels, tous les dimanches à la messe. Pour ses 11 ans, il reçoit en cadeau une guitare. L'enfant commence à se produire en public, déménage à Memphis, découvre le rythm'n'blues, B.B. King et Roy Brown. Son diplôme en poche, il devient mécanicien mais n'abandonne pas sa passion pour le chant en enregistrant deux titres chez Sun Records. Le patron le remarque et va l'aider à trouver son style : une voix claire, assurée et sensuelle, un déhanchement endiablé, le rock'n'roll vient de trouver son maître ! Elvis a vingt ans, sa carrière connaît un succès foudroyant, le beau gosse se lancera aussi dans le cinéma et fera un comeback musical avant de s'éteindre, un 16 août 1977, à Memphis.

(Comme cet ouvrage se destine à des enfants, un public innocent, l'histoire fait l'impasse sur les heures sombres du King, ses excès, ses abus.) J'ai beaucoup apprécié cette balade en musique, riche en anecdotes, qui retrace le parcours d'Elvis dans ses grandes lignes, et à travers ses tubes les plus marquants (Jailhouse Rock, Love me tender, Heartbreak Hotel...). L'ouvrage est accompagné d'un Cd, indispensable, pour partir à la découverte de cet artiste légendaire. Il met aussi en lumière le contexte politique du Sud des USA et l'émergence du courant musical avec le blues, le rythm'n'blues et le rock. Un petit guide parfait pour les enfants !

Découverte des musiciens : Elvis Presley, sur un texte de Stéphane Ollivier, raconté par Eric Caravaca
illustrations de Rémi Courgeon - Gallimard jeunesse Musique, 2012

13 novembre 2012

« Parce que tout commence pour finir »

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Dans une petite ville danoise, sans histoire, une classe de 4ème assiste sans broncher à la sortie théâtrale de leur camarade, Pierre Anton, qui clame que « tout commence pour finir » et que ça ne vaut pas le coup de se donner la peine du moindre effort. Sur ce, il se réfugie sur une branche de son prunier et n'en bouge plus. Y aurait-il du vrai dans ses propos ? Les adolescents en doutent car ils trouvent le garçon insupportable. Toujours est-il que la petite graine a fait son chemin, et sous prétexte de réfléchir sur le sens de la vie, toute la classe décide d'édifier un Mont de la Signification dans une scierie abandonnée.

Au départ, les intentions sont honnêtes et animées d'un investissement sincère et cohérent. Mais petit à petit, le cercle va déraper et exiger des uns et des autres des preuves toujours plus exigeantes et qui ne souffrent aucun refus. Sous nos yeux ébahis, ces adolescents se transforment alors en monstres intransigeants, aux esprits échauffés et incontrôlables. C'est effrayant, extrêmement dérangeant mais fichtrement impressionnant. J'ai tout de suite été effrayée par leur logique, car même s'ils prétendent agir au nom de leur quête philosophique, ils s'en sont véritablement éloignés et ont sombré dans la démence.

Bien évidemment cette lecture est dure et effroyable, pourtant je ne regrette pas un seul instant d'avoir ouvert ce livre ! Qu'importe mon sentiment de malaise et d'écoeurement, j'ai été scotchée par ce visage d'une adolescence faussement naïve, attirée par le morbide et flattée d'exister à travers la provocation. Ce livre est perturbant, mais ça m'a plu d'être bousculée de la sorte. A ne pas prendre à la légère, toutefois !

Rien, par Janne Teller
(Les Grandes Personnes, rééd. 2012) - traduit du danois par Laurence W.O. Larsen
illustration de couverture : Jean-François Martin

12 novembre 2012

L'histoire du soir #15 : Swinging Christmas, un conte musical de Benjamin Lacombe (d'après une nouvelle d'Olivia Ruiz)

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Il faut que je vous avoue une chose : j'avais cru que l'histoire de Swinging Christmas serait lue par Olivia Ruiz. Aussi, en glissant le CD dans le mange-disque, quelle surprise ! Pas d'histoire lue, mais une floppée de notes musicales... Olivia & The Red Star Orchestra en bande sonore, c'est tout de même un bel accompagnement !

Dans un paysage hivernal et enneigé, nous faisons connaissance avec Robin, qui n'aime ni l'école, ni les livres. Un jour, sa mère le charge de porter des provisions chez le pauvre ermite qui vit seul dans son manoir. La perspective fiche la trouille au garçon, mais il n'a pas le choix.

A l'approche de la maison, il sera toutefois accueilli par une musique qui lui fait l'effet d'une caresse ! L'enfant est sous le charme, à tel point qu'il oublie d'avoir peur au moment de rencontrer monsieur Bernard, engoncé dans son manteau de fourrure. L'homme ne se vexe pas du tout d'impressionner le jeune Robin, il lui parle aussitôt de Gargantua et propose de lui faire un peu de lecture puisqu'il ne connaît pas.

Aussitôt, la magie des mots associée au pouvoir de la musique transporte le garçon. Robin est conquis, il tente de poser quelques questions sur la belle chanteuse qui s'affiche partout, sur les murs de la maison, mais monsieur Bernard ne dit pas un mot. Ce sera pour un autre jour. Et le temps va passer, ces deux-là vont tisser une relation tendre et complice. Robin va apprendre à ne plus craindre les livres, car les mots sont comme la musique, il faut trouver le bon tempo.

J'ai refermé le livre, et pratiquement au même instant la musique d'Olivia Ruiz avait fini son tour de piste. Un court moment, je suis restée songeuse. J'étais tellement imprégnée par l'ambiance musicale et poétique, j'étais comme troublée d'en sortir. A vrai dire, l'histoire de monsieur Bernard m'a bouleversée, c'est triste comme secret, j'étais émue à la fin. Aussi, je me suis sentie sincèrement nostalgique d'avoir terminé de lire ce joli conte. L'espace de quelques précieuses minutes, j'avais été enfermée dans une petite bulle, complètement sous le charme, avec les belles illustrations de Benjamin Lacombe, et cette mélodie d'un autre temps... c'était très agréable ! 

Swinging Christmas, un conte musical de Benjamin Lacombe, d'après une nouvelle d'Olivia Ruiz
avec un Cd de 5 chansons d'Olivia Ruiz & The Red Star Orchestra 
Albin Michel jeunesse, 2012

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@ ILLUSTRATIONS :  BENJAMIN LACOMBE

12 novembre 2012

◘ POD ◘

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Il est cinq heures du matin lorsqu'un cri perçant et métallique retentit brusquement. Josh et son père sont tirés de leur sommeil et s'interrogent. En levant les yeux au ciel, ils n'en reviennent pas de voir de grosses boules noires surgir de nulle part, suivies par des faisceaux de lumière qui foudroient tout sur leur passage. La situation est grave, seule issue possible : ne pas bouger de chez soi et attendre la suite des évènements.

A Los Angeles, Megs, douze ans, attend seule sa mère dans leur voiture lorsque la catastrophe arrive. Autour d'elle, sur le parking de l'hôtel, c'est le début d'un chaos monstrueux. La panique force tout le monde à tenter de fuir, mais c'est peine perdue. La gamine comprend alors qu'elle ne doit compter que sur elle-même, dans un milieu devenu désormais hostile. Chapitre après chapitre, on zigzague ainsi de la Californie à l'état de Washington en accompagnant les deux personnages principaux confrontés à la même situation désespérée, dans un climat tendu et inquiétant. D'où viennent ces perles de la mort et quelles sont leurs intentions ?

Pour ceux qui ont eu la chance d'être encore en vie, il faut songer à s'organiser : nourriture, eau, médicaments, électricité, toilettes, tout y passe. Ajoutez les plus bas instincts humains et vous obtenez une histoire stressante, au rythme parfaitement efficace puisqu'on ne fait que tourner les pages avec avidité. N'attendez cependant pas trop d'action du côté des envahisseurs, qui vont rester une simple ombre dans le décor (ô frustration !). Le vrai danger ne vient pas du ciel, c'est écrit sur la couverture. En gros, je ne suis ni déçue, ni follement séduite, mais j'espérais une lecture plus intense au vu du florilège des commentaires enthousiastes. Une suite serait fortement souhaitée !

POD, par Stephen Wallenfels
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011 - traduit par Alice Delarbre

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12 novembre 2012

La mémoire des murs.

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Suite au divorce de ses parents, Emma emménage avec sa mère dans une nouvelle ville. Leur nouvelle maison possède beaucoup de charme, mais son ambiance austère lui déplaît. Ce n'est pas seulement la situation qui la rend aussi désabusée, Emma se sent mal à l'aise mais n'arrive pas l'expliquer. La nuit, elle fait de mauvais rêves et s'imagine dans la peau d'une autre avant de découvrir qu'une adolescente a été tuée quinze ans plus tôt dans cette maison, et découverte morte dans la cave !

Particulièrement glauque et flippante, l'histoire promet de titiller mes instincts de poule mouillée dès les premiers chapitres. Emma est en connexion psychique avec la victime, elle revit les derniers instants de celle-ci, elle tente de reconstituer le puzzle avec beaucoup de perplexité. La journée, elle est confrontée à d'autres soucis, notamment lorsque sa meilleure amie s'amourache de son prof de théâtre et ne cherche plus à ôter ses oeillères pour découvrir ses défauts, au risque de tomber dans un piège !

On est très vite pris dans l'engrenage de l'intrigue, à s'interroger sur ses mystères et ses secrets, à vouloir participer à l'enquête. C'est facile, cela paraît évident - ceci dit, j'ai longtemps suspecté un personnage avant de m'apercevoir que je m'étais plantée ! En somme, le roman n'est pas déplaisant et tient la route, niveau suspense c'est assez prenant (sans être renversant). Je reste, malgré tout, perplexe car l'intrigue m'est finalement apparue ordinaire et sans surprise, avec des personnages pas très attachants. Je vous conseille un autre roman d'Amélie Sarn, comme Les proies par exemple. 

Clairvoyance : La maison de l'ombre, par Amélie Sarn
J'ai Lu, 2012

9 novembre 2012

L'histoire du soir #14 : Waterlo & Trafalgar, par Olivier Tallec

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Histoire sans paroles, mais quelle histoire ! Deux soldats sont en planque derrière un mur et épient les agissements du voisin. Ah, ah, on croirait un miroir et son reflet tant les deux bonhommes campent la même position, derrière leurs jumelles de surveillance. Sous la pluie, la neige ou par beau temps, ils ne bougent pas d'un pouce. Parfois ils se détendent et font ami-ami avec les animaux de passage (un escargot, un oiseau), ou écoutent de la musique, font un peu de gymnastique, se réchauffent en buvant une tasse de café (ou de thé ?). Absolument rien ne vient ébranler la quiétude et la vigilance de ces deux-là.

Mais ne vous y trompez pas, c'est particulièrement cocasse, le trait de crayon d'Olivier Tallec est espiègle et facétieux, il titille les manies, les tics et l'absurdité de la situation. Forcément on rigole, on oublie l'absence de texte, on se raconte notre propre histoire, on se régale des découpes dans les pages, on admire chaque pirouette et on aurait presque le culot d'en réclamer encore tellement c'était bon !

Waterlo & Trafalgar, par Olivier Tallec  (Père Castor, 2012)

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9 novembre 2012

Où est passée Lola Frizmuth ?

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Lola est folle amoureuse de Tristan, qui vit actuellement au Japon où bosse son père. N'en pouvant plus d'être séparée de lui, et parce qu'elle a quelques démêlés avec des filles de son école, Lola prend le premier vol pour Tokyo et se présente la bouche en coeur devant la porte de son élu. Ce serait le plan idéal, à la place Lola est seule, paumée et doit échapper à une bande de Yakuzas qui cherche à lui piquer son téléphone !

Cette aventure complètement dingue démarre en fanfare, et j'avoue avoir bu du petit lait. Les péripéties de Lola sont invraisemblables et purement cocasses, totalement dépaysantes, et puis c'est très drôle, l'humour sarcastique de l'héroïne fait des merveilles, j'ai franchement accroché. La brochette des personnages secondaires est elle aussi croustillante, entre le gangster japonais qui rêve d'une retraite paisible en buvant une bière au soleil et en caressant son petit chat, ou le jeune stagiaire de l'ambassade, au look de premier de la classe, du genre coincé et peureux, qui a eu la malchance de croiser le chemin de la tornade blonde... Vraiment, on ne s'ennuie pas une seconde ! C'est frais, déjanté, actuel et mené à fond les ballons.

Où est passée Lola Frizmuth ? par Aurélie Gerlach
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012

8 novembre 2012

L'histoire du soir #13 : Les plumes d'Elia, par Jeanne Taboni Misérazi & Natacha de Bradké

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Une petite soeur, c'est rien que pour embêter le monde ! Elia est une chipie et une capricieuse, qui veut tout ce que son frère a. Alors Léo la taquine. Lorsque la fillette se venge de ne pouvoir donner des graines aux oiseaux, en avalant une poignée, elle se moque un peu de la menace de Léo. Elle, devenir un oiseau à son tour ? Peuh.

Mais dans la nuit, soudain, ça la chatouille, ça la gratouille. Elia gesticule dans tous les sens. Ne serait-ce point des plumes qui poussent sur son corps ? La prophétie aurait dit vrai : elle devient un oiseau. Pas une minute à perdre, elle doit prendre son envol. Attention aux rêves un peu fous, aux délires des enfants, aux histoires à dormir debout... une maman veille toujours sur le nid, ouf !

Une jolie histoire sur les disputes entre frère et soeur, et des illustrations absolument superbes, dont j'ai admiré la finesse et la tendresse.

Les plumes d'Elia, par Jeanne Taboni Misérazi et Natacha de Bradké (illustrations)
Ecole des Loisirs, 2012

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8 novembre 2012

...rien d'autre que des adolescents qui n'avaient pas trouvé mieux que de passer leur puberté en compagnie les uns des autres...

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Triste année de Terminale pour Louise. Alors qu'elle devrait se préparer avec assiduité pour son bac, en prévision de ses nombreux projets, elle n'a strictement plus le goût à rien. Sa meilleure amie, Claire, est à l'hôpital. Malade d'avoir trop maigri, de n'en avoir rien dit et de s'enfermer dans sa bulle de dépression. Cette nouvelle a eu pour effet de faire voler en éclats leur petit groupe d'amis, qui comprenait Baptiste, Tom et elles.

Louise est désormais seule avec son chagrin, sa colère, sa nostalgie et son incompréhension. Baptiste a abdiqué, Tom a fui, seule Louise s'accroche à ses souvenirs. Elle a beaucoup de mal à tourner la page, à avancer. De toute façon, elle se sent incapable. Après avoir vécu une telle histoire d'amour, ensemble, tous les quatre, elle se dit que c'est impossible de vivre sans.

Ce roman est une véritable petite pépite d'émotions, je vous le garantis, sitôt que vous lisez les premières pages, vous n'avez plus envie d'en décrocher. Au départ, un simple coup d'oeil à la couverture (très jolie, au passage), me laissait penser que ce serait une histoire mignonne, pour me changer les idées. Terrible erreur. Finalement j'ai eu le sentiment de replonger quelques années en arrière, à cette époque douce et bénie où l'on ne vit que pour ses potes, notre oxygène à nous, et où on n'imagine pas une seconde que tout ça puisse s'arrêter un jour. Bah si. Petite moue de crispation.

L'histoire est une lente, et longue, immersion au pays du Spleen (le chemin vers la rédemption et la guérison est semé d'embûches !). Malgré tout, l'histoire de Louise nous tient tellement à coeur, avec sa détresse poignante, sa sensibilité à fleur de peau et son désespoir chevillé au corps. Bon sang, que c'est fort, troublant, bouleversant ! Cela vous parle d'une jeunesse éclatante et exaltée, qui s'accroche à ses promesses et qui boit la tasse dès qu'un obstacle se présente. Reste le plus dur, oublier pour mieux s'arracher. Je ne suis pas prête d'oublier cette lecture (une belle écriture, une histoire poignante, des personnages attachants, une amitié qu'on croyait invincible, un amour absolu), j'ai adoré !

Pieds nus dans la nuit, par Marjolaine Jarry
éd. Thierry Magnier, 2012 - illustration de couverture : Agathe Demois

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