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Chez Clarabel

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2 novembre 2012

L'histoire du soir #9 : Madame le lapin blanc, de Gilles Bachelet

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Alors, il nous raconte quoi, ce Gilles Bachelet ?
Une histoire étonnante, drôle et savoureuse. Oui, oui. Je vous explique tout ça.
Vous connaissez le lapin blanc de Lewis Carroll, celui qui est toujours en retard. Alors maintenant imaginez qu'il est marié et père de famille, et que c'est sa délicieuse épouse qui va nous tracer son portrait, ou disons le tableau de leur vie intime, bardée de tâches ménagères et d'enfants nombreux à gérer, une vie où la belle harmonie familiale serait crispée, parce que Mme Lapin frise la crise de nerfs !
Vous n'y êtes pas du tout si vous imaginez que le journal intime de l'épouse usée serait grinçant et chargé d'amertume, vous n'avez pas tout compris, en fait. Mme Lapin est simplement blasée par son quotidien trop rempli, ses enfants tous plus excentriques les uns que les autres, les habitants du village trop causants, son mari souvent absent et toujours étourdi...
Voyez-vous, il lui arrive d'oublier que c'est l'anniversaire de sa dulcinée, ce n'est pas sa faute, il a un boulot de dingue, il faut le comprendre. Cher journal, non ce n'est pas une vie de rêve mais elle ne manque pas de tendresse !
A la sauce Gilles Bachelet, vous obtenez une lecture farcie de détails loufoques et de clins d'oeil amusés à Lewis Carroll. Un régal, vous dis-je. Un régal. 

Madame le lapin blanc, par Gilles Bachelet  (Seuil jeunesse, 2012)

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1 novembre 2012

L'histoire du soir #8 : Les classes vertes, de Michel Van Zeveren

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Chic, un nouvel album de Michel Van Zeveren ! J'ignore ce que cette lecture me réserve, mais je me frotte les mains d'avance. 
La petite SiSi a la trouille de partir une semaine en classe verte, loin de ses parents. Alors elle décide de les emporter avec elle. Zou, en un claquement de doigts, ils deviennent des souris. C'est ainsi.
La fillette part le coeur léger, mais très vite, dès le voyage dans le bus, cette cohabitation s'annonce un peu pénible. D'abord, papa a le mal du transport, puis maman est une vraie pipelette, la fillette doit mentir et tricher pour ne pas attirer l'attention. Résultat elle se retrouve toute seule, à l'avant du bus, près des adultes, privée des joies simples de passer du temps avec les copines.
Les jours se suivent et vont s'organiser sur le même moule : SiSi est finalement bien embêtée d'avoir ses parents dans sa poche. En plus, ces deux-là sont intenables et attirent l'attention alors qu'ils devraient rester discrets. C'est donc la chasse à la souris dans la château, même le gros chat de la propriétaire se pourlèche les babines, sans oublier que le secret de SiSi est en train de s'éventer et que l'enfant n'en peut plus de se coltiner des parents qui se comportent pire que des gosses !

Cette histoire a le bon goût de raconter aux oisillons, qui paniquent à l'idée de quitter le nid, que l'aventure sans les parents est aussi une expérience à vivre pleinement car elle offre l'occasion de connaître des instants uniques (faire des bêtises, avoir un amoureux, s'amuser à des jeux de son âge, ne pas livrer ses pensées les plus intimes à tout bout de champ, avoir du temps pour soi). Chacun son jardin secret, après tout ! Michel Van Zeveren nous livre une histoire trépidante et drôle sur l'art de grandir et de se détacher des siens sans avoir mal.

Les classes vertes, par Michel Van Zeveren  (Pastel, 2012)

31 octobre 2012

L'histoire du soir #7 : Ma chère grand-mère est une sorcière, de Tracey Corderoy & Joe Berger

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Une petite fille trouve sa grand-mère extravagante, avec ses animaux de compagnie (des chauve-souris, des chats et des crapauds) qui ne la quittent pas d'une semelle, ses tea-time parties entre copines à faire de la prestidigitation, et puis toujours avec ses toilettes qui se remarquent de loin, et son balai magique qui se moque du code de la route...
Non, vraiment ça ne peut plus durer. Il faudrait que grand-mère se range et devienne une mamie comme les autres, plus classique, plus ordinaire. Alors, pour plaire à sa petite-fille, elle se plie au jeu et devient une autre. Quelle terrible erreur ! Même la fillette ne reconnaît plus sa grand-mère et est plus que déçue !
En plus, elle est prise de remords car sa mamie file un mauvais coton et a perdu sa joie de vivre, elle préfère rester sous la couette. Hop, hop, hop, il faut redonner à cette sorcière de grand-mère la liberté d'être différente, ou mieux encore, d'être merveilleusement différente !
Quelle formidable histoire ! Ce n'est pas seulement une histoire de sorcière, il s'agit surtout d'une déclaration d'amour d'une petite-fille à sa grand-mère, celle-ci n'est pas traditionnelle, et justement c'est pour ça qu'elle est aussi extraordinaire. Il faut cultiver ses différences, rester fidèle à ce que l'on est, ne pas se travestir pour plaire aux autres, même par amour. Aimer, c'est accepter les différences !
Illustrations au charme vintage absolument délicieuses.

Ma chère grand-mère est une sorcière, par Tracey Corderoy, illustrations de Joe Berger (Gallimard jeunesse, 2012)

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30 octobre 2012

L'histoire du soir #6 : Les monstres n'existent pas ! de Kerstin Schoene

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L'allemande Kerstin Schoene nous raconte l'incroyable histoire d'un monstre, outré de constater que la masse populaire ne croit plus en son espèce. Il n'aura de cesse de fournir des preuves de son existence, en tant que monstre, il est cruel, fort et redoutable. Petits et grands ont tout à craindre de lui !
Mais voilà, rien n'y fait. Sur les murs, le débat fait rage et on ne cesse de répéter que non, les monstres n'existent pas. Point à la ligne. C'est désolant pour notre ami monstrueux.
A force de tour de passe-passe, l'auteur partage avec facétie les tribulations d'un monstre qui voudrait tant qu'on le remarque. C'est très drôle, ou comment détourner de son registre une créature qu'on croyait vouée exprès pour les histoires qui font peur. La preuve que c'est l'exception qui confirme la règle. Je conseille fortement cet album ! La lecture est drôle et décalée. Une chouette découverte, incontestablement.

Les monstres n'existent pas ! par Kerstin Schoene (Pastel, 2012)

29 octobre 2012

L'histoire du soir #5 : Dans la tempête, de Gwendoline Raisson & Jean-Luc Englebert

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Au large des côtes de Chine, un bateau quitte la grande ville de Shangaï pour se rendre plus au sud. Il a à son bord un capitaine, deux marchands, une comtesse, un cuisinier, une famille nombreuse, un matelot et une petite servante.
Naviguant en pleine mer, le bateau ne peut échapper à la tempête qui s'abat sur lui. Les vagues se soulèvent, le vent souffle et l'embarcation est malmenée. A son bord, tout le monde tremble de peur. Seule la petite servante se met à écoper l'eau à l'aide de sa minuscule tasse de thé.
C'est ridicule, voyons. Le bateau va couler ! Mais elle continue à écoper.
C'est, hélas, trop tard. Et le drame se produit.
Tout ce petit monde est en détresse, s'accroche du mieux qu'il peut à l'épave du bateau. Encore une fois, la petite servante agit en silence et attrape les restes du bateau qui flottent autour d'elle. Enfin, on se réveille et décide de suivre son exemple. Un radeau de fortune voit ainsi le jour.
En s'y mettant à plusieurs, on peut espérer une issue favorable. La petite servante, elle, ne dit jamais un mot de trop. On comprend mieux pourquoi à la dernière page de l'histoire.
Alors, forcément on ne peut s'empêcher d'avoir le coeur qui bat un peu plus fort à ce moment précis.
Cette histoire a été inspirée d'une légende amérindienne, celle du colibri. On a beau se sentir tout petit et impuissant face à une épreuve, on a en nous une faculté à réagir qui nous est propre, on peut paniquer, on peut pleurnicher, on peut demander de l'aide, ou on peut se retrousser les manches et chercher une solution. Après tout, « chacun fait sa part. »

Ce qui est particulièrement fascinant, aussi, dans cet album, ce sont les illustrations de la tempête. Elles paraissent tellement réalistes, qu'on ressent les frissons de l'angoisse et de l'oppression, comme si on subissait aussi cette tempête. C'est vraiment bluffant !

Dans la tempête, par Gwendoline Raisson - illustrations de Jean-Luc Englebert (Pastel, 2012)

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-) extrait du blog de Gwendoline Raisson, 

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »
 
Cette légende a été elle-même colportée dans nos contrées par le philosophe et agriculteur Pierre Rabhi. Et moi, j'aime bien ce que dit Pierre Rabhi. Alors, je rapporte...
« Au-delà des clivages politiques et de tout ce qui fragmente notre réalité commune, c’est à l’insurrection et la fédération des consciences que nous faisons appel. C’est-à-dire à ce lieu intime où chaque être humain peut mesurer sa pleine responsabilité et définir les engagements que lui inspire une véritable éthique de vie pour lui-même, pour ses semblables et pour les générations à venir. »  Pierre Rabhi.
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26 octobre 2012

L'histoire du soir #4 : Va-t-en guerre, par Dedieu

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Cette histoire est drôle et désopilante ! Elle est à découvrir sans rechigner.
C'est l'histoire d'un roi, complètement obnubilé par la guerre. Il ne rêve que de ça et il fait tout pour vivre un conflit armé de grande envergure. Il provoque ses voisins, il appelle à la riposte, il est prêt à payer ses assaillants pour assouvir sa soif de guerre, mais rien n'y fait. Le roi est dépité.
A force de harceler son entourage, il trouvera la solution idéale pour vivre l'extase absolue. Guerroyons, guerroyons, la tête haute, le bave aux lèvres, la folie en étendard ! Ce roi est un sot, n'en doutons pas un seul instant.
Bref, cette fable à l'humour grinçant souligne admirablement l'absurdité de la situation et rend son propos encore plus percutant grâce à sa force graphique (des silhouettes noires, avec seulement deux touches de couleur : la couronne en or et le sang d'un beau vermillon). Le résultat est parfait, la chute tout à fait admirable, on applaudit bien fort. 

Va-t-en guerre, par Dedieu (Seuil jeunesse, 2012)

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26 octobre 2012

Jazz . . . Booze . . . Boys . . .

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Chicago, 1923. Trois jeunes filles veulent s'étourdir des joies du jazz, des boissons alcoolisées et des garçons. C'est illégal, mais qu'importe ! Gloria, issue d'une famille fortunée, est fiancée au meilleur parti de la ville. Elle a toutefois envie de flirter avec l'interdit et se rend dans un bar clandestin pour boire et écouter de la musique en cachette. Ce soir-là, c'est comme une révélation pour elle : la scène l'attire, ainsi que le beau pianiste noir, Jerome Johnson.

Sa cousine Clara, fraîchement débarquée de Pennsylvanie, séjourne chez les Carmody pour aider aux préparatifs des fiançailles. Nul ne doute que sous sa carapace de petite péquenaude mal fagotée se cache une ancienne garçonne qui a vécu une vie décadente à New York, avant de devoir rentrer au bercail après une nuit en prison. Elle fuit son passé, un ancien amant et d'autres secrets encore !

Et puis Lorraine, la meilleure amie délurée et maladivement jalouse, secrètement amoureuse de Marcus, l'ami d'enfance de Gloria, vit dans l'ombre de celle-ci et ronge son frein en attendant son heure. C'est une pauvre petite fille riche, malheureuse et seule, qui est prête à tout pour qu'on s'intéresse à elle. Je dois dire qu'elle fait un peu pitié, à la fin.

C'est une lecture facile et légère. Sous les fanfreluches et intrigues amoureuses, on trouve aussi des drames intimes, des pièges tendus dans l'ombre, des personnalités plus vaches qu'en apparence. Toutes les bonnes ficelles du métier ! Et puis l'époque des années 20, symbole du glamour et de la perdition, est le décor parfait pour planter une histoire, en manque de volupté (le texte a été traduit et *adapté* !), mais riche en coups de théâtre qui tiennent en haleine. Classique, efficace et addictif. What else ?

Ingénue, par Jillian Larkin
Bayard éditions, 2012 - traduit par Francine Deroyan, et adapté par Sidonie Van den Dries
http://www.cabaret-lelivre.fr/

25 octobre 2012

L'histoire du soir #3 : Les lions ne mangent pas de croquettes, par André Bouchard

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Peut-être cet album sera-t-il davantage apprécié par les parents, car son humour parfaitement irrévérencieux saura leur arracher un sourire espiègle et un gloussement de rire incontrôlable.
Si, si, je vous jure.
Une fillette rêvait d'avoir un animal de compagnie, mais ses parents ne voulaient pas de chien ni de chat. Alors elle a amené un lion à la maison. Eh oui. Le roi de la jungle en chair et en os. Attention, ça va déménager dans le quartier.
Le lion, en effet, s'apprivoise comme un chaton, un peu d'exercice dans le parc, on s'écarte sur son passage, et puis il se nourrit tout seul, franchement quel est le problème ? Même les copains de Clémence ont adopté ce lion et jouent avec lui à cache-cache. Dommage qu'on finisse toujours par perdre un pote, à chaque fin de partie.
Alors, vous l'ignorez peut-être, mais le lion est fin psychologue, grand mélomane, il a aussi de lourdes responsabilités et fait souvent preuve de grande clémence face aux turpitudes des humains. Il est comme ça, le lion, c'est un grand seigneur !
Il faut à tout prix découvrir les illustrations d'André Bouchard pour appuyer son histoire : c'est à mourir de rire ! Que de finesse dans cet album qui fait preuve d'un humour mordant. C'est à souhaiter que les enfants en apprécient tout autant la cocasserie. En tout cas, moi j'adore ! 

Les lions ne mangent pas de croquettes, par André Bouchard (Seuil jeunesse, 2012)

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25 octobre 2012

Peut-être le monde pourrait-il un jour changer grâce aux femmes, si elles parvenaient à prendre une autre place dans la société.

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Penelope Green s'ennuie toute seule à Londres, elle n'a pas de nouvelles de Cyprien, sur les mers depuis plusieurs mois, et commence enfin à se poser des questions sur la nature de son attachement pour lui. Bientôt, un petit paquet contenant un précieux éventail lui est livré, avec une lettre du garçon. Il lui informe être sur le départ pour la Chine, sur les traces d'un trafic de caisses au contenu douteux (des bibles, par centaine). Il demande à la journaliste de sauter dans le premier bateau pour le rejoindre et mener ensemble cette trépidante enquête.

Penelope bondit de joie, se heurte à la colère de son patron du Early Morning News, échappe à la vigilance de son cerbère qui devait la conduire en Ecosse, elle file à toute allure pour retrouver son fidèle *assistant*. Pourtant elle va jouer de malchance et louper chaque escale du garçon, elle est sur ses traces, toujours plus mélancolique, furieuse et impatiente. À peine débarquée sur les terres chinoises, l'aventure se poursuivra tout aussi follement, puisque l'énigmatique Monsieur Wang veut s'offrir les services de Penelope. Chez lui, dans sa belle maison, elle rencontre ses épouses et ses filles, le but étant de tisser une relation cordiale, la jeune anglaise va également ouvrir grand les yeux en découvrant cette nouvelle culture dont elle ignorait tout.

Finalement, c'est Cyprien Bonaventure qui piste les trafiquants en cherchant à percer le mystère. Penelope et lui auront décidément été beaucoup séparés dans cette nouvelle aventure, mais cela aura-t-il suffi pour éclairer la lanterne de la jeune fille ? Réalise-t-elle enfin que ce garçon est mordu, et qu'elle aussi en pince sérieusement pour lui ? Cette relation amoureuse n'est finalement que l'ombre de ce qu'elle devrait être ! A quand un vrai rapprochement ? Sans cela, cette série est toujours aussi divertissante et passionnante. Ce troisième tome est imprégné d'un parfum d'exotisme, très enivrant, j'ai beaucoup apprécié l'intrigue pleine d'intelligence de ce roman.

Penelope Green, tome 3 : L'éventail de Madame Li, par Béatrice Bottet
Casterman, 2012

24 octobre 2012

L'histoire du soir #2 : Hiver long, très long (et froid, très froid) par Emile Jadoul

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Jadoul nouveau, Jadoul tout beau ! C'est mon gimmick un peu moisi, désolée. En fait je suis souvent à l'affût des nouveaux albums d'Emile Jadoul, car je les trouve généralement drôles et attendrissants. Un cocktail sucré et délicieux, comme j'aime. (Enfin, ça dépend.)
Déjà la couverture d'Hiver long, très long (et froid, très froid) me plaisait énormément. Peut-être ce savant mélange des couleurs, ou cet indien en position zen... Qui dit indien, généralement dit cowboy. En moi, la petite sonnette a retenti.
Alors l'histoire réunit deux voisins, Cow-Boy-prévoyant et Grand-sage-indien. Le premier se prépare pour l'hiver, et coupe du bois, encore plus de bois, rentre ses moutons et tricote une écharpe en laine. Le deuxième fait sa méditation. Concentré, zen, ne pas déranger. Le cowboy est tout de même inquiet et interroge son ami : c'est sûr que l'hiver sera rude ? Oui, oui, répond l'autre.
Alors ne ménage pas tes efforts, Cowboy prévoyant.
Parce qu'il s'estime chanceux d'avoir un si bon voisin, aux conseils toujours avisés, notre cowboy se rend dans son tipi pour lui offrir un cadeau. Autour d'une tasse de thé, ces deux-là discutent. Mais dis-moi, Grand-sage-indien, d'où te viennent tes certitudes sur l'hiver long, très long, et froid, très froid ?
Un grand gniiii d'étonnement accompagnera la réponse, je vous le garantis. C'est de bonne guerre, mes amis. Cet album est drôle, dans le sens cocasse et divertissant. C'est du Emile Jadoul, pas à son top of the top, mais ça reste divin.

Hiver long, très long (et froid, très froid) par Emile Jadoul  (Pastel, 2012)

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et une petite comptine,

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