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Chez Clarabel

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17 août 2008

^ Petit vent du désert ^

 

Vous ne connaissez pas (encore) le film des frères Poiraud : Atomik Circus ? Allons donc.

Ce film est un ovni dans l'univers du septième art. Son histoire est quasi impossible à raconter, ou pas assez mise en valeur tant les ressources sont cachées, ensuite il est inimaginable de ranger ce film dans une case. Atomik Circus ne correspond à aucun genre !

Comédie déjantée, science-fiction qui vire au gore, pastiche du 2001 odyssée de l'espace, road-movie, western... Bref, c'est pas gagné !

Le pitch : Skotlett City est toujours traumatisée par la catastrophique grande fête de la tarte à vache. James Bataille a d'ailleurs fini en prison et cette fois-ci il s'en échappe, bien décidé à retrouver Concia, sa fiancée qui veut devenir chanteuse de country. Mais malheureusement, tout ne se passe pas comme il l'aurait souhaité... Les éléments se déchaînent contre lui : des étoiles de mer en provenance d'un autre monde se collent sur les visages des gens, le futur impresario de Concia, Allan Chiasse, se transforme en monstre tentaculaire, sa bimbo, la sexy Kitty également, le Sam Paradiso bar est décimé. Cela paraît beaucoup pour ce petit village et pourtant ce n'est qu'un début...

J'avais pourtant lancé l'avertissement : on ne peut pas raconter ce film ! 

Le résultat, lui, est délirant. A mes yeux, c'est désopilant, balourd, maladroit, incontrôlable, agaçant et dé-jan-té ! La caméra bouge sans arrêt, on a plus d'une fois le sentiment - profond, très profond - d'assister à une série Z. Et malgré tout, ce film n'est pas une daube !

Pour commencer, il y a un réel esthétisme, derrière l'absurde, avec des images superbement léchées, donc très belles. Le cadre est celui d'un semblant de bayou, empesté de poussière ocre, de boue, de crasse. Non ce n'est pas abject ni déprimant. On est littéralement transporté dans cet ailleurs non-identifiable.

Et puis les acteurs jouent à fond le côté feu-follet, notamment Vanessa Paradis en Concia, un caractère candide, souriant et lumineux ! (Oui, voilà aussi pourquoi je me suis intéressée à ce film, aussi pourquoi je l'aime, mais pas seulement. Car je ne suis pas qu'une admiratrice aveugle et sans objection, je pourrais citer, en exemple, mon ennui pour le film de Serge Frydman, "Mon ange", que je trouve glauque et déprimant, malgré des scènes magnifiquement filmées. Voilà c'est ainsi, on ne peut pas tout aimer, même si on reste assez accro !)

Donc Vanessa Paradis interprète un rôle qui chante, et ça lui va à merveille. Dans Atomik Circus, elle est radieuse ! Elle entre dans la danse, devient une nana qui vit dans un bouge et rêve de se produire sur scène. Elle rencontre un type assez filou (Benoît Poelvoorde), ne se rend pas compte de sa malhonnêteté et boit ses paroles. La jeune fille vit sous la coupe d'un papa (Jean-Pierre Mariel) qui est un râleur fini, sauf que - on s'en doute - c'est un gros coeur d'or et un nounours prêt à tout pour protéger la prunelle de ses yeux. Elle est aussi l'amoureuse de James Bataille, un motard audacieux, un rebelle qui ne vit que pour sa belle. (Amateurs de romance, passez votre chemin, ce film n'en fait guère l'étalage !)   

Les frères Poiraud ont su réaliser un film particulièrement fantasque, très original (hélas boudé par le succès public). Pour qui aime l'esprit rock-n-roll et exubérant, la divine miss Paradis qui s'illustre sur une bande-son de haute couture (merci The Little Rabbits), les pastiches de comédies et autres brassages hautement culturels, bref ce film est pour vous !!!

 

 

 

The Little Rabbits Atomik Circus Tour 

https://www.youtube.com/watch?v=wIA91OMoMOI

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16 août 2008

(déjà commandé!)

Le 15 Septembre !!!!

premier extrait :

En attendant, ayé je l'ai entre les mains...

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15 août 2008

(lectures de vacances - 4)

Venise, Shakespeare, une grand-mère et sa petite-fille, la même passion du théâtre, le goût de l'exubérance. Ce sont des arguments imparables pour m'intéresser à ce petit roman, qui bénéficie d'une réédition (ce livre a préalablement paru en 2003).
Elisa et sa grand-mère Eia se voient tous les jours, pour parler de peinture ou réciter du Shakespeare. Cela casse la solitude de la grand-mère, qui est fâchée avec sa fille, laquelle s'inquiète car elle juge sa mère un peu folle. Elisa ne veut pas que sa grand-mère retourne en hôpital psychiatrique, alors elle édulcore la réalité et tente de dresser un portrait d'une mamie gâteau pour la paix des ménages.
Un jour, au hasard d'une promenade, grand-mère Eia trouve un peigne de cheveux en écaille de tortue. Elle ne le sait pas encore, mais dans les jours qui vont suivre, d'étranges signes de métamorphose vont apparaître. Et c'est en tortue qu'elle se transforme, sous les yeux incrédules de sa petite-fille.
Elisa garde le secret, fait quelques recherches sur internet, découvre quelle race de tortue il s'agit (un spécimen très rare, qui vit à Aldabra, au large du Pacifique) et rencontre un collectionneur passionné, Max, qui va crever d'envie de rencontrer la fillette et sa tortue.

Ce roman est un puits d'imagination, un voyage entre le réel et l'imaginaire. J'ai eu un peu de mal à m'embarquer, me mettre dans l'idée qu'une grand-mère puisse se transformer en tortue... Après tout, pourquoi pas ? Marie Darrieussecq avait bien fait sensation avec son héroïne qui devenait une truie ! Bref, dans ce livre destiné pour la jeunesse, je crois que l'auteur s'est servie de cette parabole pour parler d'une fuite qui tromperait la mort. Comme le dit la grand-mère, "L'astuce, c'est de se transformer."
Ce voyage dans l'imaginaire reste une exploration tour à tour déconcertante, charmante, drôle et sympathique, mais les esprits frileux pourront reprocher cet excès d'invraisemblances et/ou d'inepties. La lecture invite à voyager, ne l'oublions pas... 

Aldabra : La tortue qui aimait Shakespeare - Silvana Gandolfi

Seuil, coll. Chapitre - 158 pages - 9,50€

A partir de 10 ans.

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Demain l'année prochaine :

Ce livre me rappelle la cruelle difficulté de plonger dans une histoire qui ne s'adresse pas à vous, mais il faut faire comme si, et pourtant là non, je ne peux pas.
Je n'ai plus l'âge, je ne supporte plus les crises des adolescentes hystériques, qui se réveillent en petites femmes parce qu'elles viennent de passer leurs premières vacances en colo avec les copines et les copains.
On assiste aux scènes du genre "je bois du café comme une grande", "je dors des heures pour tromper l'ennui", "ma vie n'est qu'une somme d'injustices", et patati et patata.
C'est par le regard de sa jeune soeur, Mélanie, que se dessine le portrait de cette adolescente insupportable. Léna se rebelle, en fait baver à ses parents, lesquels ont aussi de gros soucis (plus de boulot pour le père, et trop de travail pour la mère). Il faut gérer toutes les situations, mais Mélanie ne nous donne pas l'impression que c'est chose faite.
Se sentant un peu transparente, coincée entre son aînée trop bruyante et le petit dernier qu'il faut occuper, surveiller, câliner, Mélanie cherche à exister. Elle n'est plus une petite fille - son corps lui donne les premiers signes - et la vie à la maison ne lui accorde pas le droit de lever le doigt, de montrer qu'elle existe. Son rôle, c'est d'être la plus discrète possible. Ecoute, vois, tais-toi.
A conseiller à toutes les adolescentes concernées par ce problème, à savoir : où se trouve ma place !?
On évoque les problèmes familiaux, les soucis d'argent, le sentiment de ne pas exister, les émois amoureux, les angoisses face à la puberté, la rentrée scolaire qui s'annonce... Un panel de sujets assez large est donc abordé, qui concerne aisément le lectorat visé (dès 11 ans).

(Je ne suis pas mécontente d'avoir franchi ce cap, par contre je crains de devoir remettre le couvert, pour ma fille, tôt ou tard... Malheur !)

Demain l'année prochaine - Estelle Lépine

Seuil jeunesse, coll. Chapitre - 122 pages - 7,50€

A partir de 11 ans.

Moi qui ne vais pas au bout
Des choses,
Un jour j'irai au bout
Du monde
Pour voir si là-bas
Toutes les causes valent qu'on s'y penche
Et qu'on y tombe

14 août 2008

Ce qu'ils savent - Charlie Price

Une pom-pom girl est portée disparue depuis deux semaines. L'inspecteur Gates est sur les dents, fouillant le moindre détail pour obtenir l'ombre d'une piste. Il isole d'éventuels suspects, dont monsieur Robert Barry Crompton, un schizophrène qui souffre de pertes de mémoire. Pas loin, on suit un flic de la brigade des moeurs, mis en congé forcé pour son comportement agressif (violent, alcoolique et menteur). Autre suspect sur la liste ?

Bref, l'histoire s'annonce comme un drame policier, où l'ambiance noire nous prend de suite à la gorge. L'enquête est placée, avec la ronde des interrogatoires, des spéculations et ça fonctionne plutôt bien. Amateurs d'intrigues bien ficelées, votre repas est servi à bonne température !

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Ce qui donne un plus à ce roman, c'est la personnalité particulièrement troublante du jeune Murray. Garçon solitaire, malheureux comme les pierres parce que sa mère n'est qu'une misérable qui s'entiche de pauvres types, Murray aime passer son temps libre dans le cimetière. Un jour il a découvert qu'il entendait des voix et qu'il avait le don de parler avec les morts. C'est son secret, qu'il cache pour ne pas être traité de fou, et perdre ainsi la possibilité de traîner dans ce lieu morbide.
A force de s'y réfugier, il fait la connaissance de Pearl Janochek, la fille du gardien. Elle aussi est une âme seule, sauf qu'elle est bien vivante. A sa façon, elle lui propose une amitié... qui peut chambouler le fragile équilibre sur lequel se reposait Murray.

Pourquoi le garçon entre en piste ? Dans son cimetière, à converser avec "ses amis", il entend une voix nouvelle. Cela ressemble à des plaintes, une voix faible et geignarde d'une jeune fille. S'agirait-il de cette Nikki, la lycéenne disparue ?

Ce qu'ils savent reste avant tout un très bon thriller, avec un soupçon de fantastique. Ce qu'on appréciera ensuite c'est la force des personnages et le suspense très bien tenu. Ce roman dégage aussi une ambiance sombre, limite oppressante, et cela procure un léger sentiment de malaise, tout à fait surmontable !

Editions Thierry Magnier, 2008 pour la traduction française - 276 pages - 11€

traduit de l'anglais (USA) par Pierre Charras

A également été lu et apprécié par Gawou

C'était toujours l'impasse. L'impasse... jusqu'à ce que Pearl prenne les choses en main. Murray et elle s'étaient disputés. Il n'avait pas réussi à la faire changer d'avis. C'était une bien étrange manière de fêter la nouvelle année !
- Alors, tu comptes la laisser là ? le défia Pearl. Si c'était moi, est-ce que j'aimerais rester là-bas à pleurer et à pourrir pour la simple raison que tu as trop peur pour me secourir ?
Elle semblait prête à le frapper. Murray ne savait que répondre. Si c'était pour elle, pour Pearl, peut-être creuserait-il. Mais peut-être pas.
- Je vais le faire moi-même !
Les yeux de Pearl lançaient des flammes :
- Je serai discrète !
Ami des morts.
Pearl quitta l'atelier en claquant la porte si fort que toutes les lumières vacillèrent.
Murray se doutait de ce qu'elle allait faire. "Elle va prendre une pelle."
- Attends, je vais t'aider, dit-il, mais il n'y avait plus personne pour l'entendre.
Il sortit à sa suite.

 

13 août 2008

Seul sur la mer immense - Michael Morpurgo

Couleur pacifique pour un livre finalement pas si paisible que cela...

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Arthur Hobhouse, cinq ans en 1947, fait partie d'un groupe d'orphelins qui quitte l'Angleterre pour l'Australie. Il se lie d'amitié avec Marty, un garçon plus costaud et sûr de lui, qui lui servira d'appui secourable au Ranch Cooper. Sous couvert d'un programme religieux, le propriétaire emploie les enfants à des tâches difficiles et n'hésite pas à les fouetter pour punir leur insubordination. Pour s'échapper de cet enfer, Arthur conserve précieusement le souvenir de sa soeur Kitty grâce à une petite clef porte-bonheur. Il espère un jour revivre avec elle, mais le temps passe et leurs retrouvailles ne seront plus qu'un lointain espoir. Dans la deuxième partie du roman, c'est la fille d'Arthur Hobhouse, Allie, qui prend la parole et raconte son périple en mer qu'elle effectuera, seule, à bord de son voilier. Sa mission est d'atteindre l'Angleterre pour retrouver la fameuse Kitty.

Deux styles s'opposent dans ce livre : résolument plus moderne et dynamique pour la fin, contrairement au début plus tristounet. En fait, je trouve que le manuscrit d'Arthur Hobhouse rappelle quelque part la tradition orale, et je vois bien cette partie récitée à voix haute. Pour le reste, on ne peut guère espérer une note enlevée tant le propos de l'histoire frise le désespoir. Arthur raconte son parcours semé d'embûches, avec en toile de fond la guerre et ses ravages (un thème cher à Morpurgo), la séparation et la solitude. Toutefois, Arthur est un garçon remarquable, car jamais il ne baisse les bras ni ne perd espoir d'un lendemain meilleur (il a probablement été nourri au Candide de Voltaire ! ;o) ). 

Le contenu fait aussi état d'une vérité historique peu entendue : durant deux décennies, le gouvernement anglais a envoyé des enfants britanniques, on pensait qu'il était plus pratique de rassembler "les gens qui posaient des problèmes" (orphelins, enfants non désirés, délinquants) et de les transporter dans les colonies (le Canada, la Nouvelle-Zélande, l'Australie).

Sans conteste, Michael Morpurgo est un grand écrivain, il nous offre un récit émouvant et plein de lyrisme mais je n'ai pas autant aimé ce livre qu'Au pays de mes histoires, que je recommande plus fortement.

Gallimard jeunesse, 2008 pour la traduction française - 295 pages - 14,90€

traduit de l'anglais par Diane Ménard.

A été lu et aimé par Mélanie (Book in!) , Vanessa (Eliabar)

L'interview de l'auteur

 

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12 août 2008

La mécanique du monde - Bernard Foglino

Nicolas Angstrom est le King de la photocopieuse. Pas une machine ne lui résiste, son coup de molette est implacable : les bêtes courbent l'échine et redressent la barre. Et un dimanche, appelé d'urgence pour dépanner un client dans la panade, Nicolas cale. La photocopieuse Xenon fait sa forte tête et c'est au tour de l'homme d'abdiquer et reconnaître sa défaite. Pourquoi, comment ? A partir de cet instant, il s'enfonce dans un monde parallèle fait de rencontres atypiques, d'apparitions étranges et d'hallucinations flippantes. Acculé par son chef, Nicolas doit prendre un congé forcé de quinze jours. Tous ses repères se brouillent, notre roi de la frime entre... dans la Quatrième dimension !

Voui... je sais, c'est facile. En ce moment je suis totalement influencée par le programme de Rod Serling et j'ai tendance à flairer partout ce goût du fantastique, du bizarre et de l'imprévisible. Je veux trembler, m'étonner et être bouche bée. Bon, ce deuxième roman de Bernard Foglino n'a pas suffi pour remplir le contrat (je suis compliquée!) et je suis quelque peu fâchée : j'avais tellement aimé son premier titre, Le théâtre des rêves.

Déjà c'était une histoire qui annonçait la plongée dans le monde imaginaire, le délirium tremens associé à une bonne rasade de rire. C'était court, échevelé et vigoureux. J'en voulais encore ! Mais La mécanique du monde est plus complexe, d'abord ce roman veut s'inscrire dans la tendance : insurgeons-nous contre la déshumanisation de notre société, la mondialisation, l'individualisme etc. La cité de verre que traverse notre Tout-Puissant de la photocopieuse rappelle le quartier de la Défense, avec une pincée de bouche en coeur qui me déplaît.

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Ceci étant dit, mettons-le aussitôt de côté... Parce que, en fait, l'histoire de Nicolas Angstrom frôle l'absurde, vraiment le grand-guignolesque. C'est éreintant. Et puis soudain, on découvre que tout ceci cache autre chose : un lourd passé, un secret de famille que le personnage veut occulter. La vie d'Angstrom est jonchée de morts, d'où sa passion pour la mécanique qui est fortement liée à ce désir de faire renaître et réveiller une mémoire trouée. 

Derrière le n'importe quoi, se trouve ainsi une histoire qui traite avec sensibilité de la mémoire, de la mort et de l'identité. C'est assez tordu comme procédé, il faut s'accrocher mais une fois que les choses sont claires et établies, on se laisse surprendre... Etonnant !

Buchet Chastel, février 2008 - 250 pages - 18,90€

 

Feuilleter les premières pages du livre 

11 août 2008

Les déferlantes - Claudie Gallay

C'est l'histoire d'une femme venue se réfugier à La Hague, après la perte de son amant. On ne sait pas grand-chose d'elle, elle a quarante ans, son travail consiste à compter les oiseaux migrateurs et elle occupe une maison avec un frère et une soeur à la Griffue, un lieu-dit à la pointe du port.

Un jour de tempête, elle rencontre Lambert. Cet étranger n'en est pas un, il est de retour au pays pour vendre sa maison et régler des comptes. Il y a quarante ans, toute sa famille a péri noyée. Il en veut à Théo, l'ancien gardien du phare, qui vit aujourd'hui seul avec ses chats. Son épouse et sa fille s'occupent du bistrot, et elles aussi refusent de parler du passé. On laisse les morts en paix et seule la mer a le droit de prendre et rendre ce qu'elle souhaite.

La narratrice ressent chez Lambert cette même solitude, un chagrin immense et le vide qu'il laisse. Petit à petit, ils se parlent. Inconsciemment elle cherche à lui venir en aide et percer les mystères qui encerclent toutes ses familles. Car derrière tous ces mensonges, ou ces silences, il y a immensément de douleur et de frustration, des espoirs déçus et des amours perdues. Et pourtant, ce n'est jamais sinistre ni morose ! 

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Car ce roman est tout bonnement magnifique ! L'écriture elliptique de Claudie Gallay y est déjà pour quelque chose, l'ambiance est ensuite envoûtante. Nous sommes dans le Cotentin, au coeur des éléments, il y la mer, le vent, la pluie. Une force incroyable se déchaîne, pas seulement les jours d'intempéries. On se balade sur la berge, dans les landes ou au bord des falaises. Et puis c'est une région hantée par les légendes, les fantômes et les revenants, les créatures aussi étranges que les goubelins.

La population, pas très nombreuse, s'avère aussi très attachante : Raphaël le sculpteur, sa soeur Morgane, terriblement belle et insolente, Théo, la Vieille et Lilli, enfermés dans leurs secrets, Nan, qu'on dit folle et sorcière, Max, le benêt amoureux fou de Morgane, Monsieur Anselme, toujours dans son habit du dimanche, passionné par Prévert...

C'est difficile de mettre des mots sur le sentiment ressenti avec une telle lecture, mais ne passez pas à côté de ce livre ! Claudie Gallay confirme son énorme talent de romancière, à créer des ambiances serrées, mais pas étouffantes, et des personnages à vif, non pas déprimants. C'est une histoire qui nous absorbe et nous recrache, quelques 500 pages plus loin... Même pas mal, par contre j'ai été profondément sonnée. Sincèrement émue et fébrile après un tel roman - c'est vous dire son enchantement. Les déferlantes, ce sont le nom des vagues par jour de tempête. C'est aussi un titre qui porte le roman, annonçant bien fort la couleur !

Editions du Rouergue, mars 2008 - 530 pages - 21,50€

A été aimé par Gawou , Marie , Gambadou , Cathulu ...

 

9 août 2008

(le tag de la page 123)

Les instructions :

1 - Indiquer le nom de la personne avec un lien vers son blog
2 - Prendre le livre que l'on lit actuellement (ou que l'on préfère) à la page 123
3 - Recopier le texte de la 5ème phrase et des 3 suivantes
4 - Indiquer année de parution, édition, titre et auteur du livre
5 - Choisir 4 autres blogueurs/blogueuses pour leur demander ce qu'ils lisent et ainsi de suite....

  1. Alween, du formidable Fabula Bovarya (le refuge des accros au bovarysme)
  2. J'en pioche un au hasard (j'ai plusieurs livres autour de moi) et je brandis ce qu'ils savent de charlie price (éd. thierry magnier)
  3. (...) Quant à la jupe, elle était plutôt courte et de la même couleur, blanche, et elle était bordée d'un tissu bleu brillant qui semblait miroiter à chaque pas.
    - Je ne l'ai pas vue marcher.
    Gates ne broncha pas
    - Ah non ?
    - Non.
  4. cf. le point n°2 - je précise juste que ce livre est paru en avril 2008.
  5. euh... Gawou, t'en veux ?  (même si tu l'as déjà fait, ce n'est pas grave, ce tag est gentil et facile !)  ;o)   
9 août 2008

7 jours à River Falls - Alexis Aubenque

UNE SEMAINE À COUPER LE SOUFFLE !

Sarah Kent, issue d’une famille modeste, est une étudiante modèle et mène une vie paisible parmi l’élite de l’université de River Falls, une petite ville située dans les Rocheuses.
Pourtant tout va changer un matin de printemps. Amy Paich et Lucy Barton, les deux meilleures amies de Sarah au lycée, sont retrouvées atrocement mutilées sur les bords du lac de la forêt toute proche. Deux jours avant, Sarah avait reçu une lettre étrange de ses amies dont elle n'avait plus de nouvelles.
Le monde de Sarah bascule dans l’horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Elle semble cacher un lourd secret. Comme si un lien obscur unissait les jeunes filles... Autant de mystères que devra résoudre Mike Logan avec l’aide de Jessica Hurley, son ex-petite amie et profileuse réputée. Ils croient très vite être sur la bonne piste. Mais leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité.

IMGP5926

Ce thriller à la sauce américaine est en fait écrit par un libraire français. L'action se passe dans une petite ville près de Seattle, mettant en scène un shérif, une profileuse et des étudiants de bonne famille, tous très beaux, intelligents et branchés. Personnellement j'ai trouvé que ça faisait beaucoup de clichés, et j'ai un peu boudé ce "trait de génie". Dommage. .

Ah mais, vous attendez une lecture efficace, qui prend aux tripes, chargée en scènes bluffantes et en crimes tous plus horribles les uns que les autres ? Optez pour ce thriller, il saura vous contenter.

A River Falls, les corps de deux étudiantes ont été retrouvés, portant des traces de sévices et autres tortures. Le shérif Logan est assisté d'une profileuse du FBI, Jessica Hurley, qui est aussi son ancienne petite amie. Décidément, rien n'opère avec moi, car j'ai trouvé la relation relativement superficielle, Logan n'est pas un personnage attirant. Par le passé, il a été impliqué dans une affaire qui a eu un fort impact sur sa carrière et sa liaison avec Jessica. Après quelques perches tendues, les détails ne suivront guère ou seront vite expédiés (la fin trop happy-end, par exemple).

En règle générale, les rapports humains, et particulièrement les liens sentimentaux, sont assez factices (à mon goût) : la communauté étudiante est incroyablement niaise et empruntée ; la journaliste est caricaturale ; Sarah Kent, l'étudiante autour de laquelle tous les indices gigotent, est tour à tour une amoureuse abusée et une tigresse prête à sortir les griffes. Franchement le roman n'est pas une réussite sur ce plan.

Pour le reste, cela équivaut à regarder un feuilleton sans prétention, pour se vider le cerveau. (Je trouve d'ailleurs que l'histoire pourrait très bien coller à une adaptation sur écran.) Mais tous les ingrédients réunis rappellent des recettes déjà testées et goûtées, donc pas de grande surprise au tournant. A lire, pour les amateurs de sensations : la scène finale se présente tel un dernier soubresaut pour happer le lecteur.

Calmann-Levy, juin 2008 - 372 pages - 16,90€

D'autres avis : Parutions.com (gratiné) / Ingrid Barnay (enthousiaste)

8 août 2008

Un sur deux - Steve Mosby

Le roman commence par un assassinat, qu'on devine sauvage (même si les détails nous sont épargnés). La victime s'appelle Kevin Simpson. La police n'a encore aucune piste, mais désire retrouver la jeune femme - une prénommée Jodie - qui aurait passé la journée avec lui.
Quelques chapitres plus loin, on retrouve cette personne attaquée par un maniaque et kidnappée dans un van avec son compagnon, Scott.
Le couple est conduit en pleine forêt, où une longue nuit les attend.
Le lever du jour est le point d'orgue pour les enquêteurs, particulièrement à cran, car ils semblent trouver des points de similitude avec une affaire houleuse, survenue il y a deux ans.
John Mercer, le chef de l'équipe, a particulièrement été éprouvé par ce dossier. Se sentant responsable de la mort d'un équipier, il est tombé en grave dépression et n'a repris le boulot qu'à tâtons. Son épouse, Eileen, psychothérapeute, a toujours été présente à ses côtés et continue de le soutenir coûte que coûte.
Arrive dans les bureaux un nouvel inspecteur, Mark Nelson, tout de suite mis dans le bain par ce qui s'annonce comme un compte à rebours éreintant, flippant et retors.

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Ce thriller, habile et affreusement redoutable, est une petite réussite. Il a su me tenir en haleine, j'ai feuilleté les 400 pages d'une traite, pas ressenti le moindre soupçon d'ennui, n'ai rien vu venir de l'enquête et du coupable.
Ce qui s'annonce comme un avatar des films d'horreur (Le silence des agneaux, Seven, Saw) se révèle finalement moins pénible - détails moins scabreux et ambiance définitivement moins glauque.
Le principe de faire alterner les chapitres suivant le point de vue des différents protagonistes permet aussi de donner une cadence plus soutenue et de réveiller sans cesse l'intérêt.
Personnellement je n'ai rien à reprocher à ce livre : il procure l'adrénaline promise, il est bien ficelé et l'histoire tient la route. Que demander de plus ?
Verdict final : parfaitement acceptable
.

Sonatine éditions, 2008 pour la traduction française - 414 pages - 21€

traduit de l'anglais par Etienne Menanteau - titre vo : The 50/50 Killer

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