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Chez Clarabel

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4 octobre 2008

Dès lors, je peux bien te laisser Dehors, puisqu'au fond j'ai trouvé de l'or tout à l'intérieur *

Nous poursuivons notre petit tour dans les rayons jeunesse, avec un nouvel éditeur : le Rouergue. C'est souvent l'occasion de découvrir des albums étonnants, au graphisme qui sort de l'ordinaire et contant une histoire peu banale. Cela fait appel à notre sensibilité, cela fait réfléchir aussi. Ce n'est pas une lecture qui s'offre à nous dès la première rencontre, cela demande généralement d'y revenir, d'y songer, de traquer des signes ou des indices.

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Je pense forcément à un titre, en avançant tout cela, et effectivement l'album C'est Giorgio de Corinne Lovera-Vitali n'est pas facile à cerner de prime abord. D'abord son look : pâle, épuré, une économie de moyens soulignée par l'utilisation d'un simple stylo bic noir (+ une couleur !). C'est singulier, assez particulier. Pas sûr que ça plaise à tous !

L'histoire est celle d'une petite fille qui décide qu'elle est grande maintenant. Elle peut faire plein de trucs toute seule, mais la solitude, aussi, ça pèse. Au cours d'une promenade, elle fait la découverte d'une peluche abandonnée (oubliée ou perdue), c'est Giorgio - pas bien vaillant, pas très beau. Elle l'emporte, en le camouflant sous sa veste. Chez elle, elle va le nettoyer, lui refaire une beauté. C'est devenu son petit "quelqu'un" avec qui elle va faire plein de trucs maintenant !

Cette histoire aborde l'envie de l'enfant d'être grand, mais confronté à la solitude. C'est finalement auprès d'un doudou, qu'on colle généralement dans les bras des petits, que la fillette va trouver son réconfort et cela lui permettra d'être une grande, à sa manière ! Peut-être un peu trop original pour toucher nos bambins... ?

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Petit comme un poing d'Irène Cohen-Jana est une histoire plus traditionnelle, avec une couverture amusante et très attirante. Le récit est assez moderne, contemporain car il évoque le souci des portables dans le quotidien des gens débordés (ça me fait rire !). Cela montre aussi tout le ridicule que représente une vie accrochée à son portable, mais il s'agit de mon interprétation personnelle ! ;o)

Bref, c'est l'aventure de Mme Piroulet qui promène dans le parc son petit Léon, bien scotché dans sa poussette. De son côté, elle passe coup de fil sur coup de fil pour organiser l'anniversaire de son petit, à tel point qu'elle se rend compte trop tard que Léon a disparu ! La maman paniquée court se renseigner auprès du gardien, de la dame du manège, du directeur du théâtre et du commissaire de police. Elle devient folle d'angoisse, elle répète pourquoi elle n'a rien vu, rien entendu (portable oblige !) et dring dring ! la fin finit bien.

Cela fait un peu théâtre de Guignol, toute cette cacophonie, cette course échevelée et ce discours de dingues. Cela s'appuie sur des effets comiques de répétition et d'accumulation, c'est excellent pour raconter oralement ! Le téléphone portable est donc au coeur de cette histoire, mais l'auteur n'a pas cherché à être critique. Elle se moque avec tendresse, elle met le doigt sur cette invasion - bonne et/ou mauvaise - avec parfois des conséquences qui vont dans les deux sens. Mais c'est un livre qui s'inscrit dans son époque, c'est ainsi. :))

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* paroles de Lola Majeure / Zazie

Editions du Rouergue, septembre 2008 :
* C'est Giorgio, de Corinne Lovera-Vitali / illustrations de Loren Capelli (Coll. Varia, 16€)
* Petit comme un poing, d'Irène Cohen-Janca / illustrations de Candice Hayat (Coll. Varia, 12€)

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3 octobre 2008

La petite cloche au son grêle - Paul Vacca

Attention, pépite ! Gros coup de coeur pour ce roman.
D'ailleurs, il est tellement incroyable que c'est presque lui faire injustice d'en parler, mes mots n'arriveront jamais à la cheville d'une telle histoire. Mais je vais essayer, par souci de vouloir partager mon amour pour ce roman. Et puis, comme il est écrit à un moment dans le livre : "Quel bonheur de partager un secret ! Maintenant, ils savent comme nous que ce livre est un grimoire empli d'heureux sortilèges."

L'histoire se passe dans un petit village du Nord de la France, au charme bucolique rafraîchissant et enchanteur. La Solène coule le long d'un sentier herbeux, à travers les sous-bois. Là, le jeune narrateur de 13 ans et sa mère Paola ont trouvé leur refuge et butinent l'air fleuri en laissant éclater leur bonheur. Il y a une vraie complicité entre eux, un amour grand comme le monde. Le père est témoin passif, mais pas totalement en retrait non plus. Il est le cafetier du village, il voue à son épouse une admiration sans bornes. En gros, tout le monde est beau, tout le monde est gentil et c'est la belle vie.

Non, bien sûr. La belle Paola est malade et doit se rendre à Paris pour des examens. Surtout ne pas inquiéter le garçon et prétendre qu'elle rend visite à une vieille tante. C'est juste une histoire de quelques jours... En attendant, notre jeune héros est amoureux d'une demoiselle qui le snobe. Avec son copain Mouche, il échafaude des plans tordus pour attirer son attention, mais le résultat n'est pas à la hauteur des attentes. Et puis, il y a aussi la prof de français, la terrible Mlle Jeannin, qui vante les barbaries et autres solécismes dans lesquelles se noient ses rédactions avec un sadisme écoeurant, et ce, devant toute la classe !

C'en est trop pour la mère. C'est vrai que son fils n'aime pas les livres et risque mal de devenir un grand écrivain. Sauf qu'elle ignore que ce même fiston est plongé, tous les soirs, dans un pavé aux longues phrases sinueuses, qui éveillent en lui des sentiments nouveaux et vertigineux. En rentrant d'une promenade, le garçon a trouvé un livre abandonné, qui appartenait à une femme belle comme le jour, il s'en est emparé et le cache sous son oreiller. Il s'agit de Marcel Proust, Du côté de chez Swann. "Je ne sais pas encore à quel point ce livre va changer notre vie."

La suite est une valse étourdissante entre les éclats de rire, la tendresse, l'envie et le désespoir. C'est beau à en pleurer ! J'ai longtemps cru qu'on allait échapper au chagrin tant l'auteur s'ingéniait à faire basculer les passages tristes avec ceux plus joyeux. Bien entendu, j'ai versé ma petite larme. Pourtant je ne voudrais pas qu'on charge ce roman d'un pathos gluant et déplacé, c'est tout le contraire. C'est une histoire d'admiration, d'amour et de grandeur. On peut aussi y voir un hymne formidable au pouvoir des mots et de la lecture, à son bienfait fédérateur (tout un village se mobilise pour créer un spectacle). Ne passez pas votre chemin et dévorez ce livre... il est magnifique !   

un grand merci à l'auteur de m'avoir fait partager ce plaisir de lecture ***

Philippe Rey, mars 2008 - 180 pages - 16€

L'avis de Cathulu

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2 octobre 2008

Ghostgirl - Tonya Hurley

 

 

C'est la rentrée des classes et Charlotte Usher est déterminée à marquer cette année d'une pierre blanche. Elle ne veut plus être cette élève transparente, qui n'a pas d'amis et qu'on humilie pour le plaisir. Tout l'été elle a travaillé pour imiter Petula et les deux Wendy, les filles les plus populaires du lycée, et veut réussir à séduire l'objet de son affection - Damen. Elle croit en sa bonne étoile, mais ce premier jour signe aussi sa fin : elle meurt étouffée en mangeant un ourson en gélatine.

Devenue fantôme, Charlotte rejoint la classe des morts et apprend qu'elle doit accomplir un acte resté inachevé avant de basculer dans l'au-delà. Aucun doute possible pour l'adolescente, elle doit conquérir Damen et décrocher une invitation pour le bal. Devenir populaire. Obtenir tout ce qu'elle n'a jamais pu avoir de son vivant. Mais comment faire, surtout quand la seule personne capable de vous voir est Scarlet, la soeur de Pétula, accessoirement la petite amie de Damen !?

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Le roman en lui-même est très réussi (couverture, graphisme, pas mal de couleurs, de la fantaisie entre les chapitres, citations des plus grands auteurs anglo-saxons), pour cela le soin apporté au plaisir de la lecture est appréciable. Quant à l'histoire, c'est un autre dilemme. J'ai trouvé que c'était drôle, Charlotte est un sacré personnage, totalement obsédé par Damen, mais cela reste léger et plutôt indiqué à un jeune public, dès 12 ans par exemple. Le propos de vouloir exister aux yeux des autres est traité de façon pathétique pour commencer, puis avec énormément de dérision. On échappe à la farce grotesque, car Tonya Hurley (qui travaille dans le cinéma) (et oui, c'est la soeur de Liz) parvient brillamment à distiller de la fantaisie à ce qui ressemble fort à du flegme britannique !

Plon jeunesse, octobre 2008 - 326 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Myriam Borel

Le site : www.ghostgirl.fr

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(extrait)

1 octobre 2008

On s'y fera - Zoyâ Pirzâd

Nouvelle opération menée par le Livre de Poche, avec en proposition : On s'y fera, de Zoyâ Pirzâd (que j'avais déjà lu lors de sa sortie). Je vous encourage à saisir cette opportunité, car c'est l'occasion d'aller au-devant d'un auteur, d'un univers et ce serait dommage de passer à côté.

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L'histoire se passe en Iran. Nous suivons Arezou Sarem, 41 ans, divorcée et mère d'une fille de 19 ans, Ayeh. Elle est responsable d'une agence immobilière, qu'elle dirige avec son amie Shirine, laquelle va jouer l'entremetteuse en lui faisant rencontrer un client, lors d'une banale visite d'une maison. Zardjou est un homme sûr de lui, qui va réussir à décrocher une signature et un rendez-vous, au grand dam d'Arezou. Elle ne se sent pas prête pour vivre une histoire sentimentale, elle n'a pas follement envie de se changer les idées. Elle a déjà fort à faire entre sa fille, têtue et soupe au lait, et sa mère, qu'on surnomme la Princesse, bref elle se sent prise en sandwich par ces deux ogresses. Où pourrait-elle trouver de la place pour un homme ?

"On s'y fera" est un roman entier, au nom des femmes. On y découvre des destins croisés, des désirs d'émancipation et ce, malgré les liens de la famille qui étranglent et vous lient pieds et poings. La pression est tapie dans l'ombre, on admet une femme indépendante, qui travaille, divorcée, élevant seule sa fille, et finalement c'est au coeur du foyer qu'on ne pardonne pas cet anti-conformisme. On comprend alors combien il sera difficile pour Arezou de faire accepter l'intrusion de Zardjou dans ce schéma complexe.
A elle, donc, d'invoquer le génie de la lampe pour s'offrir une chance de prendre son avenir à bras le corps, et de réussir à braver celles qui font de sa vie une prison dorée. Car après tout, les rencontres aidant, Arezou s'aperçoit qu'elle n'est pas si mal lotie et que d'autres femmes sont dix fois plus infortunées qu'elle.
Le roman est moins doux et poétique que son recueil de nouvelles, Comme tous les après-midi, toutefois cela reste une lecture grisante, tendre et désespérante. Un léger souffle de révolution fait battre le coeur des femmes iraniennes et ce n'est que plaisir à entendre !

Livre de Poche, septembre 2008 - 316 pages - 6,50€  

1 octobre 2008

Les Âmes Vagabondes - Stephenie Meyer

 

Dans une société du futur, la planète Terre a été envahie par une entité difficile à représenter, imaginez une espèce de mille-pattes qui vient prendre possession de votre corps et devient votre Âme. La population humaine a été anéantie, remplacée par des mutants qui réclament paix et sérénité au sein de notre civilisation, jugée incapable (trop de vicissitudes, trop de guerre, etc). Votre apparence et votre mode de vie font illusion, calqués sur le modèle humain, or cela ne trompe personne, notamment les rebelles qui s'opposent à cette invasion perfide et criminelle.

Melanie Stryder, 20 ans, était un humain sauvage jusqu'à sa capture par les Traqueurs. Entre les mains d'un Soigneur, son corps devient l'hôte d'une âme exceptionnelle, qui a déjà voyagé dans plusieurs mondes et vécu moults vies. Elle se nomme Vagabonde. Son insertion est douloureuse, violente ; l'afflux des souvenirs bouleverse cette entité peu habituée aux émotions humaines. C'est tout nouveau pour elle, pas loin de la déstabiliser, et pourtant elle refuse de paraître faible en laissant son hôte la dominer.

Melanie n'est pas une jeune femme facile à endormir, son esprit est encore présent, sa personnalité vibrante. Elle se rebiffe et tente d'ériger des murs pour ne pas rendre facile l'accès à sa mémoire. C'est l'affrontement de deux battantes, l'une et l'autre perdent du terrain et Vagabonde reçoit en plein coeur l'image d'un homme, d'une beauté à couper le souffle. C'est Jared, le grand amour de Melanie.

L'âme est chavirée par ce souvenir, par le flot de sensations qui monte en elle, dans le corps de Melanie. Cette fusion met en péril la mission de Vagabonde - chargée de fouiller les pensées de son hôte pour les rapporter à son Traqueur. Totalement ébranlée dans ses certitudes, mais émue et poussée par la curiosité, Vagabonde accepte de suivre les conseils de Melanie qui veut la guider dans le désert, à la recherche de Jared et de Jamie, son jeune frère.

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J'avais plusieurs craintes avant d'ouvrir ce livre, 1°) c'est un nouveau roman de Stephenie Meyer - 2°) allait-elle être capable de se renouveller après le succès de sa série Twilight - 3°) elle s'attaque au genre de la science-fiction qui n'est pas ma tasse de thé... Finalement, aucune appréhension à avoir car c'est une réussite sur toute la ligne. Stephenie Meyer prouve qu'elle est une remarquable romancière, qui sait proposer un autre univers, même s'il est toujours ancré dans la thématique de l'amour, la fascination, la sensualité etc.

Un carton plein, assurément. Après une lente et complexe introduction (50 à 80 pages), l'histoire se met en branle, racontée à la première personne, un atout majeur, car cela apporte une introspection plus palpable et attendrissante. L'étrange paradoxe, aussi, est de ressentir ce récit par deux personnes coincées dans le même corps. Si la narratrice principale reste Vagabonde, le personnage qui incarne l'hôte - Melanie - n'est pas ténu. Sa présence est encore forte et prégnante, assez pugnace.

Bref, j'ai adoré ! On oublie très vite qu'on lit un bouquin de science-fiction, on dépasse les théories selon lesquelles l'humanité a flanché, à force de concourir dans la médiocrité et les petitesses (l'homme apparaît vil, tricheur, fourbe et tortionnaire !). On se rend compte qu'on tient entre les mains une histoire d'amour véritable, d'un romantisme à toutes épreuves !

Une relation triangulaire se profile, mais avec beaucoup d'intensité et de complications. On s'en doute. C'est une configuration unique, conflictuelle (deux femmes, coincées dans un même corps, s'opposent pour atteindre le coeur d'un homme) et ce dernier est lui-même déchiré, partagé par ce qu'il ressent. Rien n'est simple !

J'ai beaucoup apprécié les personnages, qui ont été bien étudiés et décrits. La communauté des rebelles, réfugiée dans des cavernes souterraines, a su recréer un cycle de la vie primitif, indispensable à leur survie. Je n'ai pas eu le sentiment d'un espace clos et étouffant, au contraire j'ai trouvé que cela accentuait l'atmosphère d'angoisse et le sursis qui plane au-dessus de leurs têtes. Vagabonde est le pion central, mais tous les caractères jouent un rôle crucial et qui s'imbriquent les uns avec les autres. Non, je ne vous parlerai pas de Jared, l'élu de ces dames, le beau ténébreux par puissance... Mais c'est appréciable de se mettre sous la dent une palette de personnages bien croqués !

En règle générale, cette lecture force à se remettre en question, tout le temps. Elle nous renvoie à nos choix et nos prises de positions, à nos sacrifices et nos abnégations. Stephenie Meyer mérite de prendre du galon, parce que ce roman est remarquable. L'intrigue est singulièrement excitante, totalement imprévisible et captivante, l'action dense, palpitante et dramatique, du genre à vous couper le sifflet. Est-il nécessaire de préciser combien j'ai été envoûtée ? !

Editions JC Lattès, octobre 2008 - 617 pages - 20,50€
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert
titre v.o : The Host

Le site : http://www.stepheniemeyer.com/thehost.html (en anglais)

Virginie (des Chroniques de Chrestomanci) l'a lu en anglais

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30 septembre 2008

La Promenade des Russes - Véronique Olmi

Sonietchka, treize ans, vit seule avec sa grand-mère Macha, rue Rossini à Nice. Cette dernière, née en 1901, se prétend être la seule survivante (encore en vie) de la Révolution Bolchévique et ainsi tout connaître du mystère Anastasia, la princesse disparue. Elle écrit de longues lettres au directeur d'Historia, les récite à voix haute à sa petite-fille, il faut qu'elle comprenne tout, qu'elle la soutienne et l'escorte pour se rendre à la Poste. Elles s'y rendent donc, à un train d'escargot, la grand-mère fière comme Artaban, la petite tétanisée et ennuyée de cette rengaine.

Ce qu'elle aimerait, c'est aller à la plage, profiter du soleil, se baigner, rêvasser sur un banc et non plus s'enfermer dans cet appartement sombre, encombré, qui sent la laque Elnet et la poudre de riz. Tout est dépassé, figé comme une image, Sonia a envie de tout chiffonner pour l'envoyer à la poubelle. Elle veut de la vie, de l'amour, un signe de tendresse. Sa mère est partie on-ne-sait-où, son père fait sa vie de son côté, seule reste sa grand-mère, trop protectrice. C'est la croix et la bannière pour mettre un pied hors du foyer. Un jour, elle ment et se rend en cachette à un rendez-vous fixé par Olga, sa mère.  C'est le point de départ d'une existence qui va foutre le camp.

L'histoire est racontée par l'adolescente de treize ans, ce qui donne beaucoup de fraîcheur, de légèreté, d'humour et de naïveté au récit. Cela masque le souci premier que présente l'intégration des étrangers dans un pays inconnu, pour Sonia c'est un problème voilé. Elle ne se sent pas russe, à l'instar de sa mère qui a choisi de fuir tout ce qui s'en approchait, elle ne se sent pas française non plus. Elle aurait aimé être une Camille Dubois, plus passe-partout, mais elle est Sonietchka, détentrice d'un flambeau que lui brandit sa Babouchka (et qui lui pèse franchement).

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La promenade des Russes n'est pas un roman historique, mais plutôt le parcours initiatique d'une demoiselle mal dans sa peau. Cela pourrait ressembler à une biographie romancée de l'enfance de Véronique Olmi, rien n'empêche d'y croire. Mais l'important n'est pas de savoir ce qui est vrai ou faux, inspiré ou fantasmé. On embarque facilement dans le coeur de ce récit, teinté de poésie, de blues, de drames familiaux, de grandeurs et décadences du royaume russe... On s'attache énormément à cette petite Sonia, une adolescente pas comme les autres, et qui le soir rêve dans son lit de se rendre à Manderley, à force de lire et relire Daphné du Maurier, dans le dos de sa grand-mère (vraiment une femme qu'on admire et qu'on ne comprend pas non plus). Elle est sèche, sévère, excessive, peut-être un peu toquée aussi.

On cernera mieux son histoire en ayant tout lu le roman,  pourquoi toutes les femmes de cette famille sont si vulnérables et comment le passage du relais, entre les générations, peut s'assurer sans peine ni heurts. Pour cela, le livre possède un charme secret qu'on ne soupçonne pas forcément à la première lecture, c'est simplement en laissant passer le temps qu'on se surprend à conserver une profonde tendresse et affection pour cette histoire (et pour les personnages !). Vraiment troublant, ce roman. Il est tourné vers la nostalgie, les non-dits, les secrets de famille, mais il n'est jamais morose pour autant. C'est un beau roman, pas facile à décortiquer mais on lui conserve, au chaud, un vrai sentiment de reconnaissance.

La promenade des Russes

Grasset, septembre 2008 - 248 pages - 16,90€

Véronique Olmi chez Auteurs TV (merci lily!)

29 septembre 2008

La réconciliation - Anne Constance Vigier

Sous cette couverture qui fleure bon le printemps, se trouve une histoire moins légère, centrée sur une femme, qui approche de la quarantaine, divorcée et mère de jumeaux, Alice et Antoine, âgés de quinze ans. Ces derniers s'envolent pour l'île de Gorée, deux semaines durant, et l'abandonnent à son triste sort : son père vient loger sous son toit. Parce qu'il doit suivre plusieurs examens médicaux, parce que l'hôpital se trouve juste en face de son appartement, parce que ça enlèverait une épine du pied de la mère, parce que c'est comme ça... La narratrice est effondrée, paralysée. C'est toute son enfance qui lui revient en pleine figure.

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Son père a été une véritable ordure, il n'y a pas d'autres mots pour le décrire. Il était violent, autoritaire, exécrable, irascible et méprisant. Il a saccagé ses souvenirs d'enfance, a ruiné sa vie de femme jusqu'au jour où elle a choisi son émancipation. Mais aujourd'hui c'est lui qui a besoin d'elle, il est malade, diminué, obligeant. Prendra-t-elle sa revanche ? Or, c'est autre chose qu'il se passe. De façon incongrue, cette cohabitation vient lui renvoyer son vrai visage d'épouse bafouée, de mère dépassée et de femme lasse d'un travail qui stagne (son livre, en cours de traduction). La narratrice est déprimée. Accueillir son père, c'est comme faire une thérapie avec des effets secondaires déstabilisants.

Et le lecteur ingurgite ce vague à l'âme avec un stoïcisme remarquable. On pourrait s'attendre à un certain marasme, à quelques règlements de compte, à des éclats et autres qualificatifs d'oiseaux. Que nenni. Nous récoltons de la tempérance, des doutes, une certaine asthénie et des dialogues de sourds. C'est une histoire rentrée, dans le sens où les deux protagonistes se contiennent, ne se touchent jamais, se parlent à peine et sans jamais se faire face. Il y a un fossé entre eux dans lequel tombe le lecteur, heureusement il n'y a pas de mal ! C'est juste qu'on s'attendait à autre chose de ce roman - une réelle confrontation.

Finalement l'auteur décide d'employer la situation conflictuelle, qu'implique la relation entre le père et la narratrice, pour brusquer cette femme dans son moi profond. Ce retour du père qui a besoin d'elle l'oblige à fouiller en elle, à décrypter et soigner ses petits bobos. Il faut la voir s'accrocher à ses enfants, qui eux recherchent à se détacher. Gentiment, mais sûrement. Sans y penser, ce roman finalement traite de sujets personnels, de l'enfance et de la maternité. C'est plus complet qu'on imaginait... J'ai bien aimé (mais je n'ai pas l'impression d'avoir su parfaitement le communiquer, dommage).

 

 

 

 

La réconciliation

Editions Joelle Losfeld, août 2008 - 138 pages - 13,90€

Du même auteur : Entre mes mains

Un repas entre un père et sa fille, entre huîtres et malentendus.
Anne-Constance Vigier lit un extrait de son dernier roman «La Réconciliation» :

http://www.libelabo.fr/2008/09/18/%c2%abla-reconciliation%c2%bb/

28 septembre 2008

petite princesse, ne te réveille pas garde l'ivresse et tes yeux d'enfants *

La jeunesse aussi s'offre une rentrée avec des nouveautés à la pelle. Nous allons tenter de faire des petits tours (de manège?) chez les uns et les autres, de pousser notre caddy dans leurs rayons, de peser avant de faire son choix ; programme du jour :  Gallimard jeunesse. Il y a pas mal de livres qui s'inscrivent dans une série (Les Pyjamasques, L'inspecteur Lapou), plus un album tout blanc avec en couverture la bouille ravissante d'une petite rouquine (Polly).

C'est une histoire gentille, toute simple : l'anniversaire de Polly, par Florence Sterpin. On y voit une fillette qui voyage avec ses amis (un fantôme, un chat et un chien) dans une roulotte volante. Petite halte dans la campagne, chacun vaque à ses occupations mais Polly s'ennuie car elle aimerait jouer avec ses amis. Alors elle invente une excuse, aujourd'hui c'est son anniversaire et ils seront bien obligés de s'intéresser à elle. Manque de bol ! Une fête, ça se prépare et n'offre pas trop le temps de folâtrer. Tel est pris qui croyait prendre, pense-t-on.

Lecture sympathique, avec des dessins assez originaux (du feutre pour souligner les contours, je faisais ça quand j'étais petite !) (ceci n'est pas non plus un jugement péjoratif, j'étais une petite fille douée aussi !). Polly est craquante, l'amitié est à l'honneur, bref cet album pourra être lu aux plus jeunes (dès 3-4 ans).

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Mon coup de coeur, maintenant : Les enquêtes de l'inspecteur Lapou. Je ne connaissais pas tellement, et en fait j'avais bloqué sur Bénédicte Guettier, LA créatrice de l'âne Trotro (les mamans avec des enfants qui regardent les Zouzous sur France 5 doivent comprendre !!!). Et moi, franchement, ça ne m'inspirait pas du tout. Lors du dernier swap jeunesse, Audrey souhaitait découvrir un album de cette auteur et c'est ainsi que j'ai mis la main sur la série de l'inspecteur Lapou.

Gros coup de coeur, pour moi ! Ce sont des petites enquêtes sans prétention, menées par le très débonnaire inspecteur Lapou. Il est affublé d'un imper bleu, il a tendance à trop manger et à ne pas faire de sport. Il se traîne, il discute, fait marcher ses petites cellules grises. Il est souvent pataud, nigaud et maladroit. Pas du tout le Super Héros auquel on s'attend ! Et ça, c'est génial.

Cela casse les classiques attendus, les schémas tout trouvés. Il y a beaucoup d'humour, de flegme, de dérision. Pas sûr que les enfants peuvent tout saisir du second degré, mais ce n'est pas bien grave car les mamans, elles, se délectent !

Deux nouveaux titres, pour la collection : Le Poivron Fou  ET  Le Concombre Démasqué.

Le cadeau bonus : une recette facile et rapide est proposée en fin d'album (ici, le poivron mariné et le concombre à la crème).

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Pour conclure, le retour des Pyjamasques avec deux titres indissociables (selon moi).

J'avais déjà dépisté deux albums et j'avais beaucoup aimé cette première rencontre. Il s'agit de trois copains qui portent des combinaisons moulantes et vivent des aventures palpitantes durant la nuit : ils s'appellent Yoyo (le super costaud), Gluglu (qui colle) et Bibou (qui vole).

Avec ces deux nouveautés, il faut impérativement lire Les Pyjamasques et Utupë, l'esprit de la forêt en premier, car Le secret des Pyjamasques est la suite !

Utupë, un esprit de la forêt, vient de s'échapper du musée et veut retourner chez lui (la forêt aux arbres millénaires, de l'autre côté de la Terre). Sa rencontre avec les Pyjamasques tombe à point car il compte sur eux pour l'aider. Leur arrivée dans la jungle est une fête, tous se sentent comme des poissons dans l'eau. Mais il faut rentrer à la maison, et avant cela, passer l'épreuve de l'animal-totem qui est venu du bout du monde leur apporter leur costume. Ce qu'ils vont apprendre est un message d'une grande importance, qui devrait les accompagner pour leurs prochaines aventures.

C'est toujours très coloré, très vivant, palpitant, drôle (la maréchaussée est de service ! les agents Pin et Pon sont deux idiots qui vont s'improviser acrobates !), et humain, sensible avec un message sur les esprits qui naissent avec vous et ne vous quittent jamais durant votre enfance, jusqu'au passage vers l'âge adulte.
C'est une lecture qui plaira davantage aux enfants qu'à leurs parents (mais n'oublions pas que les livres sont faits pour eux, avant tout !). J'ai juste un petit reproche à faire - c'est de ne pas avoir retrouvé la petite Lilifée, comme prévu.   

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Encore de l'Âne Trotro ???  ICI ! 
Sans se moquer, cette série est un MUST pour vos bambins !

* paroles de Petite Princesse / La Grande Sophie

Gallimard jeunesse, septembre 2008
* L'anniversaire de Polly, Florence Sterpin : 13,50€
* Le poivron fou / Le Cocombre démasqué, Bénédicte Guettier : 7€
* Les Pyjamasques et Utupë / Le secret des Pyjamasques, Romuald : 6€

^ Bon anniversaire à sa marraine la fée ! ^

27 septembre 2008

De Niro's Game - Rawi Hage

 

Deux amis d'enfance, à Beyrouth sous les bombes, dans les années 80, avec pour toile de fond : la guerre. Bassam et Georges cherchent tout deux à fuir leur quotidien - le premier veut partir à Rome, il a besoin d'argent et avec la complicité de son camarade, pique la recette du casino où il travaille. Georges, lui, est sensible aux discours de la milice chrétienne.
Je suis loin de partager l'engouement général. Après avoir consulté une grande partie des blogs ayant reçu De Niro's Game par Violaine, du site chez-les-filles, j'ai pu relever un flot d'enthousiasme à son sujet. Pour ma part, je n'ai vraiment rien ressenti ! Je n'ai pas détesté non plus, je reconnais une grande richesse dans l'écriture et le style, une langue poétique mêlée à un climat d'urgence. On vit l'impatience du narrateur, son besoin de tout croquer et de ne pas traîner, sa rage de fuir mais on succombe aussi à cette ambiance - si glauque, si morbide. C'est la guerre, derrière les passages fleuris et désinvoltes, la démence éclate - dix mille bombes, dix mille baisers, dix mille claques, dix mille tombes.
Que ce fut pénible pour moi de tenter d'aimer ce livre ! J'ai essayé, mais l'étincelle est restée morte. Je n'ai pas su entrer dans l'histoire, même les protagonistes n'ont pas réussi à me séduire. J'ai bien aimé les portraits des femmes, des héroïnes sous forme d'étoiles filantes (forcées de s'éteindre, donc). Mais le charme reste fugace, seul persiste un profond sentiment de malaise, très inconfortable, et qui colle aux doigts.
Grosse déception, donc, envers ce roman qui ne récolte que des louanges !
Une autre fois, peut-être...

De Niro's Game

Denoël & D'ailleurs, septembre 2008 - 267 pages -20€
traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot

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De Niro's Game

26 septembre 2008

Le choix des âmes - Olivier Larizza

Comment raconter la petite histoire de ce livre ?
En fait, il faut remonter le temps. Olivier Larizza est l'auteur du roman "Mon père sera de retour pour les vendanges" (Anne Carrière, 2001) que j'ai lu en février 2004 (oui, ça date!). J'avais beaucoup apprécié sa plume et son histoire. C'était déjà à propos de la première guerre mondiale, des Poilus coupés du monde, dans l'enfer des tranchées, déprimés et dégoûtés par le carnage dont ils seront les témoins. Ce petit roman se plaçait du point de vue d'un garçon de 10 ans qui attend le retour de son papa et va lire en cachette de sa mère les lettres qui lui révèlent l'atrocité du conflit.

C'était une approche séduisante et rafraîchissante. Mais Olivier Larizza n'a pas voulu en rester là, il revient sur le sujet de la guerre et des Poilus avec ce nouveau roman : "Le choix des âmes". On n'aura jamais tout dit, tout écrit sur cette prétendue "der des ders". Et c'est bon de ne pas oublier non plus.

Le roman s'ouvre sur cette phrase : "J'ai trente-deux ans et je vais mourir." Elle est prononcée par un soldat qui vit un vrai calvaire. Horloger de son état, installé à Nantes, il a été mobilisé et conduit au Vieil-Armand, une montagne d'Alsace surnommée HWK. Pas peu fier d'avoir tenté d'esquiver l'offensive - l'homme a perdu un doigt lors d'un entraînement  - il s'imaginait exempté pour rentrer chez lui, auprès de Natacha, sa jolie femme venue de Martinique. Mais l'Etat Major n'a eu aucune pitié.

Ce que notre malheureux confie à son carnet est un rapport sur les heures de combat, les pluies d'obus et la menace du gaz, la solitude, l'ennui, le désolement, la maladie et les rats qui galopent à leurs côtés. Vision très sombre et amère d'une guerre qui ne découvrait pas son vrai visage dans les journaux ! Pour le moral des troupes, on mentait, on cachait, on édulcorait. Sur le terrain, les hommes deviennent prêts à tout pour fuir ce gourbi (désertion, auto-mutilation, suicide). Tout plutôt que retourner au combat !

A force de voir ses camarades tombés comme des mouches autour de lui, notre narrateur a fini par craquer et secrètement choisi la date butoire de septembre. Il lui faut trouver une solution, lors de sa trop brève permission - durant laquelle il goûte très peu au retour d'une vie normale - mais il ne souhaite plus retourner sur le mortel HWK.

Confession sinistre, mélancolique, douloureuse d'un soldat perdu dans une lutte à laquelle il n'entend rien.
Ce récit révèle aussi la formidable solidarité entre les gars, l'amitié et les temps forts, quelques miettes de bonheur grapillées un peu honteusement. Mais l'instinct de survie trône.
Motivé par l'écriture de ce journal, tel un exutoire, le narrateur se découvre le goût de partager et raconter son histoire, en même temps que la fibre paternelle naît en lui.

Le Choix des âmes, qui paraît quelques semaines avant le 90e anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, jette la lumière sur ce site hallucinant, classé monument national au même titre que Verdun et pourtant peu connu, où plus de 60 000 soldats français ou allemands ont trouvé la mort. C’est que son souvenir a toujours gardé quelque chose de tabou, tant la guerre y a éclaté dans sa logique la plus absurde. Source : Anne Carrière

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Un extrait, très convaincant sur la morosité ambiante, la rage teintée de désespoir de cet homme, résolu et lucide :

"Je ne sais pas si je dois persister à raconter cette guerre, à me perdre dans ses méandres, à nommer l'innommable. Parfois je me convaincs de ne coucher sur le papier que les moments agréables, les instants de joie, les rires et les nostalgies heureuses, les regards emplis d'émotions telles des ombres en duel... J'écris pour me soulager mais également, et surtout, pour qu'on me lise, plus tard. Je veux être lu, compris, aimé. Je veux qu'on se souvienne de moi et de ce que je pouvais faire de mon coeur, de mes neufs doigts : de la dentelle. De celle que je tresse avec la dixième phalange, qui m'est la plus chère : ma plume.

Ca fait bien longtemps, néanmoins, que je ne crois plus à la postérité. La postérité a été inventée pour les gens comme moi, comme nous, petits hommes bleus. Elle a été créée pour les esprits trop vifs ou trop rebelles ou trop gourmands d'une existence empêchée : dans le but de leur faire admettre qu'ils ne perdent rien à rater leur présent, à gâcher leur vie réelle, puisqu'une autre la prolongera, qui aurait la beauté de l'éternité. Ces salades, je ne les gobe plus ! Que ce soit en religion, sciences guerrières ou même littérature, je ne crois plus du tout à la postérité, je m'en fous ! D'abord, aucun corps ne peut profiter de sa prolongation spirituelle. Ensuite la postérité dépend de la survie de l'humanité et de sa bienveillance, or les deux me semblent salement compromises. La postérité est une imposture."

Le choix des âmes

Anne Carrière, septembre 2008 - 256 pages - 18€

Merci l'auteur !

 

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