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Chez Clarabel

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26 juillet 2008

Question de temps

Tous les "obsédés" de la lecture compatiront, sans aucun doute, à ce qui va suivre...

Henry Bemis est un amoureux des livres, un vrai. Cette passion n'est pas comprise par son entourage et lui vaut brimades, humiliations et autres harcèlements. Lire, c'est futile. Lire, c'est inepte. C'est une perte de temps. Alors, pour mieux savourer ce plaisir défendu, Henry se cache...   


Twilight Zone - Question de Temps 1/2
envoyé par m0r4d


Twilight Zone - Question de Temps 2/2
envoyé par m0r4d

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25 juillet 2008

Luern ou l'hiver des Celtes - Jean Côme Noguès

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Fils de tonnelier, Luern sait que son destin n'est pas de combattre auprès des guerriers celtes du village, mais de suivre la voie de son père. Pourtant, le garçon se sent différent, concerné par la tache violette qu'il porte dans le cou. D'une enfance heureuse et insouciante, Luern va brutalement connaître l'exil et les dangers d'une traque par suite d'un acte qu'il croyait anodin. Un jour, il croise le fils du chef qui manque se noyer avec sa monture dans un lac gelé. Luern le sauve, mais, blessé dans son orgueil, Cintos va chercher à se venger en tendant un piège au garçon.

Prétextant le remercier, il lui fait cadeau d'un bracelet en bronze. Dans le même temps, la troupe des guerriers s'échauffe pour la nouvelle bataille qui s'annonce. Une cérémonie rituelle est organisée, durant laquelle la devineresse Brenna (qui est aussi la soeur de Luern) doit bénir la victoire de Cintos et ses compagnons. Or, cette dernière réclame un sacrifice humain... en la personne du garçon au bracelet en bronze (sait-elle qu'elle vient de condamner son frère?). Obligé de fuir, Luern va chercher à retrouver son autre soeur, Eponina, qui est devenue prophétesse et vit en réclusion dans la forêt.

Jolie épopée se déroulant lors de l'époque de la Gaule et des Celtes, ce roman de Jean-Côme Noguès est bien renseigné, écrit avec style et fort riche dans son intrigue. Cette lecture s'appuie beaucoup sur les légendes et mythes celtes (les druides, les prophètes, les devins, etc.), les scènes de guerre ne manquent pas de verve non plus, et ajoutez à cela les descriptions pleines de poésie sur la forêt, les rites sacrés et la finesse des personnages. Luern est un garçon attachant, assez droit dans ses souliers, qui connaîtra la cruelle loi des trahisons et des secrets de famille. Bien mené jusqu'au dernier chapitre, ce roman gagne à être lu... et conseillé aux jeunes lecteurs dès 13 ans.

Gallimard jeunesse, mars 2008 - Coll. Hors Piste - 190 pages. 9,50€

24 juillet 2008

Toi et moi à jamais - Ann Brashares

Alice et sa soeur Riley passent l'été dans la maison familiale de Fire Island, près de New York. Sportive, vive et garçon manqué, Riley est maître sauveteur. Très différente, Alice est féminine, douce et brillante, elle prépare sa rentrée en fac de droit. Paul, l'ami d'enfance, revient après trois ans d'absence. Attirés l'un par l'autre, Paul et Alice vont avoir une liaison, dans le secret, mais Riley va les surprendre un soir. 

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Ann Brashares, auteur de la série Quatre filles et un jean, signe un bon gros mélo sentimental, cousu de fil blanc, voilà pour les défauts, mais alors qu'est-ce que j'ai aimé ! J'ai complètement mordu à l'hameçon, j'ai aimé cette histoire d'amitié et d'amour, j'étais toute vibrante d'émotions pour ce que vivaient les personnages, j'étais à leurs côtés, j'avais mon petit mouchoir dans la main, j'étais nouée par les révélations, et puis dégoûtée par certains choix, je ne comprenais pas qu'on puisse garder pour soi autant de souffrance, mazette j'étais à fond dedans, d'ailleurs, j'ai lu ce roman en une soirée parce que j'étais totalement mordue !

"L'amour peut-il durer toute une vie ? Peut-il passer indemne de l'enfance à l'âge adulte en survivant aux tourments et aux écueils de l'adolescence ? Est-il toujours le même à l'arrivée, simplement exprimé de façon différente ? Ou ces deux formes d'amour sont-elles radicalement étrangères et incompatibles ?"

Toi et moi à jamais - Ann Brashares

Gallimard, (juin) 2008 pour la traduction française - 335 pages - 13€

traduit de l'américain par Vanessa Rubio / titre vo : The last summer (of you and me)

Le site : http://toietmoiajamais.fr/

23 juillet 2008

La messagère de l'au-delà - Mary Hooper

Ce premier roman de l'anglaise Mary Hooper raconte l'histoire d'Anne Green, une jeune servante d'à peine seize ans qui fut condamnée à la pendaison pour infanticide. Basée sur des faits ayant existé, mais brodée pour parfaire l'intrigue romanesque, cette histoire n'en paraît que plus captivante.

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Par chapitres successifs, la parole est donnée à la jeune fille qui raconte son histoire. Nous sommes en 1650, dans l'Angleterre de Cromwell. Les lois sont rigides contre les moeurs légères, et à cette époque on évitait de comprendre le drame des enfants morts-nés ou nés prématurément. La science et la médecine étaient encore bien timides, mais audacieuses. Le corps d'Anne Green, par exemple, est confié à l'université pour y être disséqué. Cette autre partie de l'histoire est narrée par Robert, un étudiant sensible et timide qui souffre de bégaiement. C'est grâce à lui qu'un miracle va se produire : Anne Green ne serait pas morte.

Le drame de cette jeune fille, en plus d'être belle, est d'avoir été séduite par un gentilhomme, le petit-fils de la famille où elle travaille. Victime aussi de sa vanité et de sa naïveté, Anne va connaître le prix à payer avec un stoïcisme admirable. Elle a très vite compris que sa mort était la bienvenue pour taire le scandale qui pourrait empêcher l'union du jeune maître Geoffrey avec une demoiselle de grande fortune.

Plusieurs scènes sont remarquables dans ce roman (le procès, l'échafaud, l'accouchement...) et racontées sans verser dans le pathos délirant. Tout est feutré, distillant avec tact la note dramatique. On retrouve aussi le climat austère, la vindicte populaire et le puritanisme accablant qui mettent en exergue la grande solitude d'Anne. Dans le fond, c'est une jeune femme assez cruche, avec une bonté naturelle et pas un soupçon de mesquinerie. Ce n'est qu'une servante sans éducation et sans le sou, avec un charmant minois. Peut-être est-elle dupée par les belles paroles de ce coureur de jupons qu'est le petit-fils de Sir Thomas Read, toutefois son cas fait écho à d'autres détresses comme c'était souvent le fait en ce temps-là.

Et puis, j'ai beaucoup apprécié que ce roman aborde les premiers questionnements concernant l'infanticide, comme il était jugé dans ce 17ème siècle. De manière générale, de toute façon, La Messagère de l'au-delà sait nous surprendre par son intelligence et sa sensibilité. Mary Hooper a su habilement raconter une histoire émouvante, mais en toute sobriété. La puissance de ce récit se trouve dans le désoeuvrement que va connaître Anne Green et par les injustices dénoncées. Bref, c'est un roman historique avec une action dense et palpitante. A découvrir !

La Messagère de l'au-delà - Mary Hooper

Editions du Panama, (mars) 2008 pour la traduction française - 268 pages - 15€

traduit de l'anglais par Fanny Ladd et Patricia Duez

 

D'autres avis : A été lu par Gawou et Ys

22 juillet 2008

Les Chroniques de Pont-aux-Rats - Tome 1 : Au Bonheur des Monstres

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Par une nuit de pleine lune, une silhouette se faufile de sous une plaque d'égout et s'envole aussitôt vers les toits des maisons. Avec son bonnet-casque et ses ailes mécaniques, jamais on ne soupçonnerait qu'il s'agit d'un petit garçon. On le connaît sous le prénom d'Arthur, il vit seul avec son Bon-Papa dans le monde de l'En-dessous. Il profite souvent du soir tombant pour aller à la cueillette, autrement dit chercher quelques victuailles dans les jardins du Dessus.

Mais cette mission va prendre un tour particulier, Arthur sera témoin d'une chasse aux Fromages sauvages, qui est pourtant devenue une activité prohibée. Poussé par sa curiosité et guidé par la prudence, le garçon suit de loin ce remue-ménage mais est surpris par Grapnard et sa clique. La bande lui confisque ses ailes et fonce sur lui pour le mettre sous les verroux, mais l'enfant parvient à s'échapper et trouve refuge chez Willbury Chipott, avocat de la couronne, en retraite. Ce dernier vit entouré de bricoliaux, de choutrognes et autres fifrelins.

Peut-être faut-il ouvrir une parenthèse pour présenter cette étrange cité qu'est Pont-aux-Rats... Un monde imaginaire, peuplé de créatures aussi loufoques que des vaches aquatiques, des blaireaux courvites, des lapinelles et des rats qui oeuvrent à bord de la Laverie Automatique Ratipontaine. Il existe aussi un monde souterrain où se cachent Arthur et Bon-Papa, mais où s'organisent des travaux d'entretien sur les canalisations et autres tâches maraîchères...

Depuis le Grand Krach Fromager, la chasse aux fromages sauvages est donc formellement proscrite, entraînant la dissolution de la Guilde Fromagère Ratipontaine. Tout cela est bien obscur et il semblerait que Grapnard combine quelques vilains tours pour contourner les règles établies. Arthur et son nouvel ami Mr Chipott découvrent avec horreur que toutes les plaques d'égout ont été condamnées avec de la forte glu. Il se passe vraiment de drôles de choses à Pont-aux-Rats, avec notamment des disparitions, des enlèvements et des mascarades à la barbe du peuple nigaud (Madame Froufrou et sa mode de Parii). Cela devient plus qu'inquiétant quand Mr Chipott constate avec tristesse que ses fidèles compagnons sont tous portés disparus, avec une maison mise à sac.

Ce sont 540 pages du même registre que nous offre Alan Snow, auteur totalement déjanté - si l'on se base sur le contenu de cette brique jaune !  Auteur, mais illustrateur de renom, car Alan Snow fournit son texte d'une centaine d'illustrations qui allège l'impression de lecture. Le jeune lecteur sera happé par l'ambiance et aura maille à quitter cet univers farfelu. La folle du logis a sorti ses plus belles parures pour s'étaler de long en large et en travers dans ce premier tome. On ne se lasse pas de tourner les pages, impatient de découvrir ce que nous réserve le chapitre suivant. Et c'est hallucinant la somme d'imagination que nous sert l'auteur, ce n'est jamais redondant ou gavant, il n'y a pas de surenchère non plus, et c'est encore moins débile. C'est un joyeux fourre-tout, avec un côté rétro qui pourrait laisser penser que l'histoire se passe au 19ème siècle... mais un autre détail nous rattrape et nous fait revoir nos calculs élémentaires.

Finalement, il faut se laisser porter par ce livre, aussi beau et chouette à l'intérieur qu'à l'extérieur, original par son contenu (et pas seulement), bien écrit et traduit, étourdissant par sa fantaisie et son lot d'aventures. On ne s'ennuie pas, on rigole beaucoup et on devient forcément curieux de ce que l'auteur peut nous réserver à l'avenir !

Les Chroniques de Pont-aux-Rats, tome 1 : Au Bonheur des Monstres - Alan Snow

Editions Nathan, (mars) 2008 pour la traduction - 540 pages. 19,50€

traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo

Le site : http://www.nathan.fr/chroniquesdepontauxrats/ (avec le premier chapitre à découvrir)

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(aperçu)

Pour acheter :

 

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21 juillet 2008

Les Cavaliers des Lumières : Le règne de la Barbarie *

Si seulement sa mère n'avait pas eu cet accident, peut-être Théo ne se serait jamais intéressée à ce jeu maudit. Pour effectuer son travail de deuil l'adolescente a choisi de couper tout contact avec l'extérieur, de ne plus parler à personne, de rompre avec ses amis. Elle vit désormais dans sa bulle, accrochée à un jeu online où elle s'est révélée prodigieuse, atteignant le niveau 5, comme quatre autre joueurs dans le monde. C'est exceptionnel, et Théo n'en est pas peu fière.

Après une fâcherie avec son père, qui s'inquiète (à juste titre), Théo est privée d'ordinateur jusqu'à nouvel ordre. L'ado doit remonter la barre et obtenir des résultats scolaires plus brillants. Elle s'aperçoit alors de sa terrible addiction au jeu et passe outre l'interdiction paternelle en se connectant en cachette. Là, un soir, elle surprend des scènes qu'elle n'aurait pas dû voir. Mais elle s'imagine aussitôt qu'il s'agit d'un léger bug, ce n'est pas méchant et ne porte pas à conséquences. Erreur !

Les jours suivants, d'étranges événements surviennent dans la vraie vie de Théo. Sont-ce des hallucinations, des alarmes (trop de jeu, des neurones embrouillés)... ? Elle décide alors de se connecter sur le site du jeu et contacte les autres joueurs du niveau 5. Bizarrement, ces derniers partagent les mêmes doutes : la terrible armée des Barbarians est-elle sortie de la sphère ludique et virtuelle pour s'immiscer dans leur monde ? !

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Je vous laisse découvrir ce qu'est exactement le jeu d'héroïc fantasy (les Barbarians Killers) qui est devenu la principale nourriture de notre jeune Théodora. C'est un monde étrange, menacé par des forces obscures, et les cinq meilleurs joueurs mondiaux se verront attribuer le titre honorifique des cavaliers des lumières, avec pour charge de protéger, de combattre et de résister. De longues descriptions s'ensuivent, mêlées au récit par les terrifiantes menaces qui frappent le Monde Nouveau (ainsi est appelée l'humble société dans laquelle nous vivons !).

Préparez-vous à quelques surprises de taille, car la vicissitude de ces créatures sournoises s'attaquent à toutes les personnes qui cherchent à aider Théo et les Barbarians ne mettent pas de gants pour dissuader et faire peser la menace !!! Leurs armes sont redoutables, car le commun des mortels ne voit pas la même chose que Théo, qui se retrouve ainsi isolée, incomprise et totalement déboussolée. Elle seule détient la preuve que les Barbarians s'incarnent sur Terre avec pour mission d'éliminer tous les Cavaliers.

Après son père, c'est son ancien meilleur ami qui est touché, puis des camarades de chambrée. Accident de voiture, incendie volontaire, bain de sang... la liste ne finit pas de s'allonger. Théo choisit de partir sur l'ile de Wight, dans un manoir austère, de style victorien. Elle aura recours à la bonne vieille méthode de compulser des livres dans une bibliothèque pour ses recherches avant le grand rendez-vous avec ses pairs. Car Théo a découvert qu'elle pouvait s'introduire en personne dans le jeu et franchir la frontière séparant l'irréel du réel... Incroyable !

Mêlant la quête épique, le tourbillon fantastique et le souffle d'aventure, ce roman brasse moults références et légendes pour alimenter son intrigue haute en couleurs. C'est entraînant, aidé de quelques pauses bénéfiques dans le coeur de l'action, mais le suspense est toujours entretenu à un train d'enfer. Le climat de terreur rampante par la menace des Barbarians est bougrement efficace, on s'accroche, on guette et on attend au tournant la suite de l'épopée...

Un deuxième volume va paraître courant Novembre 2008 (la série est en cinq tomes). Ce livre porte la signature de deux auteurs fort remarqués pour leurs romans policiers : Brigite Aubert et Gisèle Cavali.

Les Cavaliers des Lumières, Le règne de la barbarie * - Aubert & Cavali

Plon, mai 2008 - Coll. Jeunesse / Heroïc - 300 pages. 13€

A également été lu par Marie

20 juillet 2008

L'été solitaire - Elizabeth von Arnim

 

Début mai, Elizabeth annonce à son mari, l'Homme de Colère, son intention de rester seule durant l'été "afin de retrouver les racines mêmes de la vie". Bougon, l'homme discrédite ce projet mais l'accepte par respect pour sa douce. Il parie intérieurement que son épouse ne pourra se plier à pareille restriction et finira par craquer lorsque la pluie et l'ennui la gagneront.

Les mois passent et Elizabeth se prélasse dans le calme et la pureté de son jardin, respirant les bonnes odeurs, se délectant de la lecture de ses auteurs fétiches. La jeune comtesse savoure le bonheur de son jardin allemand, car en fait, ce journal est la suite d'un titre précédemment paru (Elizabeth et son jardin allemand).

Dans la vraie vie, Elizabeth est mariée à un aristocrate prussien rencontré en Italie et s'installe avec lui à Berlin. Cinq ans plus tard, le couple emménage à la campagne où la comtesse se découvre une vraie passion pour la vie rurale et le jardin. Elle commencera à écrire et publiera anonymement son premier ouvrage où elle confie ses réflexions sur "la rudesse de cette Allemagne du nord et ses tentatives de création d'un jardin à l'anglaise".

Enhardie par ce succès, Elizabeth von Arnim offrira une suite à cette chronique... gentille, contemplative et assez sentencieuse, toute imprégnée d'un luthérianisme rigide qui pèse sur toute la vie sociale (un missionnaire lui rappelle sinistrement qu'elle habite dans la Vallée des Larmes et qu'elle aura, tôt ou tard, son lot de malheurs pour fouetter sa béatitude présente...). Brrr.

J'ai été un peu déçue par ce livre, je n'ai pas retrouvé le peps savouré dans Avril Enchanté par exemple (et que je conseille plus fortement!). Cela reste toutefois l'appréciation d'un style élégant et guindé, joliment poétique, que j'aimerais comparer à la touche anglaise, mais non. Elizabeth von Arnim demeure un auteur à découvrir coûte que coûte !

 

L'été solitaire

Salvy éditeur, 1991 pour la traduction française / 10-18, 1997

traduit de l'anglais par François DUPUIGRENET-DESROUSSILLES

A été lu par Nanne, plus sensible à cette contemplation

18 juillet 2008

Tokyo - Mo Hayder

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Qui est Grey ? Derrière la façade de l'étudiante anglaise, qui a tout plaqué pour venir à Tokyo et rencontrer un homme censé la renseigner sur un sujet qu'elle bûche depuis neuf ans, sept mois et une dizaine de jours, qui est-elle ? De prime abord, Grey est une jeune femme mystérieuse, mal fagotée, les cheveux plaqués derrière les oreilles, obnubilée par la guerre en Chine et le massacre de Nankin par l'armée japonaise. Sans argent ni bagages, Grey accepte d'être hébergée chez Jason, dans une vieille bicoque délabrée, et trouve un emploi d'hôtesse dans un club privé, le Some like it hot.

Ce ne sont pas ses charmes qu'elle offre, mais sa compagnie, sa prévenance à servir des verres, allumer des cigarettes et faire la conversation pour égayer des messieurs venus se distraire. Cela fait passer le temps, car elle espère toujours que son professeur Shi Chongming change d'avis et accepte de la revoir pour négocier ce qu'elle attend de lui. C'est alors que celui-ci fait volte-face et propose de monnayer le précieux film qu'elle brûle d'avoir contre un autre objet de sa convoitise. Objet non identifié, bien sûr. Chongming sait d'avance que Grey parviendra à mettre la main dessus, mais où ? Dans l'antre de l'enfer. Elle doit se faufiler chez un redoutable yakuza, client du Some Like It Hot, un dénommé Junzo Fuyuki, bloqué dans son fauteuil roulant et toujours affublé de sa Nurse, une personne étrange au physique tout aussi impressionnant.

Entre-temps, se mêle le récit d'un journal intime rapportant le sinistre désastre de l'automne 1937 à Nankin. C'est dans ce sombre décorum qu'on s'enfonce en retenant tantôt un hoquet de dégoût ou en haussant les sourcils de stupéfaction. Le livre peut mériter toutes les appelations, il n'en demeure pas moins bluffant. Accroché aux basques de la jeune héroïne, on découvre les travers d'un Tokyo malsain, où fleurissent la transgression, la perversité et la sensualité. Et croyez-le ou non, mais impossible de décrocher !

Cette histoire est fascinante, derrière son goût de l'interdit et de l'horreur. Je ne vous cache pas qu'au début j'ai eu un peu de mal, j'étais dégoûtée, non pas par l'atmosphère poisseuse, mais plutôt par la personnalité complexe de Grey. Son jeu d'effarouchée est inquiétant, limite agaçant. (On comprend mieux après de longs, longs chapitres, mais en attendant il faut serrer les dents.) J'ai craint aussi le pire avec l'introduction de la pègre nippone, du club privé (la propriétaire a remporté toute ma sympathie, derrière sa pâle imitation de Marilyn), des locataires russes dans la grande maison abandonnée, et "du pas de deux sophistiqué" avec Jason (personnage encore plus tordu que Grey !). Or, finalement, tout se place plutôt bien, comme des morceaux de puzzle.

J'ai été séduite par Tokyo, mais j'admets que c'est un roman qui peut déconcerter. Sa violence sournoise gronde longtemps avant de nous exploser dans les dernières pages, et les révélations de cette intrigue nouée sont assommantes. C'est tout à fait le genre de lecture qui ne nous épargne pas... (à lire, donc !)       

 

Tokyo

Presses de la Cité, 2005 - traduit par Hubert Tézenas

Pocket, 2007 - 475 pages.

Je me rappelle combien Tatiana avait été scotchée par ce livre...

17 juillet 2008

Le temps n'est rien - Audrey Niffenegger

"Claire, très peu de personnes rencontrent l'âme soeur à l'âge de six ans. Du coup, il faut bien passer le temps d'une façon ou d'une autre." Mais une année dans la vie d'Henry ne ressemble pas du tout à celle du commun des mortels ; la première fois qu'il rencontre Claire, elle a six ans et lui trente-six. Dans leur présent, il en a vingt-huit et elle vingt ans. Il est bibliothécaire, elle étudiante avant de devenir artiste. Cette incroyable histoire d'amour trouve son explication dans le fait que Henry est un voyageur dans le temps. Ce n'est pas un conte à dormir debout, le phénomène s'explique... mais en attendant Claire passe toute sa vie à attendre Henry. Vous vous imaginez pareille dévotion ? Et pourtant, c'est possible.

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Lorsqu'on découvre cette histoire, sur papier, on se surprend à vibrer et partager les mêmes émotions que nos deux protagonistes. Ce n'est pas gagné, pour autant, entre les passages longuets, le scénario abracadabrantesque, le sent-bon à la guimauve, le tout sur 500 pages, il faut un scénario en béton pour nous accrocher. Et j'ai tout gobé ! Cette version moderne (et de très loin revisitée) du mythe d'Ulysse et Pénélope est aussi un hymne à l'amour intemporel. Cela fait deux ans que je souhaitais lire ce livre, que j'avais commencé en anglais, et maintenant que c'est chose faite, je peine à en parler convenablement.

D'abord, il ne se passe pas beaucoup de choses dans ce livre, à part suivre le fil invisible que tissent Claire et Henry à travers les sauts dans le temps. C'est aussi le propos du roman : comment vivre l'instant présent, lorsque votre amoureux connaît déjà le passé et le futur ? Et comment supporter cette frustration qu'implique l'absence de votre moitié, les soirs de Noël en famille, le jour de votre mariage ou au moment d'accoucher ? Tout est possible, rien n'est rattrapable... le temps file, mais le temps n'est rien.

Voilà comment on ressort de cette lecture : on peine à y croire, puis on mord à pleines dents, et on s'étonne de tout lire d'une traite (500 pages, ce n'est pas rien!). Ce livre vous enveloppe dans une bulle, hors du temps. L'aventure de Claire et Henry promet toute une gamme d'émotions : on rit, on râle, on frémit, on s'émeut et on pleurniche. Oui vraiment, c'est une très belle histoire. (Et encore un très bon conseil pour vos lectures de vacances !)

Lily n'a pas tout compris ; l'autre Lilly a été déçue ; Jules et Karine ont eu la gorge nouée...

Editions Michel Lafon, 2005 pour la traduction française - J'ai Lu, 2006.  520 pages.

traduit de l'américain par Nathalie Besse et Jean-Pascal Bernard.

16 juillet 2008

Le plaisir de dire non - Sylvie Del Cotto

Arrière-salle du Café des Parieurs à Jouy-en-Josas, soirée déguisée sur le thème des héros populaires : il y a là un Superman ventripotent, un Zorro bien éméché, une Janis Joplin avec un faux pétard, un Tarzan suant à grosses gouttes qui enlace une Cléopâtre aux cheveux grisonnants. Tout ce beau monde s’élance sur la piste pour danser un madison bien aligné, tous ensemble. Quand ils enchaînent sur La Macarena, c’en est trop pour Fantômette, alias Billy. Elle se réfugie dans les toilettes et fait un point sur sa drôle de vie : elle déteste passer une soirée seule chez elle, voilà pourquoi elle se retrouve dans des soirées improbables, à devoir supporter des plans drague à deux balles…
Souvent, elle surfe sur Patetic.com où elle fait des rencontres plus ou moins cocasses. Elle voit régulièrement Antoine qui, lui, fait semblant de croire qu’il ne la connaît pas, passe la nuit avec elle et s’empresse de l’oublier.
Billy ne veut surtout pas grandir, juste s’amuser…
Et dire non à tout ce qui l’embête, la carrière, les fiançailles, les cheveux gris. Tiens, voilà encore Antoine, l’amant amnésique. À lui aussi, elle dit non. Jusqu’à quand
?

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Le Plaisir de dire non est le genre de lecture idéale pour les vacances : une héroïne drôle, à qui les aventures cocasses et sentimentales ne manquent pas. C'est une célibataire de 31 ans, elle s'appelle Billy et travaille comme pigiste dans un magazine people où elle s'occupe de la rubrique Courrier des lecteurs. Loin d'être farouche, elle aime les rencontres et les contacts virtuels sur le site Patetic.com où elle a justement fait la connaissance d'Antoine, le bel amnésique (chaque jour il l'approche, semble ne jamais la reconnaître, il la retrouve le soir et l'oublie le lendemain).

Billy a une incapacité chronique de dire non, elle suit donc sans conviction Sabine, la copine boulet rencontrée pendant les vacances, et collectionne les fiestas en banlieue, les mauvais plans en rase campagne ou les week-ends avortés sur la côte normande. Billy la tornade dissimule sa peur panique de s'engager dans ce tourbillon d'activités complètement stériles.

Alléchée par cette très sympathique quatrième de couverture, je me suis jetée à l'eau en espérant passer un moment de lecture totalement dépaysant. Pari réussi. Ok, le roman n'est pas parfait, mais ce n'est pas grave. On retient surtout la sensation survoltée d'une aventure désopilante et très drôle. La narratrice, alias Billy, est une jeune femme excentrique, elle aime discuter le soir avec son miroir à faces (où en fait elle a collé les photographies de Mireille Dumas, Raymond Devos et les Bee Gees). Véritable bout-en-train qui ne manque jamais de souffle, Billy est une héroïne qu'on suit donc avec joie. Avec elle, découvrez le plaisir de dire OUI !

Le plaisir de dire non - Sylvie Del Cotto

Calmann-lévy, mars 2008 - 265 pages. 

Autre particularité du roman, sa bande originale : 

 

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