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Chez Clarabel

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13 mai 2007

Comme si vous y étiez !

Donc hier soir, samedi 12 mai 2007, avait lieu le célébrissime concours de l'Eurovision en direct de Helsinki ... Oui, ok j'ai loupé l'émission, juste saisi les résultats (et encore !) je me suis endormie avant la fin ! C'est en écoutant la radio ce matin que j'ai appris le pays gagnant : la Serbie qui participait pour la 1ère fois avec cette chanson (attention, moi je n'aime pas !)

On a frôlé ceci :

C'était, certes, beaucoup plus drôle et déjanté ... mais bon, nous voici désormais en connaissance du prometteur "Dancing Lasha Tumbaï". A suivre !!!

Vient ensuite le groupe des bombasses russes ...

Mouaip...

Voyons du côté des Turcs qui a eu l'honneur des 12 points par le public français ! !

Dommage pour The Krazy Mess Groovers qui représentaient la Belgique mais n'ont pas été qualifiés pour la finale !!! J'aimais bien, moi !

Et même nos petits français, Les Fatals Picards, n'ont pas remporté l'adhésion des européens ... c'est affligeant !

Ce qui prouve que l'Eurovision, c'est superbement kitsch ! Les grands gagnants ne sont pas forcément les plus brillants (ces résultats vous le prouvent !). Tant pis pour les millions d'européens, vous loupez de grands moments. Sur ce, tous en choeur :  Et je cours, je cours, je cours, I've lost l'amour, l'amour, l'amour
Je suis perdu, here without you, and I’m crazy, seul à Paris
Je tu le manque, sans toi I can't, et sous la pluie, I feel sorry
Champs Elysées, alone, la nuit, le Moulin Rouge, I feel guilty  (...)

Autre consolation ... HS :

Parce que mes soeurs savent très bien que si j'avais eu un garçon, je l'aurais prénommé ... Elvis !  :)

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12 mai 2007

Samedi, c'est shopping !

Un samedi de mai, où la météo annonce un temps mi-figue, mi-raisin ... à part lire, que faire ? Du shopping ! J'ai bien compris ! Alors j'ai d'abord commencé à  cliquer comme une malade sur le net parce que la princesse de la maison a littéralement craqué pour ...

fauteuil_capitonne_enfantUn fauteuil capitonné exprès pour enfant !  Elle a vraiment craqué. De joie, ses yeux ont brillé et elle a versé quelques larmes ! Comment résister ? Mais comme je suis une consommatrice raisonnable (haem, haem), j'ai d'abord voulu me renseigner sur le prix et vérifier un peu s'il n'y avait pas moins cher ailleurs.

J'ai eu beau fouiller et farfouiller - non ! tout était à des prix honteusement indécents ! Heureusement le site le propose en promotion à 30% , la facture m'a semblé moins amère et finalement fort convenable !

Et puis, à bien y réfléchir, Miss C. nous demandait aussi un piano ! ... Quitte à choisir, nous avons opté pour ce sympathique petit fauteil. Attendons maintenant de le voir en VRAI ! :/

La nouvelle chambre de Miss C. est toujours dans le bazar. Les travaux n'en finissent pas, celles qui me connaissent m'entendent seriner depuis des mois "mes livres sont dans des cartons, mes meubles traînent, les vêtements s'empilent dans tous les coins, plus la place pour fourrer mes livres non plus ... ". Point de transition tout à fait opportuniste, nous en profitons pour présenter ce livre :

grand_desordre_kitty_crowther

Le Grand désordre, par Kitty Crowther !

Sans blague. C'est un album formidable qui raconte la vie en désordre d'Emilienne qui vit seule avec son chat Daguerréotype (!) quand soudain la visite de son amie Sylvania la met devant le fait accompli : trop de désordre ici, il faut ranger !

Les jours vont passer, mais Emilienne garde le bon cap. Tranquillement, sans s'énerver ... peut-être arrivera-t-elle à un semblant de quelque chose ?

J'ai bien aimé le passage du rangement des livres :

"Bon alors, je commence à rassembler les livres, ceux avec les images d'un côté et ceux où il n'y en a pas de l'autre. Ceux-là, je les mets sur l'étagère la plus haute. Avant de les placer, avec un chiffon doux, je les caresse un à un, cela prend du temps... Mais est-ce que cela ne prend pas encore plus de temps d'écrire ? Quelle énergie dans les livres !

grand_desordre_extrait_4La poussière se détache toute seule. Les livres dont les couvertures me plaisent, je les garde près de mon lit, pour les regarder longtemps. Les images que je préfère sont celles où je ne comprends pas grand-chose, mais, à force de les déchiffrer, je finis par leur donner un sens. Celles qui sont les plus mystérieuses m'attirent. "

Lorsque Daguerréotype revient enfin, Emilienne s'est endormie au milieu des livres éparpillés ici et là.

Ah ! j'aime beaucoup ce livre. Il parle notamment de la place des objets dans nos vies, leur importance (pour moi qui suis horriblement matérialiste) et notre attachement à ce qu'ils représentent, aux souvenirs auxquels ils se rapportent... Je crois que j'en reparlerai, car il mérite qu'on s'y attarde. Pour nous surtout, il nous raconte une histoire belle et envoûtante.

A suivre, donc...

Parce qu'une journée de shopping ne se résume pas à traîner sur le net pour trouver la bonne affaire, elle consiste également à traîner ses talons sur les pavés de la ville normande où je vis.

shopping

Moi je vous le dis : ça use ! Heureusement, dans ma boîte aux lettres, m'attendait un joli (et gros !) paquet :

MafaldaMafalda ... l'intégrale !  575 pages de bonheur, proposé à un prix intéressant pendant le Festival des prix - (bien sûr) impossible de résister !

Voici un appétissant point de vue (qui n'est pas de moi, mais que je partage !) : On y retrouve avec toujours autant de plaisir toute l'oeuvre de Quino. Mafalda, née en 1964, est rapidement rejoint par sa bande de copains et par son frère Guille. Malgré les 40 années qui nous séparent de son enfance, ses réflexions, ses revendications, ses désillusions et ses contestations n'ont pas pris une ride. Mafalda commente toujours l'actualité de notre société, peu importe l'époque, le pays et le gouvernement, elle vise juste et appuie où ça fait mal. Très proche des Peanuts de Schulz dont Quino avoue s'être inspiré, Mafalda est plus engagée, plus à gauche et plus râleuse que Charlie Brown et sa bande. Cette intégrale est enrichie de dessins inédits et de strips censurés.

Pour ceux qui ne connaissent pas, je le conseille fortement !

Avant de boucler ce billet fleuve et frivole, je signale à mes camarades du Swap Littérature Jeunesse que j'ai osé pénétrer dans une librairie quepourlajeunesse cette après-midi ET j'ai noté, noté, noté pas mal de références ! Va falloir trier maintenant !

Allez bonne nuit pour ceux qui s'y préparent et bonne journée pour ceux qui la prennent à bras-le-corps !

12 mai 2007

Mariés, pères de famille ~ Tatiana de Rosnay

L'auteur nous met en garde: l'époux est une espèce à surveiller scrupuleusement ! Celles qui se sentent en sécurité et sûres d'elles, eh bien méfiez-vous !! Qu'ils soient bons pères de famille, maris exquis et charmants, tous succombent au démon de midi. L'âge n'a pas d'importance, la situation sociale non plus. Dans son recueil de nouvelles, Tatiana de Rosnay brosse le portrait de couples confrontés à l'adultère. Son message est clair : il n'y a plus de morale, les maris trompent leurs femmes, sans exception.
Fichtre ! Autant en ricaner, plutôt qu'avoir des frissons dans le dos !.. Onze nouvelles pimentent "Mariés, pères de famille" (roman d'adultères). Onze histoires placées sous le signe de l'humour grinçant et sur la dérision. Interrogée, l'auteur s'explique: "Une dizaine de femmes découvrent qu'elles sont trompées. Leurs points communs : elles sont jeunes, 30 ans, sont mariées depuis moins de 10 ans, et ont des enfants. Sinon, elles sont toutes différentes, par leur milieu social, leur métier, et surtout leur façon de réagir à l'adultère de leur mari. C'est cette réaction qui m'a intéressée et qui constitue le pivot du livre."
C'est finement écrit, analysé et conduit. Amenées par de pertinentes citations, toutes les histoires laissent un goût doux-amer. Souvent prévisibles et cocasses, les nouvelles de "Mariés, pères de famille" restent effarantes. Un cauchemar pour certaines, un bon plan de rigolade pour d'autres. C'est un livre qu'il est préférable de lire au lieu d'en être acteur !

mai 2004
Merci l'auteur pour ce cadeau.

12 mai 2007

La ballade de Lola ~ Xavier Houssin

Trop court mais chargé d'émotion brute, "La ballade de Lola" donne la parole à un papa dont la petite fille a brutalement disparu sur le chemin de l'école. Un matin, comme ça... Sans traces, sans indices, sans témoins. Une petite fille de neuf ans disparaît de la vie de ceux qui l'aiment à moins de deux cents mètres du domicile.

Sous forme d'une marelle, ce père retrace son désir d'enfant, la naissance de la petite Lola et les années qui ont suivi jusqu'à ce matin maudit et tragique. Laissant seuls deux parents inconsolables, mortifiés et forcément qui vont se déchirer.

Xavier Houssin nous dépeint avec une très grande justesse la douleur d'un père, le chagrin des parents qui perdent un enfant soudainement, et puis le silence, l'attente, l'envie de comprendre et d'accuser. "La ballade de Lola" est un petit roman de seulement 75 pages qui déverse une émotion foudroyante. Comment se relever d'une telle détresse, d'un tel désarroi ?..
C'est beau et grave. D'une effroyable justesse. "La ballade de Lola" laisse une trace indélébile chez le lecteur.

mai 2004

11 mai 2007

Ce qu'en dit James - Dominique Schneidre

ce_qu_en_dit_jamesComment faire avec une toiture délabrée, un âge certain, un genou qui lâche, un compte en banque à découvert et une riche bibliothèque ? Demander conseil à des auteurs éclairés. Après tout, ils sont là pour leur imagination !
Alice est une septuagénaire attachante, charmante et pétillante. Face à son problème de toit qui fuit, elle décide de se tourner vers ses auteurs qui vivent à ses côtés dans sa petite maison, intervenant de ci, de là, posant une assiette de fromage sur la table avant de réprimander la dame qui ne cesse de s'aplatir, "Tolstoï fronçait les sourcils et arpentait le seuil de la cheminée comme si c'était la steppe russe, les mains croisées dans le dos" ou "Avec James, il est prudent de ne pas insister. Nos relations étaient un peu tendues depuis quelques jours".
Dominique Schneidre convie dans son histoire des écrivains illustres, depuis Kipling, Shakespeare, Henry James, Edith Wharton ou Lewis Carroll et leur donne la parole dans un étrange mais assez jouissif échange avec l'héroïne Alice. Une invraisemblable relation s'est établie dans ce foyer, une folie douce mais réconfortante, très stable aux yeux des milliers de lecteurs qui se reconnaîtront en Alice, "Abandonner mes livres si longtemps me déstabilisait. Il en est ainsi à chaque visite de Basile. Il prend toute la place. (...) Mon lien avec les livres se distend et je me mets à vivre comme s'ils n'étaient plus qu'un décor, je leur bats froid et donne aux gens la première place. Quand je suis seule, tout est plus facile."
Les allusions ne manquent pas "les livres sont des bouées de sauvetage que seule ma grand-mère avait su me faire laisser sur le sable" et ne peuvent laisser insensibles, "Alice, vous qui vivez dans les livres, vous ne voudriez pas trouver quelque chose de beau à lire à la messe ?".
"Je ne sais pas si c'était une bonne façon d'équilibrer les relations avec Tolstoï... Soyons franche, quand je suis gaie, je n'ai pas envie d'avoir à m'en justifier auprès de lui. Léon Daudet, Lewis Carroll, Thomas Bernhard, Tchekhov ou Proust, voilà de bons compagnons ! Peut-être Mark Twain, à qui je n'avais pas fait signe depuis longtemps..."
Lancé par une ouverture primesautière, le roman poursuit son chemin vers des sentiers plus nostalgiques, vers l'enfance, le fils Basile et les amours perdues. Le problème du toit demeure en filigrane, leitmotiv des digressions d'Alice, mais les têtes-à-têtes avec les auteurs sont les plus intriguants, les dialogues, les interventions judicieuses et savantes, bref on ne demande que ça !
Délicieuse balade parmi les livres, aux côtés des écrivains qui nous hantent et des êtres de papier qui sont les compagnons fidèles des grands lecteurs, "Ce qu'en dit James" est un roman original et tendre, drôle et spirituel, truffé d'une érudition qui n'écrase pas mais vous transporte... Ce roman se déguste ! "Buvons à notre imagination plutôt qu'à nos souvenirs."

Seuil, 174 pages / Février 2007.

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10 mai 2007

La pochothèque : en poche ! #5

un_ete_sans_mielPrésentation de l'éditeur
Alice, la narratrice, est une petite fille de douze ans, précoce et tenace. C'est elle qui, par petites touches, raconte le drame qui couve dans la chaleur de l'été texan.
" Un jour, mon beau-père, Simon Jester, se tenait près de la cuisinière, il se faisait frire un œuf. Je suis arrivée derrière lui et j'ai dit quelque chose. Surpris, il s'est retourné brusquement.
- C'est moi, ai-je dit, effrayée par son regard.
Au lieu de me répondre, il a appuyé le bord de la spatule brûlante contre mon visage. Ma mère m'a rejointe un peu plus tard sur la terrasse et a appliqué une pommade blanche sur la cloque.
- C'est la chaleur Alice, a-t-elle murmuré en faisant pénétrer la crème. Ça le rend nerveux... "
Alice et son frère sont persuadés que Simon cherche à se débarrasser d'eux. Sont-ils les victimes de leur imagination débordante ? C'est ce que semble penser leur mère, qui refuse de les écouter. Jusqu'au jour où elle se glisse dans leur chambre et, dans un souffle, leur lance : " Fuyez ! "

Le calvaire d'Alice et de Dany est vicieux, sous la coupe d'un sadique manipulateur, parfaitement orchestré et mis en scène ! J'ai tout ressenti dans ce que l'auteur souhaitait probablement nous entraîner : émotion, effroi, doute et horreur. C'est suffisant pour moi, j'attends d'une histoire qu'elle m'embarque. Celle d'Un été sans miel a su combiner des émotions différentes, j'ai tout lu d'une traite.

 


 

rue_de_trancheeMatti vient de se disputer avec son épouse Helena et lui a envoyé son poing à la figure. Aussitôt Helena fait ses valises et part avec leur fille Sini. Plainte déposée et divorce en cours, soit six mois de réflexion selon la loi finlandaise. Mais Matti s'insurge, après tout voici ce qu'il en dit : "Helena avait employé une ruse antique, connue depuis l'aube de l'humanité : frapper à coups de mots pour me faire riposter avec mes poings. La justice et les services sociaux déroulent tout de suite le tapis rouge devant celui qui exhibe un oeil au beurre noir". Il décide aussi d'entrer en résistance, lui "le combattant au foyer", celui qui a toujours favorisé l'épanouissement de sa femme pour une vie professionnelle, tandis qu'il s'occupait du reste (ménage, enfant etc.). Comble de l'ironie, le conflit qui opposait Helena et son mari se pose justement sur son manque de "machisme" !
Bref, Matti a un projet et se met en tête d'acheter une maison - La maison de ses rêves et ceux de Helena, une maison de vétéran (c'est toute une histoire à ce sujet) - afin donc de reconquérir sa femme, de récupérer leur fille et de refonder une famille soudée. Il entre ainsi en transe, véritablement. Pour plusieurs raisons : trouver LA maison, ramasser l'argent nécessaire, espionner ses voisins, prospecter, harceler etc, etc...

C'est franchement un roman déconcertant. Heureusement Matti n'est pas le seul intervenant, les autres protagonistes aussi jouent les narrateurs. Heureusement, car le personnage de Matti est déroutant : est-il fou, psychopathe ou désespéré ? Un peu tout ça. Toutefois il m'est demeuré antipathique. A plusieurs reprises, Matti est présenté comme un homme "en transe" et c'est vrai ! L'homme court partout, il prend des notes dans un carnet, il fait des collages, téléphone et espionne avec des jumelles. C'est presque un malade ! D'un autre côté, sa transe donne une pression supplémentaire et fait monter d'un cran supérieur l'atmosphère : d'une analyse du couple et de la société actuels, (qui égratigne voisins, propriétaires, agents immobiliers, spéculation et la famille démantelée etc), on passe fébrilement à un thriller psychologique, une montée de la folie douce et un carnage hypothétique ? Qui sait... Mais je n'ai pas su entrer dans le roman, ni pu m'attacher aux personnages. J'ai été assez hermétique à cet humour, à l'ironie du narrateur mais j'ai trouvé assez espiègle ce mélange d'intervenants qui confirmaient un peu la vision des choses ou la déformaient. J'aurais pu abandonner plus d'une fois, mais je souhaitais connaître l'issue de l'histoire. Comment allait s'en sortir Matti ? La fin, assez croustillante, laisse la porte ouverte aux suggestions ! Moi, je reste sur ma réserve.

 


 

sweet_homePrésentation de l'éditeur
Trois étés où se joue le destin d'une famille. Trois étés à dix ans d'intervalle. Et la même plage, au bord de la Manche. Dans ce " doux foyer ", Susan, La mère, veut mettre fin à ses jours. À son chevet : un mari abîmé par plusieurs années de désamour et son frère cadet, Remo, son double fantomatique. Mais surtout trois enfants - Lily, Vincent et Martin - qui vont tour à tour prendre la parole, tentant de démêler leur vérité parmi les silences pesants dont ils ont hérité. Le cinquième roman d'Arnaud Cathrine est une saga intimiste, un tombeau lumineux pour une mère défunte, un exercice de deuil et d'émancipation. Le drame en sourdine qui anime cette fiction à trois voix permet à l'auteur de donner, en pleine maturité, toute la mesure de son écriture sensible et acérée.

Comment vivre après la mort ? Comment ça va la vie après la mort ?... Mal, très mal. Ce livre, c'est un peu un exercice de deuil : trois largués, trois désoeuvrés, qui tentent de survivre au naufrage. Entre les frères et soeurs, un dialogue de sourds va s'ouvrir : en partant, la mère a ouvert des brèches faiblement colmatées, des cicatrices mal cautérisées. Le constat sera amer, quelques vingt ans après : faire ce que l'on peut, avec un trou dans le ventre, devenir qui l'on croit bon devenir, avec cet enthousiasme gris... - "On aura beau dire, nos constructions hasardeuses ne parviennent pas à se passer d'elle... Il faut du courage et de l'amour autour de soi pour aimer la vie maintenant".
Certes, ce n'est pas gai non plus. Mais c'est fluide et cotonneux, on se berce dans ce drame familial, attendri par cette tribu d'éclopés. "Drôle de génération, on vous a donné toute liberté et vous voilà tous égarés à ne pas savoir qu'en faire, sinon tout et n'importe quoi..." - et c'est vrai, la peine existe, un peu rabat-joie et lugubre, mais il y a une étincelle derrière tout ça qui me donne à dire que c'est "superbe" !

 


 

club_jane_austenPrésentation de l'éditeur
En ce début de XXe siècle, un club singulier voit le jour en Californie. Comme d'autres jouent au bridge, cinq femmes et un homme se rencontrent régulièrement autour de l'œuvre de Jane Austen. S'ensuit une sublime chronique sur l'air du temps où la voix de la plus grande romancière anglaise vient éclairer l'éternelle tragi-comédie des sentiments, et son tourbillon de rencontres, d'épreuves, de séductions et de jeux entre l'impossible et le possible que seul peut dénouer l'amour. Car, comme vont le découvrir les membres du club, il n'est peut-être de plus belle fiction que la plus ordinaire des vies.

Jane Austen donne son nom au titre de ce roman, fait figure d'une dédicace pour un club de lecture, auprès d'un public de californiens (cinq femmes et un homme) mais cela s'arrête vite là. Pas nécessaire de connaître la bibliographie de l'auteur anglaise avant de plonger dans celui-ci (à la rigueur, un résumé sommaire de chaque oeuvre est présenté en fin de livre). Aussi, pour les puristes, cette lecture est décevante, affligeante, trompeuse.
D'un autre côté, Karen Joy Fowler décide de montrer dans son histoire l'importance de la lecture dans la vie de lecteurs ordinaires, des femmes, un homme, souvent concernés par des problèmes quotidiens (la séparation, la solitude, le trouble amoureux, la tromperie, etc.). Ces six personnnages ont chacun leur propre Jane Austen, un peu comme tout le monde. C'est d'ailleurs ce que souhaitait démontrer l'auteur américaine (à lire, en prologue !). Au fil de la lecture, les allusions à Jane Austen ont un peu tendance à s'étioler et passer très largement au second plan. Dommage ! Plus au coeur du roman, en fin de compte, on retrouve les aventures des membres du Club, certes très attachantes, et qui concluent sur une note d'optimisme, d'amitié et de mariage (comme chez Jane Austen !). Tout se rejoint ! A lire, par curiosité !

 


 

prochain_arret_le_paradisRien ne va de soi pour Sophie Applebaum, la nouvelle héroïne de Melissa Bank. Enfant espiègle, elle s’applique à faire plaisir ; jeune diplômée fascinée par New York, elle peine à trouver un emploi ; amie fidèle, elle découvre que la loyauté n'est pas forcément la chose la mieux partagée au monde ; amoureuse impétueuse, elle rompt aussi souvent ou presque qu’elle s’éprend. Mais Sophie, toujours, relève le gant. Avec d’autant plus d’ardeur que sa famille, véritable tribu où l’on rit, s’aime, se chamaille et pleure, n’est jamais loin.

Sophie Applebaum est pour moi une imparfaite : depuis son enfance (vers douze ans), Sophie démontre la maigre étendue de ses "talents". Elle n'est pas très studieuse, boude les leçons d'hébreu que ses parents lui poussent à suivre, elle entre dans une université pas brillante, entretient une amitié défaillante avec une certaine Venice (belle, rayonnante et dilettante), puis entre sur le marché du travail de façon aussi tâtonnante et passable. Ses aventures amoureuses sont tout autant catastrophiques, en marge de ce que vivent ses deux frères, Robert et Jack, puis sa propre mère, devenue veuve.

Il y a quelques années, Melissa Bank avait déjà écrit un livre intitulé "Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles" (en fait, une fiction chroniquée par une jeune new-yorkaise). J'avais bien aimé. Toutefois, ce deuxième livre de l'américaine me semble un peu trop semblable : le principe de chapitres (sous forme de longues chroniques ou de nouvelles), le parcours déplorable d'une jeune fille dont l'initiation ne manque pas d'originalité, d'humour et de maladresse. Et puis le soutien infaillible de sa famille, tout aussi embarquée dans un récit parfois riche, parfois lassant. En bref, si on adore le premier, on adorera le deuxième. Mais moi, je fais justement ce reproche que "Prochain arrêt le paradis" est un peu trop copié-collé au précédent, qu'il n'a donc rien de nouveau et souffre d'un sentiment de déjà-lu. J'attendais plus d'innovation !

 


 

Ceci n'est qu'un échantillon des livres en format poche, parmi les récentes sorties ! 


10 mai 2007

A la morgue, et autres histoires noires - Dashiell Hammett

A_la_morgueDashiell Hammett a véritablement créé le genre du roman noir où on croise bandits, détectives, policiers corrompus, femmes fatales dans un chassé-croisé sans scrupule, où l'on brasse les crimes variés (vol, escroquerie, meurtre, vengeance, arnaque ou braquage). L'ambiance est lourde, accentuée par des dialogues tracés au peigne fin. On en sort généralement fasciné et admiratif, car Hammett avait ce "truc" de la formule tranchante et pouvait exceller avec ses issues brillantes et étonnantes !
On retrouve dans quelques-unes des dix nouvelles composant ce recueil le célèbre détective de la Continental Agency, l'homme dont on ne connaîtra jamais le nom et qui parle peu mais n'en pense pas moins.
J'ai beaucoup aimé cette atmosphère d'une Amérique fragilisée et déséquilibrée par son climat instable, un tableau des années 20 assez réaliste. La femme arbore même des atours admirables (courage, rouerie et intelligence) dans cette société en pleine mutation.
Ces dix textes ont été écrits entre 1922 et 1925 et figurent parmi les premières histoires de Dashiell Hammett, toutes destinées à paraître dans des journaux et magazines. On y rencontre une Femme d'aventurier, Le chapeau noir dans la pièce obscure, Le salaire du crime, La barbier et sa femme, Itchy le bienséant, L'ange du second étage, A la morgue, Quand la chance vous sourit, L'homme qui tua Dan Odams, Un inconnu dans la maison.
Beaucoup de finesse au service des intrigues crapuleuses, noires mais percutantes, une sombre ambiance étouffante mais qui renvoie à de belles heures du Roman Noir par excellence !

Editions La Découverte, coll. Culte fictions / 190 pages, avec introduction de Jean-Claude Zylberstein. Une préface et une bibliographie établies par Natalie Beunat, auteur de Dashiell Hammett : parcours d’une œuvre (Encrage, 1997), ainsi qu’une chronologie de Marie-Christine Halpern permettront de mieux comprendre la vie et l’œuvre de l'auteur de la Clé de verre et du Faucon maltais.

  • Encore plus de Noir comme Polar, cliquez sur cette adresse.

  • ... et quelques extraits en clichés (agrandissez l'image en cliquant dessus) :

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9 mai 2007

Planète Larklight - Philip Reeve

larklightArthur Mumby et sa soeur Myrtle vivent avec leur père à Larklight, une maison-vaisseau volante qui voyage dans l'espace sur une orbite lointaine. Un matin, ils reçoivent la lettre d'un visiteur, Mr Webster, qui se présente sous l'apparence d'une araignée redoutable et venue saccager la maison des Mumby !

Arthur et sa soeur décident de s'enfuir, le temps que celle-ci prenne son petit sac en tapisserie, son journal intime et son précieux médaillon donné par leur mère, et les voilà à bord d'un canot de sauvetage qui les propulsera sur la Lune. Une fois entre les griffes de l'immonde Mite Potière, les Mumby vont finalement être secourus par Jack Havock et sa bande des pirates ...

Nous n'en sommes qu'aux 80 premières pages, et l'aventure n'a pas fini de surprendre le lecteur ! Car bien évidemment ce roman de Philip Reeve est la promesse certaine d'une plongée en 450 pages dans un univers d'aventures, de folles péripéties, dans une ambiance très "Angleterre Victorienne", avec la spéculation d'une conquête spatiale et d'explorations astronomiques, n'ayant pas peur des êtres et autres créatures hors normes de surcroît !

L'histoire est racontée par Arthur et de temps en temps par Myrtle (du moins, par ses journaux) et donne ainsi un étourdissant point de vue fort original sur leurs explorations à travers le cosmos. Pour pimenter le récit, on découvre qu'ils sont tout deux pourchassés par des individus qui veulent s'emparer d'une mystérieuse Clé de Larklight, séparés puis projetés au coeur même de l'Action, en première place et dans des rôles un tantinet inconfortables, ce qui n'est forcément pas du goût de Miss Myrtle Mumby, demoiselle toute concentrée dans sa disposition à paraître une Jeune Fille Exemplaire !

En plus de ce scénario à rebondissements, on peut apprécier l'humour et la décontraction qui glissent sous la plume de cet auteur britannique, ayant déjà publié les Hungry City Chronicles dans son pays et qui annonce sans vergogne quatre autres titres à paraître dans cette veine ! Le livre en lui-même est également un bijou, couverture cartonnée, illustrations de David Wyatt, bref une petit ensemble bien précieux qu'on savoure, annoncé comme un Jules Verne moderne... en plus cocasse ! 

Gallimard jeunesse - 445 pages / Avril 2007

  • Fait rarissime, je vous note la dernière phrase : Mais avant cela, je vais déguster un muffin tout chaud avec du beurre et une bonne tasse de thé.

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Sir Richard Burton et son épouse Ulla .. !

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De quoi vous donner un petit peu envie ... (en cliquant sur l'image, vous pouvez l'agrandir !)

9 mai 2007

C'est notre fête tous les jours !

Il est courant de pousser de grands cris d'exclamation quand Miss C. découvre avec ravissement un nouveau livre pour elle, rien que pour elle ... Il n'est pas rare non plus que sa maman l'accompagne et pousse en choeur des "ouah" tout aussi exaltants !

mieux_que_dix_fees

Place aux Parents, chers enfants, avec ces deux livres ... petits et grands, vous allez comprendre que c'est notre fête tous les jours, et pas seulement une fois l'an :

mieux_qu_un_jouet

Ce sont deux nouveautés à paraître pour Mai 2007 par cette jeune maison d'édition spécialisée dans la jeunesse : Balivernes. Située dans la banlieue lyonnaise, elle offre un catalogue fort original qui s'articule autour d'une identité visuelle forte et originale pour chaque album.

Nous avons déjà parlé de leurs livres ici et (et nous en parlerons encore !)

Le point commun entre ces deux nouveautés est donc de fêter la fête des mamans et des papas.

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Je vais te présenter DIX FEES.

Chacune d'elles possède un don particulier.

Quand tu les auras toutes rencontrées, Tu auras une drôle de SURPRISE, Je te promets, c'est pas des bêtises !

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Comme le prouvent mes modestes photographies, les illustrations de Cathy Delanssay sont merveilleuses ! Encore une fois réunie, la belle paire de Miss Delanssay et Lenia Major fait des miracles (cf. A L'orée des Fées). Tout est harmonieux : textes poétiques, illustrations charmantes, vraiment c'est un livre qui communique une alchimie remarquable ! On ne s'en lasse pas.

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Et les textes sont doux, imaginatifs, puisant sa source dans un vocabulaire varié, jamais compliqué, et qui touche beaucoup les enfants ! ... En gros, il est inutile de vous expliquer que les dix fées réunies rappellent finalement une seule personne ayant les mêmes qualités. C'est qui ? .... hein ??? c'est qui ?

Allez hop ! pas de jaloux : on passe à la fête des Papas !

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On retrouve une nouvelle fois la talentueuse Lenia Major pour les textes (drôles, inventifs et qui bousculent les idées faciles !). Elle décide d'imaginer le Papa tel un jouet extraordinaire ! Il est incassable, ses piles sont inusables, c'est un jouet magique, un jouet unique .. bref toute la panoplie du Papasonic ! Il y a, encore et toujours, une grande recherche dans l'imagination et l'art de la comparaison : c'est époustouflant !

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Cette fois-ci, l'enfant pourra s'enflammer pour les illustrations de Gynux. Là, mes mots sont dépassés par la démonstration orchestrée par mes clichés ... je m'incline et dis un grand bravo !

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(Ci-dessus : pour appuyer l'originalité poussée jusque dans le texte et sa typographie !)

Que dire encore ? Mettez ces livres entre les mains de vos enfants. Voilà tout !

Dernier point : les livres coûtent 8 euros tout ronds. Et c'est pas volé ! ;o)

8 mai 2007

Des créatures obstinées - Aimee Bender

des_creatures_obstineesJe ne vais pas vous mentir mais les 15 nouvelles d'Aimee Bender sont étranges, tordues, elles flirtent avec le bizarre, l'irrationnel, le fantastique et la folie. Oui, c'est presque absurde (un individu va acheter un petit homme dans une animalerie, ou un couple à tête de citrouille a un enfant avec une tête de fer à repasser, et une femme ouvre chaque matin sa porte à 7 pommes de terre fidèles au rendez-vous et qui grandissent avec des ongles, des pieds, des paupières, etc...).
"Des créatures obstinées" sont décrites comme baroques, sexy et inquiétants, des contes cruels et fantaisistes.
Ah je me doute que vous n'êtes guère convaincus par un sujet un peu tiré par les cheveux. Alors l'argument imparable est cette plume légère et sibylline qui donne le sentiment de glisser et qu'on lit sans peine, avec délectation, et trop vite presque !
Bien entendu, on sort très souvent des chemins de l'ordinaire, mais cela fait partie de l'humour, c'est le signe d'un acte de courage même et cela nous renvoie à un sentiment humiliant sur notre société insolite. L'extravagance d'Aimee Bender parvient aussi à être "raisonnable", comme pour cette jeune femme invitée à une fête où elle décide d'embrasser trois hommes : un brun, un roux et un blond. Elle finira dans un placard sous une pile de manteaux, un peu plus éperdue mais chichement émouvante.
Non mais, je crois que c'est cette singularité qui est fascinante, servie par une excellente plume, traduite par Agnès Desarthe. Alors pour un dépaysement assuré, plongez votre nez dans ce livre !  Cela s'appellerait même de l'audace !

Editions de L'Olivier, 188 pages  (mars 2007)

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