Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
8 décembre 2007

Nostalgie, ô nostalgie !

Qui se souvient ? C'était en 1988, la première chaîne diffusait un nouveau dessin animé qui ressemblait à s'y méprendre à Candy. Cela s'appelait Georgie.

georgie_1

C'était l'histoire d'une petite blondinette qui vivait en Australie (au 19ème siècle) avec ses deux frères, son papa et sa maman dans une ferme. L'enfant est vive, dynamique, pleine de fraîcheur et d'innocence. Un vrai rayon de soleil. Les premiers épisodes font l'étalage des jours heureux, ceux d'une enfance en plein air, aux basques de ce joli bout-en-train, garçon manqué. De fil en aiguille, on découvre toutefois que Georgie est une petite fille abandonnée à sa naissance en pleine forêt par une mère agonisante et qui était poursuivie par des hommes qui traquaient les bagnards (la région était une destination sans retour pour ces prisonniers). On ignore quelles sont les origines de la fillette, mais avant de mourir la mère a insisté pour qu'elle ne quitte jamais le bracelet qu'elle porte au poignet. Ce bijou détient un secret, celui de la naissance de Georgie.

Et ainsi les épisodes s'enchaînent. Dans le dessin animé, c'est un mélange de candeur, d'instants puérils et drôles, à des moments très graves, comme la mort du père. A partir de là, Georgie va se heurter à la froideur de sa mère. Depuis toujours, la famille a élevé l'enfant sans lui révéler qu'elle était adoptée. Georgie a grandi auprès de ses frères, Abel et Arthur, et fait tout pour plaire à la mère, sans succès.

C'est au moment de l'adolescence que tout éclate. Georgie est devenue une splendide jeune fille, spontanée et pétillante. L'acrimonie de la mère pousse davantage les garçons à protéger cette petite soeur, qu'ils ont appris à chérir plus de que raison. Abel va devenir matelot pour s'éloigner d'elle, et Arthur ambitionne de reprendre la ferme. Tous les deux sont secrètement amoureux de Georgie. Quand leur mère découvre la chose, elle explose de colère et révèle à celle-ci qu'elle n'est qu'une fille de rien.

Pourquoi le cadre champêtre et idyllique vole-t-il soudain en mille morceaux ? Parce que Georgie vient de faire la connaissance du petit-fils du gouverneur, venu tout droit d'Angleterre. Il s'appelle Lowell, il est beau, courtois et dégage un charme fou. Il bouleverse l'adolescente de 14 ans qui s'amourache, provoquant ainsi la colère et la jalousie d'Abel et Arthur.

georgie_7

Je crois qu'à partir de là la série tombe dans le mélodrame avec actes insensés, déclarations enflammées et passions folles et dévorantes ! ... Georgie va choisir de voguer vers l'Angleterre, d'abord pour rechercher ses véritables parents, puis pour rejoindre son chéri, Lowell, forcé de rentrer chez lui pour annoncer à sa famille la rupture de ses fiançailles avec une jeune fille de la haute bourgeoise. De leur côté, Abel et Arthur ont également décidé de traverser les océans et ramener Georgie à la maison. Mais chacun mène son projet indépendamment de l'autre.

Où Georgie passe, elle fait des ravages ! Cela peut sembler ridicule, bêbête et niais comme c'est pas possible. Mais moi je marche à fond. La première fois, j'avais 12 ans, aujourd'hui j'en ai 31 et je suis toujours autant mordue ! C'est débile, mais bon ... A l'époque, je ne connaissais que le dessin animé. Aujourd'hui j'ai découvert le manga ! ! ! !

georgie_volume_1        georgie_volume_2

La série comporte 5 tomes. Contrairement au dessin animé, l'histoire se passe tout de suite à l'époque des 14 ans de Georgie, et ne s'attarde pas à son enfance. Les scénaristes avaient bien brodé pour tirer 45 épisodes et attirer un large public, surtout qu'il s'agit de l'auteur de Candy ! La lecture du manga (un shojo pure souche !) s'adresse donc aux adolescentes qui rêvent de grandes amours contrariées, avec de l'aventure, des intrigues, des trahisons, des secrets. (Et pas seulement !) A ne pas réserver aux enfants qui viendraient par là, après la découverte du dessin animé ! Nous en sommes bien loin !!! ...

Je sens l'étonnement vous gagner. Je vous rassure, l'histoire est riche d'instants très drôles et frivoles, parfois aidés par des personnages secondaires ayant beaucoup de panache. Mais le manga est nettement plus profond dans sa trame que le dessin animé.

georgie_6

Ici on découvre des histoires romanesques qui sont déchirantes et poignantes. On oscille souvent entre le rire et les larmes. Et l'avenir des personnages paraît terriblement compromis... En fait, je viens de lire les deux premiers volumes. J'en suis arrivée à une scène cruciale, où je ne sais pas du tout quoi penser !!! Je me rappelais que Georgie avait une histoire qui flirtait avec la sensualité (la sexualité ?), et j'en suis donc arrivée à un point chaud ! J'ai vite commandé la suite.

J'ai également oublié la fin du dessin animé. J'ai cru comprendre que les scénaristes avaient opté pour une fin anticipée par rapport au manga. Mais la tragédie pointe, et je sens que les larmes vont couler dans les chaumières ...

A suivre, donc !

georgie_10

Le générique :

 

Publicité
7 décembre 2007

Mise au point pour le 16 décembre

Hop ! ce message s'adresse aux participants de la rencontre du 16 décembre en Normandie :

pourrait-on faire un bilan ?

établir la liste de ceux qui viennent ?

parce que mes gens que j'aime beaucoup, il serait temps que je vous réserve un endroit où picorer si la misère ne nous conduit pas sous les ponts de R****, le long des quais de la Seine !

allez, faisons le point !

Je réserve pour combien ??? :o)

7 décembre 2007

Un cochon pour la vie - Elke Heidenreich

un_cochon_pour_la_vieDeux choix s'offrent à vous : passer Noël toute seule, au fond d'une couette, à recharger vos batteries épuisées de boulot infernal, ou bien, accepter l'offre de votre ex, qui vit désormais à Lugano en Suisse, pour dévorer un rosbeef en buvant du fendant, se rappeler les vieux souvenirs en s'envoyant des vannes cyniques et bassement drôles ...

Alors, vous choisissez quoi ?

Elisabeth décide de prendre le premier avion depuis Berlin, puis le train à Milan pour répondre présente à cet appel inespéré. Après tout, pourquoi pas ? En chemin, elle décide de faire quelques emplettes et tombe nez-à-nez avec une peluche rose, un cochon à taille humaine, avec des yeux bleus et quatre pattes dodues, qu'elle achète à un prix fou. Qu'importe, ce cochon qu'elle appelle Erika a un pouvoir magique. Il est doux, moelleux et Elisabeth remarque qu'elle n'est pas la seule à y être sensible, « sa présence de velours suffisait à faire régner la gaieté ».

Sauf qu'au fil de son voyage, Elisabeth va revenir sur ses années de vie de couple avec Franz et prendre une décision importante. La suite de l'aventure continue d'être stupéfiante, tendre et cocasse. C'est de la tendresse douce-amère qui transpire de ce texte, que je conseillerai aux adultes, ou à des grands adolescents. Pas moins. Les illustrations dans ce petit livre apportent une touche de sensibilité fort appréciable ! Une lecture veloutée, si c'est possible d'imaginer ! !

Illustrations de Michael Sowa - 56 pages, éditions Sarbacane - Traduit de l'allemand par Christine Lecerf - 9,50 €

6 décembre 2007

Le conte des hérétiques - Sarah Singleton

conte_des_heretiquesAngleterre, au 16ème siècle. En ce temps-là, la reine Elizabeth fait adopter la religion protestante à tous ses sujets, mandatant certains émissaires pour chasser les prêtres envoyés de France pour servir l'Eglise catholique d'Angleterre. Les catholiques sont brimés, soupçonnés de trahison et considérés comme des hérétiques.

La famille Dyer a longtemps été de fervents catholiques pratiquants, aujourd'hui le père est envoyé pour des voyages d'affaires qui l'éloignent du foyer, la mère et les deux filles vivent dans des conditions difficiles, et le frère est étudiant à Oxford. Un jour, celui-ci leur rend visite en compagnie d'un prêtre pourchassé, Thomas Montford, qui demande asile. Le frère repart aussitôt, n'ignorant pas la menace qui pèse sur les siens.

Elizabeth assume très vite le poids du secret. Elle-même vient de rencontrer une créature étrange en se rendant à l'ermitage. C'est une jeune fille à la peau verte, qui se nomme Isabella Leland. Qui est-elle ? Que fait-elle, d'où vient-elle ? Elizabeth l'ignore encore. Pour l'instant, lady Catherine qui vit au manoir Spirit Hill fait appel à ses services de demoiselle de compagnie et lui demande de vivre quelques jours auprès d'elle. La proposition n'est pas pour ennuyer l'adolescente, mais ne peut se refuser. La venue de Kit Merrivale, envoyé de la Reine, inquiète davantage Elizabeth. C'est un bel homme, au charme ténébreux, qui dégage un mélange d'attirance et de crainte.

Elizabeth a double raison de se soucier de son sort : sa famille cache un prêtre en fuite, recherché par Merrivale, et Isabella vient également d'être recueillie au manoir. Et elle fait bien de se méfier, lady Catherine lui avoue que Kit va arrêter sa mère et que la jeune fille doit à sa bénéfiction d'avoir la vie sauve. De plus, Isabella semble détenir des secrets et des pouvoirs qui font d'elle, aux yeux d'une catholique, un être maléfique et démoniaque.

Elizabeth va se retrouver au coeur d'un lot d'actions tournoyantes, elle seule peut sauver sa mère, ne pas trahir le prêtre Thomas et lui assurer une nouvelle cachette, sans éveiller les soupçons de Merrivale. Or, ce dernier n'est pas facile à duper et sa soif de vengeance va décupler après avoir découvert que la jeune fille manipulait son entourage. Quant à Isabella Leland, son mystère est révélé au lecteur au fil des pages. En attendant, elle joue un rôle qui demeure dans le clair-obscur, et c'est dans un tourbillon de fantastique qu'apparaîtra enfin son utilité.

Aventure romanesque ou féérique, conte légendaire et intrigue merveilleuse, le roman de Sarah Singleton pioche dans le genre imaginaire pour raconter une histoire passionnante. Le théâtre redoutable de cette Angleterre du 16ème siècle est admirablement dessiné, dans un style soigné et irréprochable. On suit le personnage d'Elizabeth en vibrant, se demandant comment elle pourra sortir de ce traquenard. Tout la condamne, et soudain l'histoire nous entraîne dans un monde totalement différent, un univers du pays des ombres, le monde caché d'Isabella (mais là, inutile d'en dire plus !).

L'histoire est envoûtante, elle plaira aux jeunes (dès 14 ans) et aux plus vieux !!!

Plon jeunesse - 333 pages - Traduit de l'anglais par Myriam Borel -  17,50 €

5 décembre 2007

Dans la hotte (1)

Voici quelques idées à glisser sous le sapin vert, dans les petits souliers ou les grandes chaussettes tricotées ..

  • Un premier livre pour lequel je dois remercier Gawou la super libraire qui a consacré à ce titre une rubrique spécial Chouchous, tant la demoiselle a aimé !

emilie_pastequeForte de cette appréciation, j'ai donc à mon tour voulu le découvrir parce que le titre, la couverture et les illustrations m'inspiraient des sentiments contradictoires.

J'aime le nom d'Emilie Pastèque, une petite fille qui grandit en s'entourant d'objets divers qu'elle aime à collectionner. A l'âge de 5 ans, l'enfant a envahi l'espace de sa chambre par un amas de cailloux, coquillages, petits os de poulet, tickets de bus, rubans et cocons... Mais à force, la place se fait rare, Emilie Pastèque vit cloîtrée dans sa chambre et plus personne ne peut y mettre les pieds.

Dans son bazar, Emilie rencontre un jour un ogre. Oui, un véritable et redoutable ogre, qui se plaint d'un mal de ventre ! La fillette décide de le soigner en échange d'avoir la vie sauve. Cependant, elle n'est pas dupe et sait pertinemment que le monstre rouge ne va pas tenir le pari. Alors il faut qu'elle se protège, qu'elle prépare sa défense et ça va plutôt bien marcher pour elle. En se servant de la dent trouvée dans l'estomac de l'ogre, qui était à l'origine du mal, Emilie Pastèque va combattre la bestiole et sortir victorieuse.

Belle leçon de courage, pour cette demoiselle angoissée et qui refusait de côtoyer le monde en s'enfermant dans son univers à elle ...  Cette victoire sur l'ogre va lui permettre de s'ouvrir aux autres (ici, sa famille peut à nouveau venir dans la chambre, bavarder et repartir avec un objet).

La représentation dans ce conte initiatique est symbolique. Ce sont plus particulièrement les illustrations (d'Emmanuelle Houdart) qui vont créer leur effet. Au début, c'est bourré de charme. Et puis ça devient assez choquant et bizarroïde. Toutes les scènes avec l'ogre sont des zones marquantes, moi je n'ai pas été fort emballée. Et pourtant le reste de l'histoire est vraiment superbe !

A lire dès 6 - 7 ans - Editions Thierry Magnier - 17, 50 €  (texte de Ludovic Flamant)

  • Voici un livre qui a remporté mon enthousiasme, mon enchantement et que j'aimerais conseiller à tous les lecteurs, petits et grands confondus !

le_silence_de_l_opera_2Louis, un petit preneur de son vif et curieux, pousse un jour la porte de l'Opéra de Paris. Il découvre alors l'existence de grands personnages blancs, fantômes malicieux des oeuvres jouées dans la prestigieuse salle, et engage avec eux une palpitante partie de cache-cache visuel et musical...

Plusieurs choses m'ont plu dans ce beau et grand livre (37 x 24 cm !). C'est tout d'abord la voix de Jean Rochefort, oui c'est ce monsieur élégant et grave qui avait déjà su conquérir mon coeur alors que je n'étais qu'une toute jeune fille (c'est bien simple, c'est lui qui incarne Desgrez dans la série tv Angélique !!! ). Pour faire brève, j'aime le timbre de sa voix ! J'en suis dingue, vraiment dingue !

De le découvrir sur cet album - cd, mon coeur a fait un bond de dix mètres et j'ai foncé. De plus, le sujet m'intriguait. L'idée du livre est d'aborder les coulisses d'un théâtre et de l'opéra pour éveiller la sensibilité du néophyte. En discutant avec Gawou, j'ai pu comparer nos impressions et remettre les pieds sur terre à mon affolement de midinette patentée. Parce que moi j'adooore !

Les illustrations de Pierre Créac'h, la  bouille du petit preneur de leçon, les fantômes, les parties de cache-cache, les clins d'oeil, les jeux de mots et toute la thématique qui rappelle le monde du théâtre (le trac, le couac, la soupe à la tomate, les applaudissements, etc.) ... pour moi c'est du lourd, c'est grandiose, c'est l'immersion inespérée et divertissante dans ce magnifique silence de l'opéra.

Quelques extraits musicaux ponctuent la discussion. Mais je pense que l'approche est encore balbutiante de ce côté-là ... (Pas grave !) Et même Miss C. a été sous le charme. Elle a juste regretté que les illustrations soient en noir et blanc, et que ça manque de couleurs selon elle !

Pas d'âge à conseiller ! - Editions Sarbacane - 110 pages, un cd de 30 minutes - 29,90 €  (un peu cher, je sais)

 

constance_en_pensionDepuis le mois de septembre, un nouveau livre est sorti qui raconte l'expérience de Constance en pension. A force d'être impossible avec ses parents, ces derniers ont choisi de l'inscrire à la pension La Joie où la directrice a pour mission de serrer la vis aux tempéraments difficiles. Constance a aussitôt compris qu'elle gagnerait à sortir de cet enfer en se montrant douce et docile pour retrouver son seul meilleur ami, le chat Miniature.

Le double effet pervers de cette histoire est qu'il est impensable de la raconter sans l'avoir sous les yeux, parce qu'elle joue sur les oxymores de bout en bout. Il y a constamment une totale opposition entre ce qui est écrit et ce qui est illustré.

Le premier livre avait bénéficié de la surprise, mais je reconnais que ce deuxième titre est moins spectaculaire et jubilatoire. Une petite déception, soit. Mais que les fans pourront bannir, sans souci !

A partir de 6 ans - Hachette éditions - 8, 50 €

(J'avais parlé du livre précédent ici ! )

  • Pour finir, rappelons que les éditions Gautier Languereau ont lancé depuis mars 2007 une nouvelle collection appelée Les petits Gautier où on retrouve le meilleur de leur catalogue en petit format broché, à un prix doux de 5, 20 € ...

J'en profite pour évoquer un titre au hasard.

une_lettre_pour_lilyY a-t-il une licorne dans la ferme ?

Victor le facteur entame à la ferme une tournée un peu spéciale : il doit remettre une lettre à Lily... la licorne ! À la recherche de cette mystérieuse Lily, il rencontre tour à tour tous les animaux. Mais, une licorne… dans une ferme ? Tout cela semble bien étrange…

Une histoire pleine de fantaisie poétique pour célébrer les joies du 1er avril.

Le texte est signé de Christian Ponchon, les dessins sont de Rébecca Dautremer.

Très belle lecture, au demeurant.

La collection des Petits Gautier compte actuellement 24 titres (pour connaître la liste, cliquez ici !). On y croise l'illustre Eric Puybaret, les véritables histoires de la petite souris, du père noël ou du marchand de sable, des contes légendaires, la palette lumineuse de Marcelino Truong, de la tendresse et beaucoup d'émotion, une histoire de pou, le grand Classique de Rebecca Dautremer (et prix sorcières 2004), une comptine et la nostalgie du loup...

Le programme est beau, la découverte est tentante, pour 5,20 € après tout ... n'hésitez pas un instant à piocher dans le lot !

A très prochainement, pour une nouvelle liste d'idées cadeaux pour petits et grands lecteurs !!!

Publicité
4 décembre 2007

Emma (tomes 1 & 2 ) - Kaoru Mori

emma_1Ce manga raconte l'histoire improbable entre une jeune soubrette prénommée Emma et un fils de bourgeois, William Jones, qui se rencontrent chez Kelly Stowner, l'ancienne gouvernante du gentilhomme.
Dans cette Angleterre du 19ème siècle, toute relation entre deux classes sociales différentes est hautement répréhensible, l'un et l'autre le savent. Toutefois, d'histoire d'amour il n'y en a pas clairement, c'est plus feutré. On sent bien William ému et troublé par la jolie domestique, elle-même sensible à son charme. On ne va pas plus loin, n'attendez aucune déclaration enflammée, des emballements ou de la cavalerie ... que nenni ! Cela reste très gentleman, très courtois et même un peu plan-plan !
Le caractère d'Emma est doux, assez mystérieux. Sa beauté attire les demandes en mariage, mais la demoiselle les refuse toutes. Ses rapports avec Mrs Stowner, son employée, paraissent ceux d'une protégée contre les vicissitudes de la vie. Dans ce tome 1, Mrs Stowner se blesse à la cheville et l'histoire laisse planer un nuage sombre. Tout semble préparer à une disparition prochaine, hélas.
De quoi donner du piment à l'histoire ! Parce qu'on ne peut guère compter sur le jeune Jones pour donner des couleurs à cette bluette sentimentale ! Le garçon est niais, mou et maladroit, il rougit, balbutie sans cesse. Son succès relève d'une grande part de mystère !!!
Bref, j'ai bien aimé et je vais continuer à découvrir la suite des aventures. Je n'ai pas été follement emballée par cette mise en bouche, mais les dessins de Kaoru Mori sont très beaux, ils baignent dans l'ambiance victorienne à laquelle on adhère, la main sur le coeur. J'attends désormais un peu plus de fougue dans cette série !

**********

emma_2Le tome 1 plaçait donc l'histoire d'amour impossible entre Emma, la soubrette, et William Jones, le jeune homme de bonne famille. C'était une entrée en matière sympathique, très soignée et engageante.
J'attendais très franchement ce deuxième tome pour la conduite à suivre : allais-je être conquise pour de bon, ou tout juste séduite, pas assez ébranlée pour connaître la suite des aventures ?
Verdict : j'adore !
Ce tome 2 nous fait davantage rentrer dans l'intimité des personnages : la famille de William arrive, ses deux soeurs et son jeune frère qui vont se ranger du côté du père et soutenir l'importance de la tradition qui repose sur les épaules de l'aîné. William a tenté de faire comprendre son attachement pour Emma, mais son père ne veut pas en entendre parler. Au contraire, il le pousse à côtoyer une fille de son rang, Eleanor.
De son côté, Emma se retrouve toute seule avec la mort de sa bienfaitrice, Kelly Stowner. Elle doit quitter Londres et décide de retourner dans son village natal près de la mer.
Dans ce livre, on découvre avec émotion le passé d'Emma, petite orpheline enlevée pour être vendue à une tenancière de maison close. Son histoire livrée à William par une tierce personne va attacher davantage le jeune homme à la belle soubrette, sans se douter que celle-ci est sur le point de partir, et que peut-être tout deux ne se reverront plus...

Ce n'est pas une saga nunuche et bêtement romanesque, c'est au contraire une peinture délicate de la société anglaise, qui décrit pointilleusement les coutumes de la haute, le cérémonial d'un dîner et la condition des employés de maison. Dans cette époque de convenances, l'histoire d'amour entre Emma et William est vouée à l'échec. Ce serait mentir que de ne pas reconnaître ô combien cette gentille bluette prend soudain de l'importance à subir les foudres du destin pour éloigner de plus en plus nos deux prétendants. C'est captivant, on s'attache fortement à cette série, qui est de grande qualité. (Oui ça y est ! je suis subjuguée !) Et puis c'est drôle aussi, avec des personnages comme Hakim, le jeune aristocrate venu des Indes, qui dégage un magnétisme fou !

Kurokawa, Paris - 192 pages - traduit par Eve Chauviré, illustrations en noir & blanc, lecture à la japonaise.

Série en 7 tomes. 6,90 € le tome.

3 décembre 2007

Babylone dream - Nadine Monfils

babylone_dreamDans la ville fictive de Pandore, un tueur fou assassine sauvagement des jeunes mariés. Les scènes de crime sont horribles, les enquêteurs Lynch et Barn sont au bord de la nausée, et Nicki la profileuse puise dans ses visions pour détacher une piste valable dans ce bain de sang.

Les indices sont minces, et chacun des protagonistes nous mène sur des voies qui peuvent éveiller les soupçons, puis s'éteindre aussitôt. La confusion est totale, le suspense immense. Alors oui, c'est clairement macabre, fort en images cauchemardesques. Et pourtant pas une seconde le lecteur n'envisage d'abandonner son livre, totalement soumis à cette fascination du crime, du suspense efficace et bien rodé, où jamais on ne s'ennuie un instant. Et l'ombre du tueur est menaçante, se faufile entre les lignes et les chapitres. C'est cruel, mais brillant.

Et surprise ! L'humour est de mise, assez noir, je le conçois. Mais cela empêche tout sentiment d'étouffement, celui de n'en-plus-pouvoir et qui étreint dès qu'on plonge dans un thriller aussi funeste et implacable. Ici, cela relève du brio de s'y attacher, tant c'est tour à tour culotté, sinistre, sanglant et dégoûtant. Nadine Monfils livre un « Babylone dream » sombre et passionnant, bien écrit, mettant en scène des personnages peu banals (du flic au suspect, tout le monde casse la baraque). Et la fin s'achève comme si on soufflait une bougie ...
On ferme ce livre, mais on se dit qu'on y reviendra très probablement car des points soulevés attendent une suite au prochain numéro ! Du moins, j'espère ...

**********

Recette du rêve babylonien par Jean-Pierre JEUNET
Ingrédients : 300 g de caractères excentriques
un bouquet d’effroi délicieux
une cuillère de perversité revigorante
une poignée de tendresse au cou tordu
20 cl d’essence de surréalisme
une pincée de poésie déjantée
un zeste de réminiscence d’enfance
une once d’érotisme singulier

Bien peler les cadavres, leur arracher bras et têtes et les faire mijoter dans un jus de terreur. Faire revenir le tout à feu doux, ajouter l’humour, l’amour et l’acide, jusqu’à obtention d’une crème de suspense que vous ferez gratiner au four, non sans avoir versé une larme de nostalgie. Servir chaud. Régal assuré !

PRIX POLAR 2007 DECERNE LORS DU 12ème « SALON POLAR & Co » À COGNAC

Editions Belfond - 288 pages - 18 €

2 décembre 2007

Faut-il croire les mimes sur parole ? - Céline Robinet

faut_il_croireJe crois avoir beaucoup trop attendu du deuxième livre de Céline Robinet ! J'avais été particulièrement scotchée par son recueil « Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur... », abasourdie par son humour macabre et salace, ses descriptions à faire frémir les ligues de bienséance. Sincèrement je m'attendais à retrouver cette effronterie. Mais non.
C'est honnêtement bien chamboulé dans la cervelle de cette demoiselle, ça pédale à vive allure, ça donne un (faux) aperçu de nouvelles bien lisses et proprettes, et puis zou ! la fin vous en bouche un coin. Pas vu, pas pris... hop, prends-toi ça dans les loupes.
Même pas mal.

Le problème, si l'on vient à « Faut-il croire les mimes sur parole ? » sur la bonne foi d'avoir accroché au précédent recueil, c'est qu'on s'attend à lire la même chose, ou à peu près. Ici, c'est très justement de l'à peu près, très approximativement. Résultat : je suis déçue !
Mais j'aime bien Céline Robinet et son esprit vif, inventif, qui ne brode pas de la dentelle. C'est foncièrement dérangeant, donc attirant. Elle est capable de vous raconter des histoires, puis elle appuie vicieusement sur le détail qui fait mal, qui gratte, et qui perturbe.

Il y a plusieurs histoires qui attirent l'attention, celle d'une fillette coincée entre un père dentiste et une mère psychiatre. Pour attirer l'attention du père rendu muet comme une tombe, à force d'être abruti pour son boulot, l'enfant a choisi de se gaver de sucreries pour avoir des caries ... et finir chez le dentiste. Ce qui est ballot, c'est la chute !
C'est la même impression laissée par l'aventure d'une jeune femme qui fait les vendanges, elle ne boit pas une goutte d'alcool, elle est dans son coin, n'ingurgite que du bio, et puis elle cède aux appels des sirènes, et là ... rire gras, rauque et jaune qui se coince dans la gorge ! Je ne vous en dis pas plus.

En fait, on ne peut pas dire qu'on se bidonne à fond en lisant ces nouvelles. C'est même parfois tout le contraire. Quand on commence l'aventure burlesque d'un couple qui s'est vu offrir un voyage en Afrique pour leurs noces d'argent, on suit une étrange progression qui dépeint toute la vicissitude du tourisme à l'étranger, allant jusqu'à l'immigration clandestine. Il y a plusieurs histoires qui, comme ça, laissent entendre un discours sérieux sur les problèmes actuels, forçant à titiller et brusquer la torpeur du lecteur.
En gros, ça ronronne pas mal en surface, reconnaissons-le, ce deuxième livre est moins détonnant que le précédent. Par contre, il bouscule davantage, il fouille plus profondément et il montre que Céline Robinet est autre chose qu'une auteur trash et mal barrée. On aime, on n'aime pas.

Au diable vauvert - 237 pages - 17,50 €

A été lu par Cathulu aussi !

  • Mon avis sur  « Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur... (mais prévenez les autres !) »  est ici !

30 novembre 2007

La délégation norvégienne - Hugo Boris

delegation_norvegienneEst-ce l'alcool en carafon, le cuir brun, le mobilier vieux chêne, le feu qui crépite dans la cheminée ? Ce climat anglais où l'on s'assassine en grignotant des scones et en buvant du thé ? Il lui semble que chaque chose est bien à sa place, que chaque personne autour de cette table est un peu trop racée pour être honnête. S'appelle-t-on Ethel Brakefield dans la vie ? Ou Ernst von Sydow ? Ou même Lucas Cranach ?

Un relais de chasse absent de tous les guides spécialisés. Cinq hommes, deux femmes, qui viennent des quatre coins de l'Europe et ne se connaissent pas. Sept chasseurs pris par la neige, qui doivent se défendre du froid, de la faim, de la paranoïa qui les guette. Prisonniers ? D'une île à la rigueur, mais d'une forêt ? Ils le sont pourtant, serrés par les arbres, piégés par la neige. L'un d'eux commence à douter : et s'ils n'étaient pas victimes du hasard, de la malchance ?

Au fil des pages, René Derain acquiert la conviction qu'il est condamné, qu'il va mourir. Non pas de froid, de fatigue, de gangrène ; il sera assassiné. Il sent, dans son dos, le souffle d'une intelligence. Il sait qu'ils sont devenus de vulgaires pantins. Et que le piège ne demande qu'à se refermer.

**********

Pour être étrange, ce roman est plus qu'étrange ! L'idée est sans doute d'avoir voulu créer un huit-clos dans une cabane de chasseurs nichée au coeur d'une forêt. Pas âme qui vive aux alentours, un froid polaire qui s'installe d'un coup et nos protagonistes vont de parties de chasse en papotages au coin du feu se glacer les sangs sans moufter ... si ce n'est l'un d'eux, René Derain, qui commence sérieusement à s'inquiéter et à suspecter qu'on cherche à lui faire la peau !

Sur le papier, l'idée paraît brillante, au moins étonnante. Mais la lecture est moins convaincante. Peut-être le récit est-il freiné par des passages trop longs, trop lourds et donc ennuyeux (les heures de chasse, par exemple). C'est bien d'avoir tricoté son filet pour piéger le lecteur et le forcer à lire jusqu'au bout pour connaître le fin mot, il n'empêche que la chute tombe comme un cheveu dans la soupe. Pas qu'elle arrive trop vite, loin de là ! Le trajet parcouru pour arriver là me semblait assez sinistre, pataud par endroits, j'avais suffisamment hâte de découvrir le dénouement de cette bizarre, très bizarre aventure ! Mais le concept imaginé par l'auteur pêche d'adhérer mon total enthousiasme. Belle idée, mais peut mieux faire ??? ...

A tenter, si la curiosité vous pique.

Editions Belfond - roman de 275 pages -  17,50 €

29 novembre 2007

Territoires interdits, tome 1 : Le Maître des nuages - Serge Brussolo

maitre_des_nuagesCe qui paraissait une nouvelle série de Serge Brussolo n'est en fait que la réédition de la trilogie autrefois baptisée « Les sentinelles du crépuscule » en 2000, devenue « Territoires interdits » en 2007 ! Seuls deux tomes avaient paru, frustrant nombre de lecteurs qui n'ont jamais connu l'épilogue. A ce jour, Bayard a décidé de boucler la boucle et promet pour juin 2008 un troisième tome intitulé Le jardin des secrets.
Pour l'heure, la ligne éditoriale a relancé Le Maître des nuages pour conquérir de nouveaux lecteurs, sachant très bien que la littérature fantastique pour la jeunesse a connu un bel essor. C'est donc une énième épopée truffée d'aventures, de combats et de créatures menaçantes, mais qui n'étonnera pas les plus aguerris.

D'emblée, j'ai trouvé l'ambiance totalement glauque. Le personnage principal, Nath, est seul face à une bande de lézards des marais qui ingurgite toute espèce humaine, notamment la communauté des Têtes-Plates auprès de qui Nath avait trouvé refuge après la mort de son père. Le jeune homme vient de perdre son bébé de 13 mois, et sa compagne Nioucha servira à son tour d'en-cas sous ses yeux. L'introduction est atroce, absolument répugnante.
Toute l'ambiance du roman est ancrée dans ce théâtre d'apocalypse, un paysage de boue, des nuages qui sont des icebergs volants et qui s'abattent pour raser les rares cités encore existantes... De plus, sur la planète Almoha, l'air est quasi irrespirable, la pesanteur devient vite étouffante au moindre mouvement, et seule la nouvelle espèce des Rampants y puise son énergie pour survivre.
Au centre, les personnages manquent un chouia de charisme : Nath, pauvre naïf qui a entre 17 et 20 ans mais donne le sentiment d'en avoir le double, Sigrid, véritable guerrière au caractère frondeur, âgée de 16 ans, celle-ci en paraît largement plus ! ... et enfin Neb le harponneur, un vieux loup des 'mers', qui remporte de loin ma préférence !
Dans l'ensemble, l'action est assez stupéfiante, bien huilée et embarque facilement le lecteur. Ne pas en attendre davantage, voilà tout !

Bayard jeunesse - 253 pages - 12,90 €

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité