Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
16 décembre 2007

Sous la pluie ~ Olivier Adam

"Sous la pluie" est un condensé d'émotions, comme les gouttes de pluie qui dégoulinent sur les vitres ou sur Antoine et sa maman, partis se promener en pleine nuit ... "Sous la pluie" c'est le petit-dernier d'Olivier Adam, publié pour la jeunesse. On ne présente plus l'auteur, c'est mon chouchou. Dans ce livre maigrichon, il met en scène un garçon pas comme les autres. C'est Antoine. Il vit avec ses parents dans un lotissement où les murs sont tout blancs. Antoine a une maman atypique, étrange, qu'on peut trouver folle, paumée ou déconnectée. Mais Antoine, comme son père, pense que sa maman c'est la plus belle personne sur la planète, la plus extraordinaire. Antoine va s'en rendre compte quand il va se perdre dans la forêt avec une maman hagarde, prête à tomber de fatigue sur le côté de la route. Pourtant, dans la vie d'Antoine, il y a aussi son copain Cédric, son prof monsieur Desbois, son émission radio avec les chansons dédicacées, les parties en vélo et cette fille hors du commun, la plus jolie, la plus bête des fois : Chloé. Et l'action de "Sous la pluie" se passe en une semaine et quand elle se termine "ça tient du miracle !" selon lui.
Bref, un texte sympathique qui s'adresse aux plus jeunes, ce coup-ci. Non plus aux ados comme "La messe anniversaire". Pour moi, "Sous la pluie" apporte beaucoup de fraîcheur, de gentillesse, d'humour et d'innocence.

décembre 2004

Publicité
15 décembre 2007

Avez-vous vu Zachary Beaver ? ~ Kimberly Willis Holt

Quand on a presque quatorze ans, qu'on habite une petite ville du Texas, à Antler, où il ne s'y passe jamais rien, la fascination pour la caravane du plus gros garçon du monde harponne Toby et son meilleur ami Cal. Ils vont y rencontrer Zachary Beaver qui vit cloîtré dans sa caravane à parcourir le pays et être observé telle une bête monstrueuse, une bête de foire. Laissé à l'abandon pendant plus d'une semaine, le jeune garçon va se laisser approcher par les deux amis. Toby et Cal vont lui apporter de la nourriture, le sortir au cinéma plein-air et lui proposer d'être baptisé. Entre-temps, Toby n'est pas à cours d'émotions : sa mère a quitté la maison pour un concours de chanteuse de country qui s'éternise, le frère de son meilleur ami leur écrit du Vietnam (l'histoire se passe en 1971) au coeur du bourbier qui n'en finit plus, et son coeur ne cesse de palpiter pour la belle Scarlett Stalling... Bref, la vie à Antler n'est finalement pas un long fleuve tranquille et le climat poussiéreux et orageux va très vite s'abattre sur la petite ville et ses habitants. Au centre du récit, Toby raconte combien les silences et les mensonges cimentent leur petite existence à tous, combien chacun va devoir se surpasser pour faire face aux tempêtes, mettre de côté de vieilles passions pour formenter une solide amitié. Un roman excellent, très bien écrit, qui convient à tous les niveaux. "Avez-vous vu Zachary Beaver?" a remporté plusieurs prix de littérature jeunesse.

décembre 2004

15 décembre 2007

Georgie, la suite (et fin !)

Voici enfin un aperçu des trois derniers volumes de la série Georgie !

 

 

georgie_volume_3Donc, Georgie est à Londres, elle a rejoint Lowell Grey et veut croire en ses chances de bonheur avec lui, malgré l'annonce des fiançailles avec Elise, la demoiselle de haut rang, qui refuse d'être concurrencée par la jeune australienne.

Dans ce tome, Georgie entraperçoit le climat familial chez les Grey - particulièrement exécrable - et doit faire face au tempérament volcanique de la fiancée officielle. Lowell affirme vouloir affronter la planète entière pour vivre son amour avec Georgie.

A tout ceci, vient s'ajouter la venue d'Abel qui parcourt les rues de Londres pour retrouver la jeune fille. Et c'est tout un flot de souvenirs, de nostalgie et d'émotions controversées qui submerge Georgie face à lui. Sa proposition pourra-t-elle faire fléchir l'amour qu'elle porte à Lowell ? Ce dernier sera-t-il assez fort pour supporter le poids des convenances ?

Après un début cucul-la-praline, l'histoire ne peut s'empêcher de collectionner les soubresauts, les éclats passionnels et les points d'intrigue à venir. C'est attrayant ! La distribution des rôles demeure toutefois conflictuel, pour l'heure le personnage d'Abel réunit tous les suffrages - sexy, malheureux et prévenant. Et pourtant, les lecteurs de l'époque (1982) ont préféré Lowell Grey (ce qui me rappelle le cruel dilemme de Candy, entre Terry et le prince des collines, alias Albert ! Pouah !)

Comme toujours, ce volume se termine sur une note de suspense insoutenable !

 

georgie_volume_4

Vive action pour pénétrer dans cet avant-dernier épisode : Abel pense détenir un indice sur la présence de son frère Arthur à Londres. Est-ce lui, le mystérieux Cain, l'objet des tentatives d'assassinat par deux hommes qui sont à la solde du duc de Dangering ? ... Ce dernier a aussi décrété la mise à mort de Georgie - pas moins ! Poussé par sa protégée, Elise la fiancée bafouée, le duc est enragé d'apprendre que Lowell a pris la fuite avec l'australienne, damant le pion à ses projets de mariage convenu.

Parti se cacher en pleine campagne, le couple a bien du mal à joindre les deux bouts. Et Lowell va mal, très mal. Ses jours sont comptés et amènent Georgie à prendre une décision irrémédiable.

Pour soulager la tension dramatique, le scénario s'étoffe de personnages secondaires très caricaturaux, peu crédibles pour incarner la réalité de leur situation, mais qu'importe. L'essentiel est qu'on rigole bien, rien qu'à les croiser ! (Je pense au couple Emma et Dick, ou à Catherine et sa mère dans le volume 3.)

Pour le reste, l'histoire s'assombrit sur le plan sentimental. L'introduction du personnage de Cain donne davantage de confusion dans la répartition des cartes, tout est totalement noueux et accablant. Par ailleurs, la quête des origines de Georgie connaît un sursaut d'intérêt, une piste émerge et augure quelques instants d'artifices poignants (mais tout à fait légitimes) !

**********

 

georgie_volume_5Mon premier sentiment, en lisant ce cinquième et dernier volume, est une impression de précipitations, de solutions vite trouvées, de combinaisons miraculeuses à des intrigues brodées depuis le tout début ! C'est un peu fort, peu vraisemblable, mais cela ne va pas entacher le bonheur de lecture ressenti.

Il s'agit donc de la fin pour Georgie : Lowell est parti en Italie, Arthur est prisonnier de la folie d'un homme, Abel n'hésitera pas à se sacrifier pour sauver celle qu'il aime ... Georgie vit dans un tourbillon d'émotions nouvelles, elle se sépare d'un amour pour s'ouvrir à une autre histoire, belle et inespérée. Digne aussi de s'inscrire parmi les passions les plus dévastatrices et dramatiques !

Peut-être que deux tomes supplémentaires auraient été appréciables pour mieux gérer le trop-plein d'action et d'émotion de ce dernier volume. Cela donne un patchwork de chamboulements, un crescendo de sensations. D'un autre côté, la puissance est indiscutable, ces excès conditionnent le lecteur, et les larmes sont au rendez-vous !

Remarquable série, très romanesque et mirobolante ! Le charme des personnages, leur charisme et leur destin maudit sont autant de points extraordinaires. J'ai pris un immense plaisir à me replonger dans ce bain de jouvence, ce fut un vrai régal !

Editeur : Tonkam, Paris - Scénario : Man Izawa - Illustrations : Yumiko Igarashi - en noir & blanc - 5,95 € le volume.

14 décembre 2007

La détective de Noël - Anne Perry

la_detective_de_noelPrésentation de l'éditeur
Pour Mariah Ellison, la grand-mère acariâtre et austère de Charlotte Pitt, ces fêtes de Noël s'annoncent comme un véritable cauchemar ! Être exilée contre son gré chez son ancienne belle-fille, au bord de la Manche, avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve, la voilà maintenant obligée de supporter l'arrivée d'une invitée de dernière minute, Maude Barrington. Cette aventurière a passé sa vie à parcourir le monde et, selon Mariah, l'existence même de cette personne est une insulte aux convenances victoriennes. Mais elle ne pourra s'empêcher d'être touchée par sa joie de vivre. Lorsqu'elle découvre un matin son corps sans vie, son sang ne fait qu'un tour. Le médecin conclut à une mort naturelle, mais, pour Mariah Ellison, cela ne fait aucun doute, Maude a été empoisonnée. Dans le plus grand secret, elle décide d'enquêter sur-le-champ et se rend dans la famille de la victime...

C'est devenu le traditionnel conte de Noël, écrit par Anne Perry. Il s'agit du troisième opus, ne mettant plus en scène lady Vespasia en son jeune temps, mais Mariah Ellison, la grand-mère de Charlotte Pitt. Les plus avertis connaissent la recette, un souffle d'Angleterre victorienne, des personnages corsetés dans leurs principes d'éducation, des dialogues ampoulés et une mort mystérieuse, trop belle pour être honnête...
Les ingrédients du succès se trouvent dans la pochette (emballage, époque, affinités envers les protaganistes), mais le propos de ce Grand Détective réside davantage dans les considérations que dans l'action. L'enquête est lente, la grand-mère Ellison fait sa Miss Marple en cette veillée de Noël. Sans quoi, rien de neuf sous le sapin !
Très lisse, plutôt classique, ce genre du whodunit est savoureux et pète-sec. C'est le rendez-vous de fin d'année, et à nouveau j'y retournerai l'an prochain !
Pour expliquer le prix coûteux de cette édition (de 4 € supplémentaires), c'est parce que la couverture est cartonnée, en format poche cependant.

10 - 18 / coll. Grands Détectives - 168 pages. Traduit de l'anglais par Pascale Haas (titre vo : A Christmas guest). 10,00 €

13 décembre 2007

Une enfance au pays des livres - Michèle Petit

une_enfance_au_pays_des_livresCet ouvrage traite de « la découverte d'un monde, d'un paysage à soi grâce aux livres, la lecture comme fugue, échappée belle, hors les murs de la famille et de la maison, l'arrachement à la solitude, la consolation, la crainte de l'intusion des adultes, le dégoût des classiques à l'école, sauf si un professeur transmet sa passion, le passage à d'autres lectures par la quête des mystères du sexe, le besoin d'images qui vous enveloppent, puis, plus tard, à l'adolescence, de formules irradiantes qui aident à se dire, l'importance du lointain et des métaphores, la découverte vitale qu'il est d'autres voix que celles qui sont imposées, l'éclectisme. Le fait qu'on lit pour tout autre chose que par goût désintéressé du Beau et du Bien. »

« Toute ma vie, j'ai lu par curiosité éperdue, pour me lire, pour mettre des mots sur des désirs, des blessures ou des peurs, transfigurer des tourments, construire un peu de sens, sauver ma peau. Prendre des nouvelles du monde. » Parce qu'on ramasse dans les livres « bien du bois pour que le monde soit un peu plus habitable » ...

Cette enfance au pays des livres, vue par Michèle Petit, anthropologue de la lecture au CNRS, est « une histoire en pointillés, elle se ramène à quelques bribes, quelques scènes originaires, et c'est peut-être dans leur sillage que nombre de [mes] lectures ultérieures sont venues s'inscrire. »
L'auteur n'a pas envisagé d'établir une liste de ses bonheurs de lecture, mais étudie ce que ses instants ont su lui apporter dans la vie. La lecture aide à se construire, ou se reconstruire dans l'adversité.

Les extraits pourront mieux parler au lieu de livrer ma propre impression, laquelle est en demi-teintes. Je suis restée en marge de ce constat, n'y trouvant pas souvent ma place. Peut-être à cause du fossé générationnel ? Toutefois, certains passages demeurent universels et parlent à tous les « passeurs d'histoires » existants.

« Ainsi faisons-nous retour aux spectacles, aux pages, aux images qui ont charmé notre enfance et nous ne voyons plus que le mauvais grain du papier, les ficelles un peu trop grosses du metteur en scène ou du dessinateur. Ce n'était donc que cela. »

Didier jeunesse - Coll. Passeurs d'histoires - 104 pages - 17 €

Publicité
11 décembre 2007

La perte en héritage - Kiran Desai

la_perte_en_heritage_2C'est une fin de journée paisible à Cho Oyu, la demeure du juge à la retraite, une journée qui s'écoule mollement, dans cette région de Kalimpong envahie par les brouillards et le début d'insurrection des népalais contre les indiens. Sai a 17 ans, elle attend la venue de son précepteur de mathématiques, Gyan. Mais à la place, ce sont des garçons en blouson noir qui arrivent à l'improviste pour voler les fusils de chasse du juge.
L'homme qui s'était bâti une solide réputation d'inflexible, après ses études en Angleterre, se voit profondément humilié et bafoué dans son honneur. La police, incapable, lui rit au nez et profite de la situation.

De son côté, Sai, qui n'a plus que son grand-père Jemubhai pour unique parent, se soucie davantage de l'absence prolongée de Gyan, qu'elle aime passionnément. Son silence la mine, et quand enfin elle parvient à le revoir, le jeune homme est glaçant et lui reproche son éducation typiquement non-indienne !
Pendant ce temps, Biju, exilé en Amérique, rame de petits boulots en situations minables. Il brûle de recevoir la carte verte pour enfin rentrer au pays, et ne pas subir la honte des siens. Son père, cuisinier à Cho Oyu, l'abreuve de lettres de sollicitation pour venir en aide à chaque nouvel émigré indien, ami d'untel ou de tel autre, sans se douter un instant de la précarité du jeune homme à New York ...

C'est un roman tout en paradoxes, raconté par la fille d'Anita Desai (auteur indien que j'apprécie beaucoup) - et qui a reçu le prestigieux Booker prize en 2006. Cette opulente histoire de 600 pages propose un monde à l'envers, où l'on rêve d'un ailleurs qui déçoit fatalement, mais pour mieux masquer les loupés on opte pour la rage et le défoulement d'avoir été rejeté par une société occidentale, forte de ses acquis.
« La Perte en Héritage » se manifeste dans les conflits, ceux d'une minorité (les Népalais) qui se rebiffe contre le traité de paix de 1950, et ceux des personnages principaux, déçus et désoeuvrés, en amour ou en reconnaissance. La souffrance est partout, elle remonte de longues années auparavant pour le juge Jemu ou elle est la cristallisation d'un amour brisé pour Sai. Dans son Amérique, Biju montre la difficulté de s'adapter, la réalité de sa clandestinité et l'arrogance perdue devant l'échec constaté.

Tout en cercle vicieux, le roman de Kiran Desai provoque rires et crises de colère, bouffées d'incompréhension et instants de doute. Les 600 pages sont un peu audacieuses, mais elles attachent le lecteur, bon gré, mal gré. Pour ma part, j'ai particulièrement été séduite par l'exotisme de Darjeeling (où se passe l'essentiel de l'histoire) et par ce cynisme affiché, qui mélange l'humour à la sinistre réalité de cette comédie où il ne fait pas toujours bon rire (ni vivre).

Editions des Deux Terres - 615 pages - Traduit de l'anglais (Inde) par Claude et Jean Demanuelli - 22 €

11 décembre 2007

La Perte en héritage - Kiran Desai

la_perte_en_heritage_2C'est une fin de journée paisible à Cho Oyu, la demeure du juge à la retraite, une journée qui s'écoule mollement, dans cette région de Kalimpong envahie par les brouillards et le début d'insurrection des népalais contre les indiens. Sai a 17 ans, elle attend la venue de son précepteur de mathématiques, Gyan. Mais à la place, ce sont des garçons en blouson noir qui arrivent à l'improviste pour voler les fusils de chasse du juge.
L'homme qui s'était bâti une solide réputation d'inflexible, après ses études en Angleterre, se voit profondément humilié et bafoué dans son honneur. La police, incapable, lui rit au nez et profite de la situation.

De son côté, Sai, qui n'a plus que son grand-père Jemubhai pour unique parent, se soucie davantage de l'absence prolongée de Gyan, qu'elle aime passionnément. Son silence la mine, et quand enfin elle parvient à le revoir, le jeune homme est glaçant et lui reproche son éducation typiquement non-indienne !
Pendant ce temps, Biju, exilé en Amérique, rame de petits boulots en situations minables. Il brûle de recevoir la carte verte pour enfin rentrer au pays, et ne pas subir la honte des siens. Son père, cuisinier à Cho Oyu, l'abreuve de lettres de sollicitation pour venir en aide à chaque nouvel émigré indien, ami d'untel ou de tel autre, sans se douter un instant de la précarité du jeune homme à New York ...

C'est un roman tout en paradoxes, raconté par la fille d'Anita Desai (auteur indien que j'apprécie beaucoup) - Kiran - et qui a reçu le prestigieux Booker prize en 2006. Cette opulente histoire de 600 pages propose un monde à l'envers, où l'on rêve d'un ailleurs qui déçoit fatalement, mais pour mieux masquer les loupés on opte pour la rage et le défoulement d'avoir été rejeté par une société occidentale, forte de ses acquis.
« La Perte en Héritage » se manifeste dans les conflits, ceux d'une minorité (les Népalais) qui se rebiffe contre le traité de paix de 1950, et ceux des personnages principaux, déçus et désoeuvrés, en amour ou en reconnaissance. La souffrance est partout, elle remonte de longues années auparavant pour le juge Jemu ou elle est la cristallisation d'un amour brisé pour Sai. Dans son Amérique, Biju montre la difficulté de s'adapter, la réalité de sa clandestinité et l'arrogance perdue devant l'échec constaté.

Tout en cercle vicieux, le roman de Kiran Desai provoque rires et crises de colère, bouffées d'incompréhension et instants de doute. Les 600 pages sont un peu audacieuses, mais elles attachent le lecteur, bon gré, mal gré. Pour ma part, j'ai particulièrement été séduite par l'exotisme de Darjeeling (où se passe l'essentiel de l'histoire) et par ce cynisme affiché, qui mélange l'humour à la sinistre réalité de cette comédie où il ne fait pas toujours bon rire (ni vivre).

Editions des Deux Terres - 615 pages - Traduit de l'anglais (Inde) par Claude et Jean Demanuelli - 22 €

10 décembre 2007

Dans la hotte (2)

Continuons notre petite tournée des librairies pour remplir la hotte du père noël ... Voici un album au très grand format, avec une couverture de sombre beauté, un titre enchanteur et la promesse d'une histoire d'amour poignante et féérique.

phare_des_sirenesCela se passe sur un petit bout de terre, dans une cabane en bois qui sent le hareng, logée au bord de la falaise. Un garçon, orphelin de mère, vit seul avec son oncle Yann, pêcheur bourru mais compatissant. C'est un rapporteur de légendes et d'histoires mythiques, un homme qui aime la mer dont il brave les tempêtes, un papa de remplacement pour le petit Ange, aussi beau que le présage son prénom.

Après une nuit d'orage, oncle Yann n'est pas rentré de sa pêche et l'enfant découvre les débris de son bateau sur la plage. Désormais seul au monde, le garçon va se reconstruire une coquille de sécurité et reproduire les gestes du marin perdu. Quand soudain, au cours d'une promenade, Ange découvre une silhouette échouée sur la côte, rejetée par l'océan. C'est une sirène, blessée mais ensorcellante de beauté. Oncle Yann lui avait parlé de ses créatures, il n'est donc point étonné de la croiser pour de vrai.

Elle s'appelle Sidjwa, ce qui signifie Trésor. Dans la cabane en bois, Ange va apporter mille soins et tendresses, tomber amoureux avant de la rendre à son royaume des eaux. Mais toujours, Sidjwa et Ange se retrouvent et perpétuent leur histoire d'amour.

Puis survient la guerre où des soldats déboulent dans les villages arracher les garçons de leur foyer pour les conduire dans des tranchées. Ange aussi a été séparé de son amour, enrôlé de force et témoin d'un spectacle d'atrocités. Cette guerre va le tuer, physiquement. Un éclat d'obus va le défigurer et faire de lui une Gueule Cassée. Il rentrera chez lui, attendra sa sirène et n'aura de cesse d'espérer leurs retrouvailles.

Quelle poignante histoire d'amour, sur fond de guerre ! La beauté mise à mal par le combat des hommes, l'amour ruiné par la folie et l'espoir qui devient un os à ronger jusqu'à la moelle ... Ce livre figure parmi les albums à ne pas réserver qu'aux enfants, mais qu'on doit à tout prix leur destiner aussi pour qu'ils apprécient toute la préciosité d'un travail de création.

Les teintes brunâtres de Régis Lejonc donnent un charme ténébreux à cette histoire coincée entre bonheur et malheur, confortent une mélancolie très grave mais sereine. On absorbe les mots de Rascal telle une plongée en apnée, on suit la narration de cet homme brisé à force d'espérer, et on ressent une grosse boule au ventre devant ce concert d'émotions.

Une adresse à retenir : A l'endroit où les cosmographes inscrivaient jadis sur leur cartes Hic sunt sirenae - ici sont les sirènes. 45° lattitude nord. 35° longitude ouest. Phare des sirènes.

Editions Didier Jeunesse - 60 pages - 18,90 €

9 décembre 2007

Ne fais pas de bruit, Rachel ~ Kate Banks

C'est un roman très subtil, aux mots bien pensés pour un effet de style classique et élégant. Kate Banks dresse le portrait d'une famille apparemment modèle : le père est médecin, la mère juge, la grand-mère est une mamie gâteau, la petite dernière, Rachel, a quatorze ans et son meilleur ami vient de partir pour l'Afrique. Au lieu de pleurer, elle en rit, c'est son problème, "la chose" comme elle dit. Elle rit quand elle veut pleurer et inversement. Pas facile pour elle. Il y a aussi dans leur grande maison une chambre où rien n'a changé depuis sept ans, depuis la mort de Jake dans un accident de voiture. Rachel a le sentiment de n'avoir jamais bien connu ce grand frère à l'apparence parfaite et idéale, aussi elle s'empare de son journal qu'elle trouve par hasard dans sa bibliothèque. Au fil des pages, elle découvre la véritable facette du garçon, un type qui souffrait du mal de vivre et dont la mort, finalement ... Bref, Rachel va provoquer sa famille en brisant la loi du silence, pour chasser le fantôme de ce frère dont la perte a meurtri les uns et les autres. Car simultanément Rachel semble revivre certains détails du journal de son frère. Elle va rencontrer Bowman Moser qui a dix-sept ans et semble souffrir de l'attente des siens. Celui-ci joue un jeu dangereux avec des allumettes, pour finalement faire la lumière sur bien des mystères familiaux. L'histoire de Rachel est très attachante, décrite avec finesse, parfois en tristesse mais aussi avec humour. Ce roman nous absorbe dans un cocon protecteur où les non-dits couvent jusqu'à l'explosion finale.

décembre 2004

9 décembre 2007

Le jour des oies sauvages ~ Adeline Yzac

Banal si l'on conçoit le sujet de l'alcool et la violence comme étant largement exploité dans la littérature jeunesse ! "Le jour des oies sauvages" est l'histoire ou le dialogue entre Ange, treize ans, avec une psy, Mme Martin-Lacaussade. Tout a commencé le jour du 3 mars, le jour du passage des oies sauvages vers les pays chauds. Ce jour-là, une mercedes noire est passée devant le garçon pour se rendre au moulin voisin, un endroit abandonné et interdit d'accès, sauf pour Ange qui s'y réfugie souvent. Car chez lui il fuit un père violent, alcoolique et "une mère en pagaille", selon ses dires. Les problèmes du père sont connus dans le village mais de lui on dit souvent que c'est un pauvre type... Alors, pour Ange, la haine se mélange à la colère et à la pitié, la révolte, la hargne. Dans ce texte court, l'auteur va tenter d'aborder le thème de l'enfance bafouée par la violence et l'alcool. Ecrit avec pudeur, sobriété et justesse, c'est un roman sensible pour les jeunes ados. Presque banal, sans grande originalité dans l'écriture, il touchera un lectorat en quête d'identité ou de solution face à de telles injustices.

décembre 2004

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité