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Chez Clarabel

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26 février 2008

La Fin des Mystères - Scarlett Thomas

fin_des_mysteresAriel Manto découvre dans une bouquinerie un livre rare intitulé La fin des mystères du sombre auteur victorien, Thomas E. Lumas. Excitée, la jeune fille s'accapare cet ouvrage réputé maudit, tous ceux l'ayant lu ont soit disparu soit succombé à une mort terrible. Ceci expliquerait sans doute le départ énigmatique de Saul Burlem, son directeur de thèse, autre passionné par les travaux de Lumas, connaissant l'existence du livre rare mais n'en ayant jamais touché mot, sauf lors de leur toute première rencontre. A la lecture de La Fin des Mystères, Ariel parvient à comprendre ce que l'homme aurait pu chercher à dissimuler. L'histoire fait état d'une formule donnant accès à la Troposphère, un lieu étrange qu'on pénètre en rêve, qui vous entraîne au-delà de l'espace et du temps, dans une sorte de quatrième dimension. Mais Ariel a bravé l'interdit et se trouve poursuivie par deux types blonds, avec une allure d'agents de la CIA, qui veulent mettre la main sur le livre de Lumas en cherchant à s'immiscer dans sa tête !...

Un très beau livre, que voilà, par sa couverture, et par le résumé excitant de l'éditeur. Le livre traîne aussi la réputation de faire un malheur en Angleterre, abreuvé de louanges par des auteurs comme Jonathan Coe et Philip Pullman... Il faudrait être bien difficile pour ne pas risquer un oeil dans cette folle aventure ! Et pourtant, l'espoir fut peut-être trop fort car le résultat ne fut pas à la hauteur de mes attentes. J'ai été profondément déroutée par ce livre, mais alors baladée comme une misérable dans ses rouages ! C'est un roman érudit, captivant, fort mystérieux et admirablement écrit, je le clame haut et fort. Malheureusement toutes ces qualités deviendraient-elles aussi des défauts, au fur et à mesure qu'on progresse dans la lecture ? ... Plusieurs fois je n'ai pas tout compris ce que je lisais, d'autres fois je trouvais certains passages assez longs ou carrément glauques (je pense, notamment, aux scènes de sexe qui ne s'intégrent pas toujours dans le propos) et puis il y a des moments où j'étais totalement transcendée par ce que je lisais, enchantée, emballée, éblouie par la richesse de ce livre.

Impossible, donc, d'être totalement négative ou positive à son sujet. La Fin des Mystères est un roman très divertissant, qui ne repose pas les neurones mais cherche plutôt à les activer, c'est brillant sur plusieurs aspects. Pourtant cela n'enlève pas le sentiment d'incompréhension perçu au cours des 490 pages. C'est un livre étrange, qui vous parle de thèmes aussi divers que la foi, le langage, la pensée, la science-fiction, l'imagination, la mécanique quantique, la littérature et la philosophie. Oui, c'est un opus dense, passionnant, fertile et étourdissant, il mérite qu'on lui laisse une chance, tout en sachant qu'il peut autant charmer que décontenancer. Je crois bien que c'est un livre à ranger parmi les inclassables !

Anne Carrière - 488 pages - 23 €

Traduit de l'anglais par Marie de Prémonville

Le blog de la traductrice

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25 février 2008

Glaise - David Almond

glaiseUn jour, à Felling, petite ville anglaise bercée dans le culte chrétien, arrive un vieux taxi pétaradant avec, à son bord, Stephen Rose. Nous sommes dans les années 60. Davie et son meilleur ami Geordie, témoins de la scène, observent le garçon se rendre chez sa vieille tante dévote, surnommée Mary-la-Folle. Quelques temps après, Stephen vient à leur rencontre et s'empare de leur morceau de glaise pour faire montre de son talent de sculpteur. Très vite, Stephen Rose leur apprend son projet délirant de vouloir créer un monstre. Davie est fasciné et ne lâchera pas d'une semelle son nouveau camarade.

Toutefois, les rumeurs sur la famille de Stephen commencent à naître. Sont-ce des malades mentaux, des partisans du satanisme, des exorcistes ? Le garçon devient bizarre. A Felling, la mort soudaine de la brute locale frappe toute la communauté, et particulièrement Davie, qui était souvent martyrisé par ce type. Cette horrible coincidence le plonge dans l'embarras. A partir de là, il va peu à peu chercher à se détacher de Stephen Rose. 

Voici un roman qui rappelle par bien des côtés le mythe de Prométhée, avec quelques clins d'oeil à Frankenstein ci et là, tant l'histoire est sobre, tendue et établie dans une atmosphère étrange. L'art du mystère est tressé avec un talent indéniable, la mise en scène est impeccable, très pointilleuse, angoissante et troublante. Impossible de lâcher le livre avant la fin. Difficile, aussi, de sortir complètement indemne, car le roman force à se poser des tonnes de questions sur la création, sur l'emprise, sur le bien et le mal. Un roman qui accroche, tout simplement, et qui dérange.

Gallimard, coll. Scripto - 286 pages / 10,50  €

Traduit de l'anglais par Julie Lopez. 

La chronique de Madeline Roth (Citrouille)

24 février 2008

Les croissants du dimanche - Annie Saumont

croissants_du_dimanche

Impossible de décrire ce qu'est le style d'Annie Saumont, ce qu'une lecture de ses nouvelles procure, et c'est à chaque fois la même rengaine. Ici, se passent 19 textes qui ont été écrits à Wellington en Nouvelle-Zélande, mais qui ne laissent pas nécessairement transpirer cette influence.
On y retrouve ce ton saccadé, cette énergie du désespoir, ces histoires courtes où en trois pages tout est déjà dit, pas un mot de plus. D'emblée le baton du théâtre peut retentir, la cloche peut sonner trois fois, le souffle est retenu. C'est ce qu'on attend d'Annie Saumont, la petite phrase qui ripe, et le grand fracas qui suit.
Plusieurs textes vous laisseront pantois, tant par la tenue que la mise en scène. La sentence est claire et sans appel : adjugé, vendu !

Ce qu'en dit l'éditeur ... 

Trois pages suffisent à raconter une histoire. Annie Saumont, virtuose de La nouvelle. Le prouve à chaque nouveau recueil. Les dix-neuf brefs récits qui composent Les Croissants du dimanche décrivent avec une justesse implacable ces infimes moments où toute une vie peut chavirer. D'une concision percutante, maîtrisant parfaitement l'art de L'ellipse et de La chute, Annie Saumont sait mieux que personne rendre hommage à ces personnages anonymes, coeurs solitaires, assassins ou enfants battus, victimes d'une société en phase de déshumanisation avancée, et qui puisent encore au tréfonds d'eux-mêmes une irréductible rage de vivre.

Julliard - 184 pages - 16 €

Autre actualité : Gammes (Ed. Joelle Losfeld)

23 février 2008

La femme la plus riche du Yorkshire - Fouad Laroui

femme_la_plus_richeJ'ai aimé la couverture, j'ai aimé le titre et j'ai éludé le sujet. Bien m'en a pris ? Je ne sais pas, sauf qu'il me faut avouer avoir eu recours à un coup d'oeil à la 4ème de couverture car j'ai été un peu décontenancée au début !
C'est donc l'histoire d'un chercheur d'origine marocaine qui arrive à l'université d'York pour étudier l'espèce locale avec soin et attention. Armé d'un petit carnet étanche, l'homme décide d'établir son poste d'observation depuis un pub typiquement anglais où il va y rencontrer la femme la plus riche du Yorkshire, alias Cordelia, ou Corry pour les intimes - et Cruella, in petto. Cette femme est excentrique, arrogante, autoritaire et manipulatrice, elle va agripper notre narrateur et lui promettre des confidences les plus extraordinaires pour alimenter ses recherches. Se livre alors un tête-à-tête saugrenu et espiègle, où l'un tente de résister à l'autre, qui livre avec outrecuidance un étalage de débaûches et de démesures.
C'est éreintant ! Autant le reconnaître. Je me suis égarée dans ce labyrinthe, un peu frileuse à l'humour sarcastique. Mais quiconque recherche une comédie acerbe sur l'Angleterre, les riches, l'ethnologie, les alcooliques et la rouerie saura y trouver largement son compte ! La fin est mauvaise, mais subtile et hilarante !
A bon entendeur, salut !

Julliard - 158 pages  /  16 €

22 février 2008

Voyager léger - Julien Bouissoux

voyager_legerTristan Poque écrit toujours, mais sous plusieurs pseudonymes, il a revu ses prétentions à la baisse, au diable la littérature, aujourd'hui il écrit des romans de gare, des polars sombres et austères, sans réel cachet. Pour arrondir ses fins de mois, il accepte aussi d'être lecteur pour une maison d'édition et gobe les manuscrits insignifiants qui, d'abord, boostent son énergie, et puis finissent par le laminer.
Son dernier livre peine à voir le bout du tunnel, sans cesse son intrigue dérape, ses personnages deviennent flous. Au gré des rencontres et des questions bassement métaphysiques qu'entretient Tristan, son Cocktail Mortel boit l'eau.
Heureusement, il y a l'ami Poupou, compagnon de plume, de boisson et d'infortune. Lui aussi connaît le syndrome de la page blanche, au lieu de se miner il décide de se complaire dans l'observation des plantes fougères. Tous deux, paressant mollement sur le balcon du nouvel appartement de Poupou, devisent peu sagement et échafaudent un plan drôle et inventif.
Vous ignorez qui est Tristan Poque ? Alors, vous n'avez jamais lu le roman de Julien Bouissoux, La chute du sac en plastique. Dommage pour vous. Mais quelle chance de pouvoir faire cette rencontre prochainement ! Plaisant et désabusé, le ton de Julien Bouissoux saura vous toucher et vous séduire, en plus de son personnage attachant qu'est Tristan Poque. Héros peu romantique des Temps Modernes, il traîne son spleen et sa cruelle lucidité sous notre oeil charitable. Il incarne à lui tout seul le jeune auteur peu ambitieux, ou forcé de ne plus l'être, qui se trouve au creux de la vague et du dilemme qu'est le manque d'inspiration. Les passages avec l'autre écrivain en manque de veine donnent aussi lieu à des échanges cocasses, un peu tordus, mais qui sont le reflet de cette littérature contemporaine, légère et peu affectée. Ici, les personnages s'ennuient mais ne rasent pas le lecteur. A prendre à la légère, comme le titre !

Editions de l'Olivier - 177 pages - 16 € 

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21 février 2008

Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants - Xiaolu Guo

petit_dictionnaire« Personne ne sait mon nom ici. Même s'il lit : Zhuang Xiao Qiao, il ne sait pas dire. Quand il voit que mon nom commence à Z, il abandonne. Je suis l'indisable, Miss Z. »
Non, vous n'avez pas la berlue. Ce n'est pas une petite fille de quatre ans qui vous parle, ni un relevé de fautes de frappe. C'est bel et bien un langage livré dans toute sa crudité, d'une chinoise débarquant à Londres pour apprendre l'anglais, une langue maladroite, truffée de fautes, parfois exécrable et intraduisible, mais qui, au final, se révèle craquante !
La jeune narratrice, âgée de 24 ans, arrive donc dans la capitale anglaise, envoyée par ses parents, pour suivre les cours d'une Mrs Margaret. Elle découvrira très vite les us et coutumes d'un pays qui la déconcerte au plus haut point. Déboussolée dans ses repères, ne comprenant pas le moindre mot, elle erre dans les rues londoniennes, armée de son dictionnaire Collins bilingue. Elle veut tout savoir, tout décrypter, tout piger.
Un soir, dans une salle de cinéma, elle rencontre l'Autre, cet homme de vingt ans son aîné qui va l'héberger sous son toit et devenir son amant. Après la nourriture, la grammaire et les films d'auteurs, la jeune fille découvre l'amour. Et c'est toujours un fossé qui se creuse, le même qui sépare le chinois de l'anglais.
Miss Z pose sans cesse des questions, raconte des « non-sens philosophiques occidentaux », s'étonne de tout et de rien (le passage avec le vibromasseur est piquant !). Forcée de partir cinq semaines pour découvrir le continent européen, la narratrice prend contact avec des notions, comme la solitude, qui échappent totalement à son vocabulaire de chinoise vivant dans un esprit communautaire.
Le contraste entre les deux mondes, les deux cultures est savoureux. Il ne cesse de s'enrichir et de renvoyer à deux fausses vérités qui, sans cesse, se contredisent. Personne ne sort gagnant ou perdant, peut-être l'héroïne acquerra-t-elle une plus grande autonomie, dans son pays communiste ! Un comble, subtil et désarmant.
Absolument hilarant à lire, tour à tour brillant, intelligent et futé, ce Petit Dictionnaire est un roman, mais aussi un carnet de voyage, un journal intime, un recueil avec des mots, des définitions qui rappellent les problèmes du couple et la vision perplexe d'une jeune fille de l'Est sur les travers de l'Occident. C'est aussi un voyage à travers le langage, complexe et poétique, délirant et sensible. C'est tout simplement réjouissant, ça se lit en une goulée et ça vous donne un léger tournis euphorique et grisant, bref un livre à recommander !

Buchet Chastel - 330 pages  / 21 €

Traduit de l'anglais (Chine) par Karine Laléchère

20 février 2008

Good news !

Ceux et celles qui suivent mes pérégrinations dans l'univers des livres en tout genre connaissent ma récente addiction pour une série de manga, et n'ont pas douté que j'ai failli tomber en syncope tout récemment, et pourquoi ? Simplement parce que le tome 5 d'Emma vient enfin de paraître !

emma_5

Pfiou ! J'étais donc restée sur la note du quatrième volume en étant un peu à cran ! Les lecteurs de cette série ont compris pourquoi, le livre se finissait à un moment particulièrement prenant ! Il fallait connaître la suite, au plus vite ! Quelle surprise ne me réserve donc pas ce numéro 5 ? ! C'est un voyage vers le passé qu'il nous offre, un retour vers la source d'autres amours, d'autres histoires difficiles. C'est une possibilité pour nous, lecteurs, de mieux comprendre le poids de la famille, de la respectabilité, du rang social et du regard extérieur.

L'intrigue est délicieuse ! Nos deux amoureux ont donc fini par se retrouver, mais cela ne signifie pas pour autant que les barricades soient enlevées. William est fiancé à une autre, Emma n'est qu'une soubrette... et pourtant, le garçon va affronter ses pairs pour vivre à fond sa passion folle. C'est du moins ce qu'il paraît sur le papier, car en réalité les choses n'en finissent pas de se compliquer !

emma_6J'ai poursuivi sur ma lancée en lisant le tome 6 en anglais (comment voulez-vous résister ?!) et j'en suis sortie complètement groggy et bouche bée. Je ne dévoile pas ce que le sort réserve à cette chère Emma, mais il ne faudrait pas me faire poireauter trop longtemps !!! J'ai, de plus, le sentiment que l'histoire finit trop tôt ici, je sais bien qu'il faut ménager le suspense, mais bon ...

Que nous réserve la fin de cette série ? Entre tragédie ou histoire nunuche qui s'assume, la suite d'Emma promet de belles perspectives ! Je m'en régale d'avance !!!

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Enfer et damnation ! Jusqu'à présent, j'avais lu les 6 premiers volumes d'Honey & Clover avec délectation, y appréciant infiniment le mélange d'humour et de dérision, l'abus du ridicule (qui ne tue pas) et du grotesque. J'avais un grand attachement pour tous les personnages, me passionnais pour leurs petites vies et leurs histoires de coeur. Et puis paf ! je viens de lire le tome 7 et j'avoue avoir été un peu ennuyée ! ...

honey___clover_7Quel drame ! Ce livre s'attarde beaucoup sur Takemoto qui est parti faire le tour du Japon à vélo. Il vit de petits boulots, de rencontres itinérantes. Le garçon se cherche, on se souvient de son ras-le-bol général, et puis voilà ... Du côté de la bande, Yamada rencontre enfin Rika, LE grand amour de Mayama. La jeune fille est troublée, mais accepte pourtant la proposition de collaborer avec sa meilleure ennemie.

J'ai trouvé cet épisode creux, un peu bateau. Rien de transcendant, quoi. Mais où est passé le flot d'émotions, de délires et d'inattendus qui survenaient dans le début ? ! Bien sûr, c'est toujours (un petit peu) drôle, mais un rien pêche pour retrouver ma totale exaltation ! ... Encore 3 tomes, pourtant, et je veux connaître la suite !

Ori est toujours aussi fan !

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Le nouveau Kiriko Nananan est disponible ! Il affiche  sa couverture très tendance, en jaune & noir, pour un contenu qui donne ceci :

amours_blessantesHomme ou femme, personne, dans son existence, n’échappe à ce moment où fatalement, l’amour fait mal... Il suffit de l’odeur d’un parfum pour faire resurgir le souvenir d’un ancien amant, volage et magnifique. Il suffit de croiser l’homme qu’on a tant aimé autrefois, pour retrouver ses sentiments d’antan. Il suffit encore de songer à ce corps que l’on donne en pâture contre de l’argent, pour se dégoûter soi-même. Et il suffit parfois de la promesse d’un amour éternel, pour que notre petit monde vacille...
En vingt-trois courts récits, Kiriko Nananan explore les sentiments amoureux dans toute la splendeur de leur cruauté. Sa sensibilité exacerbée, portée par son trait lisse et net, fait une fois de plus merveille. Cette oeuvre fort d'une beauté limpide nous rappelle que vient un jour où chacun blesse ou se trouve blessé. Ainsi va l'amour...

Je déconseille ce livre à tous les déprimés, les prudes, les romantiques, les idéalistes et autres utopistes. Le début du recueil est absolument déroutant, une réalité brusque et amère sur les déceptions amoureuses, ou sur ce qu'est l'amour tout court, à travers ses revers et ses petites choses communes. Un peu laid, sur le coup.

La plongée est glaciale et paralysante. Pourtant on parvient à rester à la surface et à reprendre pied. J'ai surtout compris que lire l'ensemble offrait un impact plus fort qu'une succession d'histoires très courtes légèrement dissuasives... Bien sûr, on en sort tout de même avec le coeur lourd et les espoirs éreintés. Si la mélancolie et l'amertume ne vous rebutent pas, courez-y sans attendre ! Le trait est fin, gracieux, minimaliste. A l'image du propos de chaque histoire. Tout est lisse et intériorisé. Cela vaut à l'auteur d'être sa signature, d'où l'expression sensibilité à fleur de peau qui acquiert ici tout son sens !

J'aurais voulu avoir des histoires intéressantes à raconter.
Comme dans les téléfilms, tu vois.
Mais c'est justement parce ce qui s'y passe
n'arrive jamais dans la réalité que j'ai rien à raconter.
Dans la vie, il ne se passe jamais rien,
ou alors à une si petite échelle
que c'est sans intérêt.

Pourtant je continue à attendre.
J'espère toujours que des choses bien vont arriver.

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20 février 2008

Aujourd'hui c'est un album en anglais que notre

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Aujourd'hui c'est un album en anglais que notre Miss présente, totally in english indeed ! ...

libraryThe Library de Sarah Stewart est une petite merveille à se procurer, même si vous n'y comprenez goutte à la langue de Shakespeare ! C'est un livre qui parle de livres, plus particulièrement d'une femme passionnée par la lecture dès son plus jeune âge. Petite fille, Elizabeth Brown boudait les poupées. Jeune demoiselle, elle rechignait à sortir avec des prétendants. Son seul hobby est de se plonger dans un livre, de bouquiner des heures durant, et même la nuit grâce à la fidèle lampe torche, ou le jour en passant l'aspirateur !

En grandissant, sa passion ne la quitte pas : elle envahit sa maison ! Et puis vint le jour où ... 

« When volumes climbed the parlor walls And blocked the big front door, She had to face the awful fact She could not have one more. »

Alors notre lectrice compulsive décide de faire un don à la ville de toute sa collection de livres pour ouvrir ... une Bibliothèque !

Simplicité et merveille font bon ménage à travers cet album qui se destine à tous les lecteurs de tout âge ! Nul doute que les illustrations de David Small auront raison de vos dernières résistances...

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( Click pour agrandir les images )

19 février 2008

Fantômes à tous les étages - Laura Ruby

fantomes_a_tous_les_etagesLa charmante bourgade de Cape May se trouve à la pointe du New Jersey, en bordure d'océan, et est réputée pour « ses maisons victoriennes pareilles à des gâteaux nappés de sucre glace rose et blanc, ses plages ensoleillées et jonchées de diamants de mer, et ses nombreux fantômes égarés ».
Sur ce dernier point, l'information n'est pas de source publique.
Lily Caldwell, 13 ans, va en faire l'expérience, et ce, au terme d'une aventure éclatante, pleine de rebondissements, et étonnante de fraîcheur.
Sa mère Arden vient de quitter son énième boyfriend, n'a plus un sou en poche et trouve salutaire l'invitation de son oncle Wesley d'occuper la maison d'été de la famille Wood. Cette demeure au luxe rococo a toutefois été le théâtre de drames tenus secrets, qui impliquent un incendie criminel ayant coûté la vie de l'oncle Max et entraîné la mort prématurée de l'arrière-grand-mère Katherine...
Lily est une adolescente assez amère, forcée de suivre les lubies de sa mère fofolle et irresponsable. Elle voit dans cette nouvelle vie à Cape May une étape provisoire, en attendant son entrée au collège, et avant une prochaine virée vers un ailleurs plus réjouissant - pense-t-elle.
Aussi classe soit-elle, la maison lui apparaît lugubre et étrange. Des objets disparaissent, des souffles se font entendre, son linge est teinté en rose, ou son visage est barbouillé de maquillage grotesque. Pourtant rationnelle, Lily croit de plus en plus que la maison est hantée !
Pour comprendre les mystères du 206 Perry Street, Lily va donc espérer trouver dans les archives de la bibliothèque quelques précieuses indications sur sa famille. Aidée dans cette mission par un esprit fantôme, Lily est aussi soutenue par un garçon qu'elle vient de renverser près de chez elle, un dénommé Vaz, aussi séduisant que mystérieux !

Je n'ai pas assez de qualificatifs pour exprimer ce que la lecture de « Fantômes à tous les étages » saura vous apporter : elle est étonnante, captivante, pleine de rebondissements jusqu'à la fin. Elle n'est pas totalement du domaine du fantastique, même si quelques fantômes planent ci et là, ces derniers tiennent une place assez plaisante, mais que j'estime plutôt espiègle ! Oubliez toutes les histoires à la Casper ! Ce roman saura davantage vous épater, par sa fraîcheur et sa richesse. L'histoire fourmille d'anecdotes, de retournements de situations. C'est finalement plus une quête des origines, une recherche sur les secrets de famille. Et le résultat est une vraie réussite ! On se laisse happer par l'histoire, qu'on lit d'une traite.
A souligner aussi : la merveilleuse couverture a été réalisée par Benjamin Lacombe !

Albin Michel jeunesse, coll. Wiz. 296 pages / 13 €

Traduit de l'anglais (américain) par Nathalie Serval

18 février 2008

Je suis ta nuit - Loïc Le Borgne

Je_suis_ta_nuitLe narrateur (Pierre) cherche à soutenir son fils Tristan, désemparé par le suicide d'une amie. Ce drame a fait remonter à la surface la mort de la mère, survenue deux ans plus tôt. De son côté, Pierre replonge dans ses souvenirs d'un été 1980, particulièrement violent, alors qu'il avait onze ans.

Pierre a grandi à Duaraz, un village breton, avec sa bande de copains. Il y avait Mélanie, Karl, Francis-Emmanuel, Sébastien et Maël. C'est ce dernier qui a raconté au groupe la terrifiante histoire du « Bonhomme Nuit ». Depuis peu, le village est témoin d'événements troublants et bizarres : des corps mutilés, des animaux agressifs, une coupe de vin remplie de sang, des yeux noirs, des comportements anormaux... Le Bonhomme Nuit serait à l'origine de cette série de cauchemars et d'actes épouvantables. Mais qui est-il véritablement ?

On plonge alors dans l'histoire, frappée d'horreur et d'angoisse. Oui c'est dingue comme c'est terrifiant ! Mais j'ai adoré cette ambiance flippante et oppressante. Il ne faut pas avoir les nerfs à fleur de peau ou c'est tant pis ! Et si vous vous demandez quel est le rapport entre l'histoire du père et son fils déprimé, c'est simplement parce que Pierre cherche à démontrer ce qu'est la perte de l'innocence, parce que lui aussi est passé par là ! Stupéfiant procédé, j'en conviens...

J'ai aimé, j'ai été ébranlée, la fin m'a laissé un goût d'inexplicable... 
A tenter ! Ce livre plaira aussi à tous les fans de Star Wars et de Goldorak !

Editions Intervista - Coll. 15 - 20 / 353 pages.

A paraître début Mars 2008 !

Merci Lily pour l'envoi et le prêt de ce livre ! Pour lire son billet à ce sujet, c'est ici !

Coup de coeur de Ricochet (chronique de Sophie Pilaire)

A lire : interview de l'auteur pour le site Fantasy.fr

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