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Chez Clarabel

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10 novembre 2007

Petite musique des adieux

Petite musique des adieux

C'est indéniablement un charme puissant, autour des ingrédients irlandais : solitude, pluie, vent, acharnement du sort, pub et boissons fortes. Je me suis plongée dans ce livre comme dans un cocon douillet et confortable. Pas moyen d'en sortir avant d'avoir lu la dernière page. Et puis, l'auteur sait aussi garder l'attention du lecteur autour du "mystère" concernant ces deux personnages. L'un et l'autre transportent un boulet, quel est-il ? Jennifer Johnston prend le parti de n'en rien dévoiler avant la presque fin de son roman ! Pour commencer avec cet auteur, je vous recommande très honnêtement celui-ci !!!

lu en 2007

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10 novembre 2007

Badenheim 1939 - Aharon Appelfeld

badenheim_1939C'est le printemps et la saison des vacances redonne un nouvel élan dans la petite ville de Badenheim, une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive, et qui accueille comme chaque année un festival de musique orchestré par le docteur Papenheim.
On s'y presse, on s'y gave de pâtisseries, on y barbote dans la piscine, on flâne le soir en écoutant le bruissement des arbres de la forêt, on y danse et on y chante.
Et puis arrivent deux inspecteurs du service sanitaire, pour un recensement, puis pour une convocation à un futur voyage en Pologne (pour rassembler les Juifs de l'Est, dit-on). Les saisonniers appliquent les consignes à la lettre et attendent à l'hôtel, en toute confiance.
Mais nous sommes en 1939. Les moyens de communication sont coupés, et Badenheim vit dans une bulle hors du temps. Ce sursis implacable est vécu dans l'inconscience, raconté par Aharon Appelfeld de manière assez singulière.
Si le roman est d'abord lu comme s'il s'agissait d'une farce, une comédie assez cinglante et dérisoire, cela tourne vite au cauchemar. Mais le prodige de ce livre est d'étouffer le pire et l'horreur à venir dans un semblant de jolie parenthèse estivale. Une chronique légère et sans fard d'une déportation annoncée...
Cela se lit très vite, et même la chute révèle l'ineptie de toute cette mascarade, qui fait froid dans le dos !

Editions de l'Olivier - 165 pages - Traduit de l'hébreu par Arlette Pierrot.  17,50 €

9 novembre 2007

Ruptures - Gisèle Fournier

ruptures« Jean-Marie, méfie-toi, tu bosses, tu te défonces, ils le reconnaissent, ils ne peuvent pas dire le contraire quand ils viennent faire un tour par là juste pour passer devant chez toi, lorsqu'ils voient cette maison, retapée, qui vit comme certains d'entre nous ne l'ont jamais vue vivre, mais ils ne t'accepteront pas. Jamais. Tu es un étranger pour eux, tu n'es pas comme eux. Et ils ne comprennent pas ce que quelqu'un de la ville vient faire ici. »
Dans un petit village près de la frontière italienne, Jean-Marie a décidé de « changer d'air » en restant peinard dans une petite maison abandonnée, au large du bourg. Il pensait trouver la paix, faire sa popote tranquille et sans attirer l'attention. Le temps pour lui, aussi, de ressasser les souvenirs, le pourquoi de son départ, de cette nouvelle vie d'ermite.
Mais on ne lui laissera ni le choix ni le temps. Jean-Marie va se heurter à la vindicte silencieuse et pesante des villageois. Il n'est pas d'ici, il dérange. Et pourquoi ?
Un nouveau roman de Gisèle Fournier sur « les rideaux soulevés, les visages fermés derrière les fenêtres closes, les yeux qui jaugent, qui espionnent »... L'histoire de « Ruptures » est aussi celle des mystères d'un homme et d'un village, dans une ambiance plutôt pesante, avec les bruits de pas et de sifflements la nuit, les non-dits menaçants et les précautions à demi-voilées pour inciter l'intrus à déguerpir.
La note finale va crescendo vers une étonnante intensité dramatique !
Pas mal du tout...

Mercure de France - 140 pages - 13,50 €

L'avis de Cathe

8 novembre 2007

Alabama Song - Gilles Leroy

alabama_songDe quoi nous parle ce roman ? Oui, « roman », c'est un terme que souligne son auteur, Gilles Leroy, parce qu'il se défend d'avoir écrit une biographie romancée de Zelda Fitzgerald, l'épouse de l'écrivain illustre des années 20.
Et encore, c'est un peu facile. Cela rappelle les clichés vendus depuis des lustres, le couple glamour qui a brûlé ses ailes aux spotlights de la gloire, dans leur jeunesse, et qui a tout perdu dix ans plus tard (trop de scandales, trop d'amour et de haine, trop d'alcool et trop de liaisons sulfureuses).
Et concernant Zelda, il était si facile de la cantonner à son rôle de folle à lier, après avoir été la Muse du brillant écrivain et la Belle du Sud, fille du Juge Sayre de l'état d'Alabama...

Ce roman a les atours d'un journal, de la confession de Zelda du jour où son chemin a croisé celui du soldat Fitzgerald, en juin 1918, dans les rues de Montgomery. Impétueuse et orgueilleuse, Zelda brise les interdits et s'enfuit aux bras du jeune homme pour l'épouser à la va-vite deux ans plus tard.
D'amour, il n'en est déjà plus question tant Scott est imprégné d'alcool et du désir d'être reconnu par le milieu littéraire, élitiste de la bonne société new-yorkaise. Les frasques de Zelda apportent aussi de l'eau au moulin de la presse et c'est un cruel renvoi de balles que se lance le couple. Déjà.

Réfugié en Europe dans les années 20, Zelda va connaître le grand amour dans les bras d'un aviateur français. Son époux jaloux va la « kidnapper » pour mieux abattre l'emprise qu'il souhaite exercer sur elle. Et c'est vers la même période que les séjours en hôpital psychiatrique vont s'enchaîner pour Zelda.

scott_zelda_fitzgeraldC'est bien tout ce qui en ressort : le désir de brimer l'autre, l'étouffement, l'écoeurement, la rancune, la volonté de rabaisser l'estime de soi, l'accaparement et la succession des crimes à feu doux (l'internement, l'alcoolisme, la morphine, les électrochocs, la privation de s'occuper de l'enfant...).
Ce qu'on pensait du couple glamour que fut les Fitzgerald vole soudain en éclats. Ce livre révèle davantage des tourments, de la folie inhérente qui liait Scott et Zelda au point de les détruire. Et c'est tant mieux dans le fond, car « Alabama Song » résonne incroyablement comme la revanche de Zelda. Tout ce qui l'accablait était, en somme, une tentative désespérée de survivre, d'échapper à l'empire du « Grand Homme ».

C'est assommant, redoutable, asphyxiant. La voix de Zelda, à laquelle se prête Gilles Leroy avec justesse et séduction, est un souffle chaud et rauque, celui d'une femme brisée, d'une amoureuse bafouée. Et puis elle est lucide, amère, trompée mais demeure cette enfant frondeuse, cette fille de vieux, comme elle dit, qui est destinée à finir folle et toute seule. Une ancienne orgueilleuse, aussi, qui trouva chez Fitzgerald une échappée belle à son destin de Belle du Sud, une estocade digne de l'effrontée qu'elle pensait être.

« Je l'aime tant, certaines fois. C'est comme vivre dans une sphère de lumière, une aura qui nous enrobe tous deux et se déplace avec nous. Dans ces instants-là, nous sommes éternels. » dit-elle. Ce livre est une autre cloche de détresse, un roman douloureux et mélancolique, dans lequel on s'y perd, par fascination ou par incompréhension.

Mercure de France - 188 pages - 15,00 €

L'avis de Flo  &&&  celui de Fashion, prêtresse des Happy Few  !

7 novembre 2007

Contes et légendes

 

banniere_lectures_de_miss_C

Poeata, le poisson, est la fille du roi des profondeurs, Temoana. Elle est amoureuse de Manuiti, un oiseau. Pour le royaume, cet amour est scandaleux et impossible. Et pour les deux protagonistes aussi, l'histoire s'annonce difficile. Leurs efforts pour se fondre dans l'élément de l'autre se solde d'échec en échec.

« Différents. Il leur arrivait pourtant d'être suffisamment ensemble pour prolonger les instants, et nul ne sait vraiment ce à quoi ils s'entraînaient silencieusement. »

Et puis, au coeur de la mer, vit une créature que personne n'a vue et qui chante.  « Et son chant, que seuls les coeurs purs entendent, guide les désespérés, les amoureux, les mal-aimés. » Meherio, ainsi s'appelle-t-elle, est la fille d'une anguille et d'une jeune fille. Ce n'est pas un monstre, c'est un être exceptionnel, doué d'une grande lucidité et qui va rassurer Poeata par ses chansons et ses paroles.

« La terre, la mer et les cieux sont peuplés d'êtres différents. C'est le mélange entre eux, les amours clandestines qui ont permis cette force. Si tu t'allies à quelqu'un qui te ressemble, tu seras heureuse. Mais si tu choisis un partenaire différent, tu seras obligée de t'enrichir en ouvrant les yeux plus grands pour le comprendre. »

Des amours d'un poisson et d'un oiseau va naître un enfant ... Marara. Celui qui réunit les peuples de la mer et des cieux, « un nouvel être, une nouvelle histoire qui commence et peut s'appuyer sur deux cultures pour créer la tienne. »

marara

Cette histoire est une légende tahitienne racontée avec poésie et sensibilité par Roxane Marie Galliez, en souvenir de ses voyages dans les îles du Pacifique. C'est en quelque sorte l'apanage de la tolérance, du métissage et des amours extraordinaires, de celles qui s'échappent des cases et des définitions. L'histoire a une résonnance  « conte philosophique » adoucie par les illustrations de Sandrine Lhomme (ambiance maritime, couleurs qui en rappellent les nuances, et beaucoup d'imagination pour tracer le royaume des fonds marins...).

Cette plongée au fond des océans saura bercer les plus rêveurs d'entre nous !

Marara, un amour de plumes et d'eau - écrit par Roxane Marie Galliez - illustrations Sandrine Lhomme. Editions Balivernes - 32 pages.  12,00 €

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Retrouvons à la plume Roxane Marie Galliez pour ce sublime album  « Le murmure des Dieux » où Cathy Delanssay exerce à nouveau et avec une incroyable virtuosité son art du pinceau (déjà beaucoup admiré dans  « A l'orée des fées » par exemple).

le_murmure_des_dieux

Cette lecture continuera de vous enchanter et conviera petits et grands à visiter d'autres contes et légendes à travers le temps et à travers le monde. Ce sont des dieux et déesses du monde entier dont les histoires, les cultures et les mythologies expliquent à leur façon l'origine du monde.

On y croise donc Thor le Nordique, Huitzilopochtli ou Marishi-Ten, la protectrice des samouraïs. Les Divinités de l'amour comme Parvati et Shiva, les âmes soeurs de l'Inde, Vénus la belle ou Oshun l'africaine. Quelques simples mortels devenus légendaires et l'égal des dieux eux-mêmes...

Le livre s'ouvre sur la prière aux Muses, puis se décompose en quatre parties : La création du monde, La guerre, L'amour et les Héros. Cela commence par Waagal, le temps du rêve aborigène, et cela s'évanouira par Héraclès, le chevalier grec - avant la prière à Ganesh, l'hindou.

La lecture est complète, éblouissante et irradie de beauté, de poésie et d'intelligence.

Pour ceux qui ne jurent que par Rebecca Dautremer (au talent incontestable) n'hésitez pas désormais à vous pencher vers la virtuose Cathy Delanssay. Ses illustrations sont importantes pour peaufiner le charme de ce livre, tant elles sont en parfaite harmonie avec le texte. Le mélange est jubilatoire !

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J'avais parlé du livre A l'orée des fées .

Et ces dames ont chacune un blog ! Celui de Roxane Marie : http://roxanemariegalliez.over-blog.com/  & celui de Cathy  « la goutte de rosée » : http://lagouttederosee.blogspot.com/

(Le lien direct pour ce livre est ici !)

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Et je vous livre un extrait (délicieux) parmi tant d'autres !!!!

« Cette histoire-là vient de l'Irlande, elle est parfumée du souffle des trèfles, elle concerne le mystère des elfes, de ceux que l'on ne voit pas. Vous connaissez les fées et les magies, mais vous a-t-on déjà parlé des Bansidhs ? Peu d'hommes peuvent se vanter d'en avoir rencontré.

Femme, sorcière, messagère ou guérisseuse, la Bansidh est une divinité dont il faut se méfier. Bran, fils de Feoal pourrait en témoigner. Il était à la noce avec ses compagnons : chants, danses, rires et ripailles... Il percevait un son au milieu de la joie, quelque chose de faible et pourtant si pur, une mélopée, un frisson d'éternité.

Bran se lève et cherche ce qui caresse son oreille. Est-ce le Vent ? Dis, est-ce le vent, Bran, que tu entends ? Le chant vient de l'Océan. Alors Bran s'en va et ses hommes le suivent car il est de ces rois qui découvrent le monde et ne s'en satisfont pas. Bran s'en va et son bateau chargé de guerriers se laisse guider par une voix que seul Bran perçoit. Oui, seul Bran entend cette voix... »   (à suivre !)

Bon, encore un tout petit peu pour les plus sages qui lisent ces lignes ... 

 

« Connais-tu l'Egypte et ses hautes pyramides ? Connais-tu le Nil, Thèbes et Memphis ? Et parmi toutes les divinités, connais-tu Isis ?

C'est une magicienne capable de se métamorphoser. Son mari Osiris était le roi d'Egypte mais son frère Seth, jaloux, préparait son crime. Pour prendre le pouvoir et perdre Osiris, Seth l'enferma dans un coffre et le jeta dans le Nil. Isis le cherche, Isis court.  Où est Osiris ? Où est l'époux d'Isis ? »  ...

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« Regardez-la, née de l'écume, regardez-la, Belle Divine. Fermez les yeux un instant et laissez-vous bercer par le ressac et le vent.

Vénus porte à ses cheveux des coquillages pour parures, ses pieds délicats glissent sur l'onde pure et ses cheveux si longs couvrent un corps nu que les alizés osent à peine caresser.

Regardez-la, née de l'écume, elle porte l'amour dans ses yeux, le printemps dans son rire chaleureux.

Les sirènes et les tritons arrêtent de jouer pour la laisser passer, et Poseidon lui-même oublie un instant la mer et ses baisers.

Belle Vénus, Amour et Beauté, est-ce ton sourire, les plis de ton cou ? Belle Vénus, est-ce ta cambrure ou tes gestes si doux ? Aucune déesse n'est plus belle que toi et Pâris ne s'y trompera pas. Quand le joli berger devra choisir une divinité, c'est à toi qu'il remettra la pomme dédicacée : A la plus belle...  »

Le reste se cache dans le livre ! ... La chasse aux pépites est ouverte !

Le Murmure des Dieux - Roxane Marie Galliez (texte) & Cathy Delanssay (illustrations) - Balivernes.  72 pages.  15,00 €

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6 novembre 2007

Court, noir, sans sucre - Emmanuelle Urien

court_noir_sans_sucre_2Ce n'était pas une surprise pour moi, lire Emmanuelle Urien après avoir déjà découvert son récent livre "La collecte des monstres" était une continuité depuis ma grande satisfaction de son univers noir, cynique et tout de même délicieux (pour ne pas dire, jouissif) !

Sa signature est de parvenir à lâcher le coup de guillotine en fin de nouvelle, même si généralement la chute est sans surprise et attendue. Cela reste étonnament scotchant, époustouflant et cela vous tire des hoquets d'angoisse et d'horreur. Bah oui ! la demoiselle ne fait pas la fine bouche, elle vous triture votre conscience et votre âme en paix sans vergogne. Avec ses petites histoires qui ne font de mal à personne, en toute apparence, l'auteur parvient insidieusement à créer le doute, à révéler la laideur mais sans jamais soulever des bouffées d'aversion.

C'est vicieux, distillé en 13 nouvelles plutôt courtes. C'est tranchant, indécrottablement noir et vraiment sans sucre ! Le petit goût d'amertume qui se glisse hors des lignes de ce livre est imperceptible, piquant mais indolore ! Serait-ce alors de l'insensibilité, du sadisme et l'attirance vers l'innommable ? Oh non, c'est juste la reconnaissance d'un talent hors pair, d'une griffe nette et assassine. C'est un mélange d'humour grinçant, de cynisme et de cruauté bien placée. Cela peut déranger, mais ce serait bien dommage de se passer de cette touche qui ne fait pas dans la dentelle !

Commencez donc par ce livre, "Court, noir, sans sucre", avant de vous jeter sur "La collecte des monstres" (qui reste, pour moi, meilleur et plus vif que celui-ci !). C'est dire le potentiel de la jeune demoiselle ! ... A suivre.

court_noir_sans_sucreL'être minuscule, 118 pages.  11 €

www.letreminuscule.com

Prix de la Nouvelle du Scribe

Place aux Nouvelles - Lauzerte 2006

www.emmanuelle-urien.org

Ceci est un livre-voyageur ... Pour vous inscrire, sonnez la cloche chez Fashion Victim !

D'autres lectures (Flo, Jo Ann, Cathulu)

Le lien de Fashion : http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/10/07/contes-cruels.html

5 novembre 2007

Retourne à la vraie vie, Moldue Mordue !

Bah voilà, c'est fini ! Harry Potter vient de me lâcher la main, de me quitter, après 809 pages d'aventures qui ont mis mes nerfs à rude épreuve. Je pensais sortir de cette lecture effondrée, complètement liquifiée et puis non ! Je me sens heureuse et ravie ! (alors cela ne détermine pas l'orientation du bouquin et la façon dont il se termine, c'est juste ce que tout ceci m'inspire,  maintenant que c'est fini !...)  Ce n'est pas un sentiment d'abandon, se dire que ça y est, l'univers créé par JK Rowling vient de fermer ses portes, qu'il ne nous reste plus que des bribes, des souvenirs, bons et douloureux, et qu'il faudra se contenter des miettes désormais. Bah non, étonnament je me sens en paix ! 

** aucune spoiler ne sera dévoilé !!!! **

Harry_potter_7

Je fais donc partie des nombreux lecteurs complètement mordus de la saga Harry Potter. Moi aussi j'ai imaginé des tas de suppositions, j'ai craint pour la vie de untel ou de l'autre, j'ai refusé d'admettre l'impensable et je me suis ainsi longtemps demandé comment - mais, comment ! ? ! - allait se dépatouiller l'auteur avec sa fin de série. Pas facile, entre nous...

Parce qu'à bien lire et relire le début des aventures, les indices étaient probants : le destin de Harry est lié à celui de Vous-Savez-Qui, et donc ... Brrr ! Un face-à-face doit avoir lieu, les deux ennemis ne peuvent occuper l'un et l'autre le même territoire, imaginez donc : le bien contre le mal. Non, il faut trancher. Et il faut bien admettre que depuis quelques tomes, l'avenir était assez sombre pour l'Ordre du Phénix et l'armée de Dumbledore. Le Seigneur des Ténèbres étend son pouvoir sur le ministère, sur la banque des Gringotts et même sur Poudlard ! Harry est pourchassé, ciblé comme l'Indésirable selon les uns (et le Survivant, par les autres !).

Et depuis la fin du tome 6, Harry Potter est investi d'une mission secrète qu'il va décider de mener à son terme en compagnie de ses fidèles Hermione et Ron. Mais nul autre ne doit être tenu au courant du propos de cette quête ! Ainsi, ce tome 7 continue de s'enfoncer dans la tonalité déjà éprouvée depuis la fin du tome 4 (La Coupe de feu) avec une ambiance lourde, flippante, tantôt capturée par les doutes et les questionnements et aussitôt saisie par les rebondissements, les scènes d'affrontements avec les Mangemorts. Tandis que les partisans du Mal accomplissent leurs méfaits avec arrogance, la résistance peine à s'organiser depuis le départ de Harry, forcé de se cacher pour poursuivre sa propre mission ordonnée par Dumbledore.

Mais c'est justement l'heure propice pour les détracteurs de salir l'image de l'ancien directeur de Poudlard en répandant dans la presse et un livre à scandale les pires horreurs sur le personnage, son passé et les erreurs commises par celui-ci. Tout ceci fait que Harry perd de plus en plus confiance en lui-même et se demande s'il n'est pas qu'une marionnette entre les mains de l'homme qu'il vénérait ! Et tout lecteur passionné que l'on est, on se dit que "aïe, aïe" le moindre voile d'incertitude est la porte ouverte aux cauchemars et à l'Ennemi.

Je ne pense pas en dire davantage, c'est tellement dense et touffu qu'il ne faut pas dénaturer ce gros pavé en tirant quelques morceaux. Cela sortirait de son contexte et cela deviendrait tout à fait dangereux. J'ai tellement veillé à ne pas saisir la moindre fuite sur ce dernier tome (j'avais hélas lu LA révélation du tome 6 par mégarde !!!). C'est pourquoi je vais respecter la même ligne de conduite.

Je crois que, selon ses attentes, tout lecteur sortira de ce tome 7 avec un sentiment de bien-être ou de frustration. De toute façon, c'est BIEN ! Comme d'habitude ce dernier livre montre une grande intelligence, véhicule des valeurs honorables, fait sursauter et trembler du début à la fin. Beaucoup d'émotion aussi, mais moins de larmes que prévu ! Enfin bref, il est à l'image de ce qu'on espère. La série avait débuté dans un esprit bon-enfant et se termine en apothéose. Jamais la tension ne faiblit, jamais les personnages ne déçoivent, jamais l'auteur ne pêche ou ne tombe dans la facilité - c'est la dernière ligne droite, celle de toutes les divulgations, tous les éclats et tous les dangers ! C'est LA FIN !  (retourne à ta vraie vie de Moldue Mordue !!!! ;o) )

Et comme d'autres, je pense maintenant à l'avenir de JK Rowling. Comment se reconstruire une autre 'vie' sans Harry ???

Harry Potter et les Reliques de la Mort (tome 7) - JK Rowling - Gallimard jeunesse. 809 pages -  26.50 €

4 novembre 2007

Le silence de la mer ~ Vercors

Le Silence de la mer

Après la diffusion du très réussi téléfilm sur France2, j'ai voulu lire le texte auquel il se référençait : "Le silence de la mer". Ce récit est particulièrement réussi, très touchant. Il met en scène un oncle âgé et sa nièce qui doivent loger un officier allemand, Werner von Ebrennac. Tous deux opèrent une résistance passive, teintée de silence profond et lourd, face aux tentatives d'approche de l'allemand. Celui-ci se révèle francophile, musicien aguerri, et porteur de l'espoir insensé d'une alliance possible entre la France et l'Allemagne. Hélas, les croyances de l'officier seront brusquement bafouées et le forceront à partir vers d'autres missions, le cœur meurtri. Entre-temps, il passera maintes soirées à se réchauffer au coin du feu, à monologuer sur son amour pour la culture française et le rêve d'être aimé un jour par une femme "digne et silencieuse". L'oncle est le narrateur-témoin de ce récit. On sent de sa part une tentative d'apprécier l'être humain au-delà de l'homme en uniforme, il porte sur sa nièce un regard parfois agacé face à son entêtement silencieux et fébrile. Vercors, dans ce remarquable récit, brode beaucoup autour du silence et montre ainsi le poids des non-dits et leur impact foudroyant.
Ce livre regroupe également d'autres récits de qualité mineure, si ce n'est "Ce jour-là", l'histoire d'un père et de son jeune fils, d'un pot de géranium sur le chassis d'une fenêtre et d'un enfant qu'on abandonne chez une vieille femme. L'ensemble des récits tourne autour de la guerre, du combat, des espoirs déçus, de la trahison et des sacrifices d'hommes et de femmes pour une juste cause. Tous ont été rédigés durant les années 40, pendant l'occupation allemande, alors que Vercors créait avec Pierre de Lescure les Editions de Minuit qui regroupaient les volumes d'écrivains représentant la résistance.
"Le silence de la mer" est à lui seul un texte d'une beauté sans égale.

lu en novembre 2004

Le Livre de Poche

216 pages - Date de parution: 01/01/1967
Editeur d'origine: 
Albin Michel

Le Silence de la mer est un téléfilm franco-belge réalisé par Pierre Boutron, sorti en 2004, adaption des nouvelles de Vercors : Le Silence de la mer et Ce jour-là. Il a été récompensé de trois prix au Festival de la fiction TV de Saint-Tropez en 2004 : meilleur téléfilm, meilleure interprétation féminine pour Julie Delarme et meilleure musique pour Jean-Claude Nachon et Angélique Nachon.

3 novembre 2007

... les filles électriques ...

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2 novembre 2007

H - 3 !!!!

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