Difficile de flâner au sein de la communauté des lecteurs sans passer à côté de ce phénomène ! Entre Sarah J. Maas, Jennifer L. Armentrout et Holly Black, le terrain est miné. Et il faut se blinder pour résister. Moi, je n'ai pas pu lutter. Trop intriguée par les échos de la foule en liesse. J'ai fini par céder, de bonne grâce.

Le Prince cruel

J’ai été élevée par l’homme qui a assassiné mes parents, sur une terre peuplée de monstres. Je vis avec cette peur, elle a pris racine en moi, et je m’efforce de l’ignorer.

Jude n'avait que sept ans lorsqu'elle a assisté à l'assassinat de ses parents avant d'être enlevée avec ses sœurs du monde des mortels pour vivre parmi les Faes. Malgré la protection de son beau-père, elle va grandir en détestant la peur qu'elle ressent de vivre entourée par des créatures sadiques et cruelles. Elle va donc s'adapter en se perfectionnant dans le jeu de l'escrime, le poids des mots et l'art du faux-semblant. Son pire ennemi s'appelle Cardan. C'est un prince héritier de la Couronne. D'une grande beauté mais terriblement dédaigneux, il se moque du pouvoir et entraîne sa clique à persécuter les plus faibles. Jude pourrait être une proie idéale, seulement elle va leur tenir tête et les défier à leurs propres ruses.

Cette relation entre le prince et Jude n'est pourtant pas le cœur du roman. En fait, ce premier tome met en place l'univers de la faerie avec ses complots politiques, ses ambitions dévorantes et ses retentissements. Qu'on ne me vende pas un truc romantique et glamour, c'est faux. En plus, les personnages sont froids, distants, menteurs ou lâches. Tout le monde se déteste ou se manipule. Il n'y a pas un soupçon de pureté derrière cette façade. Tous sublimes d'extérieur, mais viscéralement affreux et insensibles. Chapeau bas pour ce cocktail d'émotions contradictoires qu'on vit au fil des chapitres ! 
L'ambiance est douce-amère, l'action se déploie lentement, les personnages ne sont pas attachants, et pourtant on s'accroche, on veut connaître la suite, on a besoin de savoir.

– Dis-moi, pourrais-tu m’aimer ? demande-t-il à brûle-pourpoint. – Bien sûr ! J’éclate de rire, sans savoir si c’est la réponse que j’étais censée donner. Mais la question est si bizarrement formulée que je peux difficilement dire non. J’aime l’assassin de mes parents, alors je dois être capable d’aimer n’importe qui.

Suis déjà en pleine communion avec Le Roi maléfique. Tchüss !

Rageot Editeur, Septembre 2020 pour la traduction. Traduit par Leslie Damant-Jeandel 

⭐⭐⭐⭐⭐

– Avant tout, je te déteste parce que je pense à toi. Souvent. Ça me dégoûte, et je ne peux pas m’en empêcher.