05/05/19

Au petit bonheur la chance, d'Aurélie Valognes

Au petit bonheur la chanceLorsque Jean débarque pour vivre chez sa grand-mère Lucette, à seulement six ans, c'est rude d'être séparé de sa mère. Granville, c'est le bout du monde. Il faudra une éternité avant leurs retrouvailles.
Chez sa mémé, le garçon apprend d'abord à compter les saisons puis s'adapte aux nouveaux rendez-vous : la messe, le tricot, le potager, les vacances avec les cousins, le maître d'école, les lignes à copier, le copain facteur, les cartes de Paris.
Les années passent. Entre le môme et sa mémé, se tisse également un attachement profond et sincère que les aléas du destin vont mettre à mal. Car Lucette vieillit et accuse des coups de fatigue. Il est temps pour Jean de reprendre place dans sa famille.
Coup de fil à la maman. Rencontre sur un quai de gare. Le garçon n'a toutefois plus les yeux remplis d'amour aveugle envers celle qui lui a donné naissance. La réalité s'impose à lui - sa vraie vie l'attend, en Normandie. Bref.
Au début, l'histoire m'a beaucoup plu. C'est frais, simple, adorable et innocent, un peu vintage aussi, avec ce goût de l'enfance dans les années 68-70. Très sympa, sans prétention. J'étais d'humeur guillerette à écouter cette jolie comédie... jusqu'à ce que ça vire au mélo et là, j'ai moins accroché. OK pour la tendresse et l'émotion, on en a toujours besoin, par contre ça sonne creux. C'est gentillet, lisse, complaisant. En fait, à part Mémé dans les orties, il me semble que les romans d'Aurélie Valognes se mélangent tous dans ma tête et ne me laissent aucun souvenir - oups.

La voix audio choisie est masculine - choix étonnant - on ne s'attend pas du tout à une voix grave pour raconter le parcours d'un enfant de six ans. D'un autre côté, Patrick Borg vient ainsi casser l'idée d'une lecture trop mielleuse.Tendez l'oreille, c'est aussi la voix de David Boreanaz (Seeley Booth ou Angel pour les amateurs). Résultat, j'ai bien aimé ce décalage même si le roman n'offre pas non plus une gymnatisque sensationnelle, tout juste une évasion vivifiante.

©2018 Mazarine (P)2019 Audiolib

 

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03/05/19

Il est grand temps de rallumer les étoiles, de Virginie Grimaldi

Il est grand temps de rallumer les étoilesAprès une série noire de lectures qui me filaient le bourdon, j'ai accueilli ce roman avec un sourire béat aux lèvres. Quel bien fou il apporte ! Son histoire est pourtant simple : une mère acculée par les dettes choisit de tout plaquer au volant d'un camping-car pour filer droit jusqu'au Pôle Nord. Ses deux filles râlent mais qu'importe... c'est désormais une question de survie.
Durant deux mois, Anna, Lily et Chloé vont vivre des aventures fabuleuses et miraculeuses. En compagnie d'un groupe de globe-trotteurs, elles vont parcourir la Scandinavie mais surtout crever l'abcès qui gangrène leur relation : une maman trop absente, un papa mis au piquet, une ado en quête d'amour et une autre en manque de confiance (qu'elle donne à son rat ou à son journal Marcel).
C'est drôle de les suivre et de participer à leur road-trip qui raconte aussi les hauts et les bas de la vie de famille, les secrets, les non-dits, les mensonges, les câlins, les coups de gueule, les désirs et les envies. Ça dit aussi qu'être maman à plein temps n'est jamais facile (on a le droit de se louper). Que les enfants grandissent trop vite et qu'ils n'ont pas toujours le bon mode d'emploi pour avancer sans trébucher. En tout cas, ça inspire un bonheur immense et ça invite à lâcher prise.
Parce que ce roman est léger, joyeux et bienveillant. Parce qu'il croit au destin et aux secondes chances. Parce qu'il arrondit les angles et fait grossir les yeux d'étonnement. Tout ça vaut bien 5 étoiles dans mon champ cosmique personnel. La version audio est de loin la formule crème fouettée du roman ! J'ai adoré la performance de Nathalie Hugo : on a l'intelligence, la tendresse, l'humour et la sensibilité. C'est parfait. On s'attache aux personnages, on voyage, on rit, on sourit, on s'esclaffe, on peste, on se dit ... quoi, non, pas possible, encore. Une lecture arrivée pile poil au bon moment.

©2018 Librairie Arthème Fayard (P)2019 Audiolib

 

02/05/19

Sadie, de Courtney Summers

sadie courtney summersÀ seulement 19 ans, Sadie Hunter n'a connu qu'une vie de misère : une mère alcoolique, des petits copains minables, une caravane en point de chute. 
Un jour, sa mère plaque tout et laisse à Sadie le soin de s'occuper de sa petite sœur. Mais les ennuis s'enchaînent et vont se solder sur la mort de Mattie. Nul ne sait ce qu'il s'est passé car Sadie a également disparu.
Un journaliste radio tente alors de faire la lumière sur ce drame et raconte par épisodes le mystère des filles de Cold Creek. Il retrace le parcours de Sadie, rencontre ses proches ou des témoins, téléphone à son chef en confiant son désarroi. Cette histoire est en effet bouleversante car elle est ponctuée de pointillés et de parenthèses qui vous laissent le cœur lourd et amer.
De son côté, Sadie traque un homme - son père - et ne s'estimera jamais en paix si ça n'aboutit pas. C'est surtout une nana fracassée qu'on découvre. Résignée sur son sort. On a peur pour elle car sa soif de vengeance sent le désespoir à plein nez.
C'est rude, pas franchement joyeux et toujours très vague à la fin. On ne sait pas qui, quoi, comment, pourquoi. On a juste une sensation de poids énorme dans l'estomac et on comprend le journaliste qui rechignait à se lancer dans un tel défi par crainte des révélations et autres réflexions à venir. C'est un roman très, très sombre. Vraiment gaffe à ne pas le confier aux âmes trop pures ou sensibles.

La Martinière J. (2019) - traduit par Marie-José Thériault

 

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01/05/19

Mon amie Adèle, de Sarah Pinborough

mon amie adelePouah pouah pouah. Quelle arnaque.
Je me souviens des avis dithyrambiques à la sortie du livre et de ma curiosité à découvrir ce phénomène. Quelques mois plus tard, je prends enfin connaissance du sujet : un homme et une femme se rencontrent dans un bar et échangent un baiser. 
Mais l'homme est marié. Il est aussi le nouveau patron de Louise. Son épouse Adèle devient son amie pour tromper sa solitude. Louise et David ont également une liaison dans le dos d'Adèle. De ce triangle amoureux, rien de bon ne peut en sortir. 
Évidemment on n'a pas tout lu ni eu connaissance de toutes les infos. Car Adèle n'est pas une victime. Elle fait de Louise sa complice, sa confidente. David devient un tyran dont on craint les réactions. Emballez c'est pesé. Sauf qu'on a encore tout faux !
En fait, ce roman s'amuse à raconter un peu n'importe quoi. Au fil des chapitres les versions n'ont de cesse de se renouveler. Manque de bol, tout ça m'a plutôt éreintée. 
Je n'ai pas été convaincue non plus par l'option prise par l'auteur pour boucler son roman. Là on atteint des sommets ! Je n'ai pas du tout adhéré. J'ai été agacée aussi par les personnages - la Louise qui fonce bille en tête et se mêle d'une affaire qui ne la regarde pas. Entre nous, c'est abusé et carrément tordu. D'où ma très grande déception. J'en espérais tellement...

©2017 Librairie Générale Française pour la traduction par Paul Benita. Titre VO : Behind her eyes (P)2019 Audiolib

Très bonne performance des trois lecteurs choisis par Audiolib pour incarner ce trio infernal : ambiance sombre et pesante pour thriller psychologique tendance malsaine et dérangeante... C'est du lourd !

 

30/04/19

Les voisins du 9, de Felicity Everett

Les voisins du 9Lorsqu'ils emménagent au numéro 9, Lou et Gavin fascinent leur voisine Sara. Artistes menant une vie bohème et tapageuse, ils ne connaissent ni la routine ni le conformisme. Leur maison ne désemplit jamais. C'est un va-et-vient constant de copains, de bonnes bouffes, de musique et d'alcool. La première fois qu'elle y met un pied, Sara ne sait plus si elle est horrifiée ou envoûtée.
Mais l'emprise a déjà opéré. Avec son mari Neil, les voilà entraînés dans ce raz-de-marée chaotique. À l'opposé de leur façon de vivre. La nouveauté a pour eux le goût de l'exotisme, de l'encanaillement. Ils vont ainsi retrouver une nouvelle intimité, lâcher prise avec l'éducation de leurs enfants et aussi abandonner leurs vieux amis. Ils reçoivent en plein de la poudre aux yeux et se sentent gratifiés d'être ainsi honorés.
Toutefois, nul n'est parfait. Des failles apparaissent - infimes mais pernicieuses. Comme le caractère narcissique de Lou, son charme à cajoler son entourage pour obtenir des faveurs. Quid de leur sincérité, leur spontanéité, leur snobisme ? Au-delà du paraître cool et branché, ne serait-ce point une mainmise sur l'autre, avec son pouvoir de séduire et d'exercer une ascendance sans avoir l'air d'y toucher ? Chi va piano, va sano. Sara sort enfin de sa torpeur.
On le sait, on le sent. Il y a de la tromperie dans l'air ! Malgré les dispositions apparentes, nulle propension au thriller psychologique n'est pourtant envisagée. Alors non, il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Oui, ça ronronne plus que ça grogne. L'histoire se déploie à travers les petits riens du quotidien et ça a du bon aussi. On zieute, on trépigne, on soupire. J'aurais certes voulu qu'une Némésis se révèle mais on s'en tiendra à un regard perdu dans le vide... #frustration

HarperCollins Poche (2019) - Traduit par Marie Lauzeral

Titre VO : The People At Number 9

 

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Bilan du mois d'Avril 2019 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Birthday Marilyn

 

En avril, il y a eu des anniversaires, des vacances, du soleil et des lectures sanglantes...

☼ Comme une tombe, de Peter James

☼ Le Piège du silence, de Rachel Abbott

☼ L'étranger dans la maison, de Shari Lapena

☼ La Dernière fille, de Riley Sager

☼ La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

☼ Elle, de Harriet Lane

☼ L'invitation, par Elizabeth Day

Nuit & Sœurs, de Bernard Minier

 

Et une lecture pleine de magie ! ♥

☼ Les Défis de Morrigane Crow : Nevermoor, de Jessica Townsend

 

♪♫•*¨*• Séries TV •*¨*•♫♪

 

Ce mois-ci, j'ai terminé la série BATES MOTEL (5 saisons). Diffusion 2013-2017

BATES MOTEL

Sensation d'avaler une enclume : on se souvient des premières saisons polluées par une ambiance très lourde et malsaine, d'abord parce qu'à White Pine Bay la ville est gangrénée par la corruption, la drogue et les règlements de compte internes. Norma y débarque avec son fils Norman où tous deux vont diriger un motel situé au bord d'une route très peu fréquentée. Ses relations avec le shérif ne sont pas au beau fixe, mais Alex Romero va devenir un personnage important pour Norma, quitte à déséquilibrer la relation qu'elle entretient avec son fils. Norman a grandi de cet amour exclusif. Il sort tout juste de l'adolescence quand il réalise qu'il souffre de troubles de la personnalité - que Norma va refuser d'admettre. Et là, il faut saluer la prouesse de Freddie Highmore qui se confond au personnage de Norman Bates avec un naturel désarmant. Plus d'une fois, j'ai haï ce garçon car il incarnait la folie, la terreur, l'angoisse, la pathologie... Il est flippant. Un véritable psychopathe.

On n'oublie pas non plus l'histoire poignante et dramatique. On connaît les grandes lignes, mais c'est toujours une surprise de redécouvrir la lecture qui en est faite - inspiration d'après le personnage du film de Hitchcock mais aussi du roman de Robert Bloch. Plus les saisons s'enchaînent, plus le climat vire au glauque. Au cauchemar. Bref. C'est effrayant, déprimant et malgré tout fascinant. Surprise du casting : Rihanna se glisse dans la peau de Marion Crane pour un tour de passe-passe épatant. Même la scène de douche est revisitée - chapeau !

 

Loin du tumulte de GAME OF THRONES (dernière saison en cours #tapage médiatique assommant), je retrouve donc ma PHRYNE FISHER préférée en replongeant dans la série en 3 saisons. Diffusion 2012-2015

Miss Fisher murder mysteries

Cette série inspirée d'après les romans de Kerry Greenwood est un étourdissement de fanfreluches et de champagne dans une Australie des années 20 où Miss Fisher vient de déposer ses nombreuses malles. Véritable touche-à-tout, elle se lance dans une carrière d'enquêtrice et n'hésite pas à empiéter sur le terrain de l'inspecteur Robinson qui ne cache pas son exaspération. Leurs bisbilles sont délicieuses et charmantes, annonçant une complicité plus tendre et (presque) amoureuse au fil des épisodes.

Hélas, la série s'est mise en arrêt depuis le départ de son actrice fétiche - Essie Davis s'est installée en Angleterre et a tourné pour GOT notamment. C'est un coup dur pour les amoureux de Miss Fisher dont les enquêtes pleines de peps offraient également un défilé de toilettes à faire baver d'envie... Depuis, les producteurs ont lancé une série spin-off se déroulant dans les années 60 avec une Peregrine Fisher en tête d'affiche.

Image associée

 

Autre frustration de lectrice, la série n'a jamais été traduite dans son intégralité (5 titres chez 10-18, 2 chez City éditions pour un total de 17 romans en VO). Soupirs.

 

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29/04/19

Avalanche Hôtel, de Niko Tackian

Avalanche HôtelLe roman ne commence pas de façon très originale : un type se réveille la mémoire en vrac. Il croit travailler dans un hôtel luxueux puis découvre qu'il est policier et enquête sur la disparition d'une jeune fille. Ceci explique sans doute pourquoi il s'est perdu dans les montagnes enneigées, sauvé in extremis par un bon samaritain.
Enfin. Tout n'est pas clair dans cette histoire. Les première pistes nous laissent à penser une version et l'instant d'après d'autres révélations nous guident vers de nouveaux sentiers. Il faut croire que l'auteur manipule exprès le lecteur avec son personnage amnésique qui confond souvenirs enfouis et divagations oniriques. Sauf que...
On part loin, très loin dans un imbroglio pas possible. Où la vérité est ailleurs. Oubliez néanmoins Fox MulderJack Torrance ou même Jason Bourne. Joshua Auberson est un type ordinaire, semblant souffrir de troubles psychiques, lesquels vont l'entraîner dans une expérience bizarre mais pénible à suivre. La frontière entre rêve et réalité est d'ailleurs très mince - on bascule aussi entre présent et passé - mais on reste dans un brouillard sans fin et impénétrable.
Ce n'est pas facile d'apprécier un tel voyage. Quand bien même ça se lit rapidement, le rythme n'est étonnamment pas si vif et trépidant. Au contraire, j'ai trouvé que c'était plat, agrémenté d'un zeste de suspense, hélas peu croustillant au vu des attentes.
D'où une frustration au final - cette lecture ne m'a pas semblé aussi aboutie qu'un Vertige de Thilliez, voire L'Anneau de Moebius. Et puis l'ambiance devient de plus en plus lugubre et moins fantasmagorique en bout de course. Cela me laisse sceptique. À noter que la performance d'Olivier Chauvel, lecteur pour Audiolib, est excellente ! On ressent pleinement le mystère des lieux et les tourments du personnage, on a la sensation d'une immersion totale, dans le froid, le flou, la psychose... c'est glaçant.

©2019 Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

 

 

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Sœurs, de Bernard Minier

Sœurs Bernard MinierEn 1993, Martin Servaz débutait dans la police criminelle avec une affaire particulièrement corsée : deux frangines assassinées, attachées à des troncs d'arbres dans des tenues de communiantes. Comme elles idolâtraient un écrivain célèbre, les inspecteurs vont le prendre pour cible - interrogatoire musclé etc. - mais un événement inattendu va boucler le dossier précipitamment.
Vingt-cinq ans plus tard, l'épouse de cet écrivain est assassinée. Servaz est de nouveau sur le coup et retrouve un homme brisé. Encore une fois, l'enquête démontre que la fiction empiète le réel. Que cet homme cristallise de nombreux fantasmes. Au flic de tout démêler sans trop se perdre dans ce marasme.
Après ma lecture hallucinée de Nuit, il me fallait reprendre du service au plus vite. Si je n'ai pas lu Soeurs avec la même intensité ou la même fringale, je n'en sors pas mécontente non plus. Cette lecture n'est en effet pas avare en crimes tordus et autres rebondissements saisissants. En prime, elle offre une confrontation implacable entre deux personnalités pour le moins biaisées. Servaz qui revient de l'enfer, Lang qui flirte avec... On a aussi une orchestration millimétrée - aucun détail superficiel - et une histoire qui déroule son fil dans une ambiance pesante et dramatique.
Franchement, on a les synapses en surchauffe tant la manipulation est étudiée magistralement. On se surprend à relâcher la pression après le point final, réalisant alors qu'on n'en menait pas large ! Par contre, les personnages ne me touchent pas. Et apparemment, Servaz tire sa révérence dans cet épisode. Bon vent à lui ! Que voulez-vous...
Je n'oublierai pas de sitôt ce roman au caractère obsédant et qui se penche sur le milieu des écrivains, leur inspiration et leur public parfois trop envahissant. Bon point aussi pour la lecture audio faite par Hugues Martel !

©2018 XO éditions (P)2018 Audiolib

        REPRIS EN POCHE CHEZ POCKET (2019)

        

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28/04/19

La Dernière Nuit à Tremore Beach, de Mikel Santiago

la derniere nuit à tremore beachJ'ai adoré l'ambiance de ce roman carte-postale : une maison isolée sur une plage irlandaise. Clenhburran, comté de Donegal. La pluie, le vent, l'orage... c'est somptueux.
Un homme vit seul, en retraite forcée après un divorce douloureux et une carrière en souffrance - il est pianiste de renommée internationale. Peter n'est plus capable de composer et boit trop. Un soir de tempête, en se rendant chez ses voisins, il est victime d'un accident et est frappé par la foudre. Hospitalisé en urgence, il ressort quasi indemne mais souffre de migraines atroces.

Les jours passant, la douleur peine à s'effacer et Peter constate qu'il fait de de plus en plus de rêves étranges, paranoïaques ou prémonitoires, en fait notre homme est convaincu que ses amis vont mourir. Impossible pour lui d'expliquer ce phénomène. La médecine aussi est impuissante. Et ça tourne en boucle comme de la paranoïa aiguë ou une grosse crise hallucinatoire. On nage en plein délire.
Résultat, on trépigne d'envie de savoir ce qui se trame car la narration est lente et longue. Certes, elle fait traîner le suspense et entretient savamment un flou artistique sur les rêves de Peter. Mais c'est parfois un peu trop disparate - heureusement que le décor est magnifique, ça fait passer le temps - aussi on pardonne tous les petits défauts de ce roman chaotique à ses heures perdues. Le dénouement est d'ailleurs explosif - d'un seul coup, sans prévenir. On a un enchaînement intense et vibrant... mais est-ce un rêve ou la réalité ?
En tout cas, le dépaysement a été appréciable. Je me sentais ailleurs durant ma lecture. Complètement transportée.

Roman traduit de l'espagnol par Delphine Valentin (Actes Sud, 2016 pour la traduction)

Repris en poche BABEL NOIR (2018)

 

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26/04/19

Elle, de Harriet Lane

Elle Harriet LaneC'est en rangeant ma bibliothèque que j'ai mis la main sur ce livre. Me souvenant avoir beaucoup aimé Le beau monde, j'ai commencé à picorer quelques phrases sans supposer que j'allais finalement tout engloutir en quelques heures.
Emma est une maman débordée par ses deux jeunes enfants. Un jour, en postant son courrier, elle paume son portefeuille qu'une inconnue lui rapporte à la maison. Cette femme prétend agir de façon désintéressée et bienveillante. Nina est artiste peintre, divorcée, mère d'une adolescente de 17 ans. Elle n'hésite pas à proposer son aide pour soulager Emma dans son quotidien bordélique.
Ce que celle-ci ignore, c'est que Nina a tout orchestré du début à la fin. Elle joue un rôle malsain dans la vie d'Emma qui ne soupçonne vraiment rien. Ou quand elle s'interroge, elle est encore à côté de la plaque. Il faut dire que l'influence de Nina est fugace mais elle s'infiltre efficacement dans les moindres recoins. Emma est pour elle une cible. Sa cible. Pourquoi ? On n'a de cesse de se poser la question tout au long du roman.
L'ambiance du livre m'a fait penser au film de Jacques Deray (La Piscine) au cours duquel Jane Birkin flirte avec le danger sous les yeux d'une Romy Schneider impuissante. Il y a ici la même impression de torpeur qui ne trompe personne car le drame est tapi dans l'ombre et attend son heure pour nous sauter en pleine figure.
C'est fascinant. On succombe sans mal à l'aura indolente du roman, on reste aux aguets en devinant que tout est faussement anodin, on découvre une relation obsessionnelle qui fait carburer l'imagination sur le comment tout ça va finir. La résolution est par ailleurs angoissante - déchirante - et tellement frustrante ! Harriet Lane écrit de façon remarquable et très poétique mais on ne se figure pas l'horreur que masque son récit.
Quelle prouesse ! C'est excellent.

Éditions Plon - collection Feux Croisés - 2015

Traduit par Séverine Quelet

 

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