24/07/18

En poche ! À sa place, d'Ann Morgan

à sa place ann morgan

Helen et Ellie sont sœurs jumelles. Elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau, mais ont des tempéraments opposés. C'est toujours Helen qui mène la danse et qui embarque Ellie dans son imagination foisonnante. Un jour, elle décide de tromper leur mère et d'inverser leurs rôles. Helen devient Ellie, et vice versa. Seulement, à la fin de la journée, Ellie refuse de reprendre sa place et laisse sa sœur pédaler dans la semoule pour prouver le contraire. Leur mère, obnubilée par sa nouvelle relation sentimentale, n'y voit que du feu et envoie balader les fillettes dans leur chambre. Le temps passe, Ellie a embobiné tout le monde, même les copines d'Helen lui tournent le dos. Celle-ci est en train de basculer dans le terrier du lapin blanc en une lente et longue chute vertigineuse. C'est un cauchemar qui se referme sur elle, car Ellie a toujours traîné une réputation d'enfant à problèmes. C'est donc à Helen de les gérer et d'en supporter le poids. Plus elle prétend ne pas être celle qu'on s'imagine, plus son entourage doute de sa santé mentale et la repousse en ne supportant pas ses accès de colère. La spirale infernale ne s'arrête plus, chamboulant également le lecteur ébahi. Comment une mauvaise blague a pu tourner au vinaigre ? Devenues adultes, les sœurs sont toujours les victimes de leur manège. Helen a sombré dans l'alcool, la drogue et la débauche. Elle vit dans un petit appartement insalubre et a coupé les ponts avec sa famille. Elle découvre, un jour, que sa sœur se trouve à l'hôpital dans le coma. Le mari de celle-ci a remué ciel et terre pour la retrouver et toque à sa porte, désespérément. L'heure de la vengeance a enfin sonné ? 

Avec une accroche aussi efficace, j'ai parcouru les premières pages du livre à une vitesse folle ! Je me sentais absorbée par cette démonstration de duperie et de pure divagation, sans aucune limite pour résorber le flux ou remettre le train sur les rails. Au contraire, le roman nous entraîne dans le déraillement complet d'une mascarade malsaine, sous couvert d'une complicité sourde et aberrante. C'est uniquement dans les dernières pages du livre qu'on se rend compte de l'énormité du subterfuge. En attendant, la guerre des nerfs est implacable. On assiste au naufrage familial avec effarement, on s'interroge, pourquoi et comment l'une part à la dérive sans que l'autre réagisse... Le scénario est franchement redoutable, car diabolique. Certaines scènes sont assez injustes et dures à encaisser, mais elles suivent une logique glaciale, laquelle découle de l'esprit retors de l'auteur. Pour un premier roman, l'effet est dévastateur ! C'est effroyable, et néanmoins fascinant.

Pocket (2018) - Traduit par Karine Lalechère pour les éditions Presses de la Cité

 

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10/07/18

En poche ! Emporter nos rêves, de Vanessa Diffenbaugh

emporter nos reves

Letty a toujours fui ses responsabilités de maman, laissant à ses parents le soin d'élever ses deux enfants, Alex, quinze ans, et Luna, six ans. Mais lorsqu'ils décident de rentrer au Mexique couler une retraite paisible, Letty doit soudainement renoncer à ses vieilles habitudes - adieu les soirées alcoolisées, à s'oublier dans des étreintes sans lendemain, Letty doit désormais penser à nourrir ses enfants, s'assurer qu'ils sont en sécurité quand elle part au boulot et envisager pour eux un meilleur avenir. Serveuse dans un restaurant, situé dans un aéroport, elle ressasse avec amertume son parcours chaotique, entre rendez-vous loupés et mauvaises décisions prises. Comme ne jamais avouer sa grossesse au père de son fils, Wes Riley, voulant remettre à plus tard l'annonce et reculant toujours plus loin l'échéance. Quinze ans plus tard, Letty ignore que son garçon a finalement retrouvé sa trace et rôde autour de sa maison. L'heure de la raison a donc sonné pour la jeune femme, qui décide de changer son fils de lycée pour réussir dans ses études... Mais Alex aimerait sauver sa petite copine, Yesenia, contre la violence de son école et la menace d'être expulsée - la jeune fille vit en situation illégale sur le sol américain -  quitte à prendre des risques insensés. Pour Letty et sa famille, la paix des ménages n'est pas encore au coin de la rue !

J'ai été agréablement surprise par cette lecture, entamée sans attente précise, me fiant simplement au nom de l'auteur et à la promesse d'un rendez-vous de douceur et d'émotion. Le contrat a été pleinement rempli - on suit l'histoire d'une jeune femme paumée, qui va remettre sa vie sur les rails et entraîner ses proches dans ce grand élan d'espoir et d'optimisme. On lit tout ça avec beaucoup de complaisance et d'attendrissement. Les personnages sont en effet attachants, cabossés, écorchés mais vrais. Leur histoire s'écrit en toute simplicité, sans pathos, sans sentimentalisme exacerbé. C'est une belle leçon d'abnégation, riche en tendresse et pleine d'espérance. Un joli roman sur la poursuite du bonheur coûte que coûte.

Pocket (2018) - traduit par Isabelle Chapman

 

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En poche ! Tu avais promis que tu vivrais pour moi, de Carène Ponte

TU AS PROMIS QUE TU VIVRAIS POUR MOI

Inconsolable depuis la mort de Marie, sa meilleure amie depuis l'enfance, Molly a la surprise de recevoir un mystérieux paquet contenant douze lettres à découvrir mois après mois. Une façon pour la défunte de motiver notre héroïne à se lancer de nouveaux défis et vivre enfin la vie qu'elle mérite. Pour l'heure, Molly est serveuse à Paris et vit avec Germain, un gentil garçon, adorable et prévenant... mais tellement plat et ennuyeux. Pas vraiment le candidat idéal aux yeux de Marie qui a toujours rêvé d'un John pour son amie. Sur une idée de la disparue, Molly part donc en weekend à Grenoble pour s'initier au ski. Sur place, elle répond spontanément à une annonce, devient prof de danse et plaque tout pour s'installer dans les montagnes. Sa décision en effraie plus d'un - sa mère, son amie Viviane, son fiancé - mais Molly a désormais la certitude d'être à un tournant de sa vie. 

Ce court roman est efficace par son rythme, son effervescence, son dynamisme et son optimisme à toutes épreuves. C'est plein d'espoir et d'entrain là-dedans, le tout laisse peu de place à l'atermoiement. C'est aussi réconfortant et chaleureux et ça fait un bien fou. On se passionne vite à suivre Molly dans ses prises de risque, à suivre son audace et à partager sa bonne humeur. Concrètement, il règne une ambiance guillerette non dénuée de charme et de légèreté... même si le propos demeure trop succinct et artificiel, avec de nombreuses scènes surjouées (la romance en tête) et une sensation de situations téléphonées assez banales. L'histoire met finalement à l'honneur l'amitié féminine, la belle communion des âmes fragilisées, leur souffle conjoint à affronter les aléas de la vie et se construire un nouveau destin. À envisager, donc, comme une lecture digestive, sans prétention. Ses effets bienfaisants sont certes avérés.

Tu avais promis que tu vivrais pour moi, de Carène Ponte

Pocket (2018)

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07/06/18

En poche ! Ma vie (pas si) parfaite, de Sophie Kinsella / Rendez-vous au cupcake café, de Jenny Colgan

☆☆☆ Retrouvez chez POCKET deux lectures savoureuses (légères & drôles) pour accompagner ce mois anglais ☆☆☆

ma vie pas si parfaite

 

Katie a toujours rêvé de Londres, quitter sa campagne du Somerset pour mener la vie trépidante d'une citadine branchée, courant après le temps, alternant les dîners chics, les bars à cocktails ou les derniers bistrots à la mode. En vrai, Katie loue une chambre minuscule dans un quartier éloigné du centre, elle économise chaque penny pour boucler ses fins de mois, elle galère tous les matins pour arriver à l'heure au boulot, se lisse les cheveux et porte des talons hauts qui lui donnent des ampoules aux pieds. Elle voue une admiration sans borne pour sa patronne, la divine Demeter Farlowe, qui incarne à ses yeux un modèle de réussite qu'elle souhaiterait reproduire. Hélas, celle-ci la vire sans mettre les formes. La pauvre Katie doit rentrer chez son père, en pleine création d'un glamping à la ferme. Le projet va étonnamment connaître un formidable essor. Les clients se bousculent, Katie oublie ses tracas mais ne désespère pas de retourner à Londres avec un nouveau contrat en poche. C'est là que Demeter, son ancienne patronne, arrive à Ansters Farm... en quête d'authenticité. Mais Katie songe déjà se venger. 

Le plan concocté pour assouvir sa vengeance va s'avérer cocasse et complètement dingue. On visualise chaque scène, on glousse et on applaudit des deux mains. C'est légèrement moqueur, même si l'histoire rappelle aussi que la vie rêvée est un mythe absolu et que la vie réelle s'apprécie à sa juste valeur. On retrouve donc dans ce roman toute la fraîcheur de Sophie Kinsella, son style impayable et sa belle mécanique à nous embarquer dans une bonne comédie distrayante. On a une pure lecture de détente, avec une galerie de personnages sympathiques, une histoire sans grande surprise, mais où l'on s'y sent merveilleusement bien. On a aussi la sensation de se fondre dans le décor, de croiser des amis et de papoter en toute insouciance. En bref, c'est du Sophie Kinsella chaleureux, doux et réconfortant. #loveisallyouneed

 

Pocket, 2018 - Trad. Daphné Bernard {My Not So Perfect Life }

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rendez vous au cupcake café

 

Autre valeur sûre : Jenny Colgan !

Après avoir perdu son boulot et compris que sa liaison avec son patron était vouée à l'échec, Issy Randal décide de se tourner vers la pâtisserie, sa grande passion. Particulièrement experte en cupcakes, Issy réfléchit à la création d'un salon de thé en plein cœur de Londres. Très vite, elle parvient à s'entourer des bonnes âmes charitables pour l'épauler dans ce projet insensé. Tout va s'enchaîner miraculeusement. Issy fait fi des épreuves et voit son rêve devenir réalité en un clin d'œil. Le Cupcake Café ouvre ses portes, non sans l'aide de Pearl, une maman célibataire hyper dynamique, et du séduisant banquier, Austin, de plus en plus conquis par le charme de la jolie pâtissière, sans oublier les précieuses recettes de son grand-Pa à goûter sans complexe !

C'est une vraie promenade gourmande et chaleureuse qui est vendue aux lecteurs. Place aux espoirs fous, aux miracles et à la magie, ici tout sonne merveilleusement providentiel. Issy rencontre les bonnes personnes aux bons moments. Elle se relève de chaque coup dur avec brio et sourire. Elle semble vivre dans une petite bulle de bonheur et entourée de bienveillance. En bref, c'est une avalanche de sucre et de miel dans le monde des Bisounours. Mais je n'en attendais pas moins et j'ai été ravie de cette parenthèse enchantée. L'histoire est mignonne, les personnages sont tous attachants et forment une brigade de choc indispensable au bon déroulement de cette comédie. C'est onctueux, doux, fleur bleue. Alerte #feelgood droit devant. 

Pocket (2018) / Trad. Anne Rémond

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Mois anglais 2017 HildeMois anglais 2017 HildeMois anglais 2017 Hilde

#moisanglais_2018

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16/05/18

#En poche ! Chanson douce de Leïla Slimani

chanson douce folioLouise est engagée comme nounou pour soulager Myriam, mère de deux jeunes enfants, qui décide de relancer sa carrière d'avocate, ne supportant plus d'être confinée chez elle, engoncée dans son rôle de maman. Toute la famille accueille ses services avec chaleur. Une véritable aubaine. Louise est menue, fragile, discrète, efficace. Le couple ne tarit pas d'éloges, leurs amis sont admiratifs et leur envient cette perle rare, babillant sur leurs propres déconvenues ou autres tristes expériences en matière de “personnel” peu qualifié.

Louise s'installe donc dans leur quotidien telle une petite fourmi ouvrière, rapide, utile, rassurante. Les enfants redécouvrent la présence affective d'une figure féminine, à défaut d'avoir leur mère, qui fuit - toujours - le foyer. Celle-ci ne s'y épanouit plus et panique rien qu'à l'idée de perdre leur nounou. En effet, son mari évoque une sensation de malaise en sa compagnie. Il n'a pas les mots pour l'exprimer, mais il incite sa femme à chercher d'autres alternatives.

En attendant, le couple continue de s'appuyer sur Louise, femme secrète, silencieuse et troublante. Femme dangereuse. On le sait, le roman s'ouvre sur une scène dramatique, les deux enfants sont morts. Qui, comment, pourquoi. Le roman décrypte tous les signes, tous les signaux, et s'applique à recadrer un tableau sinistre et dérangeant d'une dépendance mutuelle et d'une psychose latente. Le ton est sec et glaçant, mais délivre un suspense envoûtant en nous confiant cette triste radiographie de notre société (ambition, apparence, pouvoir, soumission, autonomie, folie...). Nul n'est épargné - seules les victimes nous touchent par leur innocence et l'injustice de leur tragédie. Pour le reste; la condamnation tombe - implacable et insoutenable.

Collection Folio (n° 6492), Gallimard

 

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07/05/18

En poche ! Tu ne perds rien pour attendre, de Janis Otsiemi

tu ne perds rien pour attendre

Jean-Marc Ossavou est lieutenant de police à la Sûreté urbaine de Libreville au Gabon. Il pourchasse les voyous, les violeurs, les criminels que la PJ a tendance à oublier, par désœuvrement ou manque de moyens. Lui ne renonce jamais et traque jusqu'au boutisme la réponse aux affaires non résolues.

Un soir, en rentrant chez lui, il croise sur la route une très belle femme, Svetlana, qui vient de terminer son service de serveuse au casino et qui cherche à rentrer chez elle. Notre homme la conduit jusqu'à sa porte, tente de discuter avec elle, mais Svetlana est assez évasive et secrète. Le lendemain, il se présente à nouveau devant sa maison et tombe sur sa mère éplorée de chagrin - sa fille est morte, assassinée deux ans plus tôt. Ne sachant pourquoi son fantôme lui est apparu, Jean-Marc se décide à relancer l'enquête et espère démasquer le coupable impuni. L'affaire est tortueuse, mais notre flic ne lâche rien et n'hésite pas à toquer aux portes verrouillées par l'omerta locale.

J'ai facilement lu ce roman d'une traite, car tout se prête à son bon déroulement - une intrigue passionnante, un cadre exotique fascinant, des crimes bien moches, qui soulignent aussi toute la vulnérabilité des femmes dans cette société gabonaise à deux vitesses. Les personnages sont des baroudeurs au cœur tendre, qui mériteraient de reprendre du service dans le cadre d'une série - du moins, je croise les doigts pour rencarder cette brigade dans de prochaines enquêtes, après tout ? Cette lecture a été une très bonne découverte, à la fois classique et riche en suspense.

POCKET (2018)

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24/01/18

En poche ! Celle qui fuit et celle qui reste (L'amie prodigieuse III) d'Elena Ferrante

EN POCHE ! REPRISE EN FOLIO DU TOME 3 DE LA SÉRIE D'ELENA FERRANTE.

Celle qui fuit et celle qui reste FOLIO

Fin des années 60. Lena se glorifie du succès inattendu de son premier roman et part s'installer à Florence avec son fiancé. De son côté, Lila trime dans une usine de salaisons et bousille sa santé. Alors que l'une brille au sein d'un microcosme intellectuel, l'autre se sensibilise à la cause syndicale et se lance dans des revendications pour défendre les droits de la femme. Et lorsque les deux amies vont reprendre contact, elles se tirent la bourre, par jalousie ou simple incompréhension. Leur relation n'en finit plus d'être “le reflet de leurs insuffisances” et se couvre d'amertume.

Ce troisième tome n'est pas seulement celui des engagements politiques (luttes syndicales, dénonciation des inégalités et du harcèlement au travail), il évoque aussi la sexualité, la maternité, l'épanouissement personnel et le besoin d'accomplissement. Lena et Lila sont des féministes malgré elles - loin d'être des mères exemplaires, elles recherchent un autre sens à leur vie mais sont enfermées dans des rôles et des carcans établis de longue date dans leur quartier napolitain. De plus, les deux jeunes femmes se perdent dans leur course à l'intelligence, à la beauté, à la richesse, l'une est lâche, l'autre méchante, les deux sont égoïstes, et la cruauté de leur relation est flagrante. 

La conclusion de cette sombre histoire se passe dans L'enfant perdue, quatrième & dernier tome de la série enfin disponible !

FOLIO, 2018

Trad. Elsa Damien

"Storia di chi fugge e di chi resta"

 

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12/07/17

Les Sœurs de l'océan, de Lucy Clarke 🌊🌞 En poche ! 🌊🌞

LES SOEURS DE L’OCÉANKatie et Mia sont deux sœurs inséparables. Suite au décès de leur mère, elles ont choisi de vendre leur maison de Cornouailles pour s'installer ensemble à Londres. Toutefois, l'une et l'autre sont totalement opposées.
Si Katie a tracé sa vie selon une ligne droite, celle de Mia n'est qu'une succession de soubresauts. Aussi, du jour au lendemain, annonce-t-elle à son aînée qu'elle plaque tout pour faire le tour du monde. Son meilleur ami Finn l'accompagne.
Et les mois filent, égrenant des nouvelles sporadiques. Katie est excédée par la légèreté de sa jeune sœur et entend se protéger. Mais l'incompréhension est réciproque. Jusqu'à l'annonce du drame - Mia s'est jetée du haut d'une falaise, à Bali.
Katie est effondrée, refuse l'évidence, cherche des réponses dans le journal de sa sœur, puis décide de partir sur ses traces.
Nous plongeons alors dans deux parcours, racontés en parallèle par Mia et Katie, à six mois d'intervalle. Et quelle évasion ! Ce sont autant de paysages somptueux, de contrées lointaines, paradisiaques et dépaysantes qui s'offrent à nous...
Mais ce sont surtout deux épopées incroyables, magiques et bouleversantes, qui vont puiser aux sources de la famille et révéler tant de mystères autour. C'est poignant, mais captivant ! J'ai lu ce roman d'une traite, tant j'étais emportée par le récit des deux sœurs, dont la relation chaotique m'a émue aux larmes et très sincèrement touchée.
C'est un doux et beau roman, bouleversant juste comme il faut. C'est aussi le compagnon idéal de vos vacances, n'hésitez pas !

  • POCKET - 2017
  • Traduit par Sylvie Schneiter [Swimming at Night]

 

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22/05/17

Aimer trois fois par jour, de Fausto Brizzi

EN POCHE ! Une bibliothérapie pleine d'humour et de tendresse. ♥

aimer trois fois par jour

Diego Anastasi est au bout du rouleau. Quadragénaire divorcé, père de deux enfants, il sent la lassitude le gagner au boulot, dans son quotidien ou pendant les fêtes de Noël, qu'il passe seul dans son coin, à regarder Mary Poppins avec son chien.
Diego tente d'alerter ses proches qu'il va mal, mais chacun est pris dans sa propre routine et traite ses complaintes à la légère. Après une tentative de suicide loupée, il se rend donc chez un thérapeute à tête de castor et déballe son sac en soutenant mordicus qu'il souffre de dépression.
Et puis, un jour, il découvre en chemin un bar créé par un policier à la retraite, qui propose aux plus désœuvrés un brin de causette autour d'une tasse de thé. Diego s'y installe et comprend que son destin est en marche !
Il goûte alors à une thérapie d'un genre nouveau, discuter, boire du thé, cuisiner, dresser des listes, prendre conscience du bonheur à apporter aux autres, se donner des objectifs, partir en mission.
Avec l'aide de ses deux nouveaux amis, Giannandrea et Massimiliano, Diego veut rendre ses proches heureux : que ses meilleurs amis se remettent en couple, que son fils sorte de sa bulle, que son ami d'enfance exploite sa fibre artistique, que son ex-femme lui pardonne, que son amie de cœur trouve enfin l'âme sœur...
Il va ainsi se lancer dans des plans pas possibles, qui vont souvent donner lieu à des situations cocasses, farfelues et improbables, lesquelles vont naturellement apporter une couleur savoureuse à l'histoire !
Car il fallait oser se lancer dans un roman sur la dépression, sans craindre de sombrer dans le désespoir. Fausto Brizzi a contourné les pièges en concoctant une lecture généreuse et débordante d'espoir. Il y a du vrai à ce sujet, du touchant, du concret, de l'émotion et des questions, mais surtout il y a de l'humour, de la dérision, du revival et de la culture pop.
J'y ai trouvé ma dose homéopathique pour me sentir guillerette ! À prescrire sans retenue, à déguster sans modération. ♥

Pocket, 2017
Traduit par : Jean-Luc DEFROMONT

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04/05/17

Roland est mort, de Nicolas Robin

EN POCHE ! La couverture est kitsch, mais le roman vaut le détour. Avis aux amateurs d'humour acerbe ! ♥

roland est mort

Roland est mort. Roland, qui ? Son voisin ! C'est la dame du dessous qui vient annoncer la nouvelle au narrateur (dont on ignore le nom). Lui s'en fiche complètement. Il ne connaissait pas son voisin, sinon que c'était un vieux monsieur solitaire, qui aimait écouter Mireille Mathieu à plein volume. Le jour où les pompiers viennent récupérer son corps, ils lui confient le caniche du défunt, puis quelques jours plus tard, son urne pleine de cendres. Notre gars soupire et déprime. Après tout, ce Roland a tout l'air d'une triste projection de son propre futur. À quarante ans, notre anti-héros est lui aussi célibataire, sans boulot et amateur de porno. Sa mère lui reproche son état végétatif, sa grand-mère lui rebat les oreilles avec le mariage, même sa masseuse coréenne fait chorus au concert de désapprobation générale. Sur ce, notre héros inspire profondément et écarte les bras en croix en se demandant si la vie est belle et s'il aime la vie. Ha, ha. 

L'humour de cette histoire est volontairement caustique, avec en sus un narrateur cynique, froid et calculateur, même pas antipathique. Il incarne à lui seul le désespoir de notre siècle, un pauvre type solitaire et blasé de vivre, alors qu'il est sous le contrecoup d'une rupture amoureuse, sans ambition, ni réseau social, et qui réduit au minimum son contact avec l'extérieur, si ce n'est pour boire du Campari ou un Picon-bière au comptoir du coin. Le tout est vachement mordant, décapant et incisif. Et c'est bougrement bon. On ne fait que se marrer tout du long ! 

Le Livre de Poche - mai 2017

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