22/05/20

Quand nos souvenirs viendront danser, par Virginie Grimaldi

Quand nos souvenirs viendront danserL'impasse des Colibris est en émoi depuis l'annonce du maire : leurs petites maisons vont être rasées pour construire une école. Or, les habitants n'ont pas envie de bouger. Ils ont tous leurs souvenirs entre ces murs, autour de cette place à l'abri des regards, entre les épicéas et les pruniers.
Notre joyeuse bande d'octogénaires entre donc en résistance et met en place des opérations insensées. 

Plus que leur ingéniosité à tenir tête contre le pouvoir, c'est surtout la solidarité du noyau qui vaut qu'on s'y arrête : un noyau dur en apparence car menacé de se fissurer à cause de vieilles frustrations et autres rancœurs du passé.
Tous ont traversé des années de hauts et de bas, ces fameux aléas de la vie... vous savez, c'est comme ça. On se rencontre, on fonde un foyer, on voit le petit quitter le nid, on fait des erreurs, on garde le silence et on laisse le temps faire son œuvre.

Pourtant, il n'y a aucune triste dans cette histoire ! Juste de la tendresse.
Virginie Grimaldi possède cette légèreté de ton qui fait du bien mais qui plante aussi sa petite graine. On se dit... tiens, c'est vrai. On ne peut pas lutter contre le temps qui passe mais on peut toujours enrichir chaque instant pour adoucir l'existence et son issue.
Argh je n'ai pas envie d'être nostalgique car cette lecture m'a véritablement bercée et chouchoutée pendant que je la picorais par petites bouchées. J'ai passé un moment délicieux !
J'ai aimé les histoires des Octogéniaux au point d'avoir envie de danser en fermant les yeux... de fredonner des airs dépassés... de penser à ma famille et de faire le vide dans ma tête.
J'ai (à jamais) une affection toute particulière pour ce roman. ♥

©2019 Librairie Arthème Fayard (P)2020 Audiolib

  • Lu par : Colette Sodoyez
  • Durée : 6 h 40
  • Colette Sodoyez a trouvé le ton juste, entre émotion et mordant, pour coller au personnage de Marceline. L'écoute est agréable, avec une réalisation sonore enjouée et entraînante. Cela chasse les idées noires, si l'envie vous prenait, sachez que le format audio envoie tout balayer et on s'amuse comme des petits fous !

 

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16/04/20

Oh Happy Day, de Anne-Laure Bondoux & Jean-Claude Mourlevat

Oh Happy DayJ'avais beaucoup d'espoir (mais surtout beaucoup de crainte) au moment de découvrir cette lecture. Quatre ans ont passé pour Pierre-Marie et Adeline. En fait, j'avais oublié que le couple était sur le point de se rencontrer à la fin de Et je danse, aussi mais se réservait cet instant à l'abri de notre regard inquisiteur. Verdict : un total échec dont la grande responsabilité revient à Pierre-Marie. Médaille d'or de la goujaterie.

Donc quatre ans plus tard, ce monsieur a l'outrecuidance d'écrire à Adeline. Il aimerait retrouver un petit carnet pour relancer la muse endormie. La dame ne moufte pas mais aiguise ses lames. Elle est désormais mariée et heureuse en ménage. Elle s'apprête d'ailleurs à quitter le pays pour s'installer à Toronto. Elle est à deux doigts de glisser une fin de non-recevoir. C'est comme ça que leur correspondance renaît de ses cendres. Elle reprend d'abord sur le bout des lèvres, puis délivrée des vieilles rancœurs. Car les anciens amis ont beaucoup à partager. Actes manqués et regrets amers... on nage en plein dedans.

L'aventure canadienne va également prendre un tour inattendu, à la fois burlesque et dramatique. Bof bof. De toute façon c'était foutu depuis le départ. Quand j'ai compris que les sautes d'humeur de l'un avaient brisé le cœur de l'autre, pour moi la magie dans Et je danse, aussi venait de voler en éclats. Je n'ai pas aimé cette suite (inutile... encombrante... minable...). Oui je mets des pointillés, exprès ! Mais cette histoire n'a ni queue ni tête. C'était comme si j'avais usurpé mes souvenirs (ça se passait comment dans Et je danse, aussi ?). Cette fois, point de lumière, point d'étincelle. Les personnages ont fait leur temps. Je préfère mille fois le mystère à un rendez-vous foiré qui vous laisse un goût aigre en bouche... pouah.
Terrible déception ! Vraiment.

©2015 Fleuve Éditions, département d'Univers Poche (P)2020 Lizzie

Le livre audio se boucle sur un entretien avec les auteurs, qui expliquent le pourquoi du comment etc. (J'en viens à regretter le refus initial de JC Mourlevat à écrire une suite... mais pourquoi !?!!). Bref. Tous deux commentent également la version audio et avouent un certain malaise à l'écoute d'une voix étrangère se glisser dans la peau de leur personnage. JC Mourlevat a davantage d'embarras envers l'exercice (ce qui ne signifie pas qu'il juge le travail mal exécuté... bien au contraire). 

Personnellement, les voix des comédiens m'ont paru très agréables à suivre et m'ont permis d'embarquer à bord de cette histoire avec beaucoup d'insouciance. C'était distrayant et réconfortant. Sur ce plan, aucun souci. Dommage de n'avoir pas trouvé mon bonheur dans le contenu de l'histoire... car vraiment c'est une suite qui n'avait pas lieu d'être.

 

Du 20 avril au 3 mai 2020, l'éditeur Lizzie vous offre un livre audio. Il vous suffit de télécharger l'application Lizzie pour profiter de cette offre.

 

15/04/20

Un Matin ordinaire, par Marjorie Tixier

Un Matin ordinaireAttention... Ce roman m'a mise k-o. L'histoire est pourtant assez ordinaire mais elle a une portée bouleversante. C'était trop dur ! 😖

Un matin, Laurence ne rentre pas de son jogging habituel. La voisine s'en inquiète et prévient le mari. Celui-ci comprend qu'il est arrivé un malheur et alerte la police. Tout le monde semble avoir son mot à dire... Or, Laurence est bel et bien tapie dans les bois, terrorisée et traumatisée par une mauvaise rencontre. Dans sa tête, tout est déglingué (et on la comprend). Comment retourner à sa vie, affronter le regard des autres et sa famille ? Impossible. Laurence se replie sur elle-même, se coupe de l'extérieur, refuse d'en parler. C'est tout son univers qui s'effondre... elle qui a grandi dans ce village où chacun connaît son papa, la maladie de sa maman, ses deux filles, son mariage sans nuage, son métier d'infirmière, son rituel matinal... Alors ce drame vient tout pulvériser.

Qu'est-ce que c'est dur ! En fait j'ai davantage besoin d'évasion en ce moment et je n'ai pas pu encaisser le drame de ce livre. J'avais des frissons rien qu'en le lisant... trop douloureux, trop triste, trop poignant. C'est un roman choral qui laisse apercevoir comment des vies banales basculent en enfer après une tragédie, comme des ondes sismiques, les effets ne s'arrêtent jamais et font énormément de dégâts. Mais hélas c'était trop pour moi... Que de souffrances. Je me sens encore trop fragile pour m'y attacher.

Fleuve éditions, 2020

 

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En théorie tout va bien, de Sarah Bussy

en théorie tout va bien sarah bussyEn tableau, la famille Lauper incarne l'harmonie parfaite : l'homme attentif, la femme glamour, les enfants charmants, les pains au chocolat du dimanche... Leurs soirées sont toujours délicieuses et conviviales. Les gens se bousculent pour les fréquenter.

Nul ne pourrait supposer que l'épouse verse de grosses larmes le soir, derrière la porte de sa chambre vide. Nul n'imagine qu'un lourd secret pèse sur cette famille... et c'est vers l'âge de douze ans que Cassis Lauper va brutalement y être confrontée.

La révélation n'est pas cataclysmique. C'est seulement l'impact qu'elle aura sur les uns et les autres au fil du temps qui est assez sidérante. Genre, le frère de Cassis va tout ignorer jusqu'au jour de son mariage !

Sous l'innocence et les non-dits, on déniche finalement des drames et de l'amertume. Trop de désespoir pour une lectrice à fleur de peau (moi)... donc déception au moment de refermer ce roman peut-être trop commun mais qui dépeint l'enfance et les souvenirs avec une tristesse immense.

JC Lattès, 2019

 

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28/02/20

Les Amours d'Alfréd, de Maude Mihami

LES AMOURS D'ALFRÉDVoici donc la suite (ou pas) des Dix voeux d'Alfréd : un petit roman drôle et attachant dans lequel on faisait connaissance avec le duo des Alfred, grand-père et petit-fils, dans un village breton durant les années 70. Campé dans une ambiance familiale et bienveillante, vraiment, ce roman était extra !

Celui-ci permet également de renouer avec la douce sensation de croquer sa Madeleine de Proust. On plonge dans une lecture sans chichis mais racontée avec humour. Le jeune Alfréd tombe amoureux de sa maîtresse qui ressemble à France Gall, tandis que son grand-père réalise qu'il serait temps d'avouer ses sentiments à son grand amour de toujours !

L'histoire s'écoule sur un rythme tranquille et néanmoins pittoresque. C'est comme une petite friandise craquante et croquante qu'on déguste avec un sourire attendri. Il n'y a sans doute plus cette étincelle de nouveauté, ce bonheur inattendu de tomber sur une petite pépite... mais ça reste pétri de bonne humeur, dopé à la trouspignôle et cerné de questions existentielles.

Place aussi à un peu d'émotion dans ce roman : un fantôme nous cause, sa mort soudaine a laissé ses potes sur les fesses mais la vérité peine à éclater... Et d'autres êtres chers nous quittent. Quel choc ! J'ai senti mon cœur se serrer par moments, mais ce sont clairement de bonnes émotions.

Bref. On ressort de cette lecture avec de beaux souvenirs en poche et la sensation d'une rencontre pure, vraie, essentielle. Un troisième livre... oui, encore !

Nil éditions, 2019

 

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11/02/20

Bed Bug, de Katherine Pancol

Bed BugVraiment... vraiment... vraiment pas convaincant !
J'avais hésité à me ruer sur ce roman au moment de sa parution (je me revois en librairie en train de lire les premières pages avant de reposer le bouquin)... sceptique, oui. Finalement j'ai succombé au format audio parce que j'ai TOUT lu de Katherine Pancol depuis des années... et avant son succès populaire suite à sa saga des Crocodiles etc.
Mais non, vraiment pas ! Quelle déception.
On découvre l'histoire de Rose, une jeune chercheuse en biologie, passionnée par les insectes et leur vie amoureuse. Elle rêve de sauver le monde et de trouver LE remède pour soigner le cancer par exemple. Par contre, sa vie sentimentale ressemble au désert de Gobi. La nana est une grande idéaliste, une romantique rêveuse avec des penchants inavouables, capable de fantasmer devant son boucher en train de lui préparer ses paupiettes ! Ouais, ouais, ouais.
Bref. Rose s'amourache d'un collègue qui travaille à New York. Le béguin semble à sens unique mais notre héroïne est entière, passionnée et fonceuse. Le jour où on lui offre l'opportunité de poursuivre son travail à NY, on ne la retient plus, elle s'envole et tire déjà des plans sur la comète (et fait l'amour les fenêtres ouvertes ?). Mais le type, lui, bah il s'en fiche un peu. En plus, Rose a un lourd bagage familial, pas de papa, une maman très égoïste et froide, heureusement sa grand-mère veille sur son équilibre... fragile, car Rose suit une thérapie en faisant une obsession sur les zizis.
Moui, moui, moui. C'est à la limite du ridicule sauf qu'on nous dit que c'est plutôt de la tragicomédie. Parce que Rose fait un blocage... la vision d'un pompon de marin va la tétaniser sur place. Pourquoi ? L'histoire ne nous tient pas en haleine, elle nous attriste et loupe son portrait de jeune femme moderne dans une société brute et brutale. On veut du prince charmant, finalement pas charmant, on veut de la tendresse et des paillettes, et puis voilà, quoi.
Bref. Le thème est redondant (souffrance des femmes, cruauté des hommes, indifférence de la mère). Mais j'ai trouvé ça fastidieux et décevant.

©2019 Éditions Albin Michel (P)2019 Audiolib

Lecture plutôt sympathique de la narratrice (cette fois, ce n'est plus Marie-Eve Dufresne, que j'adore).

Par contre, le choix est discutable quant à donner un accent trop typé pour certains personnages (comme Big Denise). Trop cliché ! On trouve aussi une petite mélodie légère qui ponctue chaque chapitre. Cela donne l'illusion d'un programme joyeux avec la promesse d'un moment léger et distrayant... euh, pas tellement. Le contenu est assez grave sous une façade insouciante.

 

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08/02/20

Pour un instant d'éternité, de Gilles Legardinier

Pour un instant d'éternitéRien ne va plus... entre Gilles Legardinier et moi.
Découvert en 2013 avec Demain j'arrête, j'ai enchaîné les romans avec jubilation. Un enthousiasme jamais altéré. Vraiment top. Coïncidence ou pas, depuis son changement d'éditeur, ça ne colle plus. J'aime de moins en moins ce qu'il propose (Le premier miracle, Une fois dans ma vie, J'ai encore menti). Bof bof. Ça me semble lourd, long et redondant.
Ce nouveau titre n'a pas fait exception : l'histoire est confuse et lassante... malgré un programme alléchant. En plein Paris du début du Siècle, qui consacre l'Expo Universelle, on fait connaissance avec une équipe de cerveaux habiles à concevoir des cachettes à trésors et à démêler les énigmes. Dépassés par leur réputation, ils seront hélas confrontés à des personnages peu recommandables et deviendront incidemment des cibles à éliminer.
Un peu d'aventures, un peu d'intrigue criminelle, un soupçon de pouvoirs occultes... un peu fourre-tout au final. La lecture est fastidieuse car elle n'accroche pas et retombe facilement sur de vieux acquis. Les discours, les relations, les tours et détours, les rebondissements, les personnages aussi... c'est du déjà vu.
En fait le roman est très inégal : parfois je me surprenais à écouter l'histoire avec intérêt, parfois je me demandais combien de temps encore avant la fin ! ? Bref. Un peu trop sinueux, si vous voulez mon avis. D'où l'ennui et la déception.
Tant pis.

©2019 Editions Flammarion (P)2019 Editions Gallimard

Fort de l’inventivité et de l’humanité qui ont fait sa marque, Gilles Legardinier sait nous emporter au coeur de destins qui basculent. Combinant tous les talents qui font son exceptionnel succès, il nous offre ici une aventure captivante dans un univers énigmatique, une histoire qui enflamme notre imagination et nos émotions.

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29/01/20

Ceux qui voulaient voir la mer, de Clarisse Sabard

Ceux qui voulaient voir la merLassée de sa vie parisienne, Lilou plaque tout et s'installe à Nice avec son fils Marius. En l'accompagnant chaque jour au parc, elle remarque une mamie, perdue dans sa bulle, en train de ressasser le passé. La rencontre finit par se produire : bonjour, je m'appelle Aurore et j'ai le cœur brisé par un grand amour qui s'est envolé à New York pour ne jamais revenir... Si elle se confie à Lilou, c'est dans le but de transmettre son histoire à sa petite-fille qu'elle ne voit plus.
Le défi est de taille mais très excitant. Lilou dévore la correspondance des amants et devient une Miss Marple qui s'enflamme en rêvant secrètement à des retrouvailles émouvantes. Obsédée par son récit, Lilou s'attache et ne veut surtout pas décevoir Aurore.
À côté de ça, sa nouvelle vie prend aussi des couleurs chatoyantes : séances folkloriques de zumba, amitiés éclatantes, querelles de voisinage, petits meurtres en famille et j'en oublie. La partie contemporaine du roman laisse apparaître une formidable osmose et procure un bien-être très appréciable.
En revanche, les flashbacks sont plus inégaux car on se passionne plus ou moins à ces vieux souvenirs. Ils nous révèlent pourtant des moments forts avec des personnages qu'on apprend à découvrir et apprécier... mais le tourbillon dans lequel ils nous entraînent est trop disproportionné pour y adhérer pleinement. Les révélations sont banales ou attendues, si bien que je n'ai pas été transportée jusqu'au bout.
Toutefois j'ai globalement passé un bon moment : lecture distrayante et agréable à suivre ! Come and go with me ♪♫ https://youtu.be/-nt4rlmpqtc

©2019 Éditions Charleston (P)2019 Audible Studios

Cette jolie histoire est mise en avant par la narration intuitive de Marie Bouvier, simplicité, émotion, tendresse... tout est bon (sauf les intonations exagérées pour caractériser les personnages, comme la voisine méfiante ou le grand tatoué mystérieux). Brisons les codes, cessons les clichés, laissons la lecture vagabonder sans entrave et permettons à l'imagination de faire son œuvre... amen.

 

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02/12/19

Le petit roi du monde, de Philippe Amar

Le petit roi du monde lizzieVictor a connu une enfance heureuse auprès de sa Tatie mais celle-ci vieillit et tombe malade, du coup les services sociaux se chargent de trouver une nouvelle famille d'accueil pour le garçon de douze ans. Sauf qu'il en a décidé autrement ! Ainsi, il passe les petites annonces au crible pour trouver sa mère idéale. Pour lui, aucun doute possible : elle s'appelle Lily et elle est pâtissière.
Pour l'aborder, Victor met au point un stratagème assez maladroit : il se présente en tant que Miguel, célibataire en quête du grand amour. La jeune femme tombe sous le charme. Vient la rencontre tant attendue, et là... surprise !
En fait, ce roman est invraisemblable mais tellement doux et attendrissant. J'ai totalement succombé. On y rencontre un môme formidable, avec de la suite dans les idées. Car son obstination à décider de son avenir est hallucinante (oui, peu crédible) mais on s'attache à son parcours. Et puis ses courriers sont drôles, lorsqu'il cherche à plaire et qu'il fait appel aux répliques cultes des comédies romantiques ! Quel numéro.
Victor ne manque pas d'idées folles et compte pour soutien une équipe de bras cassés d'une loyauté à toute épreuve. Impossible pour lui d'échouer à sa mission... non ?! En tout cas, on se prend au jeu et on savoure cette jolie histoire d'adoption, vraiment hors norme.

©2019 Éditions Plon (P)2019 Lizzie

Très bonne lecture par Claire Cahen : sensibilité, tendresse, émotion. Un concentré de bonne humeur et d'ondes positives !

 

Le petit roi du monde

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25/11/19

Les choses humaines, de Karine Tuil

Les choses humainesL'histoire du roman met en avant beaucoup de choses qui vont de travers dans notre société et contre lesquelles on a parfois fini par s'y habituer, lâchement. C'est un constat affligeant. D'où ma lecture en apnée, dans un état d'hébétude, à la fois pressée d'en finir mais curieuse du dénouement.

Lors d'une soirée trop alcoolisée, un garçon propose à une fille de sortir prendre l'air puis lui roule un patin derrière une benne à ordures. Ce qu'il advient ensuite est flou, disons qu'il est vécu différemment par les deux protagonistes. Car dès le lendemain, Alexandre est accusé de viol et placé en garde à vue. Son attitude est nonchalante : le garçon nie les faits et réclame son passeport pour retourner à Stanford. Comble de tout, Alexandre Faller est un fils de - son père est un animateur emblématique de la télévision, sa mère est une journaliste féministe très engagée. Le poids de cet héritage va également peser dans la balance. Il ne faudrait pas ébruiter l'affaire et encore moins épiloguer pour un coup d'un soir d'à peine vingt minutes... damned.

Au fil de la procédure judiciaire, on s'intéresse à ce petit monde imbu de leur pouvoir et on déteste sans exception ce spectacle désolant. On évoque pêle-mêle la sentence médiatique, les hashtags qui pullulent en masse, la violence des réseaux sociaux, la sexualité bafouée, les propos explicites, les gestes anodins qui ne doivent plus l'être, l'absence d'empathie, quid du bourreau et de la victime, bref un constat sec et sans concession d'une société qui va mal. Au cœur de ce maelström, on se sent complice et coupable. On n'aime pas du tout ça ! Les personnages sont moches. Le miroir qu'on nous tend renvoie l'image d'un monde qui s'autodétruit. On a le moral à zéro après cette lecture... qui m'inspire vraiment peu d'espoir ! Quelle tristesse.

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

Prix Interallié, 2019
Prix Goncourt des Lycéens, 2019

Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?

Constance Dollé met en voix avec justesse un récit efficace qui révèle toutes les complexités soulevées par la question du consentement.

 

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