07/07/16

DUFF, Dodue utile et franchement fade, de Kody Keplinger

DUFF, Dodue utile et franchement fade

Bianca déteste traîner dans les bars ou les boîtes, contrairement à ses deux meilleures amies qui adorent danser, elle préfère les attendre en buvant un soda à la cerise et discuter avec le barman. Et puis un soir, un dragueur de service se tape l'incruste et commence à lui servir un discours alambiqué sur la DUFF. Le vilain petit canard qui détonne parmi son groupe de copines canonissimes. Bianca n'est pas vilaine, elle est juste plutôt banale et sert de faire-valoir à Casey et Jessica. Vexée, elle envoie son verre dans la figure du malotru. Puis, deux secondes après, elle lui saute au cou et l'embrasse à pleine bouche ! Wesley Rush, le tombeur de ses dames... ^-^

Après quoi, tout va aller de travers dans la vie de Bianca. Sa mère annonce son retour au bercail avec une demande de divorce, son père noie son chagrin dans l'alcool, B. flippe et se réfugie sous la couette du playboy, choix qu'elle n'assume pas, même si ce garçon parvient miraculeusement à l'apaiser, elle finit par mentir à ses copines et perd le contrôle de la situation. Elle, d'habitude si grincheuse et sarcastique, devient fuyante, peu sûre d'elle et malhonnête. Cette soudaine perte d'estime lui tombe dessus sans prévenir et rend Bianca complètement désarmée. Au lieu de fuir son tortionnaire, elle se rue chez lui à la moindre crise de panique... Et justement, Wesley n'est pas juste le type odieux qu'on voudrait nous présenter. C'est un garçon plus sensé, sensible et attentif. Les deux caractères, ensemble, font des étincelles mais se correspondent tout à fait. Leur liaison est franchement excitante et pragmatique. J'ai beaucoup aimé leurs réparties, les émotions florissantes et les sentiments naissants. C'est chou. Bianca est une héroïne avec du punch et des neurones (qui ne grillent pas au contact des pectoraux irrésistibles du beau gosse)... Et ouf, quoi.

C'est un bouquin qui se lit pour la détente, pour sourire et pour se rappeler que les clichés ont la vie dure, que les stéréotypes n'ont pas fini d'évoluer et qu'il existe toutes sortes de palliatifs pour soigner sa psychose. C'est fleur bleue, sexy et drôle. Une parfaite petite comédie à déguster pour les vacances. 

Traduit par Aude Gwendoline pour Hachette, janvier 2016

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27/06/16

Half Bad : Quête Noire, de Sally Green

Half Bad 3

L'heure du dénouement est arrivé ! L'Alliance des sorciers libres a essuyé une sévère raclée, les pertes sont nombreuses et Nathan se sent responsable du carnage. Il a été trahi et a soif de vengeance. Il a donc fait de la lutte son combat personnel et devient incontrôlable. Il part en roue libre, prend tous les risques, tue à tour de bras, ne ressent aucun remords.

Nathan n'est plus une bête traquée, mais un véritable prédateur. Toutefois, cette propension au mal effraie Gabriel, qui sent son ami s'éloigner et tomber dans la folie obsessionnelle. Les blagues, les câlins, les promesses n'ont plus lieu d'être. Gabriel tape du poing sur la table. Pourtant, Nathan le rassure - blessé, pas perdu. Leur leitmotiv.

Ce refrain va guider l'essentiel de leurs missions et devenir leur étoile du berger. D'ailleurs, Nathan a établi un nouveau plan pour s'opposer au Conseil des sorciers blancs - il veut retrouver une vieille et puissante sorcière, Ledger, qui détient la moitié d'une amulette pouvant assurer l'invicibilité.

Mais le temps presse, les chasseurs ne lâchent rien et multiplient leurs efforts pour traquer les survivants et pulvériser leurs camps. Nathan voient ses amis tomber, faillir, hésiter. La tension monte d'un cran et annonce des retrouvailles ardentes entre les ennemis. Toute la communauté des sorciers est sens dessus dessous. Les cœurs s'emballent et présagent un final bouleversant ! 

Ce dernier tome est plus court que les précédents (il est allégé de quelques 25 pages). Par conséquent, la narration est plus mordante, plus efficace. On y trouve aussi beaucoup d'intensité et d'émotion. Des choix douloureux, des sacrifices, des renoncements, des abnégations et des liens inaliénables. La fin est cependant discutable, car elle casse l'image d'une série rock-n-roll qui refusait le mélo. On retombe là dans le basique, le déjà-vu. C'est un peu dommage.

De toute manière, la série a globalement oscillé entre le bon et le moins bon, elle a renouvelé le genre de la sorcellerie et proposé un thème original, elle a aussi abordé des sujets sensibles et poignants, autour de l'amour filial et l'homosexualité, mais a manqué de rigueur pour relater ce parcours délicat. Un roman honorable pour une série inégale, d'où une certaine frustration après la lecture des 3 tomes.

Publié chez Milan, mai 2016 - Traduit par Marie Cambolieu (Half Lost)

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24/06/16

Half Bad : Nuit Rouge, de Sally Green

Half Bad 2

Après bien des épreuves, Nathan a finalement reçu ses dons de sorcier au cours d'une cérémonie inattendue, mais au terme de laquelle le chaos règne toujours parmi sa communauté. Sorciers blancs et noirs se déchirent. Et de nouveau Nathan se sent isolé de toute part, traqué comme une bête, sans possibilité de rédemption.

Seule sa rencontre avec le trublion Nesbitt et la divine Victoria van Dal va donner un semblant de sens à ses objectifs - remettre la main sur le Fairborn, retrouver Gabriel et Annalise, et déjouer les plans trop ambitieux de Soul O'Brien. 

La série n'a hélas pas corrigé son problème de rythme (sensation de longueurs et répétitions abusives dans le schéma de l'intrigue), par contre elle continue d'afficher une volonté de ne pas s'abaisser à tout sentimentalisme inutile et revendique un ton dur, âpre et sans appel. Les batailles font rage, les trahisons se multiplient, les corps tombent, les coups pleuvent, les non-dits affluent...

Un vent de protestation souffle chez les sorciers, ce qui va donner lieu à une nouvelle alliance, celle des sorciers libres. Nathan y retrouve Celia, son pire cauchemar, mais accepte de prêter secours à leur cause en tentant de convaincre Marcus de rallier leurs rangs.

La précipitation des événements dans les dernières pages du livre vient conclure cette intrigue hasardeuse, ou exécutée avec maladresse, pour enflammer notre imaginaire et ouvrir les paris. Suspense et émotion sont au taquet. Nathan face à son destin ! ^-^

Publié chez Milan, en juin 2015 - Traduit par Marie Cambolieu (Half Wild)

 

British mysteries British mysteries British mysteries

# Mois Anglais 2016 : British Mysteries

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14/06/16

Une braise sous la cendre, de Sabaa Tahir

Une braise sous la cendre

« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l'école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t'écraserai. »

Autrefois l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une érudite de seize ans, devenue esclave par choix (pour sauver son frère), et Elias, un soldat d'élite, pressenti pour devenir empereur, vont croiser leur destin et écrire le début de cette saga flamboyante !

Ouhlala ! Avalanche d'émotions à prévoir. Cette lecture est palpitante, du début à la fin. D'ailleurs, l'immersion est immédiate : on plonge dans un univers sombre, effroyable et poignant. L'endoctrinement des plus jeunes, les tortures, les coups, l'absence de réaction... ce monde sans pitié s'étale sous nos yeux sans fard, sans filtre. C'est sidérant. L'introduction est longue exprès pour mieux imprégner le lecteur, cela laisse aussi à l'histoire du temps et de l'espace pour s'installer : personnages, créatures, enjeux. On prend note, on lit, on écoute et on patiente. C'est finement joué, le suspense est palpable et nous tient en haleine. On retrouve aussi des éléments issus des thèmes de la fantasy, mais aussi de la dystopie. Un savant mélange qui rend cette lecture alerte et entraînante. Personnellement j'ai beaucoup aimé. J'ai tout de suite accroché aux personnalités du trio vedette, tout en force, sensibilité, tendresse, courage et arrogance. Des liens déjà se nouent, des cœurs qui battent en rythme et des penchants probables mais incertains se dessinent... Triangle amoureux, certes. Mais triangle amoureux pertinent et bénéfique au pep's de l'intrigue. ^-^ On n'oublie pas les enjeux politiques, la toile de fond inéluctable et féroce, qui accentue l'orientation opaque et inquiétante de la série. C'est très, très bon. Énigmatique, sinistre, rigoureux, dramatique et impressionnant. Un début en fanfare ! Il me tarde de connaître la suite (prochainement disponible en novembre 2016) ! ☺

Traduit par Hélène Zylberait pour les éditions PKJ. (Pocket Jeunesse) - Octobre 2015

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13/06/16

Nom de code : BlackBird, tome 2 : Game Over, d'Anna Carey

Blackbird

L'histoire reprend exactement là où nous avait lâché l'auteur : à savoir une héroïne face à son destin, des masques qui tombent et des retrouvailles inattendues avec le garçon qui ne cesse d'apparaître dans ses rêves !
Ce Rafe tombe à point pour lui rafraîchir la mémoire et lui raconter leur parcours commun. Jusqu'alors, la jeune fille souffrait d'amnésie et avait joué de malchance avec ses rencontres, même si elle avait rapidement pris conscience de courir un grand danger, elle n'avait pu s'empêcher de tomber dans la gueule du loup.
Grosses émotions à la fin du premier livre.
La course-poursuite ne va donc pas faiblir dans ce nouvel épisode mené tambour battant. Les révélations sont nombreuses et viennent étoffer toute l'intrigue concernant la partie de chasse et les événements sur l'île. 
Confidences sidérantes.
On n'a clairement pas le temps de s'ennuyer. Rebondissements, suspense et intensité font bon ménage. Sunny et Rafe doivent rejoindre un troisième comparse et se rendent à New York dans ce but, mais se heurtent à d'autres obstacles. Leurs ennemis ont une longueur d'avance. Les encerclent. Jouent avec leurs nerfs. Et jubilent.
Cache-cache sadique et nerveux. Pfiou.
Ajoutez un final poignant, sur fond de violons sirupeux, et vous détenez la recette trop facile du triangle amoureux résolu... ^-^
Pour qui aime l'action et l'aventure, sur fond de jeu macabre au scénario tordu, vous pouvez vous jeter sur cette courte série en seulement deux tomes et tout dévorer en une goulée ! 
Une bonne surprise. 

Traduit par Eric Moreau pour les éditions Bayard Jeunesse / Novembre 2015

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Half Bad : Traque Blanche, de Sally Green

Half Bad 1

Au commencement, se trouve un garçon dans une cage, les poings ferrés par des anneaux, un collier autour du cou. Nul espoir de s'échapper. Sa geôlière veille nuit et jour sur lui. Le gamin, loin de se soumettre, lui fait vivre un enfer et n'a de cesse de saisir la moindre opportunité pour tenter sa chance et s'évader. Pourquoi un tel sort ?

Car notre monde abrite des sorciers. Des sorciers blancs, qui sont bons. Et des noirs, qui incarnent le mal. Nathan est né d'une liaison interdite, entre sa mère, grande sorcière blanche, et son père le plus puissant des sorciers noirs. Sa mère décédée, le garçon a été élevé par sa grand-mère, avant d'être arraché par les membres du conseil pour l'enfermer dans une prison et l'éloigner de Marcus. Son père représente la plus grande menace dans l'histoire de la sorcellerie. Tous rêvent de l'attraper et lui faire payer ses crimes. Nathan aussi voudrait retrouver son père, ses sentiments à son sujet sont partagés, mais l'injustice qu'il subit de la part des sorciers blancs le pousse à basculer vers sa nature noire. Pour le moment, il se contient. 

À l'approche de son dix-septième anniversaire, Nathan doit recevoir son Don et trois présents par un membre de sa famille pour consacrer son statut de sorcier. Il n'y a que Marcus pour pouvoir pratiquer cette cérémonie. Mais le conseil aussi veut l'empêcher d'obtenir ses objectifs et entend se servir du garçon pour atteindre le père. Dans cet univers machiavélique et sournois, Nathan se débat pour survivre et peine à trouver sa place, à force de subir coups durs et trahisons. Son sang mêlé fait de lui un être exceptionnel, une arme puissante pour les uns, un danger pour les autres, mais également pour lui-même. Il est une énigme à part entière. Toujours est-il que Nathan fait peur, car il est différent. Bon ? Mauvais ? Nul ne le sait.

Le roman ouvre sur d'excitantes perspectives et propose une thématique originale dans un monde de sorciers très durs et implacables, avec au centre un jeune héros torturé, tourmenté, jamais trop parfait, plutôt impulsif et audacieux, et encore moins honoré de louables intentions. Ce môme est paumé, stigmatisé à cause de ses origines. On ne lui a jamais donné sa chance pour prouver sa valeur mais a servi de cobaye dans des luttes de pouvoir, si bien qu'il a grandi dans la méfiance et ne compte plus que sur lui-même. Par contre, pour raconter tout ça, l'auteur s'embrouille avec son sens du rythme et des effets stylistiques maladroits (comme l'emploi de la deuxième personne du singulier). Cela donne une impression de lecture tantôt poussive tantôt entraînante. C'est assez inégal. Sans quoi, cette nouvelle série séduit pour son aura inquiétante et son ton percutant qui ne laisse place à aucun sentimentalisme inutile.  

Traduit de l'anglais par Marie Cambolieu, pour les éditions Milan (sept. 2014)

 

British mysteries

# Mois Anglais 2016 : British Mysteries

Sally Green vit dans le nord-ouest de l'Angleterre. Elle a fait divers métiers (certains payés, d'autres non) et a même eu un début de carrière… pour finalement décider qu'il était temps d'écrire les histoires qu'elle avait en tête. Elle aime lire, marcher, et aimerait boire moins de café. "Half Bad" est son premier roman.

 

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24/05/16

La Déferlante, de Michael Buckley

La DeferlanteDepuis trois ans, d’étranges créatures sorties de la mer, les Alphas, se sont installées sur une plage dans un bidonville. Malgré le rejet de la population, les pouvoirs publics tentent d’intégrer les jeunes, notamment grâce à l’école. Lorsque six d'entre eux entrent dans le programme d'expérimentation du lycée où Lyric est également élève, l'adolescente est convoquée par le proviseur pour servir de tutrice et de mentor, du moins son rôle consiste à apaiser les tensions et aider une meilleure adaptation.

Ce synopsis n'est pas sans rappeler celui d'une série tv (Star-crossed) même si l'univers ici se détache par sa violence et ses nombreuses tourmentes. Yep, troubles sentimentaux à bord... il en faut bien pour toucher la corde sensible des jeunes lecteurs. ^-^ Mais ceci n'est pas une donnée rédhibitoire non plus, puisqu'elle se fond bien dans le décor, malgré quelques précipitations liées à la spontaniété adolescente. Arf. Avant je lisais ce genre de romans à tour de bras, et puis j'ai fini par me lasser et j'ai tout mis de côté... pour mieux reprendre mon exploration en appréciant à nouveau mes découvertes ! Bingo encore une fois. Cette série promet des heures de lecture enivrante ! On pénètre ainsi un monde étrange, à apprivoiser en douceur, en dépit des frasques et des explosions de colère entre les clans. Les Alphas sont particulièrement virulents, entraînés à relever des défis, à répondre par les poings et à ne jamais tourner le dos à toutes provocations. L'auteur ne fait pas dans la dentelle et ça passe plutôt bien, disons que ça envoie du steack et le rythme de lecture en est grandement récompensé. C'est entraînant, avec des zones d'ombre appropriées et indispensables pour planter le décor, le contexte, les personnages. Au-delà du sensationnel, l'histoire porte une réflexion sur le statut des réfugiés, la curiosité qu'ils soulèvent et généralement la peur que cette “intrusion” suscite (hélas, le rejet, la haine etc. = bienvenue en Europe !). Une lecture perspicace et enrichissante, pour qui cherchera ainsi à exploiter le sujet en classe par exemple. Sans quoi, cette série emballe habilement son public avec son lot d'action et d'émotions fortes et nous garantit une évasion excitante vers un imaginaire constructif et original. À noter que Michael Buckley est également l'auteur de la série des Sœurs Grimm qui bénéficie d'une réédition en poche chez PKJ. 

Traduit par Guillaume Fournier pour PKJ. / Avril 2016

Original title : Undertow

 

Houston commercial photography

Charmantes créatures à prévoir ! ^-^

 

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29/04/16

Roi de Pique, de Kat Spears

Roi de Pique

Jesse Alderman, surnommé Sway, est le roi de la magouille. Au lycée, il est connu pour sa capacité à résoudre tous les dilemmes de ses petits camarades - cela peut varier des réponses aux prochains contrôles ou aux provisions (alcool, drogue) pour pimenter leurs sauteries. Jesse a toujours la solution. Aussi, lorsque le quaterback vedette lui demande de servir d'entremetteur pour décrocher un rendez-vous avec une certaine Bridget Smalley, le garçon dit banco avec cette fidèle nonchalance qui le caractérise. Seulement, en rencontrant la demoiselle, il est agréablement surpris par ce beau brin de fille, à mille lieues de la pintade écervelée qu'il s'imaginait. Bridget est cultivée, brillante et scout dans l'âme (elle rend visite à sa grand-mère qui perd la tête ou s'occupe de jeunes handicapés toutes les semaines). On croirait une sainte, si ce n'est que la demoiselle révèle vite un tempérament farouche et qu'elle va réussir à toucher notre solide gaillard pourtant rompu à la dérobade. Jesse cultive la distance et l'insouciance pour ne pas s'attacher, pour ne plus éprouver le chagrin de la perte, comme celui enduré après la mort de sa mère. Son attitude détachée masque donc une profonde blessure, mais n'allez pas imaginer un roman de pure cucuterie, à la sensiblerie exacerbée, c'est beaucoup mieux que ça, car tellement plus caustique et drôle, et franchement savoureux. J'ai adoré suivre ce rebelle de Jesse Alderman succomber à la douceur et à la tendresse de Bridget ! ^-^ On tombe fatalement sous le charme de cet improbable héros ♫♪ qui pique ton cœur ♪♫ et on adopte dans la foulée la ribambelle de satellites qui gravitent dans son espace vital (grand-père Hiram, frangin Pete, gothique Joey...). C'est très, très bon. L'humour est sarcastique, le cynisme brandi en étendard, et ça fuse à tous les coins de page, mais ça ne manque pas d'émotion ni de chabadabada... Bref. C'est tout bon. Une étonnante découverte, qui dépasse de loin la faible appréciation laissée par la couverture VF. 

“ Si tu n'es pas trop exigeante, je pourrais passer le reste de ma vie à essayer de te mériter. ”

Nathan, Septembre 2015 - Traduit par Anne Delcourt (Sway)

23848053

Couverture originale

♫♪♫♪♪♫♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♪♫♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪

 

Hollydays - Caroline (MC Solaar cover)

 

 

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27/04/16

Digitale, de Sarah Wagon

Digitale

À vingt ans, Jade est déjà calibrée pour devenir une Guérisseuse digne de ce nom, forte d'un héritage controversé qu'elle tente de surpasser (sa mère était qualifiée de déficiente). Mais qu'est-ce donc ? Le monde dans lequel vit Jade Stone s'est reconstruit en prenant le contrôle des émotions de l'humanité - celle-ci s'est détruite à coup de guerre et de bombe atomique. Pour se relever après un massacre sans précédent, hommes et femmes vivent désormais sous l'ascendant d'un système de puces qui programme leurs faits et gestes, leurs pensées, leurs paroles, leurs pulsions. Même leur parcours sentimental est étudié de long en large, chaque couple formé d'après une recherche dans la base de données et une étude de compatibilité. La spontanéité n'a plus lieu d'être, mais chacun vit dans une parfaite harmonie. Ce discours, Jade l'entend depuis ses dix ans. À aucun moment elle n'a osé contester le principe, dans sa famille sa mère était réputée pour être instable et irrécupérable, aussi la jeune fille a grandi avec la volonté de satisfaire à toutes les attentes. Et puis, tout bascule lorsqu'elle se voit confier le cas de Sacha Fleery, un néodéficient qui résiste à tout embrigadement. Son caractère impétueux et survolté interpelle notre héroïne, de plus en plus troublée par ce jeune homme, et pas seulement parce qu'il a osé l'embrasser exprès pour la tirer de sa léthargie. Jade est curieuse, soucieuse de mieux connaître cet individu, et s'investit plus que de raison dans son travail.

Cette lecture n'offre aucune originalité et m'a d'ailleurs fait penser à la série de Teri Terry (Effacée) ou de Heather Anastasiu (Glitch). Je n'ai pourtant pas été déçue par la version qu'en propose Sarah Wagon, jeune auteur française, qui signe là son premier roman, fortement inspiré par le courant dystopique en vogue. Un peu de chauvinisme SVP. Le roman propose donc une intrigue solide, qui combine habilement la réflexion et l'action, mais peine néanmoins à susciter une véritable émotion. C'est là mon problème, je n'ai rien ressenti pour les personnages, j'ai été entraînée dans leurs découvertes et leurs combats, mais je n'ai pas vibré à leurs côtés en tournant les pages frénétiquement. J'attends de la suite qu'elle me surprenne sur ce plan-là ! Quant au reste, à défaut d'être innovant, c'est écrit avec intelligence et se base sur un rythme enlevé et engageant. 

PKJ / Août 2015

Digitale

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26/04/16

Les Chroniques de Zombieland : Alice et le miroir des maléfices (2), La Reine des Zombies (3) de Gena Showalter

Alice et le miroir des Maléfices

Reprise des réjouissances : l'héroïne Alice Bell se remet doucement de ses blessures après la violente attaque subie à la fin du tome 1 -cf. Alice au pays des zombies. Son corps est meurtri, son petit ami s'en veut terriblement, mais la demoiselle insiste pour reprendre du service. Elle tourne en rond comme une folle dans sa chambre. Il lui faut de l'action. Et donc elle déboule au gymnase pour l'entraînement où elle rencontre Gavin, une recrue venue prêter main forte. Leurs regards se croisent, et ouhlàlà... chaud devant ! La vision qui frappe Ali montre le couple en position lascive et sulfureuse. C'en est trop pour son copain Cole qui cogne son poing contre le mur. Grrr, sa frustration sera terrible. Il frappe encore un grand coup en annonçant à sa dulcinée que c'en est fini de leur relation amoureuse. Ali n'est pas contente du tout et lui promet une guerre sans pitié. Elle est d'autant plus rageuse que son ex s'affiche déjà avec une nouvelle conquête - laquelle minaude sous le nez de la reine déchue. Ali riposte et lui colle la raclée de sa vie. RIEN NE VA PLUS chez nos mercenaires de la nuit. Leurs hormones en folie dictent leurs actes et leur raison - les cœurs chavirent et les regrets s'installent en creusant leur amertume. En bref, le navire prend l'eau. On en oublierait presque les zombies sanguinaires, leurs attaques intempestives guidées par une entreprise secrète et la présence d'une taupe au sein de l'équipe. Autre problématique : Ali se découvre une personnalité double. Une Alice maléfique, contaminée par la toxine Z, qu'elle cherche à combattre pour ne pas basculer du côté obscur.

Et je soupire, de dépit. Cette série cristallise, selon moi, la médiocrité et le mauvais goût du genre. C'est très bas de gamme et d'une vulgarité affligeante (personnages, dialogues, attitudes). Tout sonne faux, creux et de troisième zone. La traduction est une nouvelle fois très décevante, la version originale n'étant probablement pas de grande envergure, on reste dans du littéral strict, peu recherché ou fignolé. L'histoire ensuite se cantonne à des psychodrames risibles et immatures, ou bascule dans des scènes de baston pas franchement glamour. Il n'y a aucune finesse, aucun soupçon d'élégance. Après, on peut se dire que c'est juste un bouquin d'action, avec des gosses de 17 ans qui zigouillent des zombies et se débattent avec leurs hormones. Il n'empêche que cela manque cruellement de raffinement et de subtilité, du coup la lecture n'est pas toujours agréable à parcourir. 

Par contre, j'ai toujours trouvé les couvertures accrocheuses. Seul bon point du lot.

Mosaïc, Octobre 2015

Traduction : Emmanuel Plisson (Through the Zombie Glass)

La reine des zombies

Dans le dernier tome, une attaque massive vient surprendre nos tueurs de zombies dans leurs cachettes pourtant sécurisées. Ali n'a pas le temps de pleurer la perte de ses amis qu'il lui faut s'armer jusqu'aux dents pour partir en guerre, car leurs ennemis ont juré de les éliminer une bonne fois pour toute. Le moral est au plus bas, les forces sont diminuées, c'est la panique générale et l'organisation peine à serrer les rangs à nouveau. Au cœur de cette pagaille, les amours trouvent enfin un semblant d'harmonie, les sentiments s'affirment, les corps se touchent et les dernières barrières tombent, pour s'acheminer vers une fin émouvante et inattendue. On trouve aussi un chapitre spécial, celui de la rupture racontée par Cole. La logique veut donc qu'un tome 4 complète cette aventure, sa lecture étant purement optionnelle, sauf si l'on s'intéresse au parcours de Frosty. Le changement de traducteur a permis une copie plus fluide et digeste, même si je reste peu convaincue par la série en général. 

Tome 3 : La Reine des Zombies ♦ Traduction : Barbara Versini (The Queen of Zombie Hearts)

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