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Chez Clarabel

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8 avril 2011

Lutter contre les frelons

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Je n'ai fait qu'une bouchée de ce petit roman, il était délicieux mais trop court, j'en voulais encore ! Fleur a quinze ans et une maman qui ne tourne pas rond. Celle-ci pousse sa fille à partir et se détacher, mais ce n'est pas facile. Jusqu'au jour où elle ne la reconnaît plus... et là c'est le drame. Fleur décide donc de partir avec ses potes sur leur bateau pour un demi tour du monde. Neuf mois d'errance et de navigation, de coeur qui bat et qui hésite, neuf mois pour grandir, loin de maman.
C'est tellement beau, bien écrit, doux, tendre, ça fait des galipettes et des boucles dans tous les sens, ça vous dresse un portrait de petite fille forcée de grandir trop vite, une ado impuissante et déboussolée, avec une enclume dans le ventre, parce que c'est douloureux, et frustrant, de voir sa maman pelotonnée sur son lit d'hôpital, sans énergie, sans ressource, sans étincelle. Et même le portrait de la maman est juste et touchant, elle est dingue et complètement allumée, c'est vrai, mais c'est une maman et moi je ne résiste pas. J'ai aimé leur tandem, j'ai souvent souri et même éclaté de rire en découvrant leurs petites philosophies de la vie (relever sa jupe et pisser, lutter contre les frelons, sentir le souffle du vent et alors fermer les yeux...).
Enfin bon, j'ai été attendrie par l'histoire de Fleur, pas facile et pas rigolote tous les jours, mais je n'ai jamais ressenti la moindre tristesse. Au contraire, tout est vif et éclatant, ça donne même des ailes. J'ai notamment relu plusieurs fois le dernier chapitre où Fleur apprend à faire du vélo avec sa mère, et c'est tellement ça : pousser son enfant à quitter le nid, lâcher la main de sa mère pour grandir. Même si ça fait peur. (Et moi je swoushe !)
Le livre nous fait également partager leur belle aventure sur la mer, et c'est comme si on faisait partie du lot. Fleur a trouvé sa nouvelle famille, Fredo le capitaine cordon-bleu, le couple modèle Marie et Matthieu (et leur bébé Lou), le Vampire doux comme un agneau et Tristan le phare solide - et au milieu, la petite Fleur en éclosion.
Je me sentais tellement bien parmi la bande, à voyager, rêver, manger des boulettes et du couscous, déprimer sous le ciel gris, jouer aux cartes, passer les écluses, scruter l'horizon. 110 pages, non vraiment, ce n'était pas assez. L'ambiance est délicieusement douillette qu'on ne voudrait jamais la quitter. 

Lâcher sa main - Séverine Vidal (Grasset jeunesse, coll. Lampe de poche, 2011 - 112 pages - 7,50€)
illustration de couverture : Sandrine Kao

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J'ai aussitôt mis la main sur un autre roman de Séverine Vidal, parce que j'étais encore totalement sous le charme de l'histoire de Fleur. (Et j'ai bien fait - j'adore !!! Je veux lire tous ses romans maintenant. Mode groupie off.) Cette fois, il est question d'une petite fille et de son papa dont elle découvre l'existence dix ans après. Et c'est sa tante qui lui raconte le secret de sa maman, comment elle s'est sentie trahie et malheureuse après son départ, comment elle a cru bien faire en protégeant son bébé et comment sa colère aujourd'hui l'étouffe et l'empêche d'ôter ses oeillères. Ce n'est cependant pas facile pour la fillette, car Ava a besoin de connaître son papa mais n'ose pas en parler avec sa mère. Alors, grâce à la complicité de sa tante, elle prend contact avec lui, écrit un petit mot maladroit, attend, reçoit sa réponse - une belle lettre dégoulinante d'amour et de tendresse.
Les retrouvailles auront lieu mais elles doivent rester secrètes. Ava ne veut pas décevoir sa mère, ni la blesser. D'un autre côté, cela lui permet de gérer seule cette parenthèse, de se familiariser avec la nouvelle vie de son père (rencontrer sa nouvelle femme et ses demi-frère et demi-soeur). Elle s'étonne elle-même de ne pas être jalouse, de ne pas en vouloir à ses parents, de ne pas trop regretter, non plus, le temps perdu. Elle sait qu'elle pourra désormais rattraper tout ça. Du moins, l'espère-t-elle.
Les vacances approchent et Ava a terriblement envie de partir trois semaines avec son père. Jusqu'à présent, elle avait jonglé entre les mensonges et les absences de sa mère (fatiguée, débordée par son travail). Elle sait que toute vérité n'est pas bonne à entendre - tant pis, elle se lance. Elle prépare alors une petite surprise pour sa maman, toujours aidée de sa tante et de son père.
Et je dois dire que j'avais la boule au ventre quand celle-ci est sortie de son boulot, s'est assise sur le trottoir, complètement choquée, avant de s'enfuir. Il y avait de quoi être bouleversée !!! Mais heureusement c'est un roman intelligent et sensible, qui offre une vision idyllique et conciliante de la séparation et du partage, c'est une vraie petite réussite - 70 pages de bonheur, de petites habitudes à prendre et de limites à dépasser parce que c'est beau l'amour !
Et une petite fille qui doit son prénom à Ava Gardner et qui raffole des quinze dernières minutes des films ne pouvait qu'être une héroïne attachante et exceptionnelle - vive la Méthode Ava !

Comment j'ai connu papa - Séverine Vidal (Rouergue, coll. Dacodac, 2010 - 74 pages - 6,50€)

le blog de l'auteur : http://severinevidal.blogspot.com/

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7 avril 2011

Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité.

IMG_3307Contrairement à Méto, je trouve que le nouveau roman d'Yves Grevet s'inscrit davantage dans la case jeunesse (ce qui n'est nullement péjoratif). Au départ, il est question d'un devoir de classe, ou plutôt d'une expérience littéraire (un peu comme ce roman, d'ailleurs), le sujet est simple : Postez-vous seul(e) à un endroit du centre-ville entre 9 heures et 10h30, et écrivez ce que vous voyez ou ce que cela vous inspire. La forme est libre. C'est d'ailleurs utile de le préciser, car les élèves de cette classe de 1ère vont s'adonner à cet exercice avec beaucoup de génie. Nous sommes très loin du formatage scolaire (ce qui a aussi pour autre effet pervers de rendre l'ensemble peu crédible, je le crains), mais on s'en moque puisque c'est un vrai régal ! Avec mention spéciale pour les commentaires de la prof qui sont drôlissimes.

A côté de ça, une enquête se met en place. Le même jour, à la même heure, le notaire de la ville est assassiné et la police n'a aucun indice. Erwan, le narrateur, et sa charmante complice Cassandre s'improvisent alors détectives car ils sont persuadés que les réponses se trouvent dans les copies de leurs camarades. Ainsi, portés par des divagations poétiques, des rapports scientifiques, des observations délirantes et des certitudes à faire frissonner de plaisir, nous suivons leurs hypothèses jusqu'à la résolution finale du problème. Bon, j'avoue, l'énigme est peu à peu devenue à mes yeux un outil secondaire.

J'ai en fait beaucoup aimé les détails farfelus et originaux du roman - on a même une image enthousiasmante des adolescents, que j'imagine peu répandue mais ce n'est pas bien grave, et puis ça divertit. Tout est positif et délicieusement rafraichissant dans ce livre. Il est riche d'éléments qui ne se prennent pas au sérieux, comme les copains d'Erwan qui ont créé le club des mangeurs de gâteaux (avec salve d'applaudissements, ôde à la gourmandise etc.). Génial, non ? En tout cas, ça fait saliver. Ainsi, pour de multiples raisons infimes, j'ai trouvé cette lecture extra, sans être exceptionnelle non plus. La plume d'Yves Grevet est toujours un pur bonheur. Et puis, il fallait oser rebondir après le succès de Méto et ne pas décevoir les fans. C'est donc totalement différent, et je trouve ça admirable.

Seuls dans la ville (entre 9h et 10h30) - Yves Grevet
Syros (2011) - 215 pages - 13,90€
illustrations : Jérôme Meyer-Bisch

6 avril 2011

Lettres à plumes et à poils

IMG_3005Ce petit livre à la couverture jaune pétant est un recueil désopilant de lettres écrites par des animaux à plumes et à poils (et pas seulement), et qui déclenchent forcément le fou rire ! Imaginez un renard écrivant à une poule et son mari le coq car il meurt d'amour pour leur fille et souhaiterait l'épouser et organiser une folle fiesta avec deux, trois copains et toute la bande de la basse-cour ; ou une fourmi réclamant à sa reine un meilleur poste - le tri des ordures ! - avant de découvrir l'existence des vacances ; et aussi un escargot fou amoureux d'une limace top-modèle et impatient de la rencontrer pour de vrai ; mais encore un cochon d'inde président de l'association des mal nommés qui réclame qu'on lui change son nom pour le doudou d'inde (trop mignon) ; et finalement un corbeau qui déverse son fiel sur ses voisins à des poulets vraiment trop incompétents, selon lui.
Les illustrations sont de Delphine Perret et c'est un régal ! Philippe Lechermeier a su varier les plaisirs en diversifiant son style d'écriture selon les lettres et leurs correspondants, je vous jure, c'est poilant ! Les trouvailles sont excellentes, et même un lecteur adulte y trouvera son compte puisqu'il n'est pas sourd aux sous-entendus pointant les travers de notre société ici épinglés avec insouciance et allégresse.
Bref, j'ai tout simplement adoré ! Et je suis partante pour une nouvelle fournée. (On a le droit de rêver !)

Lettres à plumes et à poils - Philippe Lechermeier smileyc002 
illustrations de Delphine Perret
éditions Thierry Magnier (2011) - 170 pages - 9,80€

Cet ouvrage est publié avec le soutien de la Fondation d'entreprise La Poste.

5 avril 2011

Toute la splendeur flamboyante du mariage arrive quand finit l'amour.

IMG_3300Dernier tome de la série ! Je n'ai pas été déçue, même si je trouve que cela se termine sans esbroufe et avec trop de facilités. Henry est très loin du jeune homme séducteur sans scrupules de ses débuts, Penelope fait moins d'étincelles, Diana conserve son caractère indépendant et entier (c'est la seule qui sort grandie de la saga, à mes yeux), sa soeur Elizabeth se débat avec ses souvenirs et Carolina atteint le firmament ! Que d'aventures pour nos chers new-yorkais ! 

Il m'a cependant manqué un peu de peps au début du roman, alors que nous étions pourtant aux portes du tome final. Tant d'événements étaient survenus précédemment, il restait encore beaucoup de dossiers à régler, je me demandais quand l'action allait se mettre en branle (vers la moitié du livre, donc). Aussi, comme je le craignais, les solutions me sont apparues faciles, trop faciles (surtout pour Elizabeth aux prises avec de terribles révélations). L'issue n'en demeure pas moins flamboyante et romanesque, à ceci s'ajoute un doux parfum nostalgique. En effet, le vent tourne pour nos membres de cette société huppée et rétrograde, même Le Joyeux Dandy le souligne. Le tic-tac de l'horloge se fait plus fort, l'avènement de Caroline Broad ou l'émancipation de Diana Holland (sa coupe de cheveux, ses choix amoureux, son goût du risque) font notamment sonner le tocsin d'une ère nouvelle.

Et définitivement les couvertures auront été de toute beauté, elles ont su enrober de douceur et d'élégance cette saga aux rouages bien huilés et aux situations téléphonées, un peu comme les sitcoms à succès. On y retrouve tous les clichés et toutes les ficelles du métier, c'est prouvé, mais j'ai de loin trouvé que c'était un défaut car je me suis régalée du premier au dernier tome de cette série d'Anna Godbersen (ma préférence se porte à jamais sur le tome 2). L'auteur travaille actuellement sur une autre saga se passant pendant les années folles, Bright Young Things.

Vénéneuses (Rebelles #4) - Anna Godbersen
traduit de l'anglais (USA) par Alice Seelow
Albin Michel (2011) - 430 pages - 17€

Lu et adoré par Sophie & Fantasia

5 avril 2011

Teaser Tuesday #14

Tuesdayteaser"Mia ! lui répondis-je en criant par-dessus mon épaule. Je m'appelle Mia."
Sous l'effet d'une légère brise, mes cheveux se mirent à flotter et mes boucles d'oreilles en coquillages à tinter. Au bout du pont, le chien errant m'attendait, assis.
Tout à coup, j'eus l'impression que ça sentait un peu le printemps.
Les quatre saisons du fleuve - Marlene Röder

Au printemps, nous capturions des lucioles. Dès la tombée de la nuit, nous sortions de nos maisons montées sur pilotis. Nous dévalions les passerelles faites de traverses disjointes et sautions sur la terre ferme. Nous cavalions vers le petit bois de pins qui n'était qu'à un jet de pierre.
Ma soeur n'était pas encore née, mais déjà le ventre de ma mère trahissait sa présence. Ma grand-mère, qui en connaissait un bout sur le sujet, prédisait qu'elle arriverait en novembre. J'étais l'unique garçon de la famille. Nous avions aussi un chat, mais ça ne compte pas.
Bleu Toxic - Christophe Léon

Une odeur de caramel chaud m'a chatouillé les narines et titillé l'imagination. Je me suis aussitôt représenté une pâte à gâteau bien élastique, fraîchement malaxée, du beurre fondu grésillant dans une poêle, de la crème fouettée ondulant sur la mousse d'un café viennois.
Chaque fois que je passais devant cette pâtisserie, je voyais littéralement la pâte lever et sentais sur ma langue le goût de la confiture de figue ou d'abricot qui allait servir de fond de tarte.
Les petits pains de la pleine lune - Gu Byeong-mo

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4 avril 2011

La plus belle histoire entre nous deux c'est l'espoir.

IMG_3301Albertine a dix-sept ans, elle vient de planter l'école, de quitter sa mère avec laquelle l'entente n'était plus au beau fixe et s'est réfugiée dans un coin perdu, chez un ami de son père. Elle fait la serveuse, Steel est un type bourru, qui boit énormément. L'ambiance est franchement morose. Alors Albertine se console sur la plage, rencontre Carmen, discute de sa vie difficile, de Lukas, son père absent qu'elle connaît si peu, et des petits secrets des villageois qui paraissent tous graviter autour d'un même pôle (la mer, Lukas et Steel). Albertine fait aussi la connaissance de Dan, qu'elle aime passionnément. Mais la petite copine du garçon fait un scandale au café où travaille Albertine, son hôte franchit la limite interdite, Lukas demeure aux abonnés absents et Dan fait n'importe quoi.

Dès le départ, l'histoire n'était pas très réjouissante ni optimiste, elle n'a jamais cessé de s'enliser dans un marasme pesant et collant. Je n'ai vraiment pas aimé, je me suis sentie triste et je ne voyais aucune éclaircie dans l'histoire. La tragédie arrive, oui, bon... je me sentais déjà accablée, un peu plus, un peu moins, quelle différence ? Je n'avais plus le courage d'écouter le CD, mais j'ai entendu une chanson et c'est suffisant (Chloé Stefani possède une jolie voix, mais la variété française ne me touche pas). Grosse déception pour moi, ou rendez-vous manqué.

Dis-lui, par Rémi Stefani
Casterman (2011) - 210 pages - 15,95€
un roman / dix chansons / un clip

3 avril 2011

There's rosemary, that's for remembrance.

IMG_3288J'ai été immédiatement happée par l'histoire, me délectant du ton doux et mélancolique de Lenah, jeune femme vampire qui vient d'accomplir un rituel pour redevenir humaine. Le miracle a eu lieu, Lenah a de nouveau seize ans, son protecteur, Rhode, s'est sacrifié pour elle. Mais pas le temps de s'apitoyer sur son sort, Lenah a soif de vie et de liberté. Elle se délecte de retrouver ses cinq sens, se gorge de soleil, pose un regard neuf et ébloui sur tout ce qui l'entoure, découvre aussi l'amitié avec Tony, puis l'amour avec Justin. Cet incroyable retour à la vie lui fait également prendre conscience des choix malheureux de son passé. Elle était une vampire puissante et redoutable, avait créé son cercle et sait qu'elle va devoir rendre des comptes. Ses anciens compagnons vont bientôt se mettre à sa recherche, car son nouveau choix de vie signe aussi son arrêt de mort.

Je ne vous cache pas le trouble derrière cette histoire, nimbée de beauté éthérée, de contemplation de la vie, d'intuition et de sens moral à double tranchant. J'ai été séduite par toute la première partie du récit, me glissant dans la peau de Lenah afin d'apprécier, comme elle, son cadre de vie et ses petits bonheurs quotidiens. Lenah est très sensible aux détails quelconques, pose un regard neuf sur des banalités, ose de nouvelles expériences, va au-devant des rencontres. Elle connaît le secret des plantes et des herbes, parle leur langage, cultive un rapport quasi mystique avec sa nature d'humaine. Elle s'entoure ainsi d'une aura délicate et qui subjugue. J'étais hypnotisée ! La partie sentimentale est plus accessoire, même si elle participe au charme général. Lenah est complètement fascinée par Justin, quand elle l'évoque, c'est en des termes d'aveuglement et de magnétisme. J'ai trouvé que c'était très beau, et pas niais. Mais de manière générale, l'auteur a su donner un charisme fou à chacun de ses personnages.

La transition entre la première et deuxième partie est un peu plus biaisée et j'ai regretté certaines réactions et attitudes, le basculement de situation fait entrevoir une réalité plus amère et pesante. Jusqu'alors, j'avais de Lenah une image d'icône intouchable, à la façon d'une Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's, et j'étais envoûtée par cette atmosphère classieuse. En fait, tout ce qui survient aux alentours du Bal d'Hiver et après m'a un peu moins touchée. C'est brouillon et vaguement larmoyant, l'action part un peu dans tous les sens, et n'est même pas très crédible par instants. Ceci dit, cela ne m'a pas empêchée d'être captivée par le dénouement. (L'édition en VO offre le premier chapitre du tome suivant, cela atténue le suspense mais réactive l'envie de se procurer la suite très vite !) Il ne faut pas se tromper sur ce roman, il est plus tourné sur l'introspection, sur son ambiance vaporeuse et subtile, et beaucoup moins sur les actes et les retentissements. C'est une histoire délicate, avec une héroïne touchée par la grâce, qui laisse planer un certain spleen. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cet aspect.

Humaine - Rebecca Maizel
Albin Michel, coll. Wiz (2011) - 450 pages - 16€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

> les avis de Lily et Francesca

2 avril 2011

Pêle-mêle Clarabel #27

Un peu d'évasion parce qu'il fait beau et que c'est le weekend !

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extraits - Un dragon dans la tête de Pittau & Gervais (Gallimard jeunesse, 2011)

Le deuxième poème, On peut, me fait penser au Cancre de Prévert.

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Et j'ai aimé aussi me promener dans l'herbe et découvrir ce qu'elle cache à travers le regard d'une petite fille.

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Dans l'herbe, de Yukiko Kato & Komako Sakaï (L'école des loisirs, 2011)

Et la palme de la jolie couverture revient à Lela Mari et Les animaux dans le pré.

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Dans ce livre, il n'y a pas de mots. Ce sont les images qui racontent, non pas une, mais beaucoup d'histoires. Des histoires de couleurs, d'odeurs, et des histoires d'animaux. Autant d'histoires qu'il y a d'animaux dans ce pré. Des animaux qui jouent, qui se tournent le dos, se guettent, se tendent des embuscades.

(Avec pages cartonnées, pour petits lecteurs !)

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CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 15

1 avril 2011

"Oh, Darcy ! You have such a way with the ladies."

IMG_3118Présenté sous forme d'hommage au roman de Jane Austen, ce calque de Pride & Prejudice est une agréable lecture, romantique et divertissante, mais malgré ce plaisir, il faut reconnaître que ce n'est pas non plus follement renversant car l'intrigue est plate, prévisible, surtout pour ceux qui connaissent l'oeuvre originale.

Prom & Prejudice d'Elizabeth Eulberg se passe de nos jours, sur la côte Est des Etats-Unis, dans deux écoles bon chic bon genre (Longbourn pour les filles, Pemberley pour les garçons). Lizzie Bennet est élève boursière, ce qui revient à porter une cible sur le front, ses camarades sont tous riches et lui font sentir qu'elle n'a pas sa place parmi eux. Mais Lizzie est une talentueuse pianiste, elle a survécu à son premier semestre et ne veut pas décevoir ses parents, elle s'est jurée de ne plus se laisser marcher sur les pieds. Et c'est sur Will Darcy que son sens aigu de la rancune va se prononcer. Le garçon rentre d'un voyage à Londres avec son ami Charles Bingley, ce dernier est le chéri de Jane, la meilleure amie de notre héroïne, ils se retrouvent lors d'une soirée où Lizzie et Darcy vont cordialement afficher leur mépris respectif !

L'histoire se compose ainsi des malentendus et autres incompréhensions qui empoisonnent le couple - tous deux têtus, bornés, aveugles et rongés par leurs préjugés. La trame romanesque ne change pas d'un iota. Je n'ai hélas pas retrouvé la scène de la chemise mouillée, un comble impardonnable, mais l'essentiel du casting répond à l'appel (même l'horripilant Colin est de service, de même George Wickham dans son rôle de bad boy). Les personnages principaux n'ont toutefois pas beaucoup d'envergure - le couple de Jane et Charles est d'une fadeur, c'est à se demander à quelle époque ils vivent. De toute façon, toute démonstration affective m'est apparue compassée et sans étincelle. La seule surprise a été pour moi la scène au Carnegie Hall, où Lizzie et sa mère ont été conviées pour le concerto d'une célèbre pianiste.

Non, franchement cela n'a pas été une lecture déplaisante, loin de là. Il faut toutefois savoir qu'on ne retrouve pas l'humour et l'esprit de Jane Austen, et je pense que c'est un livre qui s'adresse surtout aux plus jeunes lectrices. Etant donné ce que j'ai déjà lu dans le même genre (Polly Shulman, Mandy Hubbard), j'ai trouvé que cette lecture, rapide et légère, a le goût délicieusement sucré d'une friandise, qui disparaît aussitôt après le brossage de dents. Sympathique donc, mais pas nécessaire. Sauf si on a envie de souffler entre deux rendez-vous qui vous mettent la tête à l'envers.

du même auteur :  The Lonely Hearts Club.

Prom & Prejudice - Elizabeth Eulberg
Published January 2011 by Point

LUENVOLu en VO - 13 

31 mars 2011

Big Bouffant - Kate Hosford / Holly Clifton-Brown

Big_bouffant

Dès le jour de la rentrée, un détail agace Annabelle : toutes les filles de sa classe portent des couettes ou des queues de cheval. C'est d'une tristesse... Il faut que ça change et Annabelle lance la révolution capillaire. C'est en tombant sur la photo de sa grand-mère que lui vient son idée : il lui faut une choucroute ! Une belle, volumineuse choucroute. Pas facile à dresser sur la tête, même en utilisant un peu de ketchup, du beurre, de la mayonnaise et du miel, ou en complétant le tout avec des rubans et des épingles, le résultat n'est pas folichon.

Bref, arrive l'instant de vérité alors qu'Annabelle se présente à l'école. Les copines se moquent d'elles pour commencer, mais ce nouveau phénomène de mode finit par faire des émules. Souvent copiée, jamais imitée, Annabelle relance sans cesse l'exclusivité car elle refuse à tout prix de ressembler à toutes les autres filles !

Véritable hymne pour la soif d'indépendance et la quête d'identité, BIG BOUFFANT est un délicieux album qui nous raconte les effets pervers du sensationnalisme, ou quand on cherche à se démarquer, la mode ne cesse de banaliser l'extraordinaire, d'où la volonté de toujours vouloir se distinguer, se renouveller, etc. Les illustrations de Holly Clifton-Brown sont adorables et drôles. L'album se veut absolument léger et charmant ! Nous avons beaucoup aimé.

Expected publication: April 2011 by Carolrhoda Books 
le site de l'auteur : http://khosford.com/

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