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Chez Clarabel

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15 février 2011

Marie et les choses de la vie

Marie et les choses de la vie, c'est un bel album généreusement servi par le savoir-faire de Kaatje Vermeire.

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Marie et les choses de la vie, c'est un album qui nous parle de maladie, de vieillesse, de mort. Oui, ça fait mal mais ça n'exclut pas l'amour, la tendresse, la complicité. Marie est une petite fille qui a construit avec sa grand-mère une relation exceptionnelle, mais lorsque celle-ci tombe et perd la tête, c'est un autre monde qui s'ouvre à Marie. Un monde froid, inhospitalier, clinique et fermé. Sa grand-mère ne parle plus, pourtant Marie la comprend, entend ses paroles, dessine ses pensées et n'hésite pas à la kidnapper pour exaucer ses derniers désirs.
Le propos a beau être fort et douloureux, le texte ne laisse rien paraître car c'est bien de douceur et de facétie qu'il est question ! Marie est une petite fille souriante, qui sait communiquer son énergie. La sensibilité est ici bien exprimée, tendrement exploitée.
Pourtant, je m'y suis sentie mal à l'aise. J'avais la gorge nouée, je sentais la volonté de bien faire, mais l'histoire est beaucoup trop poignante (à mon goût). Parce que c'est personnel aussi... Je ne pense pas pouvoir relire cet album un jour, je préfère en rester là. 
Avec mes meilleurs souvenirs et tous mes encouragements pour ce joli travail.

IMG_2425Lire l'avis de Fantasia & Sophie

Marie et les choses de la vie
texte de Tine Mortier & illustrations de Kaatje Vermeire
traduit du flamand par Josiane Bardon
Le Sorbier (2011) - 13,50€

 

NB : Ceci me ramène au post lu sur le blog de Cat Clarke (et dès que j'y repense, j'en ai de nouveau les larmes aux yeux). His name is Jamie Smart, He writes and draws comics and books and web stuff. He lost his dad last year and drew a comic about it. Have a look here. If you can read it without crying, I'll be amazed.

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14 février 2011

C'est pas parce qu'on écrit qu'on est bien dans sa tête, ça veut rien dire...

IMG_2471C'est un très, très joli roman qui absorbe toute votre attention pendant 500 pages et qui vous recrache contre votre gré, le coeur lourd et la tête à l'envers, car c'est vraiment difficile de quitter tous les personnages, même si on sait que tout va mieux pour eux.
C'est l'histoire d'une ferme, qui s'appelle Le Bout du Monde. Un lieu paumé pour accueillir tous les bras cassés. On y rencontre Marlène, la responsable, et trois adolescents, Solam, Jul et Malo. On ne connaît pas tout de suite leurs histoires, on en aperçoit des bribes et c'est tant mieux. Cela rend la lecture plus intriguante et passionnante.

Le roman se construit autour des pages de journaux intimes de chacun - ils doivent se livrer à cet exercice imposé par Marlène. Tous n'y mettent pas le même coeur à l'ouvrage, certains préfèrent se défouler dans l'agressivité, d'autres dans leur détresse affective ou dans une poignante candeur. Mis bout à bout, leurs confessions nous bouleversent, nous touchent et nous racontent une vraie histoire, dans la lignée de celle d'Anna Gavalda. Ensemble, c'est tout est devenu un slogan à part entière, un slogan qui colle parfaitement à l'esprit du roman de Maud Lethielleux. C'est vous dire le bonheur et le bien qu'il procure.

J'ai ressenti des élans d'amour, de tendresse, de colère, de frustration et d'amertume au cours de ma lecture. Tout est vécu vite et fort, tout s'exprime au centuple. Ce n'est pas un roman banal. Pas une histoire commune. Et j'ai aimé aussi l'idée de créer sa propre famille, de se consoler comme on peut, avec les moyens du bord, jusqu'à l'issue de secours, inattendue mais pas vaine, rassurante et loin d'être mielleuse. Oui, c'est bien que ça se termine ainsi, c'est mieux, ça donne de l'espoir.
J'ai réellement apprécié me fondre dans cette aventure humaine, me faire une place parmi cette communauté toute cabossée. Je leur souhaite bonne chance, comme à tous ceux qui grandissent trop vite ou que la vie inquiète.

Tout près le bout du monde - Maud Lethielleuxsmileyc219
Flammarion (2010) - 508 pages - 10€

Quand elle sourit j'ai l'impression d'être en coton, comme la poupée doudou que j'avais quand j'étais petit, toute molle. J'aimerais bien être un doudou toujours au chaud avec quelqu'un comme Djoule qui me cherche partout.

***

Parfois je me sens libre. Je respire, c'est tout ce dont je suis capable : respirer, me nourrir, dormir. Et il m'arrive de penser que c'est suffisant, qu'après tout la vie n'est rien de plus, et que tout le reste n'est qu'un leurre.

> les cris d'amour de Zazou et Gaëlle

13 février 2011

You don't know everything about me, Donna Underwood.

IMG_2379Ouf ! Cette fin est apaisante et ne met pas mes nerfs en boule. Cela commençait à devenir une manie...
Que dire ? Cette lecture a été pleinement réjouissante, surtout au début, au moment de découvrir dans quel monde on mettait les pieds. La suite offre un délicieux cocktail où aventure rime avec passion (oui, dans l'idée).
Donna Underwood, 17 ans, porte des tatouages argentés sur les bras et les mains qu'elle préfère camoufler avec des gants. Elle se sent monstrueuse et ne va plus au lycée pour éviter le regard des autres. Son meilleur ami, Navin Sharma, la force à se bouger les fesses afin d'entretenir un semblant de vie sociale (en gros, elle vit seule chez sa tante, depuis la mort de ses parents). Et c'est de cette façon qu'elle rencontre Xan. Beaucoup de charme, de mystère et de culot au compteur.
Les événements se bousculent dès lors que Donna et Navin sont attaqués par un Elfe de la forêt. Et cela s'accentue lorsqu'on découvre que Donna est fille d'alchimistes et vit selon les règles de l'Ordre du Dragon. Et même Xan, de son côté, n'est pas QUE le beau gosse du roman...
Bon, inutile de tout révéler.
L'histoire est sympa, mais elle n'étonne pas. Les personnages sont attachants, mais je sens venir le triangle amoureux à des kilomètres - pouah. De plus, la relation amoureuse m'est apparue bancale. Tantôt irrésistible et craquante, tantôt pondérée et encombrante. Je ne sais pas, c'est indescriptible. J'ai été charmée par cette histoire, que je trouve distrayante. Par contre je ne la considère pas indispensable, et lire la suite ne sera pas dans mes priorités non plus. (Enfin, je dis ça mais je me connais...)
La couverture est superbe ! Elle a d'ailleurs largement contribué à mon envie de lire le roman.

The Iron Witch - Karen Mahoney
Published February 2011 by Corgi Childrens

LUENVOLu en VO - 9

13 février 2011

That seems to be the theme of our lives... wishing we could turn back time and make different choices.

Il s'agir de la suite de Leaving Paradise.
(Oui, je sais : la couverture est décevante, c'est mielleux, inutile, berk.)

IMG_2470Oh, ce joli épilogue ! Qu'est-ce que c'était mignon ! J'avais des papillons dans le ventre.
Mais avant cela, l'histoire est compliquée. Caleb et Maggie ont toujours des sentiments l'un pour l'autre, ils se cherchent et jouent un jeu dangereux, je t'aime, je te veux, pourtant tu m'as trahie(e), menti(e), trompé(e), il faut passer à autre chose. Le voulons-nous vraiment ? Bref, à ce régime-là, j'ai trouvé que c'était frustrant, long, répétitif. Et pourtant, ça reste touchant, poignant et ça le fait.

Après son départ de Paradise, Caleb a échoué dans un squat de dealers à Chicago, s'est fait embarquer lors d'une intervention de la police et est de nouveau menacé de retourner en prison. A la place, on l'envoie pour quatre semaines dans un programme d'intervention dans les écoles avec d'autres victimes de la route. Leur but : raconter leur histoire, partager leur sinistre expérience. Or, parmi les six jeunes inscrits à ce programme, se trouve Maggie. Leurs retrouvailles ont un goût amer. Elle affirme être totalement indifférente à sa présence, elle veut aller au bout de son ambition pour effacer l'accident de sa mémoire, parce qu'elle a repris du poil de la bête et veut avancer. Caleb n'a pas l'intention de la contredire, il va dans son sens, il la brusque, ne l'épargne pas et il est parfois sans pitié.

Pourtant, entre eux, rien n'est mort, dès qu'ils sont en présence l'un de l'autre, ça palpite, ça s'attire, ça s'embrasse, ça s'enlace et plus. Ce sont constamment des hauts et des bas, et j'avoue que c'est aussi fatigant. Plus d'une fois, on a envie de les voir jouer cartes sur table, de s'affranchir de leurs mensonges et de mettre de côté ces précautions inutiles qu'ils prennent, pensant protéger l'autre. Leur histoire est complexe, agaçante parce que tellement empruntée et inutile.

Néanmoins, sur près de 300 pages, on a le coeur en vrille. Et puis c'est beaucoup plus sexy que dans le premier livre. Pardonnez l'image, mais Caleb est un dur au coeur tendre. Le voir craquer pour Maggie, la blesser à dessein pour qu'elle se détache de lui, pour l'aider à tourner la page, c'était juste irrésistible, même si ça peut sembler cruel et pervers.
Un bon deuxième livre donc, une suite qui réconcilie les coeurs broyés, qui renoue avec les drames et les mises au point, enfin les vérités voient le jour, ça se tasse, ça réconforte, ouf ça fait du bien.

Return to Paradise - Simone Elkeles
Published September 2010 by Flux 

LUENVOLu en VO - 8

11 février 2011

Ils diront d'elle

- C'est à cause de ton père n'est-ce pas ? avait demandé sa mère quand elle avait deviné, quelques années plus tard, à quoi pouvait ressembler sa "vie avec une copine" dans un bled maritime, quartier abandonné pendant dix mois de l'année, vent qui souffle, grosses marées, mais personne pour juger quand on veut s'embrasser.

L'avantage des questions fermées c'est qu'elles parlent à la place du sujet concerné. Estelle avait l'habitude, elle avait toujours entendu sa mère répondre pour elle. Depuis l'âge des jambes croisées qui se balancent sous la chaise, jusqu'à celui des pieds qu'on lui laissera enfin ne pas avoir "sur terre", sa mère commençait ses phrases par "ma fille" et Estelle attendait de connaître la suite en même temps que la directrice du collège ou que l'enseignant qui les avait convoquées. Elle apprenait qu'elle était comme ci ou comme ça, qu'elle avait envie de faire ceci ou cela, elle était quelqu'un qu'on lui décrivait.  Alors oui, si elle le disait, si c'était la réponse que sa mère proposait, parce que ça l'arrangeait, parce que ça l'épargnait, elle, qu'est-ce qu'elle aurait raté ?

De la faute de son père, c'est bien restons-en là, avait pensé Estelle. Elles n'avaient jamais eu de véritable discussion. Elle s'était contentée d'apprécier que sa mère ait deviné sans paraître mortifiée, qu'elle ait mis le pied dans le plat sans même se déchausser. Plus tard, Estelle doutera de l'avoir correctement interprété.

IMG_2461A l'occasion des retrouvailles en famille pour les fêtes de fin d'année, Estelle a choisi de discuter des parents avec ses frères et soeurs. Elle a grandi sous le poids des secrets, elle s'est sentie étouffée et empoisonnée, cela continue de la hanter, aujourd'hui il est temps de s'en libérer. C'était la petite dernière, beaucoup d'écart la sépare de ses aînés, a-t-on cherché à la protéger, à la tenir à l'écart car elle était trop jeune ? Ou est-ce de sa faute aussi d'avoir noirci le tableau ? Entre la disparition du père, cavaleur et faible, qui aurait cédé à la facilité, et entre le silence martyr de la mère, Estelle en a vu de toutes les couleurs et a longtemps tu ses frustrations. En choisissant donc de briser le tabou, elle s'expose. Elle entend bousculer ses frères et soeurs, mais la réalité la déconcertera davantage.
Ce roman conserve une empreinte de tristesse et de désolation qui ne parvient pas à s'enlever, je m'y suis enlisée, je ne sais pas pourquoi, j'ai trouvé que les problèmes d'Estelle étaient pesants et m'ennuyaient un peu. Fatalement ses histoires de famille empiètent sur sa vie personnelle, sur son manque d'ambition, sa vie sentimentale qui m'apparaît subie. Oui, elle est heureuse auprès de Vanessa, qui est une jeune femme à la personnalité flamboyante. Tout est terriblement lié - le manque de repère et de confort a fragilisé Estelle, qui se rassure et se sustente dans sa fascination. C'est compliqué, j'exagère ou je raccourcis, mais il me restera de cette lecture une impression mitigée. J'avais nettement préféré les précédents romans de Fanny Brucker, Far Ouest et J'aimerais tant te retrouver
.
Celui-ci m'échappe un peu...

Merci, merci, F.B. !

Ils diront d'elle, roman de Fanny Brucker
JC Lattès (2011) - 267 pages - 17€

 

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10 février 2011

Pêle-mêle Clarabel #22

La Cité de l'Ombre - Jeanne DuPrau : Une ville souterraine créée pour sauver l'humanité. Le temps qui passe. La boîte de survie qui s'égare. Un maire tyrannique, qui s'enrichit sur le compte des autres. Un couple de jeunes héros prêt à comprendre, décoder, risquer et découvrir la vérité. Ou la réalité. C'est selon. Ma foi, l'histoire sur le papier est intéressante mais son traitement est frustrant. Clairement l'écriture est trop simple, cette série se destine à un lectorat jeune - dès 11 ans. Donc voilà, suis un poil déçue !

Ce livre a également été l'objet d'une adaptation cinématographique par Gil Kenan - qui a vu le film ? C'est bien ?

Folio junior (2008) - 294 pages - 6,70€
traduit de l'anglais par Julien Ramel

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Airman - Eoin Colfer : Un jeune garçon, né dans un ballon dirigeable, va ainsi être marqué à vie par les airs. Enfant intrépide et rêveur, il s'intéresse à la science et prévoit de créer sa propre machine à voler. Hélas, son destin connaîtra un sinistre revirement puisqu'il sera condamné à l'exil. Loin de lui, ses parents panseront leurs plaies, sa meilleure amie assumera ses fonctions royales, les vieux souvenirs seront enfouis. Pourtant l'heure de la vengeance a sonné et Conor s'est juré de rétablir son honneur et de faire éclater la vérité. Ce roman enlevé et au ton humoristique nous fait découvrir une autre étendue du talent du papa d'Artemis Fowl - Eoin Colfer nous embarque dans son monde chargé de références, et malgré quelques longueurs, le rythme ne manque pas de souffle et l'aventure de panache. Cela se lit vite, et avec grand plaisir !

Les dialogues font mouche - par exemple :

- Traverserez-vous le ciel pour venir me voir, sir Airman ?
- Je ne suis qu'un sir. N'est-ce pas trop roturier pour une reine ?
- C'est facile à arranger. Une simple piqûre de mon épingle à chapeau peut faire de toi un prince.
- Une épingle à chapeau ? Est-ce légal ?
- Il n'est pas nécessaire d'utiliser une épingle à chapeau, du moment que le sang coule et que tu souffres terriblement.
Conor prit sa main dans la sienne.
- Je crois maintenant que je vais terriblement souffrir jusqu'à mon retour.

Une adaptation pour le cinéma est actuellement en cours.

Folio junior (2011) - 506 pages - 8,10€
traduit de l'anglais par Philippe Giraudon

9 février 2011

Pan & Chat : la série !

Une ravissante et rafraîchissante découverte !!!

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C'est une jolie série aux couvertures colorées, mettant en scène Pan, un garçonnet qui aime jouer de la trompette, et son inséparable Chat, qui joue du piano. Leurs aventures sont rigolotes et loin d'être reposantes : de plus, l'ordre n'a pas d'importance. Parmi leurs folles péripéties, on découvre un chien bleu qui a perdu le chemin de la maison, une demoiselle un peu pimbêche qui risque de briser leur belle amitié, un directeur de cirque aux yeux plus gros que le ventre, et un voleur amateur de marathon (une petite bagarre et une victoire en musique). Quel programme !

Texte et illustrations minimalistes. Bel esprit. Beaucoup d'humour. Forcément J'AIME !

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Sous le nom d'artiste Aki, se cache l'auteure illustratrice Delphine Mach, également aux fourneaux d'un blog culinaire illustré - intitulé Les 3 soeurs.

Pan et Chat et le cirque / Pan et Chat et le chien bleu / Pan et Chat et Yoko / Pan et Chat et le voleur  par Aki (Gallimard, coll. Giboulées, 2011 - 6€ le livre).

 

 

 

 

8 février 2011

Life first.

IMG_2375Si je n'en étais pas déjà convaincue, cette lecture confirmerait que je suis définitivement convertie et accro à la dystopie ! Birthmarked a su me prendre dans ses filets, m'interroger, me toucher, me révolter et m'émouvoir. J'en étais à me demander si je ne devenais pas sadique à la fin, à subir toujours la même rengaine, et à endurer encore cette fichue frustration parce qu'il faudra patienter pour connaître la suite !

Birthmarked nous plonge dans une ambiance sombre, poussiéreuse, amère et inquiétante. C'est l'histoire de Gaia Stone, seize ans. Elle a suivi l'exemple de sa mère en devenant sage-femme. A son tour, elle aide les femmes à accoucher et prend leurs bébés pour les confier à l'Enclave. C'est son devoir. Elle est jeune et déjà mature pour son âge, pourtant elle ne remet pas en question le principe du bien et du mal. Elle a deux frères aînés qui vivent derrière les murs, au coeur de la cité plus riche et prospère, loin de Wharfton où vit la population plus modeste. Sa mère lui a appris à tatouer chaque bébé en leur mémoire, tout en offrant une tasse de thé aux parturientes. Et ainsi va la vie.

Puis, un soir, en rentrant chez elle, Gaia découvre le Sergent Grey venu lui annoncer l'arrestation de ses parents. Ils seraient suspectés de trahison, la jeune fille tente de défendre leur honneur et refuse de se plier à l'interrogatoire. Ses soucis ne font que commencer, mais qu'importe, il est temps d'agir et Gaia décide de franchir clandestinement le Mur.

La suite de l'histoire ne cesse de surprendre, de secouer, de terrifier et d'abasourdir. C'est lourd, c'est fort mais c'est bon. Il y a à la fois un calme apparent et un suspense tendu au cordeau, l'action ne manque pas, de plus il n'est pas rare de tomber sur des rebondissements au détour d'une page. L'auteur a su cultiver une tension permanente, c'est captivant.

Gaia elle-même est une héroïne attachante, qui manque totalement de confiance en elle. Une cicatrice mange une partie de son visage, depuis toujours elle a enduré les réflexions, les regards et les moqueries. Elle se sent monstrueuse, aussi elle s'est réfugiée dans son travail, solitaire et malheureuse, pour ne plus y penser. Espoir vain. En débarquant au coeur de l'Enclave, elle attire aussitôt l'attention. Son physique, d'abord. Et aussi ses choix de vie et de survie. Gaia Stone devient une héroïne, à l'image d'une Katniss Everdeen, car sans le savoir, sans le vouloir, elle va représenter l'espoir et devenir un symbole d'insoumission.

J'ai aimé aussi la romance, pudique et balbutiante, qui naît au fil des chapitres. Pour une fois, le coup de foudre ne s'impose pas. Les deux personnages sont face à face, ils ne se comprennent pas et parfois se déçoivent, toutefois le lien existe, se tisse doucement mais sûrement. D'ailleurs, les dernières pages nous renvoient cruellement à nos foyers, en nous plombant le coeur. Quelle déchirure. A quand la suite ? (November 2011 : Prized.)

Birthmarked - Caragh O'Brien
Published March 2010 by Roaring Brook Press

 

LUENVOLu en VO - 7

A PARAÎTRE EN VF LE 11 FEVRIER 2011 !

I_love_dystopie

8 février 2011

Teaser Tuesday #6

Tuesdayteaser(Beaucoup de lectures en cours, très peu de temps pour choisir - et parce que je ne le veux pas non plus - font de ce teaser tuesday un charmant melting-pot !)

Ce matin-là, Doon était arrivé aux Galeries Souterraines plein d'impatience. Il allait enfin passer aux choses sérieuses et pouvoir faire quelque chose d'utile.

La Cité de l'Ombre - Jeanne DuPrau

Il était rare de voir Isabella et Conor l'un sans l'autre. La plupart du temps, ils étaient si bien barbouillés de boue, de sang et autres susbtances peu recommandables qu'il était presque impossible de distinguer le garçon de la princesse.

Airman - Eoin Colfer

Mon seul cours de l'après-midi, à l'intitulé boiteux : "Grandes idées", passait en revue la philosophie de l'époque classique à nos jours. Malgré son thème plutôt vague, ce cours était devenu mon préféré, mais lorsque j'ai vu Shay assis à un bureau près des grandes fenêtres, mon coeur s'est affolé. Je me dirigeai vers le fond de la classe, aussi loin de lui que possible. Il me regarda m'asseoir. Je sortis le gros classeur qui contenait nos lectures pour l'année entière et le parcourus à la recherche des devoirs que j'avais faits la veille. Alors que j'essayais de relire mes notes, les mots se brouillèrent.
Qui est-il ? Que fait-il ?

Nightshade - Andrea Cremer

La brise marine soulève les voilages et son odeur de poisson salé me rappelle que je suis là, en Cornouailles, dans le lit de Charley. Je me réveille en sueur, cherchant mon souffle, tandis que les dernières bribes de mon rêve se dissipent. Je poursuis... Charley... en courant de toutes mes forces, mais je ne parviens pas à la rattraper. On arrive à une rivière où elle plonge en décrivant un arc plein d'aisance et d'assurance, sans créer le moindre remous.

Si tu m'entends - Sharon Dogar

She continued to watch him. Why had she even come up here ? This whole evening had been a huge mistake.
But she couldn't help gazing at his wide mouth, with its full bottom lip, and letting her imagination go crazy. She had a sudden picture in her head of kissing this unknown boy. Well, not exactly a boy... he looked older than her at least a couple of years. She knew that his lips would be soft but insistent, that lazy half-smile suddenly transformed into something more intense.

The Iron Witch - Karen Mahoney

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7 février 2011

Pêle-Mêle Clarabel #21

IMG_2289L'histoire est simple et gentille, mais elle s'est révélée super émouvante, en fait. Ninon apprend que sa mère, âgée de 38 ans, attend son 2ème enfant. La jeune ado n'est pas franchement emballée, elle se braque dès que son beau-père tente de s'immiscer dans leur quotidien, elle fait de la résistance passive pour attirer l'attention car elle se sent de plus en plus délaissée. Il n'en a que pour le bébé dans le ventre ! C'est d'un ridicule, pense Ninon, qui ne s'interroge pas sur ce qu'elle ressent. Serait-elle jalouse ou ennuyée par les changements à venir ? Elle verra ça plus tard. Pour l'instant, elle soupire fort, très fort et regrette de devoir partager sa mère. Puis, arrive la naissance prématurée. Longtemps le bébé sera entre la vie et la mort, toute la famille est bouleversée, Ninon est toujours tenue à l'écart, sa mère n'est plus qu'un zombie, Stéphane, lui, avance ses billes avec précaution mais efficacité. Je ne sais pas l'expliquer, mais j'ai été vraiment émue par le stress et la détresse qui gagnent la jeune fille concernant le sort de sa soeur, entre la découvrir totalement indifférente puis fondre pour ce gnome qu'elle trouvait inutile et affreux. A croire que son statut d'aînée la conduit à se montrer moins exclusive dans sa relation avec sa mère - et là encore, c'est un sujet qui me touche beaucoup ! Enfin bref, cela a été une lecture surprise fort agréable.

- Tu vois tous ces petits bébés ? Ils se battent pour vivre. Ils se battent jour et nuit. On ne peut pas les fragiliser avec des microbes.
J'ai pensé que mes microbes n'étaient pas pires que ceux de maman ou de Stéphane, mais je n'ai rien dit. Quand quelqu'un vous fait une faveur exceptionnelle, ce n'est pas le moment de chipoter.

La petite fille dans une boîte en verre - Marie Leymarie
Gallimard jeunesse, coll. Hors-piste (2010) - 154 pages - 8€
illustrations de Pierre Bailly

A signaler en sortie(s) poche :

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Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, roman de Judy Blundell : New York, 1947. Evie vit dans le Queens avec sa mère et Joe. Lorsque ce dernier reçoit un coup de fil insistant, il décide de partir en vacances en Floride. A Palm Beach, ville fantôme où seul un petit hôtel minable est ouvert, les Spooner vont lier connaissance avec un autre couple, les Grayson, et un ancien soldat qui a connu Joe en Europe, Peter Coleridge. Evie tombe immédiatement amoureuse de lui, elle a quinze ans, elle est naïve et a toujours vécu dans un cocon, elle voue une vraie fascination pour sa mère, Bev, qui est belle comme Lana Turner. A côté, Evie se sent comme le vilain petit canard, quelconque, transparent jusqu'à ce que Peter l'aborde, l'invite à danser, lui sourit, propose de la balader dans sa voiture et l'embrasse.

Sous ce climat lourd et pesant, la tension monte, donne du suspense au récit, lequel va très mal se terminer, mais le lecteur s'en rend compte tout seul, au fur et à mesure que l'histoire avance, l'amertume gagne du terrain, les masques tombent, certaines révélations apparaissent, les confiances se perdent, et au milieu Evie se prend la plus grande claque de sa vie. Son passage à l'âge adulte résonnera comme une lente tombée du haut d'un ravin, tant elle comprendra qu'autour d'elle il n'y a que duperie, mensonge et trahison. C'est ahurissant, et le décor de l'après-guerre apporte aussi son lot en dramaturgie et autres horreurs à dévoiler, c'est franchement flippant et hallucinant. La voix d'Evie devient encore plus poignante et magnifique, on partage longtemps cette dualité qui naît en elle, en même temps que la tragédie va fragiliser son petit monde.

C'est un roman à lire d'une traite, écrit dans un style proche des films noirs d'après-guerre, classique et envoûtant, aussi amer qu'un chocolat. Une atmosphère à laquelle j'ai été très sensible.

Coll. Pôle Fiction chez Gallimard jeunesse - 6,60€

A venir : Les confidences de Calypso - Romance royale.

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