Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
13 juin 2008

Une enfance qui porte un nom : Enid Blyton

Quand on m'évoque le nom de François Rivière, je pense aussitôt au spécialiste de la littérature anglaise (auteur de biographies d'Agatha Christie ou Patricia Highsmith) et au lecteur passionné, désormais ému de reconnaissance, pour la grande prêtresse de la littérature jeunesse qui a marqué notre enfance. J'ai nommé Enid Blyton. Enfant, ne vous est-il jamais arrivé de décortiquer ce nom ? Je me rappelle également que l'auteur signait tout d'abord E. Blyton, ce qui exacerbait les plus folles spéculations. Et pendant longtemps, je pesais le prénom d'Enid, une nouveauté pour moi (je n'étais pas bien vieille !), à tel point que je me faisais des films insensés sur la personne qui se cachait derrière !

Un vrai délice de remémorer de tels instants... François Rivière m'offre dans son livre "enid blyton & le club des cinq" le reflet d'un miroir. En chemin pour le domaine de Green Hedges, il nous fait remonter le temps, nous ramène à des étés énervés par l'iode et l'éclat du soleil. La première rencontre avec Enid Blyton a bien souvent le goût des vacances, des jeux de plage ou des flâneries à la campagne. Ce sont les témoins d'un temps révolu, d'une douce nostalgie qu'on peut aujourd'hui considérer mièvre et cucul la praline. Qu'importe.

IMGP5651

Présentation de l'éditeur
L'œuvre d'Enid Blyton, dont la partie la plus connue est la série du Club des cinq, passionne et enthousiasme les enfants, alors que le plus souvent elle indiffère les adultes. Il faut croire que François Rivière échappe à la règle puisque les livres, mais aussi le personnage d'Enid Blyton ont irradié son enfance et n'ont jamais quitté sa mémoire. Ses "affinités électives" avec cette littérature enfantine, François Rivière les raconte ici avec tendresse et humour tout en enquêtant sur la romancière. Peu à peu l'auteur découvre l'univers mystérieux et fascinant d'Enid Blyton, son écriture médiumnique, et les aléas de sa vie privée. Brillant, rapide, passionnel, ce livre n'est pas destiné aux jeunes lecteurs de la Bibliothèque Rose, mais à leurs aînés partis à la recherche de leur enfance perdue.

Pour moi, Enid Blyton restera à jamais la maîtresse absolue de l'imaginaire et l'instigatrice de toutes les activités ludiques de notre esprit d'enfant. Les goûts de nos têtes brunes et blondes ont aujourd'hui changé et sont tournés vers d'autres démiurges (dans le genre, JK Rowling n'est pas mal du tout !) mais le jeune lecteur en nous se laissera facilement conquérir par cette madeleine de Proust ! ;o)

Enid Blyton & le Club des cinq, par François Rivière - Les Quatre chemins, 2004.

Ce livre est l'édition revue et augmentée d'un texte paru en 1982 aux éditions Ramsay sous le titre de : Souvenir d'Enid Blyton.

Naturellement, je me tourne ensuite vers le superbe album intelligemment pensé par le même François Rivière : Les héros de notre enfance.

Car avant de savoir lire, de nous plonger vers les petits romans signés E. Blyton, nous avons généralement pris goût à feuilleter des histoires où nous rencontrions (ou retrouvions, car ensuite c'est facile de s'accrocher à une série ! damned) des personnages comme Babar, Tintin, Mickey, Caroline, les Schtroumpfs, Sylvain et Sylvette... Impossible d'en louper un !

IMGP5652

Quatrième de couverture

Babar, Winnie l'Ourson, Mowgli, Mickey, Oui-Oui... Avant même de savoir lire, chaque enfant connaît le nom et les aventures de plusieurs héros. La plupart ont traversé les générations : Peter Pan, Tintin, Astérix, l'Alice de Lewis Caroll ou la Sophie de la Comtesse de Ségur. D'autres ont bercé l'enfance ou la jeunesse de nos grands-parents ou de nos parents comme Bibi Fricotin, Bécassine, Zig et Puce... Ils nous ont fait découvrir le plaisir de lire, de s'identifier à un personnage, de rire des mésaventures d'un cow-boy nommé Lucky Luke, de frissonner sur les traces d'une détective-lycéenne ou d'une bande de cinq adolescents intrépides... Tous ont imprimé dans nos imaginations des souvenirs indélébiles. Ce livre magnifiquement illustré propose de retrouver une trentaine de ces héros et surtout, de découvrir leur véritable histoire. Scénariste de bande dessinée, critique, essayiste et biographe, François Rivière est aussi l'auteur de plusieurs romans.

C'est un livre magnifique, enrichi d'illustrations qui proviennent parfois de la collection personnelle de F. Rivière ! Il est de plus truffé d'un texte fort pertinent, simple et aéré, qui ne nous accable pas. Généralement ce genre de lecture penche souvent vers la démonstration érudite et pompeuse, mais ici François Rivière fait tomber le costume. Il préfère la passion, la dévotion à l'étalage d'une culture sans bornes.

Chaque page accueillera un de vos soupirs d'exclamation, un mot ou une pensée. Les souvenirs reviennent au galop, Winnie l'Ourson par exemple. Il est au coeur d'un livre bourré d'humour de l'anglais AA Milne avant d'être éclipsé par la formule des productions Disney... Mais pour moi, il me rappelle les samedis soirs avec Jean Rochefort, trente minutes avant l'arrivée de Zorro, un autre héros !

Notre amie Enid Blyton n'est bien sûr pas absente de cet ouvrage, avec des personnages comme Oui-Oui. Je reconnais maintenant que c'est une lecture atrocement niaise, mais j'ai tout de même passé de sacrées heures au Pays des Jouets avec la famille Bouboule, Mademoiselle Ouistiti, Mirou, Zoum ou les lutins voleurs... Il est bon aussi de rappeler que les illustrations de la française Jeanne Hives ont très vite conquis l'illustre écrivain, dépassant même la renommée des originales signées par Harmsen Van der Beek !

Longtemps l'illustration des livres pour enfants a constitué un sacerdoce réservé aux artistes anglo-saxons, mais Pierre Probst a su chambouler ce monde bien ordonné. De son coup de pinceau, a surgi la silhouette d'une blondinette baptisée Caroline. Deuxième révolution en la matière, car les auteurs français ne mettaient en scène que des garçons ! Bref, Caroline, accompagnée de ses inséparables amis - l'ourson Bloum, la panthère Pitou et le lionceau Kid - va entraîner le jeune lecteur dans des aventures incroyables (on part en Inde ou à la mer, on retape une maison ou fait de l'auto-stop). Oui, j'étais plutôt fan...    

Quelques pages plus loin, vous tombez sur des planches des Schtroumpfs ! et là paf ! le sourire vous revient. J'en ai lu des albums de Peyo, appris à orthographier le nom des petits bonhommes bleus à mon instituteur de CE1 et me suis inventée un autre langage très schtroumpfissime ! J'avais même acheté le disque chanté par Dorothée. Gargamel, son chat Azraël, la salsepareille et les schtroumpfs noirs qui croquaient le bout de queue tout rond et transformaient le village entier en une communauté de petits monstres qui faisaient des bonds en bougonnant gnak gnak...

Je vous mets au défi de lire ce livre et de voir défiler le flot de vos souvenirs avec toutes les anecdotes s'y rapportant !

Les héros de notre enfance, par François Rivière - Editions du Chêne / Hachette, 2007.

 

Publicité
12 juin 2008

Je lis, je bâille, je végète et j'attends...

Hello les lecteurs !

Je déserte un peu le blog (et par là, la blogosphère) ces derniers temps. Pourtant je ne chôme pas côté lecture. Il faudrait que je vous en cause quelques mots, il y a du bon, du moins bon... mais rien de transcendant. En ce moment je plane, je fais la dilettante. Je ne sais pas si je suis frappée du sceau du Malheur (peine à m'emballer) ou si j'ai simplement une envie de batifoler ailleurs, de butiner d'autres pollens.

J'effectue depuis une ou deux semaines un gros ménage dans mes livres et je me sens tiraillée. J'ai tant de livres à lire, j'en suis folle de joie mais je sens aussi une énorme frustration me gagner. Aurais-je assez de temps, un jour, pour TOUT lire ?! C'est flippant. Alors le truc veut que je croque des bouts dans plusieurs livres, moi qui d'ordinaire suis incapable de lire plusieurs livres à la fois ! Je veux ci ou ça, j'ai une fringale de lectures comme si le temps allait cesser de compter pour moi, demain !

Elle est toquée, la Clarabel.

Et puis, il y a cette attente vicieuse qui reste chevillée au corps. Quand vous venez de connaître une lecture-phénomène qui a su vous vampiriser jour et nuit, pendant dix jours d'affilée (voir, plus !), vous savez que vous êtes en droit d'attendre encore une fois ce renversement !!! C'est légitime ! La preuve, ça existe !

Alors peut-être je me désespère en cachette de connaître d'autres perles de lecture. Les jolis moments existent, ouf ! Mais ils ne valent pas les coups d'avalanche. Et puis, c'est quoi cette manie de débuter un livre, de bien aimer et finalement de caler à mi-parcours parce que ça ne vous intéresse plus ?

Non, je ne suis pas maudite. Non, je ne lis pas trop ou n'ai pas trop lu. Non, ceci n'est pas le revers de médaille, ni un coup de bambou. C'est juste un cri de guerre ! Aaaaaah. Et je ne suis pas bêtement obsédée (je sais reconnaître les cas de démence, là je vous rassure, ma passion twilight revêt désormais les couleurs d'une passion sympathique et réconfortante, j'aime la dorlotter mais je ne suis pas enfermée dans un mauvais trip ! ;o)).

Bientôt les vacances ! Il me semble qu'elles seront requinquantes, entre flâneries, bouquinages et bronzing gentillet...

La grosse lassitude qui me gagne ne m'empêche pas de vous parler de quelques lectures... ^ __ ^

J'ai donc eu entre les mains le livre de Thierry Cohen, J'aurais préféré vivre. Il vient de sortir en poche et connaît un gros succès parmi les meilleures ventes des sites en ligne. Ah bon, me suis-je dit. J'avais reçu ce livre un an auparavant mais je n'avais pas dépassé les premières pages. Peut-être ai-je loupé quelque chose... Mouaip. Non, pas franchement.

C'est l'histoire d'un garçon de vingt ans, Jérémy, qui décide de mettre fin à ses jours car Victoria, l'amour de sa vie, ne l'aime pas en retour. Il se suicide donc un 8 mai 2001... et se réveille le 8 mai 2002, dans les bras de Victoria. Que s'est-il passé ? L'invraisemblable ne s'arrête pas là, car deux ans défilent et Jérémy est de nouveau spectateur de sa vie. Un phénomène surnaturel a pris possession de son existence : il n'est plus maître de son destin, il se réveille de temps à autre pour constater qu'un autre que lui vit sa propre vie mais la saccage avec superbe ! Absolument déroûtant. J'ai lu ce roman d'une traite car cela s'y prête très bien, pourtant la fin n'est pas du tout satisfaisante. Un peu comme un roman policier, le livre de T. Cohen renferme une intrigue atypique, doublée d'une histoire de couple et d'amour très contemporaine. Mais un petit boulon a grippé la belle mécanique, et quelque part ça coince... Il y a toutefois une certaine prouesse dans cette histoire, car elle nous fait tourner les pages tant notre curiosité a été piquée ! A voir, donc.

Ces derniers temps, j'ai également lu pas mal de bandes dessinées (ou des mangas). Cela a l'avantage de se lire très rapidement, d'être distrayant et anti prise de tête !

Au programme, j'ai eu ce tome 1 de la Madone de Pellini.

IMGP5697

François Rivière a imaginé que le romancier américain Henry James, définitivement fixé en Angleterre vers la fin du XIXe siècle, avait renoncé à la publication d’un long récit à caractère fantastique inspiré par des événements lui étant arrivés – récit dont il est l’un des personnages.

L’histoire débute à Londres, en 1891. La jeune Nora De Wing rejoint un institut d’études psychiques afin de satisfaire son goût pour l’indicible, et parfaire ses dons de médium. Mais lors de sa première réunion spirite, sa vie bascule. Possédée par l’esprit d’une autre femme, qui va s’exprimer à travers elle, elle s’évanouit. À son réveil, elle ne sera plus jamais la même… Ses rencontres avec un jeune peintre italien Guibilati et l’écrivain Henry James la mèneront sur les traces d’une mystérieuse toile : le portrait d’une Madone du peintre florentin Giovanni Pellini.

J'ai trouvé le dessin de Federici assez surprenant, entre naturalisme et fantasmagorie. Il focalise essentiellement notre intérêt sur les regards des personnages, tour à tour déments, menaçants, apeurés ou égarés. Le scénario est assez bien ficelé, la présentation du personnage de Nora et la situation étrange dans laquelle elle plonge sont bien amenées. (On croise des personnalités qui éveillent quelques frissons, mais est-ce à cause du coup de crayon du dessinateur ? Si oui, c'est bien mouché !) La présence de François Rivière compte énormément dans mon choix de lecture ! On peut aussi lire cette bd comme un bel hommage à Henry James !... A suivre.

(En parlant de François Rivière, je reviendrai prochainement avec un billet sur ce monsieur et son ôde pour Enid Blyton, grande prêtresse de nos lectures pour-quand-nous-étions-jeunes ! En plus d'un formidable album qui fait son poids et qui parle des héros de notre enfance... tout un programme !)

Passons à une lecture coup de poing ! Un album pas tendre, qui ne fait pas dans la dentelle, c'est Lucille de Ludovic Debeurme.

Dans cette histoire, on fait la connaissance de deux adolescents mal dans leur peau, il y a Lucille qui maltraite son corps et Arthur qui ne cesse de compter pour se rassurer. La première vit seule avec sa mère et souffre de cet enfermement, elle se sent laide et soumet son corps à un régime drastique, qui tourne à l'anorexie. Trop écoeurée, Lucille refuse de remplir son corps - de nourriture, ou autres. Arthur est l'aîné d'une famille de pêcheurs. Le père boit et devient hargneux. Un jour, à bord du chalutier, un drame arrive sous les yeux de l'adolescent et cela va jeter un blâme sur la fatrie. La rencontre de ces deux âmes perdues équivaut à deux morceaux de puzzle mis bout à bout ; avec leurs chagrins respectifs, Lucille et Arthur comprennent qu'ils se ressemblent et décident de partir en Italie.

Ce gros roman graphique est un monument éloquent, avec un sens figuratif assez pointu, qui ne laisse pas indifférent. Parfois, l'histoire peut déranger et choquer (actions crues, discours sans ambages) mais il en ressort une volonté de bousculer le lecteur, de brusquer derrière la fausse simplicité du style, très fluide. La lecture des 500 pages est surprenante de rapidité, toutefois il se dégage un gros sentiment de déprime qu'on souhaite à tout prix dépasser ! J'ai beaucoup aimé, malgré tout. J'attends la suite qui doit prochainement paraître, mais quand ?

Aïda, à la croisée des chemins de l'italienne Vanna Vinci est un album étonnant, j'avais eu un sursaut de réticence au moment de sa sortie et c'est finalement par le plus grand des hasards qu'il m'a été permis de le découvrir ! J'en suis fort heureuse !

Fraîchement séparée de son petit ami, Aïda quitte la ville de Bologne pour s'installer à Trieste dans la maison de ses grand-parents décédés. La jeune fille s'est remodelée un look, sort avec sa cousine dans des bistros branchés mais elle traîne un spleen qui lui colle à la peau. Un soir, seule dans la demeure familiale, elle a une vision surnaturelle : son grand-père revêt son paletot et sort pour aller au bistro du coin ! Le sang d'Aïda ne fait qu'un tour, elle le suit et lui adresse la parole. Sidérée, elle se rend compte qu'elle a le sixième sens, celui de communiquer avec les morts.
Ainsi, elle cohabite avec des fantômes (ses grand-parents) et fait connaissance d'un type au look spectral, costume noir et peau blanche. Il suit la jeune fille à la trace et se présente sous le prénom de Nino. Qui est-il ? Son identité semble très liée à l'histoire de la famille, et aujourd'hui Aïda est seule capable d'expliquer à cet amnésique une effroyable erreur du passé, comprendre un piège et combler les trous de l'héritage.
Cela paraît compliqué à lire, mais en fait le fil de l'intrigue se déroule tout seul. Dans un décor exclusivement noir et blanc, même essentiellement obscur, le scénario s'écoule sur un tempo nonchalant, presque monotone et lancinant (ceux qui n'ont pas aimé diront que c'est ennuyant !). Pour ma part, j'ai été transportée par cette atmosphère assez hypnotique, dans ce théâtre de Trieste superbe, aux pas d'une enquête des origines à la fois simple et traumatisante.
La fin est conduite aussi sereinement et l'héroïne renoue sans effort dans une vie plus réelle, plus "mortelle".
Belle découverte pour moi.

Hop ! je vous ai fait cadeau de petits cailloux assez lourds, il est temps que je retourne plonger mon nez dans mes cartons où j'espère sincèrement m'y perdre ! A de prochaines aventures... livresques, avé les lecteurs !  

11 juin 2008

Une petite sélection pour la fête des papas

Joyeux panaché de lectures, pour célébrer des papas, des rencontres, des amours etc. (et l'anti conte de fées ?)

IMGP5689

Comment papa et maman ont-ils bien pu tomber amoureux ?
Quand ils étaient petits, ils étaient comme le jour et la nuit.
Papa rêvait de parties d'échecs, d'ombre et d'étagères bien rangées ; maman de pagaille, de bal musette et de jolies robes bariolées. Pourtant un jour, au coin de la rue, ils se rentrèrent dedans, et leur vie ne fut plus jamais comme avant...

Il faut bien un commencement à tout ! Donc, au départ il y a LA rencontre, le coup de foudre (une maman qui aime les couleurs pâlit devant un papa abonné au sobre et qui n'en finit plus de rougir !)... Cette aventure, drôle et tendre, raconte sur le mode de comparaison des couleurs la belle épopée des gens qui tombent amoureux. Bien sûr, ça n'explique pas pourquoi mais ça prouve que tout est possible, et un jour moi aussi... (dit l'enfant).

Comment maman a changé la vie de papa... de Katarina Grossmann-Hensel, Nord Sud éditions - Janvier 2008.

IMGP5690

L'histoire débute par une scène de séparation. Une jeune femme, Miranda, quitte Pedro après une relation de quatre ans. Et dès les premières vignettes, le ton est donné : Pedro, aux allures de macho trapu et velu, et cependant les larmes aux yeux, demande à sa bien-aimée une dernière faveur : "Tu me laisses la télé ?"...
Miranda retourne alors à Valence qu'elle avait quitté pour rejoindre Pedro – rencontré sur Internet – à Séville où, malgré de profondes amitiés nouées avec Ana, collègue de travail, ou Manu, colocataire excentrique, elle avait eu beaucoup de mal à se sentir chez elle. Elle réalise à présent qu'elle s'est laissée emporter dans une spirale destructrice, et qu’elle non plus n’a pas toujours fait les efforts nécessaires.

En fait, j'ai tout simplement trouvé le titre cocasse ! Il vous rappelle la menace qui plane sur tous les couples, une fois le coup de foudre passé. Il s'agit donc d'une histoire de coeur et de rancoeur, à travers le portrait de Miranda, une jeune femme désespérée de se retrouver seule et chez ses parents, à l'âge de vingt-sept ans. Retour à la case départ, comme elle dit. Son idylle avec Pedro a bu la tasse et, à force de ressasser les quatre ans vécus à ses côtés, Miranda revit les mensonges, les promesses jamais tenues et un quotidien qui s'en est allé à vau-l'eau. C'est une bd assez tristounette, pleine d'amertume (attention au moral au ras des pâquerettes !), un peu teintée d'humour. Mais léger, très léger. Le ton est sobre, épuré et tout de noir & blanc. Une découverte intéressante, un memento pour ceux qui se laissent aller ! ... (warning, warning !)

Je t'ai aimé comme on aime les cons de Fonollosa & Giménez, Dargaud - Mai 2008.

... en écho, peut-être, avec le roman d'Agnès Bousquet : J'ai épousé un con (Plon)

IMGP5692

Trois femmes sont unies par une passion dévorante pour le boys-band 110%. Membres du FUPA110 (Fans Un Peu Agés de 110%), Sasha, Cathy, et Gerty échappent ainsi à leur quotidien un peu morose; les maris taciturnes, les enfants geignards et les collègues de travail sadiques. Complètement monomaniaques, elles sont prêtes à tout pour obtenir des photos inédites ou des fringues usagées de leurs idoles. Et elles n'hésitent pas à se battre avec des préados pour obtenir les meilleures places aux concerts du groupe.

Le ton est humoristique mais Tony Consiglio laisse rapidement poindre le côté assez pathétique de la vie de femmes un peu larguées. Il dresse le portait férocement drôle de cette Amérique obsédée par le culte des pseudo-célébrités. Cette bd n'est pas très rigolote, ou du moins c'est de l'humour grinçant et limite dérangeant. Plus j'avançais dans ma lecture et plus j'éprouvais un profond malaise pour ces femmes. Seule Cathy, la petite rondouillarde célibataire, a réussi à m'attendrir. A noter également qu'il y a des passages assez crus et "gras"... (pas trop mon goût).

Quel intérêt pour la fête des papas ? euh, c'est histoire de se dire que toute bonne femme est capable de perdre pied et fuir la réalité pour une chimère ! (I am a twilightMom, very proud of it !) ;o)

110% de Tony Consiglio, Editions ça et là - Mars 2008.

IMGP5693

À peine Bonnie a-t-elle tourné le coin de la rue qu’elle est interpellée par… une voiture. « Par pitié, à boire, c'est une question de vie ou de mort ! » Car Mam’zelle Dédé, une drôle de voiture de collection, crache et tousse. Elle a la gorge, ou plutôt, le moteur, en feu, et supplie la petite fille de lui venir en aide : il lui faut de l’eau, vite, vite ! Bonnie lui rend ce service puis accepte de monter à bord pour une folle aventure... Elle découvre un monde où les objets ne souffrent pas en silence et vibrent d'émotion. Mam'zelle Dédé entraîne sa nouvelle amie dans une opération de sauvetage : Tony, un coupé de ville, son amour de jeunesse, est menacé d'être broyé à la casse.

Pour les papas passionnés de voiture(s), cet album sera un instant à partager avec l'enfant. C'est un album jeunesse, dès 6 ans (pour feuilleter, lire, écouter). Car en fait il y a beaucoup de texte (abordable dès 8 ans, pour ceux qui lisent comme des grands), en plus des illustrations issues des prouesses numériques (on aime ou pas, moi j'apprécie !) - un click ici pour découvrir 6 pages. Et bien sûr : l'histoire est drôle et rocambolesque !

Mam'zelle Dédé de Jean François Ménard, illustré par Matthieu Roussel - Gallimard jeunesse, Septembre 2007.

Ok, la liste est éclectique et frôle le grand n'importe quoi. J'imagine la tête des papas avec un bouquin qui le traite de c** ! Oups. Mais si le bonhomme a de l'humour à revendre, ce sera parfait ! ;o)

10 juin 2008

Nouveauté : Newsletter Folio

L'occasion est trop belle et j'en profite pour partager avec vous l'information... En quelques mots, je vous dis : folio, newsletter, cadeau. Je sens votre intérêt s'éveiller d'un coup, votre sourcil se hausser.

Mais de quoi s'agit-il ?

Il y a d'abord un site tout nouveau : folio qui offre la possibilité via la newsletter d'être tenus au courant des nouveautés par genre, centre d'intérêt, etc.

Pour s'y inscrire, cela se passe ici : http://www.folio-lesite.fr/Folio/newsletter.action

Quoi de plus banal, me direz-vous ? !

Mais pour l'occasion, cette inscription incite les internautes à participer à un concours pour gagner des exemplaires du livre "Entre les murs" de François Bégaudeau dont l'adaptation cinématographique a été primée à Cannes cette année. Il y a 100 exemplaires à gagner.

Ce serait dommage de louper ça ! ;o)

newsletter Folio

Parmi les prochaines sorties en folio (courant juin), j'en profite pour évoquer celle de « Rhésus » par Héléna Marienské, un roman très drôle, complètement barré, qui parle de troisième âge, de sexe et d'un singe !

Dans un Manoir proche de Paris, à Vigny-sur-Seine, une bande du 3ème âge a décidé de prendre sa revanche et de monter une armée de résistance contre la société, le gouvernement et la République. Il y a, à son bord, Raphaëlle, une bourgeoise abandonnée par son tyran de fille, Céleste, un écrivain qui a longtemps abandonné sa plume contre les jeux vidéo et les films porno, et Hector, qui débarque dans son smoking blanc et ses millions gagnés au loto. Ils sont encore quelques-autres à constituer la bande du Manoir, mais ces trois personnages sont les plus importants. C'est à leur manière qu'on suit l'histoire, par leurs témoignages respectifs, qui ne manquent jamais de piquant. La vision « des choses » prend page après page une tournure complètement différente, elle s'éclaire, s'illumine et provoque de grands éclats de rire (en plus d'une envie - mitigée - de faire la grimace).

Mais qu'arrive-t-il à ces pépés et mémés qui, brusquement, se redécouvrent des envies de sexe, pur et dur. Pas de l'amour, du sentiment, de la tendresse et une compagnie pour soulager les vieux jours, oh non ! Ces trublions lèvent les pattes, s'envoient en l'air et se moquent éperdument des gros titres dans les journaux. La France se gausse, le pays jase, les gens s'offusquent, mais le public en redemande. Car cette petite bande (bafouée, mal traitée, menacée et privée de nourriture) a un chef de fil hors du commun, il s'agit de Rhésus, un petit singe extraordinaire et qui réveille chez ce club du 3ème âge des envies de renouveau, de « recommencement ». C'est aussi lui qui aidera les résidents du Manoir à tenir les barricades, à faire front contre l'incursion de l'extérieur, pour des raisons déjà nommées plus haut.

Avec « Rhésus », Héléna Marienské parvient à bousculer les esprits frileux car son premier roman est époustouflant, prometteur d'une franchise et d'un culot fédérateurs. Qu'on se régale dans cette histoire ! Car on en voit de toutes les couleurs, ça y va dare-dare dans la frénésie sexuelle, on ne fait pas dans la dentelle et on enlève ses gants de soie en évitant les discours mielleux et lisses sur les personnes âgées. On brise les carcans, les idées « pudibondes », ça vole en éclats ! Quel exploit : sur un sujet aussi casse-pipe, la pente était dangereusement glissante mais Héléna Marienské a su éviter les pièges et s'en tire avec dextérité. La fin apporte une note une peu moins truculente par rapport aux 3/4 du roman, et c'est juste un peu dommage, toutefois cela n'enlève pas l'impression de jouissance ressentie depuis le début. Pour en prendre plein les mirettes, je vous conseille honnêtement d'ouvrir ce livre !


Article sponsorisé

8 juin 2008

Stargirl & Signé Stargirl - Jerry Spinelli

A Mica (Arizona), Stargirl Caraway vient d'entrer en seconde dans le lycée de Léo. Elle arbore des tenues excentriques, joue de l'ukulélé, étonne tous les élèves. Léo en tombe amoureux. Stargirl est un phénomène qui attire les regards, ses camarades la jalousent ou se lient d'amitié avec elle. Progressivement, à force de miracles, la jeune fille devient même la nouvelle coqueluche de l'école. Mais le jour où elle encourage à la fois l'équipe de basket du collège et l'équipe adversaire, Stargirl est mise au ban de la vie du lycée... Difficile de tolérer les entorses aux règles établies par une loi tacite et muette. L'histoire d'amour entre Leo et Stargirl risque, elle aussi, d'être sujette à des chuchotements et ainsi fragilisée.

IMGP5638

Ce roman traite de la différence et l'anticonformisme. La figure de Stargirl est lumineuse, c'est une jeune fille atypique, qui vit dans sa bulle. Sa venue dans le lycée de Mica réveille les moutons endormis, c'est comme un électrochoc. Jusqu'à présent, les élèves suivaient des codes établis. C'était un public statique, qui ne s'enflammait guère pour les sports d'équipe. Chacun à sa place, aussi. Le repas à la cantine, tous les midis, est avalé dans le silence. C'est morne, sage, le calme plat. Et Stargirl arrive, avec son ukulélé, son rat Cannelle et sa marguerite sur son pupitre... Un enchantement ! Cela montre d'autant plus la stupidité du commun des mortels - Leo, le narrateur - qui est séduit par l'originalité de cette fille, en tombe amoureux puis souffre d'être la cible de "l'évitement". Alors, vachement, il demande à sa belle de changer, de rentrer dans le moule. Et pourtant, la Stargirl qui a su l'éblouir était bien celle qui aujourd'hui lui fait honte !

Un gros casse-tête, ce livre ! Il montre bien la dualité existante dans la société actuelle, celle de l'apparence, qui juge selon des préceptes figés et qui nous endoctrinent bêtement. Il suffit d'une part d'originalité, d'un pas de travers et le couperet tombe... Je n'ai pas aimé Leo pour toutes ces raisons, pour sa lâcheté notamment. Il subit l'influence de masse et désire que son adorée adopte une attitude plus conforme. Être en accord avec le jugement des Autres, voilà un terrible dilemme pour une demoiselle libre comme l'air, qui ne souffre pas qu'on l'enferme dans une case. Léo mérite-t-il un tel amour ?

Editions Flammarion 2003 pour la traduction française, coll. Tribal - 270 pages. 10€

Traduit de l'anglais par Luc Rigoureau.

On retrouve notre Stargirl dans ce roman publié sept ans plus tard. L'histoire, elle, se passe juste après la douloureuse rupture avec Léo. De la Pennsylvanie où elle vient d'emménager avec sa famille, Stargirl décide de lui écrire une lettre qui se transforme vite en journal intime. Elle y raconte la douleur de la séparation, sa solitude, mais aussi les personnages originaux qu'elle rencontre et avec qui elle se lie d'amitié. Il y a la petite Dootsie, qui, du haut de ses cinq ans, mène son petit monde à la baguette, Betty Lou, qui n'a pas mis un pied hors de chez elle depuis 9 ans, Alvina, au tempérament bouillonnant et Perry, le voleur aux yeux bleus.

IMGP5642

Est-ce parce que ce roman est livré d'un point de vue féminin, celui de Stargirl, que je l'ai trouvé terriblement spécial et attachant ? Toujours est-il que j'ai davantage apprécié cette suite ! On y retrouve une jeune fille déchirée, déçue et blessée. Tous ses espoirs placés en Léo ont été balayés et la jeune fille souffre énormément. Les mois passent, ses petits galets désemplissent son chariot du bonheur et cela la consterne. C'est intéressant ici de découvrir l'autre aspect du miroir, le côté verso d'une histoire livrée (côté pile) par Léo. Mais heureusement on n'y passe pas des plombes non plus, Stargirl ne se complaît pas dans l'atermoiement et très vite elle se ressaisit.

Dans la nouvelle ville où elle vient d'emménager, elle découvre des personnalités aussi fantasques et burlesques qu'elle. C'est une vie qui lui ressemble, faite d'excentricités, de gentillesses et de particularités. Parce que Stargirl n'est pas une fille typique, elle se doit d'être entourée d'amis précieux et hors du commun. C'est à la fois drôle, magique et ça donne cruellement envie. Stargirl a le don de saupoudrer la vie des autres avec ce grain de folie douce, elle fascine. Et malgré tout, ses pensées continuent de voler vers Arizona Leo et c'est rageant ! On ne brûle pas les ailes d'un premier amour, j'ai bien compris. Et dommage, car la rencontre avec Perry est beaucoup plus pétillante et excitante à suivre ! On referme les 370 pages de ce livre avec un air heureux et comblé. On en retient le plaisir incomparable d'avoir touché les étoiles !

A découvrir !

Flammarion pour la traduction française, 2008 - Coll. Tribal - 370 pages. 10€

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau.

L'avis de Ricochet

Publicité
6 juin 2008

La petite capuche rouge - Orianne Charpentier

petite_capuche_rougeMéthilde a quatorze ans. C'est une adolescente qui se sait belle, intouchable et redoutable aux yeux de ses camarades d'école. Elle a une logique implacable, surtout en mathématiques. Elle écrit des tonnes de fiches, surtout pour ses cours et pour mieux gérer les nouvelles choses qu'elle rencontre (comment embrasser la première fois, par exemple). Car en fait, sa vie n'est pas toute jolie ni toute rose. Le problème concerne sa maman, étrangement absente, et cela pèse sur sa conscience et ses humeurs. Méthilde a donc choisi d'affûter ses paroles - assassines - pour être crainte des autres. Sa façon à elle de se protéger est de paraître toujours forte et inébranlable.

Ce matin-là, Méthilde choisit de mettre un joli pull rouge qui lui va comme un gant. Et ce vêtement a sur elle un effet électrique : elle a envie d'être gentille et serviable. Pour la première fois, elle va se rendre chez Sarah pour l'aider à réviser les maths. Elle se rappelle avoir été odieuse avec cette fille, cinq ans plus tôt, en la traitant de pouilleuse. Aujourd'hui, Méthilde a toujours la réplique sèche et méchante au bord des lèvres mais une voix intérieure la force à se retenir. Bizarrement, elle se montre compréhensive et douce avec Léopoldine, son ennemie jurée, qui est également la meilleure amie de Sarah. Toutes les trois se font des confidences, quand soudain une tempête est annoncée et Méthilde doit rentrer chez elle. Avant de partir, la mère de Sarah lui confie un panier de victuailles à remettre à une amie de la famille, qui habite sur le chemin qui passe par la forêt.

Notre petit chaperon rouge, très contemporain, va braver le vent, la pluie et l'obscurité naissante. Méthilde a peur, elle se sent seule et perdue. En route, elle croise son Sauveur mais ce dernier a la dente dure contre la jeune fille, car il ne lui a jamais pardonné d'avoir insulté sa famille. La nuit promet d'être longue, pénible pour Méthilde. Pour la première fois, elle fait face à ses erreurs, doit expliquer pourquoi elle a ce comportement et ce qui la pousse à ne pas se faire aimer des autres.

Un très, très joli roman sur l'amitié et l'amour naissant ! La petite capuche rouge est un conte revisité, écrit avec une fraîcheur et une pertinence qui font plaisir à découvrir (Orianne Charpentier a déjà signé un premier roman, Madame Gargouille). L'héroïne peut paraître antipathique au début, et pourtant on l'apprécie énormément. Son esprit mordant est une qualité, à mes yeux, car on devine que sa méchanceté est une carapace. Le fait qu'elle change et comprenne ce qui cloche chez elle ajoute aussi à la rendre plus attachante. A conseiller, à partir de 11 ans.

Gallimard jeunesse, 2008 - Coll. Hors-piste - 116 pages. 7€

Illustrations de Sébastien Mourrain.

5 juin 2008

Je veux vivre - Jenny Downham

Depuis quatre ans, Tessa vit avec la maladie - une leucémie contre laquelle elle ne bataille plus car elle se sait condamnée. Elle n'a que seize ans et ressent de la colère. Entre les jours à rester dans son lit, sans bouger ni envie de sortir, et les moments où elle veut croquer la vie à pleines dents, Tessa a dressé une liste de dix choses à accomplir avant de mourir. Ce sont des trucs que doivent vivre toutes les adolescentes normales, selon elle : braver l'interdit, prendre de la drogue, conduire sans permis et faire l'amour ! Avec sa meilleure amie Zoey, Tessa a choisi de cocher un par un les points de sa liste, au gré de sa santé qui lui joue des tours, de son corps qui flanche et des sonneries d'alarme. Son temps est compté, la jeune fille sait qu'il faut faire vite. Brûler la vie par les deux bouts pour se sentir en vie.

IMGP5583

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ressent toute la véhémence de la jeune fille atteinte de leucémie, très lucide sur son sort. Oui, c'est de la colère qui transpire de ce texte, une envie de hurler et de saccager tout. Tessa, seize ans, nous embarque dans ses délires, elle est totalement incontrôlable, assez énervante et capricieuse, mais touchante aussi. On comprend que ses réelles motivations sont masquées par la trouille. Peur de mourir, peur d'être seule. C'est un beau portrait tout en ambiguité qui ressort de ce livre. On n'échappe pas au pathos, en un final assez longuet qui gâche un peu l'absence de sensationnalisme, ou ce que j'avais ressenti comme étant exempt de toute volonté de s'étaler. Une adolescente de seize ans, condamnée à mourir, ne veut pas dire non et elle se bat. C'est un cri de vie et d'amour. Et puis paf, les vingt dernières pages font traîner les adieux, la séparation, l'inévitable. Oui, c'est très émouvant, mais c'est aussi un peu "too much" à mon goût. Néanmoins, au coeur de toutes ces pages marquées par la maladie, une belle histoire d'amour pointe son nez et apparaît telle une superbe parenthèse, de même la relation entre le père et la fille est juste tout simplement bouleversante, très poignante. Cela change des schémas classiques, et c'est bien. Un très bon livre, émouvant et sensible.  

Il existe deux éditions pour ce roman : pour la jeunesse et pour les adultes. Car c'est un livre destiné à tous, et qui clame un grand SOS.

Plon, juin 2008 - 390 pages - 17€

Traduit de l'anglais par Aleth Paluel-Marmont - titre vo : Before I die.

A été lu aussi par Miss Brownie et par Mélanie (Book in)

4 juin 2008

^ Shinobi Life ^

Shinobi Life est un petit chef d'oeuvre poignant et passionnant, une véritable histoire d'amour profonde et intelligente, intense et romantique, une romance touchante qui devrait plaire à toutes les lectrices qui aiment les shôjos !!!

IMGP5621

Cela débute dans le Japon médiéval avec une scène entre une princesse et un ninja sur le point de s'échapper, quand une explosion plonge le garçon dans un bond dans le temps. Il tombe du ciel et sauve in extremis une jeune fille prénommée Beni, qui fait l'objet de nombreux kidnappings par la faute de son père (un homme étrange, qu'on soupçonne puissant, mais mauvais et calculateur). Âgée de dix-sept ans, Beni est pressée de trouver la mort pour enquiquiner son paternel. Sa rencontre magique avec le ninja va pourtant changer le cours de son destin.

Kagetora est sonné par son traumatisme et reste persuadé de vivre dans une "illusion". Il ne comprend pas qu'il vient de voyager dans le temps, qu'il n'est plus au service de la princesse Beni mais de sa descendante. En effet, la ressemblance physique entre les deux est frappante, de plus elles portent le même prénom. Beni n'imagine pas qu'il est un vrai ninja, trouve que le garçon est charmant et pense qu'il vient d'être engagé comme garde du corps par le secrétaire de son père. Elle lui trouve une attitude délicieusement rétro, et pour cause ! (...)

La relation entre Beni et Kagetora est éblouissante. Ce dernier est hyper protecteur, possède un charisme renversant, il est renfermé et obligeant. Toutefois, il se dévoue corps et âme pour "sa princesse". Beni va finalement comprendre qu'il ne joue pas un jeu, quand à son tour elle va plonger dans le passé féodal de Kagetora ! L'inévitable face-à-face avec la vraie princesse risque de mettre le ninja devant un constat terrible : la Beni qu'il chérissait n'est qu'un imposteur, sa mission prend subitement fin et Kagetora est condamné à mourir, ainsi le décrète le pacte des ninjas et son ennemi juré, un ami d'enfance nommé Hitaki, compte bien appliquer cette loi.

Waouh ! C'est drôlement bien ! Et ceci n'est qu'un aperçu !

En fait, Shinobi Life était voué à n'être qu'un one-shot, d'où l'impression de précipitations dans le feu de l'action et une fin engageante, bref le succès aidant, la mangaka Shoko Conami a été poussée à en faire une série ! Cette idée de rencontre entre une jeune fille moderne et un ninja exilé de son époque est étourdissante, aidée de quelques bonds dans le temps, qui pimentent la sauce, et de grands coups de théâtre avec des vilains très méchants, qui veulent séparer notre couple, plus des instants estampillés de mille étincelles (oui, c'est tellement merveilleux, on a des étoiles dans les yeux !)...

Au début, la relation entre Beni et Kagetora est balbutiante, pétrie des us et coutumes d'un autre temps. L'attirance entre nos deux protagonistes est hallucinante, et pourtant lui sait qu'il doit tenir son rang et elle s'en mord les doigts de ne pouvoir lui mettre dans le crâne le fait qu'ils vivent désormais dans une société totalement différente. Le deuxième tome va même introduire un troisième larron, sur l'initiative du père de Beni qui complote des fiançailles arrangées. Encore et toujours, l'histoire d'amour - qui crève les yeux - est freinée et dérangée par la force des choses. (Sans cela, on s'ennuierait profondément !) (Et puis, ce serait troop facile !)

J'ai été franchement attirée par les couvertures du manga, elles éveillent un sentiment d'attirance et de sensualité. On y voit (ou devine) cette liaison sulfureuse entre la belle et le very sexy garde du corps (qui ne craquerait pas, hein !?!). Cette série est entrée dans mes conseils de lecture après l'achat de Vampire Knight (merciiii Lamousmé). Son succès repose sur l'idée assez originale du scénario (un ninja et le voyage dans le temps) mais connaît son apothéose car LE personnage de Kagetora remporte haut la main tous les suffrages. Le type est beau, il parle peu mais agit beaucoup, rapide comme l'éclair, toujours présent dans l'ombre de sa belle, c'est le chevalier servant par excellence ! Et puis, il a le don du sacrifice, un côté gentleman et viril, bref... que de vapeurs ! ! !

J'ai sans doute trop misé sur la touche sentimentale du manga, mais il faut savoir aussi que c'est hilarant, avec quelques scènes d'anthologie (Kagetora est choqué des tenues de sa belle et pense qu'elle porte un pagne - qui n'est autre qu'un string !).

Une intrigue prenante et un humour décapant sont au programme !

Shinobi Life : Shoko Conami

Asuka, 1ère impression : Novembre 2007. Actuellement 4 tomes disponibles, la série est en cours au Japon.

Collection : Shôjo  Genre : Aventure - Sentimental

Edit après lecture des tomes 3 & 4 : J'ai terminé la série hier soir, enfin terminé... je suis à cran, je veux la suite et très vite ! J'avais un sourire gaga sur le visage, je buvais toutes les pages, j'étais rondement emballée et comblée. L'action ne faiblit jamais et notre couple se bat contre leurs ennemis pour pouvoir vivre leur grand amour. Ce Kagoretora, quel dieu vivant ! De plus, on commence à découvrir les faces cachées d'autres personnages, comme Rihito ou la mère de Beni. On devine un Hitaki revenchard mais avec des blessures secrètes... aussi ! Me voilà toute fleur bleue ! C'est du propre !!! :o)

 

Lamousmé a établi une liste de mangas à découvrir et/ou lire d'urgence !

3 juin 2008

(en passant...)

Sortie en forêt prévue, aujourd'hui, avec l'école... Je m'en vais d'un pas ailé, chaperonner ces chères têtes brunes et blondes. Je ne vous dis pas que ce qui me motive, au-delà de tout, car peut-être vais-je guetter les cimes des arbres, espérant une (im)probable rencontre !

25601000_p

Non je ne vais pas à Forks, et c'est bien dommage ! ;o)

free music

2 juin 2008

Killer Blonde - Laura Levine

Quatrième de couverture

Californienne jusqu'au bout des ongles, Jaine Austen, la trentaine, intelligente, drôle mais un peu désespérée et toujours célibataire, est engagée comme nègre par SueEllen Kingsley, une superbe blonde, pour écrire un livre sur l'art de recevoir. Tout un programme.

Comme Jaine doit subvenir aux besoins de son chat Prozac, doté comme elle d'un solide appétit, elle n'a pas eu d'autre choix que d'accepter ce travail. Et cela même si elle doit passer des journées entières assise sur la cuvette des toilettes à écouter SueEllen dicter, depuis sa baignoire, des recettes et des souvenirs d'enfance légèrement... arrangés !

Tout bascule le jour où Jaine découvre sa patronne flottant toujours dans sa baignoire, mais électrocutée. Pas de doute, il s'agit d'un meurtre ! Il est temps pour Jaine de mener ses propres investigations au coeur d'une jet-set où les apparences policées sont tellement trompeuses...

IMGP5600

Il s'agit du premier volet d'une série policière délicieusement drôle, mettant en scène Jaine Austen (!), une héroïne digne des romans de Janet Evanovich (dixit l'éditeur). Le début est très drôle, cette narratrice sympathique nous entraîne sans effort dans ses aventures cocasses. Jaine est une nana célibataire, avec quelques kilos en trop, qui partage son appartement avec son chat Prozac. Elle est payée pour trouver des slogans de génie et vient de décrocher un job en or (payé rubis sur l'ongle) mais contraignant, puisqu'elle doit supporter les jérémiades d'une Super Peste péroxydée avec des seins en forme d'obus, qui aime barboter dans son bain.

La mort de SueEllen Knightley n'est pas accidentelle, la liste des suspects est aussi longue que deux bras réunis, et pourtant la police soupçonne la belle-fille Heidi, qui a fait un coup d'éclat lors de sa soirée d'anniversaire en clamant vouloir la mort de l'épouse de son père. Parce qu'elle s'est liée d'amitié avec cette adolescente mal dans sa peau, Jaine décide de jouer au détective privé. 

J'avoue que la clef de l'énigme est assez bien cachée ! Jaine Austen est une enquêtrice peu orthodoxe, qui se moque d'être au coeur de situations embarrassantes (scène de catch à l'appui, en tenue légère !). Cette lecture est un vrai pschiit pour les neurones, à but strictement divertissant. Mais à tel point qu'on commence à s'inquiéter pour notre intellect, un truc aussi peu consistant... est-ce honnêtement indiqué par la sécu ? J'ai un sérieux doute, d'autant plus que j'ai senti poindre une perle d'ennui en cours de route. Jaine Austen (franchement, il fallait oser !) est désopilante, sauf qu'au bout d'un certain temps, je trouve que cela ne m'amuse plus.

(C'est comme la semi-intrigue lancée par les emails des parents de Jaine, qui vivent en Floride. La mère accro au téléshopping se plaint de la nouvelle lubie de son mari : porter un postiche de seconde main, une moumoute horrible et pouilleuse. Le père de Jaine, lui, n'en démord pas et croit être la coqueluche des copines de sa femme ! Au début, c'est rigolo mais, à force de répétition, ça devient vaguement lourd...)

Cette série est publiée dans le but d'attirer les fanas de Janet Evanovich, qui a ouvert la voie du roman policier hilarant avec une héroïne atypique et attachante. Toutefois la série de Laura Levine pêche pour l'instant à n'avoir pas su introduire une ou plusieurs présence(s) masculine(s) pour pimenter l'intrigue ! Ou susciter l'envie, que sais-je ? Aux USA, cette série a déjà "fait des petits" et rencontre un gros succès (il est vrai que c'est moins cher qu'un anti-dépresseur !). Le verdict en France est pour l'instant... d'un calme plat !

City Editions, 2008 pour la traduction française - 284 pages - 14,50€

traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jocelyne Barsse

^^^ Bon anniversaire à ma grande soeur ! ! ! ^^^

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité