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Chez Clarabel

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6 janvier 2007

La première habitude ~ Marie Lefèvre

Ce roman est autobiographique et rapporte les débuts amoureux de l'auteur avec un homme quelque peu ... ingrat ! Dans le roman, Françoise Lefèvre est Marie, compagne de Raphaël, peintre sans le sou, qui peine également à vendre ses toiles. Tous deux vivent une vie de nomades. De ville en ville, ils vont et viennent, lui peint, elle démarche pour gagner quelques sous, pour vivre. La vie n'est pas toujours rose, Marie raconte leur misère, dans des bicoques sans confort, parfois infestées de rats ! Pas toujours les moyens de se remplir le ventre, ni d'avoir chaud. Mais jamais ils ne s'installent, ils partent toujours plus loin chercher la fortune.

Le langage de Françoise Lefèvre est prodigieux, très pur et poétique, malgré les mille misères qui font leur lot quotidien. C'est avec recul qu'elle revient sur ce moment de sa vie. Elle est seule dans une petite chambre à la Bastille, sans ses enfants, et Raphaël est parti. Ecrire, pour elle, c'est survivre, c'est vivre aussi. Elle raconte tout ça avec souplesse et sensibilité. Elle dit l'amour, le dévouement, l'abattement furtif et la désillusion. Mais elle conclue aussi sur l'envie de s'en sortir malgré tout, d'être la plus forte et de ne plus dépendre de quiconque. Et même si l'histoire de Marie est sombre, son parcours douloureux, ce premier roman de Françoise Lefèvre est un coup de fouet contre la morosité et les bras baissés. C'est un formidable hymne (à la vie, à l'amour, à la force d'y croire encore et toujours) qu'elle nous offre là ! A LIRE, bien évidemment.

lu en janvier 2006

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5 janvier 2007

Des familles, des secrets - Germaine Beaumont

des_familles__des_secretsCette figure oubliée, et remise au goût du jour en 2006 grâce aux efforts d'Hélène Fau, ne doit pas subir davantage le gouffre de l'anonymat, il faut absolument lire Germaine Beaumont ! Ses romans publiés dans les années 40 et 50 démontrent à ce jour une incroyable perspicacité, une lumière étonnante sur la psychologie féminine, et la grande influence du roman anglais sur l'écriture de Mme Beaumont. Effectivement, plusieurs de ses livres portent l'empreinte du roman à clés, du roman noir, du roman psychologique et du roman policier sans cadavre ! Les héroïnes ont également beaucoup de grandeur, d'élégance et de mystères, comme l'atteste ce deuxième volume "Des familles, des secrets" qui permet ainsi une nouvelle exploration de la palette de l'écrivain. Moi je l'écris franchement : c'était une fichue bonne femme au talent remarquable ! Ainsi, dans ces trois livres réunis en un seul pavé de 950 pages, on croise des histoires de secrets de famille, de rêves obsessionnels, de perversion et de charité, d'amour impossible et d'agonie romanesque ("Du côté d'où viendra le jour" & "La roue d'infortune"), dans "L'enfant du lendemain" il s'agit d'un recueil de 4 nouvelles qui parlent avec émotion de l'abandon, de la culpabilité et de l'amour interdit...
Si vous connaissiez déjà "Des maisons, des mystères", empressez-vous de découvrir ce nouveau volume de romans et nouvelles, il vous apportera la même satisfaction. Pour les plus débutants, sachez que chez Germaine Beaumont se dégage une délicieuse odeur d'un autre temps où le mystère rode, le doute plane et le secret enrobe...

Présentation de l'éditeur
Voici des histoires de femmes écrasées par leurs familles et les silences qui les entourent, prisonnières de leur milieu c'est Armande dans Du côté d'où viendra le jour, âme solitaire d'un autre siècle, engluée dans une vie inutile et en quête d'un destin ; c'est Nellie, l'héroïne de La Roue d'infortune, mal mariée et embarquée dans une existence qui n'est pas la sienne ; ce sont les figures des quatre fulgurantes nouvelles de L'Enfant du lendemain, cherchant l'amour et sa pureté - source de leur grandeur et parfois de leur perte.

Omnibus

5 janvier 2007

La maison des célibataires - Jorn Riel

la_maison_des_celibatairesPrenez une maison quelque part au Groenland où vivent cinq types qui ne brillent pas d'intelligence et qui demeurent célibataires à se serrer les coudes (et boire de la bière), quand soudainement leur vient la réflexion qu'avec le temps passant, leurs vieux jours risquent de voir s'éclipser cette tranquillité chérie et qu'il faut parer au plus vite pour trouver une solution. Vite, un tour dans le baquet, un décrassage complet et l'un de ces compères décide d'aller quérir la main de la Veuve Bandita, une prétendante appétissante mais un peu rustre. Qu'importe.. Argh ! soupirent les compagnons devant la mine énamourée du fiancé, la quiétude semble véritablement en danger, il faut donc trouver une autre solution, en marge de l'emprise inquiétante de la Bandita...

Le plan mis en place par les célibataires ne va pas manquer de génie, contrairement à l'idée première que ces cinq-là n'avaient pas inventé l'eau chaude, l'issue finale va donc se revéler épatante. L'histoire en général est cocasse, elle se lit très rapidement (70 pages, c'est du pipi de chat !). C'est une "savoureuse histoire de Pieds Nickelés" comme le souligne la 4ème de couverture, c'est poilant, débile mais divertissant.

10-18

4 janvier 2007

Le point d'équilibre - Frank Turner Hollon

point_d_equilibreMichael et Suzanne Brade vivent dans une petite ville d'Alabama, depuis presque quinze ans, et offrent l'illusion du bonheur conjugal. Cependant, rien ne va plus entre eux : tandis que Suzanne souffre de migraines et fait chambre à part, Michael passe sa vie sur le canapé à sombrer lentement dans l'alcoolisme et méditer sur le roman commencé et jamais fini.

Il y a une multitude de questions à poser concernant ces deux-là, sur leurs faux semblants, sur la décrépitude de leur vie commune, sur l'inertie de leur existence, sur le passé trouble de Suzanne, auquel elle réserve un voile de mystères fort intriguants.

Puis une lente machination se met en branle, vicieusement, sournoisement, mais efficacement. Quand L'EVENEMENT se produit, le lecteur est abasourdi et tremblant de terreur. Pourquoi ? Il y a une démonstration de machiavélisme particulièrement affolante, une série de circonstances impensables à contourner, car un crime se prépare ... un crime parfait !

Voilà grosso modo les quelques lignes à offrir à ce premier roman traduit en français de l'américain Frank Turner Hollon. Il s'inscrit dans la lignée des auteurs à trame psychologique redoutable, dans une écriture limpide et glaçante. C'est bien l'un des points forts de cette lecture tant le lecteur est happé dans l'histoire qui se lit d'une traite, l'effet d'hypnose est instantané et procure même un étonnement croissant, à se demander ce que la suite peut réserver. Ce roman noir est sérieusement scabreux, la tension pernicieuse et le point final attendu avec impatience, sans négliger quelques points de faiblesse, surtout vers la fin, mais non conséquents pour l'impression générale. Lecture fort honorable !

Buchet Chastel

3 janvier 2007

Mercredi, jour des enfants

Ouf, c'est in extremis que nous présentons ce livre du jour : La maison hantée de Jan Pienkowski.

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Oui ! un livre pour faire peur !

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Visez la Miss C. qui se planque derrière son livre !...

Je vous prive de quelques superbes grimaces de son répertoire, puisque j'ai un gardien du phare (à vrai dire, ma soeurette) qui s'oppose à toute surexposition de sa filleule sur le net, et face à ses arguments indiscutables j'ai signé son pacte (...).

Mais en fait, ce livre n'est pas un livre d'épouvante à faire dresser les cheveux sur la tête, c'est au contraire plutôt drôle à faire peur /ou / terrifiant à mourir de rire ! .. Il n'y a pas d'histoire véritable, juste une petite phrase en bas de page, à propos d'un narrateur qui parle à son docteur de ses soucis, mais au fait où êtes-vous docteur ???

Cet album est truffé de pop-ups astucieux, camouflés dans les moindres recoins, et qui modifient le cours de l'histoire en un glissement de languette. J'admets avoir eu quelques surprises, mes sourcils ont haussé d'un étage, et quelques rides au front se sont dessinées ... mais lire ce livre procure un effet bénéfique pour les zygomatiques, un stimulant puissant pour l'adrénaline. La maison hantée est par ailleurs une réédition, ce livre est un classique paru en 1979 ! C'est une belle (étonnante) découverte que Miss C. elle-même a dénichée au salon du livre, la pioche fut bonne ! A manipuler sans retenue : succès fou certifié !

La maison Hantée, par Jan Pienkowski - Editions Nathan

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3 janvier 2007

Trafic de haut vol - Kerry Greenwood

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Honnêtement, c'est le 2ème tome de cette nouvelle série écrite par Kerry Greenwood et c'est toujours un régal ! Il faut absolument faire la rencontre de Phryne Fisher, l'héroïne de ces aventures qui se passent à Melbourne dans les années 20. Il y a une exubérance dans ce caractère, parfois qui pousse à quelques moues circonspectes, mais on pardonne l'abus d'excentricité, surtout quand Phryne joue à braver les lois d'apesanteur en défilant sur l'aile de son avion... Ok, l'histoire démarrait un peu en grandes pompes, mais j'ai vite oublié l'anecdote et savouré l'emménagement de Phryne au 221B L'Esplanade, St Kilda (adieu la suite du Windsor !) et les balades à toute berzingue au volant de l'Hispano-Suiza. Cette multitude de détails (aussi concernant les tenues vestimentaires de Phryne) permet aisément au lecteur de se faire son propre film, de mettre en images les affaires de la succulente Phryne Fisher. Qu'importe qu'on la juge légère, scandaleuse et touche-à-tout, le charme de l'anglaise émerveille et fait instinctivement mouche. Bien entendu, l'intrigue policière présente peu d'attrait face à ce poids de dentelles et fanfreluches (ici il est question d'un assassinat et d'un enlèvement d'enfant), mais on se laisse embarquer dans ce tourbillon. La séduction est immédiate, je suis éblouie ! Il existe 15 tomes parus en anglais à ce jour, vivement la suite en français !

10-18

3 janvier 2007

Cocaïne et tralala - Kerry Greenwood

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La lecture de cette nouvelle série policière doit avant tout son succès prometteur pour le personnage vedette de Phryne Fisher, jeune mondaine anglaise qui a hérité tardivement d'une grosse fortune, jouissant ainsi d'une liberté sans égale pour assouvir ses désirs, ses caprices et ses délires. Car pour combler son ennui grandissant, où butiner dans la bonne société bourgeoise lui tire les plus vifs bâillements, Phryne se lance dans l'aventure rocambolesque d'être détective en herbe. Elle part à Melbourne pour aider un couple aux abois, qui s'inquiète pour leur fille mariée à un malotru (qu'on soupçonne d'empoisonner sa moitié). Là, ses péripéties continuent de la mener cahin-caha dans des eaux troubles, où les effluves de cocaïne flottent, et où quelques rencontres pernicieuses viennent pimenter la sauce (communistes exaltés, faiseurs d'anges sanguinaires, un éphèbe russe, et une jeune femme de chambre timorée...). En bref, cette série n'est pas parée des plus beaux et séduisants atours dont s'entoure le terme "policier", ici c'est beaucoup plus chatoyant, plus centré sur la figure stellaire de Phryne Fisher, et cela se passe à Melbourne dans les années 20 : le dépaysement est garanti, le plaisir de lecture assuré ! Pour qui ne sourcille point aux intrigues gentillettes, où le charme ravageur du personnage central rayonne du début à la fin, cette série est une aubaine !

10-18

3 janvier 2007

Le musée de la sirène - Cypora Petitjean Cerf

cypora_petitjean_cerfEn cette nouvelle rentrée pleine de livres, je tenais à mettre en lumière le 1er roman d'une jeune femme qui avait publié en 2005 une histoire époustouflante et enchanteresse. Elle vient d'écrire son 2ème roman : Le corps de Liane mais en attendant, quelques mots sur Le musée de la sirène :

C'est en gros l'histoire d'une fille qui vole une sirène dans l'aquarium d'un restaurant chinois, l'installe chez elle dans sa baignoire, lui donne à manger, la dorlotte, la materne, etc.. La sirène grandit, s'embellit, prend de la place et devient également exclusive et créative ! Sauf qu'entre la créature et la créatrice, il sera difficile de couper le cordon pour permettre à l'une ou l'autre de vivre enfin !.. Il y a donc d'un côté Anabelle, trente ans, peintre, célibataire, pétrifiée par une peur de l'extérieur quasi maladive. De l'autre, il y a cette sirène, qui ne rappelle en rien celle d'Andersen, c'est clair !

musee_de_la_sireneLire "Le musée de la sirène" m'a vraiment apporté un réel bonheur, un enchantement tout étonné d'avoir entre les mains ce premier roman. Quelques maladresses, certes, ponctuent l'histoire mais j'en retiens une fraîcheur, une originalité qui manquent cruellement chez les jeunes auteurs de la rentrée (2005) ! A aucun moment ce roman ne part en sucettes, ou du moins Cypora Petitjean-Cerf a toujours su maîtriser son sujet et remettre son sujet sur les rails, mine de rien. Nulle excentricité, nulle métamorphose à la Kafka, ni crise existentielle à la Marie Darrieussecq (que j'apprécie). On pardonne tout à son auteur : son imagination séduit, touche, émeut. Sa sirène est folle, joyeuse, cruelle et capricieuse. Anabelle est actuelle, timide, mais butée. Bref, un petit monde, un univers qui se démarque... Enfin je l'espère pour ce petit livre qu'on lit trop vite ! J'ai envie qu'il se détache de ce flot de livres insignifiants, déjà lus, déjà rebattus, ailleurs...

Stock

31 décembre 2006

C'est dimanche... en musique !

J'écoute depuis une dizaine de jours ce disque, alors pour boucler l'année 2006 (oui, hélas ! c'est le dernier dimanche !) je m'offre ce plaisir en le partageant :

j'veux un mec / adrienne pauly

(aucun message subliminal !)

29 décembre 2006

Le voyageur de Noël - Anne Perry

voyageur_de_noelEn ce Noël 1850, les frères Dreghorn se réunissent chez le plus âgé d'entre eux, Judah, dans son grand domaine de la région des lacs, en Angleterre. Mais l'heure n'est pas à la joie des retrouvailles. Judah vient de mourir dans des circonstances troubles, et sa veuve, Antonia, doit faire face à de terribles accusations portées contre son mari, un juge pourtant respecté. Pour l'épauler dans ces moments difficiles, elle fait appel à un vieil ami de la famille, Henry Rathbone. Avec l'aide de ses frères, Henry va tenter de faire la lumière sur cette affaire. Judah a-t-il été assassiné ? Et ces malheureuses insinuations, qui blessent l'honneur de toute une famille, pourraient-elles être fondées ? Dans ce nouveau conte de Noël inédit signé Anne Perry, Henry aura besoin de tout son sang-froid pour découvrir la vérité..!  (quatrième de couverture)

Il faut honnêtement savourer ces petites histoires des Crimes de Noël, écrites en quelques pages (120 à 150), où Anne Perry nous sert en apéritif son savoir-faire à tracer un décor cossu, une famille bourgeoise, une mort douteuse, une enquête fouillée, une traversée du tunnel avec élégance et tact. Car Anne Perry se régale des convenances, de l'honneur des familles, des faux-semblants, des coups de théâtre et nous le rend admirablement dans cette "nouvelle". Ce n'est certes pas de la qualité étonnante de la série de Charlotte et Thomas Pitt, mais c'est une mise en bouche appréciable, à ne pas bouder.

10-18

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