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Chez Clarabel

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27 janvier 2007

Rien que du bonheur - Laurie Colwin

rien_que_du_bonheurJetons-nous à l'eau, dans ce recueil qui comporte 8 nouvelles, la 1ère est drôle, la 2ème plutôt vague, la 3ème a fait l'objet d'un roman ("Une vie merveilleuse"), la 4ème est morbide, la 5ème invite à l'évasion, la 6ème est caustique, la 7ème fait quelques pas de danse et la dernière réclame tendresse et attention. Prudence ! Il faut se méfier de ce titre minable traduit de "Passion and affect", l'ensemble de ce dernier recueil de Laurie Colwin laisse un peu penser qu'on a raclé tous les fonds de tiroir de cet écrivain décédé. Le style de Laurie Colwin est fin et élégant, très intelligent. Il met en lumière la subtilité des sentiments des femmes, du couple et se moque avec tendresse et beaucoup d'humour des hommes et de leurs penchants paternalistes et professoraux. J'avoue apprécier davantage les romans de l'auteur, car son univers demande de s'installer dans la durée, pas simplement sur le pouce. Mais étant une inconditionnelle de cette grande dame, je lui voue une admiration sans bornes, et je pense que ceux et celles qui ont les mêmes prédispositions seront tout autant charmés !

  • (Lu sur Lire.fr)  Est-il bien raisonnable de s'empiffrer de gâteaux surgelés devant son petit écran quand on a une épouse très bio et anti-télé? Comment devient-on la femme la plus intelligente d'Amérique? La rue du Paradis est-elle l'endroit idéal pour se suicider? La phobie des ragondins est-elle une maladie incurable? Un secrétaire un peu trop stressé a-t-il le droit de faire des fautes de frappe pour se calmer les nerfs? A quoi ressemble une femme «aussi adaptable qu'un thermostat»? Les chansons de Rad McClosky sont-elles un bon remède contre l'ennui conjugal? Réponses dans les huit nouvelles de ce recueil insolite, doux-amer et souvent grinçant, de la New-Yorkaise Laurie Colwin, morte d'un accident cardiaque en 1992, à 48 ans.

Autrement

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26 janvier 2007

Du nouveau, pour bientôt !

elle_s_appelait_sarah_ehoMais qu'est-ce que c'est que ce nouveau roman, Clarabel ?

- Le tout dernier de Tatiana de Rosnay !  Il s'intitule Elle s'appelait Sarah et va paraître le 1er mars aux éditions Héloïse d'Ormesson. *

Il s'agit du 9ème roman de l'auteur, en précisant cependant qu'il avait été écrit depuis quelques années, et en anglais directement ! (oui, n'oubliez pas, Tatiana est franglaise). Ce roman a été traduit en français par Agnès Michaux.

Pourquoi tout ce temps avant sa parution ? pourquoi ce manuscrit est-il resté coincé dans un tiroir ?

- Aucune réponse, sinon que le sujet du roman est fort, poignant et très bouleversant.

Cela parle d'une femme qui vit à Paris et s'apprête à emménager dans un nouvel appartement, pourtant elle pressent que ces murs lui murmurent une histoire d'un passé lointain.

En écho, on assiste au destin d'une petite fille, Sarah, âgée de dix ans, qui bascule dans la tourmente de la guerre après la rafle du Vel d'Hiv' le 16 juillet 1942.

Passé et présent résonnent en choeur, avec quelques 60 ans qui creusent cet écart mais forcent la mémoire à se souvenir, à ne pas oublier. Ce roman nous emporte ainsi vers un terrible chapitre de l'histoire française, qui chamboule une américaine de 45 ans mariée à un français, qui cherche des réponses, qui veut comprendre l'inexplicable.

tatiana_2C'est subjuguant combien ce roman marque son lecteur, l'emporte aux côtés de ces héroïnes secouées par des drames en cascade. C'est toute la force d'une Histoire à laquelle Tatiana de Rosnay  a su imposer son style de l'obsession sur la mémoire des murs, pour l'enquête jusqu'au boutisme et avec une réelle authenticité dans l'hommage sur les événements au Vélodrome d'Hiver.

Pour ces multiples raisons, je vous invite à ne pas louper sa prochaine sortie pour prendre dans vos bras cette Sarah qu'on ne peut décemment pas oublier !   (à suivre ...)

  • Le blog de Sarah est  ICI !

* Les droits du roman ont été vendus dans 15 pays (USA, Grande Bretagne, Italie, Allemagne, Grece, Pays Bas, Finlande, Danemark, Suède, Tchequie, Norvège, Pologne, Ukraine, Portugal et Israel ! ).  :-)

25 janvier 2007

Mentir vrai ~ Gisèle Fournier

Jeanne rencontre dans la rue la perfide Anne, une amie qui ne lui veut pas du bien en lui racontant certaines choses sur Simon, son ancien compagnon. Cet homme, Jeanne l'avait rencontré chez Anne et avait été à la fois séduite par lui tout en se sentant menacée. Effectivement, sa relation avec lui, même si elle a su lui apporter quelques bases reposantes, a vite viré vers de vieilles angoisses et des cauchemars de l'enfance qui se sont réveillés.
Le mensonge dans le roman de Gisèle Fournier est édulcoré, malaxé et amadoué. Mentir pour polir, poncer, arrondir les angles. C'est ainsi que conçoit les choses, Simon. Mais Jeanne, trop meurtrie d'avoir gardé le silence pour arranger la vérité, accepte difficilement de partager sa vie avec lui. De la sorte. Alors, au prix de gros efforts, malgré l'amour, elle apprend à le quitter, en dépit du passé qui reflue. Sur un ton grave, presque dans l'urgence, au bord de la folie, Jeanne sauve sa peau. Beau roman, dans la lignée des histoires imaginées par son auteur, même si les passages sur l'oncle auraient mérité d'être plus creusés.

lu en janvier 2006

25 janvier 2007

Les murs et autres histoires (d'amour) - Vaikom Muhammad Basheer

les_mursCathe et ses lectures préparent actuellement un dossier sur la littérature indienne, en l'honneur du salon du livre à Paris dont le pays vedette et invité n'est autre que ... l'Inde ! Avec ce livre, j'apporte donc ma petite pierre à son édifice.

Ce qui est fascinant dans l'univers de Basheer, c'est qu'on y entre tout de suite, avec une familiarité et un enthousiasme qu'on a tout de suite envie de faire partager. Composé de 5 courtes histoires, ce recueil de Basheer décline avec humour et causticité les clivages entre l'homme et la femme, la supercherie de l'un contre le bon esprit de l'autre, l'emprisonnement, la rencontre d'un parfum fleuri typiquement féminin, l'effroi glacial et même une petite bulle de fantastique ! L'auteur est doué pour créer son atmosphère : au coeur d'une prison, entre quatre murs, au pied de l'enceinte qui sépare le pénitencier des femmes, l'homme fait la rencontre d'une femme autour d'un pied de roses. C'est la 1ère des histoires qui ouvre ce recueil, le ton est donné : de la magie, de la poésie, du doute et de la perplexité, beaucoup de fantaisie et une pointe d'ironie. Voilà qui régale le lecteur !

On pourrait presque croire à des petits contes philosophiques, chacune des nouvelles ne manque pas de verve pour pointer le doigt sur le souci du groupe social, sur la dot féminine et le chagrin d'une femme privée de mariage. Il est moqueur, mais gentil et particulièrement charmeur, son regard sur les femmes dépasse l'image de la damoiselle qui se poudre le visage et court les boutiques avec un "flap-flap" sur l'épaule. D'ailleurs, celles-ci ne manquent jamais de réparties, elles ne sont pas de celles dont "la tête ne contient que des rayons de lune" (à voir dans les textes de L'anneau d'or & La lettre d'amour). Privilégiant beaucoup la séduction et la romance cajoleuse, faite d'humour parfois involontaire et facétieux, Basheer n'hésite pas à dénoncer (lui-même a tâté de la prison dans sa lutte pour l'indépendance de l'Inde), rapporte ses contes hérités au cours de ses longs et innombrables voyages, et boucle ce livre sur une touche surréaliste, "un des événements extraordinaires" qui lui sont arrivés. Quel autre nom donné à cette étrange "lumière bleue", une très belle histoire de fantôme et d'amour (toujours !). Le pouvoir de l'Inde a agi, j'ai été charmée. D'autres font danser les serpents, par la seule musique d'une prose simple et naturelle. A découvrir !

Zulma

24 janvier 2007

Tournants dangereux - Maïtena

tournants_dangereux_maitenaMaïtena revient avec une nouvelle série : après Les Déjantées, voici donc Tournants Dangereux, un mélange acidulé de drôlerie et de vérité sur le monde dans lequel nous baignons avec allégresse et perfidie. Dans cet album (souple et non pas cartonné, comme les BD habituelles), on dévore très vite les saynètes qui épinglent les jeunes femmes actuelles et ce qui caractérise notre terrifiante (et affligeante) société : la mode, la plaie du fumeur, les questionnaires type, ce qui dérange dans le foot, les cadeaux difficiles, la lingerie, le bronzage, le sport, les péchés capitalistes, le jeunisme, la quête du grand amour, la fidélité, la routine...

Maïtena porte également un regard très corrosif sur le couple, sur l'enfant et les névroses dont font bien souvent leur beurre moults magazines féminins, cela sonne comme ces rubriques futiles et insensées, mais c'est dix fois plus mordant et volontairement moqueur. Aucune complaisance, le trait dans les dessins de Maïtena prouve cette énergie découlée de l'agacement et du désir de dire Stop aux classiques complexes féminins (certains jugeront que ces dessins ne sont pas très beaux, c'est vrai !). Dans l'ensemble, la pilule n'est pas amère, on rigole beaucoup, se reconnaissant ici ou là, les thèmes étant évidemment universels !

Je trouve, toutefois, que cette lecture s'adresse davantage à un public féminin. A noter, en indice d'humour, on pense à notre petite française, Hélène Bruller, auteur de "Je veux le prince charmant" (chez Albin Michel). Le but recherché étant de divertir, je pense que c'est honnêtement atteint, même si c'est un style déjà vu, il faudra penser à se renouveller pour la suite !

Métailié

 

  • Quelques feuilles :

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2007

Mercredi, jour des enfants

Midi est passé. A la maison, nous ne sommes pas de grandes cuisinières mais nous apprécions les livres qui en parlent ! Parmi nos plats préférés, il y a un incontournable, un inévitable et très savourable -...- et nous avons trouvé un livre qui a consacré ses pages rien que pour ça. De quoi s'agit-il ?

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Bon, pas de grands discours autour de ce livre qui présente à merveille l'Italie et la culture de la pasta ...

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Je vous livre juste quelques images pour le plaisir des yeux ... Car pas besoin de mots pour faire envie, croyez-moi !

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Et comme l'indique l'éditeur : Il flotte toujours un délicieux parfum dans la cuisine des "mamma". Francesca, accompagnée de son chat Ravioli, vous fera découvrir onze recettes traditionnelles, faciles et équilibrées, issues des diverses régions d'une Italie gourmande et pétillante.

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Un album comme si on y était ! Très agréable à feuilleter.

Les recettes sont authentiques et me semblent très faciles (rédigées par Sophie Cottin et Francesca Arbogast Albanese). Il y a de plus une foultitude d'anecdotes, de conseils et astuces pour mieux approcher cette culture italienne ET culiIMGP3107naire que présente la pasta !

Les illustrations sont celles d'Amandine Piu et remportent l'adhésion des jeunes lecteurs. (Bon, ci-contre en fait, Miss C. s'exclame auprès du chien A., qui préfère garder l'anonymat, que non ! ce livre n'est pas pour toi ! il faut juste regarder ! cesse de baver !).

Un dernier mot pour conclure : ce livre est le produit d'une jeune maison d'édition (créée depuis 2000) basée en Normandie : Petit A Petit . Leur catalogue offre quelques originalités, dont cette collection "Marmitontaine et Tonton", avec à paraître :  Le riz de Ly qui sera une exploration aussi riche et passionnante de la cuisine vietnamienne (parution en mai 2007).

Les pâtes de Francesca - par Sophie Cottin / Francesca Arbogast Albanese / Amandine Piu

Chez Petit A Petit

24 janvier 2007

La lecture est une amitié (Marcel Proust)

IMGP3077Merci Bellesahi, généreuse donatrice de ce livre d'Agnès Desarthe : Les frères chats qui a su nous enchanter, Miss C. et moi !

C'est l'histoire de Tony et Mario, deux frères chats. L'un était blanc, l'autre était noir. Tous deux aimaient beaucoup chasser et manger la souris, mais le problème, c'est qu'à force il n'y en avait plus. Les souris avaient quitté le quartier. Un jour, Tony eut l'idée de s'inscrire au golf, persuadé de dénicher des souris dans les trous. Mais il y a un pépin : le club de golf est réservé aux chiens ! Mince, il faut ruser et Tony décide d'acheter un masque de caniche ! (la tronche, oooh !)

Et patati et patata. Tony est un roublard qui opte pour les remèdes peu honnêtes, mais peut-on le blâmer ? Parce que, reconnaissons-le, il est drôle, ce Tony ! Dix fois plus que son frère Mario !!! C'est simple : le texte est truffé d'humour cocasse, de rebondissements inattendus et qui forcent à s'esclaffer. Après un hâtif jugement sur la couverture que je ne trouvais pas terrible, j'ai bien vite admis que les illustrations d'Anaïs Vaugelade, au coeur de l'histoire, sont absolument délirantes et contribuent aux éclats de rire. Honnêtement, une belle lecture pour coller nos têtes, de mère à fille. Je signale aussi que c'est très, très accessible pour les lecteurs débutants (à l'image de la collection Animax de L'école des Loisirs, d'ailleurs.)

Les frères chats - par Agnès Desarthe & Anaïs Vaugelade

L'école des Loisirs

23 janvier 2007

Jeune fille - Anne Wiazemsky

wiazemsky_anneAnne, âgée de 17 ans, suit son amie Florence, actrice débutante, chez le réalisateur Robert Bresson. Il est immédiatement sous le charme de cette délicieuse jeune fille, muette, réservée et engoncée dans une gaucherie maladive. Anne se sent impossiblement creuse, nulle et moche, complètement inexistante. Aussi, la proposition de Bresson de la faire tourner dans son prochain film présente à ses yeux une offre irréelle, un cadeau du ciel et une nouvelle étape de sa vie, qu'elle jugeait jusqu'à présent fort ennuyeuse et conventionnelle, avec pour seul horizon le baccalauréat à passer.

L'été d'Anne se passe du côté de Guyancourt, à servir un réalisateur exigeant et despotique, confondant le miel et le vinaigre pour plier son équipe et asservir les jeunes filles têtes d'affiche de ses films. Anne devient la "prisonnière" de Bresson, troublée par cet homme plus âgé, rebutée par son souffle chaud et ses caresses enjôleuses. Elle se vexe pourtant de perdre son intérêt, s'inquiète de le vexer et s'ennuie de lui durant un week-end en famille. Anne, élevée dans une famille bourgeoise, petite-fille de François Mauriac, devient soudain songeuse : cet été auprès de Bresson serait-il le présage d'un avenir en mouvement ?

"Jeune fille" d'Anne Wiazemsky est un roman silencieux et pudique sur les débuts d'actrice de l'écrivain. Racontée avec du recul et un détachement déconcertant, l'histoire d'Anne s'appose également pour décrire le portrait de toute jeune fille mal dans sa peau, à qui on offre soudainement de décrocher la lune, et en saisissant cette chance une audace prend le pas. Anne devient ange et démon, un petit papillon qui sort de sa chrysalide. Sa relation avec le réalisateur dérange, détonne, perturbe. Mais à la fois, l'idée d'émotion et de sincérité se complète, vous laissant un goût de simplicité jamais frelatée. Un plaisir de lecteur comme Anne Wiazemsky sait merveilleusement créer, à travers ce thème de l'innocence trompeuse et trompée. A déguster !

Gallimard

23 janvier 2007

Adieu les anges... ~ Pierre Wiehn

Un roman léger et sensible à la fois, avec Petit Pierre, garçonnet de presque neuf ans, au centre de l'histoire : au pays du Cognac, la vie aux Coudriers est paisible et idyllique. La vie à l'école, le catéchisme, les messes, les amis (dont Simon, dit Bubu, dit "l'Alsacien"... un secret) et la belle Marie, la jeune fille qui lui met le ventre à l'envers. Histoire quelconque ? Non, nous sommes en 1944, le pays est occupé par les Allemands, même si le village de Petit Pierre semble être épargné. Pourtant il vit chez son oncle et sa tante, ses parents ne donnent aucune nouvelle et les rumeurs grondent : actes de résistance, radio de Londres, messages codés, maquisards ou miliciens... Petit Pierre observe les tourments d'une guerre à travers les yeux d'un enfant intelligent, futé et qui tente de retenir les leçons que tous les adultes veulent lui apprendre.
Instants magiques et mélodieux, "Adieux les anges..." est un petit roman à savourer & savoureux ! C'est bon comme du bon pain, un roman qui baigne dans le terroir, sans franchement basculer dans la tendance. Un ton juste du début à la fin. Et des mots bien dits et bien pensés pour résumer la guerre, l'occupation, la résistance et la libération. Un petit bijou !

lu en janvier 2005

22 janvier 2007

La dernière sonate de l'hiver - Béatrice Wilmos

la_derniere_sonate_de_l_hiverParce que le narrateur est prié de rédiger une courte biographie sur le pianiste russe, Vladimir Solianovsky, il découvre avec fascination son interprétration fantasque et pleine de fougue de Scriabine. La figure souriante et qui cache le désespoir de cet homme poursuit le narrateur qui décide de fouiller le passé, de partir à la pêche aux souvenirs, en rassemblant les morceaux d'un puzzle qui vont le conduire en Allemagne, sur les traces d'un violoniste, Ivo Vaganov, russe également, et d'une jeune femme allemande, Maria Ködenitz.

La première moitié du roman s'attache à débusquer les traces de Solianovsky, lesquelles vont se perdre en traînées de poussière dans l'autre moitié de cette histoire. A force de rencontres, de cahiers retrouvés miraculeusement, de lettres cachées et jamais envoyées, le narrateur obsédé par ce jeu d'ombres parvient à redessiner l'histoire des deux musiciens russes et d'une romance à Berlin, en plein coeur de l'hiver 1943, sous la crainte des bombardements et de l'écho lointain de la bataille de Leningrad.

C'est un chant mélancolique que nous conte Béatrice Wilmos dont "La dernière sonate de l'hiver" est le premier roman. C'est une histoire bouleversante, habitée par des spectres, des héros désespérés qui préfèrent mourir pour une "simple romance" plutôt que pour "rien". Après tout, comme souligne l'un des personnages, "nous n'avons été que des musiciens", livrés au chaos, à la folie et au massacre. Tout n'est que fureur et hécatombe, à travers les destins brisés des russes et des allemands, comme le témoigne la bouleversante confession de Maria, prise au piège de ses fantômes, désemparée par le poids de la responsabilité du secret qu'elle porte. D'abord nébuleuse, l'histoire de ces héros tragiques se peaufine, s'étoffe et prend de l'ampleur, à tel point que "j'ai eu l'illusion qu'ils étaient vivants". Les zones d'ombre demeurent, mais les grandes lignes ont été tracées : "quand la lumière est trop vive, les ombres sont plus épaisses". Vraiment une sonate qui va résonner pour un petit bout de temps dans ma tête...

Flammarion

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