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Chez Clarabel
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17 avril 2023

Assoiffés, de Tracy Wolff

Assoiffés

Premier tome d'une saga qui buzze pas mal sur les réseaux. J'ai tenté, écouté avec intérêt, suivi l'intrigue en ne masquant pas ma curiosité, mais j'en sors mi-figue, mi-raisin.

Avant toute chose, la comparaison avec Twilight n'est pas fausse. L'héroïne débarque dans une nouvelle école et tombe amoureuse d'un garçon très beau qui fait tout pour la rejeter. Mais elle s'accroche car elle veut percer son mystère. Elle a vaguement conscience d'être une pestiférée aux yeux de ses camarades. C'est tout juste si elle réalise qu'on cherche à la zigouiller. Partout où elle passe, des phénomènes étranges surviennent. Et malgré les rappels à la prudence, elle fait tout le contraire de ce qu'on lui demande.

Tout ça parce que l'obsession de Grace a pour nom JAXON VEGA. Et j'étais saoulée de retrouver une lecture où la nana perd ses neurones en présence de son crush. Elle fonce bille en tête et se met en danger. Pas de problème. Ajoutez une ritournelle amoureuse écœurante de niaiserie.

"Est-ce que tu as déjà désiré quelque chose si fort que tu as eu peur de le prendre ? - Oui."

Mais aussi,

"Il serait plus prudent pour toi de ne pas être mon amie. Mais j'en ai assez d'essayer de t'éviter."

Help ! Ça colle aux doigts et ça file la migraine.

Si mon cœur n'a plus vibré autant, ô douce nostalgie de l'époque Stephenie Meyer, ma raison n'a cependant pas manqué d'être attirée par l'ambiance de cette saga : Katmere Academy, Alaska et folklore paranormal. Puisqu'effectivement, l'envie de pousser plus loin les portes du domaine est bien là ! Surtout si l'on me promet moins de clichés young adult par la suite. Je prends.

©2020 / 2021 Titre original : Crave / Publié pour la première fois en 2020 / éditions Pocket Jeunesse, pour la présente traduction française (P)2023 Lizzie

⭐⭐⭐.5

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22 février 2023

La princesse sans visage (Les royaumes immobiles #1), par Ariel Holzl

Une plongée fantastique au royaume des feys !

La princesse sans visage Les royaumes immobiles

Dans les Royaumes Immobiles, l'existence est contrôlée par quatre monarques. Or le trône d'Automne est vacant depuis trop longtemps : il faut donc lancer un nouveau sacre. Sept jeunes femmes peuvent y prétendre. Pour déterminer l'heureuse élue, une compétition est organisée.

Une compétition sans pitié, à laquelle Ivy est candidate malgré elle.

Ivy a grandi seule, loin de tout. Abandonnée par son père, le roi gris. Puis par sa nourrice, mystérieusement. Elle a également puisé ses connaissances dans sa bibliothèque, sans espérer qu'on la tire de cette routine. Jusqu'à l'arrivée d'un gentilhomme qui l'entraîne hors de son château.

Puck est fidèle à sa réputation, une fripouille qui enjolive la situation. Ivy lui confie cependant son destin et accepte de le suivre. De rencontrer la reine Titania et ses comparses. De s'aligner pour la compétition. De découvrir dans la hâte le maniement subtil de l'art. De se cogner contre les roueries des cours royales. De nouer des alliances, sans perdre les ficelles non plus.

C'est clairement un roman élégant, à l'univers finement ciselé et aux rebondissements tardifs (mais qui donnent envie de plonger dans la suite). La découverte du monde feyrique se colle au pas de l'héroïne. De façon méticuleuse, sans excès. Cela peut sembler parfois un peu traînant, mais j'aime à penser que cela permet d'ouvrir une perspective explosive dans les derniers chapitres.

Petite précision, Ivy est affublée d'un masque car elle est porteuse d'une malédiction. Quiconque aperçoit son visage, d'une grande beauté, est hélas frappé de mort soudaine. Que ne donnerait-elle pas pour briser cette fatalité ? ... En attendant, l'exploration de ce monde trompeur et perfide se déguste. C'est sombre et vénéneux. Les multiples références m'ont également fait penser à la saga de Julie Kagawa. Hmm, cela me donne maintenant envie de la relire. 

Si la couverture, sublime et envoûtante, vous tente, alors n'hésitez pas ! Le titre est disponible dans l'abonnement audible. Pour moi, cela a été une très bonne découverte ! 

©2022 Edi8 (P)2023 Audible Studios

⭐⭐⭐⭐

9 novembre 2022

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Harry Potter #6), de J.K. Rowling

Harry Potter 6Qui se cache derrière le Prince de Sang-Mêlé ?

Dans ce sixième tome, on brasse les souvenirs et le passé des personnages comme Severus Rogue, Albus Dumbledore, Tom Jedusor ou Horace Slughorn. Des destins se jouent. Les Horcruxes pointent leur nez. Drago porte le poids du monde sur ses épaules. Mais surtout, Harry est amoureux. Et c'est pour de vrai, cette fois.

Bien sûr, la fin est déchirante. Si vous vous souvenez du film, sachez que la scène est incroyablement bouleversante dans le livre. Cette relecture a donc été productive. J'ai été embarquée par les 21 heures d'écoute - Dominique Collignon-Maurin calque son jeu sur celui de B. Giraudeau. Parfois, c'est usant mais l'intensité dramatique est si forte, si poignante, qu'on oublie tout le reste !

- Tu sais, par moment, j’oublie combien tu as grandi. Par moment, je vois encore le petit garçon dans le placard. Pardonne ma sensiblerie, je suis un vieil homme.
- À mes yeux, vous êtes resté le même.
- Tout comme ta mère, tu as beaucoup de cœur, une qualité que les gens sous-estiment trop souvent, je le crains.
L'univers magique créé par J.K. Rowling révèle sa fascinante complexité dans ce sixième tome. Dès les premières minutes d'écoute, ce livre audio va vous embarquer dans la plus grande aventure de tous les temps. 
Harry : C’est Malefoy qui a ensorcelé le collier.
McGonagall : Il s’agit d’une accusation très grave, Potter !
Rogue : En effet ! Votre preuve ?
Harry : Je le sais, c’est tout.
Rogue : Vous le savez, c’est tout ? Une fois encore, on est stupéfié par vos dons, Potter. Des dons que les simples mortels ne peuvent que rêver de posséder. Comme ça doit être fabuleux de savoir qu’on est l’élu.

©2005 J.K. Rowling (P)2017 Gallimard

⭐⭐⭐⭐⭐

16 novembre 2021

Devious (Sinners #2), de L.J. Shen

Devious

Systématiquement, il faut que je tombe amoureuse des héros de L.J Shen ! J'aime ses personnages déglingués, qui se comportent en mâle alpha et qui n'ont que le sarcasme en bouche. Et quand ils se montrent romantiques, à leur sauce, c'est chaud bouillant.

Alerte rouge. Moi, je succombe. 😄

Dean Cole ne fait pas exception à la règle. Pourtant, c'est un alcoolique notoire. Amateur de joints. Accro au sexe. Sauf qu'il n'y a qu'une femme qui compte dans sa vie et qu'elle lui est inaccessible depuis onze ans !

Rosie LeBlanc (la petite sœur de Millie) est aussi gravement malade. Elle vit à New York, loin de sa famille, pour avoir le sentiment qu'elle peut mener un semblant de vie normale. Loin de l'attention excessive des parents. Elle n'en demeure pas moins lucide sur son avenir sentimental et n'envisage aucune relation sérieuse pour l'instant.

Sa rencontre avec Dean vaut tout un roman ! Le timing n'est jamais le bon. Mais lui ne lâche rien et veut sa Rosie dans sa vie. Il va donc la conquérir comme le butor qu'il est. Elle va lui tenir tête jusqu'au jour où elle lui concèdera enfin une place dans son univers rabougri.

HAN.LA.LA. C'est tout plein de frustration, de désir, de colère et de passion. 😩

Après ça, j'ai très envie de replonger dans Broken Knight pour reprendre une dose d'émotions fortes et de retrouver celui qu'on nous présente déjà « avec du style, un air canaille, et qui enchaînait bêtise sur bêtise, le tout enveloppé dans un sourire d'ange innocent. »

😍😜

©2019 Harlequin (P)2021 Audible Studios

  • Lu par : Paul LafleurSandie Chaton
  • Série : Sinners, Volume 2
  • Durée : 11 h 42
  • Concernant le livre audio, j'ai bien aimé la voix masculine qui colle avec la personnalité du héros. je suis moins emballée par la version féminine (prononciation parfois hasardeuse des mots anglais). 

⭐⭐⭐⭐

27 avril 2021

Rien ne t'efface, de Michel Bussi

Rien ne t'effaceMédecin à Saint-Jean-de-Luz, Maddi est témoin de la disparition tragique de son fils Esteban alors qu'il se promenait sur la plage. Dix ans plus tard, elle est de retour pour ressasser son souvenir quand elle croise la silhouette d'un garçon ressemblant trait pour trait à son fils.

Seulement, ce garçon s'appelle Tom et vit avec sa mère en Auvergne. Maddi a mené son enquête et décidé de le suivre. Elle est convaincue qu'elle doit sauver cet enfant du piège qui l'enferme (il vit dans une ferme délabrée avec une mère désœuvrée). Et puis des détails troublants viennent lui confirmer que ce Tom est son Esteban.

Philosophie bouddhiste, théorie de la réincarnation, duperie et mensonges... très vite, le roman se lance dans une imagination débordante. L'intrigue affiche également un très bon rythme, du suspense, des rebondissements. C'est donc tout naturellement qu'on accompagne cette femme médecin dans sa quête obsessionnelle à découvrir la vérité.

Maddi n'est cependant pas toute seule sur son chemin de croix, il y a son psy resté en Normandie, qui prétend l'aimer et prêt à tout abandonner pour lui prouver, l'assistante sociale partagée entre la croire et la suspecter, une vie de village chamboulée par une série de meurtres. Oui, oui, soudain la lecture paraît beaucoup moins lisse et insouciante.

Tout bon lecteur acharné se perdra en spéculations au fil des chapitres : la narratrice est-elle folle ? victime d'un coup monté ? le garçon est réel ou une créature manipulée ? qui tire les ficelles ? C'est tout à l'honneur de Michel Bussi de nous embrouiller les esprits. Bravo, ça fonctionne très bien. Le dénouement est certes plutôt chaotique, et moins bluffant, car à force d'ingurgiter ses livres, on pressent les ruses et les fausses pistes. Je suis moins naïve, monsieur.

Par contre, c'est toujours aussi divertissant et agréable à lire. Surtout pendant les vacances. Et le format audio est parfait pour m'assister à buller tranquillement tout en me triturant les méninges afin de dénouer les ficelles de cette intrigue retorse ! 

©2021 Michel Bussi et Presses de la Cité (P)2021 Lizzie, un département d'Univers Poche, Paris

  • Lu par : Léovanie RaudMarie BouvetAntoine Doignon
  • Durée : 13 h 
  • Sur le thème puissant de la maternité, Michel Bussi livre un nouveau suspense addictif, vertigineux, servi par un twist de haut vol, dans lequel se justifie l'impensable par amour pour un enfant. 
  • Une intrigue magistrale, un twist virtuose pour le nouveau suspense 100% Bussi.

 ⭐⭐⭐

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10 juin 2021

Rozenn, de Laëtitia Danae

Rozenn 1

Rozenn Kaplang est une princesse djinn ; une magie ancestrale coule dans ses veines. Pour cette raison et durant de longues années, ses ancêtres ont souffert de la domination des dagnirs. Depuis, la paix a été rétablie - une paix au goût amer et incertain.

Afin de tirer un trait définitif sur ce douloureux passé, le père de Rozenn accepte d'envoyer ses filles au palais du Sultan Maddy dans l'espoir de nouer une alliance entre héritiers. Toujours est-il que nul n'est dupe du piège tendu. C'est donc la méfiance chevillée au corps que les sœurs Kaplang se lancent dans un long périple.

Rozenn, Odeleen et Daire doivent cependant apprendre à résister aux charmes déployés : le sultanat de Pretamia recèle mille richesses et autres trésors cachés. Les princes sont séduisants. Chaque rendez-vous est une promesse de rêve et d'évasion. La tentation est grande, très grande.

Seule la cadette ne se laisse pas étourdir par ces faux-semblants. Rozenn refuse même farouchement de participer à cette mascarade, quitte à s'attirer l'animosité de la Sultane en personne. Sa rencontre avec Cameron ne la laisse peut-être guère indifférente, sauf que c'est auprès du prince Callum qu'elle se sent revancharde.

Ahlala, j'ai été totalement, irrémédiablement, fatalement ensorcelée. Et j'ai adoré ça ! Tout m'a (quasiment) plu : le cadre oriental, dont se dégage un parfum vénéneux de pouvoir et de tromperie. La beauté des personnages, qui ne masque pas leurs ambitions cachées. La nonchalance de la mission, qui filtre les horreurs en place.

Bref. On obtient un mélange subtil mais fascinant dans ce premier tome où les éléments s'organisent. Ce n'est pas débordant d'action, c'est juste bien dosé et énigmatique comme il faut pour donner envie de connaître la suite. Je soupçonne d'ailleurs la lecture de posséder des effets d'hypnose méconnus. 

Maintenant, je suis à deux doigts de craquer pour le deuxième tome (papier) alors que j'aimerais également patienter jusqu'à la parution du format audio. Ce terrible dilemme qui ronge mon existence... Je ne peux que vous le conseiller.

©2021 SAGA Egmont (P)2021 SAGA Egmont pour la version Audio

  • Lu par : Anne Durandy
  • Durée : 8 h 30
  • Repris en format poche chez J'ai Lu (2020)

 ⭐⭐⭐⭐

5 mai 2020

Petites Recettes de bonheur pour les temps difficiles, de Suzanne Hayes & Loretta Nyhan

Petites Recettes de bonheur pour les temps difficilesCampagnes américaines, années 40, clichés d'un autre monde... j'ai adoré cette ambiance vintage. Et puis les personnages ont achevé de me convaincre.

Gloria Whiteman et Marguerite Vincenzo font connaissance à travers les lettres qu'elles s'échangent entre janvier 1943 et mai 1945. L'une vit dans le Massachusetts, l'autre en Iowa. Elles sont mariées et mères de famille. Leurs compagnons sont au front. Et elles s'écrivent pour tromper leur solitude et pour dire ce qu'elles ont sur le cœur en ces temps difficiles.

En fait, tout est éclatant dans ce roman ! La jovialité des deux épistolières nous éclabousse et nous imprègne : leurs lettres sont vives, spontanées, animées d'espoir et parfois de blues. Elles aussi se font surprendre par leur élan et développent une amitié exceptionnelle et sans faille, quand l'une est fragile, l'autre bondit avec ses recettes et ses anecdotes pleines de sourires. C'est imparable. Même quand il faut houspiller ou rappeler à l'ordre toute dispersion éventuelle... ça ne loupe pas.

Ce roman est un vrai régal à lire ! Il est d'ailleurs contagieux de bonheur et de tendresse : j'ai ri et j'ai pleuré tout du long (et j'ai adoré ça) ! Quelle classe folle ont ces deux femmes ! Glory et Rita sont formidables, je suis encore émue par cette belle rencontre ! Vraiment. ♥

Pocket (2015)

⭐⭐⭐⭐.5

8 juillet 2019

Filles de la mer, de Mary Lynn Bracht

Ce roman inspiré de faits historiques est passionnant mais également déchirant pour tout ce qu'il rapporte ! Pfiou... c'est très dur à lire parfois.

Filles de la mer

C'est l'histoire d'une jeune coréenne de seize ans qui, en 1943, a été arrachée à sa famille pour être envoyée dans un bordel en Mandchourie et servir de “femme de réconfort” aux soldats japonais. Témoin de son enlèvement, sa jeune sœur n'a jamais pu oublier ce jour tragique. On la retrouve près de soixante-dix ans plus tard en train de manifester sur les places de Séoul pour connaître son sort.

Raconté par alternance, le roman nous tient en haleine à travers les voix de Hana et Emi dont chaque parcours soulève bien des injustices, des drames, des larmes, de l'horreur. J'ai eu la boule au ventre plus d'une fois au cours de ma lecture. Et pourtant, pour rien au monde je n'aurais voulu mettre pause ou abandonner ce livre.
D'un côté c'est hyper poignant et douloureux à encaisser. D'un autre, on est surpris par sa force romanesque et obnubilé par la suite de l'histoire. On a autant envie de soutenir les deux sœurs et de découvrir leur sombre destinée.

C'est sans doute paradoxal à avouer mais j'ai adoré ce roman ! Je ne suis d'ailleurs pas prête d'oublier le sort misérable des coréennes victimes de l'esclavage sexuel (et plus largement, les ravages imprimés par la grande Histoire sur ce coin du Pacifique). Absolument traumatisant. Un bel hommage est également rendu à la culture des haenyeo - ces fameuses filles de la mer qui plongent en apnée pour pêcher. Une vraie lecture coup de poing.

©2018 Robert Laffont. Traduit par Sarah Tardy (P)2019 Audible Studios

Le choix de la lectrice a également été décisif car Micky Sebastian est une comédienne formidable - sa voix, son interprétation, sa sensibilité, sa justesse... Tout est extrêmement poignant, bouleversant, percutant. Je ne suis jamais déçue des lectures qu'elle exécute ! C'est tout simplement prodigieux.

 

Repris en Février 2019 chez POCKET

FILLES DE LA MER pocket

 

 

24 mars 2019

Les Mystères de Larispem : Le sang jamais n'oublie, de Lucie Pierrat-Pajot

Les Mystères de LarispemJe pourrais vous évoquer Larispem comme une version alternative d'un Paris de 1899. Vous évoquer un monde revisité où les insurgés de 1871 auraient remporté la victoire et banni les aristocrates de leur ville proclamée Cité-état indépendante. L'égalité et la solidarité ne seraient plus vains. De grandes innovations verraient le jour... notamment grâce à Jules Verne, convié à exécuter les idées fabuleuses qui nourrissent son imaginaire. Ceci dit, les tensions persistent car les Frères du Sang ourdissent complots et magouilles en lançant quelques avertissements, “le sang jamais n'oublie”.

Je pourrais aussi évoquer les magnifiques illustrations de Donatien Mary qui, en couverture, invitent déjà à l'évasion et à la curiosité. Puis, trois personnages font leur entrée sur scène : Carmine, une apprentie bouchère au franc-parler éclatant, son amie Liberté, débarquée de sa campagne pour devenir mécanicienne, et Nathanaël, un orphelin qui cherche un but à sa vie. Tout en suivant leurs parcours chaotiques, on fait aussi le tour du propriétaire et on explore sous plusieurs angles ce Paris rétrofuturiste qui se livre sous nos yeux ébahis. C'est comme ça qu'on se balade des quartiers populaires à la légendaire Tour Verne (pour y croiser le fameux écrivain), qu'on se faufile la nuit dans les couloirs d'un orphelinat ou qu'on s'introduit dans un club de chimie un peu spécial, qu'on part en maraude ou qu'on ravive de vieux souvenirs éteints. L'histoire prend ses aises mais avance à un rythme entraînant car je me suis souvent surprise à avaler les chapitres en savourant chaque instant.

Je pourrais donc vous évoquer cette série qui débute de façon sensationnelle. Où l'on apprécie le fond, la forme, l'élégance, l'ambiance, les points de suspension. Lauréat de la deuxième édition du Concours du premier roman jeunesse, ce livre est décidément plein de promesses et ravit mon petit cœur de lectrice toujours en quête d'extraordinaire. Suis en pleine lecture du tome 2 : Les Jeux du Siècle. #fascination

 

Gallimard jeunesse (2016) - magnifiques illustrations de Donatien Mary

Livre gagnant de la deuxième édition du Concours du premier roman jeunesse
organisé par Gallimard Jeunesse, Télérama et RTL.

parution en poche : collection: Pôle Fiction - N°125

les mystères de larispem gj

 

14 janvier 2019

Le Réseau Corneille, de Ken Follett

Le réseau corneilleFrance, 1944. Le Débarquement est imminent. Tous les réseaux clandestins et les services d'espionnage sont aux cent coups. Depuis Londres, Betty met en place son Réseau Corneille, lequel rassemble six femmes avec pour mission de s'infiltrer dans un château occupé par des allemands pour y saboter le système de communication. Betty n'a que quelques jours pour mettre au parfum des novices, parfois dotées d'un tempérament volage ou trop caractériel. C'est peu, assez frustrant, mais Betty n'a plus le choix. Sur le terrain depuis des mois, figurant parmi les meilleurs agents, elle craint désormais pour sa couverture récemment menacée.
Petit rembobinage sur la scène d'ouverture du roman. Gran-diose ! Près de Reims, un groupe de résistants tente une action de force contre l'occupant mais l'opération tourne court. Betty parvient à s'échapper avec son mari, Michel, salement blessé. Tous leurs camarades ont été arrêtés, probablement torturés et donc passibles de livrer des secrets. Betty sait que son temps est compté. Mais elle veut tenter le tout pour le tout.
Face à elle, un officier allemand, Dieter Frank, pourrait bien lui mettre des bâtons dans les roues. C'est un homme redoutable, comme elle, il est rusé et parvient à anticiper les faits et gestes de l'ennemi. Je ne compte plus le nombre de fois où mon cœur a fait des bonds de cabri tant j'étais affolée à suivre Betty et Dieter dans ce jeu du chat et de la souris particulièrement féroce.
Vous l'avez compris : j'ai dévoré ce roman, écouté en une dizaine d'heures au cours de séquences que j'entrecoupais avec frustration. J'étais totalement captivée par l'histoire - merveilleusement lue par Caroline Klaus - j'étais comme devant un film de guerre, au scénario plein de suspense, entre frissons, angoisse, terreur et émotion. J'étais 100% au cœur de l'intrigue.
J'ai aimé sa mise en scène, ses personnages, même ses envolées sentimentales ont fini par m'attendrir (je roulais des yeux quand Betty et Paul roucoulaient tendrement...). Bref. Ken Follett possède un vrai talent de conteur. Et ça passe très, très bien en format audio : on ne voit pas le temps passer. On trépigne après chaque piste, on enchaîne les chapitres... C'est terriblement addictif. Et l'hommage rendu aux héroïnes de l'ombre est, par sa simplicité, d'une grande noblesse.

©2002 Éditions Robert Laffont. Traduit par Jean Rosenthal. (P)2018 Audiolib

 

13 novembre 2018

Pêle-mêle : Il va pleuvoir - Vive la galette ! - Kong Kong - Qui fait peur au grand méchant loup ?

il va pleuvoir

 

Magnifique, cet album ! Anne Herbauts nous transporte dans son monde teinté de lyrisme et de supposition. On frissonne à la lecture de son histoire où une famille de hérissons appréhende l'arrive de la pluie. Les nuages noirs s'amoncellent dans le ciel, le ruisseau scintille et chante. Les grands lèvent les yeux, les plus jeunes scrutent l'horizon. On se sert des chocolats chauds, on lit des contes, et on attend. On entend presque le tic tac des horloges, des secondes qui passent et qui font monter la pression. C'est un vrai talent de mise en scène : on sent l'angoisse venir à petites doses. C'est saisissant.

On pourrait aussi y lire d'autres interprétations, ou se contenter de contempler page après page cette évasion sur les flots, cette aventure dans les bois, cette forêt de châtaigniers où il fait bon se réfugier, et savourer les messages qui glissent sur les flots, le même ruisseau court entre nous. C'est tellement beau ! Une lecture forte et pleine de sous-entendus qui fait divaguer esprit et imagination. Bravo.

Il va pleuvoir, d'Anne Herbauts

les albums casterman, 2018

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vive la galette

 

Adaptée du grand classique Roule Galette, cette histoire est tout aussi savoureuse et croquante ! Une galette s'échappe par la fenêtre, refusant d'être mangée. Elle préfère de loin sa liberté. En chemin, elle rallie à sa cause perdue un bonbon, un morceau de chocolat et un biscuit riquiqui. Tous ensemble gambadent joyeusement... et avec insouciance. Ils ne voient pas qu'ils arrivent droit dans la gueule du loup : une cour de récréation avec des dizaines de marmots en quête de goûters !

Haut les cœurs. Hélène Chetaud apporte fraîcheur et tendresse à cette version drôlissime du mythe de la galette ! Régalez-vous.

Vive la galette ! de Hélène Chetaud

casterman, 2018

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Kong Kong

L'imagination d'Abélard est débordante. Lorsque son père lui annonce qu'ils vont désormais vivre dans une tour, le garçon s'imagine déjà locataire d'un château... au lieu d'un modeste appartement au 82ème étage d'un immeuble quelconque. L'ascenseur est tout le temps en panne. La corvée du pain devient une torture quotidienne. Jusqu'au jour où il croise sa voisine, la délicieuse Héloïse. Elle est curieuse et intrépide. Elle adore les super héros, les dragons et les chevaliers. Et elle a un meilleur ami qui vit sur le toit. Il s'appelle Kong et c'est un très, très grand singe.

Une lecture décalée et totalement inattendue, qui puise aussi ses inspirations culturelles ci et là. Rien que d'y réfléchir, ça fait pas mal sourire... Le résultat est improbable, et néanmoins cocasse. En bref, voilà une parfaite petite curiosité qui ne demande qu'à déployer ses ailes.

Kong Kong : Le Singe sur le toit, de Yann Autret & Vincent Villeminot

casterman, 2018

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qui fait peur au grand mechant loup

Après Les Bisous du grand méchant loup, retrouvons notre sémillant héros dans une nouvelle aventure ... hoquetante ! En effet, le loup s'est réveillé avec le hoquet. Impossible d'y échapper. Il doit avoir la peur de sa vie : une souris ? des chasseurs ? Rien n'y fait. Il doit affronter la terrible sorcière, avaler sa potion, l'embrasser. Ohlàlà.

Ce qui est drôle, dans cette collection, c'est la marionnette (tête du loup) qui permet de mimer du bout des doigts cette lecture complètement loufoque ! Le jeune public est conquis. Très, très sympa !

Qui fait peur au grand méchant loup ? de Jean Leroy & Laurent Simon

casterman, 2018

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11 septembre 2018

Trop beau pour être vrai, de Kristan Higgins

Trop beau pour être vraiGrace a rompu avec Andrew quand celui-ci est tombé amoureux de sa sœur Natalie. Malgré sa souffrance, la jeune femme a longtemps fait bonne figure pour éviter toute compassion excessive, jusqu'à l'annonce de leurs fiançailles. Trop, c'est trop. Pour échapper à la honte et à la pitié de ses proches, elle s'invente donc un petit ami idéal.
Toutefois, Grace en a sérieusement assez de son statut d'éternelle célibataire et cherche un nouvel homme dans sa vie. Pourquoi pas son voisin ? Lorsque Cal s'est installé dans la maison d'à côté, Grace l'a d'abord accueilli en l'assommant avec une crosse de hockey. Elle pensait qu'il s'agissait d'un cambrioleur et a prévenu la police (elle était certes un peu éméchée et bouleversée).
Depuis, Cal lui lance des regards incendiaires et l'évite comme la peste. Quel sombre idiot... mais ô combien sexy et attirant ! Grace se rince souvent l'œil depuis son grenier mais Cal n'est pas aveugle et lui demande de cesser ses séances d'espionnage. Voilà, c'est dit.
Cal et Grace forment donc un couple impossible et aux réparties explosives. On applaudit des deux mains en savourant le ton comique. On y retrouve aussi tous les ingrédients chers à Kristan Higgins : des personnages entiers, passionnés, sensibles et attachants. L
a famille occupe toujours une place primordiale : encombrante mais indispensable. Et la relation entre Grace et ses sœurs est farfelue (par contre le coup du fiancé qui permute les prétendantes... au secours !).
Un détail que j'ai apprécié concernant Grace : prof d'histoire, passionnée par les reconstitutions géantes, elle pousse souvent ses élèves à l'accompagner. D'où certaines scènes désopilantes.
Sinon, Cal est torride dans son genre. Dès lors qu'il y a rapprochement entre Grace et lui, cela va beaucoup trop vite (aaaah Autant en emporte le vent sur grand écran, comment ne pas craquer ?!). Par contre je n'ai pas vu venir la fin et c'est tant mieux. J'ai adoré. Kristan Higgins, tu es définitivement mon héroïne !

HarperCollins (2015) - traduit par Sandrine Jehanno

 

17 avril 2018

Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

Les délices de TokyoCoincé dans une échoppe située rue des cerisiers, Sentarô passe ses journées à préparer des dorayaki, ces pâtisseries japonaises à base de pâte de haricots rouges, qu'il vend pour la plupart à des collégiennes gloussantes et geignardes.

L'homme est las de son existence, mais doit éponger une dette et n'a donc pas trop le choix de son devenir. Un jour, il croise dans sa boutique une petite vieille aux mains déformées, qui se propose pour une embauche. D'abord réticent, Sentarô finit par céder à son chantage et lui confie les rênes de sa cuisine.

L'énigmatique Tokue est prodigieuse - sa recette des dorayaki est sans égale. Savoureuse, sucrée, onctueuse. Aussitôt, la clientèle afflue et Sentarô retrouve une certaine confiance... même si sa nouvelle employée lui inspire quelques inquiétudes car sa présence n'est pas du goût de la propriétaire, qui a eu vent de son passé et de ses lourds secrets.

Moi qui espérais une lecture printanière (fraîche et légère) j'ai eu la grande surprise de découvrir une histoire poignante et monotone. Au-delà du charme japonisant, c'est un récit empreint de pudeur et de poésie qui se déploie au cours des 5 heures d'écoute. C'est sans doute beau et émouvant, mais je n'ai pas été réceptive à la petite mélodie. Au contraire, j'ai trouvé ça lent, long, plat et assez fade. En gros, je suis complètement passée à côté. Quelle frustration...

©2016 Albin Michel. Traduit par Myriam Dartois-Ako

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Christine Braconnier (durée : 5h env.)

Excellente écoute avec une narratrice minutieuse et à la voix harmonieuse, qui saisit le poids des émotions sans charger la donne et qui fait preuve d'une grande subtilité dans le déroulement de l'histoire à lire. Une belle expérience. On retrouve également Christine Braconnier dans la série Anne Capestan de Sophie Hénaff.

 

1 octobre 2017

Pêle-Mêle : Le souffle de l'été - Maëlle et Margot - Une journée parfaite - La reine des truites

Le souffle de l'été

Premier jour d'été pour Kimi et Shiro ! Les deux amis larguent les amarres vers la plage, la mer, les baignades, les vagues, la rigolade. C'est l'extase. Toi aussi tu as peur du noir ? Suis nos camarades dans une chasse aux étoiles filantes et oublie tous tes soucis. Une partie de plongée sous-marine plus tard, le regard perdu vers l'horizon, des rêves de voguer toujours plus loin, à bord d'un bateau pour découvrir le vaste monde... Et les jours de grand vent, aucun doute, c'est rendez-vous au bord de la falaise pour un festival de cerf-volants !

Voilà une lecture a priori simple et enfantine, mais ô combien délicate et lumineuse. Elle évoque la tendre complicité d'une amitié indéfectible et tous les petits bonheurs des vacances, avec l'été en toile de fond. C'est tout en poésie, sans chichis et débordant de douceur. Absolument charmant. ☺

Le souffle de l'été, d'Anne Cortey & Anaïs Massini

Grasset jeunesse, 2017

 

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Maëlle et Margot

Deux fillettes se rencontrent dans une gare et deviennent aussitôt inséparables. En attendant leur train, elles jouent ensemble à cache-cache, font des concours de bulles de chewing-gum, avalent des sucreries, partagent des secrets, courent et dansent dans tous les coins. Même à bord du train, elles débordent toujours d'énergie et multiplient les 400 coups, parfois exaspèrent les voyageurs et gloussent de bonheur. Puis, c'est le drame. Margot et Maëlle se disputent. Et boudent. Grosse fâcherie entre les deux nouvelles copines. Le voyage aussitôt devient morne et interminable. Et s'il suffisait de reprendre les mots dits par inadvertance, puis lancer tous ceux qu'il faudrait dire à la place ? Car “les mots font comme un pont où elles peuvent se rejoindre”. L'histoire est adorable, mais la très grande force de l'album réside dans son univers pastel et remarquable de tendresse. J'étais en totale admiration. 

Maëlle et Margot, de Danny Parker & Freya Blackwood

Grasset jeunesse, 2016

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Une journée parfaite

J'avais déjà été sous le charme de l'univers de Freya Blackwood dans cet album, qui retransmet à merveille l'enfance et les petits plaisirs qui font d'une journée ordinaire... une journée parfaite. Pour cela, il suffit d'un rayon de soleil, d'une balade, de vaches dans un champ, d'un cerf-volant, d'une couverture pour s'emmitoufler et d'un bon bouquin avant de s'endormir. Beaucoup de lyrisme et de sensibilité entre chaque page. Une certaine sobriété, mais une évidence aussi. Un vrai coup de cœur. ♥

Une journée parfaite, de Danny Parker & Freya Blackwood

Grasset jeunesse, 2015

 

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Et pour boucler ce joli tour de piste...

 

La reine des truites

Par cette chaude journée d'été, Suzanne et Ismaël ont décidé de se baigner dans la rivière mais avancent avec prudence. Ce qu'ils redoutent ? La Reine des Truites, voyons ! Une grande brune, flanquée de sa sentinelle, fait la loi sur son royaume en interdisant aux intrus toute baignade. Pas cool du tout. Le frère et la sœur protestent, se moquent un peu puis entrent en résistance. Après tout, ils peuvent aussi jouer aux hommes préhistoriques et dénicher des capricornes sous les pins, et blablabla. La Reine, intriguée, leur somme de cesser leurs cachotteries en les conduisant sur place. De fil en aiguille, Suzanne et Ismaël vont prendre l'avantage et comprendre ce qui motive la Reine des Truites à bannir son territoire. J'ai beaucoup, beaucoup aimé cette histoire, qui raconte comment une rivalité va laisser place à une chouette connivence, comment des enfants vont trouver un terrain d'entente et en quoi la nature recèle vraiment des petits trésors. Que de chouettes messages aux bonnes ondes positives. De plus, je suis complètement fan du graphisme, des couleurs, de l'ambiance en général. C'est frais, acidulé et pimpant. Un délicieux bonbon. ♥ 

La Reine des Truites, de Sandrine Bonini & Alice Bohl

Grasset jeunesse, 2016

15 septembre 2017

Anita mène l'enquête #2: Une lumière très étrange, de Norma Huidobro

ANITA MÈNE L'ENQUÊTE UNE LUMIÈRE TRÈS ÉTRANGEUn soir d'été, alors qu'elle rentre du restaurant avec sa grand-mère, Anita surprend une lumière étrange depuis la fenêtre d'une maison voisine. Puis plus rien. Seul le bruit d'une voiture qui démarre et part en trombe vient troubler la quiétude du quartier. Fatiguée, sa grand-mère lui recommande de se coucher sans plus tarder. Mais dès le lendemain, Anita se confie à son meilleur ami Matías, également son fidèle acolyte en matière d'enquêtes à résoudre (Anita est fan de Hercule Poirot et de Sherlock Holmes).

On ne fait plus les présentations de notre tandem, ou reportez-vous au précédent ouvrage, cf. Le parapluie à fleurs, pour goûter aux plaisirs d'une vie de quartier populaire, avec ses petits commerces, ses potins et ses secrets. Notre jeune héroïne savoure cette ambiance et s'y sent comme un poisson dans l'eau... Certes, elle rouspète souvent d'être coincée au salon de coiffure de sa grand-mère à servir du maté à la clientèle, sauf que cela s'avère également pratique pour glaner des informations et obtenir des indices.

J'ai été agréablement surprise par le suspense glissé entre les lignes, et par l'intrigue finement composée. Ma curiosité a été immédiatement titillée. C'est simple, on se prend au jeu et on élabore des théories sur ce rituel de la lumière et sur l'énigme du parfum lilas d'orient qui embaume le linge de toutes les ménagères. On peut penser ce qu'on veut, mais c'est conduit avec beaucoup de dextérité. Pas si naïf que cela, finalement ! Anita et Matías nous entraînent à leur suite et font de nous ce qu'ils veulent. C'est du tout-cuit. Ne manque plus que le choripain pour aider les petites cellules grises à s'activer, et hop. 

Une série de plus en plus réjouissante, qui nous installe en Argentine, au cœur d'un quartier chaleureux, où il fait bon croiser les figures familières et courir en douce après les mystères ! Très, très sympa.

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2017

Illustrations de Charline Collette / Traduction de Myriam Amfreville

 

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L'ÉCOLE DE MA VIE, de MARIE DESPLECHIN / Illustré par Glen Chaperon

 

l'école de ma vieEnfin les vacances d'été ! Pour Fanta, l'année scolaire n'en finissait plus de finir. Adieu le CP, place à l'aventure ! La fillette se rend, pour la première fois, en train à la campagne. Et quelle belle vie ! Tout est plus calme, la nature recèle des trésors insoupçonnés, on oublie les livres, les cahiers, les lectures du soir... On verra plus tard.

Mais les jours passent, et Fanta est à court d'excuses pour s'entraîner à la lecture à voix haute. C'est comme pour la piscine, quand l'amie de sa maman découvre qu'elle ne sait pas nager. Fanta n'est plus à un secret près !

Un petit roman sur la dyslexie et le casse-tête des enfants face à un texte où toutes les lettres se mélangent. Évidemment l'histoire montre qu'il ne faut pas dramatiser, être ou ne pas être intelligent, là n'est pas la question. C'est comme pour la nage, tout s'apprend. Et Fanta peut continuer de croire dans les étoiles en chuchotant des vœux. C'est tout plein de tendresse et d'espoir là-dedans ! 

Présentation en vidéo : YouTube.com


 

23 juillet 2017

Les jours meilleurs, de Cecelia Ahern

les jours meilleurs hardigan

Kitty est une journaliste ambitieuse, qui vient cependant de connaître la pire humiliation de sa vie en colportant de fausses rumeurs calomnieuses. Lynchée sur la place publique, elle est à deux doigts de perdre son boulot et court se réfugier au chevet de son ancien mentor pour se lamenter en bonne et due forme. Malgré la maladie et la fatigue, Constance l'écoute avec patience et lui suggère de partir sur de nouvelles bases en lui demandant d'écrire l'histoire dont elle a toujours rêvé. Peu après sa mort, elle lègue à Kitty une mystérieuse liste comprenant pas moins de 100 noms. Perplexe, la jeune femme tente de décortiquer les fils invisibles reliant les uns aux autres, puis se lance dans une aventure totalement inattendue en allant à la rencontre de ces inconnus. 

Plonger dans un roman de Cecelia Ahern, c'est la promesse d'une lecture douce et réconfortante, au service d'une histoire simple et néanmoins tendre et attachante. Cette fois, l'auteur a pris le pari de nous présenter une jeune femme vulnérable et paumée, étourdie par son ascension fulgurante avant la chute vertigineuse. Elle se retrouve plus ou moins à la croisée des chemins, lâchée par ses amis et sa famille, seule en possession d'une liste dont elle ne sait que faire. Elle va ainsi avancer en tâtonnant et croiser une galerie de personnages incroyables, aux parcours de vie fascinants, lesquels vont lui inculquer une nouvelle philosophie qui ne manquera pas de la remettre à flot. 

Chaque bonne combinaison peut sembler providentielle, et quelque peu édulcorée, improbable & en mode “bisounours” ! Mais c'est justement tout le charme des livres de Cecelia Ahern - se rappeler les petits bonheurs de la vie et profiter de chaque instant en croyant aux lendemains meilleurs. Cette lecture a finalement le même potentiel fédérateur qu'un roman de Jojo Moyes et nous réserve le droit de croire que tout est possible, que chaque individu est foncièrement bon et digne d'un héroïsme insoupçonné. J'ai beaucoup aimé m'échapper du quotidien pour suivre les frasques romanesques de Kitty, sur les routes irlandaises, en quête du sens caché de son existence.

La lecture est soutenue par l'interprétation exemplaire de Véra Pastrélie, dont la fraîcheur de ton est toujours appréciable à entendre, en apportant aussi la bonne dose de légèreté nécessaire à l'ensemble. Un rendez-vous opportun pour la détente et l'évasion.

>> Lu par : Véra Pastrélie (durée : 10 h 19) - Date de publication : 30/06/2017 pour Hardigan

©2017 Milady (P)2017 e-Dantès / En téléchargement sur Audible.fr

Trad. Fabienne Vidallet [One Hundred Names]

2 juin 2017

Tu comprendras quand tu seras plus grande, de Virginie Grimaldi

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE AUDIOLIB

En apprenant la mort de son père, Julia est débordée par son chagrin et décide de tout plaquer - son boulot, sa vie de couple, sa famille, Paris. Direction une maison de retraite à Biarritz où elle va effectuer un remplacement de six mois en tant que psychologue. Sur place, la jeune femme tente de s'acclimater à sa nouvelle existence et de panser ses blessures. Claquemurée derrière ses remparts, elle veille à tenir à distance les pensionnaires et ses collègues. C'est toutefois sans compter sur la spontanéité des anciens, leur énergie insoupçonnée, leurs truculentes anecdotes, leurs humeurs et leurs secrets, qui vont l'aider à se remplumer. Et quel bonheur !

Cette lecture fait effectivement un bien fou et nous embarque dans sa bulle, où la palette des émotions ne manque pas de couleurs. On passe facilement du rire aux larmes à s'en ébrouer le plumage. On s'attache aussi à l'ambiance qui règne aux Tamaris et à ses fringants occupants (Miss Mamie, Louise, Gustave, Léon, Marine, Greg, etc.). On prend goût à leur routine, on suit Plus Belle La Vie, on écoute Franck Michael en se dandinant, on glousse dans le potager, on sursaute aux grondements nocturnes, on se joint aux soirées entre colocs, on renifle fort, fort, fort en partageant les chagrins, les confidences, les peines, les pertes. En somme, ce roman enfile des moments de l'existence, les petits bonheurs et les grands tracas, comme des perles sur un collier. Sont ainsi convoqués la vie, l'amour, la mort et l'espoir, dans un grand souffle romanesque, avec la juste dose d'humour, de chaleur et de bienveillance. Un peu comme le roman de Gilles Legardinier - Quelqu'un pour qui trembler. ♥

La lecture audio a également été une expérience grisante et stimulante. La voix d'Astrid Roos est douce et agréable, elle apporte au roman cette même sensation enveloppante et réconfortante. Dès les premières minutes, on comprend qu'il n'y a plus qu'à s'installer et se laisser porter par le rythme, buller en toute sérénité. C'était pile ce que je recherchais. Et j'ai adoré.

©2016 Fayard (P)2017 Audiolib / Texte intégral lu par Astrid Roos (durée : 9h04)

 

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8 février 2017

Pêle-Mêle : Vilain monstre ! - La vie de Smisse - Mon lapin Patate

vilain monstre

Oh ! Il y a un vilain monstre gourmand dans la maison ! Il chipe sans vergogne les gâteaux ou les bonbons, il vole aussi l'électricité et empêche la télé de fonctionner. Le petit loup harcèle son papa pour trouver la solution aux problèmes. D'accord. Il va passer un coup de fil à la brigade anti-monstre. Mais à peine le temps de tourner le dos, zou... le poulet sur la table disparaît à son tour !

Tel est pris qui croyait prendre ! Cette formidable histoire de roublardise est cocasse et fantastique à souhait. Elle met aussi en valeur la complicité entre le duo père et fils dans cette jolie mascarade stimulée par la gourmandise. C'est drôle et facétieux. Un album tout-carton qui donne le sourire aux lèvres. 

Vilain Monstre ! de Raphaël Fejtö

Seuil Jeunesse, 2017

 

 

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La vie de Smisse est une nouvelle série qui s'adresse aux plus jeunes lecteurs et qui se propose de raconter le quotidien d'un garçon de trois ans pour coller au plus près de son public et lui donner ainsi la sensation de se retrouver dans l'histoire. Chaque expérience rapportée est aussi un moyen de rassurer l'enfant. Et cela commence, bien évidemment, par la rentrée des classes. Ce fameux jour où les enfants éprouvent la peur de l'inconnu, la cacophonie ambiante et la séparation avec un univers familier (la maison, la crèche, la nounou). 

Smisse se lance ainsi dans le bain, entre excitation et témérité, pour une journée riche en émotion ! Il se fait un nouveau copain, Boubou, avec lequel il va d'abord se chamailler. Il apprend à écouter la maîtresse, à jouer avec les autres, à se tenir en rang, à chanter et à dessiner, à faire la sieste sans son doudou, à mettre son manteau tout seul, à faire moins le difficile à la cantine ou au goûter de l'école.

Ce portrait est plus vrai que nature : le môme est turbulent, curieux, intrépide et capricieux. Sa sensibilité le rend également touchant, car vivre de telles aventures est forcément très éprouvant ! J'ai beaucoup souri à la lecture de cet album plein de fraîcheur et d'innocence. 

La vie de Smisse : Jours d'école, par Isabelle Chavigny, Ivan Grinbert & Marie Caudry

Seuil Jeunesse, 2016

 

 

Mon lapin patate

Quand on rêve d'un lapin nain rikiki, pas plus gros qu'un kiwi, qui vous chanterait du blues pour vous bercer, et qu'à la place vous recevez une espèce de grosse patate velue, aux oreilles ressemblant à deux poireaux flétris, avec des yeux globuleux et un gros nez en carotte fânée, au feu les pompiers ! Grosse colère rouge écarlate à l'horizon. Notre petit bonhomme de six ans est en pétard. Ce n'est pas du tout le cadeau de ses rêves !

Bon, une fois la tempête apaisée, l'enfant fait face à son lapin et le découvre sous un jour nouveau : craquant, rigolo, affectueux et attachant. Il est alors navré d'avoir réagi aussi violemment et explique que sa colère est souvent incontrôlable. Elle explose d'un seul coup, puis disparaît tout aussi vite. Il est temps désormais de repartir de bon pied. Et si tous deux devenaient amis ? En réponse, le lapin le bombarde de petites crottes. 

Un album adorable et tendre, non seulement pour les illustrations de Christine Roussey, mais également pour son texte plein d'humour et de sensibilité. L'histoire aborde avec simplicité le trop-plein d'émotion et la difficulté de gérer ce magma en fusion, tout en envisageant une issue de secours pour dédramatiser tout sentiment de catastrophe. Franchement top !

♥♥♥ Mon lapin Patate, de Christine Roussey ♥♥♥

De la Martinière J., 2017 

 

9 octobre 2014

Fakirs, d'Antonin Varenne

Fakirs

Une relecture, en version audio ! (top)

Un fakir se donne la mort sur scène, en pleine représentation. Pour John, son compatriote et seul ami, la nouvelle résonne comme une onde de choc. Il se rend immédiatement à Paris et rencontre le lieutenant Guérin et son adjoint Lambert, deux répudiés de la brigade du 36, mis au placard au département des suicidésAlan était un type désabusé et camé, mais sa disparition a le goût amer d'une mise à mort. Fait troublant, à peine un pied dans la capitale française, John est pris en chasse par deux types, qui lui réclament une dette laissée par Alan. Ce passage à tabac sonne pour lui le démarrage d'une enquête, en compagnie d'un ancien taulard qui vit reclus dans une cabane dans les bois, avec son chien.

Forcément, notre affaire se révèle plus pernicieuse, glauque et désolante. C'est noir de chez noir. Sans une once d'espoir à l'horizon. Les personnages sont des ombres errantes, des êtres désabusés, voués à finir brisés. Les derniers chapitres sont d'ailleurs éloquents, mais quel fichu bon roman ! Il vous colle une claque, vous cloue sur place. De toute manière, c'est tout un ensemble qui se dévoile, pas seulement l'intrigue en elle-même (pourtant sans pitié), c'est aussi la forme : l'écriture incisive, le rythme narratif, l'atmosphère étouffante, le ton juste, sans concession. Et Jean-Michel Vovk, le lecteur pour Audiolib, adopte un accent grave, qui colle admirablement au caractère du récit. Un succès fort mérité pour ce roman réussi, récompensé par le prix Michel Lebrun en 2009.

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Jean-Michel Vovk  (durée : 8h 27)  suivi d'un entretien avec l'auteur

22 janvier 2014

Calpurnia, de Jacqueline Kelly ❤

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Calpurnia Tate a onze ans et vit dans une ferme au fin fond du Texas, avec ses parents, ses frères et son grand-père. Nous sommes en 1899. On attend beaucoup de l'unique représentante féminine parmi la progéniture des Tate, apprendre à coudre, jouer au piano, se tenir droite, arborer de belles boucles soyeuses. En bref, devenir une parfaite maîtresse de maison. Calpurnia demeure, cependant, une petite fille curieuse et intrépide. Un après-midi de canicule, alors qu'elle se baigne dans le lac, elle a une révélation : il lui faut apprendre les sciences, observer le monde (sa faune et sa flore) et comprendre son fonctionnement.

Armée de son précieux petit carnet, elle note donc tout ce qu'elle observe. Elle attire ainsi l'attention de son grand-père, éminent naturiste, qui va la prendre sous son aile et l'initier au monde magique des sciences naturelles. Mais toute l'histoire ne tourne pas uniquement autour de cette passion, puisqu'il est aussi question de la vie de tous les jours, de la famille et des merveilleuses petites anecdotes qui concernent les proches de Calpurnia, qui s'improvise anthropologue en étudiant avec facétie (et circonspection) les agissements de ses proches (ses frères et l'amour, hanlala !).

Et franchement, on se régale ! Nous avons là, à la fois, un roman historique, un récit initiatique, une chronique familiale, un ouvrage scientifique, bref un roman foisonnant, riche, excitant et remarquablement écrit, avec humour, finesse et tendresse. C'est un bonheur à lire, un petit bijou littéraire, avec une héroïne tellement attachante. Calpurnia est curieuse, avide d'apprendre et de comprendre, pourtant elle n'en demeure pas moins frileuse dès lors qu'il lui faut grandir et accepter de voir son monde évoluer. J'ai adoré aussi sa famille turbulente mais tellement chaleureuse. Une lecture à encourager et à conseiller fortement !

École des Loisirs (grand format), mars 2013 - traduit par Diane Ménard
Illustration de couverture : Beth White

8 mai 2013

"Une vie de femme est toujours un compromis."

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Ce roman possède un charme fou, il a eu le très bon goût de me transporter littéralement à Lyme Regis, sur la côte du Dorset, bercée par le son des vagues et des mouettes, ce qui a été fortement appréciable en cette saison printanière. L'histoire se passe au début du XIXe siècle, autour de deux héroïnes, Mary Anning et Elizabeth Philpot. L'une est jeune, issue d'une famille désargentée, frappée depuis toujours par la passion du fossile, inculquée par son propre père, l'autre est une vieille fille excentrique, indépendante et généreuse. Toutes deux ne devaient jamais se rencontrer, mais les circonstances en ont décidé autrement.

Ainsi, elles affronteront ensemble bien des tempêtes au cours des longues années qui ont jalonné leur amitié. Avec une période de creux, durant laquelle les deux femmes vont s'éloigner suite à une fâcherie pour un homme, puis par la faute de leur orgueil trop prononcé, car toutes les deux n'ont jamais cessé de penser l'un à l'autre, sans vouloir franchir le premier pas pour s'excuser ou demander pardon. C'est donc un roman sur la vie, un roman qui parle d'amitié, en plus d'être un roman qui évoque la place des femmes dans la société scientifique (Mary devra batailler pour qu'on reconnaisse ses talents et autres connaissances en matière de fossiles !).

Aussi, ce roman est tout simplement formidable. Doux et apaisant. Avec un sens du romanesque absolument parfait, sans la moindre faute de goût. Dès lors qu'on glisse un doigt de pied dans cette histoire, on n'imagine plus vouloir en sortir sans connaître la suite ou la fin ! L'histoire est lue par Danièle Lebrun de la Comédie-Française, pour le rôle d'Elizabeth Philpot, et Julie-Marie Parmentier, pour celui de Mary Anning. C'est un duo qui allie la force et la douceur, en plus de la sensibilité et de la petite note qui bouleverse sans en avoir l'air. C'est une promenade littéraire ravigotante, une bouffée d'air pur et une petite parenthèse enchanteresse. A déguster, les paupières closes, le casque sur les oreilles.

Prodigieuses créatures, par Tracy Chevalier
Gallimard, coll. Ecoutez Lire (2012) - Traduction d'Anouk Neuhoff

17 avril 2012

“In the end you can't always choose what to keep. You can only choose how you let it go.”

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Contre toute attente, j'ai beaucoup aimé cette suite de Promise, notamment parce qu'il est permis de mieux découvrir la personnalité de Ky, ce garçon qui fait battre le coeur de Cassia, l'héroïne. L'histoire est d'ailleurs racontée de leurs deux points de vue, car leurs parcours sont exposés en parallèle et tendent à se rejoindre.
Exilé dans les Provinces Lointaines, Ky va s'enfuir avec un compagnon d'infortune pour regagner le village dans les montagnes où il a grandi avec son père. De son côté, Cassia s'est portée volontaire dans un camp de travail et va s'échapper avec une autre fille dans le Labyrinthe afin de retrouver Ky.
Pendant une grande partie du roman, on suit leurs chemins de croix, et c'est loin d'être inintéressant. On se rend vite compte que l'histoire travaille en sous-marin, que l'intrigue est beaucoup plus roublarde qu'en apparence et que d'étonnantes révélations vont apparaître pour nous empêcher de penser que les jeux sont faits (des nouvelles idées apparaissent avec le mythe du Pilote et le mouvement révolutionnaire baptisé le Soulèvement que Cassia veut à tout prix rejoindre).
C'est probablement parce que l'histoire se passe dans un cadre totalement différent du premier tome (un milieu poussiéreux, dangereux, parsemé d'embûches, hanté par des fantômes et des souvenirs), que je me suis passionnée pour cette suite. Il y a une réelle évolution, c'est beaucoup plus riche et intriguant, les personnages aussi s'étoffent, je trouve que ce tome 2 a permis au caractère de Cassia d'acquérir davantage de force et de détermination. Même le personnage de Xander, pourtant peu présent dans le roman, n'en est pas moins imposant et mystérieux.
Très franchement, j'ai trouvé cette suite bien meilleure et plus grisante pour l'avenir, promettant une série nettement plus palpitante qu'elle ne paraissait à ses débuts.

Insoumise, par Ally Condie smileyc219
Gallimard jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Vanessa Rubio-Barreau 

13 novembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #45

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Caroline est au bord de la déprime. Ses parents, trop accaparés par leur boulot, la délaissent au profit d'une baby-sitter qui se moque bien d'elle. Elle a onze ans, n'a pas un copain au collège, elle se sent seule et ne sait plus sourire. C'est alors qu'interviennent l'ange Gustave VII et son assistante Agathe pour accomplir cette délicate mission, et ce, en trois jours seulement. Leur but : tisser une amitié entre Line et Robin, un môme aux idées farfelues et qui porte des lunettes surdimensionnées (avec, parfois, une écharpe trop grande). 
La lecture est légère, fraîche, sympathique, rigolote et un tout petit peu imprévisible (parce qu'il fallait y penser au voyage dans le temps en provoquant la rencontre entre la Caroline du futur et son moi plus jeune!). Les personnages sont très drôles et attachants. On peut d'ailleurs retrouver l'ange Gustave VII dans le roman, Reviens Mamie Lise !
A conseiller dès 10-11 ans.

Le rire de Caroline, par Katja Henkel
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2011. Traduit de l'allemand par Florence Quillet.
illustration de couverture : Sybille Hein 

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J'ai trouvé le remède pour chasser la grisaille de novembre : Cherry Orange (traduction de Magenta Orange) est la parfaite héroïne irrésistible et rigolote ! Cousine cachée de Jess Jordan et Georgia Nicolson, l'adolescente de 13 ans mérite sa réputation de miss Catastrophe. Elle vit avec son père désespéré de la situation, sa mère est morte dans un accident alors qu'elle n'avait qu'un an, et sa grand-mère partage leur quotidien (une grand-mère qui appartient secrètement aux Brigades des Hell's Angels !).
Cherry est une nana pétillante et pleine de ressources, elle en pince sérieusement pour le beau gosse du lycée et est prête à tout pour attirer son attention (on peut compter sur elle pour que ça vire au désastre du fait de sa maladresse légendaire, mais alors, c'est systématique et indépendant de sa volonté, et malgré nous on rigole à chaque fois de la situation !). D'un autre côté, elle ne voit pas non plus que son meilleur ami Daniel est fou d'elle, jusqu'à ce qu'elle le colle dans les bras de sa copine Arlette et qu'elle commence à ressentir un peu de jalousie. 
La recette est facile, déjà testée et donc prouvée, mais certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes. J'ai lu aussi le deuxième tome (Magenta in the Pink pour les amateurs de VO) et, même s'il est un peu moins drôle, il permet de passer un bon moment en compagnie de la tornade anglaise.

Cherry, tome 1 : ses amis, ses amours, ses embrouilles par Echo Freer smileylolc023
Bayard jeunesse, coll. MilléZime, 2003. Traduit de l'anglais par Véronique Fleurquin. 
illustration de couverture : Soledad Bravi

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Bonne nouvelle pour les lectrices qui suivent la série de Lola, une demoiselle espiègle, élève en CM2, qui vit à Hambourg. Pour la petite histoire, son père est brésilien et a ouvert un restaurant qui marche du feu de dieu, la serveuse est la maman de sa meilleure amie Flo, elle a aussi un amoureux qui est à Paris et des rêves de grandeur... mazette ! Le quatrième tome est donc enfin disponible, et Lola va déployer ses talents pour faire l'actrice dans une pièce montée par l'école. Au menu, la lecture vous promet : une Blanche Neige et des sept nains, des filles de Dracula, un combat contre le dragon, un mec super-cool, un roi des lions, un chat noir, un accident, des bêtises et autres bourdes en série ! Enfin bref, encore des aventures menées à 100 à l'heure (et qui ravissent ma petite lectrice qui se moque de grandir et d'être désormais 'plus vieille' que Lola ! ça ne compte pas.) (Pas encore.)

Bravo Lola ! (tome 4) par Isabel Abedi & illustrations d'Isabelle Maroger
Bayard jeunesse, 2011. Traduit de l'allemand par Marie-José Lamorlette.

27 avril 2011

Pêle-mêle Clarabel #31

Lu et beaucoup aimé, Pinocchio L'Acrobatypographe de Georges Lemoine :

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C'est un magnifique album (blanc) pour apprendre l'alphabet, nous dit-on. Mais en fait c'est beaucoup plus beau et enrichissant, et le texte qui accompagne chaque illustration fait souvent preuve de fantaisie, avec une touche de poésie (et de gymnastique !). C'est recherché, élégant, un poil classique par son approche, très épuré dans l'ensemble, bref une découverte pleine de charme !  (Gallimard jeunesse, 2011)

Aimé et souri en feuilletant Et pourtant ils s'aiment de Frédéric Kessler,

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C'est le grand livre des contraires, réunis en un seul ouvrage tendrement facétieux. Madame la girafe est droite, monsieur le serpent est sinueux. Madame la mouche est une géante, pour monsieur le microbe microscopique. Monsieur le paresseux ne fait rien de ses journées. Madame la pieuvre fait tout en même temps. Le face-à-face est à chaque fois inventif et extra - c'est drôle et cocasse, gentil et attendrissant. Et comme le souligne le titre, ils sont différents et pourtant ils s'aiment (preuve que les contraires s'attirent et que les différences nous enrichissent au lieu de nous confronter). Oui, oui, je sais... belle utopie ! C'est tout de même BEAU d'y CROIRE.  (Autrement, 2011)

J'ai éclaté de rire en lisant Podlapin de Philippe Jalbert et Cécile Hudrisier,

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C'est l'histoire d'un lapin qui est fâché, fâché, mais alors extrêmement fâché. Tous ceux qui croisent son chemin ont affaire à son couplet de propos déchaînés (en fait, dans les bulles, ce sont des illustrations de toutes sortes, un peu comme dans les bandes dessinées où on échange les propos orduriers contre des dessins bien sentis, sauf qu'ici c'est très gentil et c'est ce qui est drôle aussi !). Bref, notre lapin croise alors un petit oiseau qui lui offre son amour. Han, han... cela adoucira-t-il l'humeur belliqueuse de notre ami ? Je vous laisse découvrir la fin particulièrement excellente ! J'ai ri, après un petit hoquet de surprise. C'était vraiment très bon !!! (éditions Thierry Magnier, 2010)

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24 juin 2011

"The easiest lies to tell are the ones you want to be true."

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L'histoire débute de façon assez originale et sur les chapeaux de roue, puisque le héros se retrouve sur le toit de son école en simple caleçon. C'est la nuit, probablement le fruit d'une crise de somnambulisme... Dès le lendemain, son grand frère arrive pour le conduire chez lui afin d'assurer sa sécurité. Ceci ne réjouit guère Cassel, à dix-sept ans, cadet de la famille Sharpe, il est le seul à ne posséder aucun pouvoir (c'est là qu'entre toute la dimension fantastique) : son grand-père tue par simple contact, sa mère manipule les émotions (et purge une peine de prison pour escroquerie), son frère Barron trafique la mémoire et l'aîné, Philip, peut briser les os d'une simple pensée. (Sans entrer dans les détails, il est ici question de faucheurs et de magie. Vous comprendrez...) 

Mais si Cassel est aujourd'hui autant chouchouté par les siens, c'est parce qu'il serait l'auteur du crime qui a coûté la vie de sa meilleure amie, Lila, il y a quelques années. Le père de celle-ci étant un redoutable chef de la pègre, les Sharpe craignent une vengeance. Problème, il n'a aucun souvenir de son acte de violence et cela ne cesse de le hanter. Il fait également des rêves récurrents d'une chatte blanche qui lui murmure dans son sommeil de réveiller sa mémoire endormie, mais tout ceci n'est pas très clair et sa famille ne lui prête qu'une oreille distraite. 

Il faut dire aussi que les Sharpe sont des gens atypiques, qui usent de l'union familiale sous de faux prétextes. En gros, ce sont des arnaqueurs et Cassel lui-même est un fichu manipulateur, relevé d'une pointe de menteur patenté. Quel beau portrait ! Cet anti-héros a franchement tout pour plaire ... ou déplaire. C'est le risque. Personnellement ce garçon ne m'a pas été trop antipathique, et comme rien n'est facile dans sa vie, comme tout n'est que coups bas et vastes fumisteries, j'étais forcément cliente !

Par contre, l'autre inconvénient du récit tient du fait que le tempo est lent, très lent. C'est le parti pris de l'auteur - Holly Black n'avantage pas le mouvement, mais les rouages des esprits torturés. L'ambiance est assez particulière, sombre et poisseuse, cela a son charme. Toutefois, il m'a manqué ce truc en plus pour rendre à mes yeux cette série incontournable et bluffante. L'intrigue est parfois trop alambiquée, les chemins trop sinueux, on s'y perd facilement, d'autant plus que le rythme ne nous laisse pas cheveux au vent. Enfin bref, il reste que l'auteur propose là quelque chose de différent, sur un ton plus décalé et avec un style bien à elle, c'est déjà ça.

Chat Blanc (Les Faucheurs #1) - Holly Black
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2011 - 364 pages - 16,90€
traduit de l'anglais (USA) par Jean-Pierre Pugi 

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