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Chez Clarabel
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22 mars 2011

Teaser Tuesday #12

TuesdayteaserNotre père, Nils Swedenborg, est si gentil. Toujours prêt à rendre service, attentionné presque à l'excès, d'une inébranlable tendresse. Il est aussi travailleur, et fort doué de ses mains. On ne connaît pas de meilleur charpentier. Non seulement il est habile et minutieux, mais malgré ses cinquante-deux ans il a conservé une belle énergie et soulève une poutre de frêne comme si elle était faite de carton.
Ce n'est pas non plus un mauvais cuisinier ; il lui arrive souvent de réussir d'excellents ragoûts, et de merveilleux gâteaux.
Sa fidélité est celle d'un chien de berger. Il n'a qu'une parole. Je ne l'ai jamais entendu mentir.
Il est bel homme, autant qu'une fille puisse juger l'apparence de son père.
Quel que soit le temps, quoi qu'il arrive, il est gai. Un vrai pinson, toujours à siffler ou à chanter.
Oui, vraiment, que de qualités.
Si seulement il n'était pas aussi bête.
Cela lui aurait évité d'épouser une sorcière.
Les sorcières de Skelleftestad - Jean François Chabas

C'était un mercredi. Le jour de la semaine où on a l'impression que vendredi ne viendra jamais. Et il faisait froid. Pas assez pour qu'il neige, mais un froid d'automne, lumineux et mordant, avec un vent glacé qui annonçait l'hiver. Bref, un jour à ne pas mettre le nez dehors. Un jour à rester bien au chaud, roulée en boule sur le canapé avec une tasse de chocolat fumant.
Belladonna Johnson parle avec les morts - Helen Stringer

Il paraît qu'au début, juste après le Retour, le parc d'attractions est quand même resté ouvert. Ils disaient que ça leur rappelait le temps d'avant. Le temps où ils n'étaient pas obligés d'ériger des clôtures, des murs et des barrières pour se protéger contre les masses de Mudos qui sont dans une quête perpétuelle de chair humaine. Le temps où les vivants n'étaient pas traqués à chaque instant.
Ils disaient que ça leur donnait l'impression que tout était normal.
Rivage Mortel - Carrie Ryan

Now that I've found the way to fly, which direction should I go into the night ? My wings aren't white or feathered ; they're green, made of green silk, which shudders in the wind and bends when I move - first in a circle, then in a line, finally in a shape of my own invention. The black behind me doesn't worry me ; neither do the stars ahead.
I smile at myself, at the foolishness of my imagination. People cannot fly, though before the Society, there were myths about those who could. I saw a painting of them once. White wings, blue sky, gold circles above their heads, eyes turned up in surprise as though they couldn't believe what the artist had painted them doing, couldn't believe that their feet didn't touch the ground.
Those stories weren't true. I know that. But tonight, it's easy to forget.
Matched - Ally Condie

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30 mai 2011

Pêle-mêle Clarabel #35

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Un bel exemple de tendresse : La pêche à la lune est un album aux effets secondaires remarquables. A chaque fois, sa lecture m'apaise et m'enveloppe dans une sensation de douceur et de béatitude. La journée de Momo commence mal, aussi il n'hésite pas à partir avec son Papy à la pêche à la lune. Vous savez comment pêcher la lune ? Avec un seau, une louche et beaucoup de patience. Un vrai miracle, croyez-moi. De plus, le regard de Momo, à la fin, ne cesse de m'enchanter. Je trouve à ce petit album un charme fou, c'est définitif !  Par Claude K. Dubois (Pastel, 2011)

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Je demande : le très classique Tomi Ungerer et son incroyable Crictor ! Madame Louise Bodot, grande dame française, reçoit un cadeau empoisonné de la part de son fils : un boa constrictor ! Gloups. Une fois calmées les émotions fortes, notre belle dame se prend d'affection pour son nouvel animal de compagnie. Elle le berce, lui confectionne un tricot pour l'hiver, le promène en laisse, c'est l'amour fou. Ils sont inséparables, les passants s'étonnent d'un tel couple, et pourtant ce cher Crictor va devenir un héros avec sa statue édifiée sur la place principale. Pourquoi, comment ? Bah je ne vais pas tout vous raconter non plus. Je ne cache pas mon faible pour le côté rétro et délicieusement guindé des illustrations - oui, j'aime beaucoup ! Le reste, c'est classique, très classique, ça ne se démode pas, c'est très bien. (L'école des loisirs, 2011 pour cette présente édition) 

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Et pour finir, Georgette la poulette - mon clin d'oeil. Parce que c'est drôle. Parce que Georgette est adorable et craquante. Parce qu'on trouve des petits détails qui font sourire. Parce que je me demande à quoi peut ressembler un oeuf carré. Par Christine Naumann-Villemin & Marianne Barcilon (ma fille a beaucoup lu leurs albums quand elle était plus jeune !) 

8 mars 2011

Teaser Tuesday #10

TuesdayteaserUn pas trop à droite et c'était la chute. Oonaa le savait. Elle se retenait à l'appui de la fenêtre qu'elle venait d'enjamber. La corniche sur laquelle elle essayait d'avancer ne mesurait pas plus de six ou sept centimètres de large. A peine de quoi poser son pied. Douze mètres plus bas, c'était la cour et ses larges dalles de pierre grise. Et là, à cinquante centimètres devant elle, son Echarpe blanche ondulant doucement dans la brise du soir.
Aerkaos - Jean Michel Payet

Plus rien ne serait comme avant, Pandora en avait bien conscience. Elle était allongée sur son lit et savait que le léthium qui se diffusait dans ses veines commençait de faire effet : bientôt son corps et son esprit ne lui appartiendraient plus. Il lui fallait agir vite et avaler l'antidote avant d'être gagnée par le sommeil. Une nouvelle fois, elle eut une pensée reconnaissante pour la personne qui avait glissé "par hasard" un lot de capsules-réveil dans la poche de sa salopette. Elle lissa entre ses doigts le petit médaillon porte-bonheur qu'elle portait autour du cou : elle ne se rappelait pas s'en être séparée un seul jour depuis sa naissance. Et c'était tout ce qu'elle emporterait avec elle. Cet unique lien qui la reliait à ses parents et lui permettrait peut-être de les retrouver un jour.
Le cas Rubis C. - Gaël Bordet

Au commencement, nous étions neuf. Nous étions jeunes, lorsque nous sommes partis, presque trop jeunes pour avoir des souvenirs.
Presque.
On m'a raconté que la terre avait tremblé, que les cieux avaient retenti d'éclairs et d'explosions. Nous étions dans cette période de deux semaines durant laquelle les deux lunes sont visibles aux deux extrémités de l'horizon. C'était un temps de fête, et au début, on a pris ces explosions pour des feux d'artifice. Mais ce n'en était pas. Il faisait doux, et une brise légère remontait de l'eau. On me répète toujours le temps qu'il faisait : la douceur de l'air et la brise légère. Je n'ai jamais compris quelle importance ça pouvait avoir.
Numéro Quatre - Pittacus Lore

La nuit dernière, tout mon univers s'est écroulé. Je suis maintenant en fuite, talonnée par la peur.
On mène tranquillement sa vie, dans sa propre réalité, et, tout à coup, un évènement inattendu vient bouleverser à jamais cette harmonie. Cela vous est-il déjà arrivé ? On voit ou on entend quelque chose et, soudain, tout ce qu'on est, tout qu'on se trouve en train de faire, tout cela se brise en milliers d'éclats acérés, à l'image de ce qu'on vient de comprendre avec amertume.
C'est ce qui m'est arrivé la nuit dernière.
J'étais à Londres. Avec des amis, comme d'habitude. Nous étions de sortie, comme d'habitude.
Immortels - Cate Tiernan

Je savais que cette fête serait nulle. C'est presque toujours le cas. Pourtant, j'étais partagée entre la peur et l'excitation, j'avais l'impression d'avoir un petit oiseau au creux de l'estomac, qui battait des ailes et tentait de se nicher sous ma cage thoracique.
J'ai pris un bain, exfolié ma peau, rasé mes jambes, mis du lait hydratant, puis j'ai essayé de discipliner mes cheveux. Quelques jours auparavant, j'avais eu une expérience désastreuse avec une paire de ciseaux. D'abord, sur la boîte de teinture, il était écrit : "Nuit étoilée" : j'espérais qu'une fois l'opération terminée (après avoir taché de noir toutes nos serviettes de toilette), je ressemblerais à l'héroïne mystérieuse d'un film français, le genre de fille qui a plein d'amants et passe sa vie à débattre du sens de la vie dans les cafés. En réalité, j'avais l'air d'une sorcière gothique. Bref, j'ai fini par couper quinze centimètres de cheveux et je me suis retrouvée avec une coupe courte ébouriffée qui rappelait davantage Amélie Poulain qu'Emily Strange. Et encore, avec la bonne lumière.
Au coeur de ma nuit - Sarra Manning

1 mars 2011

Teaser Tuesday #9

Tuesdayteaser- Ils ont remis ça. On n'a rien de mieux à faire maintenant que d'aller se coucher. En tout cas, moi, j'y vais, me dit Matthieu en traversant le couloir.
Il a raison, ils n'ont même pas allumé de feu dans la cheminée comme ils nous l'avaient promis, et comme ils le font souvent, le vendredi soir.
Je suis au bout du couloir, devant la glace accrochée contre la porte des toilettes. J'y reconnais le clown que notre père a fabriqué et qui trône sur la petite table verte, et, suspendu au mur, le tableau que notre mère aime bien, il s'appelle L'attente et m'a toujours plu. Il montre une femme accoudée à sa fenêtre donnant sur un canal à Venise.
Matthieu est parti se coucher sans se laver, je ne me laverai pas non plus. Dans la glace, j'aperçois maman qui avale ses comprimés. Oui, il y a encore eu de l'eau dans le gaz avec papa.
On n'est pas des oiseaux - Gisèle Bienne

Vous vous souvenez de ce que vous faisiez, vous, pas plus tard que lundi dernier, vers sept heures trente-deux du matin ?
Eh bien moi, oui. Sans imaginer une seconde dans quoi je m'engageais (pauvre andouille que j'étais), je venais tout simplement d'ouvrir les yeux sur le premier jour de la semaine du paon.
A la recherche du paon perdu - Angélique Villeneuve

Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé quand j'avais treize ans. C'est une chose que je n'oublierai jamais, à croire que cette histoire m'a pris au collet. Cela peut paraître étrange, mais je sens encore ses mains sur moi, et cette impression est si précise que je suis même capable de dire qu'elles sont gantées.
Tant que cette histoire restera secrète, elle me retiendra prisonnier. Aujourd'hui, en écrivant, je commence à éprouver un léger soulagement. Les "mains" de l'histoire sont toujours sur moi, mais un "doigt" a relâché sa pression, comme pour me promettre que, lorsque j'aurai terminé, je serai libre.
Tout a commencé par une odeur de purée de pommes de terre.
Le livre sauvage - Juan Villoro

Sur l'écran, comme dans ma tête, les images sont mélangées. Depuis la surface du volcan, s'écoule un long magma incandescent. J'ouvre un oeil et défilent tous azimuts des cargos assommés de marchandises, des manchots empereurs et des astronautes.
Je tends l'oreille mais les mots n'ont pas de sens.
C'est une bouillie ininterrompue.

Je change de chaîne, et déjà ils en parlent.
Ils n'ont qu'un mot à la bouche : l'accident.
Entre deux rafales - Arnaud Tiercelin

Il m'a dit : "Tu vas aller faire un tour chez les fous, ça va t'apprendre à vivre !"
Parce que les spécialistes sont là pour ça. Ils ont la formation pour formater, en douceur et en cachets aussi. La chimie des molécules pour rétablir les connexions, le droit chemin des sentiments. Alors il m'a dit : "Va chez le psy !" En consultation pour ado en perdition. Ado paumé, à la ramasse, ado en panne, panne de sourire et panne d'amour. Ado cliché, ado fourre-tout.
Contre courants - Richard Couaillet

1 février 2011

"I love you. Remember. They cannot take it."

Imaginez un monde où l'amour est proscrit. Où aimer revient à attraper une maladie mortelle. Pour en guérir, il faut s'immuniser. Vivre dans une société où les émotions sont étouffées, éteintes, douchées dès votre 18ème anniversaire.
Aucun désordre. Aucune palpitation démesurée. Tout est sous contrôle.
Lena a longtemps vécu dans cette attente, n'en pouvant plus de vivre sa vie terne, d'éradiquer la douleur, les souvenirs, les questions. Elle n'avait que six ans lorsque sa mère s'est suicidée, elle a été recueillie chez sa tante, elle n'a depuis connu qu'une existence bridée et modelée pour son Protocole.
L'heure de délivrance approche enfin. Lena passe son dernier été, auprès de sa meilleure amie. Même si elle est très attachée à Hana, elle sait que tout s'effacera après son opération, qu'elle l'oubliera. Et c'est ce qu'elle désire le plus : recommencer une autre existence, repartir du bon pied. Elle en a terriblement besoin.
Or, cet été va également lui apporter ce qu'elle redoutait le plus : l'amor deliria nervosa ! Lena rencontre Alex, elle pensait être à l'abri, mais dès qu'elle a posé les yeux sur lui, son univers a basculé. Elle ne se rendra pas si facilement, elle va longtemps lutter et chercher à résister. Elle va vouloir se convaincre, se rassurer, mais ce sera trop tard, Lena va être contaminée.
Et c'est bouleversant à lire, à suivre, à découvrir. C'est une histoire incroyable. Lena est une héroïne imparfaite, qui sait être touchante, révoltante, passionnante. Elle est craintive, se replie pour mieux se protéger, n'ose pas ou peu. Progressivement elle prendra conscience des énormités qui l'entourent, aimer ne signifiera plus mourir, ce ne sera plus sale - au contraire. Sa prise de conscience demandera du temps, mais qu'est-ce que ça vous prend aux tripes.
J'ai cru devenir folle au moment de tourner la dernière page, j'ai cru hurler et pleurer de rage et de désespoir. Vous comprendrez. Et dire qu'il faudra patienter longtemps - 2012 - pour la suite ! C'est frustrant...
Envie d'un roman doux, tendre et merveilleux ? D'une rencontre forte, belle et revitalisante ? Lisez Delirium ! Ce livre vous fera prendre conscience que l'amour donne la vie, qu'il est souffrance et bonheur à la fois, mais que ça vaut le coup et qu'il faut refuser les barrières, les frontières, les prisons ! Qu'on ne peut pas être vraiment heureux si on n'est pas aussi malheureux parfois. 

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Delirium - Lauren Oliver smileyc219
Hachette, coll. Black Moon (2011) - 450 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

Francesca est également TOTALEMENT emballée !

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14 janvier 2011

Un mec qui s'exprime comme dans un roman de Jane Austen devrait recevoir une médaille, pas se faire traiter de débile !

IMG_2080A quinze ans, Jess Jordan n'est pas tendre avec elle-même : elle est charmante mais cinglée, a un gros cul et les oreilles en chou-fleur, elle voudrait que Ben Jones (un soupçon de Leonardo di Caprio, une pincée de prince William, une touche de Brad Pitt) craque pour elle, se demande encore pourquoi elle est incapable de détester sa meilleure amie Flora, trop belle, trop canon, trop intelligente, et serine Fred, son autre meilleur ami, de couper ses cheveux qui lui tombent dans le cou.

La vie de Jess Jordan est une vie d'ado comme toutes les autres. On y parle de béguins naissants, de conflits d'intérêt, de chamailleries et de réconciliations, de mensonges éhontés, de devoirs d'école, d'autorité parentale inexistante, mais de parents non moins présents, originaux et délirants dans leur genre, d'une grand-mère qui s'invite sans crier gare, d'une chambre spoliée, d'une soirée qui tourne à la catastrophe, de fausse poitrine qui sent bon le minestrone, d'un accident de parcours, d'une caméra cachée dans les toilettes (les goujats), d'un groupe de rock qui chante comme des canards, des révélations sentimentales, d'un garçon qui parle comme dans un livre de Jane Austen, d'un Apollon éteint et encombrant, d'un déclic et de grandes décisions à prendre (après d'âpres tractations).

- Es-tu en train de dire que... tu as envie de sortir avec moi ?
- Ouais, pourquoi pas ? Rassure-toi, ce n'est pas une demande en mariage. Ce n'est pas mon genre, fit-il très vite.
- T'inquiète pas, moi non plus. Je préférerais me perdre dans le désert de Gobi et être livrée aux suricates plutôt que me marier avec toi.
- Tout à fait d'accord. Je préférerais être plongé dans un bain de friture et me faire dévorer que d'être marié à toi ne serait-ce qu'une seconde.
- Dans ce cas, tout est très clair.

Jess Jordan est une héroïne qui manque parfois de perspicacité, mais qui n'est jamais en manque d'humour (ce n'est pas un hasard si elle rêve d'être comique plus tard !). C'est irrésistible et rafraîchissant, le genre de lecture homéopathique qu'on aime lire de temps en temps, et l'effet désiré ne loupe pas : deux bonnes louchées plus tard, on se bidonne comme des dindes. N'hésitez pas à poursuivre l'aventure avec 16 ans ou presque, torture absolue (à paraître en Scripto en février 2011) et 15 ans Welcome to England

15 ans, charmante mais cinglée - Sue Limb
Gallimard jeunesse, coll. Scripto (2010) - 272 pages - 9,50€
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
illustration couverture : Soledad Bravi

25 juin 2010

Pêle-Mêle Clarabel

La reine des chats ~ Elise Fontenaille

la_reine_des_chatsNina porte un amour fou pour son chat Mina. Depuis la naissance de son petit frère, suivi par le déménagement dans un appartement sans jardin, la fillette a perdu ses repères et se console auprès de son animal et des deux chatons qu'elle vient de mettre bas. Et puis le petit frère tombe malade, les médecins informent les parents qu'il est allergique aux poils de chats et qu'il faut se séparer de Mina et ses petits. Nina ne l'accepte pas et préfère fuguer. Elle se réfugie dans un parc où elle rencontre une princesse gothique, qui l'emmène chez elle, dans sa maison biscornue où vivent déjà sept chats !
C'est une histoire inspirée d'une expérience personnelle, raconte l'auteur à la fin du roman. Mais au lieu d'être triste et injuste, son histoire se veut plus optimiste car tout se termine bien. Moi qui aime la collection ZigZag parce qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans ses livres, je n'ai pas été déçue par ce titre, pas transportée non plus, car j'ai trouvé que c'était un titre - et c'est normal - plutôt enfantin. Par contre, je suis tombée en admiration devant les illustrations de Céline Le Gouail, tellement expressives, tendres et attachantes, elles réinventeraient presque le livre à elles toutes seules (enfin, ne minimisons pas le travail d'Elise Fontenaille non plus !).
Pour les jeunes lecteurs, notamment ceux qui adorent les chats ou qui ont un animal de compagnie à la maison, ils seront comblés par cette histoire riche en émotions !

Coll. ZigZag du Rouergue (février 2010) - 6,50€

L'été à Pékin ~ Elise Fontenaille

lete_a_pekinLa meilleure amie de Valentine, Nikita, vient de partir en Chine avec son père pour une durée de deux ans. Valentine est malheureuse comme les pierres, elle se sent seule et abandonnée. Même les liens de l'internet peinent à raccomoder le fil détendu, la demoiselle n'a plus le moral.
Pris de compassion, ses parents lui proposent de lui payer un voyage à Pékin si Valentine parvient à faire augmenter sa moyenne en maths. Le pari est risqué mais tous les moyens sont bons pour décrocher la timballe. Valentine va se réconcilier avec une ancienne copine, ensemble elles vont réviser comme des malades, d'un autre côté Valentine commence à apprendre le chinois et prendre des cours de calligraphie, bref c'est l'effervescence !
L'enthousiasme de Valentine fait plaisir à lire, le roman ne s'attache à aucune réelle difficulté, même les soucis d'argent sont réglés en un claquement de doigts, tout paraît surréaliste, et pourtant les jeunes lecteurs n'en voudront pas à cet excès de bonne humeur pour s'embarquer dans cette aventure. Le ton est léger, le propos intelligent, avec une fenêtre ouverte sur la culture chinoise. C'est simple, efficace, à conseiller pour les 9-10 ans.

Coll. Dacodac du Rouergue (avril 2010) - 5€

Le sourire de maman ~ Isabelle Rossignol

le_sourire_de_mamanLa vie de Chloé n'est pas rose. Sa maman et elle ont un secret. De l'extérieur, c'est une grande actrice, en pleine préparation pour son prochain spectacle. De l'intérieur, il n'y a que du pain de mie à manger le soir, plus d'argent pour régler la cantine, un trou dans la botte de Chloé, des hommes qui viennent prendre leurs affaires pour payer les factures. Face au monde, Chloé et sa maman gardent la tête haute et affichent un sourire forcé. Mais de plus en plus, la petite fille se crispe, elle s'isole et elle a honte si jamais l'école apprend toute la vérité.
Un soir, le directeur les convoque et propose un marché. La maman de Chloé accepte sans conviction, les petites camarades de Chloé se gaussent. Et pourtant, c'est la réalité du chômage, même si le texte n'emploie jamais le mot, et il n'y a pas de déshonneur à ne pas avoir de travail et encore moins à accepter le premier poste venu pour payer son toit et pour manger.
L'histoire est vécue d'après le ressenti de Chloé, une petite fille déboussolée, tantôt en colère, tantôt malheureuse. Isabelle Rossignol a évité de tomber dans le pathos ou le misérabilisme, elle raconte une histoire qui, hélas, concerne beaucoup d'enfants de nos jours, montrant ainsi qu'ils préfèrent se taire sous le poids de la honte. Les copines de l'école ne sont pas toujours compréhensives, trop jeunes, trop bêtes, trop attachées aux apparences. A sa façon, Chloé aussi se défend, arrondit les angles et triche mais c'est pour mieux se protéger.
Ici, l'histoire connaît un happy end qui suit la logique de l'intrigue : courage, espoir et confiance font donc bon ménage. C'est un petit texte qui sait ouvrir les yeux et dire les choses vraies en toute simplicité.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 8,00€
illustrations d'Audrey Poussier

La boîte à pleurs ~ Dorothée de Monfreid

la_boite_a_pleursHmm, étrange petit roman. Charmant, mais déconcertant. Qu'on ne me demande pas son explication, je n'en sais strictement rien ! A croire que c'est simplement un livre à prendre pour soi, pour son plaisir de lire. Chacun, ensuite, interprète ce qu'il a envie.
C'est l'histoire de Pépita qui est née en éclatant de rire. Depuis, elle ne cesse de consoler ses amis, d'écouter leurs malheurs, d'offrir son sourire et les aide à guérir leurs chagrins. En fait, en cachette de ses proches, Pépita a une boîte sous son lit qui lui sert pour recueillir toutes ses larmes. Car Pépita pleure loin du regard des autres, jusqu'au jour où elle craque. Elle se met à pleurer dans la forêt, elle ne se contrôle plus, sa boîte à pleurs déborde et c'est le déluge dans sa chambre. Un raz-de-marée de larmes. Pépita se réfugie dans sa boîte, y fait la connaissance de Boubou et ensemble ils vont vivre sur une île déserte. Le retour sur Terre signera la fin de sa tristesse et le bonheur de retrouver les siens.
Le propos de l'histoire me laisse perplexe, mais c'est merveilleusement illustré, avec des couleurs chatoyantes. Cela illumine le texte, renforce la poésie et le côté imaginaire. Il est bon de pleurer, lâchez-vous et cessez de vous cacher ! Les amis sont là aussi pour les coups de blues et pour vous soutenir en séchant vos grosses larmes.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 6,50€

Tu veux être ma copine ? ~ Susie Morgenstern

tu_veux_etre_ma_copineLes parents d'Hedwige ont quitté Paris pour vivre à la campagne où ils ont décroché un nouveau poste. La fillette entend souvent parler du directeur des ressources humaines et comprend que sa mission est de dégoter le meilleur candidat pour le poste à pourvoir.
Cela lui donne une idée. A l'école, où elle se sent seule et malheureuse, Hedwige rédige un questionnaire qu'elle fait passer à ses camarades. Son but : découvrir qui pourrait devenir sa meilleure copine. Hélas, les réponses obtenues ne la satisfont pas du tout. Hedwige est dure en affaires ! Dépitée, elle cherche à approfondir le casse-tête des ressources humaines quand ses parents lui expliquent qu'il faut parfois un peu de souplesse pour obtenir ce qu'on cherche.
De fil en aiguille, Hedwige va donc comprendre qu'en amitié, il ne faut rien brusquer, juste attendre le coup d'amitié, comme le coup de foudre en amour. Selon elle, c'est un peu la même chose, ça te tombe dessus, boum ! " On ne pose pas de questions à l'amitié, c'est l'amitié qui donne des réponses ! "
Ce qui frappe au premier coup d'oeil dans ce livre, ce sont les illustrations ravissantes de Claude K. Dubois. L'histoire, ensuite, est mignonne et intelligente. L'auteur n'est pas tombée dans le piège du discours bêtifiant, même si son sujet paraît simple et pas follement original. Le jeune lecteur, lui, apprécie et y trouve son plaisir. Que demander de plus ?

Mouche de l'école des loisirs (mars 2010) - 7,50€
illustrations de Claude K. Dubois

Talam ~ Walter Spock
T1. L'énigme du tigre (Jean-Michel Payet)
T2. L'envol de l'aigle (Cécile Roumiguière)

Sous le pseudonyme de Walter Spock, se cachent Jean-Michel Payet, Cécile Roumiguière, Maryvonne Rippert et Sigrid Baffert. Oui, la même équipe complice de la série des Blue Cerises. Ils ont remis ça, en écrivant à quatre mains une série qui s'adresse pour les plus jeunes lecteurs (dès 8 ans) et qui s'intitule Talam.

talam1Dans le premier tome, on fait la connaissance de Tennessee qui, sur le chemin de l'école, découvre un drôle de tag sur un mur. Il s'agit bien sûr de TALAM. D'autres coincidences vont la poursuivre et c'est en discutant avec sa grand-mère qu'elle apprend l'existence d'un poème, reçu alors qu'elle n'avait que sept ans, et qui aujourd'hui prend toute sa signification, ou du moins, qui commence à avoir son utilité. Ce poème parle d'un tigre, d'un lièvre, d'un aigle, des douze ans et de cinq pouvoirs. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'un chat noir ne cesse de la suivre,  qu'un cirque avec un lama vient de s'installer en ville, qu'à l'école elle se métamorphe en tigresse car elle ne supporte plus les moqueries des autres filles.
Etrange, très étrange ?

talam2Dans le deuxième tome, L'envol de l'aigle, les explications se font encore désirer. Anton est nul au tennis et cartonne aux jeux vidéo et en maths. Ses parents décident de l'inscrire dans une école de cirque où il retrouve Tennessee. Lui aussi a reçu un poème à l'âge de ses sept ans, au sujet de Talam, mais il ignore ce que cela cache. Depuis quelques temps, il est sujet à des visions mais n'ose en parler à personne, de peur d'être ridicule. Au cirque, Mariposa Butterfly n'est pas une jeune femme quelconque et semble attendre beaucoup des enfants, lesquels, pour l'instant, pataugent encore dans la semoule.

C'est une série entraînante, auréolée de mystères, avec des personnages attachants, qui laisse peu à peu entrevoir ses trésors, en ne livrant qu'au compte-gouttes ses chères révélations. L'histoire se met en place lentement. Livre après livre, le mystère ne désépaissit pas. Le lecteur, de son côté, est bigrement intrigué et souhaite poursuivre sur sa belle lancée !

A suivre : T3. Skate toujours (Maryvonne Rippert - T4. L'homme-termite (Sigrid Baffert)
Milan poche cadet aventure (mai 2010) - 5,90€
illustrations de Benoît Perroud

18 octobre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #10

Véritable COUP DE COEUR pour :

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C'est écrit en couverture, entrez ! N'attendez plus, ça vaut le détour.

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« Mon père et ma mère.
Et moi.
Qu'est-ce que j'ai oublié,
entre mon père et ma mère et moi ?
Le vent ? La lumière ?
»

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Cet album est MAGNIFIQUE : entre les illustrations de Joanna Concejo et le texte de Sébastien Joanniez, l'alchimie est juste parfaite ! Beaucoup de poésie, de douceur, au service de la rêverie, et une petite ritournelle qui revient en fond sonore... c'est tout simplement prodigieux. L'enfant se découvre au fil des pages, comme il découvre sa place dans le monde, l'approche est sensible, cernée avec tact, c'est même d'ailleurs une terrible injustice de tenter d'évoquer cette magie, car je ne trouve pas les mots équivalents à ce que j'ai pu ressentir.  Il faut dire aussi que le lecteur n'est pas seulement spectateur pépère, juste bon à tourner les pages, à pousser des cris d'exclamation et de ravissement, il est également convié à compléter le tableau, oui, toi, toi qui me regardes, ta place est parmi tous. C'est FASCINANT !

Entrez ! de Sébastien Joanniez / Joanna Concejo (rouergue, 2010)

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Chic ! Un nouvel album de Maurizio A.C. Quarello ! Un album qui mêle humour et moquerie en dénonçant l'hypocondrie, la surmédication, la posologie excessive, sans prendre note des effets secondaires, la manie de se rendre trop vite chez le médecin pour le moindre petit bobo.

Monsieur X se réveille et constate qu'il perd ses cheveux. Un premier docteur lui prescrit une lotion qui développe un effet secondaire. Le lendemain, Monsieur X. se découvre un conjonctivite et se rend chez l'ophtalmo. Il prend ses gouttes mais de nouveau un autre effet secondaire se manifeste et lui refile des boutons sur le visage. Un autre spécialiste lui conseille une pommade, Monsieur X s'en tartine et rebelote : encore des effets secondaires, encore des visites chez des docteurs et des remèdes qui n'en finissent pas de lui en faire voir de toutes les couleurs. Spectateur de ce ridicule manège, le chien de Monsieur X exprime tout ce que nous ressentons. C'est pathétique, et un peu triste d'en être rendu à ce stade, mais c'est drôle ! Et la fin n'est pas mal... Monsieur X revient à son point de départ, tant pis, il s'en contentera,

en fin de compte, cela aurait pu être pire.

Effets secondaires, Maurizio A.C. Quarello (Le Rouergue, 2010)

Nous avons également aimé La Tour de Léo, essentiellement pour ses illustrations.

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Léo est un petit garçon qui aime entasser ses jouets et admirer la tour en contemplant son équilibre. Puis, il pousse le tout et redécouvre ses jouets. C'est tout simple. (En fait, je me suis amusée à reconnaître les titres des livres dans la tour de Léo.) J'aime beaucoup les illustrations de Julie Mercier. L'histoire n'a pas retenu mon attention (je pense que cet album s'adresse aux plus jeunes).

La tour de Léo, André Benchetrit / Julie Mercier (Le Rouergue, 2010)

 

 

et enfin, l'heure du drame a frappé...

 

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le doudou de Lola a disparu !!!

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panique générale, la maison est passée au peigne fin, mais le doudou reste introuvable !

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aux grands maux les grands remèdes : un avis de recherche est lancé...

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tout le monde se mobilise et très vite Lola se retrouve avec 22 petits carrés pour son doudou - patchwork, avec tous une odeur particulière : de rôti, de frites, de gratin doré, de cambouis, de terre séchée, de jasmin et d'oeillets. Maman lave et recoud ensemble tous les morceaux ...

« Mais Lola trouve que le doudou ne sent rien et qu'elle est trop grande maintenant. On range le doudou au fond de la grande armoire. Et Lola fait du vélo avec Lili, devant la maison, sur le trottoir. »

Cette fin m'a laissée sur ma faim. Je sais bien que l'histoire voulait aider la petite Lola à dépasser le manque et à retrouver son sourire en jouant avec ses camarades. Le doudou, c'est le compagnon idéal durant la petite enfance. Vivre sans, cela veut dire grandir, se joindre aux autres, accepter de perdre les dernières traces de l'enfance. Bref. Tout le monde est sensible à la perte d'un doudou, d'ailleurs les habitants du quartier se serrent les coudes pour lui venir en aide. C'est étrange, parfois, ce qu'on s'imagine et ce qu'on pense ... J'ai l'impression d'être passée à côté, je ne vois pas le lien entre la solidarité des uns et des autres et le détachement sec et brutal de la petite fille quand elle retrouve un doudou. J'ai besoin d'y réfléchir encore, cet album m'est bien sympathique mais me chiffonne aussi.

Le doudou de Lola, Irène Cohen-Janca / Natacha Sicaud (Rouergue, 2010)

NB : Natacha Sicaud avait illustré le roman d'Alex Cousseau, Prune et Rigoberto (que j'adore), c'est donc un vrai bonheur - et une surprise ! - de la retrouver ici !!!

3 février 2023

Gild (La Saga d'Auren #1) de Raven Kennedy

Contenu explicite à ne pas négliger ! 🤯

GildBref. D'emblée cela commence par une scène où le roi Midas s'envoie en l'air avec ses pouliches sous l'œil impassible de sa favorite qui est en train de cuver son vin dans sa cage dorée. Hmm. Quand tu n'es pas préparée à lire un truc comme ça, le choc est grand.
C'est donc un univers bien particulier qu'on découvre dans cette saga. Un mélange qui s'inspire de mythologie et de fantasy, teinté de romance sombre. L'héroïne s'appelle Auren. Elle a un lourd passé et doit sa vie à Midas. Elle lui voue une adoration sans borne et accepte sans frémir d'être dans sa prison depuis dix ans, couverte d'or et intouchable.
Je ne prends aucune risque à supposer qu'elle va évoluer sur ce plan, et notamment suite aux conjonctures politiques qui vont se présenter. Auren va devenir une monnaie d'échange, mais pas seulement. Comment dire ? La mise en place est étrange, parce qu'elle prend son temps et ne met pas forcément en valeur sa richesse. Ce qu'on découvre, en premier lieu, c'est une ambiance glauque et toxique qui fait grincer des dents.
Et donc, accrochez-vous, car l'action se déploie, ou disons-le, explose vers le dernier tiers de l'histoire. Ça devient carrément OMG x WTF tellement on passe à l'échelon supérieur. En terme de rebondissements et de sensations fortes, on tient quelque chose. Mais au moment où ça devient intéressant, couic, ça s'arrête.
La suite, au prochain épisode.

Je n'avais pas prêté attention aux avertissements sur le contenu explicite (langage cru, violence, viol). Maintenant je comprends que ce n'était pas une mise en garde superflue. Oh non, purée. Fans de Sarah J. Maas et Jennifer L. Armentrout, tenez bon. Tentez le coup. Ça peut sembler rebutant, franchement déstabilisant, affreux et dégradant en terme de vocabulaire et surtout envers le traitement des femmes, avant de se révéler intense et de vous laisser bouche bée à la fin. En tout cas, moi je n'avais rien vu venir.

Merci au passage à @lizzie_livresaudio de proposer une publication du livre audio aussi proche de la date de sortie du roman ♥ les prochains arrivent en avril & juin.

©2020 by Raven Kennedy Pour la présente édition © 2023, Hugo Roman Département de Hugo Publishing (P)2023 Lizzie

“Does it really matter if your cage is solid gold when you aren’t allowed to leave it? A cage is a cage, no matter how gilded.”

 

8 juillet 2020

D'ici là, porte-toi bien : de Carène Ponte

D'ici là porte-toi bienCarène Ponte nous raconte un bref séjour dans un hôtel de luxe, la semaine de son inauguration, avec une petite brochette de personnages venus là dans un but précis.

Il y a la vieille dame désemparée par le mal qui la ronge, sa femme de chambre - une jeune maman célibataire - qui bosse comme une dingue pour assurer un bel avenir à son fils, la working-girl infatigable mais contrainte de lever le pied car elle a oublié l'essentiel, la jeune femme humiliée par son mec devant l'autel, l'épouse trompée qui ronge son amertume ou celle qui désire tellement être mère qu'elle met son couple en péril...

Il y a donc des passages frivoles (les lettres d'amour envoyées par un admirateur anonyme ; les séances de détente autour d'un film ou de cocktails) qui viennent côtoyer des passages plus graves (la détresse, la maladie, le harcèlement).

Mais entre ruptures et secondes chances, finalement ce roman fait surtout parler la vie, les rencontres providentielles, l'entraide et l'amitié. Ça donne un mélange de fraîcheur et de désinvolture avec une fin hélas trop lisse et mielleuse... que voulez-vous : j'attends de la dérision et puis paf ! ça dégouline de bons sentiments.

Au final, nous avons une lecture simple et ordinaire, qui s'écoute sans déplaisir (format audio). Elle ne laissera certainement aucune trace (la lecture s'évapore aussitôt la dernière note tombée) mais elle a su planter sa petite graine durant ce mois de juillet synonyme de repos & relâchement. Un programme opportun, donc.

©2019 Éditions Michel Lafon (P)2020 Lizzie

Une performance audio très agréable : troix voix pour incarner des hommes et des femmes qui perdent pied mais se raccrochent aux branches en attendant des jours meilleurs ! Une lecture touchante.

 

11 juin 2018

Le couple d'à côté, de Shari Lapena

le couple d'à côté lizzieAnne et Marco passent la soirée chez leurs voisins. Leur bébé de six mois dort tranquillement dans son lit, surveillé par un babyphone et leurs allées-et-venues toutes les trente minutes. Malgré toutes ces précautions, au moment de rentrer chez eux, le couple découvre avec horreur que leur petite Cora a disparu ! La police est aussitôt prévenue pour lancer les recherches. L'inspecteur Rasbach prend leurs dépositions mais soupçonne Anne et Marco de ne pas tout lui révéler. En grattant bien, il découvre notamment que l'épouse est dépressive et l'homme cachottier (boulot, liaison, belle-famille). D'autres révélations sont à craindre, qui viendront brouiller les pistes et faire perdre tous les repères.
En gros, l'intrigue va prendre des tours et des détours tantôt faciles tantôt inattendus. Ce n'est pas la révolution à tous les étages mais la lecture a au moins le mérite de titiller notre intérêt jusqu'au bout. J'ai d'ailleurs quasiment tout lu d'une traite - comptez une lecture audio de 9 heures, entrecoupée de brèves pauses - j'étais sacrément harponnée ! On a beau se dire qu'on a déjà tout lu, tout vu, que plus rien ne nous étonne, et bim on mord bêtement à l'hameçon. L'auteur réussit en effet à nous tenir en haleine à partir d'un scénario ordinaire (basique mais diablement efficace). Elle nous entraîne dans l'intimité d'un couple défaillant, au-delà de l'image du modèle fantasmé, elle met à nu les pensées et les non-dits. En deux temps trois mouvements elle nous retourne comme une crêpe, et on n'en attendait pas moins. 
Il s'agit aussi du premier titre que je découvre chez Lizzie - la nouvelle marque de livres audio lancée par Editis. Le texte lu par Taric Mehani est parfait : justesse du ton, intonation pertinente, mise en scène entraînante. On plonge sans chichis dans l'histoire, la réalisation sonore est sans artifice et irréprochable, en bref on va à l'essentiel. Suite à cette expérience plus que positive, je m'en vais piocher d'autres titres parmi un catalogue alléchant !  

©2017 Presses de la Cité. Traduit par Valérie Le Plouihinec

(P)2018 LizzieTitre téléchargé sur Audible FR

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Shari Lapena est anglaise mais a basé son histoire à New York - damned !

 

 

17 juin 2021

À charge de revanche ! de Sophie Kinsella

À charge de revancheCe n'est pas un secret : j'adore Sophie Kinsella. J'aime beaucoup ses romans qui sont toujours de chouettes comédies truffées de chaleur et d'humour. Mais depuis Ma vie (pas si) parfaite et Surprends-moi !, j'avoue, Queen S. ne fracasse plus le genre. Déçue ? Non. J'espère toujours le miracle. En attendant, je passe aussi des moments plutôt cool. Dans ce roman, on tombe sur une histoire de famille proche du chaos.

Fixie Farr doit s'accorder avec son frère Jack et sa sœur Nicole pour tenir la boutique à flot, suite au malaise de leur maman (qui part en convalescence dans le sud de l'Europe). Or le business est fragile et chaque membre a une vision de développement très disparate - l'un vise une clientèle huppée et prévoit des articles hors de prix tandis que l'autre programme des séances de yoga en alimentant son compte Instagram. Au milieu, Fixie défend l'idée d'entretenir l'héritage de leur père décédé mais se heurte à des murailles infranchissables.

La tension va donc vite grimper dans les tours, d'autant que de vieilles rancunes remontent à la surface. Ajoutez également un ex qui fait un retour en fanfare (son béguin d'adolescence) et un inconnu qui lui doit une fière chandelle après avoir sauvé son ordinateur du déluge. Là, je suis au regret de dénoncer ce casting masculin très décevant. Entre Ryan et Sebastian, clairement, mon cœur n'a pas bondi hors de ma poitrine. J'ai été très, très déçue. Et puis Fixie aussi a tué le mythe de l'héroïne pétillante et fantasque. Elle est passive et crédule. Bouh. Quelle déconvenue.

Au final, la lecture est un peu inégale : trop d'éléments conformistes, manque de peps, clichés et personnages fadasses. Et pourtant, je dis amen car les romans de Queen S. possèdent une aura indescriptible à laquelle je suis hyper sensible. Moi, j'aime son humour, ses valeurs et ses messages positifs. Ça me suffit. Maintenant, je dois reconnaître qu'elle fait davantage du Madeleine Wickham que du Sophie Kinsella. Still the same old story.

©2020 Belfond, pour la traduction française. Traduit par Daphné Bernard (P)2021 Lizzie, un département d'Univers Poche

  • Lu par : Claire Tefnin
  • Durée : 11 h 50
  • Excellente lecture audio ! Une performance entraînante et juste.

⭐⭐⭐⭐

20 juin 2016

L'Accro du Shopping a une sœur, de Sophie Kinsella

Petit bond dans le temps avec cet épisode qui nous ramène dix ans en arrière ! ^-^

L’accro du shopping a une soeur

Sitôt son mariage célébré, Becky s'est envolée pour une lune de miel romantique, à travers le monde. Dix mois plus tard, de passage au Sri Lanka, où elle se découvre une communion céleste avec son chakra, Becky ressent le blues du pays et obtient de son délicieux mari de rentrer avant l'heure. Lors de son escale à Milan, elle fait ainsi la rencontre d'un type très riche, désireux de travailler avec la société de Luke, qui soudoie la jeune épousée en lui obtenant le sac à main de ses rêves. C'est LE petit orteil glissé dans l'engrenage infernal...

Ses déboires avec ses achats compulsifs ne sont plus que de lointains souvenirs ? Que nenni. Au fil de ses voyages, Becky n'a jamais loupé une bonne occasion de faire flamber sa carte bancaire, en envoyant fissa ses achats à Londres. Dès son retour, le convoi des transporteurs ne manquera pas donner le tournis... mais quelle bidonnade ! Car Becky, aussi futile soit-elle, est une héroïne impayable. Sans annoncer à ses proches son arrivée anticipée, elle débarque aussitôt chez les uns et les autres, imaginant des retrouvailles festives, avant de tomber des nues. Ses parents sont distants, vraisemblablement préoccupées, son amie Suze est débordée par ses jeunes enfants et vampirisée par une nouvelle connaissance, la très distinguée Lulu. Le petit univers de Becky s'effondre, la déprime se rapproche à grands galops. Comble du comble, elle se découvre une sœur, débarquée de nulle part, avec laquelle elle rêve déjà d'une osmose parfaite, sauf que Jessica est très, très différente de Becky, pour ne pas dire aux antipodes de celle-ci. Leur rencontre au sommet vaut pourtant son pesant d'or. Le vrai choc des cultures. Et là, sincèrement, on s'attache à Becky, pourtant légère et superficielle, mais profondément humaine et généreuse, tandis que Jess se révèle froide et intransigeante. Il faudra compter sur une escapade en pleine campagne, avec une ascension vertigineuse sur des chemins escarpés, en sandalettes à paillettes (pourquoi pas ?) et une détermination farouche pour briser la glace entre ces deux-là. Quelle farce !

Ce quatrième tome est aussi jubilatoire que les autres livres de la série. Ceci dit, en tant que fan absolue des aventures de l'inénarrable Becky Bloomwood, mon avis manque totalement d'objectivité. ^-^ Cela n'en reste pas moins un épisode plein d'humour, de situations ubuesques et délirantes, avec une héroïne au charme ravageur, qui nous surprend continuellement et qui déploie aussi des ressources cachées et ingénieuses sur des sujets impensables (lancer un piquet de grève contre l'implantation d'un centre commercial... eh oui ! on croit rêver). Une lecture follement cocasse et enlevée. ♥☼

Traduit par Daphné Bernard (Shopaholic and Sister) pour les éditions Belfond, 2006

Repris chez Pocket, juin 2007 - Relooking des couvertures (2016) : Delphine Dupuy

 

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# Mois Anglais 2016 : Écrivain contemporain 

 

30 novembre 2015

Détonations rapprochées, de C.J Box

Détonations rapprochées Seuil   Détonations rapprochées

Joe Pickett, nouveau garde-chasse dans le Wyoming, s'est déjà distingué pour avoir arrêté le gouverneur de l'état qui pêchait sans permis (notre homme ne l'avait pas reconnu !). Ceci a cependant conforté son image de type droit et incorruptible, même si ses congénères se gaussent de ses maladresses, il n'en récolte pas moins une profonde estime. Et c'est vrai que Joe Pickett est un bon gars, amoureux de la nature et attachant une importance cruciale à sa tranquillité et à celle de sa famille. On ne dit pas de Joe qu'il est ambitieux mais consciencieux. Aussi, le jour où il découvre un cadavre sur son tas de bois, notre garde-chasse est en pétard. Pourquoi ce braconnier, qu'il avait interpellé un peu plus tôt, gît sans vie près de son chalet ? Alors que les autorités attribuent cette mort à un simple accident, Joe Pickett décide de poursuivre les investigations, non par esprit de contradiction, mais parce que cette intrusion dans son jardin secret le heurte personnellement. La suite de l'histoire adopte un rythme tout aussi imperturbable et jamais ennuyeux car c'est tout un décor qu'on découvre, au cœur de la magnificence des Rocheuses, avec une ambiance à l'américaine (cowboy, stetson, cheval et fusil de chasse). C'est très, très bon. Non seulement l'intrigue va dévoiler des arcanes complexes et malheureuses, mais révéler aussi le rapport de force existant entre écologie et économie (enrichir la communauté, mais à quel prix ?). L'auteur s'attache également à nous raconter des personnages dans leur vie ordinaire, à créer une petite bulle de confort et à nous inclure dedans. C'est un charme supplémentaire qui fonctionne si bien que je reprendrai rendez-vous avec Joe et les siens très prochainement ! 

Points / Septembre 2004 ♦ Traduit par William Olivier Desmond (Open Season) pour les éditions du Seuil ♦

Texte lu par l'excellent Jacques Frantz pour Livraphone (durée : 8h 40)

5 octobre 2008

Zig zig avec toi, Et lorsque ton corps zigzague Zig zig toi et moi *

Il y a une collection au Rouergue que j'aime beaucoup, c'est Zig Zag qui s'adresse aux lecteurs débutants, grâce à des petits romans riches en illustrations. C'est facile pour débuter dans la lecture tout seul, ça ne coupe pas abruptement avec l'univers de l'album, c'est un entre-deux fort appréciable ! Et puis c'est sympathique, pas fastidieux pour deux sous.
Deux nouveautés pour cette rentrée, Je sens pas bon par Emmanuel Arnaud et L'Ami Iguane d'Alex Cousseau.

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Le premier titre raconte la mésaventure de Noël, élève de CM1. Pendant la récréation, une fille le repousse et l'insulte d'un vilain "tu pues" qui est vite repris par toute la classe. Dans le même temps, sa mère lui offre une eau de toilette (sans savoir) et l'école se rend à la Crad Expo (qui finit de tourner l'anecdote en véritable enfer pour le garçon). Noël devient la risée de toute la classe, on l'humilie et le met à l'écart. C'est sa petite soeur qui raconte l'histoire, et elle trouve injuste ce qui arrive à son frère. Elle met la maîtresse dans la confidence, et celle-ci va trouver une solution... parfumée !

Un livre qui sent l'injustice, l'intolérance, la bêtise et l'impuissance. C'est écrit dans un langage courant, assez familier et merveilleusement illustré par Princesse Camcam (en voir plus, sur son blog) .

**********

L'Ami Iguane raconte l'histoire de Dimitri et sa voisine Manola, qui vient du Mexique, n'a pas un sou, travaille la nuit et vit seule avec son iguane. Un jour, le dénommé père Grinche accuse cette femme et sa bestiole d'avoir mangé l'orteil de son fils. Pour preuve : on retrouve le ballon du garçon et l'orteil blessé dans son jardin. Cela fait beaucoup de peine à Manola, qui choisit de prendre la fuite, avec son iguane. Dimitri les suit, ainsi que les gendarmes. Le garçon ne comprend pas pourquoi elle doute de l'innocence de son animal, car l'iguane est herbivore et le père Grinche n'est qu'un menteur. Manola lui explique, alors, que son iguane est un sans-papier, entré illégalement sur le territoire français. Elle a peur de la gendarmerie, car la loi est la loi, et le travail d'un gendarme c'est de faire appliquer la loi.

Un texte engagé, traité avec humour et fantaisie, Alex Cousseau veut sensibiliser les jeunes lecteurs sur ce sujet d'actualité. Et c'est l'iguane qui n'a pas de papier, je trouve ça plutôt rigolo comme principe. Encore une fois, en comparaison de Je sens pas bon, l'histoire traite de l'injustice, l'intolérance et la bêtise.

 

 

* Paroles de Zig Zag avec toi / Serge Gainsbourg

Editions du Rouergue, septembre 2008 :
* Je sens pas bon, d'Emmanuel Arnaud / illustrations de Princesse Camcam (Zig Zag, 6€)
* L'ami iguane, d'Alex Cousseau / illustrations d'Anne-Lise Boutin (Zig Zag, 6,50€)
 

13 février 2012

" Tu ne liras pas dans le bain, ça fait mal aux bras."

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La série de Sue Limb avec Jess Jordan est une série à laquelle je suis très attachée.
Cette fois Jess apparaît vulnérable, par la faute de son petit copain qui lui joue un vilain tour la veille de la rentrée. Elle qui flottait sur un petit nuage connaît la chute libre, de plus son prof d'anglais est en arrêt maladie et remplacé par Miss Epine, alias Tyranosaure. Ajoutez que sa meilleure amie Flora décroche le rôle que Jess convoitait, son numéro de pitre pour le spectacle de Noël n'est plus au programme, plus ce garçon très sexy, qu'elle adorait l'année d'avant, ne cesse de la coller, ce qui voudrait donc dire qu'elle lui plaît ?! Et Fred..., Fred est absent, fuyant, pathétique, cynique et bête comme ses pieds. Pff, drôle de casse-tête. 
Pour la première fois, Jess manque de ressources et constate que son humour légendaire ne peut lui venir en aide, et même sa propre mère passe tout son temps avec un Japonais qui comprend tout de travers. Néanmoins, le sens du tragi-comique de notre héroïne est toujours aiguisé et donne lieu à des scènes désopilantes. 
Dans le fond, ce tome est un tout petit peu moins pétillant que le précédent, mais quel plaisir de suivre Jess et sa clique. C'est une série anglaise qui manie bien les ficelles du genre ! Et moi je suis fan. J'espère d'ailleurs que les deux prochains tomes, parus chez Bloomsbury, seront un jour disponibles en version française. Youhou, y'a réclamation ici-bas ! 

Le tome 15 Ans Welcome to England  est disponible en format poche, dans la collection Pôle Fiction.

16 ans franchement irrésistible (Jess Jordan #4), par Sue Limb (Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012)
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux - illustration de couverture : Soledad Bravi 
(première édition en 2007, coll. Hors Série)

6 décembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #14

Weekend annulé, pour cause de mauvais temps, concert loupé de Cocoon, un papa pas franchement raisonnable et qui me fiche les jetons, à distance c'est pas brillant, et des idées noires que je chasse ... Humeur du jour, bonjour !

Maigre lot de consolation : nous sommes allées au Festival du livre de jeunesse de Rouen (très décevant). Ma fille et moi sommes pourtant revenues les bras chargés,

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C'était chacune sa pile, inutile de préciser à qui appartient la pile de gauche. ;o) Ma fille a été enchantée par sa rencontre avec Dorothée Piatek et j'ai vainement attendu Johan Troïanowski, tant pis, ce sera pour une prochaine fois. La foule commençait à arriver, nous avons mis les voiles.

Au chapitre des petites découvertes pour les fêtes de Noël, voici un album ravissant qui fait place à l'émerveillement et à l'imaginaire.

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Le Livre des Cadeaux Extraordinaires est LE catalogue des cadeaux qui font le plus rêver parce que, justement, ils n'existent pas et qu'il est bon de les imaginer le temps de feuilleter cet album. Et entre nous, cet album fait des miracles car il fait autant rêver les petits et grands lecteurs !

C'est ainsi que je rêve de plantes vertes à bonbons, d'une bague qui change de couleur pour indiquer le temps qu'il va faire, d'un passage secret qui s'adapte à tous les types de murs, d'un oreiller et d'une couette dans la matière des nuages, d'une équipe de lutins cuisiniers, d'une armoire qui donne sur un immense jardin avec des bêtes sauvages (en option, les bêtes sauvages), d'un bateau de pirates pour aller à l'école le matin (livré avec son équipage grognon mais sympathique), d'une table de nuit avaleuse de monstres, des lunettes pour savoir, en regardant une grenouille, si elle se transformera un jour en prince charmant ... et une potion magique pour avoir l'âge que l'on veut (pour une journée maximum) !

Avis aux amateurs, cet album permet de s'évader et de s'exclamer de rire ou d'envie, c'est selon ses désirs et ses rêves, mais cela plairait à un grand nombre d'entre nous !  Les auteurs et illustrations sont : Nathalie Choux, Elisa Géhin, Mandana Sadat et Rémi Saillard. (Syros, 2010)

Et en nouveauté musicale, je demande Tamara Kaboutchek :

 

J'aime beaucoup. Cette chanson résume un peu ce qui se passe dans ma tête depuis deux semaines ...

1 février 2010

Scarlett, Spencer, Lola, Marlène. New York. Et moi !

Voici un roman absolument charmant, délicieux, à déguster la bouche en coeur. Il plaira aux lectrices dès 13 ans, qui savoureront l'histoire de cette famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. 

Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, attribuant ainsi à l'adolescente la pleine responsabilité de cette chambre. Cet été, Scarlett est priée de rallier les rangs familiaux pour donner un coup de main à l'hôtel. Ses amis ont tous quitté la ville, occupés à d'autres projets plus palpitants, Scarlett traîne les pieds mais ne sait pas encore que ses vacances seront riches, très riches et excitantes !

Suite_Scarlett_de_Maureen_JohnsonCela commence par la venue d'une cliente, Mrs Amberson, qui occupe la Suite Empire. Avec elle, c'est un vent chaud, exotique, léger, aérien, déchaîné qui s'installe à Hopewell. Mrs Amberson est une femme excentrique et mystérieuse, un peu casse-pied sur les bords, elle harcèle Scarlett de coups de fil à répétition et la jeune fille se plie à ses moindres caprices. Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions.

Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.
Le roman raconte définitivement l'histoire d'une famille, avec des hauts et des bas, des moments d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Mais sous le ciel de New York, les beaux jours sont toujours de rappel !

Les aventures de la famille Martin me rappellent quelque part celles de la famille des Jean Quelque-chose (la série de Jean-Philippe Arrou-Vignod) pour son côté optimiste, joyeux et solidaire. Même dans les coups durs, même si l'argent fait défaut, même si les petits copains se font la malle et même si les clients sont étranges et fantastiques à la fois, l'histoire montre énormément de complicité, de bonheur, de gaieté et fait preuve d'humour.
C'est vraiment un petit roman très chouette, comme dirait ma fille.

Suite Scarlett ~ Maureen Johnson
Gallimard, coll. Scripto, 2010 - 384 pages - 13,00€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations : Dominique Corbasson

Une suite va paraître en février 2010 aux USA sous le titre : Scarlett fever.

 

22 février 2009

Une famille aux petits oignons - Jean-Philippe Arrou-Vignod

La nostalgie aurait-elle le vent en poupe ? Oui, je pense ! Quelques exemples : les albums par Dupuy-Berberian (Comment c'était avant), Mes années 70 par Claudine Desmarteau ou les ouvrages d'Armelle Leroy (La Saga de la Bibliothèque Rose) etc.

Une autre confirmation : les histoires des Jean-Quelque-Chose.

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« Les gens n'arrivent pas à croire qu'on est juste une famille, pas une colonie des vacances ni une troupe de sosies échappés d'un cirque.
Six frères, ce n'est déjà pas courant. Mais six Jean-Quelque-Chose, ça frise le livre des records. Comme on a tous les oreilles décollées et un épi sur la tête, papa, qui n'est pas très physionomiste, a trouvé un truc imparable : nous ranger par ordre alphabétique, comme dans un répertoire.
Il y a Jean-A., onze ans, alias Jean-Ai Marre parce qu'il râle tout le temps.
Moi, c'est Jean-B., alias Jean-Bon parce que je suis un peu rondouillard.
(...)
Dans la chambre des moyens, il y a Jean-C., sept ans, nom de code Jean-C-Rien parce que c'est le distrait de la bande.
Il y a aussi Jean-D., cinq ans, surnommé Jean-Dégâts, avec qui Jean-C. a inondé deux fois l'appartement depuis qu'on habite à Cherbourg.
Les petits, c'est Jean-E., trois ans, alias Zean-Euh parce qu'il a un cheveu sur la langue, et le bébé Jean-F., alias Jean-Fracas, qui n'a encore qu'un an et pas beaucoup de cheveux sur la tête.
»

Une famille aux petits oignons reprend toutes les histoires des Jean-Quelque-Chose parues séparément : L'omelette au sucre ; Le camembert volant ; La soupe de poissons rouges ; avec en bonus, une histoire inédite : Des vacances en chocolat.

Toutes ces histoires sont fraîches, pleines d'humour, empreintes d'une douceur nostalgique de la fin des années 60, à décrire la vie d'une famille nombreuse, qui habite Cherbourg avant de déménager pour Toulon. Il y a 6 enfants dans cette maison, 6 garçons (dans le premier livre, la maman est enceinte et tout le monde s'imagine déjà accueillir une petite fille dans la tribu !). Il y a une multitude d'anecdotes de la vie de tous les jours, entre les castagnes, les fessées déculottées, les parties de cache-cache, les vacances à la campagne, la piscine municipale, les cousins Fougasse, le mystère de François Archampault (son père est-il un espion qui risque sa peau tous les jours ?)... Il n'y a pas la télévision dans cette maison (au grand dam de l'aîné des Jean, qui se cache dans les toilettes, avec une paire de jumelles, pour observer chez un voisin les épisodes de Rintintin !). A la place, la fatrie s'occupe en jouant à des jeux de société (le monopoly, le 1000 bornes...), ou en créant un club de détectives privés (on sent la très forte influence du Club des Cinq !!!).

Je ne sais pas comment un jeune lecteur de 10 ans d'aujourd'hui percevra ce genre d'histoire, mais moi j'aime beaucoup. 32 ans, cinquième fille d'une famille nombreuse (avec que des filles, en plus !), je n'ai pas connu la même période (fin des années 60) mais je suis touchée quelque part par ces histoires où s'enfilent les anecdotes comme autant de perles sur un collier. Tout me semble bon, tout me rappelle un peu ma propre jeunesse... J'attends encore un ou deux ans avant de pouvoir confier ce livre à ma fille, et j'espère qu'elle comprendra. (Déjà je râle énormément de répondre à ses questions, du style : les années 80, c'est vieux !!!!!).

En somme, je recommande ce livre comme Au pays de mes histoires, le recueil de Michael Morpurgo. C'est une lecture indispensable, sans âge, qu'on prend plaisir à lire et relire, et qu'on garde sous le coude pour les périodes de blues ou de bobos à l'âme. C'est tout à fait l'antidote en matière de lecture qui vous redonne le sourire !

Bonne lecture ! 

On peut consulter en ligne un chapitre du livre.

« C’est drôle une famille de huit…on manque de place, on se donne des coups de coude, on voudrait être fils unique ou orphelin, sans personne pour vous mettre ses pieds dans la figure ou vous expédier séance tenante aux Enfants de troupe…Mais quand l’un d’entre nous n’est pas là, c’est comme un jeu de Sept familles lorsqu’il manque une carte : tout paraît bizarre, faussé, comme si la carte perdue avait rendu tout le jeu inutile. »

Gallimard jeunesse, 2009 - 330 pages - 13,50€
illustrations de Dominique Corbasson

18 juillet 2016

Le Lagon Noir, d'Arnaldur Indridason

Le Lagon Noir

Retour sur le début de carrière de notre Erlendur, âgé d'une trentaine d'années, alors jeune recrue de la section criminelle à la demande de Marion Briem. Nous sommes en 1979. Le corps d'un homme est repêché dans un lagon, dont les bains sont réputés pour ses vertus thérapeutiques. Cet homme, dont on ignore l'identité, se révèle être un ingénieur islandais, employé à la base américaine de l’aéroport de Keflavik. La police n'obtient aucun accord pour enquêter sur les lieux, mais peut s'appuyer sur l'assistance d'une jeune officier de la base, Caroline, qui prête son concours en dépit des circonstances. La présence de l'armée américaine est perçue comme une intrusion inacceptable aux yeux de la population, Erlendur lui-même ne cache pas ses sentiments politiques sur ce sujet. Mais que ceci ne vienne pas nous détourner de notre chemin. L'affaire Kristvin, un type ordinaire, pas si irréprochable, moins lisse en apparence, au vu de sa consommation de marijuana et la découverte d'une liaison extraconjugale... Un cas autrement plus complexe et torturé, que nos inspecteurs ne manqueront pas de décortiquer. En marge de cette enquête, Erlendur se passionne sur un vieux Cold Case : la disparition d'une jeune étudiante sur le chemin de son école, vingt ans plus tôt. La démarche, personnelle et officieuse, fait naturellement écho au drame que l'on sait. 

Cet épisode aux événements antérieurs complète efficacement la série et apporte une dimension juvénile attachante au personnage d'Erlendur. Ce n'est pas un scoop. L'homme est un éternel solitaire, qui suinte la tristesse et qui protège jalousement ses secrets. Ses collègues ignorent encore tout des démons qui l'habitent, même si on perçoit la fragilité de sa carapace et le début de confiance qui s'installe entre Marion Briem et lui. Les deux intrigues criminelles sont passionnantes, l'une pour le contexte qu'elle révèle (la présence de l'armée américaine, le marché clandestin, la musique rock, les disques, les cigarettes qu'on se refile en douce... et bien entendu une grogne montante chez les insulaires antimilitaristes). La deuxième histoire ne manque pas non plus d'attrait, Cold Case oblige, même si son dénouement me rappelle une autre œuvre classique hyper connue, chut ! ^-^ 

Une ambiance définitivement envoûtante, des histoires poignantes, des destinées qui prennent racine et des personnages qui s'étoffent... Le Lagon Noir a tout pour plaire. La construction alambiquée de cette série, via son procédé de remonter le temps, est judicieuse car elle apporte beaucoup au personnage d'Erlendur ! C'est un roman noir, sans effet de style, simplement construit sur un solide appui et auréolé d'une atmosphère unique, mystérieuse et captivante. Un très bon cru  ! 

Texte lu par Jean-Marc Delhausse pour Audiolib (Juin 2016) durée : 10h 04

Le Lagon noir (Commissaire Erlendur Sveinsson 14) | Livre audio

Traduit de l'islandais (Kamp Knox) par Éric Boury / Titre téléchargé sur la plateforme Audible

28 juin 2023

L'Héliotrope (Steam Sailors #1) par E.S Green & Lu par Adélaïde Poulard

61767eFNU-L😎🎵 Je ne me souvenais pas avoir déjà lu ce roman. Aussi, la parution audio a été l'occasion de replonger dans cette lecture ! Une très bonne pioche.

La comédienne livre une performance entraînante, pleine de fraicheur et hyper plaisante à suivre. On fait ainsi la connaissance d'une héroïne au passé mystérieux, Prudence, qui est enlevée par des pirates et qui part à bord de leur navire des airs, L'Héliotrope, pour de foisonnantes aventures. L'équipage n'est pas féroce, sauf pour affronter leurs ennemis, car il règne une franche camaraderie sur le vaisseau. Le capitaine et ses lieutenants vont rapidement prendre la jeune fille sous leur aile, d'abord en tant que soigneuse attitrée, puis pour un but précis. Car Prudence va révéler des dons rares et utiles pour la course au trésor. Mais nos pirates ne sont pas assoiffés d'or et d'argent. Ils œuvrent pour une cause juste et utile.

En attendant, l'histoire s'écoute avec PLAISIR ! C'est virevoltant, rythmé, trépidant. Il y a de l'action en plein, mais aussi de l'humour et de la loyauté à toutes épreuves. J'ai été embarquée dans ce voyage avec une facilité déconcertante (je n'ai pas vu le temps passer). C'était gai, joyeux, stimulant. Une belle invitation à voyager et une véritable épopée décrite avec passion.

Vivement la suite en audio. 😎🎵

©2020 Gulfstream (P)2023 VOOlume

  • De : E.S Green
  • Lu par : Adélaïde Poulard
  • Durée : 8 h 49
  • Le premier tome d'une série steampunk trépidante et addictive, qui a remporté le Grand Prix de l'imaginaire 2021.
  • Description : Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir lors de la Grande-Fracture. Il se chuchote que les Alchimistes seraient parvenus, juste avant leur disparition, à cacher un fabuleux trésor dans une cité secrète.
  • Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde demeure inaccessible. Prudence est originaire du Bas-Monde. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de L'Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et de ses pirates.

⭐⭐⭐⭐

17 avril 2023

Assoiffés, de Tracy Wolff

Assoiffés

Premier tome d'une saga qui buzze pas mal sur les réseaux. J'ai tenté, écouté avec intérêt, suivi l'intrigue en ne masquant pas ma curiosité, mais j'en sors mi-figue, mi-raisin.

Avant toute chose, la comparaison avec Twilight n'est pas fausse. L'héroïne débarque dans une nouvelle école et tombe amoureuse d'un garçon très beau qui fait tout pour la rejeter. Mais elle s'accroche car elle veut percer son mystère. Elle a vaguement conscience d'être une pestiférée aux yeux de ses camarades. C'est tout juste si elle réalise qu'on cherche à la zigouiller. Partout où elle passe, des phénomènes étranges surviennent. Et malgré les rappels à la prudence, elle fait tout le contraire de ce qu'on lui demande.

Tout ça parce que l'obsession de Grace a pour nom JAXON VEGA. Et j'étais saoulée de retrouver une lecture où la nana perd ses neurones en présence de son crush. Elle fonce bille en tête et se met en danger. Pas de problème. Ajoutez une ritournelle amoureuse écœurante de niaiserie.

"Est-ce que tu as déjà désiré quelque chose si fort que tu as eu peur de le prendre ? - Oui."

Mais aussi,

"Il serait plus prudent pour toi de ne pas être mon amie. Mais j'en ai assez d'essayer de t'éviter."

Help ! Ça colle aux doigts et ça file la migraine.

Si mon cœur n'a plus vibré autant, ô douce nostalgie de l'époque Stephenie Meyer, ma raison n'a cependant pas manqué d'être attirée par l'ambiance de cette saga : Katmere Academy, Alaska et folklore paranormal. Puisqu'effectivement, l'envie de pousser plus loin les portes du domaine est bien là ! Surtout si l'on me promet moins de clichés young adult par la suite. Je prends.

©2020 / 2021 Titre original : Crave / Publié pour la première fois en 2020 / éditions Pocket Jeunesse, pour la présente traduction française (P)2023 Lizzie

⭐⭐⭐.5

22 février 2023

La princesse sans visage (Les royaumes immobiles #1), par Ariel Holzl

Une plongée fantastique au royaume des feys !

La princesse sans visage Les royaumes immobiles

Dans les Royaumes Immobiles, l'existence est contrôlée par quatre monarques. Or le trône d'Automne est vacant depuis trop longtemps : il faut donc lancer un nouveau sacre. Sept jeunes femmes peuvent y prétendre. Pour déterminer l'heureuse élue, une compétition est organisée.

Une compétition sans pitié, à laquelle Ivy est candidate malgré elle.

Ivy a grandi seule, loin de tout. Abandonnée par son père, le roi gris. Puis par sa nourrice, mystérieusement. Elle a également puisé ses connaissances dans sa bibliothèque, sans espérer qu'on la tire de cette routine. Jusqu'à l'arrivée d'un gentilhomme qui l'entraîne hors de son château.

Puck est fidèle à sa réputation, une fripouille qui enjolive la situation. Ivy lui confie cependant son destin et accepte de le suivre. De rencontrer la reine Titania et ses comparses. De s'aligner pour la compétition. De découvrir dans la hâte le maniement subtil de l'art. De se cogner contre les roueries des cours royales. De nouer des alliances, sans perdre les ficelles non plus.

C'est clairement un roman élégant, à l'univers finement ciselé et aux rebondissements tardifs (mais qui donnent envie de plonger dans la suite). La découverte du monde feyrique se colle au pas de l'héroïne. De façon méticuleuse, sans excès. Cela peut sembler parfois un peu traînant, mais j'aime à penser que cela permet d'ouvrir une perspective explosive dans les derniers chapitres.

Petite précision, Ivy est affublée d'un masque car elle est porteuse d'une malédiction. Quiconque aperçoit son visage, d'une grande beauté, est hélas frappé de mort soudaine. Que ne donnerait-elle pas pour briser cette fatalité ? ... En attendant, l'exploration de ce monde trompeur et perfide se déguste. C'est sombre et vénéneux. Les multiples références m'ont également fait penser à la saga de Julie Kagawa. Hmm, cela me donne maintenant envie de la relire. 

Si la couverture, sublime et envoûtante, vous tente, alors n'hésitez pas ! Le titre est disponible dans l'abonnement audible. Pour moi, cela a été une très bonne découverte ! 

©2022 Edi8 (P)2023 Audible Studios

⭐⭐⭐⭐

9 novembre 2022

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (Harry Potter #6), de J.K. Rowling

Harry Potter 6Qui se cache derrière le Prince de Sang-Mêlé ?

Dans ce sixième tome, on brasse les souvenirs et le passé des personnages comme Severus Rogue, Albus Dumbledore, Tom Jedusor ou Horace Slughorn. Des destins se jouent. Les Horcruxes pointent leur nez. Drago porte le poids du monde sur ses épaules. Mais surtout, Harry est amoureux. Et c'est pour de vrai, cette fois.

Bien sûr, la fin est déchirante. Si vous vous souvenez du film, sachez que la scène est incroyablement bouleversante dans le livre. Cette relecture a donc été productive. J'ai été embarquée par les 21 heures d'écoute - Dominique Collignon-Maurin calque son jeu sur celui de B. Giraudeau. Parfois, c'est usant mais l'intensité dramatique est si forte, si poignante, qu'on oublie tout le reste !

- Tu sais, par moment, j’oublie combien tu as grandi. Par moment, je vois encore le petit garçon dans le placard. Pardonne ma sensiblerie, je suis un vieil homme.
- À mes yeux, vous êtes resté le même.
- Tout comme ta mère, tu as beaucoup de cœur, une qualité que les gens sous-estiment trop souvent, je le crains.
L'univers magique créé par J.K. Rowling révèle sa fascinante complexité dans ce sixième tome. Dès les premières minutes d'écoute, ce livre audio va vous embarquer dans la plus grande aventure de tous les temps. 
Harry : C’est Malefoy qui a ensorcelé le collier.
McGonagall : Il s’agit d’une accusation très grave, Potter !
Rogue : En effet ! Votre preuve ?
Harry : Je le sais, c’est tout.
Rogue : Vous le savez, c’est tout ? Une fois encore, on est stupéfié par vos dons, Potter. Des dons que les simples mortels ne peuvent que rêver de posséder. Comme ça doit être fabuleux de savoir qu’on est l’élu.

©2005 J.K. Rowling (P)2017 Gallimard

⭐⭐⭐⭐⭐

16 novembre 2021

Devious (Sinners #2), de L.J. Shen

Devious

Systématiquement, il faut que je tombe amoureuse des héros de L.J Shen ! J'aime ses personnages déglingués, qui se comportent en mâle alpha et qui n'ont que le sarcasme en bouche. Et quand ils se montrent romantiques, à leur sauce, c'est chaud bouillant.

Alerte rouge. Moi, je succombe. 😄

Dean Cole ne fait pas exception à la règle. Pourtant, c'est un alcoolique notoire. Amateur de joints. Accro au sexe. Sauf qu'il n'y a qu'une femme qui compte dans sa vie et qu'elle lui est inaccessible depuis onze ans !

Rosie LeBlanc (la petite sœur de Millie) est aussi gravement malade. Elle vit à New York, loin de sa famille, pour avoir le sentiment qu'elle peut mener un semblant de vie normale. Loin de l'attention excessive des parents. Elle n'en demeure pas moins lucide sur son avenir sentimental et n'envisage aucune relation sérieuse pour l'instant.

Sa rencontre avec Dean vaut tout un roman ! Le timing n'est jamais le bon. Mais lui ne lâche rien et veut sa Rosie dans sa vie. Il va donc la conquérir comme le butor qu'il est. Elle va lui tenir tête jusqu'au jour où elle lui concèdera enfin une place dans son univers rabougri.

HAN.LA.LA. C'est tout plein de frustration, de désir, de colère et de passion. 😩

Après ça, j'ai très envie de replonger dans Broken Knight pour reprendre une dose d'émotions fortes et de retrouver celui qu'on nous présente déjà « avec du style, un air canaille, et qui enchaînait bêtise sur bêtise, le tout enveloppé dans un sourire d'ange innocent. »

😍😜

©2019 Harlequin (P)2021 Audible Studios

  • Lu par : Paul LafleurSandie Chaton
  • Série : Sinners, Volume 2
  • Durée : 11 h 42
  • Concernant le livre audio, j'ai bien aimé la voix masculine qui colle avec la personnalité du héros. je suis moins emballée par la version féminine (prononciation parfois hasardeuse des mots anglais). 

⭐⭐⭐⭐

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