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Chez Clarabel
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13 mai 2009

L'histoire de Clara ~ Vincent Cuvellier

Illustrations de Charles Dutertre

histoire_de_claraClara est un bébé juif né pendant la guerre. Quelques mots qui annoncent la couleur...
La particularité de cette histoire est d'être composée de plusieurs textes qui donnent voix à différents narrateurs, créant ainsi une ambiance nouvelle, chaque histoire s'influençant d'une couleur unique, d'une langue qui n'est jamais la même, entre le ton radoteur d'une vieille dame, la parole espiègle d'une bonne soeur gourmande, l'argot paysan d'un bonhomme dans sa ferme, le babillage insensé d'une sorcière folle etc.
On commence l'histoire par une berceuse, il s'agit de la maman de Clara, elle se cache avec sa famille, grapille quelques heures de bonheur avant l'arrestation. L'enfant est sauvé in extremis, et de fil en aiguille le bébé dans son couffin sera confié entre de bonnes mains. Objectif commun : la protéger des griffes du Mal.
L'histoire rebondit sans cesse, le destin de Clara est sur la corde raide, mais chaque rencontre vaut son instant d'amour, de gloire, de tendresse, de détresse, d'incompréhension, de révolte... Le passage avec le soldat allemand, par exemple, est intéressant (et romanesque) puisque l'homme répète sans cesse « Je croyais pas que je venais faire la guerre à des enfants ». La boucle est bouclée lorsque les dernières notes de l'histoire retentissent sur la berceuse entendue au début...
Avec simplicité, Vincent Cuvellier parvient à nous raconter la guerre, l'injustice et l'ignominie. Pour cela, pas besoin de sortir les violons pour faire pleurer dans les chaumières, il suffit d'un sourire enchanteur et des yeux de bébé qui posent sur le monde un regard rempli d'inquiétude, de reproche et de colère. L'histoire se veut également drôle, et pleine d'espoir. Sans dévoiler la fin, elle nous offre un joli tableau de douceur et de silence. C'est une très belle histoire, un ouvrage qui salue la complicité entre Vincent Cuvellier et l'illustrateur Charles Dutertre, rappellez-vous de La première fois que je suis née ...

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2009  - 65 pages  -  13,50€

Je n'ai pas d'idée pour l'âge à conseiller, dans mon cas je l'ai lu à voix haute à ma fille, elle a neuf ans, et je pensais qu'elle était encore trop jeune. Je me suis totalement trompée, cette histoire a su la toucher et lui parler, même si elle est encore ignorante sur la thématique de la déportation des juifs. (J'ai trouvé dommage, par exemple, qu'en classe sa maîtresse d'école n'explique pas pourquoi le 8 mai était un jour férié, que signifiait l'armistice, et à quoi cette date correspondait, sans tomber dans le didactique, mais au moins pour informer cette jeune génération.) Il y a beaucoup de texte dans ce livre, avec parfois un vocabulaire ou un ton qui demandent un accompagnement. En quelque sorte l'histoire se présente comme une leçon sans prétention qui pourra interpeller l'enfant, l'inviter à réfléchir et - pourquoi pas ? - poser quelques questions. Je me suis rendue pour la première fois au Mémorial de Caen avec ma fille qui avait 7 ans. C'était un peu jeune. J'ai tenté de lui expliquer la guerre, à travers l'histoire de mes grands-parents, parce qu'il y a des choses incroyables à dire, mais c'est encore neuf et innocent dans sa petite tête... Mais je pense qu'il est bon de proposer des ouvrages sur la guerre et la Shoah, il y a différentes façons d'en parler et c'est un devoir de mémoire. Surtout.

A lire :   l'explication par Vincent Cuvellier lui-même sur la naissance de ce livre 

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6 mai 2009

La fée coquillette et le croco-baigneur

Par Didier Lévy et Benjamin Chaud

fee_coquillette

J'ai dans le coeur et la tête une comptine, qui dit ceci :

Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles
sur les bords du Nil ils sont partis n'en parlons plus
Ah les crocrocro, les crocrocro, les crocodiles
sur les bords du Nil ils sont partis tout est fini

(pour vous la rappeler, cliquez ici)

Je n'aime pas les crocodiles, j'ai été traumatisée quand j'étais petite en regardant les films de Tarzan avec Johnny Weissmuller, il y avait toujours ces vilaines bestioles qui filaient vers un radeau en détresse et croquaient un petit africain, ou s'il survivait celui-ci finissait victime d'un gorille ou d'un lion, c'était récurrent dans Tarzan !

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*****

Bon heureusement dans la Fée Coquillette, nous sommes loin des images sanglantes et tortionnaires ! ;o)

Notre croco a l'oeil sympathique, la gueule fermée et la queue basse ! Son dilemme : il ne sait pas nager, il a peur de l'eau et il ne veut pas que ses camarades l'apprennent. Serviable et attentionnée, la fée coquillette compatit et lui offre un super pédalo rutilant et technique, mais le croco se fâche. Il VEUT apprendre à nager, comment faire ? La fée coquillette non plus ne sait pas. Serait-ce sa première colle dans sa jeune carrière ?

Solution immédiate : se rendre dans la Grande Bibliothèque de la Jungle. Emprunter un manuel de natation. S'exercer sur un tabouret. (Au diable le ridicule !) Suivre à la lettre les consignes. Mais peu à peu toutes sortes de bestioles viennent profiter du spectacle, pouffent et ricanent sans se retenir. Bien entendu le crocodile s'agace. Il peste et il menace. Vous croyez que ça fait peur un croco avec un bonnet de bain sur la tête ? Non.

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Imperturbable fée Coquillette...

L'entraînement va se poursuivre, on rigole toujours autant. Le crocodile, cette immonde créature qui d'habitude sème la terreur, devient le point de mire des petites animaux de la jungle qui s'en donnent à coeur joie. Vengeance, vengeance. Moi aussi, j'ai bien ri. (Je me venge de mes longues années de terreur !) ;o)  Le croco patauge dans une bassine, il a sorti tout l'attirail (bouée, frite, brassards) et la semaine passe, toujours aucun résultat. C'est un gros nul, nous sommes d'accord. La fée coquillette est prête à jeter l'éponge, puis pense qu'un meilleur professeur pourrait aider le croco qui a peur de l'eau. La rencontre est explosive : le crapaud a peur du croco ! La fée coquillette commet une bourde du tonnerre, et là ...

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Il faut découvrir les albums de la fée Coquillette, c'est bourré de couleurs, les couvertures ont des petites paillettes et des étoiles (attraction fatale pour certaines demoiselles !) et les aventures ne manquent ni d'humour ni de rencontres étonnantes. Il faut regarder les détails, surtout la trombine de la fée coquillette, ça vaut le détour !

* Albin Michel jeunesse, 2009 / 12€ *

l'avis de gaëlle

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La fée coquillette figure parmi les personnages fétiches de la maison, au même titre que Pomelo, Rita et Machin, l'inspecteur Lapou, Apolline et M. Munroe, Bogueugueu, Oscar et Arabella, et Zoé tout court ... C'est un cercle très prisé. Pour s'y inscrire, merci de déposer les demandes et de prendre patience.

**********

9 mai 2009

Unis pour la vie ~ Guus Kuijer

unis_pour_la_vieUn roman qui vous parle d'amitié, d'amour et de vie. Pauline a onze ans, elle voudrait devenir poète, elle a déjà le talent pour exprimer en quelques mots ce qu'elle ressent, et croyez-moi sa vie n'est pas rose : elle vit seule avec sa maman, une femme de caractère, qui vient de s'enticher de l'instituteur de sa fille. La honte ! A l'école, Pauline vient de rompre avec son amoureux, Mimoun, parce que ses parents l'ont promis à une autre. Une histoire de religion. C'est compliqué, absurde et archaïque. Pauline réfléchit... Chez ses grand-parents, à la ferme, elle apprend la prière mais n'y croit pas du tout. Elle préfère se cacher dans le foin et dormir contre sa vache qui a mis bas un veau qu'on baptise... Pauline. Drôle d'idée. Le papa de la jeune fille, Spiek, est un original. Il a refait sa vie mais n'a pas renié ses vieilles habitudes de junkie et de loser, du coup il se fait la malle, c'est un pauvre type. Il saoûle franchement, il embobine sa petite fille, elle a du mal à tourner le dos à ce papa qu'elle aime bien. Bah oui. C'est aussi un poète mais il est incompris et maudit. Pauvre chou. Sa mère aussi est en pleine crise, elle a des mots avec son cher Walter, qui est prié de prendre la porte. La fin d'une belle aventure ? La suite est à lire dans La vie, ça vaut le coup.
Un livre avec des illustrations et des poèmes, pour les enfants qui savent déjà lire comme des grands.
Au début, c'est drôle et charmant. Les sujets abordés sont multiples, sensibles pour la plupart (séparation, famille recomposée, racisme, drogue, homosexualité, amitié, fugue...), c'est peut-être le point faible de ce petit livre qui s'éparpille trop. Toutefois la légèreté et la gravité nous offrent un joli pas de danse pour dérider les mines fâchées.
Ai bien aimé le ton. Ze poursuis ma belle lancée !

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, 2003 - 150 pages - 9€
Traduit du néerlandais par Maurice Lomré.
Illustrations de Alice Hoogstad

Illustration de couverture : Anaïs Vaugelade

En savoir plus sur l'auteur

29 avril 2009

Chouette, une ride ! ~ Agnès Abécassis

Dix ans dans la tête, ça fait dix ans que je te guette, ma première ride... Dix ans c'est flippant, comme le premier cheveu blanc.

Dix ans plus mon âge, j'encaisse encore davantage, ma première ride... Rien n'est comme avant, teinture, pot d'crème, traitement... voilà ma première ride.

chouette_une_ride

Anouchka Davidson est auteur (célèbre) de romans d'épouvante, elle travaille chez elle, mais elle commence à s'ennuyer ferme. Ras-le-bol du ménage, de la cuisine, des enfants et du mari, Anouchka a trente-six ans, et elle comprend par des remarques mesquines que le temps file à ses côtés et qu'elle ne s'en est pas rendue compte. Il est temps de changer de peau, en profitant d'une invitation pour un mariage, Anouchka s'envole avec son amie et voisine Clotilde pour des petites vacances relaxantes, ou revitalisantes, du moins le croit-elle.

Ne vous attendez pas à une recette miracle, sauf celle de se dire que le rire est la meilleure arme pour sauver toute situation critique ! Les frasques d'Anouchka, jeune femme moderne, bavarde, pleine d'énergie, sont racontées avec beaucoup d'humour et d'insouciance. Comme elle, on se pose les mêmes questions sur le temps qui passe, sur le quotidien qui vous englue dans sa routine, sur les enfants qui grandissent et deviennent des ados indécodables, sur la légèreté de paraître, sur le constat flippant, un matin, de se réveiller avec cette ride aux yeux, et de vouloir vous reprendre en main, vous offrir une escapade pour chasser la morosité qui vous gagne !

La solution offerte : se dire qu'il n'existe pas d'âge meilleur qu'un autre, que chaque décennie comprend son lot de bonnes et mauvaises choses, le principal serait juste de vivre l'instant présent et d'apprécier son âge comme une cadeau du ciel ! (Promis, demain je m'y mets !)

Blague à part, j'ai trouvé ce roman distrayant, même si l'héroïne est parfois saoulante, avec des situations qui traînent un tantinet en longueur, mais cela n'a nullement gâché mon plaisir. J'ai ri, n'est-ce pas le principal ?   ;o)

Mon mantra du moment : « En quoi une petite ride empêche-t-elle de vivre ? L'âge n'est pas une maladie, au contraire, c'est la récompense d'être parvenus à exister. »

Calmann-lévy, 2009 - 255 pages - 17€

Le site de l'auteur : http://www.agnesabecassis.com/  (qui déjà donne le ton)

l'avis de Loulou 

Des petites chansons qui me collent à la peau... :)

 

17 juin 2010

En route pour l'avenir

L'instant est émouvant : il s'agit de mon tout premier roman de Sarah Dessen. Depuis le temps que je croisais son nom sur les supports, que les couvertures de ses romans me tapaient dans l'oeil, que sa réputation me chantait une douce mélodie à l'oreille, bref l'heure était venue pour moi de faire sa rencontre. Grosse, grosse pression.

En_route_vers_lavenir

Cela a d'ailleurs failli me coûter car, non contente de ne pas accrocher à cette couverture, j'ai aussi trouvé le début peu enthousiasmant. On y présente l'héroïne, Auden, une jeune fille de dix-huit ans qui a brillamment réussi dans ses études. Elle envisage d'ailleurs de passer l'été chez son père à bûcher comme une dingue pour sa rentrée à l'université. A Colby, petite station balnéaire, Auden doit cohabiter avec la nouvelle épouse de son père, Heidi, et leur nouveau-né qui pousse des cris stridents jour et nuit. Auden n'est pas un personnage très sympathique, elle est horriblement snob, méprisante, porte des jugements sur tout, pense que s'investir socialement n'est qu'une perte de temps et d'ailleurs elle ne s'abaisse guère à fréquenter les jeunes de son âge.

Et puis, les choses lentement se mettent en place. Auden va bosser tous les soirs sur la comptabilité de Heidi, propriétaire d'une boutique de mode, où travaillent également Maggie, Leah et Esther. L'entente est d'abord glaciale, Auden se doit de faire son mea culpa car elle a osé flirter avec l'ex de l'une d'entre elles, et puis les filles vont lui paraître beaucoup moins frivoles et futiles. Leur solidarité féminine commence à la griser, Auden va peu à peu se joindre à leurs activités et s'ouvrir au monde qui l'entoure. La jeune fille a aussi un secret : insomniaque depuis des années, elle tue le temps au volant de sa voiture ou dans un café qui reste ouvert toute la nuit. C'est comme ça qu'elle va rencontrer Eliot, lui aussi ne peut pas dormir, lui aussi a le regard voilé par des démons, lui aussi a des soucis. Ensemble, ils vont beaucoup discuter, faire des courses, se rendre dans un Lavomatic, manger des parts de tarte et boire du café. En confiant qu'elle a tout échoué sur le plan social, Auden va s'engager dans une quête du temps perdu initiée par Eliot.

Finalement, j'ai vraiment beaucoup aimé lire ce roman. Je m'y suis sentie très à l'aise, confiante et heureuse de partager cette chère complicité qui unit la petite bande de Colby. De plus, ce sont les vacances, le rythme est nonchalant, on apprécie de suivre ce train-train ponctué d'instants ordinaires, touchants et nostalgiques. Sarah Dessen a vraiment su me séduire, tant son univers est doux, réconfortant, traité avec justesse, sans mièvrerie. Les lecteurs peuvent s'identifier aux personnages non sans mal, l'histoire est franchement réaliste et le tout est raconté avec simplicité et beaucoup d'authencité. Je comprends maintenant pourquoi cet auteur remporte toute l'adhésion de son public ! Je relirai très prochainement ses autres livres. 

En route vers l'avenir ~ Sarah Dessen
Pocket (2010) - 440 pages - 18 euros
traduit de l'anglais (USA) par Véronique Minder

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14 juin 2010

L'été où je suis devenue jolie

Je me suis demandé si les amours d'enfance mouraient toujours ainsi, lentement d'abord, dans un sanglot, avant de s'évanouir comme ça, d'un coup.

Jenny_Han

L'été où je suis devenue jolie, roman de Jenny Han, est un livre sur l'été et pour l'été. J'avais ce bonheur, en le lisant, de ressentir la chaleur des rayons du soleil, de savourer l'eau qui glisse sur le corps, des bains de minuit, du sable qui file entre les doigts, de l'huile qu'on applique sur la peau, du ronronnement de la mer, de la fraîcheur du thé ou de la grenadine... C'est un avant-goût appréciable. L'histoire aussi est pleine de charme et ne manque pas de nous renvoyer vers l'été de nos quinze ans.

Belly, devenue une vraie beauté, retrouve ses amis d'enfance, Conrad et Jeremiah, avec lesquels elle a toujours passé ses vacances dans leur maison près de la mer, à Cousins Beach. Depuis ses dix ans, Belly est amoureuse de Conrad mais n'a jamais osé lui avouer ses sentiments. Et cet été, particulièrement, promet d'être différent pour l'adolescente : son corps a changé, l'attitude des garçons aussi, leurs mères ne cessent de faire des messes basses, Belly s'ennuie, elle rencontre Cam, tombe amoureuse mais se fâche avec Conrad qui a choisi de saboter leurs vacances. Il boit, il fume, il est taciturne, il repousse Belly alors qu'il ne digère pas sa relation avec un autre, et au milieu, Jeremiah, charmant, drôle, séducteur...

Au début, j'avais peur de me sentir une intruse au sein de cette famille, riche en souvenirs, soudée par des liens d'amitié et solidaire face à toutes les épreuves de la vie. Heureusement, l'histoire se déploie joliment, nous ouvre les pans du passé en sélectionnant quelques échantillons d'autres étés, et ainsi on les accompagne en toute confiance, on trouve progressivement sa place et on vit à leurs côtés, partageant leurs rires, leurs larmes, leurs colères, leurs doutes. C'est un roman touchant, juste et attachant, où l'on parle d'amitié et d'amour, de la vie vie qui change, de la douleur de grandir, de l'instant présent et fragile, de la confiance qui vacille et des certitudes qui perdent de leur superbe. C'est un roman qui se lit en quelques heures, et qu'on quitte à regret en souhaitant très vite lire la suite pour retrouver Belly au coeur de son propre tourbillon de la vie. 

Le deuxième tome (oui, il s'agit d'une trilogie) s'intitule It's Not Summer Without You. Cette lecture m'a aussi fait beaucoup penser à Toi et moi à jamais de Ann Brashares.

J'avais d'ailleurs noté cette citation à l'époque, et je la trouve également parfaitement adaptée au roman de Jenny Han, "L'amour peut-il durer toute une vie ? Peut-il passer indemne de l'enfance à l'âge adulte en survivant aux tourments et aux écueils de l'adolescence ? Est-il toujours le même à l'arrivée, simplement exprimé de façon différente ? Ou ces deux formes d'amour sont-elles radicalement étrangères et incompatibles ?"

Verdict : un roman adorable, qui nous prend par la main et qu'on lâche le coeur serré.

L'été où je suis devenue jolie ~ Jenny Han
Albin Michel, coll. Wiz (2010) - 300 pages - 13 euros
traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

20 avril 2009

Un bonheur insoupçonnable ~ Gila Lustiger

« Tu dois parvenir à trouver ta question. Chacun de nous a sûrement une question qui l'attend. »

un_bonheur

Plus que le texte, c'est l'esthétique du livre qui vaut le coup d'oeil : la couverture ravissante, les illustrations d'Emma Tissier, quasiment à toutes les pages... bref c'est un petit bonheur à feuilleter. L'histoire en elle-même est du tonneau 'roman philosophique' pour enfants sages et parents attentifs.
On y découvre au centre M. Grinberg, cinquante-huit ans, un peu corpulent, le front dégarni. Il vit seul, avec son chien Holstein. Il n'aime pas les enfants, mais les supporte. Tous les jours il se rend au parc pour lire son journal et rencontre un petit gars du quartier, Paul, qui s'est fait la malle. En fait le garçon est fâché, lui qui vénère sa grand-mère, avec qui il passe des heures à jouer au Petit Bac, il vient d'apprendre qu'un jour elle va partir au ciel, et cette fois ce n'est pas un mensonge (la grand-mère est une experte !).
Dans la vie de M. Grinberg, il y a aussi l'amour qui s'ignore, en la personne de Mirabella, sa femme de ménage depuis quatre ans. Un poignet foulé, des vacances en Italie, et les papillons grouillent dans le ventre.
Mais l'homme est lent à la détente, et n'est pas du genre à s'épancher, ni à se dévoiler. Comment la flèche de Cupidon pourra-t-elle atteindre sa cible ?
Doigs croisés, bouche en coeur, on devine l'issue de cette comptine doucereuse, charmante, légère comme une plume, qui plaira aux petits et aux grands. Dans cet ouvrage, les bambins ont également la part belle. En plus de Paul, on trouve aussi Mathilda, Lucas, Simon et Juliette. On l'ignore peut-être, ou on l'oublie trop vite, mais ça tourbillonne vite et souvent dans le ciboulot, d'où l'existence du fameux Livre des Questions ! On se le confie en douce, on se donne du coude, on cligne de l'oeil, on se comprend.
De cette lecture, je n'en retiendrai finalement pas grand-chose, même si j'ai pris grand plaisir à la parcourir. Depuis longtemps, je n'arrive pas à être sensible à la plume de Gila Lustiger. Encore une fois, cela s'est prouvé. Ce n'est pas que ce soit mal écrit, c'est juste que cela ne me touche pas. J'ai trouvé l'idée du roman agréable, l'ensemble original et drôle, mais je ne classe pas ce livre parmi mes favoris.

Stock, 2008 - 190 pages - 17€
traduit de l'allemand par Isabelle Liber
illustrations réalisées par Emma Tissier

J'aime beaucoup ce qu'en dit la quatrième de couverture :

Ce roman philosophique, truffé d'anecdotes, de notes, de maximes, de dogmes et de leurs contraires a pour sujets le bonheur, les oreilles décollées, Dieu, un mystérieux livre, l'éducation des chiens, la gourmandise, la mort, les règles du poker, les étrangers, la force de l'amitié et ce qu'on appelle, à tort ou à raison, « la magie de l'amour ».

Lu (dans mon bain) pour le prix de la révélation littéraire auFeminin.com   logo   

21 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs !

 

 

 

Ça va valser - Guillaume Guéraud

ca_va_valserLe grand-père Léonine est un phénomène : il a soixante-dix neuf ans, c'est un ancien révolutionnaire, il a connu le Mexique, l'Argentine, la Chine et il a braqué des banques pour aider la guerilla du Che. Aujourd'hui, rangé et veuf, il vit auprès de sa famille qu'il pousse à partager sa passion de la danse. En fait, grand-père Léonine est champion de valse. Chaque année, il se rend au concours national, avec son beau smoking et sa partenaire de danse, qu'il juge trop bourgeoise. Cette fois-ci, un problème se pose : le rendez-vous a lieu à Vesoul, ce n'est pas la porte à côté et sa famille chipote. Trop long voyage, un peu barbant, etc. Le grand-père râle, menace, insiste. Ses proches cèdent et le voyage se prépare. Mais le trajet tourne vite en cauchemar, car grand-père Léonine a une attaque. La fin du rêve ? On se retrouve dans un service de soins intensifs, les nerfs à vif et on partage les sentiments de la famille. C'est qu'on a fini par l'aimer, Léonine ! Il est bourru, il a du caractère et il est vif, mais à soixante-dix-neuf ans c'est trop jeune pour partir. Ce ne serait pas juste, du moins. En quelques 40 pages, Guillaume Guéraud est parvenu à nous dessiner un portrait attachant d'un bonhomme extraordinaire, ancien révolutionnaire, gangster, pilleur de banque,  grand-père Léonine a vécu mille vies dont il régale son petit-fils (et le lecteur par la même occasion !). C'est un petit texte drôle et enlevé comme un pas de danse, nous avons également trouvé que les mots compliqués étaient bien expliqués (goulag, nazi, le Che...). D'ailleurs les figures révolutionnaires ne manquent pas ! 
Très accessible pour les 6-9 ans.

Thierry Magnier, coll. Petite poche, 2009 - 48 pages - 5€

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Le baiser à moustaches, de Jean-Michel Payet
illustrations de Nicolas Ryser

baiser_a_moustachesLe baiser à moustaches est un petit texte audacieux et original, car le narrateur - qui se dévoile à la fin du premier chapitre - n'est pas commun. Gregor fréquente le même collège que Coraline dont il est éperdument amoureux. Mais il n'ose pas se déclarer. Son meilleur ami Apo va lui donner des conseils pour obtenir un baiser, qui pourrait rompre le charme.
En fait, Gregor est un rat. Il pense que sa famille et lui étaient des humains auparavant et qu'ils ont été transformés par un sort, il ne s'en rappelle plus très bien. Autour de lui on pense qu'il est un peu fou car ses propos sonnent plus comme des divagations. Mais Apo le soutient, il a cru comprendre qu'un baiser pouvait transformer l'animal en être humain, pourquoi ne pas tenter sa chance ? Apo et Gregor se rendent donc chez Coraline, l'aventure est périlleuse, notre narrateur est pataud et timoré. Chez sa dulcinée, le plan d'Apo tombe à l'eau lorsque les deux amis découvrent le gros matou de la jeune fille ! 
L'amour donne vraiment des ailes, car Gregor va accomplir des miracles, comme prendre sur lui et se rendre dans le Grand Cloaque où se nichent les horribles rats noirs. Il espère retrouver la précieuse bague en améthyste qui appartenait à la grand-mère de Coraline et qui est tombée dans les égouts. Peut-être sera-t-il récompensé pour ses efforts et sa témérité !
La fin est mignonne, car elle est inattendue. L'histoire aussi ne manque pas de rebondissements, et les ratons ont un capital sympathie qui les rendent presque craquants ! (Le baiser, à la fin... brrr !)
Un texte assez dense, abordable pour les lecteurs confirmés dès 7-8 ans.

Une première version de cet ouvrage a paru en 2007 dans le magazine DLire.

Milan poche, cadet +, coll. tranche de vie, 2009 - 62 pages - 5,90€

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Pas de vacances pour Kiki ! - Bruno Heitz

kiki_2Le lecteur retrouve la famille de Kiki le hamster. Cette fois-ci, sa jeune maîtresse et ses abominables parents cherchent à partir en vacances pour pas cher. Une idée germe dans les pauvres cerveaux de ces géniteurs bêtes et méchants : profiter de l'hospitalité du correspondant de leur fille.
De l'art de confondre Dol en Bretagne et Dole dans le Jura.
De l'impertinence avec un hamster qui ronge tout ce qu'il trouve, qui vit caché dans un tiroir et qui envoie des mails codés en pleine nuit.
Des illustrations simples, en noir et blanc, très épurées.
De l'humour, surtout, pour croquer des personnages râleurs et glandeurs, et une petite fille qui prend la poudre d'escampette pour se réconcilier avec son "corresse".
A glisser dans une poche, cette BD a un format microscopique, et c'est sympa comme petite histoire ! A lire sous plusieurs degrés, petits et grands vont apprécier.

Thierry Magnier, Petite Poche BD, 2009 - 5€

28 janvier 2009

A vos risques et périls - Pascale Maret

51dhocQ5DWL__SS500_Six jeunes gens ont répondu à l'annonce d'un nouveau jeu de télé-réalité, « à vos risques et périls ». Ils partent sur une île déserte, avec leur baluchon, et doivent subir des épreuves pour remporter le pactole. Mais le programme tv connaît un gros bouleversement lorsque des rebelles prennent en otage les candidats. Ce qui passait, au démarrage, pour un roman sauce Koh-Lanta a finalement pris une autre tournure, plus politique (mais pas rébarbative). C'est comme une coupure dans le roman. Avant cela, l'auteur offre une critique réussie des nouveaux programmes à succès que sont les émissions de télé-réalité. Cela n'a rien à voir avec le coup de bâton, c'est plus subtil car l'auteur pigmente son texte de beaucoup d'humour pour décrire l'appât du gain, l'hypocrisie et les calculs. Les traits des personnages sont grossis exprès, on trouve la fille trop grosse, la cruche blonde et jolie, la black sans peur ni reproche, l'aristo coincé, le beur de cité et le pote sportif. L'histoire est racontée par différents narrateurs, ce qui casse un peu la vision globale. Du coup, on lit ce roman d'une traite, on l'apprécie à sa juste valeur même s'il reste trop souvent en surface. J'aurais préféré une fin moins lisse par exemple, mais pour le reste je trouve que le roman offre de bonnes pistes de lecture aux jeunes lecteurs qui auront tout loisir de déduire ce qu'ils veulent après avoir tourné la dernière page. J'ai bien aimé, c'est sûr. J'avais vraiment l'impression de lire du Koh Lanta ! Tout y est, les sourires en façade, la crispation à venir et les gueulantes au tournant. L'humanité dans toute sa splendeur !
La couverture est déjà un indice.

Thierry Magnier (achevé d'imprimer en prime time), 2007 - 174 pages - 8,50€

les avis de Gaëlle et de Stephie

Danièle Grolier, de la librairie La Courte Échelle n'a pas du tout aimé

Cf. de la plume à l'oreille, qui reprend l'avis d'une classe de 4ème

 

 

 

 

 

 

 

A vos risques et périls, de Pascale Maret

21 janvier 2009

« moi, je dis que j'aime me toucher pour le plaisir, c'est tout »

Jeu de mains - Adeline Yzac

51ZkmX_2Bp1UL__SS500_Valantin, quinze ans, est un adolescent encombré d'un corps qui a brusquement changé du jour au lendemain. Lui si maigre est devenu grand et costaud, et sous la ceinture aussi c'est le feu d'artifice. Mais tout cela gêne un peu notre garçon, malgré tout timide et maladroit. Il est couvé par ses parents, impossible donc de leur en toucher deux mots, c'est gênant. Parce que Valantin se sent un véritable obsédé. Il aime les filles, il aime les regarder, il aime alimenter ses fantasmes, et patatras... son Pepsi, comme il l'appelle, se met au garde à vous. C'est systématique, mais source de malaise et de pudeur aussi. L'histoire commence avec l'achat d'une paire de ciseaux, mais pourquoi ? Tout au long du roman on attend du garçon qu'il nous explique, assis dans sa chambre, avec ses ciseaux à côté de lui.

C'est un livre très intelligent, qui traite d'un sujet peu commun et de façon assez explicite, sans toutefois être vulgaire. On peut y percevoir une façon de déculpabiliser l'adolescent et son rapport avec le sexe, ce n'est pas une maladie ou une perversion, c'est juste la vie. La nature. Et également l'histoire montre que ce n'est pas facile non plus d'être un garçon, « On croit toujours que c'est les filles qui sont fragiles. T'es un mec, t'as pas droit au doute. Pas droit de décevoir. Pas droit de te regarder le nombril. Et je parle même pas de te montrer délicat, tu deviens carrément suspect. » Et encore moins évident de faire comprendre aux parents qu'il faut « couper le cordon », laisser grandir, lâcher la grappe.
Un texte qui sonne très juste.

Rouergue, coll. doAdo - 2009 - 110 pages / 7€

l'avis de Vanessa (Eliabar)

 

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Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser - Jo Witek

9782020984898Bon, on voit bien que ce n'est pas facile de grandir. Physiquement, ou même dans sa tête. Xavier a 13 ans 1/2 et il vient de tomber amoureux de Mina, une jolie brune à la voix cassée. C'est la fille d'une amie de sa mère, il est fou d'elle, il en rêve la nuit et le jour il plane à dix mètres. Ses résultats à l'école commencent un peu à faiblir, il se rebelle contre sa maman parce qu'elle a commis un crime de lèse-majesté (en lavant le tshirt qui portait l'odeur de Mina). Enfin bref, on assiste à un vrai tourbillon d'émotions, de sentiments et de déclarations enflammées.

Xavier a récupéré un vieux Notebook de couleur jaune qui va lui servir de journal intime. Il y confie son récit intégral (ou presque) de son premier baiser, mais pas seulement. C'est un livre qui montre aussi le souci pour un garçon d'être à la hauteur avec l'objet de son affection. Comment embrasser, faut-il toucher les seins, dit-on je t'aime la première fois... ce n'est pas facile à 13 ans. Heureusement Xavier a un meilleur ami qui le soutient et une grand-mère passionnée de poésie qui lui parle d'amour en termes d'élégance et de sagesse. 

C'est le portrait d'un jeune adolescent impétueux et limite capricieux, fou amoureux surtout et donc excessif en tout. Heureusement c'est drôle, léger, sans prétention. Cela devrait plaire aux garçons et aux filles à partir de 12-13 ans.

Seuil, coll. karactères, 2009 - 116 pages / 8€

Le site de l'auteur : http://www.jolengagne.com/

Jeu de mains, un roman d'Adeline Yzac

Disponible dès le 22 janvier : Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser

14 février 2009

L'amour comme par hasard, d'Eva Rice - En poche ! #20

L'amour comme par hasard, Eva Rice

303109_0Angleterre, 1954. Un après-midi à Londres, Penelope Wallace rencontre Charlotte Ferris à l'arrêt de bus. C'est une vraie tornade, affublée d'un manteau vert. Ni une ni deux, Charlotte convie Penelope à prendre un taxi avec elle pour se rendre chez sa tante Clare avaler thé et scones moelleux, nappés de confiture. Penelope la suit, sans réfléchir. Elle va rencontrer Harry, le fils de la fameuse tante Clare. Le jeune homme est mélancolique, il se morfond d'avoir perdu son amoureuse, une riche américaine du nom de Marina Hamilton, qui vient d'annoncer ses fiançailles avec un prétendant beaucoup plus aisé que le pauvre Harry (qui aspire à devenir magicien). Il n'a pas dit son dernier mot et élabore un plan de prestidigitation pour duper son ancienne petite amie en affichant la candide Penelope à son bras, lors de la réception des fiançailles de la Miss Hamilton ! 

Penelope Wallace, 18 ans, est une rêveuse et une romantique, elle est mordue du chanteur Johnnie Ray, et aime feuilletter les magazines féminins. Elle vit avec sa mère veuve depuis la fin de la guerre et Inigo, son frère passionné de musique pop américaine, dans la grande demeure familiale, Milton Magna, une somptueuse maison qui tombe en ruines car les Wallace sont endettés.   

Grand best-seller dans son pays, le roman de l'anglaise Eva Rice est un monument de lecture romanesque, mais écrit avec beaucoup d'esprit et d'humour. C'est plus enlevé que de la chick-lit, mais je pense que l'histoire de "L'amour comme par hasard" puise dans le même registre : des personnages attachants, une ambiance délicieusement kitsch et des histoires d'amour qui s'amorcent, se brisent avant de se redonner une chance. En somme, c'est très plaisant.
Un petit bonheur de lecture sans prétention, et qui fait plaisir ! 

(roman lu en juin 2007)

Flammarion, 2007 / Livre de Poche, 2009 - 6,95€
traduit de l'anglais par Martine Leroy-Battistelli

6 février 2009

Miracle à Speedy Motors - Alexander McCall Smith

« Raconter une histoire, comme tout ou presque dans cette vie, était toujours plus facile avec une tasse de thé entre les mains. »

61DjQUPgkUL__SS500_Je quitte le climat islandais, glacial et giflant, pour une destination plus exotique, plus chaude. En route pour le Botswana ! Il est temps de faire connaissance avec la célébrissime Precious Ramotswe, détective privée de son état. Autant dire que j'ai adoré ! C'est une femme pétillante, attachante, une femme intelligente, aimante. Elle est attentive, reçoit toutes les lettres de doléances de ses semblables, qu'elle lit scrupuleusement. Elle ne rechigne jamais à venir en aide, comme cette femme, Mma Sebina, qui recherche sa famille qu'elle ne connaît pas. Elle pense avoir été adoptée, mais sa mère est morte et a soufflé à l'infirmière qu'elle n'avait pas eu le temps d'annoncer une nouvelle très importante à sa fille. C'est comme chercher une aiguille dans une meule de foin ! Allez, une tasse de thé rouge et la journée peut commencer. Celle-ci s'annonce radieuse si Mma Makutsi, son assistante, pousse la porte de l'agence avec un sac de beignets. Mais c'est plus délicat si nous ne sommes pas un vendredi, car cela sous-entend que Mma Makutsi, avec ses grosses lunettes, a des soucis - probablement liés à ses récentes fiançailles. Qui sait ? Mma Makutsi n'est pas une femme commode, il faut du tact et de la patience pour la cerner. Le temps aidant, peut-être notre dame va s'adoucir et se mettre à parler... Mma Ramotswe refuse de s'inquiéter. Il faut dire aussi qu'elle a d'autres ennuis, comme de recevoir des lettres d'insultes dans son courrier pour l'agence. Elle s'en ouvre à son cher Mr J.L.B. Matekoni, qui pense très franchement que la plaisanterie a assez duré et que Mma Ramotswe doit cesser son activité de détective. C'est devenu trop dangereux.

Il faut savourer cette série, elle est reposante, dépaysante aussi. On y trouve, en plus de la douceur, du charme, du doigté, du flegme, de la sagesse. Des personnages hauts en couleurs. Des situations parfois burlesques. Des descriptions sur le décor botswanais, à couper le souffle. Des détails sur la culture africaine. Des réflexions sur les femmes, les vraies héroïnes, celles qui pourraient aider le continent, en pleine évolution, à se relever. Question enquête, il ne faut pas s'attendre à de l'action ni à du rebondissement en pagaille. C'est plutôt calme sur ce plan-là. Après, il faut savoir ce qu'on attend, ce qu'on cherche et ce qu'on espère. Je ne crois pas me tromper en affirmant que la série Mma Ramotswe est un vrai panier de fruits (ça donne la banane, la pêche etc.). C'est simple comme bonjour, et ça vous fait chaud au coeur. Vous allez en boire des litres de thé rouge à suivre ces aventures pleines de sourire ! C'est une série doudou !!! Foncez.

10-18, Coll. Grands Détectives, 2009 - 253 pages - 7,40€
Traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

La série Mma Ramotswe comprend :

  • Mma Ramotswe Détective
  • Les larmes de la girage
  • Vague à l'âme au Botswana
  • La vie comme elle va
  • Les mots perdus du Kalahari
  • En charmante compagnie
  • 1 Cobra, 2 Souliers et beaucoup d'ennuis
  • Le bon mari de Zebra Drive
  • Miracle à Speedy Motors

Tous les titres sont disponibles chez 10-18.   

15 janvier 2009

Marre du rose ! ^__^

Et pourquoi dans la vie faudrait-il forcément faire ou ne pas faire ceci sous prétexte que c'est un truc de filles ou un truc de garçons ? Et qu'est-ce qui détermine les codes ou les règles à suivre ? Et pourquoi le rose est pour les filles, le bleu pour les garçons ? N'aurait-on pas le droit de tout bouleverser, de faire ce qu'il nous plaît ?

A bas les diktats, qui sont d'ailleurs écrits par qui ? On ne le sait plus, à force de nous les rabâcher, on oublie qui a commencé, et pourquoi, et comment... Voilà pourquoi l'héroïne de Nathalie Hense a choisi de crier :

Marre du rose !

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Marre du rose, c'est l'histoire d'une petite fille qui est un peu garçon manqué. Elle aime le noir, grimper dans les arbres, elle n'a pas peur des araignées, elle aime les dinosaures et les grues. Par contre, elle n'aime pas les tralalas de princesses, les rubans et les poupées. Et elle n'aime pas le rose.

Cela brise les idées reçues, aborde certains tabous (les garçons qui jouent aux poupées, par exemple). Et d'ailleurs, l'expression « garçon manqué » est injustement réductrice. Pourquoi « manqué » ? C'est un peu comme « raté ». La petite fille proteste, « moi, je trouve que je suis une fille réussie, même si je n'aime pas le rose. Ça m'est égal... On n'est pas obligé. ».

Tout simplement.

*** Un album qui remet les pendules à l'heure, qui raconte qu'être fille ou garçon ne veut pas dire forcément que c'est « comme ça ». On a le droit de faire comme il nous plaît ! D'ailleurs, cela signifie quoi, « comme ça » ? Des modes et des recettes, s'il vous plaît. ***

Très belles illustrations d'Ilya Green, que nous avions déja remarquées dans les aventures de Strongboy (le tee-shirt de pouvoir).

Marre du rose, texte de Nathalie Hense - illustrations de Ilya Green
Albin Michel jeunesse, 2009  /  10,90€

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Après cette lecture, j'ai aussitôt pensé à un autre texte écrit par Susie Morgenstern, en collaboration avec Jacqueline Duhême (par ses gravures en noir et blanc). Son titre : Comme il faut.

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Pour satisfaire le souhait de sa petite-fille de trois ans, une grand-mère s'est investie d'une mission qui se révèlera casse-tête : trouver « une poupée comme il faut. Une poupée garçon grand et costaud ». Parce que ce n'est pas si facile, les magasins de jouets rengorgent de poupons à la pelle, mais ils n'ont pas l'objet du désir, soit « un vrai garçon », qui cache son petit trésor sous la couche.

Il ne faut pas prendre les enfants pour des idiots ! Dès leur plus jeune âge, ils ont très bien compris les mystères de leur corps, ce qui les distingue du sexe opposé. Que dire de l'hypocrisie de notre société qui tente de camoufler, et de proposer des objets asexués ? L'histoire montre aussi une certaine critique de la consommation à outrance, notre société croit qu'elle peut répondre à tous les désirs, alors qu'elle ne propose qu'une représentation standardisée et édulcorée de la réalité. Une réalité « comme il faut ».

Ces deux histoires prouvent qu'il faut que ça change !

Comme il faut, texte de Susie Morgenstern / illustrations de Jacqueline Duhême
Le rouergue, coll. Varia /  13€

27 décembre 2008

A tout jamais - Nicholas Sparks

Ohlala ! Cette couverture, ce titre, cet auteur américain prolifique... beaucoup de niaiserie droit à l'horizon, et je mords à l'hameçon. Mais pourquoi ? Il a fallu un film découvert et apprécié récemment pour que je m'intéresse à cet auteur américain, Nicholas Sparks. Le film en question est celui de Cassavetes, The Notebook, adapté du roman "Les pages de notre amour". J'ai été purement fascinée, j'ai adoré cette histoire d'amour et je me suis dit qu'une telle adaptation s'est nourrie d'une bonne intrigue, et donc que les livres de l'écrivain ne devaient pas être dénués d'intérêt... Alors j'ai choisi parmi son importante bibliographie ce titre - A tout jamais. De là à croire que j'avais bientôt entre les mains un nouveau Love Story... il n'y a qu'un pas que je ne saurais franchir. Toutefois il ne faut pas s'emballer !

418SGQ977WL__SS500_Ce roman réunit tous les ingrédients pour faire chavirer le lecteur, qui est d'ailleurs prévenu au début du roman : vous allez rire et pleurer. Pour ma part, je n'ai été concernée ni par l'un ni par l'autre. N'en concluez pas que j'ai été déçue, car l'histoire est efficace, très rapide et assez exaltante. Cela raconte une rencontre improbable, un garçon riche et soucieux du regard des autres (Landon Carter), une fille de pasteur, qui se promène avec sa bible et s'habille comme l'as de pique (Jamie Sullivan). Cette dernière dégage une humeur placide et confiante, elle semble se moquer des railleries de ses camarades au lycée. Elle est généreuse, atypique, elle agace Landon parce qu'elle est différente. Et puis, elle le choisit comme partenaire dans une pièce de théâtre. C'est important pour elle et son père, que le garçon de 17 ans a toujours eu en horreur. Pourquoi ferait-il plaisir à cette fille ? Et que vont penser ses copains ? Malgré tout, il accepte, s'embarque dans l'aventure, et il va l'inviter comme cavalière à la fête de l'école. De fil en aiguille, les deux jeunes gens passent de plus en plus de temps ensemble, apprennent à se connaître, disons surtout que Landon est surpris par la beauté insoupçonnée de Jamie. Il est séduit, s'amourache, malgré son interdiction. Jamie avait prévenu : "Promets-moi de ne pas tomber amoureux de moi."

Ce qui rend cette histoire poignante et percutante est, sans aucun doute, sa briéveté. En quelques 200 pages, le tableau est dressé. Quarante ans ont passé et Landon est à jamais marqué par ses 17 ans. Il nous raconte son histoire, qui est belle parce qu'elle est éphémère et tragique.  C'est du pur mélo, prédisposé pour le grand écran (un film est d'ailleurs sorti en 2002 : Le temps d'un automne). Je n'ai toutefois pas réussi à être pleinement touchée par le récit. C'est très paradoxal car je n'ai pas décroché de ma lecture, que j'ai dévorée en quelques heures. Et ma foi, j'en suis là à me demander ce que j'ai à ce point apprécié pour ne pas m'en détacher... car j'ai été profondément agacée par l'influence judéo-chrétienne qui se glisse entre les lignes, jugeant finalement que ça devenait gnan-gnan à la longue. Ceci me laisse perplexe, parce que j'ai aimé ce petit bouquin (qui est très, très sentimental !). C'est peut-être ça...

      Robert Laffont, 2000 / Pocket, 2002 - 214 pages - 5,90€
traduit de l'anglais (USA) par Christine Bouchareine

 

 

 

Acheter : A tout jamais

26 novembre 2008

Gossip girl & Co

Voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et je viens de terminer mes séances tv-dvd avec la saison 1 de Gossip girl ! Bouh, ça manque déjà. Je ne sais pas si cela vous parle mais c'est un 'teen drama' sur la jeunesse dorée de l'Upper East Side, soit le quartier chic de New York. Ils sont tous beaux, riches, glamour et ont des vies entre suite privée et résidence secondaire dans les Hamptons, roulent en limousine et prennent le jet privé pour un petit crochet à Monaco. Ils appartiennent à des familles huppées et issues de la jet-set qui forment elles-mêmes des clubs très privés, organisent des cotillons et autres bals de débutante avec grand tralala, leurs dressings sont remplis à ras bord, et on n'y compte que des tenues griffées, bref bienvenue à Manhattan !

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Tout de suite, c'est vrai que j'ai pensé à Sex and the City version ado. La blonde Serena n'est pas sans rappeler une certaine Carrie Bradshaw, surtout pour l'aspect fashionista. Mais stop. Carrie liquidait sa paie de chroniqueuse pour des manolo blahnik, Serena n'a cure de tout ceci même si sa garde-robe fait pâlir d'envie !!!

L'histoire : S. est de retour en ville, après une absence précipitée et mystérieuse de plusieurs mois, c'est le gros scandale relayé par la fameuse Gossip girl (qui garde son anonymat, la voix en vo est celle de Kirsten Bell ... autrement connue pour être Veronica Mars ! ^encore une série fétiche ! ^).

Ses anciens amis sont sur le pied de guerre, en particulier Blair Waldorf tenue au courant de la trahison de son ex-meilleure amie (qui a couché avec Nate, son petit ami). Blair est une garce, une sainte-nitouche, tout à la fois ! Elle veille scrupuleusement sur son apparence et son statut, toujours entourée d'une cour d'admirateurs, manipulant sans vergogne. Son grand amour, c'est Nate Archibald. Un fils à papa. Or, celui-ci est las de cette relation prude et formelle, qui est aussi poussée par leurs parents.

(Parlons-en des géniteurs... ils ne sont pas en reste dans cette vaste mascarade qui veut prétendre à une apparence irréprochable, alors que les dessous de cette élite sont laids, criblés de mensonges et faux-semblant.)

11_gossip_lgBon, sans tout dévoiler, et en zappant la série Blair-est-une-peau-de-vache, on suit avec passion l'histoire d'amour naissante entre Serena et Dan - un garçon BIEN. Toutefois il n'est pas du même milieu, il vit à Brooklyn et son père (une ancienne star du rock) a été l'amant de la mère de Serena du temps de leur folle jeunesse. Hu hu hu.

Mais il y a encore plus émoustillant, dans le scénario... et cela arrive en milieu de saison et redore le blason d'un personnage jusque là détestable. J'ai nommé : Chuck Bass. Connaissant la série, cela suffit à le présenter ! Ce type est immonde, et puis tout d'un coup il devient indispensable. Attendu au tournant. Pourquoi ?

Une scène, pour résumer :

 

 

J'avoue : je craque !

Cette série est sexy, drôle, agaçante, assez stéréotypée (mais je m'en moque). Le casting est joli, je suis assez fan des uns et des autres, même si je trouve que Serena est désespérément nunuche en fin de saison (1, je précise ! pas vu encore la 2...). Et puis la musique est excellente, branchée et bigarrée. Cela nous donne un joli packaging pour un contenu qui en vaut la chandelle !

 

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< Chuck and Blair rule ! >

 

 

 

Réflexion faite, je me dis pourtant que cette série va mal vieillir car elle est tellement basée sur son ambiance contemporaine et branchée (fringues, musique, technologie). Tout ceci ne survivra pas longtemps, il suffit de revoir la saison 1 de S&TC pour s'en convaincre (les sourcils de Carrie Bradshaw... hmm)(mais ceci n'empêche pas que je reste une très grande fan, le rétro & moi c'est pour la vie!).

A la base, cette série s'est inspirée des romans de Cecily von Ziegesar.

51QDG1998EL__SS500_J'ai voulu lire le premier tome : ça fait tellement de bien de dire du mal, en tentant de faire abstraction de la série tv. Je plaide coupable : c'est quasi mission impossible, même si des détails ci et là prouvent que les scénaristes ont cherché à se démarquer. Prenons en premier exemple que Blair ici s'appelle Olivia Waldorf. Elle vit sa vie comme dans un film, c'est une princesse, elle est calculatrice et odieuse, décrite purement comme une morveuse (!). Serena est légère, voire stupide et éthérée. Limite vulgaire. Nate est né sexy, sans aucune vanité. C'est ainsi. Chuck est beau, chaud et obsédé sexuellement. Il porte toujours une écharpe en cachemire monogrammée. Dan est pâle, hirsute et maigre comme une rock-star. Il passe son temps enfermé dans sa chambre à lire de la poésie morbide et existentialiste. Sa petite soeur Jenny est hyper timide et porte un 90D en tour de poitrine (ce détail est nettement souligné, qui puis-je ?).  Bref, tout ceci nous éloigne de nos idées préconçues par le feuilleton. C'est décevant ou frustrant, je ne sais pas choisir, mais il y a des moments où j'ai un doute sérieux sur les intentions de la narratrice. C'est très peste, ok c'est entendu, mais mesquin et horriblement grossier. Pas du tout classe ! Exemple : « Rien que de penser à Dan lui donnait l'impression d'avoir envie de faire pipi. Sous ce crâne rasé et cet affreux col roulé noir, elle n'était qu'une fille. Reconnaissons-le ; nous sommes toutes les mêmes. » Soit, il m'a fallu du temps pour comprendre que nous avions là le côté obscur de la série glam. Cecily von Ziegesar, à sa façon, présente une vérité moins rutilante, l'élite new-yorkaise sous sa face obscure et trash. Le choc est violent ! Elle s'appuie sur les ragots de bas étage, les rumeurs fausses ou arrangées. Gossip girl, la blogueuse anonyme qui colporte les faits et gestes de ses congénères, est une langue de vipère finie. Pas sûre que ce soit très aguichant. « Allez, ne joue pas les rabat-joie ! C'est sexy de commérer ! C'est bon de commérer ! Tout le monde ne le fait pas mais tout le monde devrait le faire ! » (J'ai l'impression qu'elle me parle à l'oreille - sic). Un verdict mitigé, donc. Et c'est tant pis pour moi qui me voyais déjà... (j'ai porté la même jupe que la fille à gauche sur la couverture du livre).

Fleuve noir, 2004 - 252 pages - 4,60€
traduit de l'anglais (USA) par Marianne Thirioux

La médisance, ce sont des ragots que la morale rend fastidieux.
Oscar Wilde

17 décembre 2008

quand le sentiment... (s'en mêle ou s'emmêle)

Je pense que lorsqu'on n'a pas trop le temps de lire, ou pas trop l'envie non plus de se plonger dans une histoire qui s'éternise sur une centaine de pages, je conseille de piquer du nez dans un recueil de nouvelles, parce que c'est court, c'est bien écrit, c'est le vertige de la chute et c'est aussi indiqué à des jeunes lecteurs, dans un créneau collège et plus.

51l1JThlBeL__SS500_Les 6 nouvelles de ce recueil de Hubert Ben Kemoun sont centrées sur le sentiment... sujet très large ! On y aborde forcément l'amour, un thème central et porteur, et surtout on trouve qu'on n'est jamais trop sérieux lorsqu'on a dix-sept ans (et avant aussi, et après n'en parlons pas !). C'est la petite moralité à en tirer après lecture de ce livre. Du moins, en ce qui me concerne. J'ai lu avec recul ces histoires mettant généralement en scène des adolescents qui vivent leur première histoire amoureuse et qui mettent un point d'honneur à ne rien bâcler, comme si leur vie en dépendait. A lire comme ça, c'est fichtrement drôle et cocasse. Il faut le prendre ainsi, surtout dans "Mélodie mélodrame", qui raconte la passion naissante et tourbillonnante d'un jeune couple, prêt à tous les sacrifices (piercing ou tatouage, pour ne rien nommer), et la passion s'éteint aussi vite qu'elle a pris feu. Ce n'est heureusement pas la fin du monde, mais je reconnais qu'à treize ou quatorze ans la démesure est souvent chevillée au corps adolescent !

"Sotte en auteur" est l'histoire d'une amitié et d'un secret vieux de quinze ans, quand le destin vient soudain refrapper à la porte, en un constat mi-navrant et mi-burlesque. C'est léger, c'est facile et c'est limpide. On passe à l'histoire suivante, "Cadeau de nuit", qui est plus glaçante. Une animatrice radio reçoit l'appel d'un individu qui lui raconte le départ de sa compagne, et le monologue plonge lentement dans le glauque. Un soupçon de frisson se glisse dans la mécanique ! Et on retrouve nos chers ados, en proie aux feux de leur passion, dans "Malo coeur", un élève aux résultats passables change du tout au tout et passe de longues heures au cdi pour réviser sa grammaire et ses classiques, dans le but d'éblouir la première de la classe, Bettina, qui fait battre son coeur.

Ici, l'amour est associé à la tristesse, à la trahison, à la perte. Les histoires d'amour finissent mal en général, mais d'après Hubert Ben Kemoun il n'est pas utile d'en pleurer, mais juste d'en rire ! Oui, tout à fait. Le ton abordé dans les nouvelles est purement humoristique, il dédramatise les situations tordues (seule exception, peut-être, avec "Cadeau de nuit"). L'ambiance générale est bien d'apaiser et de recoller les coeurs brisés en mille morceaux, la solution proposée serait de sourire, car comme dit Scarlett, demain est un autre jour !

Quand le sentiment - Hubert Ben Kemoun
Ed. thierry magnier, 2008 - 170 pages - 9,50€
(achevé d'imprimer sans guimauve !)

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Mais qui est Hubert Ben Kemoun ? Cet auteur prolixe publie plus d'un livre par an, il s'adresse à tous les âges, brasse tous les genres littéraires, des romans aux pièces de théâtre. Il rédige des scénarios pour la TV, des dramatiques et des feuilletons pour Radio France. Il mélange  l'humour au frisson. Le roman policier est le domaine qu'il préfère. Il conçoit ses livres comme des parcours d'apprentissage. Il aime jouer avec les mots et invente des grilles de mots croisés pour la presse. Bref c'est un caméléon ! (Et c'est tant mieux!)

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Voici enfin une très bonne idée cadeau pour vos enfants, Ton livre à écrire par le même Hubert Ben Kemoun. Vos chérubins sont de grands curieux ? Ils posent des questions sur la façon dont naît une histoire, sur comment on écrit un livre, ou sur pourquoi on pense ceci et on écrit cela, et pourquoi on écrit d'abord, comment tous ces ingrédients mélangés donnent une histoire qu'on aime, et pourquoi le livre devient l'élément indispensable dans sa vie de jeune lecteur... 

Cet ouvrage se veut donc guide et conseil, il prend la main de l'enfant et l'aide à se lancer dans l'aventure du livre, mais avant tout il parle d'écriture, d'imagination, d'idée et d'astuce. C'est très bien pensé, merveilleusement illustré par Robin, c'est un ensemble instructif et ludique. Ma fille de 8 ans ne jure que par lui !   

61ny5OIIKFL__SS400_Présentation de l'éditeur
Attention, ce livre n'est pas comme les autres. Il n'attend que toi, ta plume et ton imagination pour devenir ton œuvre, pour devenir unique... Pour toi, Hubert Ben Kemoun a planté un décor, créé des personnages et imaginé des situations. La suite t'appartient : à toi de faire vivre ces personnages pendant toute une journée. Bienvenue sur la place des Plumes, désormais c'est toi l'auteur !

Par Hubert Ben Kemoun
Illustrations de Robin
Nathan jeunesse, 15,90€

6 décembre 2008

Êtes-vous passés à côté de... En poche ! #17

Millefeuille de onze ans, d'Isabelle Jarry ?

51uFmSpLJBL__SS500_Après le refus d'un manuscrit par son éditeur, Isabelle Jarry a eu l'impression que sa vie d'écrivain s'arrêtait, cette vie qui est la sienne depuis si longtemps. "Millefeuille de onze ans" est né de cette terrible déception, du doute et de l'incompréhension d'un auteur face à l'échec.
Isabelle Jarry décide de replonger dans l'année de ses onze ans, lors de son entrée au lycée Jules-Ferry, où elle fit la rencontre de Viviane Der Tomassian, une jeune camarade aux idées révolutionnaires, figure atypique et flamboyante, qui a bien inconsciemment guidé la jeune fille vers sa "révélation" (être écrivain !).
Dans ce livre aux 46 chapitres, l'auteur fait son portrait de jeune lectrice et d'apprenti scribouillarde, forte en contemplation, entichée de grec et latin, papivore convaincue et étudiante rêveuse et romantique, selon les critères de son amie Viviane...
C'est honnêtement un portrait en finesse, écrit avec ce souci des mots justes et simples, qui peut faire écho chez toute jeune fille aspirant aux mêmes affinités (le goût des mots, des livres, la curiosité de l'écriture). C'est surprenant le nombre de passages qui interpelle, qui semble avoir été écrit par et pour soi. Même si nous ne souhaitons pas tous écrire (ou "gribouiller"), ce "Millefeuille de onze ans" semble être destiné à tous les lecteurs qui se reconnaîtront ! Cela se déguste avec appétit, moi j'adore les millefeuilles ! Et ce livre donne en aperçu toute la sincérité d'un auteur qui se questionne et revient aux origines de sa passion. Infiniment attachant et authentique, un beau livre sur les livres et le goût des mots, tout comme j'aime !

A noter, une très jolie couverture pour cette édition folio !

Folio, décembre 2008 / 6,50€

9 novembre 2008

Êtes-vous passés à côté de... En poche ! #16

Snobs, de Julian Fellowes ?

51pHaUe7hdL__SS500_Ce livre raconte les hauts et bas d'une ravissante roturière sans vergogne, dont le vrai crime n'est pas d'avoir épousé un homme sans l'aimer, mais de l'avoir quitté par amour pour un autre.

Edith Lavery, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance de Charles Broughton lors d'une visite au château et parvient à le séduire pour mieux se faire épouser. Las ! son entrée dans la gentry britannique est accueillie par des bouches pincées, à la manière de Lady Uckfield, sa belle-mère qu'on surnomme Googie. Edith est une jolie fille, blonde aux grands yeux, avec de bonnes manières, pourtant son arrivisme ne trompe personne, mis à part Charles. Le mariage est conclu, mais très vite Edith s'ennuie et s'amourache d'un acteur, Simon Russel.

Ce 1er roman de Julian Fellowes, scénariste de Gosford Park, est acide, drôle, tendre et grincheux. Il décrit une société décalée, plantée dans notre époque, mais aux coutumes encore tournées vers le passé. Les mentalités n'ont pas changé, on ne supporte pas cette petite dinde arriviste qu'est Edith Lavery, sorte d'Emma Bovary perdue chez les rosbifs. Elle a cherché à s'affranchir, elle a dérangé les codes rigides de la gentry, tenté de jouer de son charme entre salons de thé et rendez-vous à Ascot. Elle a joué, elle a perdu. S'en mordant les doigts, elle fait profil bas mais peine à regrimper au sommet de l'échelle. Sous d'épaisses couches d'hypocrisie, bien meringuée, se révèle ainsi une délicieuse satire que n'auraient pas renié ses prédécesseurs (Evelyn Waugh ou Jane Austen).

Livre de poche, 2008 - 407 pages - 6,95€
traduit de l'anglais par Dominique Edouard

2 novembre 2008

She's La Belle Et La Bete at the ball

I'll tell you a story but you won't listen, It's about a nightmare steeped in tradition

Paroles de La belle et la bete / Babyshambles

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Depuis des siècles, les mêmes contes sont racontés dans des régions très éloignées les unes des autres. Ces récits connaissent des centaines, voire des milliers de versions qui ont été éclipsées par celles de Perrault ou des frères Grimm, parce que celles-ci ont été imprimées. Ces récits sont toujours très beaux, parfois cruels mais toujours émouvants.

En voici un exemple avec les Histoires de la Belle et la Bête racontées dans le monde :

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On retrouve au sommaire des histoires venues du Japon, de Norvège, de Russie, d'Egypte, du Canada, d'Ecosse et de Bretagne. Il est sans cesse question de couple et d'abnégation. Des filles sont envoyées à des créatures monstrueuses pour tenir une promesse ou parce qu'un foulard a choisi le promis (un bouc, plus précisément !). Ce sont des demoiselles douces et attentionnées, dévouées auprès de leurs familles. Elles ont le sens du sacrifice, acceptent de partager la couche d'un dragon à trois têtes ou d'un ours blanc. Leur sens de l'honneur sera récompensé lorsqu'un beau prince se révélera sous la peau de ces bêtes ou êtres difformes (comme le vieil homme de la marmite). L'amour ainsi triomphe toujours, combattant les préjugés et les apparences physiques peu amènes.

Parmi toutes ces histoires, j'ai une préférence pour le conte norvégien, intitulé si joliment :
A l'est du soleil et à l'ouest de la lune.
C'est l'histoire d'une famille très pauvre qui reçoit la proposition d'un ours blanc. Il souhaite épouser la plus jeune des filles et en échange il offrira toutes les richesses du monde à ces malheureux. La jeune fille s'en va à dos d'ours et rejoint un majestueux château, étincelant d'or et d'argent. Elle est bien traitée et l'ours n'est pas avare en gentillesse et cadeaux. Le soir, pourtant, la jeune fille remarque qu'un homme se glisse dans son lit. Mais il repart avant le lever du jour. C'est un mystère dont elle ne s'ouvre à personne...
S'ennuyant de plus en plus des siens, la jeune fille demande à l'ours de rendre visite à sa famille. Il l'accepte, à une condition : de refuser d'être seule avec sa mère. Cette dernière, curieuse et avide, parvient à faire parler sa fille, qui lui confie son secret. Au moment de repartir, la jeune fille reçoit de sa mère une bougie. Et lorsque le soir venu, l'homme se glisse dans le lit et s'endort, la fille éclaire le visage de celui-ci et découvre un visage de toute beauté.
Las ! trois gouttes de cire tombent sur la chemise de l'homme qui se réveille et crie malheur. Il est prisonnier d'une malédiction, il doit partir aussitôt et épouser la fille de sa belle-mère qui est un troll. Il disparaît donc et la jeune fille pleure toutes les larmes de son corps. Pour le retrouver, il faut qu'elle se rende à l'est du soleil et à l'ouest de la lune... mais le chemin est long, difficile et le garçon est désormais le promis d'une autre.

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Illustrations de Delphine Jacquot

C'est un voyage en lecture que nous proposent les auteurs, avec cette sempiternelle histoire de métamorphose et d'amour, de désir plus fort que la peur, d'interdit, de transgression et de reconquête.

Parfait pour les âmes voyageuses, curieuses et rêveuses...

de Fabienne Morel et Gilles Bizouerne
postface de Nicole Belmont

Syros, coll. Le tour du monde d'un conte / octobre 2008, 96 pages - 15€
dès 7 ans.

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En parlant de conte, n'avez-vous jamais remarqué qu'on ne trouvait jamais d'

autruches dans les contes de fées ! ?

C'est vrai que l'animal à la dégaine niaise et empotée n'en impose pas du tout en parure de chaperon rouge ou de Peau d'âne. C'est ainsi... Le ridicule ne tue pas, fort heureusement, sans quoi la planète serait vite dépeuplée.

Notre autruche aux grandes pattes de gazelle mais aux hanches de matrone ronfle, est coiffée comme un dessous de bras et habillée comme l'as de pique. Elle ne vole pas. Elle ne chante pas. Elle a un caractère de cochon et aucun humour.

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Ce qui n'empêche pas l'Autruche de se marier, de vivre heureuse et d'avoir beaucoup d'enfants.

Très original, délicieusement satirique.

Par Gilles Bachelet

Seuil jeunesse / octobre 2008 - 15€

 

15 octobre 2008

Affirmer le pouvoir de l'imagination !

 

 

 

 

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51fiyIxd1aL__SS500_Tous les enfants connaissent la Foire aux nains. Elle a lieu les deuxième et quatrième mercredis de chaque mois sur une île. C'est un endroit épouvantable, qui sert aux parents désireux d'échanger leurs enfants pas sages.

La foire est tenue par le redoutable monsieur Braillard, qui est assisté par les Cousines Pinces et le Bec Perroquet. Ils peuvent vous déchiqueter les doigts si les enfants hurlent à la mort au départ de leurs proches et s'ils se cramponnent aux barreaux de leur prison.

Notre petite héroïne a été souvent avertie du risque et cette fois-ci ses parents passent à l'action. Elle ne se lave pas les mains, ne range pas son cartable et insulte son petit frère. Il est temps de la conduire à la Foire, c'est dommage, car ils s'entendaient plutôt bien avec elle et ne lui demandaient pas grand-chose... Il faut croire qu'elle se plaira mieux chez d'autres parents !

La gorge nouée et les larmes aux yeux, notre demoiselle est conduite devant monsieur Braillard et le Bec Perroquet, mais la petite hurle et supplie... Je vous promets que je serai dorénavant sage comme une image, que je...

Inutile de crier à la mort ! Ceci n'était qu'un mauvais rêve. La vie n'est-elle pas trop injuste ?

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Une couverture qui accroche, une histoire qui dérange et qui ose, un monde sombre et démoniaque, des idées effrontées et une morale qui n'en est strictement pas une, voilà le programme !

Premier album jeunesse pour Vincent Ravalec, totalement allergique au doux et au lisse, il impose une héroïne insolente, pas contente et énervée de sortir de son cauchemar, et qui s'emporte contre sa famille. C'est culotté, ça décoiffe et ça n'est pas à prescrire aux enfants sages !

Illustrations de Sergio Mora

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La foire aux nains

Ed. du Rouergue, coll. Varia - Octobre 2008 - 15€

La note de Benjamin Lacombe (gros coup de coeur pour lui!)

15 avril 2008

* Fascination - Stephenie Meyer

fascination_1Bella Swan, dix-sept ans, quitte Phoenix pour vivre chez son père à Forks, petite ville de l'état de Washington réputée pour son climat pluvieux. Bella a toujours détesté Forks mais la nouvelle passion amoureuse de sa mère a conduit l'adolescente à partager le quotidien paisible et passablement ennuyeux de son père Charlie, chef de police. Particulièrement détestable et irritable, la jeune fille rechigne d'avance, et puis s'étonne. Son père est un compagnon agréable et discret, il vient de lui faire cadeau d'une antique Chevrolet à plateau pour son entrée au lycée, lequel lui réserve aussi la surprise d'être minuscule mais accueillant. Elle y est traitée en petite reine, attire les garçons, bref sa nouvelle vie ne s'annonce pas si mal. Et puis survient cette incroyable rencontre, presque irréelle, avec un groupe de trois garçons et deux filles, tous plus beaux les uns que les autres. C'est le clan Cullen, des frères et des soeurs adoptés par le docteur et sa femme. Ils se tiennent tous les cinq à part des autres (du commun des mortels ?), mais attirent l'attention de Bella. Toutefois, sa présence n'a pas l'air du goût de l'un d'eux, le dénommé Edward, son voisin de table en cours de biologie car ce dernier réagit violemment lorsque Bella s'installe à côté de lui, seule place disponible. Cette réaction atypique de violence contenue interloque la demoiselle, puis la déconcerte avant de la mettre hors d'elle. Il lui sera, cependant, impossible de s'expliquer avec l'objet de ses tourmentes car Edward s'absente plusieurs jours. A son retour, il affiche un sourire de circonstance et se montre plus aimable avec Bella, qui n'en finit pas de n'y plus rien comprendre !

Bella est fascinée par ce garçon, beau à damner un saint, superbement inconscient du pouvoir qu'il exerce sur la jeune fille, elle-même s'étant tout le temps considérée banale et extraordinairement pataude. Il lui semble inenvisageable qu'un Apollon comme lui s'intéresse à elle, et puis ce bellâtre a le don de l'agacer, de la déconcerter et de l'attirer tout autant. Car l'attirance entre eux est existante, palpable, mais Edward cultive aussi une étrange retenue et des sautes d'humeur inquiétantes. Pourquoi ? Quand le mystère est levé, la réaction de la belle ne sera pas sans surprise... non plus !

Que dire sur un roman qui a déjà fait couler tant d'encre ? Je ne savais décemment pas quel pouvoir il décelait, quelle attraction implacable il dissimulait. Ou bien je trouvais que c'était suspect, dans le genre trop de succès peut induire en erreur, créer trop d'attente et une frustration au tournant. J'avais zappé les articles à son sujet, de peur d'en apprendre trop. Bref, j'étais à la frontière de l'envie, de la crainte et du doute. J'ai expliqué comment je suis tombée dedans, par hasard, et l'effet dévastateur que cela a eu sur moi. Maintenant je découvre que toutes les lectrices ont, comme moi, ressenti cette montée d'adrénaline qui est irrésistible, cet effet de drogue, de manque, d'exaltation déraisonnable et clairement débile (bah oui, j'ai tout de même 32 ans ! je dois grandir un peu !). Je ne suis tout de même plus une ado niaise qui s'amourache du héros d'un roman parce qu'il est beau, hyper séduisant, a un voix de ténor et un sourire en coin qui fait fondre toutes les femelles du coin ! ! ! (Bah si.)

Alors oui, c'est un livre qui est facile, qui réunit toutes les grosses ficelles et tous les ingrédients existants pour concocter une recette efficace, toute simple, mangeable et le tout saupoudré de ces piments essentiels pour mettre en bouche avec une toute aussi déconcertante avidité ! Oui, oui, oui. Mais où est le problème ? Car, non contente de déjà nous faire grincer des dents par tant d'habileté, Stephenie Meyer a le culot de mettre en scène des personnages charismatiques, qui touchent à la grâce divine, je pense à Edward Cullen qui vous donne des bouffées de chaleur mais Bella Swan aussi, dans son genre à des années lumière, agaçante mais tellement commune, tellement humaine, est attachante ! Ce roman, en plus d'être une histoire d'amour avec ses soubresauts, ses drames, ses élans et ses frustrations, est un livre qui évoque la fascination au sens le plus large. Tout est là. Et Bella en rajoute une couche, à maintes reprises, tant elle est éblouie par Edward. (Je me demande quel terme anglais a d'ailleurs été employé pour ça.) C'est peut-être nigaud, mais j'ai justement beaucoup aimé cette insistance. N'est-ce pas tout simplement merveilleux et fantastique d'être éblouie, et/ou d'exercer ce pouvoir d'éblouissement qui fait tomber dans les pommes !?! Je n'exagère pas. Et puis il y a des passages, absolument mémorables, qui font vibrer la corde romantique de toute midinette qui se défend, damned, de l'être ! « Edward est resté seul pendant presque un siècle. Maintenant il t'a. Tu n'es pas consciente des changements que tu as provoqués en lui, nous si. Penses-tu que l'un de nous tiendrait à croiser ses yeux pendant les cent prochaines années s'il devait te perdre ? » Ne cherchez pas à comprendre, Fascination est un roman qui se vit ! Je suis actuellement plongée dans le tome 2, les vannes sont grandes ouvertes, mais j'adore ça !

Fascination, de Stephenie Meyer

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau (Titre original : Twilight)

Hachette, 2005. 525 pages. 18€

Vous êtes nombreux à l'avoir lu, donnez-moi vos liens sans hésiter !

11 mars 2008

Ker Violette - Karine Fougeray

Ker_VioletteUne jeune femme de 36 ans arrive dans un village breton, elle recherche son cheval. Elle est très mince, a de gros seins, elle est blonde, avant de virer au jaune. Dans le premier bar venu, elle commande un kir-champagne et rencontre Félix, un pêcheur devenu artiste peintre. Elle tombe dans ses bras, ivre morte, et débarque chez Violette, une septuagénaire propriétaire d'une maison d'hôtes, les Albatros.

Clara doit absolument retrouver son cheval. Pour comprendre pourquoi, il faut faire le chemin en arrière et grandir dans un foyer où brillait l'amour, entre la radieuse de mère et le père qui s'absentait en mer. La naissance de Clara est venue. Clara comme une eau claire. Clara comme la clarté de son bonheur. Suivie par l'arrivée de Clarence.

Longtemps Clara a cru être libre, légère, butinant d'un point à l'autre, d'homme en homme, de trois petits tours et puis s'en vont. Tous ont craqué en la voyant : un sourire, un s'il te plaît, des yeux noirs qui scrutent le fond de l'autre. Mais Clara se sent morte à l'intérieur, alourdie par ses fantômes, pressée de rejoindre son cheval pour reprendre le cours de sa vie, pour revivre. Tout bonnement. Un cheval ?! pense-t-on. Alors je vous vois venir, mais non chassez de votre esprit les images de Robert Redford, le monsieur n'a pas sa place ici. Pas dans cette histoire qui se contruit comme un jeu de lego, petit bout par petit bout. Un peu compliquée l'histoire que tu cherches à nous vendre, rétorquez-vous. Ah mais non.

Que je vous dise... Ceci est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?...

Je ne vous cache pas que Ker Violette offre un bonheur de lecture instantané. Première page ouverte, plouf ! c'est l'éponge. Les mots nous collent aux doigts, les lignes s'inscrivent sur notre peau, les personnages sortent du livre pour nous offrir une bolée de cidre et nous partons de suite dans leurs aventures. On s'attachera aussitôt à Clara, la jolie petite fille qui cherche son cheval ; on voudra se pendre au cou de Félix et on cherchera compulsivement dans le bottin si la pension de Violette existe pour de vrai ! ... Ce sont trois personnages jetés sur le tapis vert, les dés sont joués, à eux de tenir les paris.

Faut-il vous préciser ? Ker Violette sait aussi préserver ses secrets. Pour en savoir plus, lisez le livre !!!!

Editions Delphine Montalant - 250 pages - 18 €

Un gros, gros, gros merci à Karine !!! Merci pour cette nouvelle bouffée d'oxygène, après le goût des galettes, miam le champagne, une Clara plus vraie que nature, et des larmes, des rires, un coeur qui palpite plus fort sur certaines pages... C'était bon ! Et déjà, ils me manquent tous... ils me manquent aussi les pages 251, 252, 253, 254, 255, etc.

Et merci pour les graines de violettes !

27 février 2008

Téo est un fier chevalier, qui joue à sauver les

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Téo est un fier chevalier, qui joue à sauver les princesses et tuer les méchants. Lorsque sa petite cousine Luce vient s'installer à la maison pendant quelques jours, avec ses yeux tout ronds de bébé, il fait le serment de toujours la défendre. En secret elle est devenue sa vraie princesse, même si ses copains se moquent de lui quand il préfère passer son temps avec elle plutôt qu'au foot... Bientôt Luce va repartir au pays des mangas et Téo aimerait tant la rejoindre !

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Une histoire très tendre, très touchante qui a su enthousiasmer la Miss. Elle a adoré cette histoire, été tristounette au moment de la séparation mais a trouvé la fin géniale ! Même si au départ les illustrations en noir & blanc n'étaient pas destinées à la conquérir, elle a su craquer pour le bébé Luce qui est adorable. La relation entre le garçon unique et la petite demoiselle a su lui parler intimement, en plus des clins d'oeil aux mangas (un univers de lecture qu'elle commence à cerner). Ce livre est un mélange de conte féérique à une (presque) initiation à la culture nippone, en quelques clichés, qui n'occulte pas le sujet sur la relation non-conflictuelle entre un bébé et un jeune enfant. Adorable !

Petit Samouraï, texte de Sylvie Deshors, illustrations de Magali Bardos.

Le Rouergue, coll. Zig Zag. 96 pages - 6 €

Pour les 6 - 9 ans.

A suggérer pour les enfants dès 3 ans : la série du Monde Animaginaire des éditions Balivernes, qui proposent un univers enchanteur et poétique, avec des illustrations sucrées (ou c'est tout le sentiment qu'elles donnent !) ...

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Trois petits koalas ont un gâteau préféré, qui est meilleur qu'un bonbon, plus délicieux qu'une gaufre ou qu'une crêpe, plus exquis que les desserts les plus compliqués... Miam ! C'est tout ce que cela nous inspire !  En bonus, dans ce livre, la fameuse recette du gâteau au chocolat de Baba !  (Un délice !) 

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L'hippopotame Tam-Tam ne veut plus jouer du tam-tam tout seul et part convaincre ses amis de venir faire de la musique avec lui.  Une manière ludique d'apprendre les noms des instruments ... et des animaux ! Une petite devinette boucle l'histoire.

Koalas Chocolat & Hippopo Tam-Tam - texte de Pierre Crooks, illustrations de Julie Mercier.

Balivernes, coll. Monde Animaginaire. 12 €

Pour les plus jeunes, dès 2 - 3 ans.

course_folle_a_l_ecoleLa rentrée des classes est un grand événement, toujours un peu stressant. Certains enfants adorent l'école, d'autres moins. Antoine déteste sans hésitation, tellement qu'il planifie la grande évasion. Un petit tour aux toilettes et hop !  le voilà qui disparaît.

En voilà une classe invraisemblable ! Un élève disparaît et la maîtresse organise une chasse à l'homme pour les apprentis détectives. Tous les petits camarades débordent d'imagination folle et abracadabrante, et la maîtresse récompense leurs efforts par une sucette ! Incroyable, non ? !

Ceci a été étudié spécialement pour dédramatiser les craintes et les refus des enfants qui n'aiment pas l'école, ou refusent d'y aller, à travers ce texte rigolo et fort joliment illustré (beaucoup de couleurs). Autre aspect facétieux : le livre propose de retrouver le coquin caché à travers les pages de l'enquête (à la façon d'un Où est Charlie ?...).

Course folle à l'école, texte de Catherine Karnas, illustrations de Fil et Julie.

Les 400 Coups, coll. Ma langue au chat. 8 €

A partir de 5 ans.

24 octobre 2007

Des histoires qui s'emmêlent et se démêlent ...

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Parmi le florilège de jolis livres reçus, je dois dire que Rien à voir m'a tout de suite tapée dans l'oeil. Pourquoi ? Sa couverture, son charme, son esprit coquin, cette promesse de candeur, bref c'était déjà un chouette programme ! Et puis, j'ai ouvert le livre et dès la première page, plaf ! j'ai été ravie ... sourire béat d'une oreille à l'autre ... ça peut paraître bête à dire et à lire, mais j'ai eu le sentiment de voir et retrouver ce que je pense de ma petite fille (ah ! ce sacro saint sentiment maternel qui vous étouffe et vous gonfle béatement de fierté ! ...). 

« Elle, c'est comme si un bouquet de papillons multicolores sortait de sa tête à tout heure. Comme un éclat de rire. »

rien_a_voirElle, c'est Sidonie. Une petite fille avec des lunettes rondes, l'esprit ailleurs, un peu rêveur... Elle rencontre dans la cour de récréation Marius, un garçon premier en tout, qui veut tout savoir, tout comprendre, tout connaître. A elle de poser tout le temps les questions, et à lui d'y répondre sans cesse. Ces deux-là sont donc totalement opposés, ils se chamaillent et s'affrontent avec leurs propres théories ... rationnelles contre poétiques.

Mais la morale de cette histoire est très jolie, puisque  « A nous deux ... on a les pieds sur terre et la tête dans les étoiles ! »

Cette histoire vise à réconcilier les poètes et les scientifiques et, pour ce faire, deux enfants se renvoient la balle à coup de questions intempestives sur ce qu'est le monde. Pour découvrir, savoir, inventer, il faut savoir rêver et imaginer. Pour rêver, il faut connaître la réalité... Sidonie et Marius ne posent pas les questions de la même façon, mais le fait de les poser reste essentiel ! Sidonie,  « toujours à poser des questions, l'air étonnée de tout, et toute gourmande de mots » et Marius,  « la regarde et voit le monde autour d'elle et, dans ses yeux, le reflet d'un autre monde. Un monde très beau. »

Oh oui, c'est très beau ! J'ai beaucoup apprécié ce petit livre, mis en lumière par le formidable travail d'illustrations de Stéphane Girel. Hélas ... il me faut admettre que notre Miss C. a été un peu larguée par le flot de questions et n'y comprenait rien du tout !!!! Dommage (pour elle). Ce livre est superbe, mais il faut vraiment faire attention à accompagner l'enfant dans cette lecture !

Rien à voir - de Franck Prévot - Illustrations de Stéphane Girel.  Editions du rouergue, coll. Varia. 40 pages.  13.50 €

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le_nidC’est la fin de la journée, un petit garçon attend son papa dans la cour de l’école. Mais alors que les autres parents viennent à pied ou en voiture, c’est du ciel que le sien arrive! Et c’est sous son aile qu’il chemine avec lui jusqu’à la maison… un nid douillet niché au coeur d’un arbre touffu, au centre de la ville. Quand sa maman et son petit frère arrivent, c’est la magie des retrouvailles et le bonheur d’être tous réunis. Peu importe les cauchemars, couvé par l’amour parental, l’enfant se rendort paisiblement jusqu’au lendemain matin. Et parce qu’il faut apprendre à devenir grand pour prendre son envol, c’est avec plaisir que le petit garçon prend à nouveau le chemin de l’école sous l’aile de son papa …

En fait, je n'ai rien à dire sur ce livre et le mieux pour lui est de le feuilleter pour le savourer. Parce que c'est une histoire simple, sur la sublimation du quotidien à travers les gestes que font les parents pour leurs enfants et sur la façon dont les tout-petits les perçoivent. Et c'est alors qu'on comprend que le foyer est un cocon,  « le nid », et que le papa (oui, ce livre a privilégié le papa, trop souvent absent dans la plupart des histoires, c'est vrai !) donc le papa prend une allure de  « héros » avec ses ailes, son rôle de libérateur et de protecteur.

Une histoire qui illustre à merveille l'expression  « l'amour donne des ailes » !

Signalons pour finir que David Merveille, illustrateur de cet album, avait déjà retenu notre attention avec le récent Juke-box (nous en parlions ici !).   « Le nid » conviendra aux plus jeunes !

Le nid, de Zidrou - illustrations de David Merveille - Ed. du Rouergue, coll. Varia - 32 pages.  12.00 €

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un_calinEt un p'tit dernier pour la route, et qui offre la particularité de se présenter dans un coffret contenant un livre et deux doudous en forme de virgule ...

Deux formes colorées se croisent, se mêlent et s’emmêlent. L’une verte, l’autre orange, elles s’approchent, se touchent, s’imbriquent et se mélangent finalement dans un tourbillon de mousse vrombissant. Est-ce une chorégraphie amoureuse ou une dispute ?

L'histoire est étonnante et j'ai volontairement coupé la fin de la présentation de l'éditeur pour ne pas  « émousser » le secret !!!  Parce que moi, oui môa môa môa, j'ai eu l'esprit un peu mal placé et je me suis imaginée des choses polissonnes ... Mais force a été de me raisonner, puisque ce livre s'adresse à nos chers bambins (les plus jeunes, à mon humble avis). Donc, haem, haem ... l'issue ne manquera pas de vous tirer quelques petits sourires - vous arrachant de l'esprit l'impression furtive d'une  « autre chose » ! ... *soupir*

( Mais je maintiens que ce livre est libre de toute interprétation !!!! )

Un câlin - de Jean Gourounas - Ed. du Rouergue.  32 pages  -  15 €

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Sidonie !!!! ***

21 mars 2015

Pêle-mêle Clarabel #58

 

Avni : Animal Vraiment Non Identifié, de Romain Pujol & Vincent Caut (BD Kids)

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AVNI est une créature rigolote, décrite comme étant un Animal Vraiment Non Identifié. Et justement, dans sa nouvelle école, il éveille la curiosité de ses camarades car il ne ressemble à aucun d'entre eux : il n'est ni un ours, ni un serpent, encore moins un poisson... Comme si cela ne suffisait pas, il possède des pouvoirs étonnants. Cela fait de lui la coqueluche de la classe, au grand dam de Léon le caméléon, jaloux d'être supplanté par le petit nouveau.

Comme tous les titres de la collection BD KIDS, celui-ci  promet une lecture distrayante et très amusante. Le casting est top, les dessins et les couleurs sont pimpantes, les histoires (une succession d'anecdotes en deux planches) sont tordantes. Bref, Avni rejoint cette écurie prestigieuse la tête haute, en arborant les mêmes préceptes qui font tout le succès de la collection. 

 

Les Aventures de Flip, de Morgan Navarro (Gallimard)

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Les aventures de Flip parlent du quotidien d'un jeune adolescent, constitué des sorties entre potes, des descentes en skate, des bandes rivales, des premiers émois amoureux, mais aussi de l'école, des parents, des bandes dessinées et des projets secrets (écrire sa propre histoire).

Le ton est résolument moderne et gouailleur, même le graphisme est dépouillé et confère à la lecture une sensation exaltante et surprenante, car les histoires renferment beaucoup d'humour et de sensibilité et abordent l'adolescence avec fraîcheur et authenticité.

Cette édition réunit 2 titres de la série : “Flip” (éditions Bréal Jeunesse) et “Skateboard et Vahinés” (Bayou).

 

Les Poux, tome 1 : On a marché sur la tête ! de Ramadier & Bourgeau (Gallimard)

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Il fallait oser inventer une histoire sur les parasites qui font leur nid sur la tête des bambins : les poux sont parmi nous et forment une famille sympathique, qui occupe son temps comme tout le monde, en travaillant, cuisinant, bêchant le jardin, barbotant dans la mer, en vacances, et prend les mesures nécessaires pour assurer sa survie (sic)... Gare au shampoing ravageur, rincé à grandes eaux ! 

C'est perturbant à lire, car on s'attache à ces vilaines bestioles qui pourrissent la vie des enfants en sachant qu'elles incarnent le Mal ! Et rien que pour ce décalage, on adore. Le ton est cocasse, avec des trouvailles géniales (le nec plus ultra : une grillade de grain de beauté !), le tout dans une ambiance conviviale et pertinente. La lecture prête naturellement à sourire, on ne sait plus s'il faut s'attacher à la famille Poux ou scruter leurs techniques de résistance... En somme, cette série s'annonce malicieuse et amusante. ;-)

 

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