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Chez Clarabel
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5 janvier 2017

Harry Potter et la Coupe de Feu, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter CD Coupe de feu

Ce quatrième tome est, d'après l'auteur, le pivot de la série. “Celui où la mort apparaît.” Et effectivement sa lecture nous réserve son lot d'émotions fortes. Les rires font place aux larmes, la tendresse s'incline pour la colère. On en voit de toutes les couleurs et on vit des sensations bigarrées qui nous paraissent si réelles que le retour à la réalité est très troublant. La magie de Poudlard est en place, direction la voie 9¾ pour embarquer à bord de nouvelles aventures !

Celles-ci rivalisent toutes de fascination, de danger, de mystère et d'humour : la Coupe du Monde de Quidditch, le Tournoi des Trois Sorciers, Viktor Krum, Fleur Delacour, Cedric Diggory, le bal de Noël, lSociété d'Aide à la Libération des Elfes, les friandises et les farces des frères Weasley... Harry, Ron et Hermione vont également partager une quatrième année d'études de la sorcellerie en faisant l'apprentissage de l'adolescence. Eh oui. Les enfants grandissent, leurs hormones se réveillent, les garçons et les filles se chamaillent pour des broutilles sans comprendre qu'au fond il est question de jalousie et de premier amour. Cette parenthèse enfantine permet d'adoucir les événements solennels qui s'installent - la compétition féroce du Tournoi, les intrigues à décoder et les pièges à relever au cours d'épreuves exceptionnelles. L'imaginaire enfin s'enflamme et nous transporte dans ce monde magique élaboré avec minutie. Pour la première fois, le film de Mike Newell ne suffit pas à reproduire toute la richesse de l'œuvre, ce n'est guère étonnant au vu des 700 pages du livre, d'où les coupures et les rafistolages pour aller droit au but. Seulement toutes ces petites digressions constituent à leur manière des indices supplémentaires qui rendent les personnages et leurs parcours encore plus bouleversants. La lecture est donc non négligeable puisqu'elle est complémentaire au film. On y ressent, le cœur battant, toute la tension dramatique de l'intrigue, les joies et les pertes, les duperies et les fourberies, les révélations et les actes manqués. On peste contre cette maudite Rita Skeeter qui se répand dans la presse à scandale pour ridiculiser Harry, Hagrid ou même Dumbledore. Mais on sourit aussi, lorsque Ron et Harry se désespèrent de trouver une partenaire pour aller au bal de l'école. Ce quatrième tome est décidément un caméléon - féerique, envoûtant, cocasse et déchirant. Quelle belle aventure ! 

C'est également la dernière participation de Bernard Giraudeau dans le registre de Harry Potter. Décédé en 2010, l'acteur a été remplacé par Dominique Collignon-Maurin mais il aura fallu attendre presque dix ans pour relancer la production audio de la série. Damned.

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse - Collection: Écoutez lire 
Texte intégral lu par Bernard Giraudeau pour une durée d'écoute d'environ 16 heures
Octobre 2016 pour la présente édition

 

Harry Potter et la Coupe de Feu

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015

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18 janvier 2017

L'Affaire de la belle évaporée, de J.J. Murphy

L'Affaire de la belle évaporée

Quelle lecture exquise ! Imaginez un soir de décembre dans les années 1920, dans le prestigieux hôtel Algonquin à New York...
L'acteur de cinéma Douglas Fairbanks et sa compagne Mary Pickford organisent un gigantesque raout où l'alcool prohibé coule à flot. Au milieu de l'effervescence générale, pourtant, un cas de variole se déclare et l'établissement est mis en quarantaine. Les esprits chagrins se consolent aussitôt en se servant une nouvelle coupe, pendant ce temps la starlette Bibi Bibelot fait le show. Entièrement nue, parée d'un médaillon d'argent, la blonde écervelée se glisse dans la baignoire remplie de vin pétillant et amuse la galerie avec ses air aguicheurs. Quelques heures plus tard, on retrouvera son corps sans vie dans la même position. 
J'avoue avoir immédiatement été embarquée par l'ambiance du roman ! C'est pimpant, c'est léger, c'est vintage et c'est charmant. Mais il y a un autre atout indéniable : cette chère Dorothy Parker. Femme de lettres et d'esprit, Dorothy est également connue pour son humour caustique et ses bons mots. Et il faut reconnaître à J.J. Murphy ce talent incontestable d'avoir saisi cette essence pour donner vie à une héroïne pleine de finesse et d'intelligence. L'Algonquin constituant son terrain de jeu propice pour son Cercle Vicieux, il n'était pas rare de la croiser autour de la fameuse table ronde en compagnie de son groupe d'intellectuels. On la retrouve ainsi avec Alexander Woolcott et Robert Benchley dans l'euphorie de la fête et au premier rang dans la découverte du drame. Experte dans l'art du Jeu de l'Assassin, notre éminente chroniqueuse se lance aussitôt sur la piste du coupable... avec l'assistance du non moins célèbre Sir Arthur Conan Doyle ! De passage en ville, l'écrivain britannique cherche ainsi à démontrer l'étendue de ses compétences, n'est pas le père de Sherlock Holmes qui veut, après tout. Mais le travail d'équipe peut poser souci et ne pas être l'apanage de cette fine équipe, chacun cherchant à asséner le coup de massue au détriment de l'autre, soit pour briller en société soit pour enquiquiner le monde.
C'est donc dans cette cacophonie que se dessine une intrigue guillerette et survoltée, où l'on suit les uns et les autres courir dans les escaliers, se planquer dans les monte-charges, batailler contre l'ennui, verser dans les plus folles spéculations, tirer des conclusions hâtives, observer leurs contemporains, épingler les anomalies, avaler une petite louche de champagne, espérer un interlude romantique et louper le gong final. C'est absolument réjouissant. On se croirait dans une comédie tout feu tout flamme, avec du rythme, du souffle, de l'éclat et des bulles. La mise en scène de personnages réels dans un contexte imaginaire apporte aussi ce supplément d'âme à une lecture par ailleurs ordinaire mais qui revêt soudain des couleurs chatoyantes. C'est raffiné, drôle et pittoresque. J'ai tout aimé dans ce livre ! 

éditions Baker Street / Novembre 2016 - Traduction par Yves Sarda [A Friendly Game of Murder]

Illustration de couverture : Lucie QZN

Disponible en Folio Le cercle des plumes assassines [Murder your darlings]

  

(cliché 1) Mary Pickford & Douglas Fairbanks (cliché 2) Art Samuels, Charlie MacArthur, Harpo Marx, Dorothy Parker & Alexander Woollcott "The Round Table Vicious Circle" 

 

1 décembre 2016

Londres avec toi, par Erin Lawless

Londres avec toiOriginaire de Russie, Nadia Osipova a vécu pas moins de dix ans à Londres, cumulant études, stages et petits boulots, mais le service de l'immigration vient de lui briser ses rêves en lui refusant son titre de séjour. Elle a deux mois pour faire appel, prouver l'existence d'un petit copain, certifier l'absolue nécessité de sa présence en Angleterre, tenter le tout pour le tout. Ses amis se mobilisent activement, quitte à envoyer des courriers insolites au ministère.
C'est là qu'intervient Alex Bradley. Sous-fifre du service en question, il reçoit la lettre farfelue d'une jeune russe, amatrice de quizz-bars et de chorégraphies improbables. Il sourit, classe son dossier et retourne à sa vie ordinaire, servir de chandelle à son coloc et sa petite amie Lila, dont il est secrètement amoureux. Et puis un soir, il croise au pub une certaine Nadezhda qui n'est autre que son “dossier” russe. 
La situation est cocasse, mais donne surtout lieu à des échanges pétillants et des délires autour d'une bonne bouteille de vin. Alex est surpris du charme et de la jovialité qui débordent de la jeune femme. Séduit, il accepte de la revoir les jours suivants. 
En fait, Nadia va l'embarquer dans un circuit insolite de sa ville fétiche, depuis les activités purement touristiques (la National Gallery, Trafalgar Square) aux expériences les plus saugrenues (des marathons de films ou des soirées dans un cabaret gay). Leur relation est alors sans ambiguité, Nadia ne cherche pas à profiter de lui, d'autant plus que les pouvoirs d'Alex au ministère sont dérisoires. Tous deux aiment simplement être ensemble, partager des bons moments, se raconter et apprendre à se connaître, comme deux potes qui se découvrent et réalisent qu'ils ont beaucoup en commun. 
Cela se lit pour le plaisir de sillonner Londres, pour oublier qu'il fait un froid de canard et pour savourer une jolie comédie aux rouages bien huilés : des potes, des soirées arrosées, de la répartie, des fous rires, des quiproquos, des déboires et de la patience pour décrocher les étoiles. Une lecture éclatante de vivacité & qui vous absorbe dans sa bulle. Effet cocooning assuré. ☺

Traduit par Emilie Terrao pour les éditions Harlequin [Somewhere Only We Know]

Coll. &H - 360 pages - Octobre 2016

30 décembre 2016

Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban, de J. K. Rowling & Lu par Bernard Giraudeau

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban CD

Harry Potter a hâte de retourner à Poudlard pour sa troisième année. Seulement, il règne à l'école de magie un climat étrange depuis l'annonce de l'évasion de Sirius Black. Ce dangereux criminel s'est échappé d'Azkaban et est suspecté d'avoir trahi les Potter en les condamnant à une mort certaine. Il n'y a aucun doute possible qu'il cherche désormais à terminer sa mission en éliminant Harry ! Le garçon prend de plus en plus conscience de son héritage familial et du gouffre béant laissé par la disparition de ses parents. Malgré tout, ses meilleurs amis, Ron et Hermione, comblent sa solitude et n'hésitent pas à courir tous les risques pour le protéger. C'est donc sous bonne garde que l'apprenti sorcier fait sa troisième rentrée. Au programme : les cours de divination de l'exubérante Mrs Trelawney, le dressage des hippogriffes façon Hagrid ou les leçons de défense contre les Détraqueurs par leur nouveau professeur, Remus Lupin. Sans oublier la compétition de Quidditch et les commentaires de match qui valent le détour !

C'est incontestablement une lecture drôle, palpitante et poignante. Ce troisième tome de la série marque le début d'un nouveau tournant et annonce des émotions encore plus fortes et incompressibles. Des révélations voient le jour et l'ombre de Voldemort se fait menaçante. Au cœur de l'action, Harry et ses amis évoluent comme des adolescents brouillons, patauds et néanmoins fougueux. Ils commettent des erreurs, ont des jugements à l'emporte-pièce, se laissent déborder par leurs pulsions. Bref, ils se comportent comme des adolescents de leur âge alors qu'ils sont confrontés à des événements d'une ampleur qui les dépasse. Pour l'heure, l'Histoire est en cours. Des détails fâcheux passent entre les mailles du filet, trop tard pour les gommer - après tout, l'impact romanesque n'aurait plus le même sens sans eux ! En attendant, rangeons nos frustrations dans notre poche et  poursuivons la Magie... 

Format audio : Avec talent et humour, Bernard Giraudeau prête à chaque personnage une voix propre. Seules les interprétations de Malfoy ou de Hagrid me laissent perplexe... Sans quoi, l'acteur réserve un magnifique jeu de trublion au reste de l'histoire et nous sert une lecture enlevée, vivante et chaleureuse qui fait bougrement plaisir à écouter ! 

Traduit par Jean-François Ménard pour Gallimard Jeunesse / Collection: Écoutez lire  (Durée d'écoute: 8 h)
Octobre 2016 pour la présente édition
 

Octobre 2016. La saga de J.K. Rowling s'offre de nouvelles couvertures, en grand format, signées Olly Moss

Harry Potter Azkaban

Cover Illustrations by Olly Moss © Copyright Pottermore Limited 2015

 

Ces sept nouvelles couvertures dissimulent un élément secret pour un voyage magique vers la huitième histoire de Harry Potter.

 

  

9 novembre 2016

Les Aventures improbables de Julie Dumont, par Cassandra O'Donnell

Les Aventures improbables de Julie Dumont

Amateurs de comédies policières à la Janet Evanovich ou Sophie Henrionnet (pour la touche frenchy), vous allez vous régaler avec Julie Dumont et ses aventures improbables ! Parce que je sortais de deux lectures particulièrement douloureuses, très sombres et pesantes moralement, j'avais un besoin urgent de fraîcheur et de distraction. Bingo. Audible a exaucé mon vœu en proposant le téléchargement en exclusivité du roman de Cassandra O'Donnell. Je ne connaissais pas. J'ai cliqué, hop. Et mon weekend a été enchanté. 

L'histoire est complètement folle, futile et légère. Elle met en scène Julie Dumont, une héroïne célibataire, fonceuse et gaffeuse, parisienne et journaliste, qui se réveille au matin avec un  homme nu dans son lit, sans se douter de son identité, de sa rencontre ni de sa nuit. La belle brune file en douce et part en Normandie pour l'anniversaire de mariage de ses parents. En route, elle vient au secours d'un type amoché gisant dans le fossé et le conduit à l'hôpital. Naturellement, elle se fait incendier par sa mère pour son retard, puis assiste à la mort en direct d'une convive. Trêve des réjouissances. Julie est persuadée d'avoir la scoumoune et revoit son séduisant rescapé, Benjamin Stein, qui lui confie en retour une nouvelle mission : enquêter sur le meurtre d'une épouse de notable. L'affaire a fait grand bruit dans la région (argent, liaison, amant roumain, disparition...) et a attiré un journal à scandale comme Le Nouvel Inquisiteur, pour lequel bosse Benjamin. Il soudoie alors Julie pour reprendre le flambeau, laquelle va s'improviser détective avec pertes et fracas. Là où elle passe, les témoins trépassent. ^-^

J'ai pris énormément de plaisir à suivre Julie dans ses péripéties à la fois drôles et rocambolesques afin de résoudre une énigme crapuleuse, habilement troussée, riche en suspense et en rebondissements. La personnalité de l'héroïne donne aussi du pep's au récit : Julie est une jeune femme moderne et indépendante, spontanée et pleine d'ambition, qui collectionne les impairs et les cadavres, mais qui ne s'apitoie jamais sur son sort. Son retour sur les terres de son enfance lui donne également du fil à retordre, entre son éternel célibat, son choix de carrière et son départ pour la capitale, ses oreilles n'en finissent plus de siffler ! Il faut dire que son entourage est particulièrement gratiné - famille de croque-morts, vivant au Neubourg, une mère impatiente de la marier, un père au flegme admirable et un grand-père obsédé sexuel. Les tablées autour du rôti dominical ne manquent pas de saveur ! Sans oublier les deux spécimens masculins, propulsés sur la scène, avec du charme à revendre... Tous les codes de la comédie ont ainsi été réunis pour combler la lectrice en quête de détente et de bonne humeur. Rien que pour ça, le roman a rempli son contrat et m'a fait passer un très bon moment. ☺

Texte lu par Ingrid Donnadieu pour Audible FR (durée : 7h 31) - Octobre 2016

>> En téléchargement & en exclusivité sur Audible.

©2016 Les éditions J'ai lu (P)2016 Audible FR

Les aventures improbables de Julie Dumont | Livre audio

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24 octobre 2016

Cinq petits cochons, par Agatha Christie

Cinq petits cochons

Seize ans plus tôt, Caroline Crale a été condamnée pour avoir empoisonné son mari, le peintre Amyas Crale, sous prétexte que celui-ci allait la quitter pour sa jeune maîtresse, l'affriolante Elsa Greer, qui lui servait aussi de modèle pour son dernier tableau. 
Venant tout juste de se fiancer, leur fille, Carla Lemarchant, convoque le passé et demande à Hercule Poirot de reprendre l'enquête pour l'éclaircir. Celui-ci s'y plie avec bonne grâce et rencontre les acteurs du drame, soit Meredith Blake, l'expert en plantes, son frère Philip, l'amoureux refoulé, la nouvelle lady Dittisham, par qui le scandale est arrivé, mais aussi Cecilia Williams, la gouvernante acariâtre, et Angela Warren, la demi-sœur de Caroline qui n'était qu'une adolescente revêche et dissipée à l'époque. 
L'un après l'autre, ces témoins livrent leur version de l'histoire en accablant Caroline, dont les crises de jalousie acerbes et très violentes faisaient grand bruit dans la maison. Le couple était au bord de la rupture, le mari volage affichait sa nouvelle conquête sous le nez de l'épouse bafouée, qui n'a pas supporté pareille humiliation. Chacun y va de son commentaire ou de son jugement relatif, pendant ce temps Hercule écoute patiemment. 
Les intrigues d'Agatha Christie sont comme des petites mailles tricotées en point très serré. Qu'on ne s'y trompe pas. Ce ne sont pas les mêmes propos qui sont ressassés à l'envi ni les mêmes conflits qui sont rapportés dans le vide, l'histoire n'est jamais statique et tout est dans le détail, car rien n'est jamais anodin dans les histoires de la duchesse ! Non seulement la lecture déploie une prodigieuse mise en scène dans l'art de ménager le suspense, instaurant au passage une ambiance très théâtrale à l'ensemble, mais elle aborde aussi des thèmes d'avant-garde, dont le libertinage et la sensualité, qui n'étaient pas légion dans les romans de 1942 ! ^-^
Ce roman ne vieillit pas et est, de plus, excellemment servi par l'interprétation de haute volée de Samuel Labarthe, alias le commissaire Laurence dans Les Petits Meurtres d’Agatha Christie sur France 2. À noter aussi qu'il existe une adaptation par ITV (saison 9, épisode 1) avec David Suchet, Rachael Stirling, Aidan Gillen, Julie Cox... L'un des meilleurs épisodes de la série Hercule Poirot ! 

Texte lu par Samuel Labarthe pour Audiolib (durée : 7h) - Septembre 2016

Traduction révisée par Jean-Michel Alamagny pour les Editions du  Masque

12 octobre 2016

Vendredi 13, de David Goodis

Vendredi 13Ce roman a tout d'une farce, bien crapuleuse, avec un pauvre type qui se glisse dans la peau d'un truand pour sauver la mise et participer au soit-disant braquage du siècle dans la nuit d'un vendredi 13. Un détail forcément prémonitoire. 
Et quel pied. J'ai tout de suite été interpellée par le cynisme du personnage central, Al Hart, qu'on croise en train d'errer dans les rues de Philadelphie, transi de froid, puis entrer dans une boutique pour voler un pardessus. Courant à toutes jambes pour échapper à la police, il va surprendre des coups de feu et tomber sur le corps d'un homme mourant, auquel il chipe le portefeuille rempli d'oseille avant de le planquer dans les fourrés et se livrer à ses poursuivants. L'entrée en matière est complètement dingue mais ne déroge pas aux règles du roman noir. Car c'est sanglant, violent et immoral. 
Face à Al, Charley et ses acolytes constituent une bande de malfrats peu commodes et néanmoins nigauds. Ils gobent l'histoire de meurtre que leur raconte Hart et l'adoptent comme l'un des leurs. Enfin, cela n'est pas aussi lisse et acquis car les gars se méfient de cette petite frappe et lui en font baver. Ces malfaiteurs sont en train de préparer leur prochain casse dans une grande propriété privée et glandouillent dans un appartement en jouant au poker. Hart fait profil bas, se fond dans le décor, répond aux jeux de séduction de Freida, la copine de Charley, et se tient à distance de Myrna, qui ne se console pas de la mort de son mec, par la faute de Hart (des mauvais coups filés dans le ventre et des blessures insoupçonnées). 
C'est assez proche de la comédie dramatique, sur fond d'humour noir, avec une vision charitable de la petite racaille. Ce sont tous de pauvres bougres paumés et coincés dans une vie de misère, qu'ils tentent d'enjoliver par leurs piètres moyens. Il y a du désespoir derrière leurs mines patibulaires, lequel va éclabousser les pages du livre par l'irruption du parasite Hart. Ce gars est un imposteur, on le sait, mais c'est sa seule porte de secours. Prétendre un rôle qu'il n'est pas. Lui aussi a son histoire tragique et déprimante qu'il fuit comme un dératé. Le destin l'a fait croiser Charley et sa bande, le reste appartient à David Goodis. 
Remis à l'honneur avec une traduction révisée et une présentation par Laurent Guillaume (auteur de 
Delta Charlie Delta & Black cocaïne), ce polar culte vaut clairement le détour. C'est loin des chimères et de la sensibilité naïve et romanesque. Et pourtant cette lecture a su me scotcher et me charmer. Une découverte inattendue et réjouissante.

Trad. de l'anglais par François Gromaire et révisé par Isabelle Stoïanov

Nouvelle édition présentée par Laurent Guillaume en 2016

Collection Folio policier (n° 279)

Parution : Septembre 2016

20 septembre 2016

En attendant Bojangles, d'Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles

Quelle lecture épatante !

Largement plébiscité par les libraires et les lecteurs, récompensé par de nombreux prix, ce roman n'usurpe pas l'excellente appréciation qui le précède et se révèle cet incroyable petit bijou de littérature qui donne du baume au cœur et des larmes aux yeux. Oui c'est tellement beau, à lire ou à écouter. Car n'hésitez pas à vous plonger dans la version audio (Gallimard, coll. Ecoutez Lire) qui s'accompagne d'une réalisation sonore impeccable, en incluant des extraits de la chanson de Nina Simone, Mr. Bojangles, auquel le titre fait référence. L'ensemble fait bon ménage. L'histoire est lue par le comédien Louis Arene de la Comédie Française, qui sert avec délice cette histoire d'amour fou en alternant l'innocence de l'enfant et la dévotion du mari au service d'une femme complètement toquée, mais qui n'en conserve pas moins toute sa superbe ! 

C'est donc l'histoire d'une rencontre entre un homme à l'imagination débordante et une femme fantasque qui vont allier leur grain de folie, se marier, fonder une famille et vivre de soirées pétillantes, à boire, à danser, à discuter avec la crème intellectuelle. L'homme et la femme forment un couple magique, intouchable. Leur fils souvent les observe avec émerveillement et tendresse. Lui aussi revendique sa part d'élucubrations loufoques que sa maîtresse réprimande, mais l'enfant est couvert par les excentricités de sa mère, qui préfère l'enlever du carcan de la société pour l'emmener dans ses délires, ses rêves et ses voyages. La réalité, hélas, rattrapera notre trio audacieux et s'invitera à la fête de manière brusque, intolérable et poignante. Clap de fin sur la valse étourdissante, retour au concret avec toujours la petite musique en toile de fond. Qui a dit que l'aventure était terminée ? Car Bojangles est éternel, et cette histoire nous le prouve. C'est triste et drôle, tragique et étincelant, dans un style inventif et poétique, qui saura vous éblouir, vous toucher et vous emporter au-delà de toute raison. Une lecture fantaisiste, mais si vraie, si sensible et sensuelle... ♥

Texte lu par Louis Arene pour les éditions Gallimard, coll. Ecoutez Lire (durée 4h 30) - Septembre 2016

Titre disponible aux éditions Finitude, qui ont eu du flair en dénichant cette pépite ☺

« Depuis notre pétaradante rencontre, elle faisait toujours mine d'ignorer la réalité d'une façon charmante. Du moins, je faisais mine de croire qu'elle le faisait exprès, car c'était chez elle si naturel. [...]
Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l'horloge, y dévorant chaque instant. Cette folie, je l'avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m'en imprégner, mais je craignais qu'une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n'existait pas. J'avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l'assaut de ses lointains moulins quotidiens. Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. »

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  • GRAND PRIX RTL-LIRE 2016
  • PRIX DE L'ACADÉMIE DE BRETAGNE 2016
  • PRIX EMMANUEL-ROBLÈS 2016
  • PRIX ROMAN FRANCE TÉLÉVISIONS 2016
  • ROMAN DES ÉTUDIANTS FRANCE CULTURE - TÉLÉRAMA 2016
20 septembre 2016

Le jour où Anita envoya tout balader, de Katarina Bivald

Le jour où Anita envoya tout balader

En pleine déprime depuis le départ de sa fille pour l'université, Anita Grankvist fait le bilan de sa vie. À trente-huit ans, mère célibataire, employée au supermarché de la petite ville de Skogahammar qu'elle n'a jamais quittée, son horizon lui semble soudain brumeux et désolant. Aussi, décide-t-elle de se ressaisir en remplissant ses journées de façon pêle-mêle : elle prend des leçons de moto, rejoint le comité d'organisation de la Journée de la Ville et passe du temps avec sa mère sénile. Ses copines la poussent également à renouer avec les hommes et l'encouragent à draguer son jeune moniteur ! La vie pour Anita prend rapidement des couleurs chatoyantes, des allures cocasses, des séquences émouvantes et vraies. Bien évidemment, j'ai tout de suite accroché à ce petit bout de femme, à ses choix de vie, à son rôle de maman entière et complice, à son statut de fille sous la coupe d'une mère sévère et réservée (et qu'elle tente aujourd'hui de comprendre). Je me sentais en phase avec ses émotions, ses questions et ses doutes. C'est simple, sûr. Mais cette lecture est aussi un bon début pour mettre le pied à l’étrier et accompagner au petit trot le cheminement d'Anita dans sa reconquête d'elle-même. D'abord, dépoussièrer ses rêves d'ado, puis envisager de changer de vie. Un parcours clairvoyant et une héroïne remarquablement attachante pour une histoire pleine de sensibilité et d'humour.

Roman lu avec beaucoup de délicatesse, de tendresse et de badinerie par Marie Bouvier. Très agréable à écouter.

Texte lu par Marie Bouvier pour Audiolib (durée : 12h 56) - Juillet 2016

Traduit par Marianne Ségol-Samoy pour les éditions Denoël

 

31 mai 2016

Mariachi Plaza, de Michael Connelly

Mariachi Plaza Audiolib

Je transgresse mon principe de précaution en lisant la dernière aventure de Harry Bosch, faisant ainsi un bond dans le temps pour retrouver notre ami proche de la retraite, cantonné au service Cold Case, et qui s'accroche à son poste comme un forcené pas pressé d'être rangé au placard. Pour l'occasion, il doit superviser la formation d'un récent transfert, Lucia Soto, la gloire montante de la police, tout juste auréolée de la médaille du mérite pour sa bravoure lors d'une fusillade au cours de laquelle son collègue a trouvé la mort. Pour couronner les premiers pas du jeune prodige, les deux enquêteurs sont chargés du dossier Orlando Merced, un mariachi qui vient de succomber à ses blessures, dix ans après les faits qui avaient fait grand bruit (un échange de coups de feu sans explication et des tonnes de supputations inabouties). L'autopsie a permis de retirer la balle traîtresse et de lancer les policiers sur un début de piste. Cette affaire sera rapidement complétée par un autre Cold Case concernant un incendie criminel impliquant des enfants, dont Lucia quand elle était gamine. Ce drame terrible n'a jamais cessé de la hanter. Aussi profite-t-elle de sa fraîche promotion pour tirer au clair son passé obscurci par des cauchemars. De fil en aiguille, les deux enquêtes vont se télescoper et apporter de l'ampleur à la lecture qui manquait un peu de tonus depuis sa mise en route. La conduite de l'intrigue renoue ensuite avec la mécanique routinière en servant les rebondissements d'usage et en gonflant le rythme au fil des chapitres, car ces retrouvailles avec Harry Bosch collent sans surprise au standard de la série et sont ni plus ni moins ordinaires. J'apprécie toujours autant les clins d'œil, les blagues entre initiés et Matthew McConaughey (bien  meilleur que Clint Eastwood). La fin est juste excellente et s'inscrit en point d'orgue dans le parcours de notre Super Harry Bosch, ce qui présage un prochain tome à contre-courant des attentes habituelles (il faut lire le résumé de The Crossing pour s'en convaincre et s'émoustiller du retour de Mickey Haller). Chic !

Texte lu par Jacques Chaussepied pour Audiolib, mai 2016 (durée : 12h 50)

Traduit par Robert Pépin (The Burning Room) pour les éditions Calmann Lévy

Mariachi Plaza (Harry Bosch 20) | Livre audio

©2014 / 2016 Hieronymus / Calmann-Lévy. Traduit de l'anglais par Robert Pépin (P)2016 Audiolib

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Voir Clint Eastwood incarner Terry McCaleb dans Créance de sang et Matthew McConaughey jouer Mickey Haller dans La Défense Lincoln vous a gêné pour écrire leurs autres aventures ? - J’avais peu écrit sur eux avant leur adaptation. Clint a totalement obscurci l’image de Terry dans ma tête. Matthew… Il est tellement bon que je le vois maintenant quand j’écris les livres sur Mickey Haller mais ça ne me gêne pas.

Article paru dans Studio Ciné Live – Hors-série n°29 – Avril 2015

 

2 juin 2016

Comme si c'était toi, de Mhairi McFarlane

COMME SI C'ÉTAIT TOI

Anna est belle, intelligente et romantique. Célibataire, elle ne désespère pas de trouver l'âme sœur en tentant les rencontres sur internet. Elle bouscule sa petite routine en se rendant par hasard à la réunion des lycéens, seize ans après leurs seize ans, où elle recroise James Fraser, son ancien béguin qui ne la reconnaît pas. Il faut dire que Anna a particulièrement changé depuis le temps où elle était martyrisée à cause de son poids, avec en apothéose la soirée pitoyable du Mock Rock, où elle avait été humiliée publiquement, par la faute de James.

Aujourd'hui Anna est une jeune femme épanouie, au physique de déesse (des années de régime et de prise en main sont passées par là) mais a la rancune tenace. Au lieu de se présenter face à ses anciens tortionnaires, Anna rebrousse chemin en soupirant d'aise. Or, le destin s'acharne quand elle découvre qu'à l'occasion d'une exposition mise en place par son université, elle doit travailler en collaboration avec un conseiller en marketing numérique qui n'est autre que James Fraser. Son pire cauchemar. Anna fait profil bas et simule la sympathie, accepte de lui rendre service en prétendant être sa nouvelle petite amie et s'affiche à son bras auprès de ses collègues. Cette supercherie ne fait que les rapprocher et accentuer le malaise, car le souvenir de leur jeunesse plane au-dessus d'eux comme un spectre menaçant. Ni l'un ni l'autre n'aborde le sujet - James n'ayant toujours pas fait le parallèle, Anna se sentant encore trop sensible pour l'évoquer. James traverse en même temps une crise existentielle, son épouse vient de le quitter pour un jeune mannequin, son orgueil en a pris un coup et il se sent bafoué. Sa rencontre avec la pétillante Anna lui fait comprendre qu'il mène une vie superficielle, avec un boulot m'as-tu-vu qu'il déteste et une sublime femme qui flatte son ego. Lui aussi se trouve désormais à la croisée des chemins, mais James est particulièrement long à la détente. Une vraie plaie.

J'avoue avoir été déçue par son personnage et sa personnalité peu attachante, en comparaison de l'adorable Anna. Ce n'est pas facile non plus d'adhérer à leur relation, basée sur les non-dits, la rancune et l'hypocrisie, mais passons. J'ai quand même passé un agréable moment à écouter cette histoire simple et ordinaire, à l'instar des anecdotes qu'on se raconte entre copines. Cela m'a fait le même effet ici. On se sent proche des personnages, on suit une intrigue qui prend son temps, qui distille aussi un petit grain de folie appréciable, avec des personnages secondaires exubérants, une cérémonie de mariage savoureuse, des échanges de mails désopilants, de la tendresse, de l'amitié, de la cohésion et de la pertinence. C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur, après Parce que c'était nous, et qui me touche une nouvelle fois. 

Texte lu par Véra Pastrélie pour Hardigan, avril 2016 (durée : 11h 59)

Traduction d'Odile Carton (Here's Looking at You) pour Bragelonne, 2014

Comme si c'était toi | Livre audio

 

>> Ce livre audio est en exclusivité sur Audible uniquement disponible en téléchargement.

©2015 Milady (P)2016 e-Dantès

 

6 janvier 2016

Le Trône de fer & Le Donjon rouge, de George R.R. Martin

En ces temps-là nimbés de brume, où la belle saison pouvait durer des années, et la mauvaise toute une vie, se multiplièrent un jour des présages alarmants. Au nord du Mur colossal qui protégeait le royaume, se massèrent soudain des forces obscures. Au sud, l'ordre établi chancela. Le meurtre et la corruption, la lâcheté et le mensonge enserrèrent inexorablement le trône convoité...

Trone de Fer

Comme probablement beaucoup de personnes, c'est après avoir vu la première saison de la série télé créée par HBO que ma curiosité a été piquée de lire le Trône de Fer de G.R.R. Martin. Et c'est au bénéfice du livre audio, à l'écoute du formidable Bernard Métraux, que j'ai choisi de me lancer dans l'aventureEt quelle aventure ! Certes, l'adaptation tv est très fidèle au roman et j'aurais pu zapper une lecture-fleuve et aller à l'essentiel, mais cela aurait été dommage de se priver de cette mise en bouche, pour la simple et bonne raison qu'on y découvre une introduction nécessaire à l'univers des Sept Couronnes, des familles aux liens inextricables, des ambitions politiques, des conflits en souffrance et des intrigues tarabiscotées qui annoncent le chaos, le sang, la guerre, la vengeance et la soif du pouvoir.  
Miam, miam.

Cela m'a également permis de me rafraîchir la mémoire, car j'ai vu la saison 1 il y a maintenant deux, trois ans (j'ai oublié, le temps passe si vite). Ce livre audio a donc été une aubaine et je n'ai pas boudé mon plaisir. 😏

L'histoire, en quelques mots. Au Nord du royaume de Westeros, vit la famille Stark de Winterfell, où Lord Eddard y mène une existence rangée, auprès de son épouse Catelyn et leur nombreuse marmaille. Tout bascule le jour où le roi Robert débarque en personne pour le nommer nouvelle Main du Roi et le convoque auprès de lui à la cour. La reine Cersei fait grise mine. Elle n'en peut plus de se débarrasser de son époux grassouillet pour placer sur le trône son fils Joffrey. Ned Stark n'est pas dupe et cherche à la confondre, confiant ses doutes auprès d'une audience au sens de l'honneur fort discutable. Sa femme Catelyn mène aussi ses propres combats, chevauchant le royaume pour réclamer la tête du tortionnaire de son fils handicapé. À force de désespoir, elle kidnappe Tyrion Lannister et fait frémir de rage sa sœur Cersei. Les esprits chauffent et cogitent des plans retors pour rendre la pareille, sauf que les dés sont pipés et chamboulent les destinées. Armez-vous de vos sels, âmes fragiles, ça va valser ! Sur ce grand échiquier, vient également s'ajouter le sort de la jeune Daenerys Targaryen, dont le père a été dépossédé par Robert Baratheon, au terme d'une guerre sans pitié qui a conduit la jeune fille et son frère à vivre en exil. Ses épousailles avec un seigneur dothraki sonnent leur retour imminent ... et fracassant. 

Cette lecture, menée à fond de train, aura quelque peu ruiné ma vie sociale occupé de nombreuses heures de mes vacances, mais cela aura valu le coup car la découverte est franchement excitante. Et je le rappelle, il faut absolument lire les romans et regarder en parallèle la série tv, les deux programmes vous réservent un festival d'émotions fortes, avec haute probabilité d'addiction, au point de contaminer toute une maisonnée ! Damned. 

Gallimard, coll. Ecoutez Lire / 2014 ♦ Texte intégral lu par Bernard Métraux (Durée d'écoute : environ 17h & 20h) ♦ Trad. de l'anglais par Jean Sola

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Volume 2 : Le Donjon rouge de l'intégrale I (J'ai Lu, 2010)

Le Donjon rouge

22 mars 2016

Le Chant des dunes, de John Connolly

LE CHANT DES DUNES

Charlie Parker vient de s'installer dans la petite ville de Boreas pour y entamer sa convalescence. Sa maison, au bord de la plage, jouxte celle de Ruth Winter et sa fille Amanda. L'enfant, vive et spontanée, n'hésite pas à soutenir le détective diminué physiquement et à lui tenir compagnie en babillant avec insouciance. Cela distrait notre homme, mais semble déplaire à la mère. Ruth est fuyante, discrète et cachotière. Elle n'a pas livré toute son histoire, sur les raisons de sa venue à Boreas, et Parker s'en accommode aisément. Son expérience de mort imminente a calmé notre fin limier, qui s'éloigne de toute immixtion dans les affaires d'autrui. Pourtant, les crimes ne manquent pas, une famille entière a été décimée par le fils, suspect numéro un, porté disparu, un corps est également retrouvé sur la plage, des criminels nazis en exil déploient tous les moyens pour préserver leur anonymat, tandis que des rescapés juifs perpétuent leur traque jusqu'au-boutiste. Ce sont donc autant de drames qui s'enchaînent et des enquêtes qui s'enclenchent, dans la périphérie de Charlie Parker, lequel vit dans sa bulle, auprès du fantôme de sa fille, avant de craquer sous la colère et le massacre de trop. Ce livre s'inscrit dans la continuité de Sous l'emprise des ombres et n'a présenté aucune difficulté pour entrer dans l'histoire - la série Charlie Parker se découvre impérativement dans l'ordre, car chaque détail compte. L'histoire est hyper fouillée, de nombreux personnages se croisent et des destinées s'entre-mêlent, parfois livre après livre. C'est vous dire comme Connolly installe sa série dans la durée et la parsème de détails qui s'emboîtent progressivement, tout comme il entretient cet éternel fil rouge du Collectionneur, en égrenant les indices à petites doses. De plus, l'atmosphère s'évade parfois vers des accents fantasmagoriques (la mort flotte autour de Parker et ses proches) et peut sembler pesante, voire démoralisante. Mais tous ces aspects moribonds ou mélancoliques sont néanmoins attrayants et forment, pour l'essentiel, l'empreinte de la série. Petit à petit, celle-ci m'envoûte...

Traduit par Jacques Martinache (A Song of Shadows) pour les Presses de la Cité, Février 2016

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible,

uniquement disponible en téléchargement.

Le chant des dunes | Livre audio

Lu par : François Tavares (durée : 13 h 15 ) ♦  (P)2016 Audible FR

9 février 2016

Parce que c'était nous, de Mhairi McFarlane

Parce que c'était nous

Pour avoir été lu peu après Demain est un autre jour (sympa, mais agaçant), le roman de Mhairi McFarlane a été une bouffée de fraîcheur et une très agréable surprise !

On suit à nouveau l'histoire d'une jeune femme de trente ans, Rachel Woodford, qui vient de rompre avec son fiancé, qu'elle fréquentait depuis treize ans, et qui retombe sur son meilleur ami de fac, Ben Morgan, dont elle n'avait plus de nouvelles alors qu'ils formaient un couple inséparable.

Et aussitôt ça fait tilt, leur relation amicale scintille à nouveau, tenant compte des nouvelles configurations (lui est marié à une avocate brillante, belle et richissime, il vient d'emménager à Manchester et cherche à renouer avec ses anciens contacts). De son côté, Rachel est journaliste (section judiciaire) et pensait son avenir tout tracé jusqu'à ce qu'elle décide de faire un grand ménage. L'heure est aussi aux souvenirs, qu'elle ressasse sans amertume.

Car entre Ben et elle, l'histoire n'a pas de nom. C'est avant tout une amitié fusionnelle, sans ambiguité apparente, et puis... l'histoire va nous en apprendre davantage, au fil des chapitres, en alternant présent et passé, pour faire revivre cette formidable alchimie, les sentiments cachés, les frôlements, les malentendus... jusqu'à l'inéluctable question : comment et pourquoi ont-ils coupé les ponts ?

C'est ce qu'on va découvrir au terme d'un chassé-croisé passionnant et vibrant d'émotion. Mine de rien, j'ai dévoré cette histoire, qui se laisse lire avec plaisir et ravissement. On craque pour les personnages, pour l'humour et pour l'histoire aussi, qui n'est pas du tout comparable au roman de David Nicholls, Un jour, que j'avais trouvé trop déprimant. Cette fois, le ton est léger, drôle et primesautier, avec un bon sens de la dérision, qui fait souvent sourire. Rachel est entourée d'une bande de potes très attachants et collectionne les hauts et les bas d'une vie banale (compétition déloyale au boulot, déconvenues amoureuses etc.).

C'est simple, mais super agréable à partager. J'ai vécu cette lecture avec le sentiment d'en faire partie et d'être triste d'en sortir. Suis complètement fan de l'auteur ! ;-)

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible 

- uniquement disponible en téléchargement.

 Parce que c'était nous | Livre audio

©2013 Milady. Traduit de l'anglais par Odile Carton (P)2019 e-Dantès

8 février 2016

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman

Demain est un autre jour

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list ...

J'avais très, très envie de découvrir ce livre depuis un bon moment, pressentant une lecture agréable et de détente. Souvent envisagé pendant mes vacances, sans cesse remballé dans mes valises sans avoir eu le temps de l'ouvrir, ce roman a donc énormément végété en ma compagnie. J'anticipais déjà la rencontre, bim bam boum, et j'étais certaine de tenir là un coup de cœur. Et puis, non. Avouons-le de suite. Cette lecture n'a pas été une déception mais m'a laissé une sensation tiède. Je vous le jure, monsieur le juge, c'est la faute, la très grande faute du personnage central : Brett Bohlinger.

Âgée de 34 ans, cadette d'une fratrie propre sur elle, amoureuse d'un avocat mégalo, puisant dans ses dernières ressources pour s'intéresser à l'art du business, plus dans l'idée de reprendre le flambeau familial, elle qui se sentait très proche de sa maman, veillant sur elle dans son combat, jusqu'au bout, se sent légitimement abandonnée et malheureuse au moment de sa mort, avant d'éprouver cette sensation - terrible - de trahison. C'est concrètement le portrait qu'on tente de tirer, au mieux. Car ce qu'on découvre ensuite ressemble à une détestable princesse, déchue de ses droits, confrontée à une réalité douce-amère, dans laquelle elle chouine beaucoup, se plaint superficiellement et tombe amoureuse toutes les trente secondes. Ouhlala. C'est peu de dire que j'ai été exaspérée par ses caprices... Et il en va ainsi, sur presque 10 heures d'écoute fluide et entraînante, avec une histoire au déroulement étonnamment plein de vivacité et de gaieté.

Brett va finalement relativiser sa situation, en fonction de ses nouvelles rencontres et de ses expériences. Eh oui, c'était aussi le but de la liste : apprendre à grandir et tenter de construire quelque chose pour faire de sa vie une réussite. Je n'ai pas trop compris pourquoi sa mère n'avait jamais pris le temps de lui dire entre quatre yeux qu'elle se fourvoyait jusqu'à présent, préférant le lui suggérer post-mortem en l'appâtant avec le pactole. Je chipote, je chipote, car ce roman comporte de nombreux détails incongrus et des éléments invraisemblables, sur lesquels on ferme volontiers les yeux, comme de coutume. Et même si Brett Bohlinger est, dans son genre, à claquer, son parcours, avec ses déboires et ses bonnes surprises, reste une façon consolante de se changer les idées. C'est mimi à souhait, en plus de véhiculer un message positif et inspirant. 

Ingrid Donnadieu, la lectrice, interprète cette princesse des temps modernes avec fraîcheur et entrain, pour une exécution très agréable à écouter, en plus de réveiller le souvenir du personnage de Lady Mary dans Downton Abbey, puisque la comédienne est aussi la voix française de Michelle Dockery. ;-)

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 10h 56)

Téléchargez l'extrait (mp3, 3 Mo)

Traduit par Laura Derajinski (The Life List) pour les éditions Le Cherche Midi

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015

4 février 2016

Sidney Chambers et l'ombre de la mort (Les Mystères de Grantchester), de James Runcie

Sidney Chambers et l'ombre de la mort

Les amateurs des séries policières du dimanche soir, sur France 3, connaissent probablement déjà Sidney Chambers et ils ont bon goût car Grantchester est une série de qualité, inspirée des livres de James Runcie. Sidney Chambers est donc chanoine à Grantchester, près de Cambridge, c'est aussi un jeune homme charmant et célibataire, disponible pour ses ouailles et prêtant volontiers une oreille compatissante dès lors qu'on le sollicite pour s'épancher. C'est ainsi qu'il reçoit la confidence d'une femme éplorée par la mort de son amant, qui vient de se suicider, or celle-ci refuse de croire cette théorie et implore le pasteur de mener une enquête discrète. Après quoi, notre Sidney va prendre goût aux intrigues policières et s'investir, souvent à la demande de son ami, Geordie Keating, inspecteur à Scotland Yard, dans des histoires louches, impliquant des vols, des empoisonnements et même des meurtres ! Soudain la vie cléricale vous paraît tellement plus excitante... si grisante qu'elle éloigne notre homme d'église de ses fonctions premières, au grand dam de son assistant, Leonard Finch. Le livre se compose donc de six petites histoires, qui s'enchaînent sur 350 pages, tout en entretenant un lien invisible entre elles. On y retrouve ainsi la même brochette de personnages pittoresques, comme Mrs Maguire, la gouvernante revêche, ou la pétillante Amanda Kendall, une amie de longue date, désormais sa tendre complice, avec ambiguité amoureuse perceptible, sans oublier le chien Dickens, nouvelle coqueluche du village. Le contexte des années 50 participe aussi au charme et à l'élégance de la lecture, et si l'esprit général est assez poudré, cela n'occulte pas des thèmes subversifs, comme la violence sexuelle et l'homophobie, qui viennent quelque peu noircir le tableau bucolique. Grantchester reste néanmoins une série d'ambiance et de caractère bon chic bon genre, où l'action lente et la réflexion métaphysique prennent le pas aux pérégrinations de notre chanoine préféré, amateur de jazz, de backgammon, de whisky et de bière brune. C'est sans esbroufe et très classique, mais plaisant à lire pour qui recherche une forme de détente dépaysante (et apprécie la formule du “cozy mystery so british”). ;-)

Actes Sud / coll. Actes Noirs ♦ Janvier 2016 ♦

Traduit par Patrice Repusseau (Sidney Chambers and the Shadow of Death, 2013)

Grantchester

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bannerfans_16489672 (63)  Challenge ABC Policier Thriller

13 janvier 2016

Birdman (Jack Caffery 1), de Mo Hayder

Birdman

Forte de ma découverte l'an dernier (cf. Fétiches, épisode 6 de la série Jack Caffery), j'avais prévu de reprendre les livres de Mo Hayder depuis le début, avec notamment Birdman qui nous introduit de façon redoutable dans cet univers policier avec (scènes macabres & détails glauques à gogo. Ce livre sert néanmoins à dresser un profil d'inspecteur attachant, à la fois secret et terriblement humain. Jack Caffery est un homme brisé, qui vit dans la hantise du passé, depuis le jour où son frère Ewan a mystérieusement disparu. Ses parents en ont eu le cœur brisé et ont tout abandonné pour déménager le plus loin possible. Depuis, Jack n'a eu de cesse de ressasser les indices et traquer les pistes, cherchant à piéger son principal suspect, Ivan Penderecki, un voisin pervers, au passé peu reluisant, qui a cependant réussi à passer entre les mailles du filet. Caffery n'échappe pas aux clichés du flic taciturne, brisé et obsédé par sa quête, en plein échec sentimental, incapable de construire une vie décente, et se consacre à son boulot comme sa seule bouée de secours. Nouvellement promu au Service régional des enquêtes sensibles, il n'a pas le temps de dire ouf qu'une étrange affaire l'attend déjà. Cinq cadavres de femmes, aux corps mutilés, ont été découverts dans un terrain vague, avec pour signature scabreuse, un oiseau cousu à l'intérieur de leur poitrine. Et aussitôt notre super flic se distingue. Loin de suivre l'un de ses collègues, occupé à faire le mariole et conduire l'enquête à la catastrophe, Jack centre ses investigations sur un pub fréquenté par des prostituées, des trafiquants de drogue et des employés de l'hôpital voisin... et fait la rencontre de Rebecca. Cela peut sembler lugubre et lourd à encaisser, mais la lecture n'en est pas moins fluide et captivante à écouter. On ne s'attache pas ici à chercher le coupable de l'histoire, on le connaît déjà, mais on n'en absorbe pas moins le choc de l'enquête avec courage et impassibilité. Celle-ci déploie une intensité de l'horreur, d'une violence sidérante, qui met carrément nos nerfs et nos émotions à rude épreuve. Un vrai supplice. Ceci dit, malgré son caractère insolite et éprouvant, le roman est d'une efficacité redoutable et se lit étonnamment bien.

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

©2000 Presses de la Cité. Traduit de l'anglais par Thierry Arson (P)2015 Audible FR

>> Disponible chez Pocket

BIRDMAN - Mo HAYDER

 

15 décembre 2015

Toute la lumière que nous ne pouvons voir, d'Anthony Doerr

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Avant même de commencer ce livre - et bien loin de prendre note de toute l'agitation autour, vu son prix Pulitzer & la vive recommandation du président Obama himself - j'avais très envie de le lire et d'en tomber amoureuse. Pleine d'indulgence pour ce qu'elle me réserverait, je me suis donc lancée dans l'aventure, sans savoir à quelle sauce elle me mangerait !

J'ai donc été pleinement séduite de débarquer entre les murs de St-Malo. L'histoire s'ouvre en 1944, sous les bombardements. Une jeune fille aveugle, Marie-Laure Leblanc, attend seule le retour de son père, tandis que non loin de là, Werner, un garçon allemand, s'échine à décoder la transmission radio pour mettre à mal la résistance. On s'imagine alors que le destin des deux personnages va entrer en collision, mais c'est sans se douter du tournant de l'intrigue ! Car il faudra faire preuve de patience, remonter le fil du temps, suivre deux parcours distincts, croiser des figures plus ou moins aimables, partir en quête d'un diamant rare et attendre son heure pour le rendez-vous au 4 rue Vauborel. Le procédé est subtil, mais nous engage aussi sur une voie beaucoup trop longue à mon goût. Le roman n'en est pas moins ingénieux, habilement construit, ne négligeant aucun détail, plaçant chaque pièce du puzzle avec une minutie toute calculée... Mais du fait de son ambition, le roman sert une histoire qui a tendance à s'essouffler, à force de longueurs. J'ai ainsi passé un bon moment, sans avoir été transcendée non plus. C'est poignant juste comme il faut, plein de tact et de sensibilité. C'est aussi une façon originale d'aborder la guerre et ses ravages sans tomber dans les travers du genre.

Audiolib / Octobre 2015 ♦ Texte lu par Denis Laustriat (durée : 16h 13) ♦ Traduit par Valérie Malfoy pour les éditions Albin Michel (All the Light We Cannot See)

13 novembre 2015

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, de Harper Lee

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Quel roman extraordinaire ! L'histoire est racontée par une fillette de neuf ans, Scout Finch, qui grandit avec son frère Jem et leur père Atticus dans une petite ville d'Alabama, frappée par la récession économique et engluée dans la ségrégation raciale (nous sommes dans les années 30). Scout est une enfant vive et curieuse, qui a perdu sa mère très jeune et qui voue à son père un culte sans borne. Atticus Finch est avocat, commis d'office dans une affaire de viol, un noir contre une blanche. Le comté est en plein émoi, mais Atticus va inculquer à ses enfants la valeur essentielle du respect de l'autre et du droit pour tous.

Même si cette affaire est l'équivalent de la lumière du phare en pleine mer, elle n'occupe pas non plus toute la place et s'éclipse pour laisser libre court aux divagations de la fillette qui nous raconte aussi sa vie de tous les jours - l'école, l'institutrice aux nouvelles méthodes pédagogiques, les vacances avec Dill, le voisin Boo Radley qui vit reclus chez lui et qui ne cesse d'alimenter de folles rumeurs et l'imagination des enfants. C'est fondamentalement un roman sur l'enfance et l'innocence, sur le regard naïf mais non moins acéré que porte Scout sur le monde qui l'entoure et qui ne tourne pas toujours rond.

Loin d'être simpliste, la lecture est surprenante par sa trame subtile et ficelée avec brio. Scout, par sa jeunesse et son idéalisme radical, s'exprime tout de go et rend, à son corps défendant , son récit drôle et caustique. C'est très, très bon. Et la voix de Cachou Kirsch est toujours aussi agréable à écouter. Elle nous transporte dans cette ambiance du sud si caractéristique, et pourtant si ensorcelante et captivante. J'ai été sous le charme, conquise durant les 11 h 35 du livre audio, époustouflée par ce fabuleux canevas œuvré avec intelligence et doigté.

Ce grand classique de la littérature américaine, couronné par le prix Pulitzer en 1961, est également devenu un livre culte dans la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis mais doit aussi son succès pour son incomparable justesse et pour sa tendresse dans les événements qu'il rapporte. Je recommande fortement. ♥ 

Audiolib / Octobre 2015 ♦ Texte lu par Cachou Kirsch (durée : 11h 35) ♦ Traduit par Isabelle Stoïanov pour les éditions de Fallois (2005) relue et actualisée par Isabelle Hausser pour les éditions Grasset & Fasquelle  

À paraître en FÉVRIER 2016 (Audiolib)  « Va et poste une sentinelle » la suite des aventures de Scout.

31 octobre 2015

Bilan du mois : Octobre 2015 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Witch red shoes

Un mois riche, exceptionnel et TERRIFIQUE. Jugez plutôt...

☠-☠-☠-☠

 Animale: La Malédiction de Boucle d'Or, de Victor Dixen

 Les Maudits, d'Édith Kabuya    Stone Rider, de David Hofmeyr

 Alice au pays des Zombies, de Gena Showalter

 Les Minuscules, de Roald Dahl    Lucile Finemouche & le Balafré : La Dimension Chronogyre

  

 Mes petites peurs, de Jo Witek & Christine Roussey

 Le Croque-lapin, de Rémi Courgeon    Les Aventuriers du soir, d'Anne Brouillard

 La Chasse au Loup, de Sally Grindley & Peter Utton

 Créatures fantastiques, de Paul Rouillac    Docteur Jekyll et Mister Hyde

 

 Horrorstör, de Grady Hendrix    Les Profondeurs, de James Grippando

 La Mort à nu, de Simon Beckett    Les Cendres froides, de Valentin Musso

 Psychose, de Robert Bloch    Diable Rouge, de Joe R. Lansdale

 Cadavre 19, de Belinda Bauer    À la vie, à la mort, de Colette McBeth

 Le Tribunal des Âmes, de Donato Carrisi    Millénium, de Stieg Larsson

 Pandemia, de Franck Thilliez    Une autre vie, de S.J. Watson

 

 Bouche d'Ombre, Tome 2 : Lucie 1900, de Carole Martinez & Maud Begon

 Les Royaumes du Nord (Volume 2), de Stéphane Melchior & Clément Oubrerie

 Le Retour du Chat assassin, de Véronique Deiss   ☠ Aliénor Mandragore, de Séverine Gauthier & Thomas Labourot

 

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Côté séries TV, j'ai vu la saison 3 de Bates Motel qui s'enfonce toujours plus loin dans les rouages de la folie & schizophrénie. 

Bates Motel6   Bates Motel7

J'ai terminé True Blood avec une saison 7 que j'ai trouvée trop lisse et accommodante dans la résolution de ses intrigues, mais elle restera dans mon souvenir une série sexy (pas toujours de bon goût) et déjantée (humour second degré). Vive Pam, vive Lafayette ! ♥ 

TrueBlood2   TrueBlood6

Vu aussi UnREAL la nouvelle série sur Lifetime qui raconte les coulisses d'une émission de télé-réalité façon The Bachelor. Un jeune bellâtre anglais cherche à s'émanciper de sa richissime famille en lançant son propre business en Amérique, mais doit redorer son blason après la publication de photos volées révélant sa vie dissolue. Une dizaine de candidates toutes plus charmantes et sexy les unes que les autres défilent sur le tapis rouge pour conquérir notre célibataire et atteindre le but ultime - la cérémonie de mariage.

Unreal

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C'est une série subtile et cassante, qui dévoile toutes les vicissitudes du métier. Ici, le prince n'est pas charmant, les fiancées sont toutes vénales, chacun s'embrouille et se manipule, personne n'est dupe. C'est l'ANTI conte de fées dans sa version la plus trash et ignoble. Et ça appuie là où ça fait mal - voyeurisme, tabou et spectacle déshonorant. 

Vu aussi Death comes to Pemberley, d'après le roman de P.D James (adaptation de Daniel Percival pour la BBC). On y découvre le couple Darcy & Elizabeth en ménage, non sans heurt, du fait de la découverte d'un homme assassiné sur leurs terres et l'arrivée en fanfare de la jeune sœur Bennet et son époux Wickham. La personnification et l'interprétation sont correctes (Lydia, alias Jenna Coleman, est fantastique, ainsi que Matthew Goode, dans son arrogance superbe... on adore les détester). Le couple Darcy est tout à fait crédible, Matthew Rhys (The Americans) et Anna Maxwell Martin (Enquêtes codées ; South Riding) mais je trouve surprenant le laisser-aller à une scène intime et sensuelle dans l'épisode 3 qui semble à des années lumière de Jane Austen ! ☺

Death comes to Pemberley 2

 

Et je continue la série Haven (d'après la nouvelle de Stephen King, Colorado Kid) qui me plaît beaucoup, beaucoup, beaucoup. ☺

Haven3

 

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Avis aux amateurs de livres audio, profitez du weekend pour découvrir Audible.fr

 

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22 août 2009

non, non, l'été n'est pas fini !

encore une semaine, bon sang ! on s'y accroche avant de rentrer tête basse dans l'automne et avec ça la terriiiible reprise de l'école, qui implique son rythme contraignant des horaires à respecter, des devoirs du soir, des réveils du matin, des impôts à payer (sic), et des copines qu'on retrouve, des blablas interminables autour d'un café, des nouveaux projets à réaliser, des travaux qui voient enfin le bout du tunnel, pfiou... c'est chaque année la même rengaine, après le 15 août, je suis dans un état d'esprit qui touche le fond pour aussitôt rebondir et atteindre le nirvana, je suis lasse et impatiente à la fois, je ne sais pas, je devrais être habituée à la longue...

un petit de musique pour me consoler ^-^

 

petit passage en revue des lectures de cet été 2009, *programme de la Miss, 9 ans*, avec pour commencer :

 

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Les grandes vacances de Maja Celija est un album sans paroles, où l'histoire se passe dans une maison abandonnée le temps des vacances par ses habitants, elle est alors hantée par ceux et celles qui ornent les photographies, jour de délivrance oblige, ils vont profiter du foyer en toute liberté et vivre leurs vacances à fond avec juste les moyens du bord. Au programme : beaucoup d'imagination, jamais de soucis ! 
Un album qui n'appelle pas les grands discours, mais juste la force de l'imagination.
Très belles illustrations de l'italienne Maja Celija, où il flotte un petit air de nostalgie et une atmosphère onirique. A feuilleter longuement, et plusieurs fois. Ce ne sera jamais la même histoire !
(autrement, 2006 - 12,50€)

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L'été où j'ai grandi de Jo Hoestlandt est un parfait petit roman pour ma jeune Miss C. qui grandit. L'histoire se déroule en 1960, la narratrice a dix ans et elle passe toutes ses journées à la plage avec son petit frère, ou à bouquiner tranquille dans sa chambre. Le hic pour la demoiselle c'est ce slip de bain tricoté laine (hic), qui la cantonne au rang de petite fille, mais en entendant la remarque d'un adulte la fillette rougit et prend conscience de son corps, heureusement la maman intervient avec tact pour lui offrir ce maillot une pièce qui lui fera sentir la douceur de vivre et le bonheur de grandir !  (actes sud junior, 2006 - 6,00€)
illustré par Camille Jourdy

des_vacances_en_chocolat

Des vacances en chocolat de Jean-Philippe Arrou-Vignod est enfin disponible en folio junior puisqu'il était jusqu'à présent vendu avec l'édition spéciale, Une famille aux petits oignons, en texte inédit. L'histoire : Cet été, la famille des Jean-Quelque-Chose au grand complet part à l'Hôtel des Roches Rouges. Au programme, excursions à la mer avec le canoë et les chaussures en plastique qui donnent des ampoules, visite clandestine de l'hôtel à l'heure de la sieste, représentation exceptionnelle du grand cirque Pipolo, sans oublier te passage du tour de France... Et surtout, quelques cartes postales bien senties aux cousins Fougasse !
Plus besoin de clamer combien j'adore la famille des Jean Quelque-Chose et je trouve qu'il n'y a d'ailleurs pas d'âge pour apprécier leurs aventures !

Extrait : Chers cousins Fougasse,
On voulait vous remercier pour les vieux shorts déjà portés que vous nous avez envoyés. Ils nous boudinent juste un peu parce qu'on est plus costauds que vous, mais ça va. En échange, est-ce que vous voulez nos super tee-shirts rayés de La Famille Moderne ? On vous les donne avec plaisir, si maman est d'accord... A part ça, on est dans un hôtel trois étoiles avec frites à volonté. On fait du bateau, de la plongée, on va au cirque... Ah ! tiens, on a aussi rencontré Eddy Merckx et Poulidor. Dommage pour vous que le Tour de France passe trop loin de votre camping surchauffé. C'est vraiment pas de chance !
On vous embrasse très sincèrement.

(folio junior, 2009 - 4,00€)

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Cet été-là d'Arnaud Alméras illustré par Robin est une petite merveille ! L'histoire est simple, on suit deux amis qui se rencontent sur la plage et vont se revoir au fil du temps. Suivant les âges, les centres d'intérêt et les occupations évoluent, ce qui ne change pas ce sont les bagarres et les réconciliations, sans compter que ces deux-là ne se quitteront plus ! Mais ça, ils ne le savent pas encore. L'histoire possède ce charme délicat de raconter combien un être est précieux dans votre vie, sans que ça vous saute aux yeux, il est là, et c'est ce qui compte, mais il suffit d'une pécadille pour que la terre tremble et que les oeillères tombent. Je me comprends ! ^-^
J'ai déjà aperçu ce livre présenté de nombreuses fois sur d'autres sites / blogs, ce n'est plus une nouveauté, toutefois n'attendez plus pour le découvrir, car c'est tendre, doux, drôle, charmant, ça vous parlera obligatoirement !
(éditions sarbacane, 2009 - 12,00€)

et pour conclure, mais c'est juste un avant-goût pour une prochaine bafouille :

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^L'été de Garmann & La rue de Garmann par Stian Hole ^

bel fin d'été à tous !

 

 

 

2 juin 2009

Les Sang d'Argent ~ Melissa de la Cruz

après les Vampires de Manhattan, et les Sang-Bleu ...

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Cette série est un plaisir coupable, dont voici le troisième tome (très attendu) dans lequel longtemps j'ai ressenti un semblant de statu-quo avant la traditionnelle avalanche de révélations dans les toutes dernières pages du livre. C'est en effet assez long, il ne se passe pas grand-chose, du moins rien de neuf, à part le retour de Dylan, et encore c'est succinct, plus la liaison entre Theodora et Jack, mais pas de quoi renverser les foules. Et pour ma part, je préfère de très loin le personnage d'Oliver... Mimi Force se révèle toujours aussi garce et agaçante, elle a déjà digéré son procès en Italie et concentre ses efforts pour célébrer officiellement la cérémonie du lien avec son âme soeur. Bliss devient un personnage intéressant, sa récente découverte d'une photographie de sa véritable mère pourrait bien chambouler le damier des vieilles dynasties établies. Sur ce plan, hélas, la révélation se fera encore attendre... Dans les toutes dernières pages, l'action prend un brusque tournant. Le conclave au complet s'est déplacé de Manhattan pour Rio, ce qui déplaît fortement au grand-père de Theodora, récemment élu nouveau Rex (au détriment de Charles Force), car il pressent un drame imminent. Inutile de cacher que c'est tout à fait justifié ! 
Ce qui ne cesse de me surprendre dans cette série, c'est que rien ne semble déjà décidé à l'avance, que toute l'intrigue peut être retournée à chaque instant et qu'il serait bien présomptueux d'affirmer quelle sera l'issue (du combat ou des choix amoureux), surtout après la fin de ce tome 3. Et je ne m'en lasse pas, je suis d'ailleurs impatiente de lire le prochain tome (à paraître à l'automne pour les USA), mais en même temps je découvre que l'auteur n'a pas encore fixé le nombre de tomes pour sa série !!! Trop de plaisir à l'écrire, trop d'idées pour la grossir... ça promet.

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 295 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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parce que cette Etreinte d'Egon Schiele se glisse dans l'histoire.... bah oui !

(et pourtant je trouve que le série manque cruellement de sensualité !!!!)

MESSAGE PERSO :::  bon anniversaire à toi, ma frangine... et tu vois, ce livre t'attend ! vi, toi !  :-D

1 juin 2015

En poche ! # 46

Encore une pleine récolte de nouveautés, ça sent bon les vacances ! 

♦♦♦♦♦♦

  

NUIT DE NOCES A IKONOS   De si jolies ruines, de Jess Walter   En cas de forte chaleur

Nuit de noces à Ikonos, de Sophie Kinsella

De si jolies ruines, de Jess Walter

En cas de forte chaleur, de Maggie O'Farrell

 

Passé imparfait   Ces lieux sont morts   Des enfants trop parfaits, de Peter James

Passé imparfait, de Julian Fellowes 

Ces lieux sont morts, de Patrick Graham

Des enfants trop parfaits, de Peter James  [LU]

 

La Ballade d'Hester Day de Mercedes Helnwein   C'est elle   Des vies en mieux

La Ballade d'Hester Day, de Mercedes Helnwein

C'est elle, de Danny Wallace  [LU]

Des vies en mieux, d'Anna Gavalda

 

LE BONHEUR CÔTÉ PILE   LES ARBRES VOYAGENT LA NUIT   L’ÉVEIL DE MADEMOISELLE PRIM

Le bonheur côté pile, de Seré Prince Halverson

Les Arbres voyagent la nuit, d'Aude Le Corff   

L'éveil de Mademoiselle Primde Natalia Sanmartin Fenollera

 

Le Testament des abeilles   LUMINEUSES   La Faute

Le testament des abeilles, de Natacha Calestreme

Les Lumineuses, de Lauren Beukes

 La Faute, de Paula Daly

 

Portrait d'une femme sous influence   L'invité du soi   Une Lettre de vous

Portrait d'une femme sous influence, de Louise Doughty 

L'invité du soir, de Fiona McFarlane   

Une lettre de vous, de Jessica Brockmole

 

Les brumes de l'apparence   Défense de tuer

Les brumes de l'apparence, de Frédérique Deghelt

Défense de tuer (Une enquête de l'inspecteur-chef Armand Gamache) de Louise Penny

 

La blouse roumaine   Expo 58

La blouse roumaine, de Catherine Cusset

Expo 58, de Jonathan Coe  [LU]

 

Amis et RIEN de plus

Amis et rien de plus, de Kristan Higgins

 

30 avril 2009

Apolline et le fantôme de l'école ~ Chris Riddell

Voici un livre 5 5.0 étoiles sur 5décrété par mademoiselle ma fille (et elle a bon goût !) :

appoline_fantome_ecole

Les plus fidèles lecteurs reconnaissent le deuxième livre de Chris Riddell, seul aux commandes, après une rouge introduction portant le titre d' Apolline et le chat masqué (publié en mai l'an dernier).

Quoi de neuf chez cette jolie blondinette qui vit seule dans l'appartement 243 de la tour P.W. Huffledinck, que tout le monde surnomme le Poivrier ? La routine, bien sûr. Des parents en déplacement, emportés par leur passion de la collection d'objets insolites. Une batterie de services en tous genres pour subvenir aux besoins de l'enfant, du repas à domicile aux changeurs d'ampoules, en passant par les techniciens rapetasseurs d'oreillers et tireurs de rideaux. Et heureusement, le plus fidèle compagnon et ami  : M. Munroe (de Norvège).

Lors d'une promenade dans le jardin ornemental, Apolline fait la rencontre de Cécilie Forbes-Laurence, troisième du nom, et Bredouille, son poney de Patagonie. Cette fille est étonnante, elle a sans cesse des histoires extraordinaires à raconter, Apolline s'attache et décide de devenir son amie. Mais les festivités touchent à leur fin, car Cécilie doit retourner à l'école. L'endroit a tout pour plaire et fasciner Apolline : l'Ecole Alice B. Dupont a été créée pour aider chacun à découvrir son don spécial. Notre héroïne écrit aussitôt à ses parents pour en faire partie !

L'ambiance dans cette école est épatante, totalement hors du commun, le décor est celui d'un manoir sur le sommet d'une colline, on y vient en bus et un majordome vous accueille. L'emploi du temps privilégie des activités réjouissantes, comme l'étude de rires, la rêverie appliquée ou les compétences inutiles. Cerise sur le gâteau, Cécilie est fière de rapporter les vieilles histoires qui hantent la maison, les légendes avec des fantômes ou le conte à dormir debout du cheval des Hammerstein qui revient la nuit pour se venger... Ses camarades sont transis de peur, mais Apolline n'est pas dupe. Même M. Munroe, isolé dans l'aile est, a pris l'initiative de mener sa petite enquête.

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Cette série est une vraie réussite, par son humour et son intelligence d'une part, par le talent de l'auteur et illustrateur Chris Riddell bien entendu, et d'autre part par l'imagination, par la création et par l'originalité dans le produit. Couverture cartonnée, reliure dorée, à l'intérieur les teintes utilisées sont exclusivement en noir et bleu. Les personnages sont amoureusement peignés, on ressent même un élan d'amitié pour M. Munroe, injustement délaissé par Apolline, mais ce n'est pas méchant, juste tout nouveau pour elle (avoir une amie de son âge, aller pour la première fois à l'école). Il y a des scènes hilarantes, comme l'invitation au pique-nique des ours, et un décalage sans cesse renouvellé dans l'atmosphère, entre le rire, les frissons, le suspense, le rétro. Je reconnais, je n'ai absolument pas honte de chiper ces livres à ma fille !!!

Peut être lu dès 7-8 ans. La lecture peut paraître ambitieuse avec ses 175 pages, mais il y a très peu de texte et beaucoup d'illustrations (où il faut retrouver tous les fantômes de l'école !). Ludique, en plus, c'est génial ! J'avais beaucoup aimé le premier livre, mais j'ai adoré celui-ci. Encore mieux, est-ce possible !?!

Milan jeunesse, 2009 - 175 pages - 11€
traduit de l'anglais par Amélie Sarn

l'avis de Mélanie (en anglais)

19 mai 2009

Rose, sainte-nitouche ~ Mary Wesley

L'an dernier, en 2008, les éditions Héloïse d'Ormesson annonçaient leur intention de republier les romans de Mary Wesley, injustement rangés dans des placards et rendus indisponibles sauf sur le marché de l'occasion, en remettant donc au goût du jour La pelouse de camomille (bientôt repris en poche, en juin).
Promesse tenue avec la parution, en 2009, du roman : Rose, sainte-nitouche (je n'aime pas du tout ce titre ! préfèrez l'original : Not that sort of girl).

rose_sainte_nitouche

Rose vient de perdre son époux, Ned Peel. Inutile de perdre son temps à pleurer sur son sort, elle boucle aussitôt ses valises et part se réfugier dans un hôtel pour ressasser les cinquante années écoulées auprès de son défunt mari. Bien sûr, elle avait tout pour être heureuse : la richesse, le confort, la sécurité, l'amour. Et pourtant son coeur battait pour un autre.
Allongée sur son lit, livrée à la solitude, elle se rappelle donc Rose Freeling, une jeune fille naïve, prude et quelconque, qui était venue chez des amis pour jouer au tennis, en fait pour rencontrer d'autres jeunes gens issus de la bonne société. C'est ce jour-là qu'elle croise pour la première fois Mylo Cooper, alors précepteur du fils de famille. Son destin se lie également à Ned Peel, héritier du majestueux domaine de Stepe, et aux jumeaux Thornby, Emily et Nicholas, deux redoutables rapaces aux dents longues.
Poussée par ses parents, snobs et méprisants, Rose se fiance à Ned et renonce à son grand amour. Mais ceci n'est qu'un début, car notre joli monde évolue dans une drôle d'époque. La guerre éclate. Les alliances sont conclues en quatrième vitesse, les séparations se suivent, les secrets naissent, des liaisons dangereuses se nouent.

L'histoire n'est pas très originale et pourrait rappeler la trame aperçue dans La pelouse de camomille. On retrouve un groupe de personnes, des amis, des connaissances, un microcosme de cette société anglaise atypique, bariolée et guindée, les remaniements irréfléchis qu'entraîne la guerre avec ses années de privation, comme un tourbillon qui s'abat sur tous, pressés subitement de vivre et d'aimer, sans le souci de la bienséance. Au centre, Rose a la réputation d'être douce et effacée, pas ce genre de fille à avoir des soucis, à tromper son mari, à butiner allègrement, si ce n'est dans son jardin. Et pourtant...
Mary Wesley nous offre un roman savoureux, qui s'ingurgite avec délectation. Les dialogues sont piquants, le rythme est sans cesse enlevé, avec des scènes à l'humour irrésistible, comme la nuit de noces ou le rendez-vous dans un petit hôtel miteux en bord de mer. C'est espiègle, légèrement insolent et délicieusement ironique. Les personnages ont beaucoup d'allure, ils sont chics, insouciants, arrogants, mondains, baroudeurs, raffinés ou prétentieux. On adore les détester, le couple Thornby en tête.
Mary Wesley se joue des modes et des conventions, elle montre dans ses romans qu'il ne faut jamais juger sur les simples apparences, révélant aussi son attachement pour des personnages immoraux ou qui agissent comme tel. C'est caustique et adorable, « une dragée au poivre » nous annonce-t-on en couverture.

C'est à l'âge de soixante-dix ans que Mary Wesley publie son premier roman, entamant ainsi une carrière aussi féconde que tardive. Elle est décédée en 2002.

extrait :

- J'ai beaucoup d'affection pour toi, Ned, dit-elle tristement.
- Et moi je t'aime.
- J'ai dit beaucoup d'affection, je n'ai pas parlé d'amour.
La voix de Rose se faisait coupante.
- Je t'ai entendue. C'est important d'avoir de l'affection pour la personne qu'on aime. Moi, je t'aime et j'ai de l'affection pour toi, mon chou.
Rose inspira profondément, puis lâcha précipitamment :
- Je sais que c'est idiot, je sais que j'aurais dû te le dire plus tôt, mais je ne supporte pas qu'on m'appelle mon chou, Ned, ça me rend malade.
 

Editions Héloïse d'Ormesson, 2009 - 464 pages - 22€
traduit de l'anglais par Michèle Albaret

Le présent roman a fait l'objet d'une première publication aux éditions Flammarion en 1990.wesley_mary

 

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