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Chez Clarabel
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18 octobre 2016

Toujours maudit ! de David Safier

Toujours MauditDavid Safier renoue avec le succès en reprenant la même formule qu'à ses débuts, lorsqu'en 2008 il débarquait avec son Maudit Karma, un roman burlesque et déjanté qui traite de la réincarnation non sans humour et ironie.
Cette fois, nous faisons la connaissance de deux acteurs aux parcours diamétralement opposés, Daisy Becker et Marc Barton. Tous deux se rencontrent sur le plateau de tournage du nouveau James Bond et se détestent cordialement. Daisy est débutante dans le métier, elle crève d'envie de décrocher un cachet pour payer ses traites, mais voilà que la superstar Barton plombe tous ses rêves en lui sucrant son rôle. Retour à la case départ
 pour notre comédienne maladroite, qui accomplit l'exploit de zigouiller le chien de Marc et multiplie par dix sa fureur. Résultat, à force de chamailleries et d'amaretto ingurgité à haute dose, le couple envoie la Lamborghini se crasher dans un camion. Clap de fin pour ces deux-là. Adios amigos. 
C'est là que notre histoire s'engage sur les sentiers de la comédie loufoque. Car Daisy et Marc se réveillent dans la peau de petites fourmis au cœur d'un conflit guerrier hyper sanglant. En plus du choc de la réincarnation, la rencontre avec Bouddha et l'affreux constat d'être copains de galère, se pose aussitôt la question du karma et des bons points à récolter pour gravir les échelons dans le processus de la renaissance (et ainsi reconquérir leur forme humaine).
Cette seconde chance est aussi l'occasion pour Daisy et Marc de faire table rase du passé, du moins en théorie, puisque notre duo infernal conjugue un caractère de cochon à un tempérament d'âne bâté et ne cesse de se disputer, en se renvoyant mutuellement la responsabilité 
de leur manque de fortune. Mais un événement inattendu va pourtant les rapprocher : l'idylle naissante entre la femme de Marc et le meilleur ami de Daisy. Et ça, aucun des deux n'est prêt à accepter l'impensable. 
À partir de là, l'histoire nous régale de séquences désopilantes et enchaîne les situations ubuesques avec des personnages de mauvaise foi, qui avancent au hasard de leur destinée, sans totalement se débarrasser de leurs mauvais penchants pour le mensonge, l'individualisme, la rancœur et la jalousie. Le chemin pour redorer leur blason est long, long, long mais source d'anecdotes mordantes et cocasses qui font souvent ricaner ! ^-^
Certes, la recette est éculée mais la lecture offre un formidable moment de lecture à voix haute (pour la version audio lue par Pascale Chemin). C'est convivial, fantasque et délirant, en plus de rappeler les valeurs qui rendent la vie plus belle (amour, courage & lâcher prise), avec aussi une dose de pandas pour se blottir tout contre ! 
Un roman frais et distrayant, à défaut d'être follement original (à moins de n'avoir jamais lu Maudit Karma). 

Traduit de l'allemand par Catherine Barret pour Presses de la Cité

Texte lu par Pascale Chemin pour Audible FR (durée : 7h 51) / Octobre 2016

>> Téléchargement en exclusivité sur Audible.  ©2016 Place des Éditeurs (P)2016 Audible FR

Toujours maudit ! | Livre audio

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21 mai 2016

Je veux un monstre ! de Elise Gravel

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C'est décidé ! Lulu veut un monstre de compagnie. Tous ses amis en ont un, pourquoi pas elle ? Elle supplie son papa d'amour de céder à son caprice, lui promet de bien s'occuper du bébé monstre etc. Et bingo, c'est dans la poche. Ils se rendent à la monstrerie pour adopter un adorable ougly-woump, au beau pelage rouge. La bestiole se montre affecteuse, sent un peu les pieds de pirate, et se déchaîne rapidement à la maison. Une vraie tornade. Lulu ne doit pas le lâcher d'une semelle pour lui éviter des bêtises - toujours trop nombreuses - mais la fillette a de l'endurance. Jusqu'au jour où son monstre, devenu grand, se montre aussi extrêmement calme, pour ne dire ennuyant... Que lui arrive-t-il ? 

Un chouette album, rigolo et bariolé, mais sous la couche fantaisiste, l'histoire évoque aussi la responsabilité que cela implique d'adopter un animal. Un sujet sérieux traité avec beaucoup d'humour, truffé d'imagination, à ne pas prendre à la légère non plus. ;-)

Album Nathan, avril 2016

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Un album qui me rappelle L'Encyclopédie des Martiens (à l'usage des Terriens qui rêvent de visiter Mars)

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Où Gwendoline Raisson et Roland Garrigue nous plongent dans une lecture aussi fantaisiste que cinglée, tout en se prétendant sérieuse et appliquée, en traitant de la thématique des espèces venues d'ailleurs. Les Martiens existent vraiment ! Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? Que mangent-ils ? Quels sont les secrets de leurs fameuses soucoupes volantes ? Cette encyclopédie inventive et excentrique vous révèle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les petits hommes verts. Le livre est animé avec des volets à soulever et des pages à déplier, pour découvrir les Martiens jusque dans leurs moindres détails. ☺

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Père Castor, octobre 2014

31 juillet 2014

Cet été-là, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

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Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été à Awago Beach où leurs familles louent des cottages. Ensemble, elles partagent les baignades, les barbecues sur la plage, les paquets de marshmallow avalés au coin du feu, les films d’horreur visionnés en cachette, mais aussi les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Cet été-là, Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, tandis que Windy rêve de devenir la reine du hip-hop. 

Toutefois, chez Rose, l'ambiance n'est pas à la fête. Ses parents ne cessent de se chamailler, un secret plane au-dessus de leurs têtes. Au lieu de s'en libérer, la mère de Rose ressasse son amertume et s'enfonce dans la dépression. La jeune fille fuit le foyer le plus souvent possible pour se changer les idées, mais même son amie Windy ne la fait plus rire comme avant. C'est finalement le garçon du drugstore, celui que les filles surnomment le Dud, qui détournera son attention vers ses amourettes d'été particulièrement mouvementées. 

Cette histoire a le goût de l'enfance, des vacances, des espoirs et des désillusions, tout ça sur fond de désir d'enfant, de frustration, d'accident, d'abandon, d'adoption ... L'histoire est assez classique et se présente comme une chronique douce-amère - une tranche de vie qui capture parfaitement les miracles d'été et la période de transition. Mais cet été-là sera-t-il le cataclysme voulu pour tous les personnages ? la fin reste ouverte !

J'ai aimé le charme ouaté de cette lecture, sa délicatesse et sa simplicité, mais j'ai surtout été fascinée par l'art graphique de cet ouvrage, aux illustrations magnifiques et empreintes d'une grande subtilité. Une lecture charmante et débordante de sensibilité, à laquelle il manque néanmoins un petit souffle...

Rue de Sèvres, mai 2014

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27 février 2014

Une vérité si délicate, par John le Carré

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Je vous propose une petite partie de poker menteur, avec John le Carré en guise d'arbitre et de maître d'oeuvre. Au centre, nous avons une opération secrète, à Gibraltar, en 2008, avec pour intervenants : des militaires anglais, une poignée de mercenaires, des diplomates, des secrétaires d'état, des conseillers américains et des terroristes potentiels... Bref, vous malaxez tout ça et vous obtenez une affaire qui se finit en eau-de-boudin, autour de laquelle il est formellement interdit d'extrapoler.

Vous vous dites, vous n'avez pas tout compris, et c'est normal. Cette histoire n'est pas très nette, officiellement elle n'a jamais existé, les curieux ont été écartés, les plus naïfs manipulés corps et âme. Sauf qu'elle n'a pas fini de hanter les uns et les autres, trois ans plus tard, elle vient même tenter un jeune secrétaire aux dents longues, désireux de percer ce mystère à jour, de brusquer les conventions, de fouiller les dossiers, de rencontrer les témoins, d'obtenir des aveux, de risquer sa peau, de voir son existence sombrer dans un chaos indescriptible.

Tout ça, tout ça, vous dis-je. N'attendez surtout pas à avoir le tournis pour autant, l'enquête en cours est assez lente, sans grande action, puisqu'on suit le mouvement imposé par l'auteur, à savoir un assemblage pointilleux de tous les acteurs, témoignages et autres révélations de cette affaire. Car l'intrigue est nébuleuse, inquiétante et stressante à souhait, avec la petite pointe d'humour british en sus, c'est toujours appréciable.

Il s'agissait du premier livre de John le Carré que je découvrais, et j'en sors totalement conquise par son style faussement pompeux et démodé, qu'on retrouve aussi chez des auteurs comme Ruth Rendell, P.D. James ou plus récemment Robert Galbraith. Classique et traditionnel, mais délicieusement guindé, un poil caustique, pesant, ahurissant (le microcosme politique tel qu'on l'imagine... pourri jusqu'au trognon !). La fin, par contre, laisse perplexe... 

Réussite totale quant à l'adaptation Audiolib, qui livre une lecture subtile, admirablement maîtrisée pour cette histoire ô combien tirée par les cheveux. Philippe Allard “passe avec brio du récit haletant au registre intime des débats qui déchirent chaque personnage de ce roman sans concession”. On sort de là satisfait. Tout bonnement.

Audiolib, décembre 2013 - texte intégral lu par Philippe Allard (durée d'écoute : 11h 23) - traduit par Isabelle Perrin pour les éditions Seuil.

14 avril 2017

Les Petites Reines, de Clémentine Beauvais & lu par Rachel Arditi

les petites reines« L'idée est née comme ça dans mon esprit, un soir de concours de Boudins.
Prendre la route pour Paris...
Arriver pile le 14 juillet...
Et gate-crasher la garden-party de l'Élysée. »

Mireille, Astrid et Hakima sont les trois boudins de leur école. Elles doivent ce titre peu honorifique à un concours organisé sur Facebook par l'ami d'enfance de Mireille - Malo, le malotru. Habituée à caracoler dans les hauteurs du classement, l'adolescente en a pris son parti en adoptant une posture sarcastique, mais a tout de même la rage au corps de supporter les railleries incessantes sur son physique, ça et l'absence de son géniteur, qui ne répond jamais à ses courriers, parce que monsieur est l'époux de l'actuelle présidente de la République, c'en est trop pour Mireille qui réunit ses troupes pour prendre d'assaut la capitale, ses flonflons et ses sourires en façade. Astrid, Hakima et elle veulent corriger le préjudice, chacune portant en flambeau sa propre réclamation (le frère d'Hakima, ancien militaire, a été blessé en mission et se sent sali par l'indifférence du général reçu en grande pompe à l'Élysée, de son côté Astrid veut réaliser son rêve en rencontrant en vrai son groupe favori, Indochine). Cela vous place l'ambiance, le ton, l'humour, la légèreté de l'histoire. Celle-ci révèle aussi la violence des cours de récré, les bons codes, les bons looks à adopter, sous peine de lapidation en place publique. Aujourd'hui, des anonymes se défoulent derrière leur écran pour blesser, juger, condamner. Et c'est parfois plus tranchant de l'exprimer avec emphase qu'à travers des piques bêtifiantes. Mais nos trois lauréates sont au-dessus de la mêlée et volent sur leurs bécanes depuis Bourg-en-Bresse jusqu'à Paris. Quel périple ! Les filles feront aussi l'étrange expérience de la notoriété, deviendront célèbres en tant que nouveaux symboles d'une adolescence qui s'affranchit de l'image formatée par une société en quête de perfection. C'est fort, c'est fou, c'est drôle. Aurais-je autant apprécié cette lecture sans sa version audio ? Oui, nul doute, mais je dois avouer avoir adoré l'interprétation de Rachel Arditi, ainsi que la réalisation sonore de ce disque. Cela met en valeur le roman de Clémentine Beauvais, celui lui donne une pêche, une énergie et un grain de folie qui rend son écoute très, très appréciable. J'étais déçue d'arriver au bout de mes 6 heures, je me sentais merveilleusement bien en compagnie des Boudins et du Soleil. Bravo à Audiolib qui crée enfin sa collection jeunesse, avec ce titre qui dégage une telle fraîcheur et un bonheur de lecture !  

Audiolib, 2017 - Texte lu par Rachel Arditi (durée : 6h) ©2015 Éditions Sarbacane 

Prix Sorcières, Prix Lire - Meilleur livre jeunesse, Prix NRP de Littérature jeunesse, Prix Millepages.

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14 septembre 2021

Les Larmes de Saël #2, d'A. D. Martel

Les Larmes de Saël 2Après avoir été agréablement surprise par le tome 1, j'ai prolongé le plaisir en lisant la suite et j'ai été conquise ! L'univers est encore plus riche, les personnages vivent des aventures palpitantes et l'intensité dramatique ne faiblit pas. Nouveaux dangers, toujours plus de tentations et de trahisons. Les tribus vont être au cœur des convoitises et des sacrifices. C'est excellent !

Dans ce deuxième tome, on commence par accompagner Arcana dans son long périple à travers le désert. Mais une tempête de sable va la séparer de son amoureux. La voilà désormais seule à conduire les siens en lieu sûr quand elle débarque dans une oasis où vit une communauté prête à les accueillir sans contrepartie.

D'expérience, on sait qu'il faut toujours se méfier des intentions trop belles pour être honnêtes. Arcana et les siennes auront à cœur de se serrer les coudes. Mais ce n'est jamais simple. Hmmm.

Pendant ce temps, à Ceylan, on suit une jeune femme du nom d'Eleni. Une rescapée politique devenue l'épouse d'Ambrose. Elle est fragile et innocente. Mais va peu à peu découvrir la nature revancharde de son homme, déterminé à détruire Saël et surtout Arcana.

Que de rebondissements à attendre ! Ce deuxième tome n'a pas déçu mes attentes. J'ai été transportée dans son monde. J'ai aimé l'ambiance (proche de la fantasy orientale) et les réflexions qui se posent au cours du parcours de notre héroïne (la société matriarcale, la volonté d'être mère ou pas, le rôle des hommes, non une opposition etc.). C'est sûr qu'un certain Ashkan manque beaucoup au programme. Mais sinon, c'est franchement très, très bon à découvrir.

Seule frustration : la série est en cours (je l'ignorais) et il faut maintenant patienter pour la suite. Ça ne se voit pas mais j'ai les genoux à terre et les mains en l'air tellement je suis au désespoir. 😜

©2020 AD_Martel (P)2021 Audible Studios
  • Lu par : Estelle Galarme
  • Série : Les Larmes de Saël, Volume 2
  • Durée : 12 h 08
  • Entre fantasy orientale et dystopie post-apocalyptique, Les Larmes de Saël vous invite au voyage et à l'aventure !

⭐⭐⭐⭐

17 juin 2016

Le Diable de la Tamise, d'Annelie Wendeberg

Le diable de la tamise

Au cours de l'été 1889, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de renom, est appelé pour confirmer les traces suspicieuses de choléra sur une victime retrouvée morte dans la Tamise. Sur place, il y fait la rencontre de l'excentrique Sherlock Holmes, personnage nerveux et insupportable, qui lui inspire aussitôt une aversion épidermique. Il faut dire que le détective a mis à jour le secret inavouable de Kronberg en une poignée de mains et un simple coup d'œil. Anton Kronger est en vérité une femme, Anna. D'origine allemande, où les études de médecine sont interdites aux femmes, puis exilée à Harvard, pour enfin exercer ses talents à Londres, Kronberg dupe son entourage depuis de longues années, mais au prix d'une incroyable mise en scène entourée de mille précautions. Elle a également choisi de vivre dans un quartier misérable, où elle s'y cache et mène son existence non-conformiste. Chaque nuit, elle tombe le masque et redevient Anna, infirmière à la coupe de cheveux peu conventionnelle, qui se faufile dans le dédale des rues puantes et crasseuses pour retrouver son amant, un crocheteur irlandais, et pour soigner les plus malchanceux. Son quotidien n'est pas sans risques, Anna en a conscience, malgré un moral d'acier et un tempérament de feu, elle redoute la découverte de sa vraie nature et de finir en prison. En attendant, notre affaire de macchabée va prendre un nouveau tournant pour remonter la piste d'un étrange réseau de trafics humains, sous couvert de servir les besoins de la science (un vaccin contre le tétanos), avec les dérives inhérentes aux ambitions dévorantes.

Difficile pour moi d'apprécier pleinement ce roman qui emprunte la figure de Sherlock Holmes mais en lui prêtant une posture effacée et pleine de retenue. Ce n'est pas le Sherlock que l'on sait ! Après, c'est un personnage secondaire, prêtant assistance au Dr Kronger, figure autrement plus complexe à cerner et à apprécier... Ces deux-là jouent un drôle de jeu entre attirance et répulsion, besoin de bousculer l'autre et prouver qui est le meilleur, un concours d'ego assez pesant au démarrage, car les deux parties se jaugent et font grincer des dents. Que d'arrogance !! Puis, ça se tasse car l'histoire finit par les convaincre que l'union fait la force, qu'une femme peut être dotée d'un cerveau aussi tonique que celui d'un homme, qu'il y aura toujours l'inégalable Irene Adler, et désormais Anna Kronberg, remarquable pour son habileté au déguisement et sa vivacité d'esprit ! Toutefois, la perspective d'un trouble amoureux a failli me perdre. Pensez donc... Un mythe se meurt ! “Ses lèvres avaient la douceur de la soie. Tout à coup, mon cœur si peu raisonnable quitta ma poitrine pour aller s'installer dans la sienne. Je me demandais s'il avait remarqué le poids supplémentaire.” C'est niais, non ? Huhuhu. Mis à part ces petits détails, le livre se lit vite et bien. L'intrigue criminelle n'est pas époustouflante, mais reproduit efficacement une ambiance, un contexte, des enjeux médicaux etc. Bon point pour le décor. Je ne suis pas convaincue par l'esquisse des personnages, mais je reste curieuse de la suite de leurs aventures, ce roman étant le premier d'une trilogie.

Traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux, pour les éditions Presses de la Cité (The Devil's Grin) - mai 2016

 

#Mois Anglais 2016 : Sherlock Holmes

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10 décembre 2008

Le joli univers musical de Thomas F.

Ce n'est pas la première fois que je vous convie dans l'univers musical de Thomas Fersen par les images, et plus particulièrement grâce à une série de 3 albums qui s'ouvrait avec le très singulier Dugenou (se reporter ici, pour s'en souvenir).

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La belle aventure s'est poursuivie avec Croque : l'histoire d'un croque-mort mélancolique, qui aime les croque-monsieur, et qui mange comme quatre et boit comme un trou. Mais à côté du cimetière, il a son jardin secret où il a planté des pommes de terre, cela lui réchauffe le coeur, lorsque pendant un enterrement son estomac pleure et son ventre glougloute, il pense à son festin de pommes vapeur et à son court-bouillon. Et ainsi se boucle la complainte du croque...

Je n'me sens pas dans mon assiette,
Je vais rendre l'âme,
Quand je pense à mes paupiettes,
À mon croque-madame.
Ça fait trop longtemps qu'ça dure,
Je m'allonge un peu
Sur le tapis de verdure
Et je ferme les yeux.

**********

La série termine son voyage initiatique avec Les malheurs du lion... 

Au café, rêvait un lion. Devant sa consommation. Il voit venir une abeille vêtue d'un tailleur que raye le noir avec le soleil, une petite merveille. Elle grésille, elle bourdonne avec l'accent de Narbonne. Et gentiment elle butine un diabolo grenadine.

Allez, bourdonnez en chœur. C'est triste et poétique à la fois. C'est brouillon et mélodieux. Mais cela met bien en évidence la qualité quasi magique de la plume de l'artiste. Je ne connaissais pas bien Thomas Fersen, ou de loin. Depuis la découverte de ces petites galettes, j'ai poussé la porte de la curiosité pour pénétrer dans son monde joliment singulier. Je n'ai plus souhaité en sortir !

**********

D'ailleurs, son dernier album Trois petits tours est une invitation féérique et un cri d'amour... un peu désespéré et tristounet, mais pas déprimant. Je vous le conseille, et j'aime les petits mots de son éditeur qui le présente ainsi :

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On cherche toujours un responsable de la naissance de la nouvelle nouvelle nouvelle, etc, chanson française. Nul doute que Thomas Fersen, dès son premier bal (un Bal des oiseaux) y a été pour quelque chose. Il ne tient peut-être pas à endosser la paternité et de la vieille dame, et de ses jeunes collègues ; disons plutôt, alors, qu’il a renouvelé l’art mineur, y a glissé des folies, des fables, des noirceurs, des bêtes pas bêtes, des hommes bizarres, des femmes fatalement fatales, et des ukulélés. Lui a une préférence pour  le ukulélé soprano, qu’il juge teigneux. N’en concluons pas hâtivement que Fersen l’est également. Surprenant, en revanche, il ne cesse de l’être.

Dugenou, de Thomas Fersen & Elisabeth Eudes-Pascal
Croque, de Thomas Fersen &
Manon Gauthier
Les malheurs du lion, de Thomas Fersen & Bruce Roberts

Editions Les 400 Coups - 7,50€

5 janvier 2016

Avant toi, par Jojo Moyes

Avant toi

J'ai tenté d'entrer dans cette lecture de façon la plus neutre possible, mais c'était difficile de faire abstraction des nombreux commentaires répétant ô combien l'histoire est émouvante et qu'il faut se munir de mouchoirs en la lisant ! C'est donc avec une once d'appréhension que j'ai entamé le roman, boostée cependant par une curiosité bien piquée. Et de faire alors l'étonnante rencontre avec une héroïne simple, ordinaire, qui n'a ni ambition ni vie trépidante. Portrait peu folichon, mais intrigant.

Louisa Clark vient de perdre son boulot de serveuse, elle a 27 ans, habite chez ses parents, qu'elle tente d'aider financièrement, et vit un amour sans passion avec Patrick. Sur un coup de bol, elle décroche le poste d'aide-soignante chez la famille Traynor pour leur fils tétraplégique depuis deux ans. Or Will est imbuvable et n'accepte pas son handicap. Louisa devra donc déployer des trésors de patience pour gagner la confiance de cet homme brisé, aux envies suicidaires. Alors, oui, on peut redouter de verser dans le mélo, sauf que le roman s'en sort plutôt bien en évitant les écueils. L'histoire aussi s'échine à nous raconter autre chose qu'une banale rencontre amoureuse, qui finit mal. En effet, c'est surtout l'histoire d'une providence. Will, qui dispose d'un sursis de six mois avant le grand saut, veut mettre à profit cette parenthèse pour offrir à Louisa les mille opportunités qui lui ont fait défaut jusqu'à présent. Louisa est une jeune femme généreuse, qui a souvent sacrifié ses envies pour le bien-être des siens. Aussi, Will décide de lui servir le monde sur un plateau doré. Leur connivence est alors d'une telle douceur, se nouant dans un voile de pudeur et de subtilité, tissant sa toile en beauté. Louisa est également persuadée d'aider Will à surmonter sa détresse et ne se doute pas que c'est lui qui mène la danse et l'entraîne à explorer d'autres horizons. C'est là tout le sel de leur relation, une relation extrêmement touchante, jamais larmoyante. Je tiens à le préciser, j'avais sans doute le cœur gros à la fin, mais je n'ai pas versé ma petite larme. Et j'ai beaucoup, beaucoup aimé cette lecture qui est par-dessus tout attachante, avant d'être poignante. C'est un bel hymne à la vie et au droit à la dignité. À découvrir, effectivement.

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

©2013 Milady (P)2015 e-Dantès ♦ Lu par : Émilie Ramet (durée : 12 h 28)

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Me Before you, le film, réalisation de Thea Sharrock avec Emilia Clarke, Sam Claflin & Matthew Lewis. 

Sortie en salle US : 3 juin 2016

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12 septembre 2015

L'Ombre de Gray mountain, de John Grisham

L'OMBRE DE GRAY MOUNTAIN

L'été dernier, j'avais pris grand plaisir à me plonger dans le roman de John Grisham, L'Allée du sycomore en l'occurrence, et imaginais renouveler cette sensation avec son nouveau titre. Or, L'Ombre de Gray Mountain s'est avéré décevant, long et lassant.

L'histoire se passe à New York, en 2008. La crise financière s'invite à la fête et brise en plein envol la brillante carrière d'avocate de Samantha Kofer. Placée en congé sans solde, elle accepte de suivre un stage dans un centre d'aide juridique dans les Appalaches. Sitôt débarquée à Brady, une petite ville de Virginie, Samantha y découvre une existence assez terne et souffreteuse. La communauté dépend totalement des grandes compagnies minières, lesquelles polluent la région par leurs extractions intempestives. Tout le monde se tait. Tout le monde ploie l'échine. Seul Jeff Gray a choisi de s'élever contre les méchants pour protéger sa ville, ses habitants et leurs traditions.

Je pensais que l'histoire m'emporterait vite dans les coulisses des affaires judiciaires, à élaborer des stratégies et monter des dossiers qui tiennent la route. Au lieu de ça, l'histoire m'a d'abord fait la visite des lieux et enchaîné un panel de « cas » peu croustillants (des femmes bafouées, des foyers sans le sou, des maris violents). La misère sociale selon J. Grisham, décryptée en plusieurs chapitres fastidieux. J'ai senti poindre l'ennui. Survient alors la collaboration entre Samantha et Jeff - la promesse d'une immersion plus grisante et cernée de dangers. À ce stade, j'étais dans les starting-blocks. Avant de faire chou blanc.

Ce livre m'aura franchement déçue. Nous sommes loin du genre thriller ou intrigue judiciaire, en fait l'auteur semble vouloir sensibiliser son lecteur à la cause écologique et rappeler qu'être avocat consiste avant tout à aider « les vraies gens ayant de vrais problèmes ». C'est la décision qui devrait s'imposer à Samantha, à la fin du roman. Et encore ? Honnêtement, j'ai trouvé ce roman surfait.

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 12h 30) ♦ Traduit par Dominique Defert pour les éditions JC Lattès

24 octobre 2013

Le gardien de phare: Audiolib lu par Jean-Christophe Lebert

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La suite, enfin... Après cette chute terrible sur laquelle se concluait La sirène, il était urgent de retourner à Fjälbacka. La situation est certes poignante, mais pas aussi catastrophique qu'on aurait pu le penser. Mais vraiment, j'ai eu le cœur serré pour ... quelqu'un, pour ce qu'elle traverse, etc. C'est poignant, très dur aussi.

L'intrigue policière va s'intéresser à un crime vache, celui d'un comptable, un type ordinaire, fils unique, choyé par ses parents. Le gars venait de rentrer au pays, il avait été meurtri par une agression à Göteborg et avait souhaité changer de vie. Célibataire, sans histoire, c'était un homme bien sous tous rapports... si ce n'est que cette façade trop lisse interpelle les enquêteurs, qui vont creuser et se balader vers des rivages plutôt moches, aussi. On découvre en parallèle une histoire tragique qui s'est passée sur l'île de Graskar, réputée pour être hantée par des esprits. Cette île abrite un phare et a accueilli, en 1870, un jeune couple qui va sombrer dans la violence et le drame conjugal. De nos jours, une femme et son fils y ont trouvé refuge, semblant fuir un passé sombre, voulant absolument être oubliés et se cacher des autres. Ce sera aussi une intrigue à éclaircir, car ce n'est pas très joyeux non plus.

En somme, ce énième tome (j'ai oublié de compter) est fidèle à l'esprit de la série : il alterne une touche féminine, pleine de sensibilité, avec parfois un peu de superficialité, mais c'est surtout un roman émouvant, qui rapporte toujours avec pudeur et pugnacité des histoires de la vie de tous les jours, des histoires tragiques, des vies malmenées, des destins brisés. On se laisse prendre au jeu avec une facilité déconcertante. A noter, pour moi-même, l'éventualité d'un spin-off avec le couple de policiers venus de Stockholm - Petra et Konrad. Je dis ça, je ne dis rien.

Lecture rigoureuse et sensible de Jean-Christophe Lebert, encore une fois. J'apprécie ce qu'il nous propose, même si j'avais une petite préférence pour l'interprétation d'Eric Herson-Macarel. Et aussi, l'ambiance à Graskar m'a vaguement rappelé le roman de Johan Theorin, L'Echo des morts.

Le gardien de phare, par Camilla Läckberg
Audiolib, septembre 2013 - texte intégral lu par Jean-Christophe Lebert (durée d'écoute : 16 h 14)
Traduit par Lena Grumach pour les éditions Actes Sud, 2013

4 novembre 2008

Dracula la rédemption - Kate Cary

Deux années sombres viennent de s'écouler, durant lesquelles Mary Seward a tenté de reprendre le cours de sa vie à Purfleet. Elle ne parvient pas à chasser les souvenirs des événements survenus au château de Tepes, elle qui était si courageuse et déterminée se découvre peureuse et paranoïaque. Elle vit cloitrée, ne sort plus la nuit et se pare de tous les artifices pour chasser les vampires (crucifix, eau bénite, etc.). Son père, malade et affaibli, l'encourage à retrouver goût à la vie.

Infirmière de garde, elle s'est liée d'amitié avec des collègues, Helen, Becky et Stella. De même, elle vient de faire la connaissance de Lord Bathory, un homme intelligent, effacé et très riche, qui commence à la courtiser. Peut-être les beaux jours vont enfin revenir...

Mais Quincey Harker est de retour, échappé d'un monastère où il avait songé expurger le Mal en lui. Il prétend chercher la rédemption et implore l'aide de Mary. Peut-elle lui faire confiance, alors qu'il pratique toute sa séduction pour lui faire perdre la tête ? Dans le même temps, il y a une hécatombe de victimes à l'hôpital où elle travaille, et pas des cas anodins puisque les corps sont vidés de leur sang. Mary sait qu'il s'agit de la signature d'un vampire, bien que le personnel médical évoque un virus et pointe le doigt vers la jeune femme, tenue pour responsable d'avoir introduit le mal dans l'établissement.

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Beaucoup de passion encore au programme dans cette suite de Dracula, l'héritier.
On suit désormais principalement Mary Seward, pour les raisons que l'on sait et qui sont survenues à la fin du Livre I. La tension est toujours présente, avec son soupçon d'angoisse et de mystère. On frémit, comme Mary, au moindre signe suspect, à l'apparition d'une ombre menaçante et lorsque la nuit tombe. On partage ses doutes, on s'associe à sa prudence, on se laisse séduire puis tromper. C'est une parfaite combinaison pour nous faire chavirer.
Dans ce livre, on en apprend aussi davantage sur Quincey Harker qui revient sur son initiation et sa transformation. Son personnage reste flou pendant les 3/4 du roman et on peut juste déplorer la fin précipitée de l'histoire, à la fois excitante et décevante.
J'espère qu'il y aura encore un troisième livre (rien ne l'indique), pourtant la fin est ouverte !
Une série à lire, de 14 à 110 ans !

Milan, septembre 2008 - 314 pages - 9,50€
traduit de l'américain par Emmanuelle Pingault
titre vo : Bloodline Book 2 : Reckoning

Mon avis sur Dracula, l'héritier

3 janvier 2017

La Carrière du Mal, de Robert Galbraith

Un livre audio lu par Lionel Bourguet (durée : 19h 06) pour Audiolib

la carriere du mal

Dans ce troisième tome des aventures de Cormoran Strike, détective privé à la carrière fluctuante, les affaires prennent du plomb dans l'aile quand sa secrétaire reçoit par colis une jambe de femme tranchée. La presse s'empare du sujet pour en faire les gros titres. Et leurs clients se débinent, préférant la discrétion à un professionnel sous les feux de la rampe. Strike est fou de rage. Voulant ménager la sensibilité de Robin, il préfère lui en dévoiler le moins possible mais ne peut lui cacher soupçonner un spectre de son passé désirant refaire surface pour lui nuire sciemment. Malgré les recommandations de son patron, Robin se lance également dans la traque du sadique... ne doutant pas une seconde être elle-même dans la ligne de mire d'un dangereux maniaque obsessionnel. 
Ce sont donc plusieurs intrigues éparses qui se mêlent à une idée de vengeance assez floue, plusieurs intrigues où les profils de suspects se superposent et où les fantômes d'hier viennent hanter le présent du détective. Strike est encore et toujours confronté à son histoire personnelle, impliquant sa mère et ses mauvais choix amoureux, tandis que sa jeune secrétaire est également chahutée et s'implique dans des enquêtes sordides pour piéger des prédateurs sexuels. Si l'intensité est bien flippante au début, elle faiblit sur la distance car les enquêtes sont trop dispersées et pêchent à tenir en haleine. Par contre, ce sont les personnages qui nous surprennent et nous font vivre des sensations fortes - Robin est face à son destin et ne sait plus ce qu'elle veut. Ce tumulte sentimental se répercute sur le lecteur. Du coup, on continue de détester Matthew, de souffler et de pester contre la fiancée indécise, de rabrouer Strike qui s'interdit de jouer son va-tout. Et que d'émotions dans les nouvelles révélations glissées un soir de déprime ! ... 
Si Robert Galbraith n'assure pas sur tous les plans et se perd dans des enquêtes plus ou moins croustillantes, l'auteur réussit parfaitement à installer son univers et faire évoluer ses personnages en les enrichissant livre après livre. C'est l'atout principal de la série. Strike et Robin forment un duo attachant et solide d'une complicité qui ne dit pas son nom. C'est très touchant, et assez palpitant dans le genre ! J'ai hâte de les retrouver dans de nouveaux épisodes ! 
Pour la note technique, on retrouve Lionel Bourguet qui avait laissé sa place à  pour Le ver à soie et qui sert avec brio cette lecture où l'on plonge “dans les ténèbres des perversions les plus troublantes” en s'attachant aussi à brosser avec tendresse le tandem de choc et de charme ! 

Texte intégral lu par Lionel Bourguet pour Audiolib, Juin 2016
Traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

En cours de tournage, BBC One prépare une série TV adaptée de la série de Robert Galbraith avec dans les rôles de Robin Ellacott : Holliday Grainger & Tom Burke pour un Cormoran Strike plus que séduisant ! 

 

16 décembre 2016

Le Trône de fer Tome 5: L'Invincible forteresse, de George R.R. Martin lu par B. Métraux

Nous voici déjà dans le dernier épisode de la saison 2 du Trône de fer, après La bataille des rois & L'ombre maléfique ! L'intensité ne faiblit pas, les batailles font rage et les émotions sont multiples. Chaud devant ! 

L'invincible forteresse

Les têtes n'en finissent plus de tomber parmi les prétendants au trône des Sept Couronnes, les coups de force prolifèrent au gré de nombreuses tractations perfides ou malchanceuses. Malgré cette confusion, le jeune Joffrey, l'abominable fils de Cersei Lannister, capricieux et colérique, est toujours en position sur l'échiquier, protégé par les savants jeux de dupe de son oncle Tyrion. Le lutin a plus d'un tour dans son sac et n'œuvre certainement pas par dévouement familial, mais plutôt pour des ambitions toutes personnelles. Pendant que Joffrey prend plaisir à tyranniser son entourage, Tyrion place donc ses pions et se prépare à une opération d'envergure, alors que la flotte de Stannis Baratheon est aux portes de Port-Réal. 

Le frère de Robert poursuit activement ses objectifs, toujours sous l'emprise de Mélisandre la Rouge, la prêtresse aux pouvoirs étranges, dont l'influence est grande et inquiétante selon les proches de Stannis, à commencer par son précieux allié, le chevalier Davos, désormais à la tête de son armada. C'est d'ailleurs lui qui affrontera la terrible bataille de la Néra, autre tournant décisif dans la série ! Pendant ce temps, à Winterfell, la trahison aussi a fait son nid. Theon Greyjoy a frappé fort, les deux jeunes Stark sont perdus, lady Catelyn est effondrée mais s'offre le tête-à-tête de sa vie en extorquant les confidences de Jaime Lannister, qui croupit dans une cellule à Vivesaigues.

Robb ne réapparaît toujours pas, accaparé par ses conquêtes de pouvoir. Sansa se console dans ses rêves de chevalerie, alors que la vie à la cour lui a déjà démontré la niaiserie de telles fables, sans parler de ses fiançailles avec Joffrey, qui ne sont qu'une pure fumisterie. Cette fille n'est qu'inconsistance... Arya trace aussi son bout de chemin, enchaînant les fuites, les cachettes et les impostures, pour préserver son identité secrète, et retrouve ainsi un vieil ennemi, Tywin Lannister, qui figure sur sa liste des traîtres à éliminer pour venger son père. 

L'histoire avance lentement, mais elle reste passionnante à lire et à écouter. L'interprétation de Bernard Métraux est toujours convaincante et fascinante, elle nous entraîne dans le monde dense et compliqué du Trône de fer sans jamais perdre le fil ou égarer son auditeur. C'est une formidable prouesse. Je m'inquiète néanmoins de la suite des aventures, quant à savoir si Gallimard continue l'édition audio de la série dans sa collection Écoutez lire, étant donné que la parution du tome 5 date de juin 2016, et que rien n'a été annoncé depuis. J'éprouve une certaine amertume... et une immense frustration ! [Edit : confirmation de la parution du tome 6, Les brigands, en mai 2017, et du tome 7 en novembre 2017 !]

Mettez de la fureur et de la folie dans vos casques audio ! Succombez aux intrigues fascinantes de G.R.R. Martin par la magie d'une théâtralité époustouflante et pour la vitalité qui se dégage de la lecture du comédien. Winter is coming. ***

 

Collection Écoutez lire, Gallimard
Lu par Bernard Métraux /  Durée d'écoute : environ 14 h
[A Game of Thrones]  Trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean Sola
Parution : 09-06-2016

 ♠♠♠♠

Actuellement sur Audible

18 titres à moitié prix parmi la collection Écoutez Lire de Gallimard, jusqu'au 15 février.

Profitez-en, & bonne écoute !

20 mai 2019

Aru Shah et la lampe du chaos, de Roshani Chokshi

Aru Shah et la lampe du chaosMais qu'est-ce que c'est drôle !
En voulant épater des élèves de son école qui la traitent de menteuse, Aru les entraîne au musée de sa mère face à une lampe magique. À manipuler pourtant avec précaution. Car l'instant d'après, plouf, ses camarades sont pétrifiés et Aru est projetée dans un univers parallèle. 
Elle y fait la rencontre d'une autre fille de son âge et d'un pigeon acariâtre. Celui-ci vient en effet de comprendre que les dieux sont contre lui car ces donzelles de 11 ans sont des Pandava qui doivent sauver le monde de sa destruction en moins de neuf jours !
Sa mission consiste à les chaperonner et surtout à mener à bien leurs objectifs. Or, Aru et Mini sont des quiches. Elles ignorent tout du folklore et de la mythologie indienne. Aru a certes grandi dans un musée, mais sa mère a toujours été secrète sur ses origines. Et là, tout lui tombe sur la tête. Mini aussi est morte de trouille - elle jacasse, elle jacasse - autant dire que leur tandem fonce droit dans le mur.
C'est justement leur maladresse et leur spontanéité qui font de cette lecture une découverte désaltérante. Ici, nul ne se prend au sérieux. Les échanges sont vifs et les taquineries fusent. Les propos sont sans filtre - Aru et Mini disent tout haut ce qu'elles pensent. On s'amuse follement, alors que l'aventure est parfois ardue dans ce vaste espace qu'est la mythologie indienne. Les mythes et légendes pullulent. C'est copieux et néanmoins fascinant. 
En gros, on a de l'humour, de l'extraordinaire, des rebondissements et de l'exotisme. Premier tome d'une série. C'est tout bon. Suite annoncée en 2020.

Albin Michel Jeunesse, coll. Wiz (2019)

Traduit par Marie Cambolieu - Titre VO : Aru Shah and the End of Time

 

13 mai 2019

Je t'aime, de Barbara Abel

je t'aime barbara abel pocketMaude (divorcée) et Simon (veuf) forment un couple fusionnel. Ils vivent avec leurs enfants respectifs dans une grande maison bourgeoise et partagent un bonheur sans nuage. Un jour, Maude surprend la fille de son compagnon en train de fumer du cannabis dans sa chambre. La jeune fille promet d'en rester là si sa belle-mère n'en touche pas un mot à son père. Pourtant, quelques mois plus tard, un accident de la route fait vaciller tout ce petit monde. Alice est placée en garde à vue. Simon crie à l'injustice. Le couple est alors aspiré dans un chaos contre lequel il ne va pas pouvoir lutter.

C'est aussi tout un mécanisme improbable qui se met en branle. Un enchaînement de circonstances qui ressemble à un jeu de quilles. La boule est lancée et va tout fracasser sur son passage. Et ça vacille, et ça tombe, un peu au hasard, mais ça fait des ravages. J'ai lu d'ailleurs ce roman en une goulée - avec la sensation d'être en apnée. J'étais tellement médusée. L'histoire ressemble à un immense sauve-qui-peut où suinte le désespoir. Il n'y a aucune violence ni de manipulation perverse. Simplement c'est l'histoire d'une famille qui agit n'importe comment par amour. Certes, les conséquences sont désastreuses. Le drame survient là où on ne s'y attend pas. Et on assiste à cette pagaille avec stupeur et horreur.

C'est très, très bon. Un peu choquant mais tellement prenant.

Parution POCKET (2019)

©2018 BELFOND (P)2018 LIZZIE

Ceci n'est pas exactement une histoire d'amour, même si l'influence qu'il va exercer sur les héros de ce roman est capitale. Autant d'hommes et de femmes dont les routes vont se croiser au gré de leur façon d'aimer parfois, de haïr souvent. Parce que dans les livres de Barbara Abel, comme dans la vie, rien n'est plus proche de l'amour que la haine.

Cachou Kirsch est une lectrice remarquable ! Sa performance nous glace le sang dans les veines. C'était en parfaite adéquation avec la description du cauchemar décrit. Une tension latente, mais glaçante. C'est excellent !

Couverture de Je t'aime

 

10 septembre 2021

Les sept étoiles du Nord, par Abi Elphinstone 🌟✨

Les sept étoiles du NordAvant même d'ouvrir le roman, je savais que je n'allais pas être déçue. Cette lecture dégage une aura magnifique et nous prouve, chapitre après chapitre, que son histoire est captivante.

L'imaginaire proposé est un fabuleux mélange de Reine Des Neiges et des Royaumes du Nord. On découvre ainsi comment une reine maléfique prévoit d'étendre son pouvoir sur les terres gelées d'Erkenwald. Deux enfants vont s'opposer à cette folie : la jeune Eska, orpheline sans mémoire, actuellement prisonnière dans une boîte à musique, et un certain Flint, par ailleurs un inventeur qui recherche sa mère et qui va libérer la fillette avant de l'accompagner dans cette expédition incroyable.

Ça vous semble fantastique ? Mieux que ça. Très vite le roman nous installe dans son univers et ne va plus nous lâcher. J'ai d'ailleurs tout lu d'une traite, comme sous hypnose. Et c'était génial.

J'ai aimé les décors, les personnages, les légendes et la magie qui débordent de cette aventure. J'ai aimé les petits mots de la fin. En lisant les remerciements de l'auteure, j'ai été touchée par son parcours et le contexte dans lequel elle a écrit son livre. On comprend mieux les valeurs d'espoir et de courage qui s'en reflètent - c'est extraordinaire.

Et si vous recherchez une lecture avec effet « petite bulle hors du temps », vous venez de piocher le bon numéro. N'hésitez plus. Ce roman est parfait. J'ai adoré. ♥

Repris en format poche chez FOLIO JUNIOR (2021)

Traduction de Faustina Fiore

⭐⭐⭐⭐⭐

18 avril 2013

"Oui, je pense que tout ce qui vient du passé n'est pas dépassé."

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J'avais suivi de loin l'engouement des lecteurs et des libraires pour ce roman, dont j'ignorais absolument tout de l'histoire. J'avais supposé qu'il s'agissait d'une lecture tendre et délicate, aux doux pouvoirs apaisants. Eh bien, j'avais raison, un peu, mais j'avais tort aussi. En fait, cette histoire est beaucoup plus bouleversante que je ne l'aurais cru !

Nous découvrons une femme de 47 ans, Jocelyne, surnommée Jo, mercière à Arras, mariée à Jocelyn (!) depuis une vingtaine d'années et mère de deux enfants (sa troisième fille est morte à la naissance). C'est une femme heureuse et comblée, même si les épreuves, elle connaît aussi. Comme beaucoup de monde, elle avait rêvé d'une autre vie, mais les aléas du destin ont fait que ... Ce n'est pas de l'amertume qui accompagne ses mots, aujourd'hui. Après un rapide tour d'horizon, Jocelyne s'estime chanceuse.

Et puis, elle gagne au Loto une somme faramineuse. Elle conserve le chèque dans sa poche, n'en parle à personne. Parce que, "la convoitise brûle tout". Alors, Jo continue de mener son petit train de vie, avec ses copines, les jumelles coiffeuses, toujours fofolles, mais extrêmement perspicaces. Elle ne dit rien à son mari non plus, elle attend, elle part en weekend, elle est plus amoureuse que jamais, enfin détendue, après des années de hauts et de bas. Dans son coin, elle dresse des listes, de ses envies, de ses besoins, de ses rêves. Elle tient aussi un blog de tricot, qui connaît un succès fulgurant. Non, vraiment, Jocelyne a tout pour être heureuse. Alors, ces 18 millions et des pépettes pèsent de plus en plus dans la poche...

L'histoire, finalement, va nous surprendre, nous mettre k-o, nous choquer et nous bouleverser. Nous sommes plus près que jamais de Jocelyne, nous ressentons sa détresse, ses peurs, sa rancune, son désarroi. Sa belle histoire devient tragique. Elle qui se pâmait à la lecture de Belle du Seigneur prend conscience du gouffre qui l'attend lorsqu'on a longtemps cru à l'amour absolu. Qu'est-ce que c'est poignant ! D'un seul coup, ce roman qui m'apparaissait léger, attendrissant et drôle s'est revêtu d'un voile d'amertume, d'où l'on sort plus déboussolé que jamais. Enfin, c'est bon aussi ! C'est un roman généreux et honnête, qui nous porte à apprécier les petits plaisirs simples de la vie ordinaire. Sans mièvrerie, sans cynisme. Et quelle prouesse de la part de l'auteur, d'avoir su se glisser dans la peau d'une femme, avec les mots justes, les émotions à fleur de peau. C'est ce qui touche aussi.

Odile Cohen, également la voix d'Amy dans Les apparences, parfait à apporter à la musique des mots du roman un ton juste, tendre et profond. Encore un beau moment de lecture que nous offre Audiolib ! (Comptez seulement 3h30 de lecture, avec en bonus un entretien avec l'auteur.)

La liste de mes envies, par Grégoire Delacourt
Audiolib / JC Lattès, 2012 - Texte intégral lu par Odile Cohen

1 février 2024

My Sexy Biker (Une Rencontre Inattendue #1) d'Aurora Rose Reynolds

My Sexy BikerOk, cette lecture enchaîne les gloussements nerveux, les soupirs, les tics frénétiques, les yeux levés au ciel, les wtf et une grosse envie de rigoler quand la conclusion arrive - parce qu'un tel exploit mérite d'être souligné. Franchement j'ai halluciné plus d'une fois. Et si je ne sais pas quoi en penser, je sais au moins que cette romance peut plaire et agacer en même temps !

📍Wes incarne le motard tatoué dans toute sa splendeur. Il est franc du collier, se comporte comme un mâle dominant et protecteur. Il en devient limite étouffant et jaloux. Il n'a d'ailleurs pas gagné des points au tout début en se montrant grossier et rustre.
📍L'héroïne est adorable. Rêveuse, bien dans ses baskets et parfaitement lucide d'agir comme une idiote. La première fois qu'elle rencontre son motard, elle dégaine son Taser qui va le mettre k-o au sol. Après tout, July a grandi auprès d'une famille haute en couleur (cf. Les frères Mayson) donc elle a aussi du tempérament et ne manque pas de réparties.
📍Leur relation semble tout feu tout flammes, entre l'attirance qui s'impose d'emblée et les événements qui les conduisent à se mettre rapidement en couple. Est-ce que j'ai râlé ? Oui.
📍Toutefois, le rapprochement charnel a lieu par étapes ! Si le premier baiser échangé survient trop tôt, avant les 30% du livre, l'effeuillage se déroule petit à petit. Mais ce n'est pas du slow burn non plus, car cela reste vachement sensuel et Wes balance ses intentions en des termes crus sans détours. Voilà, voilà.

⤷ Disons que le récit a certes ses défauts, avec ses banalités et ses stéréotypes du genre, tout en restant léger et divertissant à lire. Il n'y a pas de drama superflu, juste un soupçon dramatique autour des chiens de combat et des enlèvements. Les bikers sont des gars rangés, ou qui sortent des clous pour défendre leurs foyers. Je les ai tous trouvés fort sympathiques. J'ai aimé l'esprit de famille et de camaraderie, l'ambiance chaleureuse et enjouée. On n'est d'ailleurs pas près d'abandonner cette tribu car on voit venir certaines aventures *cheesy smile*. L'autrice avoir à cœur d'offrir des histoires marrantes, douces et pimentées. Un pari réussi, ce livre met vraiment de bonne humeur !

My sexy biker écrit par Aurora Rose Reynolds est un roman de 280 pages publié le 10/05/2023 dans la collection Romance Passion.

#RomanceContemporaine #Badboy #Moto #Protecteur

⭐⭐⭐⭐

7 novembre 2022

Esprits du Sud (Verity Long #1) par Angie Fox

Esprits du Sud Verity LongAprès avoir annulé son mariage, Verity Long est acculée par son ex et doit maintenant rembourser tous les frais de la cérémonie. La ville entière est en pétard contre elle mais Verity est trop fière pour répliquer et se ruine pour défendre sa maison menacée de saisie bancaire. Seule, chez elle, alors qu'elle nettoyait un vieux vase, elle fait face au fantôme de Frankie l'Allemand, un gangster des années 20, et comprend qu'elle possède le don de médiumnité.

Par un autre concours de circonstances, elle va être embauchée par l'adjoint du shérif pour chasser les esprits qui hantent son domaine. Or, le type n'est autre que le frère de son ex et lui aussi est persuadé qu'elle est une croqueuse de diamants. Après tout, Ellis Wydell a assisté à son esclandre lors de sa soirée des fiançailles. Si son approche est d'abord froide et méfiante envers la jeune femme, il finit peu à peu par découvrir une personnalité avenante, courageuse et dévouée.

D'ailleurs, leur enquête va s'avérer plus flippante que prévue. Les esprits sont déchaînés sur sa propriété - un poltergeist sème la terreur, les fantômes sont martyrisés et la mort rôde non loin. Pas de stress. Il s'agit bel et bien d'un petit cosy crime sympa et qu'on aurait saupoudré de courtes séquences frissonnantes. Pile pour coller à la saison automnale !

On a aussi un joli cadre, ville du Sud, tranquille et folklorique, qui fait presque penser à Hart of Dixie. Et puis les personnages sont vraiment attachants - fantômes compris. L'énigme est bien conduite, sans fanfaronnade. Ellis et Verity forment un bon duo. Je trouve peut-être le rapprochement trop hâtif. Trop soudain. La connexion entre le couple se produit inopinément. Ça me frustre. J'ai envie que la romance ne s'installe pas trop tôt !

En somme, je ressors de cette lecture sur une note ultra positive et bien évidemment je vais lire la suite après cette alléchante entrée en matière. Tendresse pour Angie Fox et les clins d'œil à ma chère Scarlett ♥

Éditions Alter Real, 2019 pour la traduction. Traduit par Delhia Alby

⭐⭐⭐⭐

— On est en sécurité pour le moment, déclarai-je. — Quand tu récupéreras mon urne, on devra trouver une solution pour que je ne sois pas bloqué ici. — Très bien, acquiesçai-je en essayant de ne pas me mordre la lèvre. Quant au reste, on ferait comme Scarlett O’Hara, on y penserait demain.
27 octobre 2022

Nous irons mieux demain, de Tatiana de Rosnay

Nous irons mieux demainComme j'ai eu l'occasion de découvrir le roman en format audio, j'ai particulièrement trouvé la lecture hypnotique et admirablement interprétée par Tatiana de Rosnay. J'ai beaucoup aimé sa voix, grave et élégante. Cela donne notamment un parfum suranné, chic et vaporeux, à l'ensemble. En tout cas, j'étais subjuguée !

L'histoire est également empreinte de suspense psychologique à la Daphné du Maurier, avec une héroïne (Candice, vingt-huit ans) qui tombe sous l'emprise d'une amitié que ses proches jugent vénéneuse. La coupable s'appelle Dominique, la cinquantaine aristocratique et mystérieuse. Leur rencontre est survenue suite à un accident de la route. En tant que témoin, Candice a aussitôt apporté son secours et son soutien à cette belle femme solitaire. Mais les jours passant, Dominique va prendre beaucoup de place dans la vie de l'héroïne. Elle va s'installer dans son petit appartement, s'occuper de son garçon, préparer leurs repas et revoir l'organisation de la maison. Elle va aussi partager son amour pour Zola, évoquer les femmes de sa vie, faire des parallèles et réconforter la jeune femme émotionnellement fragile. Car Candice souffre beaucoup, de son corps et de son image. Elle ne s'est pas remise de son deuil tout neuf après la disparition de son père. Et se retrouve embarquée par sa sœur à traquer une existence cachée tout en refusant de réveiller les fantômes du passé. C'est là que le lien avec Zola se tisse. Évoquer l'écrivain dont la vie amoureuse ne manquait pas de piment met tacitement en lumière l'adultère, et ce de manière presque poétique. Ce chemin vers l'acceptation est plutôt bien dressé. J'admets que la distance prise par Candice est incroyable, alors que sa mère et sa sœur explosent de colère. C'est aussi l'œuvre de Dominique, dont la personnalité ne cesse de perturber et d'interroger. Est-ce qu'elle fascine ? oui. Est-ce qu'elle fait peur ? oui, aussi. J'ai beaucoup aimé cette sensation trouble et troublante qui se dégage de cette relation a priori amicale, ou pas. En tout cas, c'est subtilement soumis et libre de toute interprétation.

Si cette ambiance très poudrée vous inspire, n'hésitez pas ! Moi, j'ai très envie d'écouter du Zola maintenant.

©2022 Éditions Robert Laffont, S.A.S (P)2022 Lizzie, un département d'Univers Poche.

  • Lu par : Tatiana de Rosnay
  • Durée : 9 h 50
  • Nous irons mieux demain retrace le chemin d’une femme fragile vers l’acceptation de soi, vers sa liberté. Il fait aussi écho aux derniers mots d’Émile Zola, le passager clandestin de cette histoire.

⭐⭐⭐⭐

26 octobre 2022

La diseuse d'ombres (Sidhe #1) de Sandy Williams

La Diseuse d'OmbresMcKenzie n'est pas une humaine ordinaire : elle est capable de voir les faes et surtout de retracer leurs déplacements, ce qui est une aubaine pour le roi Atroth en guerre contre les rebelles.

Lorsque ces derniers font irruption sur son campus et l'enlèvent sous le nez de la garde royale, McKenzie refuse de se ranger à leur cause et de livrer les secrets de la cour. Pourtant, leur charismatique leader use de son charme pour l'étourdir et la convaincre d'entendre sa version des faits. McKenzie s'échine à refuser de coopérer et multiplie les tentatives d'évasion malgré les menaces de mort des rebelles. Sa loyauté envers le maître d'armes du roi est indéfectible.

Et qu'importe si l'amour qu'elle lui porte n'a jamais été payé en retour ! On ne renie pas un engagement de dix ans en un battement de cils.

Mince, je ne suis pas comme ces filles qui se font courtiser par deux hommes mais ne savent pas lequel choisir. Quand on est incapable de savoir qui on aime le plus, c’est qu’on n’en aime aucun assez.


Si vous êtes allergiques aux relations toxiques, passez votre chemin ! L'héroïne a le don d'être aveugle et bornée à des fins inutiles. Par contre, cela donne à lire une histoire empreinte d'une forte tension qui rend la lecture très émoustillante.

Entre McKenzie et Aren, le feu brûle - haine et désir se mêlent savoureusement. C'est fougueux et vibrant. Le couple se chamaille beaucoup, enfin lui est séducteur et provocant tandis qu'elle reste obsédée par Kyol qui ne manque pas d'atouts non plus (il est juste plus long à la détente). Oui, on déteste quand l'héroïne est tiraillée entre deux soupirants et se montre particulièrement volage quand on ne s'y attend pas.

Ceci dit, le flirt reste aussi en arrière-plan. On a avant tout une histoire pleine d'action, avec une guerre et des attaques répétées, il y a des morts, des trahisons et des non-dits qui viennent changer la donne. Votre cœur risque de se briser à plusieurs reprises, mais vous n'allez pas décrocher de votre bouquin non plus. En effet, c'est pas mal du tout : urban fantasy, conflits et survie chez les faes, une héroïne ordinaire et émotionnellement instable, des personnages attachants, de la romance et plus encore.

Je lis le deuxième tome (Eclats de chaos) dans la foulée !

— Si j’étais un type bien, dit-il, je reconnaîtrais que Taltrayn est un fae honorable, qu’il t’aime et qu’il prendrait soin de toi. Je m’éclipserais et te laisserais avoir l’homme que tu as toujours voulu. Mais je ne suis pas quelqu’un d’aussi bien que Taltrayn, McKenzie. Je ne le serai jamais, et je refuse de renoncer. Je me battrai pour avoir la chance d’être avec toi. ♥

Milady, un label des éditions Bragelonne, 2013 pour la présente traduction. Traduit par Clémentine Curie.

⭐⭐⭐⭐

20 avril 2021

Grisha, tome 2 : Siege and Storm ; de Leigh Bardugo

Grisha 2Ce deuxième tome est d'abord celui de la transition. Les incidences du passé sont à réparer avant de prévenir les nouveaux coups durs. L'Invocatrice de Lumière est au centre de toutes les attentions. Une sainte ? martyre ? une imposture ? traîtresse ?

Alina Starkov n'a plus sa place nulle part. Elle se sent trahie et sans repère. Seul son ami d'enfance l'empêche de perdre pied même si leur fuite est vouée à l'échec. Le royaume est désormais fragilisé. Les ennemis et les alliés ont inversé les rôles.

Il plane un climat de doute et de suspicion sur tout le livre, lequel traîne un peu en longueur en manquant parfois d'action. On nous explique cependant qu'il faut reconstruire, qu'il faut consolider les liens. Qu'il faut asseoir un souverain digne de ce nom sur le trône. 

C'est politique et stratégique. Mais la question d'acceptation se pose aussi pour l'héroïne. Avec ses nouveaux pouvoirs, les convoitises toquent à sa porte. Ça se bouscule, parfois les mauvais intentions sont aussi les meilleures. Elle sent néanmoins qu'une part d'elle-même se brise chaque fois qu'elle cède à l'appel de la lumière.

Et que dire de sa relation avec Mal qui est malmenée et qui n'est plus que le souvenir d'un rêve envolé ! Un gouffre se creuse entre eux, hélas en leur âme et conscience. On assiste au massacre avec beaucoup de chagrin et d'impuissance. Tsss. Vraiment, ils m'ont déchiré le cœur. 

Surtout qu'une présence dans l'ombre nuit grandement à leur bonheur. Une omniscience, mais également le poids de la destinée. Argh. C'est terrible. 

Tout ça nous donne un roman avec peu de Darkling - entendons-nous bien : je suis frustrée ! Mais un certain Sturmhond - rouquin, arrogant, et rebelle - corsaire de son état, fait son entrée. 

Et mon cœur fait boum ! ...

Cette série pose brique par brique son univers, ses personnages. Elle étend sa toile et enjôle le lecteur avec une rouerie que je trouve fabuleuse. Oui, je suis accro.

J'enchaîne avec la suite, le troisième tome. Ça craint, oh oui, ça craint ... 

Nouvelle couverture, 2021 pour Milan. Traduction de Anath Riveline.

 Adaptation en série / Avril 2021 sur Netflix. 🖤

 ⭐⭐⭐⭐

30 novembre 2018

Bilan du mois : Novembre 2018 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Christmas-Wallpaper

Ambiance du moment ♫♪ Oh baby baby it's a wild world It's hard to get by just upon a smile ♪♫

Petite baisse de régime dans nos lectures, mais avec du bon, du très très bon ! 

Broadway Limited : Un Shim-sham avec Fred Astaire, de Malika Ferdjoukh

Les oubliés du dimanche, de Valérie Perrin

Chantage au presbytère (Agatha Raisin enquête 13) de M.C Beaton

Didier, la 5e roue du tracteur, de Ravard & Rabaté

 

♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

 

Et côté séries TV :

Glitch : série australienne (diffusion 2016-2017)

Glitch

Un étrange phénomène survient dans le cimetière de Yoorana, petite ville australienne : six personnes s'extirpent miraculeusement de leurs tombes. Ce ne sont pas des zombies. Pas forcément des morts récentes non plus. La plupart ont un peu la mémoire en vrac. Impossible d'expliquer pourquoi ou comment mais le choc est là. De son côté, le shérif s'attache la complicité du docteur pour ne pas ébruiter cette affaire (d'autant plus que l'homme est face à son épouse décédée et devra lui expliquer qu'il a refait sa vie et blablabla). On devine les diverses complications, la dimension émotionnelle, la portée scientifique, les bruissements médiatiques et la micro touche surnaturelle qui va apporter suspense, tension, drame et rebondissements à cette série qui se regarde sans un enthousiasme débordant mais avec une certaine curiosité. Une troisième saison est attendue car le dénouement me laisse perplexe...

 

Les Nouvelles Aventures de Sabrina : série US (diffusion 2018)

Sabrina Netflix

Connaissant déjà la série des années 90, je ne pouvais échapper à cette nouvelle adaptation très largement médiatisée. On y retrouve une Sabrina Spellmann charmante, orpheline élevée par ses deux tantes, qui doit prochainement fêter son seizième anniversaire et donc accepter de renoncer à sa vie humaine pour suivre pleinement sa formation de sorcière. Mais l'adolescente hésite, consciente d'être manipulée. Elle désire conserver son libre-arbitre et crée ainsi la zizanie au sein de l'assemblée satanique. Des forces obscures grondent autour d'elle, mettent la pression et parfois leur menace à exécution. En même temps, Sabrina doit faire bonne figure auprès de ses amies et de son petit copain Harvey.

Concrètement, j'ai été un peu paumée en découvrant cette Sabrina 2018. Ambiance 50s raffinée mais assez décalée (un peu comme dans Bates Motel). Les personnages apparaissent brouillons et empêtrés dans un scénario qui part parfois dans tous les sens. Grosse surprise aussi de suivre une intrigue sombre et torturée (très éloignée de la version nostalgique sirupeuse). En bref, c'est un rendez-vous assez déconcertant et un peu fourre-tout. À voir sur la durée et la direction envisagée.

 

Bodyguard : série britannique créée par Jed Mercurio (2018)

Bodyguard BBC

Autre coup de com' avec cette nouvelle production BBC : Bodyguard a déboulé dans un concert d'éloges, avec un casting en or. Comment résister ? Bodyguard, c'est l'histoire d'un type désabusé et encore traumatisé par son passé de militaire, David Budd, aujourd'hui reconverti dans la protection rapprochée. Après avoir déjoué un attentat à la bombe dans un train, il est promu à la garde de la Ministre de l'intérieur, Julia Montague, qui fait couler beaucoup d'encre, car décriée pour ses convictions et décisions fracassantes (en gros, tous les militaires la détestent). La première rencontre entre Budd et la politicienne est désastreuse. Et puis... et puis... Scénario choc et très troublant. Attention, c'est du lourd, du torturé, de l'explosif. Ambiance parano et électrique sur toute la ligne. J'avoue, j'ai été complètement désarçonnée car je n'avais pas imaginé un truc pareil. C'est bon ? Oui ! Mais c'est rude.

 

Gilmore Girls: A Year in the Life série créée par Amy Sherman-Palladino (diffusion 2016)

Gilmore Girls

Et là, c'est le drame. Le revival de Gilmore Girls, ou comment sérieusement déprimer en quatre épisodes. Grosse, grosse désillusion de retrouver nos chères Gilmore et la ville de Stars Hollow dans ce projet poussif et tristement caricatural. Je suis fâchée. Rory est affligeante (oubliez la jeune fille brillante et ambitieuse, rencontrez une trentenaire déconnectée de la réalité, prétentieuse et sans but dans la vie). Au secours ! Comme beaucoup d'aficionados, j'étais excitée de replonger dans ma série doudou par excellence. Résultat : totale sidération, sensation de supercherie, clichés, lourdeurs... mais pourquoi ?! Par contre, grosse émotion à l'évocation de la perte de Richard Gilmore (Edward Herrmann) et immense amour pour Emily Gilmore interprétée par Kelly Bishop, sensible, drôle, mordante, bref impeccable.

 

Les Demoiselles du téléphone (Las Chicas del Cable) : série espagnole (diffusion depuis 2017)

les demoiselles du téléphone 1  les demoiselles du téléphone 2

Et pour finir, je plaide coupable, cette telenovela collectionne mauvais goût, acteurs médiocres, scénario tarabiscoté, overdose de guimauve et tout ça. C'est horripilant, cousu de gros fil blanc, et pourtant ça a un effet addictif - ohmygod - j'étais horrifiée de moi-même de suivre un programme aussi déplorable. Honte honte honte. L'histoire se déroule à la fin des années 20, dans une entreprise moderne de télécommunication, où des jeunes femmes de tous horizons vont se croiser et interagir avec leurs motivations personnelles. L'époque me faisait fantasmer, première désillusion avec une bande sonore complètement à côté de la plaque (musique contemporaine). Les toilettes, par contre, sont superbes. D'autres déceptions vont couler de source, je n'en ferai pas étalage, disons juste que je tiens à souligner le grand paradoxe de cette série : j'avais pleinement conscience de regarder une daube mais mon cerveau était lobotomisé. Je précise que j'ai mis un terme à mon autoflagellation au cours de la saison 2. Pfiou.

 

Séries en cours : Thirteen reasons why - Under the Dome

 

 

18 juin 2018

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens, de Becky Albertalli

moi simon

Simon Spier est un lycéen de 16 ans tout à fait ordinaire, avec une bande de potes, une famille accro à la télé (qui pourrait discuter des heures du dernier épisode de The Bachelor), une passion inébranlable pour le théâtre, pour Harry Potter et pour les Oreos, également doté d'un humour ravageur et un gros, gros secret. Car Simon est attiré par les garçons mais n'ose pas l'avouer à son entourage. Sa relation avec Blue - son correspondant anonyme rencontré sur internet - est d'ailleurs pour lui un rêve éveillé. Pour la première fois de sa vie, il se sent libre, vivre et entier. Mais un camarade de lycée va prendre connaissance de ses mails et s'en servir pour lui faire du chantage - il balancera tout s'il ne décroche pas un rendez-vous avec sa meilleure amie Abby. Écœuré d'avoir à précipiter le moment de révéler qu'il est homo, Simon cherche également à percer le mystère qui se cache derrière Blue. 

J'ai complètement craqué pour cette histoire, aussi banale soit-elle, elle se révèle franchement adorable au fil des chapitres. Il faut dire que Simon Spier est un narrateur extraordinaire, qui nous fait rire et qui donne envie de s'incruster dans sa vie. J'ai adoré son humour, ses copains et sa famille. On se sent comme dans une petite bulle protectrice, chaleureuse et bienveillante, mais on reste lucide aussi quant à la difficulté de vivre sa différence dans un monde qui n'accepte pas le moindre pas de côté. Autre bon point, la lecture faite par Gauthier Battoue est parfaite. Lui-même est déjà connu pour être la voix française de Dylan Minnette (13 Reasons Why) et Nick Robinson (qui incarne le personnage de Simon dans l'adaptation au ciné), donc on a l'impression d'écouter son meilleur copain nous raconter ses petites histoires (comptez à peu près 6 heures pour tout connaître de A à Z). Une vraie complicité s'installe et c'est du bonheur sur toute la ligne. À tenter sans hésitation - j'avoue que le buzz me faisait un peu peur jusqu'à présent - j'ai cédé aux chants des sirènes et j'ai vraiment, vraiment passé un super moment avec Simon ! Six bonnes heures pour apprécier pleinement cette chronique savoureuse et irrésistible. 

©2015 Hachette Livre. Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Gauthier Battoue

 

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