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Chez Clarabel
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19 septembre 2013

Inferno, lu par François d'Aubigny

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Robert Langdon se réveille sur un lit d'hôpital à Florence, frappé d'amnésie sur les dernières trente-six heures. Pour échapper à une nouvelle tentative d'assassinat, il s'enfuit avec une jeune femme médecin, Sienna Brooks. Pour seul indice, Langdon possède une capsule avec une image de Botticelli, La Carte de l'Enfer, inspirée par le poème de Dante. C'est le fil rouge, le détail autour duquel il faudra tourner et retourner, comprendre les messages codés, chercher l'explication derrière des rendez-vous loupés, fuir un ennemi invisible, s'en remettre à cette jeune femme blonde, au passé mystérieux.

Tout ce que je peux affirmer, c'est que l'intrigue est drôlement bien ficelée, avec soubresauts, entourloupes, rebondissements et gong fatal. On sursaute à plusieurs reprises, tout en reconnaissant que c'est facile, trop facile. On se laisse entuber comme des andouilles. Par principe, j'ai fermé les yeux et j'ai suivi Langdon dans un dédale infernal, entre Florence, Venise et Istanbul, je l'ai écouté m'expliquer des théories toutes plus dingues les unes que les autres, tout ça pour mettre le doigt sur un problème qui touchera peut-être notre civilisation (surpopulation, planète saturée, etc.).

C'est une lecture spécialement calibrée pour capturer le lecteur et le balader dans des couloirs labyrinthiques où on en prend plein les yeux et la tête. Ou les oreilles. Le format Audiolib offre une perspective intéressante, car on se la coule douce au son de la voix de François d'Aubigny, qui fait tout le boulot, il nous met en situation, fait monter la pression, joue avec le suspense et nous impose un rythme particulièrement stressant. J'ai bien aimé dans l'ensemble, mais je garde à l'esprit que c'est un produit estampillé Dan Brown. Côté divertissement, c'est tout  bon.

Inferno, par Dan Brown (Audiolib, août 2013)
Texte intégral lu par François d'Aubigny - traduit de l'anglais par Dominique Defert et Carole Delporte
durée d'écoute : 16 heures

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18 juin 2017

Tu as promis que tu vivrais pour moi, de Carène Ponte

TU_AS_PROMIS_QUE_TU_VIVRAIS_POUR_MOIInconsolable depuis la mort de Marie, sa meilleure amie depuis l'enfance, Molly a la surprise de recevoir un mystérieux paquet contenant douze lettres à découvrir mois après mois. Une façon pour la défunte de motiver notre héroïne à se lancer de nouveaux défis et vivre enfin la vie qu'elle mérite. Pour l'heure, Molly est serveuse à Paris et vit avec Germain, un gentil garçon, adorable et prévenant... mais plat et ennuyeux. Pas vraiment le candidat idéal aux yeux de Marie qui a toujours rêvé d'un John pour son amie. Bref. Sur une idée de la disparue, Molly part donc en weekend à Grenoble pour s'initier au ski. Sur place, elle répond spontanément à une annonce, devient prof de danse et plaque tout pour s'installer dans les montagnes. Sa décision en effraie plus d'un - sa mère, son amie Viviane, son fiancé - mais Molly a désormais la certitude d'être à un tournant de sa vie. 

Ce court roman est efficace par son rythme, son effervescence, son dynamisme et son optimisme à toutes épreuves. C'est plein d'espoir et d'entrain, le tout laisse peu de place à l'atermoiement, c'est aussi réconfortant et chaleureux, donc ça fait du bien. On se passionne à suivre Molly dans ses prises de risque, suivre son audace et partager sa bonne humeur. Concrètement, il règne une ambiance guillerette non dénuée de charme et de légèreté... même si le propos demeure trop succinct, avec de nombreuses scènes surjouées (l'électron de la romance en tête) et une sensation de situations téléphonées assez banales. L'histoire met finalement à l'honneur l'amitié féminine, la belle communion des âmes fragilisées, leur souffle conjoint à affronter les aléas de la vie et se construire un nouveau destin. À envisager, donc, comme une lecture digestive, sans prétention. Ses effets bienfaisants sont avérés.

>> Disponible en livre audio - en exclusivité - Texte lu par Myrtille Bakouche (durée : 5h 14) pour Audible Studios 

©2017 Michel Lafon (P)2017 Audible Studios

Tu as promis que tu vivrais pour moi | Livre audio
Version intégrale
25 septembre 2012

Teaser Tuesday #40

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Sans le savoir, ce satrape venait de sanctionner la mort du star-system, au sens où les studios l'entendaient depuis l'invention du terme en 1911. Pour la première fois, une grande vedette populaire allait se voir refuser l'accès d'un festival. Ici, en Californie, les ciné-clubs venaient de naître, les intellectuels commençaient à s'importer à cause de l'emprise des professeurs de faculté et des étrangers fraîchement débarqués d'Europe, mais les movie stars régnaient depuis déjà soixante ans, soit l'équivalent, en chronologie hollywoodienne, de plusieurs dynasties d'Egypte. Jayne Mansfield, symbole de l'ancien Hollywood, créature de Frankenstein lancée par la régie publicitaire de la Fox contre Marilyn Monroe, un simple buste, une paire de seins qui poussait l'arrogance jusqu'à n'avoir jamais tourné de film correct, un monstre engendré par la presse poubelle et le néant des vieux studios poussiéreux, allait retourner dans le chaudron d'où tout le cinéma d'antan était sorti. Star déchue à trente-quatre ans, avant même la consécration, Jayne Mansfield jouerait la victime expiatoire de la seconde chasse aux sorcières, celle des stars populaires, par les tenants d'une Amérique culturelle, inspirée du modèle européen. Refuser Jayne Mansfield, c'était se venger de l'arrogance d'une Elizabeth Taylor ou d'un Frank Sinatra sans risque de brouille avec les puissants du spectacle. Cela sous couvert de lutte contre la pornographie.

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L'ouvrage s'ouvre sur l'accident de voiture qui a coûté la vie de Jayne Mansfield, le soir du 29 juin 1967, et pendant de longues pages, nous avons droit à un descriptif de la scène, dans ses moindres détails. Franchement, c'est glauque. Par la suite, l'auteur s'attarde à raconter la déchéance de cette actrice, broyée par la machine hollywoodienne, avec notamment cet aperçu d'une Amérique qui voulait faire peau neuve et chasser les actrices populaires, trop représentatives du mauvais goût et de la vulgarité.

Je ne connaissais pas cet ouvrage, pourtant lauréat du prix Femina 2011, aussi l'ai-je ouvert avec curiosité quant à la personnalité dont il était question. On sait très peu de choses sur Jayne Mansfield, après avoir tourné dans des comédies bon public, elle a fini sa carrière dans des films discutables et était victime de son image de bimbo, blonde à forte poitrine. Je m'attendais bêtement à en apprendre davantage, hélas j'ai été bien décomposée à la lecture de ce récit sinistre et accablant. Ce n'était vraiment pas la lecture indiquée! Je n'ai pas du tout apprécié l'approche de l'auteur, son écriture sèche et froide, son regard sur les dernières années de l'actrice, sans juger, sans complaisance non plus, mais sans attachement. Je n'ai pas du tout adhéré, et j'étais pressée d'en finir (158 pages seulement, ouf).

Jayne Mansfield 1967, par Simon Liberati
J'ai Lu, 2012

21 mars 2012

“My life sucks pretty hard right now. So, yeah. I’m making jokes.”

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J'étais excitée comme une puce avant de lire ce tome 3 ... et au final, je suis contente, un peu triste, un peu frustrée, mais pas surprise non plus.
J'ai bien aimé la première partie, qui avait la lourde et délicate charge d'assurer le passage de relais, et franchement l'auteur a bien géré son affaire : on retrouve Sophie, son humour, sa détermination et son flegme, elle doit rejoindre sa mère et se rend chez les Brannicks où d'étonnantes révélations l'attendent.
Et de nouveau l'histoire nous transporte vers d'autres lieux, je vais éviter d'en dévoiler trop, mais ça tourbillonne pas mal et ça nous réserve de belles surprises, parfois un peu crispantes, le climat est plus tendu, les enjeux ne sont plus l'innocence d'antan, et Sophie se voit investie d'une mission déterminante pour l'avenir des Prodigium.
Mais à longtemps chercher des solutions, à tâtonner dans le vide et le noir, à se poser des questions sur le comment et pourquoi, l'intrigue finit par tourner sur elle-même, tel un long statu-quo qui nous fait ronger notre frein, franchement je me demandais quand l'action allait démarrer !
C'est un peu le reproche que je ferai à ce dernier tome, l'activité est plus lente, même un peu plus cérébrale (sauf que j'avais déjà remarqué que c'était une manie de l'auteur), et donc tout se met en branle dans les 70 dernières pages, c'est un peu rapide, avouons-le, le défi final laisse un goût amer, et certaines solutions peuvent être jugées trop faciles.

Il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup apprécié cette lecture, qui boucle gentiment la série. Hex Hall se classe à jamais parmi mes meilleures séries de divertissement. Si l'intrigue peut paraître gentillette, la série est sauvée par le charisme de ses personnages, leur humour et leurs sarcasmes. C'est frais, léger, ça donne des petites palpitations et on passe vraiment un bon moment avec Sophie Mercer.
Je ne regrette pas un seul instant d'avoir découvert cette série, qui a toujours su remplir son office : distraire le lecteur !

Spell Bound (Hex Hall #3) - Rachel Hawkins
Published March 13th 2012 by Hyperion Book 

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15 décembre 2011

“Watch my sword, not my face!'he said. 'I'm going to stab you, not bite you!”

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Shannon ap Griffith, princesse guerrière, est en fuite avec Rhodri lorsqu'elle rencontre Blodeuwedd, une fille-hibou envoyée par Ceux-qui-brillent pour lui annoncer la prophétie du seigneur Govannon. Dans sa vision, Shannon découvre la citadelle du père d'Iwan ap Madoc assaillie par les troupes saxonnes, livrée à un véritable massacre qui coûtera la vie du garçon. La princesse n'a plus le choix et doit rebrousser son chemin pour prévenir ses anciens amis de la menace à venir. Mais comment y remédier alors que le prince Llew vous a déclarés traîtres et vendus à l'ennemi ?

Cette fois, l'héroïne fait aussitôt preuve de ténacité dans ses actes et ses paroles, ce qui contraste avec l'impression laissée à la lecture du premier tome (surtout au début). La princesse a bien changé, elle a accepté son destin en devenant le bras armé de Ceux-qui-brillent (les divinités celtes) mais refuse d'agir mécaniquement. Malgré ses nouvelles responsabilités, elle veut être maîtresse de ses décisions. Pour cela, elle a également mis de côté toute sensiblerie inutile. Et je trouve qu'implicitement cela pose un petit souci, car l'intrigue est totalement dénuée de romantisme. Pourtant, c'est là, tout près, il y a Rhodri au charme mystérieux et Iwan à la séduction canaille, comment voulez-vous ne pas être tentée de rêver un peu ? Pour l'heure, donc, pas de guimauve mais de la baston, des émotions, de l'action débridée... C'est bien, oui, cela manque juste d'un ingrédient imparable pour séduire complètement.

Princesse Shannon, tome 2 : Le Glaive de la Vengeance par Frewin Jones
Flammarion, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Christine Auché et Catherine Guillet
illustration de couverture : Cali Rezo  

Tome 3 à paraître en mars 2012.

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5 avril 2017

Pêle-Mêle : Au lit Miyuki - Le parfum des feuilles de thé

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“Pluie d'or sur les collines argent, le jour offre son dernier sourire avant de laisser place à la nuit. Les fourmis terminent d'engranger leurs provisions, le rossignol prépare son nid, et le crapaud rejoint le seau pour se mettre à l'abri. Le soleil se cache lentement pour observer la lune qui s'apprête, et le clocher sonne l'heure du repos, accompagné du chant des mouettes.”

La journée s'achève, mais Miyuki joue encore à travers champs, pas pressée d'aller au lit. Grand-père aussi a bien du mal à la convaincre « de se préparer à rêver ». Car la fillette trouve une flopée d'excuses pour reculer l'échéance - il faut arroser le potager, rassembler les escargots, envelopper le chat dans sa couverture, danser pour le soleil, prendre un bain... Et alors, seulement, consent-elle à se glisser sous la couverture, son Grand-père près d'elle, tenant un livre entre les mains pour lui chuchoter une dernière histoire « avant de rêver » ...

Cette lecture est franchement un petit miracle, à découvrir rien que pour le plaisir de s'ébahir en tournant les pages. Tout est beau, doux, raffiné, tendre et poétique. Les couleurs et les illustrations de Seng Soun Ratanavanh forment un tableau sophistiqué et font forte impression auprès du public conquis et sous le charme. La composition du texte est également très élaborée et résonne comme une ritournelle qui accompagne l'enfant dans son rituel du coucher. Par sa délicatesse, la lecture parvient à apaiser les plus récalcitrants. Ses effets sont envoûtants, son esthétisme est renversant. Une pure merveille. ♥

Au lit Miyuki, de Roxane Marie Galliez & Seng Soun Ratanavanh

De la Martinière Jeunesse, 2017

 

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Pour les amoureux des belles histoires et des albums aux illustrations foisonnantes, découvrez aussi 

Le Parfum des feuilles de thé, d'Ingrid Chabbert & Célia Chauffrey

Le parfum des feuilles de thé

Après avoir été bannie par son père, Yi Jie et sa fillette Jia vivent dans une petite maison au cœur des plaines verdoyantes du Tibet. Chaque jour, après avoir confectionné les vêtements qu'elles vont vendre au marché, Jia accompagne sa mère à la cueillette des feuilles parfumées et s'initie à leurs vertus. Devenue jeune femme, elle n'a rien oublié des secrets des infusions. Sa rencontre avec l'empereur va néanmoins la conduire vers une destinée incroyable. Le temps aidant, elle guérit enfin de son chagrin, tombe amoureuse de son bienfaiteur et file connaître enfin le vrai bonheur.

De l'évasion, du romantisme, des traditions... Ce conte réunit tous les ingrédients qui font le succès des plus belles lectures et qui invitent à rêver ! Un album au grand format éclatant, qui nous emporte dans une histoire de traditions, de famille et de passion. Magnifique !! ♥

 

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17 octobre 2016

Intimidation, de Harlan Coben

Intimidation Audiolib

Ouch. Nouvelle lecture de Harlan Coben, promesse d'un divertissement basique, sans prise de tête. Et puis, non. Cette fois, la recette n'a pas su produire cette petite dose de fébrilité attendue et réserve même une entrée en matière particulièrement douteuse. 

Accoudé à un bar, Adam Price est apostrophé par un inconnu qui lui souffle « vous n'étiez pas obligé de rester avec elle » puis se met à lui débiter une histoire de fausse grossesse, comme quoi son épouse Corinne aurait bâti leur union sur un mensonge. Assommé par ces révélations, Adam cherche des explications, mais sa femme se débine et disparaît de la circulation. Seul avec leurs deux garçons, Adam remue ciel et terre pour percer le secret de Corinne.  

Vous décrire mes impressions de lecture ? 

 

Ennui profond. 

Non seulement l'histoire est confuse et lourde, mais également très moralisatrice et sans réelle action. De plus, l'auteur nous noie dans des considérations domestiques artificielles et des matches de lacrosse pas follement captivants, tout ça dans le but d'ancrer dans l'esprit du lecteur l'illusion du paradis familial pour qu'il saisisse ô combien le passé va pulvériser cette tendre quiétude... Mouiii. Seulement, cela ne m'a pas particulièrement emballée.

L'intrigue, ensuite, emprunte des détours improbables, avec des maîtres chanteurs, des crimes, des détournements de fonds, des gamins obsédés par la réussite, des clichés sur la vie en banlieue, des drames intimes, des carrières qui volent en éclats et du paraître à entretenir. Harlan Coben brasse large et se pose en observateur de ses contemporains avec cette fausse dérision pas du tout crédible (se moquer des génies en informatique qui ont lancé leur business dans leur garage). Et alors ?

Ce n'est pas drôle, pas émoustillant, pas palpitant. Et comble de tout, j'ai trouvé le temps long. Même Olivier Prémel, le lecteur pour Audiolib, semble embarrassé par l'exercice dans les premières minutes. Il taille le portrait d'Adam sans sincère investissement de sa part, ou disons que le rendu sonne affreusement convenu et me touche moyennement. Par la suite, tout le monde parvient à trouver le bon rythme à sa juste mesure même si le dénouement est aussi décevant que le reste. De là, toute réconciliation paraît impossible avec cette lecture pour le moins médiocre et lassante. ^-^ Dommage.

Texte lu par Olivier Prémel pour Audiolib (Octobre 2016) - durée : 9h 28

Traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

19 septembre 2011

Blanche

lu et tendrement apprécié,

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Nô, l'ami de Blanche, a le blues et ne veut plus bouger de son lit. Inquiète, la petite fille décide de partir pour un long voyage afin de lui trouver un remède. Commence alors une épopée fantastique, qui plonge l'héroïne vers l'inconnu, où il lui faudra affronter ses peurs et ses cauchemars, la violence, la haine, la colère, le chagrin... mais n'hésitant pas à récolter des échantillons de toutes ces émotions dans sa petite valise. Car heureusement ce qui est méconnu ou inexploré est également source de découverte, de bonté, de générosité. En chemin, donc, Blanche croisera l'amitié, le réconfort, la douceur, la gourmandise de la barbe à papa aussi. Et des mots, des sons, des murmures... des matières à histoires. De son voyage, Blanche rapportera à son ami Nô une envolée de mots, lesquels, mis bout à bout, vont lui redonner le sourire ... parce qu'en prêtant bien l'oreille, on entend des histoires, toutes sortes d'histoires.

Une belle histoire poétique et sensible, avec des illustrations magnifiques et justes. Bravo, et merci les filles! 

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Blanche, par Anne Cortey et Françoise de Guibert - illustrations de Nathalie Choux (Hélium, 2011)

10 septembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #38

 

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Horrible Henri est une série drôle, qui a su cerner son public (dès 7 ans) en osant emprunter la voie du subversif avec gentillesse et sans prétention. Le but : partager les bêtises d'un chenapan sans paraître grossier et ne pas verser non plus dans le côté "c'est mal", "c'est pas bien"... Le lecteur aura assez de bon sens pour distinguer l'humour et l'insolence. Et puis Henri est un garçon fort sympathique, il mène une vie normale, il a un petit frère - Paul Parfait, quelle angoisse ! - et des parents qui ne saisissent jamais ses contrariétés (il déteste la danse et préfère le karaté, à qui la faute s'il décide de saboter le spectacle de Mlle Tutu ?). Il est parfois accompagné de son pendant féminin, l'incroyable Maudite Marguerite, et ça fuse, ça déglingue, ça gesticule. Non, les bêtises ne manquent pas. La source d'inspiration n'est jamais tarie, et c'est une idée judicieuse de suggérer que Horrible Henri est le cauchemar des enfants sages ! 

Horrible Henri par Francesca Simon
illustrations de Tony Ross - traduit par Vanessa Rubio-Barreau 
Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet, 2011.

D'autres suggestions de lecture, dès 7 ans.

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Des fées, des paillettes, une école pour se faire des copines et des ennemies... il y en a pour 11 volumes à ce régime. (Ma fille a lâché l'affaire après le tome 4, trouvant que c'était trop répétitif.)  
L'Ecole des Fées, par Titania Woods (Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet) 

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J'avais lu les deux premiers tomes avec ma fille, il y a trèèès longtemps. Je suis bien incapable de me rappeler les détails, mais je me souviens que j'avais trouvé ça très sympa. Deux prochains tomes doivent paraître à l'automne.
Les Pozzis, par Brigitte Smadja (Neuf pour L'Ecole des loisirs).  

Brigitte Smadja pense que nous sommes tous des Pozzis et des Lailleuriens. C’est que, depuis une balade en Corse, elle a changé d’univers pour créer un nouveau monde. Le sien.
D’ailleurs elle le dit elle-même : Les Pozzis est son premier récit vraiment autobiographique.
Elle raconte son histoire mais a pris un autre chemin qui grimpe, qui descend, et qui arrive à un paysage sous la forme d’un puzzle. (source : ecoledesloisirs.fr)

15 juillet 2010

Wings

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Après des années passées à étudier chez elle, Laurel entre pour la première fois au lycée, dans une nouvelle ville. Dès le jour de la rentrée, elle y fait la rencontre de David, son partenaire de bio, un garçon charmant et très gentil, qui l'introduit auprès de son groupe d'amis et prend plaisir à passer de plus en plus de temps auprès d'elle. Mais un matin, la jeune fille découvre sur son corps une bosse qui ne cesse de grossir au fil de la journée. Peut-être est-elle gravement malade ? Elle n'ose en parler à ses parents, évite David avant de se confier à lui. Car cette protubérance s'est développée de façon déconcertante : ce sont maintenant des pétales de fleur qui s'étalent sur son dos. Des fleurs qui s'épanouissent sous l'apparence d'ailes.

A ce stade du roman, j'avoue que je n'étais pas follement emballée. L'histoire est charmante, romantique, mignonne et un brin mystérieuse. Par contre c'est lent, long, trop sentimental. Le style littéraire n'est pas folichon, les personnages n'ont pas de charisme dévastateur et cette histoire de fille-fleur ne m'intrigue pas davantage. Hmm, forte d'encouragements extérieurs qui préconisaient que le livre exigeait patience dans les premières pages, je me suis donc efforcée à poursuivre ma lecture.

Un nouvel élément m'a aussi redonné du baume au coeur, avec l'apparition d'un certain Tamani. (" He looked at her so possessively, as if she were a lover he had already won and he was just waiting for her to realize it. ") Hmm. Enfin un peu de sérieux. Mais qui est-il ? Laurel l'a rencontré dans la forêt qui jouxte le terrain de sa maison d'enfance (que ses parents envisagent de vendre), il la découvre dans toute sa splendeur florale et n'est nullement effarouché, plutôt séduit et enchanté, et prétend avoir des réponses ! Yalla.

A la place, Laurel se braque et prend la fuite. Elle se console dans les bras de David, oh oui, un gentil garçon. " He was sweet, patient, smart, fun, and he made no secret that he adored her. " Toutefois, la gentillesse n'est pas l'atout majeur du sex-appeal. Nous sommes d'accord ? Et depuis les prémices d'une rencontre plus folle et sauvage avec Forrestboy, moi j'avoue que j'en veux plus !

Les détails cocasses ne manqueront pas, comme l'histoire du pollen sur les mains. Il suffit d'un toucher pour ensemencer une jeune fille en fleur, et zou. Cela casse enfin le romantisme, bonjour le glamour, la fantaisie et ... place à la féérie. Sur ce, je crois que j'ai trop attendu de cette lecture. Résultat, j'ai été frustrée et un peu déçue. C'est trop gentil à mon goût, trop délicat et romantique, j'avais besoin de sensations fortes, donc cela ne collait pas trop avec le programme. Tant pis.

Wings / Aprilynne Pike

LireEnVochallenge Lire en VO - 19

 

 

30 janvier 2010

Oscar, Gyles et moi

Je suis en train de lire Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles (Grands détectives, 10/18). Je me régale !  C'est après avoir terminé ma lecture du roman de Martha Grimes avec Henry James que j'ai eu cette envie. Il n'y a pas photo, je suis sensible aux ambiances et cette série me gâte !

Dans la maison, tout était de la meilleure qualité et tout, ou du moins presque tout, était d'une seule couleur : blanc. Dans le salon, les rideaux étaient blancs, les murs étaient blancs. Pareillement, tout était blanc dans la salle à manger, à l'exception d'un lustre couleur cerise. Il pendait au milieu de la pièce, juste au-dessus d'une statuette en terre cuite posée sur une nappe rouge en forme de losange, elle-même placée au milieu d'une table blanche. La composition était parfaite.

Cette description reflète le bon goût de l'appartement raffiné des Wilde, à Tite Street. C'est riche d'une précision qui ne paraît jamais ronflante ou pédante, comme partout dans le texte. Cela sent le travail appliqué et consciencieux, c'est bon comme un pain chaud, et même confondant, on croirait un Oscar Wilde plus vrai que nature, plus authentique que jamais. Il mange, boit, joue de son charme, fait montre d'intelligence et d'esprit, devient suspicieux, mystérieux et peut-être jaloux. C'est une personnalité fascinante, que Brandreth a merveilleusement cernée, sans tomber dans la complaisance ou la caricature.

Elle me prit par la main et, comme un camarade de jeu, me conduisit à travers la maison à la recherche d'Oscar. Nous le trouvâmes dans son fumoir de style mauresque, où rien n'était blanc sinon la mince volute de fumée qui s'élevait de sa cigarette. Il était étendu sur un divan, les yeux mi-clos. Il devait nous avoir entendus dès mon arrivée mais il n'avait pas bougé. Tandis que nous entrions dans la pièce, il leva sa cigarette d'un geste langoureux et, en l'observant, il la fit rouler entre son pouce et son index.
- Fumer une cigarette est l'exemple parfait d'un plaisir parfait, ne trouvez-vous pas ? C'est exquis tout en vous laissant sur votre faim.

Troublant, n'est-ce pas ?

Et puis c'est gourmand. Bavard. Absolument étourdissant.

Cet après-midi-là chez Simpson's, comme nous buvions et mangions, et buvions encore, nous demandant si nous nous autorisions à prendre un dessert et un feuilleté et du stilton (avec les vins assortis), il parla de maintes choses : de chaussures, de bateaux ou encore de cire à cacheter. S'il ne fut pas question de meurtre, sans doute évoqua-t-il la cuisson du chou (l'unique échec culinaire de Simpson's) et l'actualité des têtes couronnées (Oscar se passionnait pour la nouvelle de l'accession au trône d'Alexandre, l' "enfant-roi" de Serbie). Ce qui était remarquable avec la conversation d'Oscar, quelles que fussent les circonstances, c'était sa diversité et son imprédictibilité. Lors de ce repas se succédèrent à toute vitesse l'amour et la littérature, le rêve de William Morris d'une confédération d'Etats socialistes, l'opéra de Chabrier Le Roi malgré lui, son goût pour les marguerites, son horreur de Bayswater (et de la couleur magenta) et les treize étages du Tacoma Building à Chicago, le premier "gratte-ciel" du monde.

Cette lecture est pour moi une bonne surprise, car au-delà du classique attendu, c'est un roman policier qui se cache sous ce délire littéraire. Quel plaisir !

oscar_wilde_meurtre_chandellesL'histoire est racontée par Robert Sherard, arrière petit-fils du poète Wordsworth, et grand ami de l'écrivain. Il nous révèle un Oscar Wilde sous un autre jour, un Wilde fasciné par une oeuvre littéraire qui vient de paraître et qui fait grand bruit en 1889. Il s'agit d' Une étude en rouge d'Arthur Conan Doyle, le début d'une série à succès, on connaît l'histoire. D'après Sherard, Wilde se serait piqué d'imiter Sherlock Holmes pour prouver qu'il possédait en premier lieu le sens de l'observation et de la déduction, le célèbre apanage du détective. Holmes n'était qu'imitation et spéculation, voyez-vous.

Le roman s'ouvre alors qu'Oscar découvre le corps du jeune Billy Wood torturé et baignant dans son sang au centre d'un cercle de chandelles. Lorsqu'il décide de partager cette macabre découverte avec ses compagnons, Oscar tombe sur la chambre du 23, Crowley Street parfaitement vierge de tout crime.

L'histoire peut commencer.

 

Bon week-end à tous !

 

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles ~ Gyles Brandreth
10/18 Grands détectives (2008 Poche grand format) - 385 pages.
traduit de l'anglais (USA) par Jean-Baptiste Dupin

24 septembre 2009

Un petit garçon idéal ~ Zeruya Shalev

Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 45 pages - 7,00€
traduit et adapté de l'hébreu par Valérie Zenatti
illustrations d'Iris de Moüy

un_petit_garcon_idealGour est « le petit garçon à sa maman ». C'est lui le plus beau, le plus fort, le plus grand, le plus intelligent. Autant d'amour vous blinde une armure d'acier pour affronter le monde... mais l'école est une claque. Gour comprend qu'il n'est pas le plus beau, le plus fort, le plus grand, le plus intelligent. Le constat est terrible. Serait-ce sa mère qui est aveugle ? N'a-t-elle pas réalisé qu'il existait d'autres enfants mieux que lui ? Cette vérité le paralyse. Il ne faut surtout pas qu'elle s'en rende compte, ou alors elle cessera de l'aimer !

Eh oui, les enfants, je vais vous apprendre une nouvelle terrible : vous n'êtes pas la huitième merveille du monde, hélas pour vous, mais vous l'êtes et le resterez à jamais pour vos parents ! Le drame est dissipé.

C'est un délicieux petit roman qui vous l'expliquera, avec des baisers sur la joue qui laissent des traces de rouge à lèvres, tel un envol de papillons. Je vous le confirme, ce livre est craquant, Gour est un garçon adorable, et je ne connais pas d'enfant ni de maman qui n'a pas dévoré d'amour son bout d'chou en le noyant sous les plus folles déclarations.

Oui, amis parents, cette lecture aussi s'adresse à vous. Zeryua Shalev est l'auteur (très connu, selon moi) de romans talentueux, comme Vie amoureuse, au sujet plus que sulfureux. Un petit garçon idéal  est son premier roman pour les enfants (et les plus grands), il est illustré par les petites touches candides d'Iris de Moüy, visez la couverture, c'est un ange, non ? Cela donne envie d'aller plus loin, et de craquer pour cette petite galette rouge où l'amour d'une maman et les questions d'un enfant jouent ensemble à la marelle.
C'est génial !

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@ iris de moüy

 

 

 

 

 

3 mai 2009

Un été à la mer ~ Giuseppe Culicchia

« leisure-time ? qu'est-ce que ça veut dire ? »

unetealamer

C'est l'histoire d'un couple en voyage de noces en Sicile, à Marsala. Luca, quarante ans, y a passé toute son enfance et son adolescence, il y retourne pour la première fois, sur l'insistance de sa jeune épouse, Benedetta, trente ans. C'est l'été, au bord de la mer, il fait très chaud. Et de quoi parle notre couple ? De tout : l'amour dure-t-il toujours, la canicule jamais vue depuis cent cinquante ans, la coupe du monde de foot en Allemagne, l'envie d'avoir un bébé à tout prix, les cheveux qui tombent sur la nuque, les pâtes aux oursins, la lumière verte et la lumière rouge du test tous les matins.

C'est loin d'être un roman de plage, où l'on papote bouche en coeur de l'avenir du couple et de l'amour qu'on rêve éternel. Promis, juré, ce n'est pas ça du tout ! C'est cynique, absurde, amer et nostalgique. Luca retrouve son premier amour, Katja. Elle a une fille de dix-sept ans, qui se promène les seins nus sur la plage. Benedetta pique sa petite crise de jalousie, Luca préfère se cacher derrière son journal ou sa paire de lunettes noires, il se plonge dans sa revue de presse quotidienne, il répond aux coups de fil de sa mère, il refuse de parler du passé. C'est beaucoup pour un seul homme !

Benedetta, de son côté, est obsédée par son envie de tomber enceinte, elle est superficielle, immature et matérialiste. Son bébé, elle le fait presque pour copier sa copine Tarita, qu'elle déteste ! Luca est un paranoïco-hypocondriaque (un mal de tête se transforme en tumeur au cerveau !), il n'a pas l'air dans son assiette, ce retour aux sources lui plombe le moral, et il croise les doigts pour que l'Italie ne gagne pas la Coupe ! Voilà le tableau.

Ce roman, je voulais l'aimer, je voulais même l'aimer très fort, et finalement j'ai d'abord été déçue. Au lieu d'abandonner trop vite, j'ai attendu une semaine avant de m'y replonger. Bien m'en a pris car la deuxième tentative fut la bonne. J'ai réappris à l'apprécier et à sourire aux propos absurdes que s'échange le couple, au bord de la névrose, reconnaissons-le. Car sous la douceur de vivre italienne, le soleil et la mer en décor, il y a un volcan qui s'éveille, des crispations en gestation, des silences, des rancoeurs, des actes manqués, des obsessions, et de la bêtise (beaucoup de bêtise). Ce troisième roman de Giuseppe Culicchia est l'anti-roman de plage par excellence !
A découvrir avec des yeux hallucinés.

Albin Michel, 2009 - 222 pages - 15€
traduit de l'italien par Françoise Brun

23 avril 2009

Amulet, Livre Un : Le gardien de la pierre ~ Kazu Kibuishi

Ce livre traînait dans la chambre de ma fille depuis plusieurs mois, je voyais bien le marque-page dépassé, à mi-parcours, donc la demoiselle avait soit calé, soit pas aimé du tout... ou que sais-je. J'ai donc chipé le bouquin pour m'en faire une idée, et j'ai compris le dilemme : en fait mademoiselle ma fille a eu les jetons ! :))

amulet

Deux ans après l'accident qui a coûté la vie de son père, Emily, son petit frère Navin et leur mère emménagent dans une maison de famille abandonnée depuis des années, héritée d'un grand-père mystérieusement disparu, Silas Charnon. Il y règne une drôle d'ambiance dans cette maison sans électricité, sans confort, et seul le bureau du grand-père rutile, tel un modèle de laboratoire pour ingénieur fou. Emily fait une étrange découverte, un collier avec une amulette qu'elle décide de porter autour du cou. Ce médaillon est en fait magique, la nuit une voix murmure de faire très attention car la famille est en danger.

Quelques heures plus tard, la mère d'Emily est enlevée sous les yeux des enfants, avalée par une créature immonde. N'écoutant que son courage, la fillette et son frère partent à l'aventure pour sauver leur maman. Ils vont se rendre dans des territoires inconnus, croiser des êtres extraordinaires, devoir affronter des dangers et se frotter à un inconnu au teint pâle et aux yeux lumineux qui convoite Emily et l'amulette qu'elle ne quitte plus. Ce médaillon dégage un vrai pouvoir, mais exerce une ascendance qui n'est pas du goût de Navin. Et on se rend compte qu'il y a une succession d'événements pas toujours profitables, enfin bref je ne raconte pas davantage !

**********

J'ai beaucoup aimé ce premier tome (trilogie en route) et j'ai trouvé certaines planches d'une beauté à couper le souffle, par contre j'ai aussi trouvé que les visages de la mère étaient souvent loupés... L'ambiance d'Amulet est magique, fantastique, épique, ok le scénario est parfois exagéré en mettant en scène cette fillette pleine d'énergie et de courage qui affronte des monstres plus gros qu'elle sans trembler une seconde. Ouah, chapeau ! ;o))

Certaines scènes peuvent choquer les plus jeunes lecteurs (il faut compter à partir de 10 ans, je crois), on parle de disparition, de mort, de kidnapping et les créatures ne sont pas toujours très sympathiques, il faut se méfier ! D'un autre côté, l'aventure est au coeur de l'histoire, les décors sont splendides, l'intrigue ne manque pas d'originalité, on trouve aussi des personnages attachants, des petits robots très rigolos, ou un doudou peureux. Cette épopée qui plonge dans une dimension fantastique ne manque décidément pas de souffle ! Le tome 2 sort très prochainement.

Akileos, 2008 - 192 pages - 12€

25 avril 2009

Jamais le temps ! ~ Christiane Legris-Desportes

Virginie, dix ans, voudrait que ses parents soient moins esclaves de leur boulot pour passer plus de temps avec elle. Elle prépare en douce quelques plans pour les avoir rien que pour elle, en écrivant une lettre de démission ou en sabotant le travail d'ébénisterie de sa mère. A défaut de remporter la palme d'or de l'intelligence, Virginie espère au moins attirer leur attention.
Chou blanc.
L'ambiance à la maison devient de plus en plus électrique. Son père vit sur 100.000 volts, il est odieux et insupportable. Virginie ne soupçonne pas qu'il rencontre de gros soucis dans son entreprise. De son côté, après une nouvelle rentrée scolaire, des affinités plus ou moins sélectives avec ses camarades, la demoiselle prépare un concours de bande dessinée. Elle adore ça, même si ses parents lui refusent le droit de prendre des cours de dessin et l'inscrivent en danse pour son maintien corporel.

Et ce qu'elle avait tant souhaité finit par arriver, son père passe désormais tout son temps à la maison ! Il est même devenu trop collant. Virginie regrette presque l'époque où ses parents n'étaient que des ombres de passage ! Elle comprend enfin que s'investir dans quelque chose qui nous plaît demande énormément de temps, ce qui ne signifie pas pour autant qu'on oublie ou qu'on n'aime plus ceux qui vivent auprès de nous. Il faut du temps pour soi, du temps pour les autres, bref un juste équilibre, et la famille va parvenir à le trouver. Je ne dis pas comment !

jamais_le_temps

Sur le thème des parents trop occupés, ce petit roman se lit agréablement. La jeune narratrice de dix ans est mignonne, elle pose des questions intéressantes pour son âge, peut-être un peu trop pertinentes, je trouve. C'est toujours le souci d'avoir un roman qui donne la parole à un enfant, il faut être sensé sans pour autant tomber dans le bêtifiant.
Comment fait-on pour devenir importante, se demande Virginie. Elle pense qu'il faudrait sortir du rang pour intéresser son père et sa mère, alors qu'elle se trouve juste normale, "tristement normale".
C'est une réflexion à la fois drôle et touchante d'une fillette qui réclame un peu d'attention, il n'y a pas de morale dans tout ça, c'est simplement un constat sans prétention sur le temps qui file trop vite entre nos doigts.
Jolie découverte d'une petite maison d'édition. Le ton est humoristique, avec des illustrations sympathiques.

Illustrations de Sylviane Lausdat.

Les 2 Encres, collection Encre juniors, 2007 - 80 pages - 9,50€

2 juillet 2008

Princesse, dragon et autres salades ~ Marie Vaudescal

Pour écrire une histoire de princesse, il faut une princesse (bien entendu), un dragon (très souvent), quelques princes à l'orée du bois, prêts à chevaucher leur fidèle destrier, pas de crapaud mais de bonnes salades ! Car oui, ce sont bien des histoires à dormir debout et Marie Vaudescal vous en raconte une bien verte, une bien mûre et qui brise tous les mythes en pagaille !

Prenez donc une demoiselle Scarole, une blondinette au caractère bien trempé, qui vit au royaume de Vavassava où la tradition veut que toute princesse soit enlevée lors de son quinzième anniversaire par un redoutable dragon et celui qui parvient à libérer la demoiselle en détresse décroche la timbale avec épousailles, noces et contrat sur long terme (vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants !).

Foin de tout ça ! Scarole est lasse d'attendre que vienne son tour, alors elle met en scène son kidnapping et écrit elle-même une lettre de rançon adressée à son propre père. Puis, barda sur le dos et bottines à crampons aux pieds, la princesse s'en va, accompagnée de sa suite (une demoiselle de compagnie, trois serviteurs et un gnome).

En chemin, tout ne se passe pas très bien et Scarole découvre avec stupeur ce que signifie son prénom... Dépitée et mal dans sa peau, ce qui explique son épouvantable caractère, la princesse se rend chez le dragon où un intendant lui signifie qu'elle est réputée trop peste ambulante pour espérer trouver un sauveur (et ça se confirme : le roi fait courir son émissaire chez tous les princes des alentours mais personne n'accepte la mission qui implique le mariage avec Scarole !).

Bah, finalement l'histoire va plutôt bien se terminer sur une touche originale : le bonheur pointe son nez, mais pas du tout là où on le pensait, et notre princesse met la clef sous la porte en renonçant au mariage, définitivement pas pour elle ! Voilà donc une histoire de princesse (à 8 ans, on ne s'en lasse toujours pas), qui est drôle et pétillante, qui brise les idées toutes faites et révolutionne un peu la tendance. Et tout ceci, sous l'éclairage des illustrations de Magali Le Huche !

Princesse, dragon et autres salades - Marie Vaudescal

Illustrations de Magali Le Huche

Gallimard jeunesse, 2008 - coll. folio cadet.

IMGP5790

Autre petit roman à conseiller pour les demoiselles, du même âge (dès 8 ans) : Princesse Princesse de Rémi Chaurand (Une princesse part en stage pour devenir reine. C'est très drôle et forcément conseillé à toutes celles qui refusent le prout-prout !)

 

9 novembre 2006

Froidure - Kate Moses

froidureBiographie romancée de Sylvia Plath, l'histoire de ce roman se passe en décembre 1962, quand Sylvia emménage seule avec ses deux jeunes enfants au 23 Fitzroy Road (ancien domicile du poète Yeats) à Londres. Sylvia est seule, abandonnée par son mari, Ted Hughes, parti rejoindre sa maîtresse, Assia Wevill.

Ce livre retraduit cette époque sinistre, entrecoupée des réminiscences d'une vie plus heureuse. Sylvia s'échine à écrire et mener à bien son projet d'un nouveau recueil de poèmes, à paraître sous le nom de « Ariel ». Kate Moses fait état du désarroi de son personnage avec un réalisme glaçant.

Car « Froidure » prodigue un sentiment de rigueur et d'austérité, un désespoir qui colle à la peau et préfigure la tragédie annoncée. Cette lecture déclenche de vives émotions, dont la rage, la révolte et la pitié. Franchement pas gai au final, mais intéressant pour qui a apprécié l'auteur de La cloche de détresse.

Folio, traduit par Anouk Neuhoff

2 août 2018

Celle qui a dit Fuck, de Anne-Sophie Lesage & Fanny Lesage

Celle qui a dit fuck

Alice a une petite trentaine d'années et vit en couple avec Antoine. Bosseuse acharnée, c'est aussi une grande râleuse qui frise l'overdose. Son médecin la prévient : elle fait de l'overthinking (en gros, elle pense trop). Il lui propose de rejoindre un groupe de parole pour apprendre à lâcher prise. Sur cette belle promesse, Alice ouvre un journal pour raconter son parcours, lequel ne manque ni de sarcasme ni de sagesse. La jeune femme nous confie quelques bons tuyaux et autres astuces pour décompresser au mieux, ne plus chercher la perfection absolue, gérer le stress et relativiser face aux vicissitudes de la vie de tous les jours.

Angoisse, surcharge mentale, pression qu'on s'inflige inutilement... En fait, on se reconnaît souvent dans ce qu'elle nous décrit et on pioche ci ou là les enseignements profitables. L'intention est donc bonne et louable, avec une grande volonté d'envoyer un message pragmatique et de bonnes ondes positives. En plus, le ton est plein d'humour et inspire une sensation de bien-être qui rend la lecture délectable... tout en prenant conscience que cela ne va rien révolutionner non plus. Soupir. Au départ, j'ai même failli prendre en grippe l'héroïne (très chichiteuse, toujours à se plaindre, franchement enquiquinante) et puis j'ai fini par écouter au-delà des complaintes futiles pour m'y reconnaître de plus en plus. 

N'étant pas une adepte des ouvrages sur le développement personnel (ou tout ce qui y ressemble), j'ai donc d'abord craint d'avoir fait le mauvais choix avec ce titre mais c'était sans compter sur la dérision de son héroïne, sa fraîcheur et sa sincérité débordante. Cela compense avec l'excès des # et des anglicismes à outrance. On a parfois l'impression d'avoir le tournis à écouter Sabrina Marchese nous débiter tout ça de façon ramassée. Une expérience intéressante, peut-être pas mémorable.

©2018 Belfond (P)2018 Audible Studios

Celle qui a dit fuck ! #imparfaiteetfieredeletre #freeandwild 

Le journal d'une jeune imparfaite qui décide d'en finir avec les prises de tête : à travers ses chroniques pleines de piquant, de nombreuses pistes, des rituels express et des outils pour assumer une féminité décomplexée. Oser dire "Fuck", ça se travaille... Beyoncé ne s'est pas faite en un jour !

18 juillet 2018

Agatha Raisin enquête #11 : L'Enfer de l'amour, de M.C. Beaton

L'Enfer de l'amour

Agatha Raisin a enfin la bague au doigt mais un mari beaucoup trop distant à son goût, ce qui ne manque pas de créer une vive tension au sein du foyer. Agatha réclame de l'amour, de la tendresse, du rêve éveillé... À la place, le couple se déchire pour des broutilles. Au final, chacun reste chez soi, dans son cottage, scrutant les faits et gestes de l'autre, au risque de tirer des conclusions hâtives quand les rivaux pointent leur bout du nez. Ainsi, Charles Fraith toque à la porte de sa vieille copine ou Melissa Sheppard s'affiche au pub avec James... et déjà le village murmure la fin d'une idylle à peine éclose. Pire ! la maison de Charles est mystérieusement saccagée, l'homme est porté disparu et son ancienne maîtresse assassinée. Pour disculper ce mari volage et ingrat, Agatha part de nouveau en campagne en quête de vérité.

MC Beaton a sans doute voulu faire plaisir à son héroïne, en lui concédant des épousailles avec l'objet de son obsession, mais... mais... rien ne colle ! rien ne va ! Je n'en peux plus du caractère irascible de l'individu (même si une étonnante révélation expliquerait son attitude). Quelques facilités interviennent dans la résolution de l'énigme - pas bien grave - car on se console grandement à accompagner Agatha et son aristocrate fétiche dans une enquête entraînante ! C'est toujours un régal à suivre. Et une histoire agréable à écouter les doigts de pied en éventail, avec une Françoise Carrière égale à elle-même (humour et bonne humeur parfaitement communicatifs).

©2018 Albin Michel. Traduit par Marina Boraso (P)2018 Audible Studios

Image associée

Rediffusion sur France 3 de la saison 1

 

1 août 2018

Un été près du lac, de Heather Young

Un été près du lacLa famille Evans passe l'été dans leur chalet, sur les bords du lac du Minnesota, mais leurs vacances vont virer au drame. Un matin, Emily, la petite dernière, est introuvable. Le mystère de cette disparition va les entraîner dans la tourmente : le père, ruiné, va se suicider, la mère refuser de quitter les lieux et les sœurs aînées, Lilith et Lucy, vont se renfermer dans leur malheur.

Soixante ans plus tard, Justine hérite du chalet et découvre l'histoire familiale à travers les journaux intimes de sa grand-tante Lucy. Débarquée de San Diego, où elle-même a fui une relation devenue trop étouffante, la jeune femme tente de se reconstruire auprès de ses deux filles, Angela et Mélanie. Mais l'ambiance n'est pas au beau fixe et les fantômes semblent toujours hanter ce théâtre de désolation, coupé du reste du monde.

En vérité, c'est aussi la sensation que j'ai eue à la lecture de ce roman, oscillant entre nostalgie, tension dramatique et secrets de famille. On y plonge avec l'espoir (vain) de partager un moment de détente et de distraction. On se heurte à une atmosphère grave et poignante qui n'incite pas à l'évasion. J'ai été un poil déçue par le ton lancinant et néanmoins hypnotisant du récit : c'est également long, même si cette construction permet de placer toutes les pièces du drame en puissance.

Au final, on se laisse absorber par les souvenirs, les non-dits et les secrets qui hantent ce roman. Il ne faut pas s'attendre à une lecture estivale et insouciante (Justine s'installe en plein hiver dans le chalet !). La voix de Tatiana Werner, la lectrice pour Audible, n'est pas désagréable, si ce n'est qu'elle accentue la sensation de langueur monotone et plombe un peu le moral du lecteur au bout de 13 heures d'écoute. C'est cependant lu avec grande sobriété et beaucoup d'émotion.

©2017 Belfond. Traduit de l'américain par Carla Lavaste (P)2017 Audible Studios

 

10 juillet 2018

Sur un mauvais adieu, de Michael Connelly

sur un mauvais adieuHarry Bosch ne travaille plus pour le LAPD, suite à sa retraite forcée. Mais notre homme a depuis rebondi et prête son concours à la police de San Fernando aux affaires classées. Il travaille en équipe avec Bella Lourdes et Danny Sisto sur le cas du Screen Cutter, un violeur en série qui court depuis des années sans être inquiété.
En parallèle, Bosch a été embauché par un milliardiaire en quête de descendance. Des décennies plus tôt, sa famille n'a pas accepté sa liaison avec une jeune mexicaine, tombée enceinte. L'homme voudrait retrouver cet enfant avant de mourir mais dispose de maigres informations sur la mère. Cette enquête vaut toutefois à Bosch de raviver ses vieux souvenirs du Vietnam, alors que sa fille Madeline balaie ce détail d'un revers de la main en l'invitant au resto. Détail cocasse, mais non négligeable.
On retrouve tous les fondamentaux de la série - avec un inspecteur Harry increvable, son évolution de carrière, ses nouveaux collègues, son ADN de flic, sa fille étudiante et son frère avocat bossant dans sa Lincoln... Des retrouvailles toujours plaisantes et qui inspirent un sentiment de familiarité.
En somme, la lecture est divertissante, dans le genre polar classique et efficace. Et Jacques Chaussepied est excellent dans l'exercice audio.
Une valeur sûre sur tous les plans.

©2018 Calmann-Lévy. Traduit par Robert Pépin. (Titre VO : The Wrong Side of Goodbye)

(P)2018 Audiolib. Lu par Jacques Chaussepied (durée : 12h 40)

 

 

2 juillet 2018

Martin perché, de Christian de Montella

martin perchéUn soir de mai 68, alors que Paris est “à feu et à sang”, le père de Martin décide de partir à la campagne, sans demander son avis à sa famille. Pour Martin, quatorze ans, cet exil a un goût de frustration...
Il ne cesse de penser à ELLE - une révolutionnaire en herbe, qui croque la vie à pleines dents et court à perdre haleine en dépavant les rues du Quartier Latin sous le nez des CRS.
Et lui, en une journée, il a également couru après elle et pénétré dans son monde avec un cœur qui a fait boum-boum-boum.
Comme son père est soudain résolu à abattre le chêne ancestral qui siège dans leur jardin (pour construire une piscine), Martin dit non. La nuit, il grimpe dans l'arbre et refuse d'en descendre au petit matin. Sa mère Francine va alors entendre toute son histoire sur sa rencontre avec l'étonnante Angie...

« Angie est arrivée dans notre classe en décembre. On dit qu'elle vient des États-Unis, mais, pour moi, elle vient de nulle part. Elle ne ressemble à aucune des filles que je connais. Elle porte des jeans, des ponchos, des vestes en peau de mouton, et les cheveux frisés, longs et libres.
Elle parle aux garçons comme si elle en était un. Elle interrompt les profs d'histoire et de français pour exiger qu'ils précisent leurs opinions. Quand on la menace de l'envoyer chez le censeur, elle réplique : “Vous ne connaissez que ça : la répression.” Bien sûr, on l'envoie chez le censeur et elle collectionne les heures de colle. Il paraît qu'elle n'y va jamais et qu'elle passera bientôt en conseil de discipline.
- Vous êtes un trublion ! lui dit un jour le prof de latin.
- Vous n'avez pas votre place dans le système scolaire, a renchéri la prof d'histoire, un autre jour.
- Petite enquiquineuse ! s'est écriée la prof de gym le matin où elle lui a demandé pourquoi les filles ne pouvaient pas jouer au foot comme les garçons, tout en ajoutant que, par ailleurs, elle considérait le football comme une activité frivole dont le but était de “détourner les masses populaires de son seul objectif légitime : la révolution”.
Elle n'est même pas jolie. Elle a l'air d'une folle trop intelligente et trop maigre. Et pourtant, elle me plaît. » 

En seulement 90 pages, le roman nous emporte dans sa frénésie, son exubérance et sa joie de vivre.
Les personnages sont tous déjantés et fascinants. Puis l'histoire nous embarque dans une exploration, aussi brève qu'exaltante, des événements survenus en mai 68 - on croise ainsi Dany le Rouge, les slogans endiablés, la fougue populaire et la jeunesse en liesse. Tout paraît survolté, tant l'approche est joyeuse et insouciante.

À lire, c'est un vrai régal. 

médium / l'école des loisirs (2018)

*** avec une chouette couverture qui donne envie d'avoir envie ***

 

29 juin 2018

Les nouvelles aventures du fakir au pays d'Ikea, de Romain Puértolas

Les nouvelles aventures du fakir au pays d'Ikea Le fakir 2

Même si je n'avais jamais lu les premières aventures du fakir au pays d'Ikea, je n'ignorais pas non plus de quoi cela retournait mais craignais une lecture trop burlesque pour m'y hasarder. C'est finalement pour le rendez-vous mensuel du Club Audible que j'ai relevé le défi et suivi avec beaucoup d'étonnement les joyeuses péripéties de notre Ajatashatru Lavash Patel (acte 2) !

Le fakir escroc a depuis fait du chemin en devenant un homme riche après avoir écrit un roman à succès et se repose donc sur ses lauriers dans son appartement cossu à Paris. Son éditeur lui fait cependant comprendre que son nouveau manuscrit ne vaut pas tripette et qu'il ferait bien de repartir en vadrouille pour pimenter sa prose. Retour donc en Suède pour concrétiser son rêve ultime - s'acheter son fameux lit à clous et rencontrer le grand patron d'Ikea. En parallèle, on replonge dans ses souvenirs d'enfance alors qu'Ajat suivait son apprentissage de jeune fakir auprès d'une autre fripouille, ce sacré Baba Ohrom. Ajoutez des quiproquos, des chassés-croisés, des petits mots doux qui s'envolent, une dulcinée qui imagine son amour perdu et un chauffeur de taxi gitan qui écoute du Raphaël à longueur de journée... La bidonnade est assurée ET assumée. Cette suite a été pour moi une totale surprise - tant mieux - j'ai été épargnée de toute comparaison et mon enthousiasme n'en a été que plus débordant à l'écoute de cette histoire - fabuleusement lue par Dominique Pinon, au passage. Sa gouaille de vainqueur et l'humour pince-sans-rire qui découle de chaque page font évidemment mouche. Le fakir est un antihéros par excellence, toujours présent pour mettre les pieds dans le plat, amateur de jeux de mots débiles, confondant d'une niaserie abyssale et se couvrant souvent de ridicule, mais avec panache...

En somme, cela se lit comme une fable truculente et déjantée. On redécouvre le royaume des boulettes et des pains à la cannelle sous un autre jour, mais on voyage aussi entre l'Inde et la France, on évoque les flux migratoires et l'idée folle d'une Europe aux abois et condamnée à se réfugier en Afrique... Tiens donc, et si on inversait les rôles ? Ne serait-ce point les prémices d'une nouvelle aventure ? Pour l'heure, c'est drôle et savoureux. L'auteur a certes annoncé qu'il allait écrire un troisième épisode - entre autres lubies - mais gare à la surdose tout de même. En attendant je m'en vais écouter Tout un été sans Facebook !

©2018 Le dilettante (P)2018 Audiolib. Lu par : Dominique Pinon

Série : Le fakir, livre audio 2 (Durée : 6 h env.)

#Club_Audible MAI 2018

Discussion  #ClubAudiblePage FB

https://www.audible.fr

 

13 janvier 2024

Le Serpent et le Descendant de la Nuit (Les Couronnes de Nyaxia #1), de Carissa Broadbent

Le Serpent et le Descendant de la NuitC'était super intense, w(°o°)w !

J'ai vécu une drôle d'expérience avec cette lecture. À la fois j'étais excitée, impatiente d'y retourner, et en même temps j'avais peur, je me sentais accablée par son atmosphère funeste. Car c'est vraiment pesant. Si bien que j'ai lu deux, trois trucs légers en même temps pour garder la tête hors de l'eau.

Bref. C'était chaud, donc. Mais c'était incroyable. J'ai aimé vivre à fond les enjeux du tournoi, plonger dans l'arène et retenir mon souffle jusqu'au dénouement. Cela vous prend aux tripes, très très tôt dans le livre. Si vous n'accrochez pas au suspense, aux drames et aux émotions renversantes, vous risquez de vous perdre en chemin.

Pour ma part, j'ai été embrigadée de mon plein gré. Même si je ne doutais pas de l'issue de cette histoire, j'étais curieuse de savoir comment l'autrice allait se tirer de cette affaire délicate. Je n'ai pas été surprise, au final. Cependant, j'ai été sacrément stressée ! Et un peu amère.

L'histoire d'Oraya est particulière. C'est une humaine qui a grandi parmi les vampires. Elle a été sauvée par le roi en personne. Elle a grandi dans la peur et elle a détesté ça. D'où son tempérament froid et intraitable. Elle ne veut plus être une cible. Raihn, son concurrent, va lui exposer son plan. Ils font équipe mais ne se font pas confiance. Cette relation entre eux est donc à double tranchant.

Cependant, c'est vraiment bien raconté. Et puis ça ne s'emballe pas en un claquement de doigts, ça ne s'extasie pas sur les plastiques sculpturales, c'est tout le contraire, c'est méfiance, prudence, repli etc. Un lien se construit, non dénué de respect, et c'est très bien comme ça.

Par contre, je suis déçue par la traduction des dialogues. Pour avoir lu la VO en comparaison, je trouve dommage de faire appel au langage familier et de zapper toute forme de négation pour donner du caractère. Je trouve ça rédhibitoire et ça décrédibilise un personnage comme Raihn. Je n'attends pas qu'il s'exprime comme Cyrano, mais pas comme un butor non plus. Ex : « La tronche que tu tires, remarqua-t-il encore en secouant la sienne. » (≖_≖)

M'enfin. Je vais me sentir solo sur ces détails. J'ai l'habitude.

Et sinon, juste avant de conclure, un petit mot sur Vincent. Est-ce que ça fait de moi un monstre si je ressens un pincement au cœur en pensant à lui ? ... Hmm. Idem pour Ibrihim. Voilà, voilà. Je ne suis pas impatiente de lire la suite, mais je suis très contente de retrouver cet univers prochainement !

Lost Kingdom, des éditions Bookmark, 2023 pour la traduction / édition collector / 

⭐⭐⭐⭐

« Quand tu auras gagné, le monde sera tien. Il sera temps pour toi de rêver.
Mais maintenant ? Il te faut te lancer dans une quête de pouvoir et de victoire. »

11 décembre 2023

Tryna Jones #1 : Marques magiques, de Myrtille Bastard

Tryna jones 1Un premier tome génial ! Qui nous introduit activement dans son univers, en ne ménageant pas ses efforts.

Tryna Jones possède la Double Vue. Elle traque les fantômes, les esprits, les démons. Hop, elle les renvoie dans l'Au-delà à l'aide de magie, de pouvoirs occultes. Bref. Comprenez ce que vous voulez. C'est une héroïne au caractère bien trempé, qui s'entoure d'une équipe de choc (sa meilleure amie Jaz et un inspecteur de police Alex). Sa Mamie chaperonne leurs missions. La jeune femme vit seule dans une caravane plantée sur un grand terrain verdoyant. Certes, sa famille la tient à distance, même si sa présence est requise pour les préparatifs du mariage de sa sœur. Bref.

C'est franchement très, très sympa. Le ton. Le rythme. L'atmosphère. C'est entraînant. Curieux et alléchant. Dans ce premier tome, Tryna est embauchée pour nettoyer un fort longtemps abandonné sur son île avant de devenir le projet immobilier et touristique d'une riche femme d'affaires. Les travaux sont au point mort car les dégâts sont énormes en raison des phénomènes paranormaux qui surviennent pour mettre un terme au programme.

Sur place, Tryna et ses camarades sont accueillis par le bras droit de leur patronne. Un type particulièrement séduisant mais hautain. Il est très sceptique quant à leurs pratiques et les classe dans la catégorie des charlatans. Ambiance, ambiance. Le coworking hautement inflammable. Toutefois, c'est de la bonne intensité. On plonge dans l'histoire avec aisance, on s'imprègne du folklore et on souligne les petits détails qui ne demandent qu'à se développer dans les prochains tomes. Oui, c'est à suivre ! Et c'est de bonne guerre.

Même si l'info crachée en dernière ligne fait grincer des dents ! (.///.)

éditions Alter Real, coll. Imaginaire, 2022

⭐⭐⭐⭐

“Il me faisait l'effet d'un suricate avec des lunettes et un badge. C'est mignon, un suricate.
C'est attendrissant. Réconfortant.”

 

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