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Chez Clarabel
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12 novembre 2018

Pêle-mêle : Les poulets guerriers - Comptines espagnoles - Le colibri chante et danse - La laine des moutons

les poulets guerriers

Catherine Zarcate propose une nouvelle version de son conte dans cette édition épatante, qui prend aussi des tours enjoués et malicieux. Une expérience virevoltante !

Il était une fois, dans un village africain, des poulets adolescents qui décidèrent de partir sur le sentier de la guerre ! Ils étaient grands, ils étaient beaux, avec leur crête en gel sur la tête, le torse bombé, des peintures sur le visage. Ils crânaient en paradant dans le village, tous à la file indienne. Et se moquaient du petit poussin qui voulaient se joindre à la bande... ha, ha, quel nabot !

Mais on fait moins les malins face au danger et on rigole moins quand le minus en question brandit sa guitare pour vous sauver la mise. Que d'émotions... On en perdrait quelques plumes, et un peu de sa superbe. Finalement, on a toujours besoin d'un plus petit que soi. C'est ce que rappelle cet album génial, drôle et intelligent. Applaudissements.

Les poulets guerriers, de Catherine Zarcate & Élodie Balandras

syros, 2018

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Mettez encore un peu de soleil dans votre vie, avec ces comptines espagnoles, issues des plus grands classiques de la culture hispanique (La cucaracha !).

Comptines espagnoles

Cela donne envie de swinguer, de danser, de rire. L'album est chaleureux & illustré avec douceur.
Une chouette découverte, qu'on apprécie d'écouter pour égayer la grisaille de novembre. 

 Comptines espagnoles, illustrées par Madeleine Brunelet

père castor, 2018

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L’année 2018 marque un tournant pour La Montagne secrète : on parle dorénavant d’albums musicaux et d’albums audio (sans chansons où l’histoire est narrée) avec les enregistrements disponibles en téléchargement ou en continu.

la montagne secrete

Dans mes préférences : Le colibri chante et danse

Il s'agit d'une sélection de chansons & comptines latino-américaines, toutes interprétées en espagnol, qui donnent un goût de fête joyeuse et pittoresque. Évasion garantie, bonheur et soleil dans votre maison. Une très agréable surprise !

Autre mignonnerie : La laine des moutons, de Carmen Campagne & Marie-Eve Tremblay

La laine des moutons on Vimeo

 

Bonne pioche ! 

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14 novembre 2018

Une enquête de Vipérine Maltais : Mortels Noëls, de Sylvie Brien

Retrouvons notre héroïne venue du Québec dans cette série policière remise au goût du jour (en format poche).

viperine maltais mortels noels

Vipérine et sa sœur Olivine sont élèves dans un pensionnat religieux, à Montréal. Nous sommes en plein hiver 1920 et il fait un froid de canard. Mais un fait plus grave vient les tirer de leur torpeur : une des religieuses prétend avoir échappé à une tentative de meurtre durant son sommeil. La directrice convoque discrètement Vipérine dans son bureau et lui demande de faire la lumière sur cette affaire. Miss Maltais mène son enquête, fouillant dans les archives, en souvenir d'une lointaine légende et du conte d'Andersen.

Ce premier tome donne lieu à des présentations d'usage, assez formelles et néanmoins plaisantes. Pour qui aime le dépaysement et le charme vintage, cette lecture est tout à fait engageante. L'héroïne se caractérise par sa débrouillardise et son intelligence (elle prétend avoir un physique ingrat... c'est faux !). Et même si le suspense n'est pas renversant, l'ambiance est assez semblable aux romans d'Agatha Christie... ma foi, un patronage fort honorable.

La couverture illustrée par Caterina Baldi est également ravissante !

Une enquête de Vipérine Maltais : Mortels Noëls, de Sylvie Brien

Folio Junior (2018)

26 octobre 2018

Broadway Limited de Malika Ferdjoukh : Beguin the biguine ♥

On célèbre en musique, et avec quelques extraits, la parution de la suite tant attendue de Broadway Limited : Un shim-sham avec Fred Astaire ♫♪♫♪

JBlogTourBroadwayLongocelyn se mit à les considérer toutes, avec un intérêt sincère.
- Oui ? ... interrogea Page.
- Pauvre Jo, murmura Manhattan. Nous l'affligeons, je crois.
- Pas du tout, protesta-t-il. C'est juste que...
Son regard courut de l'une à l'autre.
- Eh bien... vous avez toutes un air de ressemblance. Un même air qui vous réunit. Un air...
- Affamé ?
- Dégoûté du café ?
- Lassé des rognons ?
Jocelyn sortit de sa poche son petit dictionnaire bilingue, le compulsa.
- Auréolé.
- Auréolé ? On ne me l'avait jamais dite, celle-là.
- Auréolé. Vous êtes toutes si... pleines de flamme ! De conviction !
Lyrique, il fixait l'horizon des coquelicots au pochoir qui marquait la limite entre la tapisserie et le plafond.
- Certains ont foi en Dieu, déclara Chic. Moi je crois au vison rose, aux rivières de diamants, au caviar, à mon nom gravé à l'or sur l'un des quatre centre treize portemanteaux du Stork Club.
- Mon nom à moi sera écrit en un milliard d'ampoules lumineuses sur la façade du New Amsterdam, dit Page. J'accepte cependant le caviar si c'est du caviar d'éléphant.
- Moi, dit Ursula en attaquant son troisième œuf, quand je chanterai I've Got You Under My Skin, je ferai exploser les magnums de champagne et les comptes en banque des producteurs de la White Way.
- Et moi, dit Chic, je raconterai partout que tu es la fille qui a coulé tous les clubs de New York.
Deux petites voix parvinrent de l'escalier. Hadley fit son apparition, un enfant à cheveux pâles bondissant à l'extrémité de son bras.
- Hello les filles ! (Avisant Jocelyn :) Oh, je veux dire hello tout le monde.

extrait : Un dîner avec Cary Grant, chapitre 5. Lullaby of Broadway

 

BlogTourBroadwayRectangle

 

Elle regarda autour d'elle. Il y avait des livres à peu près partout, et posés n'importe où. Sur des étagères, ou pas, alignés, superposés, en pile au sol, derrière Mortimer, sous des blocs de papier sur un bureau, près d'une Underwood noire...
Elle trouva cela profondément décourangeant.
- Vous les avez tous lus ? questionna-t-elle avec une pointe de défi.
- Sauf quatre.
Après un rire silencieux, il fredonna :
- I'm mad about good books, how about you ?
I like potato chips, moonlight motor trips, how about you ? embraya-t-elle du tac au tac.
C'était un succès de Judy Garland qu'elle chantait souvent à neuf ans.
Elle alla ouvrir un volume, à côté de la machine à écrire.
- Et Mortimer ? Vous lui lisez des histoires ?
Il y avait un marque-page à l'intérieur, le tampon d'une bibliothèque.
Le Petite Dorrit. Charles Dickens. Il vend beaucoup de livres, ce type ?
- Ce type est mort. Et, oui, il en a publié un certain nombre. À mon avis pas assez.
Il le lui retira des mains, le ferma, le rouvrit au hasard :
C'était une maison avec des fenêtres lourdes. Bien des années auparavant, elle s'était mis dans la tête de se laisser glisser à terre ; on l'avait étayée et, depuis, elle s'appuyait sur cette demi-douzaine d'énormes béquilles qui, rongées par les saisons, noircies par le charbon et la mauvaise herbe, servaient de gymnase à tous les chats du voisinage. N'est-ce pas une gracieuse façon de croquer une maison ?
Chic opina, mais avec une certaine... incertitude.
Oliver Twist, De Grandes Espérances, David Copperfield... Vraiment, ça ne vous dit rien ?
David Copperfield ! J'ai vu le film avec W.C. Fields. Il devait être riche, ce Dickens, si Hollywood lui achetait toutes ses histoires. En plus, c'est cher, les bouquins.
De manière inattendue, il sourit. Ce fut le plus doux des sourires. Comme s'il chérissait la terre entière tout à coup, avec elle au milieu de cette terre.
- Il existe les bibliothèques pour les prêter.
- Sans doute, fit-elle avec une moue. Sauf qu'on n'a pas le droit d'y ouvrir la bouche. Des endroits déprimants, je trouve. Sans parler des bibliothécaires.
- Qu'est-ce qu'elles ont, les bibliothécaires ?
Il paraissait beaucoup s'amuser soudain, la figure parcourue d'indéchiffrables gentillesses.
- Des lunettes en fer, dit-elle, des chignons gris semblables au toit des vieilles chaumières...
Elle fut littéralement chavirée par son rire qui éclata, clair et franc.
- Vous êtes presque aussi douée que ce bon Mr Charles ! Mrs Chandler n'est pas comme ça, reprit-il. Elle est tout sauf, hum... un vieux toit de chaumière. Elle tient sa bibliothèque comme elle tiendrait une auberge. Chaque livre est un plat à déguster, le lecteur un invité dont elle prend soin et se souvient. Elle a une allure à la Carole Lombard qui vous plairait, j'en suis sûr.
À regret, elle vit le sourire lentement gommé, et remplacé par l'habituelle mélancolie et le silence.
- J'ai faim, dit-elle.
- Il n'y a rien ici. Je comptais redescendre au drugstore.
- Descendons, alors.
Sur la 9e Avenue le printemps commençait à faire son intéressant, baignant la nuit de délicatesses fleuries. Chic glissa le bras sous celui de Whitey. Un peu avant le Walgreens, elle fut attirée par les lumières d'une marquise.
- J'ai envie de champagne. How about you ? Ma théorie est qu'un verre de champagne rend meilleur n'importe quel instant de la vie.

extrait : Un shim-sham avec Fred Astaire, chapitre 20. Love me a little little

 

 

Broadway Limited, 2. Un Shim-sham avec Fred Astaire, sort le 7 novembre

L'École des Loisirs, 2018 - couverture illustrée par Kim Roselier

#blogtourBroadwayLimited

 

 ♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪ D'autres surprises à venir !  ♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪♫♪

Image associée

 

CONCOURS - Pour remporter 1 exemplaire de Broadway Limited (*), on poste ci-dessous son amour pour Malika Ferdjoukh ! 

Concours ouvert du 25 octobre au 6 novembre 2018 minuit (France & Europe). Une seule participation possible. 

L'école des loisirs ne sera pas responsable en cas de perte par La Poste.

(*) précisez le tome, merci 

 

8 novembre 2018

Chantage au presbytère (Agatha Raisin enquête 13), de M. C. Beaton

Chantage au presbytère Agatha Raisin 13

Chaaaaleur dans le village de Carsely : le nouveau vicaire fait sensation ! Il faut dire que Tristan Delon est particulièrement sexy. Toutes les femmes sont folles de lui. Et pourtant sous la façade du gendre idéal, le type se révèle odieusement arriviste. Couic, le bellâtre est assassiné dans le salon du pasteur, faisant de ce cher Alf Bloxby le principal suspect aux yeux de la police.
Son épouse (et amie proche d'Agatha Raisin) la supplie de leur venir en aide. Une aubaine pour notre héroïne, grande amatrice d'intrigues à résoudre, et qui justement soupirait d'ennui dans son cottage, sans nouvelles de James Lacey, de Charles Fraith ou de Roy Silver. Son nouvel acolyte se nomme John Armitage, un écrivain séduisant, qui ne la laisse pas insensible... sauf que Agatha a également appris de ses erreurs passées !
Au commencement de ma lecture, j'ai sans doute trouvé qu'il y avait une grande similitude avec l'histoire du vétérinaire (cf. Tome 2 : Remède de cheval). Ce sont en effet toujours les mêmes ficelles, les mêmes situations incongrues qui alimentent le quotidien d'Agatha Raisin. Les personnages sont tous interchangeables, Tristan Delon, Paul Bladen, James Lacey, John Armitage... bref, c'est de bonne guerre, du moment que l'humour est sauf, tout va bien !
Cette série de MC Beaton est du divertissement pur et dur. Je suis bonne cliente, car elle me fait passer un bon moment. Et la version audio, lue par Françoise Carrière, est également réjouissante ! Rendez-vous est d'ailleurs pris pour fin novembre et la parution du 14ème tome : Gare aux fantômes !

©2018 Albin Michel. Traduction de Françoise du Sorbier (P)2018 Audible Studios

 

19 septembre 2018

L'intérêt de l'enfant, de Ian McEwan & lu par Marie-Christine Barrault

l'intérêt de l'enfant

Juge aux affaires familiales, Fiona Maye mène une carrière exemplaire. Elle ne compte pas ses heures ni son dévouement face aux cas les plus conflictuels. Elle a pleinement conscience de paraître distante et froide, et est souvent décrite comme étant “divinement hautaine, diaboliquement intelligente”. Mais son ambition a également fragilisé sa vie de couple, actuellement dans l'impasse depuis que son mari a exprimé sa lassitude et son désir d'une aventure extraconjugale. Fiona tombe des nues et ne cache pas sa colère. Elle n'aura pas trop le temps de s'appesantir car déjà un dossier urgent réclame son attention : Adam Henry, 17 ans, atteint de leucémie. Les parents sont témoins de Jéhovah et refusent tout traitement sanguin, au nom de leurs croyances. Les médecins ont saisi la justice et Fiona décide de rencontrer le jeune malade. Là, elle découvre avec surprise un garçon sensé et sensible, amoureux des mots et de musique. Une longue discussion s'engage, en attendant le verdict.

Indéniablement, le roman questionne et interpelle. Il évoque aussi bien l'intérêt de l'enfant que la valeur des libertés individuelles, la responsabilité humaine, celle du juge ou des parents, la volonté personnelle ou celle de la communauté... Autant dire que c'est extrêmement pointilleux (presque assommant). Et dans ce registre, la voix grave de Marie-Christine Barrault en impose !
Au bout du compte, l'histoire n'a pas une grande portée émotionnelle. Les personnages sont apathiques et l'affaire Adam Henry n'est finalement qu'un diablotin surgissant de sa boîte pour chiffonner la belle image d'une magistrate trop brillante. L'auteur tire concrètement son épingle du jeu en tissant une ambiance particulière et étrange (ou particulièrement étrange), et qui inspire des sentiments contradictoires. La lecture proposée par Marie-Christine Barrault est impeccable : justesse, sobriété et dignité.

[The Children Act]

Trad. de l'anglais par France Camus-Pichon

Collection Écoutez lire, Gallimard (2018)

 

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5 septembre 2018

La Reine du bal (Laurie Moran 4) de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

La reine du bal

Au cours du prestigieux gala du Metropolitan Museum of Art de New York, une riche donatrice fait une chute mortelle du toit de l'immeuble. Ses héritiers soupçonnent son amant - un jeune coach sportif dévoré d'ambition - mais l'enquête tombe à plat.

Trois ans plus tard, l'équipe de Laurie Moran, la célèbre productrice de l'émission Suspicion, met les projecteurs sur ce mystère pour leur prochain prime-time. Moralement, la jeune femme est au plus bas : ses déboires sentimentaux submergent ses pensées. Déjà éprouvée par la perte tragique de son mari, Laurie avait trouvé du réconfort auprès d'Alex... mais leur relation est dans l'impasse depuis qu'il a quitté les studios pour se consacrer à sa nouvelle carrière à Washington.

J'avoue que j'ai écouté cette histoire sans grande passion, mais sans désintérêt non plus. Je savais dans quoi je m'embarquais, donc je n'étais pas foncièrement déçue. La lecture est classique, prenante sans être stressante. Une mise en scène sans surprise, mais efficace. Par contre, les atermoiements amoureux de Laurie sont naïfs et risibles. Cela n'apporte rien, je n'ai pas trouvé qu'ils rendaient les personnages plus attachants ou concrets.

Sans ces détails, la série est distrayante à écouter. Elle n'enflamme sans doute pas l'imagination mais offre un passe-temps agréable de quelques heures...

©2017 "Every Breath You Take" / Éditions Albin Michel. Traduit par Anne Damour (P)2018 Audiolib

9 août 2018

Stony Bay Beach, de Huntley Fitzpatrick

stony bay beach

C'est LA lecture de l'été : légère, craquante et adorable.

Samantha a 17 ans et scrute depuis des années la vie de ses voisins. Car les Garrett forment une famille nombreuse et unie, où tout semble désordonné mais chaleureux. Tout l'opposé de son existence. La mère de Samantha est sénatrice, en pleine campagne électorale. Elle ne laisse aucune place au hasard et gère sa maison à la baguette. Totalement sous l'emprise de son nouveau conseiller, Grace Reed a également émis un jugement sans retour sur son voisinage : infréquentable, forcément. C'est sans se douter que sa fille est tombée amoureuse de Jase. Un garçon charmant, qui se glisse sous les fenêtres de Samantha pour roucouler en cachette.

La lecture prend beaucoup de temps pour installer son cadre, ses personnages, ses enjeux, ce qui facilite au mieux l'acclimatation et le sentiment de familiarité. On se sent parfaitement à son aise et on participe activement à la vie de famille des Garrett - bruyante et foisonnante. On prend pied également dans le quotidien de Samantha, plus gris, plus triste, plus froid, mais ce contraste a du bon car on saisit chaque occasion pour s'échapper : son petit boulot à la piscine, ses virées avec sa copine Nan, les déboires de son frère Tim, ses escapades romantiques avec Jase. Je crois que ce roman se dispense de tout commentaire : ce sont 500 pages qui collent aux doigts et qui font se sentir heureux. Une simple petite bulle de douceur. 

On retrouve la même intention dans le deuxième tome - Stony Bay Beach - qui braque ses projecteurs sur Tim Mason : un garçon rebelle, exclu du lycée, viré de son boulot, en marge du système. Ses parents le menacent, le garçon s'en balance. Finalement, il trouve refuge chez les Garrett et s'émoustille au contact d'Alice. Celle-ci a du caractère, désapprouve ses caprices et veut garder le contrôle de sa vie sans dérailler. Elle a déjà un petit copain, lui reçoit une bombe sur la tête (paternité précoce)... Bim bam boum, l'histoire explose dans tous les sens et nous surprend à maintes reprises. J'ai été séduite mais j'ai éprouvé une certaine distance car je ne me sentais plus le cœur de la cible (trop YA). J'aime beaucoup l'ambiance cocooning de cette série, j'aime aussi que l'auteur traîne à raconter les petits riens du quotidien (on se croirait dans du Sarah Dessen). C'est dégoulinant de tendresse, sans craindre d'aborder des sujets plus délicats (toutes les premières fois chez les adolescents) et c'est raconté avec beaucoup de subtilité. Bon point pour cette bienveillance globale. Une lecture idéale pour lecteurs dès 14 ans.

Nathan (2017 / 2018) - Traduit par Julie Lopez

stony bay beach tim alice

8 août 2018

De battre la chamade (Marie-Lou & Matthieu 3) de Sophie Tal Men

De battre la chamade

Chipoteuse dans l'âme, je n'ai pas retrouvé dans ce troisième livre l'étincelle aperçue dans le tout premier (Les yeux couleur de pluie) même si j'avais déjà pressenti que l'intrigue stagnait dans le #2 : Entre mes doigts coule le sable. On retrouve Marie-Lou en Bretagne, la jeune interne quitte Brest pour Quimper et intègre le service d'un grand neurochirurgien. Elle lambine toujours après le retour de son ours mal léché : Matthieu a rejoint le Bagne de Cayenne pour s'expliquer avec son père démissionnaire. 

Enfin bref, l'histoire est gentillette mais n'offre guère d'extase. Je n'ai absolument ressenti aucune émotion, aucune palpitation à l'écoute de leurs sempiternels chassés-croisés. Car OUI - hélas - le couple joue toujours au jeu du chat et de la souris. Matthieu et Marie-Lou s'aiment mais se fuient. C'est un jeu récurrent auquel on a finalement perdu le goût car devenu trop lassant. J'ai ainsi suivi leurs pérégrinations, en moins de 8 heures d'écoute, c'est assez court et pourtant ça m'a semblé fastidieux. 

La série a peu à peu perdu de son charme - moi qui imaginais une évasion vivifiante en terres bretonnes, pour prendre des nouvelles des uns et des autres (Marie, Farah, Brigitte, Écume...) comme si je retrouvais des potes perdus de vue, j'avoue n'avoir guère été inspirée. L'histoire n'apporte rien de neuf, elle tourne en rond et s'étire en longueur. Dommage. Ajoutez la narration beaucoup trop monotone d'Aurélie Le Roc'h (pour Audible Studios) qui casse le rythme et l'ambiance... mais heureusement la voix masculine de Mathias Casartelli, plus fluide et agréable, vient équilibrer l'exercice. En bref, cette lecture ne risque pas de me laisser un souvenir impérissable.

©2018 Albin Michel (P)2018 Audible Studios

 

6 août 2018

Crime et déluge (Agatha Raisin enquête 12) de M.C. Beaton

Crime et délugeLa situation maritale de notre héroïne est au point mort et la météo fait grise mine ! Pauvre Agatha. Pour fuir le déluge anglais, elle se rend en vacances sur l'île Robinson - coupée de tout - et rentre à Carsely avec les cellules grises en ébullition ! Nouveau meurtre, nouvelle enquête, nouveau voisin... Bref, pour Agatha la vie reprend un cours rock-n-roll : idéal pour oublier ses déboires ! C'est ainsi qu'entre en scène le nouveau personnage de John Armitage : célèbre écrivain de romans policiers, le type est sexy et divorcé. Encore un prétendant pour faire tourner la tête de notre Agatha ? Mrs Bloxby s'en inquiète et ne détrompe guère son amie qui s'imagine un rustre barbu, accessoirement vendeur de bible ! Mais Agatha a mieux à faire. Suite à la découverte du corps d'une jolie jeune fille en robe de mariée, son corps flottant sur la rivière en crue, elle se grime en journaliste de la BBC, avec la complicité de Roy Silver, et tente de doubler la police. Sir Charles Fraith fait également un comeback retentissant, après des noces expéditives à Paris ! Yes, my dear.

C'est peu de dire que cet épisode relance la série par de nouvelles péripéties. Résultat, la lecture papillonne allègrement - c'est gai, frais, pimpant. On se délecte toujours à l'écoute de Françoise Carrière, interprète inénarrable des aventures cocasses de notre détective en talons aiguille et au brushing impeccable. La suite est déjà annoncée pour cet automne (cf. Chantage au presbytère & Gare aux fantômes)...

©2018 Albin Michel. Traduction : Sophie Alibert (P)2018 Audible Studios

28 juin 2018

Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell

Sitôt que j'ai vu les mots magiques « Downton Abbey » en couverture de ce livre, mes yeux ont étincelé de mille feux ! Même si je redoutais en mon for intérieur une lecture rébarbative, il me suffisait d'imaginer Mrs Patmore et Daisy pour que mes doutes s'envolent aussitôt.

Les tribulations d'une cuisinière anglaiseMargaret Powell est née au début du siècle et a grandi dans le Sussex, près de Brighton, dans une famille nombreuse et modeste. Vers 13 ans, la jeune fille doit quitter l'école pour “entrer en condition” et est embauchée comme fille de cuisine. Elle connaît alors le dur labeur des journées interminables, des besognes harassantes et ingrates, des foyers méprisants.
Persévérante et effrontée, Margaret part à Londres et devient cuisinière mais ne conçoit pas de passer toute sa vie au service des autres. Elle rêve de se trouver un fiancé et de se marier. En attendant, elle enchaîne les maisons et ressasse son amertume au travers d'anecdotes truculentes et déversées sans chichis.
C'est ce que j'aime dans cette lecture - outre son humour, c'est le caractère bien trempé de Margaret. Elle dit haut et fort ce qu'elle pense, elle avance au culot et elle ne regrette absolument rien. Elle raconte son expérience sans état d'âme et croque les portraits des uns et des autres avec bonhommie. On sent que le temps a fait son œuvre et que la dame a un regard coquin sur son passé.
J'ai vraiment passé un super moment à plonger dans son histoire. En plus de me croire sur le tournage de Downton Abbey, je me figurais également vivre à une autre époque, celle des maîtres et des valets, des grandes maisons anglaises et des clichés romantiques qu'on gratouille avec tendresse. 
En somme, il y a une vraie âme dans ce livre qui rend sa lecture attachante ET passionnante. On comprend mieux pourquoi le scénariste Julian Fellowes s'en est inspiré pour le film Gosford Park mais aussi pour ma série fétiche... On aime beaucoup. On adore !

« Vivre en condition, ça donne un aperçu, voire des idées, sur ce que ça peut être qu'une vie meilleure. On pense à la façon dont nos employeurs vivaient, et peut-être qu'inconsciemment on essaie de les imiter. Les bonnes manières, ce n'est peut-être pas très important, mais ça aide à faire son chemin dans la vie, malgré tout. »  

Petite Bibliothèque Payot (2014) - traduit par Hélène Hinfray

 

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Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice mais doit “entrer en condition” et travaille dans les cuisines des grandes maisons bourgeoises. Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits nostalgiques de domestiques trop parfaits, ce truculent témoignage paru en 1968 valut la célébrité à Margaret Powell (1907-1984) et inspira plusieurs scénaristes, dont celui de la série Downton Abbey.

 

25 juin 2018

Les Super Méchants Tome 5 : Opération Gaz galactiques, d'Aaron

Cinquième tome des aventures de nos super méchants, qu'on ne présente plus !

Les super méchants opération gaz galactiques

Le Professeur Marmelade a mis le souk avec son Zombator - toute la planète est désormais envahie par des créatures devenues des zombies. Panique générale. L'Agent Foxy a déjà un plan pour contrer l'ignoble individu qui s'est planqué sur la lune : il n'y a plus qu'à voler une fusée ! Mais bien sûr. M. Loup et ses compères ne sont plus à une surprise près. Dans le souci de se racheter une conduite, ils n'ont de cesse d'accepter les missions les plus périlleuses et enchaînent les prises de risque insensées. Cette charmante Miss Foxy est également douée pour rendre chamallow les cœurs les plus endurcis de nos brutes épaisses... mais ceci est une autre histoire.

En avant pour une nouvelle aventure complètement foldingue ! Des ruses toutes plus absurdes, des pirouettes, des crises d'hystérie, des burritos, des prouts et de l'héroïsme à toutes épreuves... Oui, tout ça vous attend dans cette lecture aussi drôle que captivante ! Le programme Apollo peut d'ailleurs renaître de ses cendres : on vient de dégoter une belle brochette d'énergumènes pour se lancer dans la mission de leur vie. Opération intergalactique à mourir de rire ! On rit, mais qu'est-ce qu'on rit !

Je suis définitivement fan - à chaque épisode, c'est la bidonnade assurée ! Une série hautement recommandée pour petits et grands.

Casterman, 2018 - traduit par Emmanuel Gros

PROCHAIN TOME RDV EN SEPTEMBRE 2018 

 

 

23 juin 2018

Pêle-Mêle : Voilà l'été - Le vent se lève - À la plage

voilà l'été

Plongez au cœur de l'été, dans cet album de Pauline Kalioujny qui évoque à merveille tous les sons, toutes les odeurs et tout le charme de cette saison... Soleil, plage, chaleur, langueur : on s'y croirait. Cet album est un appel aux vacances, à la détente, aux jeux de mer, aux goûters, aux siestes, aux chants des mouettes et des hirondelles. Tout un poème.

Bref, avec son petit format et ses pages cartonnées, l'album nous fait voyager et rêver. Sa petite mélodie nous ensorcelle. Ses couleurs nous émerveillent, ses illustrations nous touchent et ses surprises nous font craquer. C'est parsemé de mille trésors cachés - au lecteur de partir à la découverte !

Voilà l'été, de Pauline Kalioujny

seuil jeunesse, 2018

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le vent se lève

Une fillette et son chien se prélassent dans le jardin. Il fait beau, le soleil brille. Et puis le vent se met à souffler, de plus en plus fort. Bientôt c'est la tempête, l'orage gronde, les grêles crépitent. C'est l'apocalypse. Mais tout finit par s'apaiser. Et l'arc-en-ciel inonde à nouveau le paysage de ses rayons multicolores. 

C'est le déchaînement des éléments dans cet album - comptez sur un graphisme impressionnant, où formes et couleurs explosent dans une cacophonie contrôlée. Ajoutez un vocabulaire pertinent, les mots justes pour décrire la valse du chaos et du calme, sans oublier de belles illustrations dans un plan fixe (la maison et son jardin) qui scotche le lecteur, avide de connaître la suite de l'histoire...

Vous obtenez ce rendez-vous séduisant avec Marie Saarbach, qui va vous épater ! ☺

Le vent se lève, de Marie Saarbach

seuil jeunesse, 2018

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A la plage

Oh qu'il est drôle, cet album ! Beau aussi, mais c'était déjà une évidence rien qu'à voir la couverture... On imagine déjà une histoire qui sent bon le sable chaud, le soleil, la mer et les vacances. On a tout ça, c'est vrai, mais plus encore car c'est une histoire racontée avec beaucoup d'humour - je le répète - et qui a fait le choix de voir le monde à hauteur d'enfant. Imaginez donc, des paires de fesses à perte d'horizon, des ventres mous, des tonnes de pieds où sont accrochés des gens qui restent à ne rien faire pendant des heures...

Une petite fille passe la journée à la mer avec sa famille. Elle promet de ne pas s'éloigner, de creuser son trou et de chercher des coquillages en restant dans le radar maternel. Et puis, sans rien dire, elle part explorer les alentours. Après tout, il faut juste se souvenir que le parasol est rouge et en face de l'eau pour retrouver son chemin. Bien sûr, l'enfant va se paumer et perdre ses repères. Tout s'embrouille dans sa tête, derrière devient devant, tous les parasols se ressemblent, il faut retourner là où tout le monde arrête de montrer ses fesses.

“On réalise qu'on s'est perdu quand on est sur le point de pleurer.” 

Et bim, on tourne en rond et on compte : des fesses, plus de fesses, la mer, les parasols, les serviettes, les sacs de sandwichs... tous les mêmes, et puis ouf ! L'appel de la pizza qui sauve tout. J'ai adoré cette histoire qui nous transporte, nous donne le sourire et nous ravit par ses magnifiques illustrations. On plonge véritablement dans le monde de l'enfance et des vacances. La lecture est parfaite. ♥

À la plage, de Susanna Mattiangeli & Vessela Nikolova

seuil jeunesse, 2018

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31 mai 2018

La chambre des merveilles, de Julien Sandrel

La chambre des merveillesJe ne connaissais pas du tout ce roman - gros succès en librairie, me dit-on - et mon premier instinct a été le recul en découvrant le résumé. C'est l'histoire d'une mère qui se bat pour son fils dans le coma... J'imaginais déjà une histoire pleine de pathos et empreinte de sentiments bouleversants. J'ai soupiré, pas mon truc. Et puis le format audio est arrivé. J'ai tenté. Et je n'ai pas regretté.

Thelma a longtemps sacrifié sa vie de famille pour sa carrière. Aujourd'hui, son fils de douze ans aimerait lui confier qu'il est amoureux pour la première fois. Comme d'habitude, sa mère ne lui prête aucune attention et préfère répondre à un coup de fil de son boss. Vexé, Louis file sur son skate droit devant lui. L'instant d'après, un véhicule le percute de plein fouet. L'enfant est conduit aux urgences, en soins intensifs, plongé dans un coma. Malgré tous leurs efforts, les médecins s'avouent vaincus et préparent Thelma à l'irrémédiable - d'ici quatre semaines, ils vont débrancher les machines. Mais Thelma refuse cette sentence. En tombant sur le cahier des merveilles rédigé par son fils, elle décide de réaliser pour lui tous ses rêves les plus fous et souhaite que ses initiatives insuffleront de l'espoir - de la vie - chez son garçon léthargique. 

C'est heureusement une lecture riche en émotions - pleine de tendresse, d'amour, de rires et de délires. J'ai trouvé ça très sympa et tellement bon à parcourir. En seulement 5 heures, j'ai partagé la force d'une mère qui remet toute sa vie en question et qui se lance des paris insensés pour arracher son fils de sa bulle. C'est complètement improbable, romanesque et doucereux, mais après tout ça fait aussi du bien de croire en l'impossible et d'imaginer un marathon bombardé de couleurs, un karaoké au Japon ou un stage de foot avec un entraîneur sexy en diable. J'ai même fermé les yeux sur la mise en scène finale qui joue trop sur la corde sensible - j'ai croisé les doigts pour que ça ne parte pas en cacahuète car mon appréciation globale était extrêmement positive jusqu'à présent ! Et je confirme que ce roman est bel et bien touchant, écrit sans prétention, prompt à vous communiquer bonheur, chaleur et espérance. J'ai été agréablement surprise - et conquise. 

©2018 Calmann-Lévy (P)2018 Audiolib lu par Sophie Duez. Durée : 5h env.

J'ai beaucoup aimé la voix de Sophie Duez et son interprétation naturelle et authentique du début à la fin. C'était si réaliste que j'avais l'image de l'actrice en tête pour incarner la Thelma du roman. 

Le livre audio se boucle sur un entretien de 15 minutes avec l'auteur. Plutôt académique, mais toujours instructif à écouter ! 

 

6 mai 2018

Panique au manoir (Agatha Raisin enquête 10), de M.C. Beaton

Panique au manoir Agatha Raisin enquête 10Désirant vérifier les dires d'une voyante, Agatha Raisin part s'installer dans le Norfolk pour y rencontrer l'âme sœur. Enfin l'occasion d'enterrer ses rêves d'idylle avec James Lacey ?
Or, l'ambiance à Fryfam n'est pas à la hauteur des attentes. Aucune chaleur. Une hospitalité déplorable. La météo aussi fait grise mine. En bref, le séjour d'Agatha vire à la déconfiture.
Pour se consoler, elle décide d'écrire un roman policier... Panique au manoir ! Elle s'inspire ainsi de sa récente rencontre avec le couple Trumpington-James, avec qui elle a pris le thé en pinçant le nez, et jette sur le papier toutes ses rancœurs enfouies.
Fait non surprenant, un meurtre improbable survient dans cette paisible bourgade. Pour le coup, le fameux manuscrit d'Agatha pèse lourd dans la balance et place encore notre héroïne dans le viseur de la police. Affolée, elle appelle sir Charles Fraith à la rescousse !

Ce qui est sûr avec cette série de MC Beaton, c'est que les tomes défilent mais mon enthousiasme ne s'émousse guère. Cette comédie policière fait toujours preuve de charme et d'humour à travers des enquêtes ordinaires et néanmoins distrayantes.
Agatha Raisin est éclatante de mauvaise foi. Son duo avec Charles est impayable - dommage que l'ombre de James plane de façon pesante et tragique. Et je ne vous parle pas des cinq dernières minutes du roman... Crise de nerfs assurée.
Rendez-vous est déjà pris pour le mois de juin, avec la parution des deux nouveaux épisodes (L'enfer de l'amour #11 & Crime et déluge #12). 
Elvis has left the building !

©2000 / 2018 M. C. Beaton / Éditions Albin Michel. Traduit de l'anglais par Françoise Du Sorbier

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Françoise Carrière (durée : 5h 40)

Série : Agatha Raisin enquête, livre audio 10

 Bravo Françoise Carrière pour votre assiduité et votre dynamisme enjoué dans chacune de vos lectures ! C'est un régal. ☺

 

14 mai 2018

Trois filles en colère, de Isabelle Pandazopoulos

J00617

Suzanne et Magda sont cousines et viennent de partager cinq années sous le même toit à Paris. Nous sommes en 1966, Magda rentre chez elle en Allemagne, rejoindre sa famille enfin réunie à Berlin-Ouest.
Toutes deux s'écrivent et se racontent leur quotidien - l'une cherche sa place dans une société qui l'étouffe et prend en grippe le modèle de ses parents, qui sauvent les apparences alors que son père collectionne les liaisons et sa mère tombe en dépression après une grossesse non désirée ; l'autre prend ses marques dans une ville inconnue, auprès d'une famille meurtrie et repliée dans ses secrets. L'ambiance n'est guère joyeuse et insouciante.
Pourtant, l'Europe gronde d'une colère qui enfle et prend de l'ampleur, bientôt relayée par des étudiants accablés par le poids des traditions désormais passées de mode. Bientôt, une troisième voix vient se glisser dans ce récit - en Grèce, Cléomèna quitte précipitamment son pays suite à la dictature des colonels (avril 1967, coup d'état des militaires contre la monarchie en place). Ses parents et son frère ont déjà été arrêtés. Sans l'ambassade de France, celle-ci aurait suivi la même sinistre destinée.
Accueillie à Paris, par la famille Lavagauleyne, Cléo s'adapte à sa nouvelle existence, avant de prendre fait et cause pour la révolution en marche.

Quel roman bouillonnant, passionnant, fascinant et captivant ! Je ne m'attendais pas à y plonger mon nez avec autant d'impatience et d'excitation. J'ai pourtant tourné les 300 pages avec avidité. J'ai vécu au rythme des coups de cœur, des rêves et des espoirs des trois héroïnes. J'étais complice, témoin, spectatrice de leurs trajectoires. Et c'était divin !
Le format épistolaire apporte également de l'élégance, du panache à l'histoire. Après un petit temps d'adaptation pour cerner qui est qui, j'ai rapidement trouvé ma place et savouré cette jolie plume qui révèle les personnalités farouches de nos trois jeunes filles pleines de désir, de colère et de fièvre.
Le roman se compose aussi de photos d'archives, de cartes, de notes et d'extraits de journaux intimes. Mais il est avant tout le portrait d'une époque et d'une génération. C'est beaucoup moins factuel que dans 68 année zéro de Paule du Bouchet. Ici on ressent les émotions, on vibre, on aime, on écrit sa rage et sa flamme.
J'y ai été forcément plus sensible. C'est comme si on y était. Et j'ai adoré. ♥

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2017

Par Isabelle Pandazopoulos, l'auteur de La Décision et On s'est juste embrassés.

 

1 mai 2018

Minute, papillon ! d'Aurélie Valognes

Sélection #Club_Audible AVRIL 2018

minute papillonÀ 18 ans, Baptiste annonce à sa mère qu'il quitte la maison pour s'installer chez sa petite copine. Rose est effondrée. En claquant la porte, le garçon a également lancé un ultimatum - il ne reprendra contact qu'après avoir eu vent de l'identité de son père ! Dans la foulée, Rose perd son boulot de nounou et accepte de devenir dame de compagnie pour une famille complètement toquée.
Cinq heures plus tard, on ressort de cette histoire avec un sourire niais. Et la conscience aigüe d'avoir lu une bluette légère et suintante de bons sentiments. C'est tellement doux et miraculeux. Gare aux allergiques à la guimauve, autant de providence peut donner envie de se cogner la tête contre le mur !
Aurélie Valognes propose néanmoins un roman sans prétention, qui évoque avec sincérité la conflictuelle relation entre une mère et son enfant. Pour elle, « le roman se veut une pause, un merci particulier dans ce monde qui fonce, un minute papillon pour se recentrer sur ce qui est important et pour dire les choses à ceux qui comptent vraiment... ».
Le ton est cependant simpliste et bourré de clichés - l'accent de Jane Birkin, le brushing de Catherine Deneuve, le petit air de Jessica Chastain. On retrouve aussi facilement le même humour, les mêmes séquences téléphonées et les mêmes personnages stéréotypés. Il n'y a pas d'originalité et on a la sensation de toujours lire la même chose. De plus, c'est très court. D'où l'impression que le roman survole les détails et demeure trop superficiel.
Ceci dit, la lecture est charmante et distrayante. Elle offre une vraie tranche de bonne humeur (très appréciable). Mais j'ai préféré Nos adorables belles-filles ou Mémé dans les orties du même auteur, car ici les personnages ne sont pas attachants.
Très bonne lecture audio, réalisée par Maia Baran (voix plaisante et intonation enjouée).

 

©2017 Mazarine / Librairie Arthème Fayard

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Maia Baran (durée : 5h env.)

 

1- Quel est votre avis général sur l’histoire ? 

Histoire agréable, pleine de bons sentiments, mais qui en fait beaucoup trop pour que l'ensemble soit crédible.

2- Quel a été votre passage préféré ? Et celui que vous avez le moins aimé ? 

Tout est lisse et attendu, à tel point que rien ne se distingue en bien ou en mal. 

3- Rose : l’avez-vous perçue comme faible ou forte ? Vous êtes vous retrouvé en elle ? Ou souhaitiez-vous lui donner des conseils ? 

Rose est faible et beaucoup trop passive ! Des conseils ? Qu'elle cesse d'être spectatrice de sa vie. Et surtout, qu'elle rabroue son fils ! 

4- Selon vous, peut-on véritablement parler d’une évolution psychologique du/des personnage(s) ? 

Je ne pense pas que ce roman prétende être autre chose qu'une lecture légère et sans prise de tête. Évolution psychologique ? - do you speak french ?

5- Connaissiez-vous déjà l’auteure ? La narratrice ? 

Déjà lu Aurélie Valognes en audio. Déjà écouté d'autres livres lus par Maia Baran (Twilight, Entre ciel et Lou, La ville orpheline).

6- Pensez-vous qu'une suite soit possible ?

Non, inutile ! ☺

3 avril 2018

La Cité des Ténèbres (The Mortal Instruments #1), de Cassandra Clare & lu par Bénédicte Charton

La Cité des ténèbres TMI 1Fan de la première heure, je retrouve cette série chère à mon cœur dans son format audio disponible en exclu sur Audible. J'ai eu comme une envie de titiller mes souvenirs et j'ai bien fait. C'est une performance pleine de dynamisme et de fougue que Bénédicte Charton propose, pour une lecture 100% distrayante !

L'histoire se passe à New York. Clary et son meilleur ami Simon se rendent dans un club underground quand celle-ci surprend trois jeunes de son âge assassiner un type en toute impunité. Choquée, Clary réalise que son monde n'est qu'illusion. Son appartement a été dévasté. Sa mère a disparu. Leur ami de longue date, Luke, coupe tout contact. Sa voisine Dorothea lui confirme l'existence du Monde Obscur. Ne reste plus que les Chasseurs d'Ombres pour l'héberger dans leur institut. Jace, Alex et Isabelle sont intrigués par cette Terrestre, en apparence, qui possède le don de Double Vue et semble être le maillon improbable dans leur combat contre les forces démoniaques.

Une bonne dizaine d'heures plus tard, j'ai appuyé sur le bouton stop en poussant un soupir d'aise. C'était une lecture extra. Simple mais efficace. J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture addictive de Cassandra Clare, son univers foisonnant, ses personnages attachants, et même caricaturaux ou un peu godiches du fait de leur jeunesse. Mais l'énergie est électrique et communicative, l'aventure excitante et pleine de sensations. J'ai dit banco et pris un aller simple car le rendez-vous ne manque pas de piquant ! Pour qui aime le fantastique, les réparties rigolotes, l'action et les rebondissements, yapluka. ☺

 

©2007 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios. Version intégrale lue par Bénédicte Charton. Durée : 13h env.  (Série netflix)

Description de cette image, également commentée ci-après

 

26 janvier 2018

La Femme de l'ombre (Trilogie des ombres 2), par Arnaldur Indridason

La femme de l'ombreAlors qu'elle est sans nouvelles de son compagnon, une jeune femme quitte à regret le Danemark en guerre en montant à bord de l'Esja pour rentrer en Islande. Elle croise par hasard son ancien amant et apprend avec horreur que son fiancé est entre les mains des allemands. Au cours de ce voyage mouvementé, elle découvre aussi qu'un homme a fait une chute mortelle... peu après avoir prétendu être en mesure d'apporter des informations utiles sur la résistance et l'origine de l'arrestation du fiancé. Dès leur arrivée au pays, le frère du disparu va s'entêter à démasquer ce qui semble, à ses yeux, un crime crapuleux.

À Reykjavik, le tandem Flovent & Thorson fait face à plusieurs casse-tête - identifier la dépouille d'un jeune garçon battu à mort et jeté non loin d'un bar fréquenté par les soldats des troupes alliées, mais aussi rechercher une cliente mystérieusement disparue... Le souci majeur pour les enquêteurs revient surtout à marcher sur les plates-bandes des militaires, car l'entreprise va s'avérer délicate et houleuse. Ceci met toutefois en exergue la douloureuse cohabitation vécue comme une intrusion pour les locaux, même si certains en tirent profit pour s'enrichir ou s'évader en attendant des jours meilleurs.

Au final, on a une lecture structurée et hyper conformiste - c'est bien, mais peu surprenant. J'ai surtout eu le sentiment de me retrouver dans le prolongement du premier (Dans l'ombre). La conduite des intrigues criminelles est correcte, l'ambiance est toujours aussi dépouillée, le contexte de la guerre évoqué de loin en loin, les relations politiques sont tendues, et on tourne toujours autour du thème de la disparition (rappel à Erlendur). Par contre, calme plat sur les personnages. Il n'y a strictement aucune évolution, aucune épaisseur.  Rien, du vent. Je m'attendais à ce qu'ils tombent le masque, qu'ils sortent des clous, qu'ils entrouvent une petite porte... Que nenni. On stagne.

Suite aux promesses vendues, je trouve qu'on bute sur la marche avec ce deuxième tome. La série apparaît un peu fade, même si elle n'est pas déplaisante à lire. Je regrette aussi que Philippe Résimont donne à certains personnages des voix ridicules et caricaturales (Thorson, en premier). Et comme d'habitude, les personnages féminins sont loupés. Je prends néanmoins rendez-vous avec le prochain et dernier tome (Passage des ombres) à paraître dans le courant de l'année. 

 

© Éditions Métailié, Paris. Traduit par Eric Boury.  (P)2017 Audiolib.

Lu par Philippe Résimont. Durée : 9 h env.

 

Le Tome 1 est repris en poche chez Points : parution 8 février 2018

26 janvier 2018

Défaillances, de B.A. Paris

défaillances audibleVoulant rentrer au plus vite chez elle, un soir de pluie, Cassandra emprunte une route isolée et croise une voiture sur le bas-côté avec une femme à son bord. Mais Cassandra ne s'arrête pas et poursuit son chemin... n'imaginant pas une seconde qu'elle apprendrait le lendemain l'assassinat de cette inconnue peu de temps après son passage.
Sidérée, Cassandra n'ose pas confier à son mari ce dont elle a été témoin. Elle ne dit rien à sa meilleure amie non plus. Se confond en excuses à l'écoute des appels répétitifs de la police pour obtenir des renseignements. Cassandra est mortifiée, honteuse et culpabilise.
À force de ressasser, la jeune femme multiplie les crises d'angoisse et ressent les premiers symptômes d'une démence précoce - elle est convaincue de souffrir de la même maladie que sa mère. Malgré les protestations de ses proches, Cassandra s'enfonce dans la paranoïa, ne sait plus ce qu'elle fait, pense perdre la tête et être victime d'hallucinations.
Pour le coup, la démonstration de la folie douce est proprement exécutée. La spirale est lancée et ne semble plus s'arrêter. C'est grinçant, agaçant, dérangeant. Le rôle de la narratrice est flou. On suit sa logique, et pourtant on doute. Par contre, j'ai tout vu venir à des kilomètres et j'en ai été fortement incommodée. J'ai pesté tout du long au vu des ficelles trop grosses et du scénario hyper convenu. J'ai néanmoins poursuivi ma lecture jusqu'au bout, toujours dans l'espoir d'être surprise. Et là... 
À vous de juger maintenant ! ☺

Lecture faite par Maud Rudigoz - à qui je dois mon intérêt persistant, car son interprétation est toujours agréable à écouter, mais cela n'occulte pas les défauts du roman. L'auteur se repose sur ses lauriers et surfe sur la mode en cours du «domestic noir». Rien de neuf sous le soleil.



>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.
©2018 Darley Anderson (P)2018 Audible Studios
Traduction de Vincent Guilluy
Lu par Maud Rudigoz. Durée : 13h env.
30 janvier 2018

Quatre sœurs, Tome 4 : Geneviève, de Cati Baur & d'après Malika Ferdjoukh

Genevieve Quatre soeursDernier tome de la série Quatre sœurs, et croyez-moi, le rendez-vous était attendu avec un certain pincement au cœur ! J'ai tout lu trop vite, tout aimé et j'ai profondément soupiré. 
Neuf ans. 584 pages.
Forcément, comme Cati Baur, l'instant est solennel. Et on se sent un peu perdues. Orphelines d'une famille. Avec un vide si grand au moment de tourner la dernière page.
À ce propos, je vous mets au défi de ne pas avoir envie de tout relire et de replonger depuis le début dans cet univers tant aimé des Quatre Sœurs. On en reparle ?
Moi, c'est fait. ☺

Dans cet émoustillant, et néanmoins émouvant, épisode, on focalise notre attention sur la benjamine de seize ans, Geneviève, qui aime l'ordre, la boxe et ses sœurs. L'été venant, toute la tribu Verdelaine a la bougeotte - Bettina part faire du camping avec ses meilleures amies, Enid et Hortense vont rendre visite à leurs cousins vivant à Paris, Geneviève vend des glaces à la plage et Charlie fait le vide dans sa tête en retapant sauvagement la Vill'Hervé. Toutes les cinq nous font partager leurs folles aventures estivales, parfois saupoudrées de mystère, de sensualité et de danger. La jolie Geneviève tombe sous le charme du ténébreux Vigo, Bettina se découvre une passion pour la campagne, les jeunes parisiennes font l'expérience du bruit, du monde, de l'inconstance et de la précarité. Une nuit cauchemardesque plus tard, tout ce petit monde rentre au bercail... dans une Vill'Hervé qui déborde d'âmes esseulées et de petites mains utiles. Ne manque plus que la tante Lutèce pour compléter le tableau ! Mais chut...

On sent venir le dernier tour de piste, trop tôt, trop vite. Mais il est temps pour les sœurs Verdelaine de faire leurs adieux à leurs parents, chacun tire sa révérence, se fait la bise, merci pour les souvenirs et au revoir. Je vous recommande également la lecture en page finale des remerciements de Cati Baur qui expriment avec tendresse cette inexplicable relation qui se noue entre une lecture et un public. 
Tout est parfait. ♥

RUE DE SÈVRES, 2018

 

19 décembre 2017

Un Noël en Sicile, de Anne Perry

“En ce mois de décembre, la neige ne tarderait pas à tomber chez lui en Angleterre, mais là, tout près de la Sicile, la brise chargée d'embruns était d'une extrême douceur. (...) Passer trois semaines à Noël sur une île volcanique de la Méditerranée changerait-il quelque chose ? Ce séjour le guérirait-il de ce sentiment de désespoir, de petits échecs sans fin ?”

Un noel en sicileÂgé d'une quarantaine d'années, James Latterly se sent déjà vieux et rongé par l'amertume. L'homme vient de perdre son épouse, mais n'éprouve aucun réel chagrin. Outre un parcours professionnel gratifiant, James pose un regard vide sur le reste de son expérience. En s'isolant sur l'île de Stromboli, il espère au mieux oublier ses idées noires et retrouver l'élan qui lui fait défaut. Dans la petite pension qu'il occupe, notre homme croise d'autres vacanciers en déroute - un écrivain pompeux, un colonel guindé, des époux mal assortis et un vieillard malade. Seule une jeune adolescente, Candace Finbar, détonne en débordant de joie et de vie dans ce paysage sinistre. S'ajoutent, en toile de fond, les grondements sourds et insistants du volcan situé non loin de leur logis. Débonnaire, leur hôte assure que la situation est sous contrôle, mais James pressent un drame en puissance. Bingo. Quelques chapitres plus loin, c'est une avalanche de catastrophes qui s'abat sur l'histoire et les personnages. Quel revirement de situation ! La lecture, qui affichait pourtant un rythme de croisière pépère, devient soudainement plus intense et tragique. C'est aussi dans une atmosphère apocalyptique que l'on avance dans ce récit, où les corps tombent comme des mouches, mais où l'instinct de survie prévaut. Si James en doutait encore, cette réalité brutale va lui secouer les puces.
Au final, j'éprouve la sensation confuse d'avoir lu un roman décousu et échevelé, mais où le charme et l'élégance d'Anne Perry priment et travaillent en force pour vaincre les réticences. Je ne suis pas profondément déçue, les récents titres de cette collection ont déjà prouvé leurs limites, toutefois c'est enrichissant d'aller à la rencontre des personnages secondaires des sagas fétiches de l'auteur (James est le frère d'Hesther Monk). De plus, la promesse d'évasion est remplie, à défaut de baigner dans une ambiance de Noël digne de ce nom. ☺

10-18 Grands Détectives, 2017 - Trad. Pascale Haas

 

15 janvier 2018

Witch Hunter #2 : L'Assassin du roi, de Virginia Boecker

WITCH HUNTER L’ASSASSIN DU ROIFaisant suite aux événements de Witch Hunter, l'histoire revient sur le sort d'Elizabeth, qui attend son procès en tant qu'ancienne chasseuse de sorciers. La confusion est totale, aussi la jeune fille propose de sceller son destin en acceptant d'éliminer elle-même le grand inquisiteur, Blackwell. Ses amis protestent et trouvent la condamnation arbitraire, mais décident de l'accompagner jusqu'au bout. Le temps va hélas jouer contre eux, puisque l'ennemi devient plus pressant et les attaques sauvages se multiplient. Elizabeth, John, Fifer et Schuyler prennent les devants et font halte à Rochester Hall, la demeure du père de Chime, la belle et douce ensorceleuse, quand la tension au sein du groupe devient insoutenable. John n'est plus lui-même et sous l'emprise du stigmate récupéré inopportunément. Elizabeth se sent coupable, sauf que ses tentatives pour le raisonner tombent à plat. Leur relation à peine éclose est déjà en train de s'éteindre.

J'ai lu avec autant de passion et d'engouement ce deuxième tome qui clôt admirablement la série Witch Hunter. Oui, c'était génial ! J'ai adoré les personnages, l'action, les émotions et le monde incarné. L'intensité dramatique est très présente, même poignante. On sent que le climat est moins à la rigolade, chacun adopte une posture plus solennelle, et certains rôles sont même inversés. Elizabeth, d'habitude si forte et décidée, s'efface derrière un John métamorphosé. Si, si... Notre charmant guérisseur se la joue volontiers arrogant et hargneux. Absolument méconnaissable. Et pourtant, ça le fait. Les brèves incartades romantiques sont ainsi plus pimentées, sans toutefois négliger l'objectif final. L'action va crescendo et ne nous met pas à l'abri des rebondissements et des surprises. J'ai été plus d'une fois stupéfaite, imaginant que l'auteur braverait davantage d'interdits et s'aventurerait éventuellement plus loin... Là j'abuse, ou la fantasy YA aurait franchi une limite inespérée. En bref, la série se dévore. C'est très bon, du début à la fin. Aucun temps mort et des émotions à foison. Je dis bingo ! ☺

PKJ, 2017 - Traduit par Sidonie Mézaize

Titre VO : The King Slayer

 

18 décembre 2017

Agatha Raisin enquête #8: Coiffeur pour dames, de M. C. Beaton

Coiffeur pour dames Audible

Préoccupée par ses récents déboires sentimentaux, Agatha n'a plus le temps de se consacrer à sa petite personne. C'est donc avec horreur qu'elle découvre de fins cheveux blancs parsemés dans son noir de jais. Mrs Bloxby lui recommande donc l'adresse d'un coiffeur à Evesham - un certain Mr John - qui serait un vrai magicien. Agatha fait ainsi la rencontre d'un homme séduisant, pas avare en compliments, de quoi mettre un peu de baume à son cœur rabougri. Elle accepte ainsi de sortir avec lui, mais se retrouve bien vite en délicate posture, car notre séducteur impénitent va succomber sous ses yeux à un empoisonnement ! La malédiction plane sur notre chère Agatha. La voici de nouveau confrontée à une enquête rocambolesque en compagnie de l'indécrottable sir Charles Fraith - exit James Lacey ? C'est tout un programme, et quel plaisir de partir à l'aventure dans la verte campagne anglaise. Agatha est une héroïne casse-cou et casse-pied, pas très vernie en amour, mais je dois admettre que le couple formé avec Charles est franchement hilarant. Le type est odieux, opportuniste, pingre, etc. Il ne s'en cache pas, d'ailleurs Agatha en a parfaitement conscience et n'hésite pas à épingler ses nombreux défauts, mais le duo fait mouche. La présence de Charles vient, certes, soulager la défection honteuse du voisin - le sort en est jeté. Et au diable les miettes de languissement de notre Agatha ! Je prends un plaisir sadique à suivre l'ironie de la situation, car jusqu'au bout de la lecture, notre aristocrate n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat ! ☺

La série poursuit son bonhomme de chemin, sans surprise, sans déconvenue. N'espérez aucune esbroufe, l'affaire est entendue. Toujours la même intrigue, toujours les mêmes personnages, toujours les mêmes réactions. Le mode opératoire est récurrent. On passe néanmoins un très bon moment dans les Cotswolds, au rythme des enquêtes farfelues de miss Agatha Raisin. C'est léger et distrayant, à écouter en exclusivité sur Audible, avec une Françoise Carrière qui pimente de saveur aigre-douce ce thé noir parfumé aux épices. Délicieux.

>> Ce livre audio en version intégrale est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

Texte lu par Françoise Carrière (durée : 5h 27)

©2017 Albin Michel. Traduit de l'anglais par Marina Boraso (P)2017 Audible Studios

 

5 janvier 2018

Miss Peregrine et les enfants particuliers #2: Hollow City, de Ransom Riggs

Miss Peregrine Hollow City** SPOILERS INSIDE ** Fait suite au tome 1 de la série Miss Peregrine. Et donc...

Après la violente attaque contre l'île de Cairnholm, où vivaient Miss Peregrine et les enfants particuliers dans leur boucle temporelle, l'Ombrune est piégée sous la forme d'un oiseau. Si Jacob et ses camarades souhaitent la libérer, ils n'ont pas d'autre choix que de se rendre à Londres pour y retrouver une certaine Miss Wren. Égarés dans un monde en pleine déroute, les enfants doivent se protéger des bombardements, déjouer les pièges de leurs ennemis et accorder leur confiance aux rencontres de passage (des chiens savants, une ménagerie fantastique, des gitans, des fillettes planquées dans des ruines). Un périple insolite et fastidieux, mais d'une lenteur parfois exaspérante.

Cette lecture m'inspire finalement des sentiments partagés - elle est à la fois étrange et captivante, et néanmoins décevante en raison des longueurs inutiles dans le récit. J'aime par-dessous tout son univers et son originalité, mais j'avais la sensation d'en avoir fait le tour car l'auteur ne nous embarque pas plus loin et lance ses personnages dans une quête lente et banale, sans puiser davantage dans le contexte. Livre audio oblige, toute la richesse esthétique de l'ouvrage est rendue inexistante - un bon point perdu. Cette mise à nu nous met aussi face à une intrigue simple et délayée. Bref. C'est frustrant, car il ne se passe pas grand-chose pendant les 3/4 du roman. Et quand je pensais les carottes cuites, soudain le dénouement ravive la flamme et prend une tournure surprenante et réussie ! Bien fait pour moi. ☺ La prochaine parution du troisième épisode - courant janvier 2018, chez Audiolib - est donc une véritable aubaine pour retrouver Jacob, Emma, Bronwyn, Horace et même Enoch dans la fin de leurs aventures extraordinaires.

©2014 Ransom Riggs / Traduction française : Sidonie Van den Dries pour Bayard Éditions

(P)2017 Audiolib. Texte lu par Benjamin Jungers. Durée : 10h 20

 

 

1 décembre 2017

Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello, de Chris Grabenstein

Vingt quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M LemoncelloKevin vient de remporter le concours pour découvrir en avant-première la fantastique bibliothèque de Luigi Lemoncello et ainsi passer une nuit complète pour tout explorer avec onze autres camarades du même âge. Peu avant la délivrance, l'excentrique mécène leur propose de participer à une nouvelle partie, avec pour immense plateau de jeu la bibliothèque elle-même. Le but ? Réussir à en sortir dans les vingt-quatre heures. Comment ? En résolvant une multitude d'énigmes et en dénichant les indices savamment planqués par-ci, par-là. Deux équipes s'affrontent, les petites cellules grises sont en action... un, deux, trois, lisez !
Les amoureux des livres ne peuvent que succomber au charme de cette lecture, qui nous transporte dans l'univers fabuleux des rayonnages à perte de vue, où des milliers de bouquins sont alignés comme de bons petits soldats, avec des références à foison et des invitations à picorer à satiété. Miam, miam. Mais la bibliothèque de M. Lemoncello réserve aussi son lot de surprises, avec son aspect avant-gardiste incluant des hologrammes ou des échelles électromagnétiques pour parcourir les étagères et piocher le livre choisi. On reste comme des mômes, les yeux écarquillés et éblouis par de telles merveilles techniques qui côtoient en parfaite osmose les belles reliures et les archives plus traditionnelles.
L'histoire, ensuite, est un clin d'œil au roman de Roald Dahl - Charlie et la chocolaterie - et son incroyable Willy Wonka qui ouvre les portes de son usine à cinq enfants et leur famille pour partager sa grande passion. Les jeunes convives de M. Lemoncello pénètrent aussi l'antre secret, mais doivent montrer patte blanche, respecter les consignes et déployer des trésors d'ingéniosité pour décoder les rébus et autres devinettes de ce jeu grandeur nature.
Il règne une véritable effervescence dans l'histoire, un excès d'enthousiasme débordant, qui peut tourner la tête ou créer une sensation de vertige. Je craignais, au départ, ne pas être à ma place, pour finalement y adhérer à fond et avoir envie de participer à cette chasse au trésor. J'ai trouvé l'enquête passionnante. Bien ficelée, truffée de détails littéraires, mais aussi joyeuse et inattendue.
En bref, c'est une lecture qui s'adresse à tous les grands amateurs de jeux - plateau, mots, vidéo - et qui rayonne de bienveillance. La traduction d'Anath Riveline propose également de savoureuses alternatives aux œuvres originales... pour des choix très judicieux !
Un parfait petit bouquin qui fera plus d'un heureux. Je recommande.
♥ 

Milan, 2017 - Trad. d'Anath Riveline

Illustration de couverture : Golden Cosmos

 

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