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Chez Clarabel
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23 avril 2009

Le rapetissement de Treehorn ~ Florence Parry Heide & Edward Gorey

Le rapetissement de Treehorn est un livre très connu aux Etats-Unis, publié pour le première fois en 1971, enfin remis au goût du jour, car injustement méconnu en France !

treehorn

Treehorn est un petit garçon ordinaire qui découvre un matin qu'il est en train de rapetisser, il se noie dans ses vêtements, montre à peine son bout de nez à table et tombe de son lit devenu trop haut. Autour de lui, ses parents ne font pas attention, sa mère s'occupe du ménage ou du gâteau qui cuit dans le four, son père suppose qu'il veut se faire remarquer, le chauffeur de bus le prend pour son petit frère et la maîtresse d'école l'envoie dans le bureau du directeur.

« Rapetissement ? Ah bon, dit le proviseur. Je suis bien embêté de l'apprendre, Treehorn. Tu as eu raison de venir me voir. C'est pour cela que je suis ici. Pour montrer la voie. Pas pour punir, mais pour montrer la voie. Montrer la voie à tous ceux de mon équipe. Résoudre tous leurs problèmes.
- Mais je n'ai pas de problème, dit Treehorn. C'est juste que je rapetisse.
- Bien, bien, Treehorn, sache que je suis là quand tu as besoin de moi, dit le proviseur. Et je suis heureux d'avoir pu t'aider. Car la valeur d'une équipe se mesure à celle de son entraîneur, n'est-ce pas ?
Le proviseur se leva.
- Au revoir, Treehorn. Si jamais tu as d'autres problèmes, n'hésite pas à venir me voir, et je t'aiderai à nouveau. Car un problème résolu n'est plus un problème, n'est-ce pas ? »

Une édition soignée et impeccable sert ce petit livre, le premier d'une courte série (deux autres titres sont à paraître). L'histoire signée par Florence Parry Heide est un enchantement, une histoire mystérieuse, un brin onirique, étrange et qui se termine par trois petits points de suspension... Le ton est cocasse, farfelu, et montre certaines absurdités de la part des adultes, enfermés dans leur bulle d'indifférence et allergiques au désordre, au changement, à ce qui empêche de tourner rond.

Comptons aussi sur le charme des illustrations d'Edward Gorey pour parfaire la magie de cette rencontre. L'univers singulier d'Edward Gorey est pur, vraiment fascinant. Ce n'est pas un hasard si Tim Burton le revendique comme son maître.

C'est une révélation à découvrir sans attendre !

Editions Attila, 2009 - 11€
Conte de Florence Parry Heide, traduit de l'anglais (USA) par Oskar.
Couverture et illustrations d'Edward Gorey

http://www.edwardgoreyhouse.org/

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22 avril 2009

Les histoires de la salade ~ Bénédicte Guettier

C'est la panique dans le potager, la salade en raconte des vertes et des pas mûres à un public - jeune - composé de petites carottes et de petits lapins. L'inspecteur Lapou intervient. Sévère, il explique à la salade que ses sornettes sèment la terreur chez les jeunes pousses. Il faut que ça cesse.

Mais la salade est râleuse. Têtue aussi, elle fait fi des avertissements de Lapou et enchaîne ses histoires ineptes comme des perles sur un collier. Et puis arrive un navet qui aime les histoires tirées par les cheveux, mais c'est un mauvais coucheur, qui n'en veut pas de toutes ses salades - l'adresse pour se faire poser des dents, comme la courgette, il la veut, et tout de suite !

histoires_de_la_salade

L'univers de Bénédicte Guettier, et particulièrement dans ses albums de l'inspecteur Lapou, offre un monde coloré, drôle et ludique. Cette fois-ci il n'y a pas de mystère et d'enquête à résoudre pour l'inspecteur Lapou, devenu simple spectateur d'un potager sens dessus dessous, et on se régale de tous ces jeux de mots, de tous ces bons mots qui illustrent les histoires de la salade !

Bénédicte Guettier ne s'adresse pas qu'aux petits enfants (ou restez-en à L'âne Trotro), je trouve dans les albums de l'inspecteur Lapou une certaine impudence, pas du tout choquante, au contraire l'ambiance est délicieusement malicieuse et folle, dans le bon sens du terme. L'inspecteur Lapou cultive un flegme et un humour pince-sans-rire qui nous le rendent irrésistible ! Adoptez le ton décalé et farfelu de cette série, une fois goûtée vous ne vous en lasserez plus ! ;o)

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2009 - 7,00€

1 février 2009

These fragile flames for innocence can't be lost *

Un coeur brisé - Jacqueline Wilson

61nf_4S6JnL__SS500_Prudence King, quatorze ans, et sa soeur Grace, onze ans, subissent la loi rigide de leur père qui leur interdit d'aller à l'école. Mais lorsque celui-ci tombe malade et entre à l'hôpital, la vie à la maison va changer. Seule, la maman panique de recevoir une nouvelle lettre menaçante de l'inspecteur et préfère anticiper en inscrivant ses filles à l'école du quartier. Prudence est excitée par cette perspective, même si elle pressent que leur adaptation risque d'être difficile. Sa soeur et elle ne sont pas du tout à la mode, elles portent des tenues excentriques, non pas pour se démarquer mais parce que la famille manque d'argent. Prudence se sent l'âme d'une Jane Eyre, avec son éducation sévère, retirée du monde des autres adolescents. Elle va tomber amoureuse de son M. Rochester en la personne de Rax, le professeur d'arts plastiques. Amour impossible ? Logiquement. Cependant, l'homme se sent attiré par la jeune fille, également douée pour le dessin. Une connivence naît entre eux. Il va devenir son ami et son confident, et elle va être la baby-sitter de ses enfants (car l'homme est marié !). Mais cela ne l'empêche pas de craquer pour l'adolescente, de répondre à ses baisers. C'est franchement déconcertant. Prudence n'a que quatorze ans, elle a vécu dans une bulle et lisait en cachette des magazines de son âge pour en savoir plus sur ce qu'on lui refusait de connaître. La situation dégénère vite, selon moi. Prudence commet des erreurs, par inconscience. Elle a acheté des dessous en satin noir, pensant que c'était couru chez les filles de son âge. Elle découvrira qu'elle est à côté de la plaque. Trop mûre, trop rebelle, trop décalée ? Prudence King est un mystère. Elle a imaginé un monde trop romanesque, la réalité est plus amère. D'ailleurs, la jeune fille ne parviendra pas à s'intégrer dans son école. Elle avait déjà pris conscience qu'elle étouffait sous le joug familial, elle comprend maintenant qu'il faut davantage s'affirmer pour se fondre dans une société ni toute blanche ni toute noire, juste réelle. La fin de l'innocence, en somme.
C'est un roman d'émancipation où flotte un sentiment de malaise. J'ai moyennement aimé.
(A noter que c'est un gros succès chez les ados ! Je peux comprendre pourquoi.)

A partir de 13 ans.

Folio junior, 2008 - 303 pages - 7,50€
traduit de l'anglais par Anne Krief
Illustrations : Anne Simon

Les avis de Francesca et Aurélie (Suspends ton vol)

* lyrics from Innocence maintened, by Jewel

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Combien tu paries ?  -  Pete Johnson

9782070610235Pour tromper leur ennui, Harvey et son ami George aiment se lancer des paris, ou (pour faire moins gamin) « des défis ». Au départ, c'est plutôt bon enfant : des gags lourdingues avec pour cible leurs professeurs. Ce n'est jamais méchant, juste pour rire. Le truc, c'est de ne pas se prendre au sérieux. Et puis généralement les prix à remporter sont aussi commodes (se payer une bonne glace, par exemple). Grisés par leurs succès, Harvey et George fondent une association, « le Club de la Chance », et l'ouvrent à de nouveaux membres. C'est un triomphe. Tout roule à merveille, l'école est prise par la fièvre du jeu. Puis un garçon de l'équipe propose de recevoir de l'argent au lieu des glaces. Harvey est d'accord, mais George se fâche et quitte la direction. Les ennuis s'enchaînent, quand la cagnotte de 180 £ est dérobée dans le casier de l'adolescent. Harvey va encore une fois être mal influencé par Jonny, le jeune espoir de foot et aussi l'élève le plus populaire du collège, en acceptant de mettre en scène un cambriolage chez ses parents. Damned ! Harvey est dans une sacrée galère.

Ecrit sous la forme d'un journal intime, ce roman de Pete Johnson donne la parole à un collègien de 4ème particulièrement doué pour les inventions et les ruses. Ce n'est pas un livre qui encourage les enfants à parier, mais plutôt une pantalonnade. Harvey, le protagoniste, a pour ambition d'améliorer la qualité de la vie au collège. Ni plus, ni moins. Le reste, autour, n'est qu'une farce à prendre sans condescendance. Les péripéties rapportées sont hilarantes, le jeune garçon n'est pas un crétin fini et ses copains sont de bons bougres (comme qu'on aimerait tant voir dans les écoles de nos enfants !). Aucune méchanceté, de l'amitié pour serrer les coudes, et même le voleur fait son mea culpa. Vraiment rien de bien mauvais... à confier sans sourciller à vos loupiots. 

Folio junior, 2009 - 220 pages - 5,90€
traduit de l'anglais par Stéphane Carn
Illustrations de Henri Fellner 

30 mars 2009

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman

Un trailer pour commencer :

 

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Les avis de lecture ont fleuri en nombre concernant ce roman de Neil Gaiman... Pour ceux qui seraient passés à côté, voici quelques mots.

nobody_owensUne famille a été massacrée par un individu appelé le Jack. Seul un bébé a pu se sauver en se réfugiant dans le cimetière voisin. L'enfant sera recueilli et adopté par un couple de fantômes, les Owens. Ainsi naquit Nobody Owens, déclaré Citoyen Libre du cimetière, pouvant aller et venir comme bon lui semble, dans un univers peuplé de créatures surnaturelles, imaginaires et folkloriques.

Mais la vie à l'extérieur du cimetière intrigue Bod qui grandit, curieux, avide d'apprendre, de se faire de nouveaux amis. Or le dange rôde partout, et le fameux Jack n'a toujours pas renoncé à lui faire la peau !

C'est un roman tout gris, tout noir et tout blanc. Comme le préfigure la couverture française. Un livre qui donne la chair de poule, et en même temps qui mêle l'humour, la tendresse et l'humanité avec brio.
C'est l'histoire d'un enfant orphelin qui s'adresse à d'autres enfants, qui montre l'exploration d'un monde magique, et/ou fantaisiste, et qui raconte aussi l'apprentissage de la vie, avec ses plaies et ses bosses, mais aussi ses émerveillements et ses bonheurs.

Plus que tout, j'ai été sensible à la beauté des personnages, qui nous font oublier la mort, leur nature et l'incongruité de la situation. L'ensemble n'est pas qu'étrange, mais aussi inquiétant et merveilleux. Macabre et poétique, captivant et dangereux, sombre et lumineux.

A la fin du roman, Neil Gaiman nous apprend qu'il est un passionné du livre de Kipling (Le livre de la jungle) et qu'il lui a fallu pas moins de vingt ans pour écrire ce roman ! Ces précisions nous étonnent à peine... L'étrange vie de Nobody Owens  est un livre qui se déguste lentement. Personnellement il m'a tenu compagnie durant de longues semaines, non par manque de motivation, mais parce que je trouvais que l'histoire prenait une saveur particulière en s'intercalant dans mes habitudes littéraires et qu'elle réussissait sans problème à s'ancrer dans mon esprit, pas besoin de refeuilleter les pages d'avant pour se rappeler l'histoire.

Une troublante exploration du monde qui sépare les vivants et les morts, avec toute la poésie et l'imagination chères à un grand auteur !   

Ce livre a remporté la Newberry Medal 2009.

Illustrations de Dave McKean
Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 310 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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Rappelons la sortie de CORALINE, l'animation réalisée par Henry Selick.  En France : le 10 juin 2009 !

De quoi ça cause ?

 

coralineLa famille Jones vient d'emménager dans une grande maison avec des pièces si nombreuses qu'elles ne peuvent être toutes occupées. Profitant que ses parents soient occupés à travailler sur leurs ordinateurs, Coraline entreprend d'explorer l'endroit. Elle découvre l'existence d'une porte noire fermée à clef et qui s'ouvre sur un mur en briques. Du moins, à la première tentative. Lorsqu'elle choisit de recommencer l'expérience, Coraline fait face à un univers identique à celui qu'elle connaît, avec des parents qui ressemblent aux siens, sauf qu'ils semblent plus disponibles. Petit détail non anodin : ils ont des boutons cousus à la place des yeux.
Toutefois ils se montrent aimables et aimants. Prêts à lui offrir tout ce qu'elle désire. Qu'est-ce que cela cache ?

Neil Gaiman, maestro des contes fantastiques, nous introduit dans un doux monde influencé par les oeuvres de Lewis Caroll et même par La famille Addams. L'univers est onirique, savamment inquiétant, et il ne faut pas s'arrêter aux simples apparences, mais traverser le miroir. Dans tous les sens du terme.
Suspense garanti. Ambiance délicieusement noire. Pas bien méchante non plus. Accessible pour les plus jeunes.

Albin Michel, coll. Wiz, 2003 - 152 pages - 10€
Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Collon

23 mars 2009

Un soir, j'ai divorcé de mes parents ~ Rachel Hausfater

un_soirSuite au divorce de ses parents, qu'il a beaucoup de mal à digérer, le jeune narrateur prend la décision de divorcer de ses parents. C'est sa façon à lui de manifester son mécontentement, mais aussi d'exprimer son chagrin. Il passe en revue deux parents divorcés qui ne ressemblent plus à la famille d'avant. De dépit en consternation, le garçon comprend qu'il n'a plus sa place, qu'il doit la trouver ailleurs. Il choisit de se réfugier dans la chambre de bonne de ses grand-parents, un week-end sur deux. En secret.
Toutefois cette liberté a aussi un goût amer, c'est un coup pour son moral. Comment passer ces journées sans adultes ? 
Beaucoup de réflexion dans ce court roman qui traite du divorce et des enfants de divorcés, "Un soir, j'ai divorcé de mes parents" raconte le parcours d'un adolescent qui se cherche, qui choisit de s'éloigner pour mieux se trouver. Son histoire est celle d'un enfant qui doit quitter brutalement le nid douillet, qui doit accepter la décision de ses parents et apprendre à vivre avec. Un divorce, ça fait grandir un peu trop vite, ça détruit, c'est une fin et ça tue aussi.
Mais heureusement, après on reconstruit, on recommence, on renaît. On aime ailleurs, et on aime encore. Le message est positif, même si le procédé peut paraître un peu excessif et exubérant (vivre seul dans une chambre de bonne, mener son petit cirque dans le dos des adultes). Disons que souvent cela m'est apparu trop profond dans la bouche d'un adolescent, trop mûri dans la tête d'un môme en détresse. A la fin, par exemple, ses discours avec ses parents sonnent incroyablement consciencieux, tellement adultes, alors qu'il s'agit tout de même d'un lycéen. Je ne sais pas. Il y a comme un fossé entre le fictif et le réel, sur tout ce qui touche le narrateur, sa parole et ses pensées. Cela me semble moyennement crédible.
Au moins cette histoire a pour vertu de faire réfléchir, je ne sais pas si un adolescent s'y retrouvera forcément, et même si j'apprécie personnellement beaucoup le style de Rachel Hausfater, je trouve qu'ici le texte manque parfois d'un léger plus (j'aurais préféré qu'on passe plus de temps avec Madeleine, cette voisine âgée qui recueille le garçon les soirs de blues, lui sèche ses larmes, lui offre du thé et des gâteaux, ou même avec Alma, sa petite fée de liberté).
Quelques frustrations, donc... mais ce n'est pas méchant.
J'attends vos retours avec une certaine curiosité !

Thierry Magnier, 2009 (achevé d'imprimer dans une chambre de bonne) - 115 pages - 7,50€ 

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5 mai 2015

Que ta volonté soit faite, de Maxime Chattam

Que ta volonté soit faite 

Cette lecture a été pour moi affreusement perturbante, je n'y ai trouvé aucun plaisir à suivre la folie obsessionnelle d'un détraqué sexuel dans le cadre d'une petite ville américaine. Alors forcément on pense à Stephen King (qui n'a pas son pareil pour dépeindre les ploucs), mais M. Chattam a voulu dépasser le maître en forçant le trait. Sincèrement c'est lourd et parfois indigeste.

Sitôt qu'on s'éloigne du personnage de Jon Petersen, on découvre la routine d'une petite bourgade du Midwest, à Carson Mills, sa communauté, son shérif, les croyances religieuses et les secrets enfouis. Un tableau plus commun, presque idyllique, fidèle à ses racines, même si l'envers du décor est plus amer, la peinture reste dépaysante et plutôt agréable à découvrir. Cela n'a toutefois pas suffi à effacer toutes ces scènes d'horreur, décrites dans un style pompeux et écœurant, où on se sent voyeur et déplacé. Franchement nauséeux.

Lue à haute voix par Antoine Tomé, cette histoire paraît encore plus abjecte et affligeante (imaginez les scènes de viol surgir de la station d'accueil de l'iPod ! ... hyper inconfortable à écouter). De plus ce lecteur pour Audiolib maîtrise mal les voix féminines et les voix d'enfants. Il faudrait penser à une alternative. 

Audiolib, avril 2015 ♦ texte lu par Antoine Tomé (durée : 8h 58) avec l'autorisation des éditions Albin Michel

20 avril 2015

L'Élite 2. Sous surveillance, de Joelle Charbonneau

L’Elite2

Je m'attendais à une suite plus originale, au lieu de ça l'histoire est lente, répétitive, portée par une héroïne peu attachante. Cia est une jeune fille brillante, mais franchement agaçante. Tout repose sur ses épaules, au lieu de paniquer, elle gère à merveille les nouveaux tests psychologiques, les nombreux cours qu'elle doit suivre, la mission d'infiltration, bref elle anticipe chaque événement sans frémir. De plus, l'intrigue évolue sans hâte et se perd dans la description de la routine universitaire. Me suis clairement ennuyée. Il est loin le temps d'une lecture trépidante, semée d'embûches et pleine d'imprévus. Je n'ai pas été convaincue par la nécessité de tester à nouveau les rescapés du tome 1, et encore moins par l'interlude amoureux, qui ne sert à rien. Je lirai néanmoins le prochain tome, pour connaître la fin de l'histoire qui avait su faire preuve d'un brin d'originalité jusqu'à présent... ☺

éditions Milan, coll. Macadam, février 2015 ♦ traduit par Amélie Sarn (The Testing : Independent Study)

22 février 2009

Loin - En poche ! #21

Loin, Victoria Lancelotta

9782264046666R1Un soir dans un bar, Martha rencontre Edward avec qui elle dit oui à tout et tout de suite. Toutefois Martha fausse le jeu : elle boit, elle le suit sans protester et ne prétend finalement pas être elle-même. Ne rien dire du fond de ses pensées. Aussi, quand elle quitte Baltimore pour une petite ville en Floride, elle part sans dire au revoir. Accord tacite (selon elle). Quelques temps après, Martha apprend qu'Edward sort avec Carly, sa soeur cadette. Cette nouvelle réveille des fêlures, datant depuis l'enfance et l'adolescence, et qui pourraient expliquer ces fuites en avant. Martha, enfin seule, repue de cet isolement, veut démêler le vrai du faux, comprendre ce qui cloche chez elle.
A force d'affirmer qu'elle n'attendait rien de lui, qu'elle avait coutume de dire trop facilement oui à tout, qu'elle était constamment insatisfaite, Martha doit admettre qu'une mécanique secrète est en panne. Pourquoi les autres, et pas elle ? Pourquoi les mêmes qui ont trente ans se marient, vivent en lotissement dans une banlieue cossue, mais toujours pas elle ? Il faut dire, aussi, qu'il n'y a pas ce désir, non aucun désir chez elle, d'y parvenir un tant soit peu.
Pour comprendre davantage Martha, il faut donc aller plus "Loin". C'est ce que suggère l'auteur Victoria Lancelotta dans ce premier roman serré, exigeant et riche de subtilités. Il y a aussi une part du désir chez cette jeune femme, juste suggérée pour ne pas le décrire en termes graveleux, comme pourrait le supposer son comportement. Martha est étrange et inquiétante. Mais c'est tout de même une histoire mélancolique et amère qu'elle raconte, avec un froid cynisme et un humour presque vain. Elle nous le sert sur un plateau, c'est comme ça, pas autrement, acceptez-le ou non. Moi j'ai été scotchée.
Victoria Lancelotta est aussi l'auteur d'un recueil de nouvelles, En ce bas monde (publié chez Phébus et 10-18), acclamé par la critique, qui n'hésite pas à la comparer à Raymond Carver ou encore à Kaye Gibbons. C'est un auteur américain que j'apprécie beaucoup ! Une vraie découverte.

(Roman lu en décembre 2005)

Phébus, 2004 /  10-18, 2009 - 288 pages - 7,90€
traduit de l'anglais (USA) par Bruno Boudard

17 janvier 2009

Êtes-vous passés à côté de... En poche ! #18

Rêve d'amour, de Laurence Tardieu ?

C'est l'un de mes romans préférés de l'année 2008. Ne le loupez pas !

reve_damourPuissant dans son écriture et affolant par son style épuré, sensible comme de la soie, le livre de Laurence Tardieu renferme une quantité de passages que je souligne avec passion !
Tout me parle dans ce livre, notamment cette histoire d'une jeune femme de 30 ans qui a grandi sans maman, sans le souvenir de celle-ci. Vingt-cinq ans plus tôt, elle a été emportée par la maladie mais personne n'a prévenu la petite fille. Plus tard, elle comprendra. Cependant, aucun souvenir, aucune mémoire, aucun culte de la personnalité. Alice Grangé est élevée par son père, silencieux et imperméable, et qui lui soufflera le Grand Secret sur son lit de mort.
Ce court roman, en nombre de pages, est déstabilisant par sa justesse et son flot d'émotions. J'ai été émue aux larmes à maintes reprises, tout en soutenant l'entreprise d'Alice. Celle-ci apparaît fragilisée au début du livre, abrutie et désillusionnée. En fouillant le passé, elle cherche ainsi à redonner des traits au visage de sa mère, à cerner ce qu'est un amour fou. Ce qu'elle comprendra en chemin sera forcément bouleversant, et ne pourra que vous toucher (du moins, moi j'y ai été fort sensible).
« Le bonheur, c'est de se savoir appartenir au royaume des vivants, et d'en éprouver les innombrables frémissements. »
« Il n'y a pas de vérité, ni des êtres, ni du temps. Il n'y a que le présent, son éblouissement. »
C'est dans un cahier bleu qu'Alice Grangé raconte son parcours, et à la fin elle a cette formidable conclusion, que je m'approprie : « (...) j'ai compris que les livres étaient une des expressions les plus fortes, les plus troublantes et les plus vraies de la vie. »

Livre de Poche, 2009 - 5€

15 décembre 2008

La relieuse du gué - Anne Delaflotte Mehdevi

41k7NdKuDjL__SS500_« Cyrano, que je vous prévienne, est mon "androthérapie". Il ne me quitte jamais. J'ai plusieurs éditions de la pièce de Rostand, et toujours une à l'atelier et une à côté de mon lit. J'ouvre le soir le livre de la pièce au hasard. Je lis quelques pages et je m'endors. Mais je ne l'aime pas qu'au lit. J'ai abusé de lui dans bien d'autres circonstances comme lorsque je passais mes examens. Je l'avais tout le temps dans ma poche tel un gri-gri. Je l'ouvrais en attendant les épreuves ou ne l'ouvrais pas. Mais il était là. »

Mathilde, devenue relieuse après une courte carrière de diplomate au Quai d'Orsay, a ouvert son atelier à Montlaudun en Gironde. Elle occupe ses journées à coudre, à coller, à fignoler, à respirer les livres, c'est une passion léguée par son grand-père qui s'est endormi sous un châtaigner. Un matin de très bonne heure, on tambourine à sa porte qui s'ouvre sur un beau jeune homme, un brin mystérieux. Il lui confie un épais ouvrage qu'il viendra récupérer dans quelques jours. C'est urgent, c'est important et c'est secret. Avant de partir, l'homme a un malaise, sa beauté et son aura énigmatique intriguent Mathilde, mais elle le laisse partir sans le questionner davantage. Quelques jours après, elle apprend sa mort brutale.
L'apparition de cet individu reste obsédante pour la relieuse, qui s'interroge sur l'identité de l'inconnu, cherche à percer l'importance qu'il daignait accorder à l'ouvrage, lequel repose désormais entre ses mains, dans son atelier. Mais cette histoire commence à susciter un intérêt un peu trop vif de la part des habitants de cette petite ville, des rumeurs se propagent, des tensions naissent, une enquête a été ouverte. Mathilde elle-même a décidé de retrouver la famille du défunt et de restituer le livre ancien, en pensant ainsi accomplir les désirs de l'homme sans nom.

Ce roman possède, en plus du charme, une odeur et un son. Il est très particulier, tant il voudrait être murmuré ou lu à voix basse. C'est l'impression qu'il me donne, à me sentir coincée dans la ruelle du gué, à croiser des personnalités fortes et originales, à suivre les pas de Mathilde la relieuse. Elle a fait de sa vie une quête pour le bonheur, dans la chaleur des livres qui chuchotent leurs secrets et qui confient leur intimité à ses mains habiles et délicates. Mathilde est une amoureuse, une contemplative. Scrupuleuse, soucieuse et discrète. La rencontre avec l'inconnu qui sent la fougère et la terre fraîche va bouleverser sa petite existence, jusque là bien remplie par Cyrano et ses répliques pleines de panache. Les voisins de la relieuse ont tous des personnalités éclatantes, parmi lesquelles Mathilde apparaît finalement un peu terne et effacée. La relieuse du gué est aussi un roman à l'écriture sensuelle, à l'ambiance chaleureuse et à l'intrigue qui est un judicieux mélange de légèreté et de mystère. Le début est très, très bon. La fin manque de sombrer dans une certaine lenteur, et/ou maladresse. Mais c'est sans importance. L'ensemble de la lecture procure un sentiment de douceur et c'est un roman vraiment très agréable à lire par temps d'hiver !

Gaïa, 2008 - 268 pages - 19€

« On peut lire Bergerac de Rostand comme on le fait d'une carte postale d'été, ou le dire haut, juste pour le rythme facile de la rime. On peut le lire pour rire, pour s'émouvoir, pour s'attarder sur le panache de son héros. Pour bien dormir, on peut prendre le soir, un dialogue au hasard, et faire une toilette de chat de l'esprit, juste avant de sombrer. On peut le prendre au petit déjeuner, pour se donner du coeur et une âme claire, juste une lampée avec son café. »

D'autres avis : Cathe , Cuné ...

14 janvier 2009

La Reine des lectrices - Alan Bennett

De l'humour, de l'humour ! Ouf, ça fait un bien fou.
Imaginez la reine d'Angleterre en grande lectrice compulsive, du genre à nous ressembler (pour faire simple), et donc victime aussi de cette passion dévorante, car lire lui prend un temps fou, l'enferme dans un univers insoupçonné, lire toujours et encore plus, noter, gribouiller, et trouver à la vie courante un goût de plus en plus amer, voire agaçant...
Vous obtenez un roman d'une absolue et irrésistible causticité, taillé dans le roc de la flegme britannique, comprenez ainsi que c'est fin, très fin et d'une grande subtilité. Mais qu'est-ce qu'on s'amuse !

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L'aventure littéraire de la reine a commencé dans un bibliobus, c'était sans se douter le vertige que la lecture allait lui apporter. La reine va être prise d'une frénésie, aidée par son tabellion personnel, Norman, un ancien employé aux cuisines promu du jour au lendemain bras droit de la monarque. Tout ceci est bien beau, mais trop nouveau dans cette aristocratie guindée et enfermée dans son sacro-saint protocole. En clair, la passion dévorante de la reine n'est pas du tout appréciée, car son altesse néglige de plus en plus ses devoirs royaux. Alors, en douce et bien grossièrement, on tente de faire perdre le goût des livres à la reine. Tous les moyens sont bons (dynamiter le coussin sous lequel un livre avait été glissé, lors d'une procession en carrosse, ou détourner une caisse de livres en partance pour le Canada, cacher les réserves, éloigner Norman et le bibliobus, etc.). Rien n'y fait, la reine est accro !

N'attendez plus, découvrez ce livre car la suite des aventures de la royale passion littéraire sème une joyeuse pagaille à Buckingham et se conclue dans un sourire, en forme de croissant de lune. La reine y est décrite de façon sympathique, assez naïve mais perspicace. La lecture lui ouvre un champ de possibilités, elle qui pensait avoir tout vu, en voyageant à travers le monde, découvre un autre globe grâce à la lecture. Cette reine nous ressemble, quoi. Du moins, Alan Bennett nous la rend étonnante, plus humaine et proche de nous. C'est dire le pouvoir des livres !!!

Denoël, coll. & d'ailleurs, 2009 - 174 pages - 12€
traduit de l'anglais par Pierre Ménard

Les avis de Ys , Cathulu

 

Parmi les nombreux passages écrits sur mesure pour tout lecteur passionné, il y a celui-ci :

« Au début, il est vrai, elle lisait avec émotion mais non sans un certain malaise. La perspective infinie des livres la déconcertait et elle ne savait pas comment la surmonter. Il n'y avait aucun système dans sa manière de lire, un ouvrage en amenait un autre et elle en lisait souvent deux ou trois en même temps. Elle avait franchi l'étape suivante en se mettant à prendre des notes : depuis, elle lisait toujours un crayon à la main, moins pour résumer l'ouvrage que pour recopier certains passages qui l'avaient particulièrement frappée. »

18 décembre 2008

Petites bulles de bonheur

J'aime quand tout se remet en place dans ma vie, en douceur et avec efficacité. Peut-être l'année 2008 va enfin m'accorder un peu de répit pour les quelques jours qui restent ? Qui sait. Je l'espère de tout coeur. Mes soucis matériels se règlent, mes bleus à l'âme ont trouvé leur pansement et mes pannes de lecture sont maintenant écartées. Ou bien je vais franchement mieux, ou bien je ne tombe que sur des livres qui sont divins et me rendent un grand service !

I feel light, c'est sûr !!!

 

 

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31kJVPvI2qL__SS500_Milana, 14 ans, s'est longtemps considérée heureuse et fière d'être indépendante et de pouvoir se débrouiller seule comme une grande. Toutefois, une semaine de vacances va tout bousculer car elle s'aperçoit soudain du bonheur procuré d'être cajolée, dorlottée, couvée... comme un poussin. Alors elle se questionne, non sa mère n'est pas une mère poule, elle a pour discours qu'il faut être prêt pour la guerre de la vie, drôle d'idée quand on a 14 ans et pas le sentiment d'avoir connu de galère, juste faire son lit, vider le lave-vaisselle, prendre ses rendez-vous chez le médecin. Être blindée pour le reste à venir n'est finalement pas si confortable, et Milana choisit d'entrer en grève et de retourner en enfance. Mais sa meilleure amie lui rappelle qu'elle fait fausse route : être poussin ne signifie pas régresser et virer paresseuse. C'est compliqué de grandir !

Milana invente alors un terme tout nouveau tout beau, et qui correspond à sa démarche : elle plonge directement dans l'adultance. En numéro 1 de sa liste, elle inscrit de partir visiter les soixante-seize châteaux au Luxembourg.  C'est plus qu'une initiation qui l'attend, c'est la rencontre avec elle-même, et d'autres surprises au tournant ! Toutefois, Milana pourra l'affirmer tout de go : « je comprends alors que je serai toujours là pour moi », c'est une certitude. Ce roman sur la quête d'identité peut être lu comme la remise en question d'une adolescente en pleine crise, mais c'est terriblement plus drôle, facétieux et intelligent. On oublie d'être agacée, on s'amuse davantage et on goûte avec bonheur au style virevoltant d'Audren. C'est farci de petites phrases qui font mouche, on s'en gave sans hésiter. Un régal. 

« Ma mère ne me protège pas. Elle m'élève. Elle m'aide à bien grandir. C'est le propre des mères, n'est-ce pas ? »

Puisque nous sommes toi, Audren
Ecole des loisirs, coll. Medium - 164 pages - 9€

l'avis de Gaëlle

 

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« Allongé dans le pré encore tout vibrant au soleil du jeune printemps, Paul regarde la cime du peuplier et les nuages, édredons frangés d'or, qui traversent un ciel d'un bleu à croire en ses rêves. »

51JTIuBP7SL__SS500_Apprendre à grandir, apprendre à accepter de laisser partir ce qu'on aime, apprendre tout court, toujours... L'amour en cage est ce petit roman qui vous dit tout, avec justesse, poésie, délicatesse et tendresse. Paul a onze ans, c'est un garçon de la terre, il vit à la ferme et il est fier de la tradition familiale. Au collège, pourtant, il comprend qu'être paysan passe pour une insulte. Il se renferme, puis se lie d'amitié avec Aïssatou qui arrive de Guinée. Elle est différente des autres, sa voix, son sourire, sa peau et ses baisers au goût de gingembre... C'est doux et velouté, comme un duvet d'oiseau.

Un jour, dans les champs, il trouve une petite pie qu'il décide d'apprivoiser. Mais plus le temps passe et plus Faranah manifeste le désir de voler toujours plus loin. Est-ce une preuve d'amour de retenir ce à quoi on tient, parce qu'on a peur, parce qu'on ne veut pas souffrir, parce qu'on prétend aimer, donc protéger ? Mais empêcher, ça n'est pas de l'amour. « Tu la perdras encore plus si tu l'empêches d'être libre... » C'est un avertissement, un signal qu'il ne faut pas mélanger l'amour et la liberté. Aimer, c'est aider. C'est pousser. C'est faire quitter le nid. C'est donner des ailes. L'amour ne se met pas en cage.

Voici l'exemple concret qu'un roman peut simplement, en 90 pages, raconter une histoire capable de déclencher un grand impact émotionnel. Absolument magnifique.   

« Dès ta naissance, je savais que tu partirais, toutes les mères le savent. Elles l'acceptent, elles s'y préparent, c'est dans l'ordre des choses que les enfants ouvrent leurs ailes... »

L'amour en cage, Maryvonne Rippert
Seuil jeunesse, coll. Chapitre - 90 pages - 7,50€
A partir de 10 ans.

Illustration couverture : Olivier Tallec

 

 

l'avis de gaëlle !

 

Lend me yours wings and teach me how to fly.
Show me when it rains, the place you go to hide.
And the curtains draw again and bow - another day ends.
The leaves applaud the wind.

10 décembre 2008

Il y a du divorce dans l'air...

((c'est une chanson que ma fille aime, grr, et elle voulait aller au spectacle !))

Je n'ai pas la prétention d'être le mentor de ma fille, mais j'ai toujours cherché à influencer ses choix et ses goûts. Je sais, c'est mal. Je dois lui lâcher la grappe, et résultat je deviens spectatrice d'une véritable débauche. La Miss a toujours cultivé un penchant pour le rose, le pailleté, le clinquant et le cruche. Elle est par exemple une très grande fan de Charlotte aux fraises, oui même à 8 ans, il n'y a pas d'âge... après tout ?

51RvwuGlYgL__SS500_Aussi n'a-t-elle pas sauté de joie lorsqu'elle a reçu ce livre qui ressemble à une bande dessinée, mettant en scène son héroïne préférée et tous ses meilleurs amis. Chaque double page raconte une aventure particulière, de Clafoutis et Pralinette, Crêpe Suzette qui aide à fabriquer une robe, ou préparer les citrouilles d'Halloween avec Coco-Berry, et se balader avec Margot Abricot, ou visiter le Pays des Neiges... Entre nous, c'est la Miss qui en parle le mieux, elle connaît tout sur le bout de doigts et elle veut m'initier à cet univers, mais naaan. Je lui raconte qu'en mon jeune temps moi aussi je connaissais Charlotte aux Fraises, ou Fraisinette (sic), et à l'époque elle était drôlement jolie avec sa petite robe (contre l'actuelle paire de blue-jeans, quelle honte !). Il y a un petit billet ici, pour vous rappeller cette anecdote... Pour les mamans d'aujourd'hui qui ont également grandi avec notre petite Charlotte, j'ai enfin trouvé un livre qui a su respecter le bon code esthétique. Nan mais !

Toucan jeunesse / 9,50€

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Le clash entre la Miss et moi n'est pas nouveau, et j'ai pu le constater au récent Salon du livre pou41wW697Jx_L__SS500_r la jeunesse à Montreuil. Nos pas ne nous guidaient jamais dans la même direction, alors que personnellement j'étais attirée par les belles couvertures et les illustrations magiques, la Miss flânait et hésitait. Elle a failli dévaliser le stand de la Princesse Zélina. J'ai vu aussi ses prunelles briller de mille feux devant le stand (tout au fond, dans un coin du salon) de nintendo ! Elle ne l'a pas loupé, celui-là... Elle s'est finalement payée un super défi de filles : A toi de devenir baby-sitter (une collection chez Lito qui coûte une broutille). Le principe est simple : c'est un livre dont vous êtes le héros, et le challenge ici consiste à devenir une excellente baby-sitter en sachant prendre toujours les bonnes décisions. Je peux vous dire que sur le chemin de retour je n'ai pas entendu un mot de la bouche de la demoiselle, tant elle était plongée dans son livre ! Il y a eu quelques gloussements de rire, mais c'est tout. Elle s'est vraiment régalée.
Par contre, l'aventure est rapide et la Miss a bouclé sa lecture dans la soirée. Elle a tenté l'expérience une deuxième fois, pour le fun. Je crains que cela s'arrête là... Argh, c'est frustrant (pour elle) !

Lito - 3,50€

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514G5KRADTL__SS400_Toujours dans ce même salon, la Miss a pourtant fait une très belle rencontre... avec Benjamin Chaud, le papa de la fée coquillette. C'était sa toute première dédicace, elle était rondement fière. Depuis son livre occupe une place très importante près de son lit !

L'adorable fée coquillette rencontre le roi Mike, un lion qui désespère d'être aimé en retour par Norma, la girafe vendeuse de bonbons. Mais l'amour ne se commande pas, aussi la fée Coquillette va trouver un autre moyen pour calmer le chagrin et la rage de Mike, un lion qui croyait avoir tout pour être heureux. En chantant le blues tout en traversant le pays sans un sou, il va se libérer de son matérialisme et de ses caprices. Et qui ne nous dit pas que l'amour est peut-être au bout du chemin ??? Ce serait une juste récompense !

C'est vraiment mignon, tout doux et réconfortant. Il existe d'autres titres dans cette collection. C'est un peu jeune pour ma fille, mais c'est tellement adorable...

Albin Michel jeunesse / 12€

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Et cerise sur le gâteau...   Après Disney, c'est au tour de Mattel de s'inspirer du Conte de Noël de Dickens en mettant en scène sa blonde héroïne dans une fable sur la générosité et le partage. Barbie tient donc le rôle d'Eden Starling, la diva d'une grande beauté d'un théâtre de Londres à l'époque victorienne. Elle ne pense qu'à elle et oblige tous les artistes du théâtre à répéter le jour de Noël. Trois esprits de Noël devront entraîner Eden dans un périple enchanteur (le passé, le présent et le futur) pour ouvrir son coeur et lui faire découvrir l'esprit du temps des fêtes et la joie engendrée par la générosité.

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Bien sûr, ma fille est fan ! Elle a même inscrit sur sa lettre au père noël deux albums de chez Jungle kids (connais pas, mais c'est nouveau... et cela édite en format bd les gros succès tv, comme les Simpsons, Totally Spies, Jamie et Fred, Koh Lanta... !). Donc deux albums de Barbie : Enquête au château et Aventures aux Caraïbes. Je ne dis rien, je ne dis rien... J'étais moi-même inscrite au Club Barbie, j'ai aussi dévoré des albums avec miss Mattel et j'avais une graaaande collection de poupées. Je comprends maintenant de qui elle a hérité ses affinités ! :))

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Et vos enfants à vous ont-ils aussi des goûts qui ne sont pas les vôtres ? Ou avez-vous également des secrets honteux à avouer ... (mais qui forgent notre parcours de lecteur, voyons!) ?

1 décembre 2008

Très cher Hugh Grant,

Je vais te suggérer un gentil conseil : quitte New York et rentre de suite en Angleterre, ton pays ! Au moins tu sais choisir tes comédies qui sont beaucoup plus drôles et enlevées... cela t'évitera de me servir une autre soupe, du genre : (en vf : le come-back)

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Je suis bon public, je t'assure. Mais franchement je n'ai pas su apprécier ce film, malgré tes déhanchés très sexy ! Ce fut assez drôle mais pas assez pour me faire tomber à la renverse, et même côté romance... bah on repassera. Ton joli duo avec Drew Barrymore n'a pas fait mouche, pas du tout de quoi se pâmer.

C'est terrible, n'est-ce pas ? Moi-même je n'en revenais pas. Et je n'arrêtais pas de regarder l'horloge pour compter le temps qu'il me restait... grrr. Sur ce, on va dire qu'on oublie et qu'on se retrouve bientôt. Ok ?

Love, XOXO

Le Come-back, un film de Marc Lawrence (2007)
pas terrible du tout !

Télé Ciné Obs : il manque à cette comédie romantique finalement très conventionnelle le petit grain de folie qui lui aurait permis de décoller pour de bon.
Je suis entièrement d'accord !!!

1 décembre 2008

Il était une fois un chat assassin

J'ai le syndrome d'Ally McBeal, car en même temps que je lisais les aventures de Tuffy le chat, j'entendais Barry White chanter dans ma tête ! Mais cela colle plutôt bien, surtout quand on a une petite idée de la personnalité de Tuffy.

journalchatassassincouvertureC'est un chat assassin, oui. Son journal raconte sa semaine mortifère. Lundi, c'est l'oiseau qui tombe dans sa gorge. Mercredi, c'est une souris morte qu'il ramène sur le tapis du salon. Et jeudi, c'est Thump. Il s'agit du lapin des voisins, et là Ellie et sa famille n'en peuvent plus. Tuffy est jugé de lapincide par préméditation, et ça va barder pour lui. Pourtant le chat plaide non-coupable et nous l'explique avec flegme et humour dans son journal qui remporte un gros succès auprès du jeune lectorat (et du grand, aussi !!!). C'est raconté avec un tel mauvais esprit, une mauvaise foi évidente, et pourtant ce n'est jamais abominable ou répréhensible. On savoure, on déguste et on plaindrait presque ce pauvre Tuffy, victime malgré lui d'un concours de circonstances qui se dévoile au fil des pages.

Il faut lire les apartés du chat et de ses compagnons, lesquels rapportent les péripéties des humains avec un regard porté sur notre espèce tout à fait grotesque et pathétique. C'est du vrai humour en fine bouche, ça fait friser les poils des moustaches !

Et le succès aidant, il existe une suite : Le chat assassin, le retour. Cette fois-ci, Tuffy est aux prises avec le Pasteur Barnham qui ne l'aime pas du tout et le lui rend bien. La famille d'Ellie est partie en vacances, le chat reste à demeure, pensant se payer une bonne tranche de plaisir (farnienter, commettre des menus délits, être libre). Or, son 'chat-sitter' est un monsieur redoutable et pas très sympa. Il préférerait la délicieuse Mélanie qui aime sa jolie fourure toute douce... mais les choses se compliquent aussi.

41lKdXeCv1L__SS500_Et cerise sur le gâteau, un troisième livre vient de paraître : La vengeance du chat assassin. On n'arrête pas la machine en marche et ce serait bêta de bouder son plaisir à replonger dans les aventures de Tuffy. Quel chat ! Cette fois, l'animal s'en prend à la mère d'Ellie et la flagellerait bien sur place avec son regard noir et son air renfrogné. Mais la dame trouve son minois adorable et prend un cliché qui finira en portrait accroché au mur. Horreur et damnation. Toutes griffes dehors, la tronçonneuse de la rebellion passe à l'action et sabote le portrait. Le massacre ne fait que commencer et la guerre des nerfs est déclarée. A ce petit jeu, on devine Tuffy expert et gagnant. C'est un redoutable adversaire, la mère d'Ellie a la malchance de vouloir exprimer son Art (peinture, poterie, etc.). Cela n'est pas du goût de notre chat assassin ... jusqu'à l'arrivée inopinée d'un autre allié, dans cette bagarre. Les pions sont maintenant chamboulés. Et Tuffy n'apprécie pas du tout, mais alors pas du tout, d'être manipulé par ce grossier personnage. Sa vengeance promet d'être vicieuse, espiègle et hilarante !

Naturellement c'est tellement drôle et décalé, on sourit de bout et bout, on ne gobe pas une miette des propos de Tuffy. Ce chat veut donner l'impression d'être un saint avec l'auréole qui brille au-dessus de la tête. Ce n'est qu'une image polie et arrangée. En vérité, Tuffy est rusé, roublard et menteur. Il agit pour son seul profit, d'où sa belle pirouette en fin de roman. Il en sort comme un grand seigneur, surtout aux yeux d'Elie la nouille (comme il la décrit), mais en fait ça le chiffonne d'avoir accompli ce qu'on attendait de lui. Car ce n'est pas dans ses principes... On s'en doute ! Un autre round serait-il en écriture ?

N'attendez plus de faire la connaissance avec le caustique chat assassin ! Tuffy va vous en conter de toutes les couleurs, c'est désopilant. On apprécie le second degré de son journal, et les illustrations de Véronique Deiss entrent littéralement en communion avec le style mordant d'Anne Fine. Il n'y a pas d'âge pour savourer !

Journal du chat assassin - 1997
Le chat assassin, le retour - 2006
La vengeance du chat assassin - 2008

Ecole des Loisirs - 75 pages - de 7 à 8,50€

 

30 novembre 2008

Ciao Novembre !

Pourquoi faut-il que l’on fasse des promesses
Je te jure que le temps les renverse
Il emporte avec lui les plus belles images
Dévalise les saisons comme on tourne les pages

J’aimerais récolter les plus belles histoires
En plaquant des accords sur le manche de ma guitare
Mais le temps qui de temps en temps oui le temps qui brille
Comme une étoile

Pourquoi traduire les mots les plus tendres
Toucher du bois quand on manque de bol
Pour adoucir le mois de novembre
Les volets qui claquent et les détails qui clochent

Et le temps qui de temps en temps oui le temps qui brille
Comme une étoile

J’aimerais emprunter le chemin des rêveurs
Ajuster mes adieux à des « au revoir »
A bientôt rendez-vous aux couleurs de l’automne
Essayons d’être heureux du moins jusqu’à ce soir

Mais le temps qui de temps en temps oui le temps qui brille
Comme une étoile
Le temps qui de temps en temps, le temps qui brille
Oui le temps qui de temps en temps, oui le temps qui brille

Les jours s’abritent dans les manteaux d’hiver
Et dispersent dans le vent, tout ce qui dure
Pourquoi faut-il que l’on fasse des promesses
Ceux qui s’endorment comme des toiles accrochées sur les murs

* Constance Amiot *

Fairytale - Constance Amiot : cd à 6.99€

Une voix teintée de blues. Des doigts tissant des airs folks sur une guitare sèche. Constance Amiot accorde les cases de ces différents genres pour créer des chansons où l'intimité le dispute au partage. Ces musiciens cheminent à ses côtés portant avec elle mélancolie et joie sereine.

Musicienne, auteur-compositeur, Constance possède en partage deux vies : américaine à Washington DC, française à Paris. Deux univers qui ont favorisé son goût pour la rencontre et le voyage. Musiciens et collaborateurs variés l'accompagnent sur son premier album et témoignent de son désir d'échange et de partage.

--) Ce n'est pas moi qui vous le dis... mais je n'en pense pas moins. Un disque à l'ambiance tranquille, qu'on cale dans le lecteur pour décompresser et mettre un frein aux émotions trop vives. Ce n'est pas pour remonter mon moral, c'est juste pour calmer mes angoisses. :)

Son site : http://www.constancemusic.com/

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Côté punchy, j'ai davantage opté pour du Britney ...

Il y a des personnes qui se détruisent et aiment ça. Il y en a d'autres qui dérapent ou pètent un boulon, mais cherchent à remonter à la surface. Dans ces cas-là je ne suis pas celle qui maintient la tête sous l'eau, mais plutôt le contraire. Et cette nana, connue pour ses nombreuses frasques, me fait cet effet. Je ne suis pas fan, mais je peux comprendre son sentiment d'avoir eu le monde à ses pieds, d'avoir joué à un jeu dangereux et de  n'avoir plus su le contrôler. Maintenant j'espère qu'on va passer à autre chose.

Je me dis que si la presse avait un peu fichu la paix à Marilyn, en son temps, peut-être n'aurait-elle pas trouvé refuge dans ses paradis artificiels ou aurait un jour tourné la page en comprenant qu'il y avait un peu d'amour autour d'elle, pas que des profiteurs et des suceurs de sang. Mais bon... on devient l'icône qu'on peut !

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28 novembre 2008

De Prada à l'enfer du shopping

Superficielle et légère, en ce moment, c'est moi ! Encore 2 jours et le mois de novembre pourra plier bagage. Yalla ! Ce mois me tue, et je ne sais plus où piocher mes remèdes magiques pour chasser les nuages noirs qui envahissent ma petite tête. A mon actif, j'ai choisi de regarder des comédies sans prétention.

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Je vais vous confier une chose : je suis une terre vierge en matière de chick-lit ! Je connais Bridget Jones, vu le film et lu le premier roman, mais c'est tout. J'ai longtemps pensé que j'étais un peu trop snob pour ce genre de lecture - mea culpa. Et j'imaginais à tort que c'était mal écrit, trop facile et déjà entendu. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !!!

Tout d'abord, je voulais jeter un oeil au roman de Lauren Weisberger. J'ai beaucoup aimé le film, je n'ai pas trop compris qu'on juge le personnage de Meryl Streep diabolique, non j'étais souvent de son côté, elle fait son job, elle est impitoyable mais parce qu'elle est aussi attendue au tournant, dans ce monde intraitable où règnent les diktats de l'apparence (éternellement jeune, innovatrice, et tendance). Bref, je n'ai rien du petit agneau en détresse... c'est bizarre. :/

Résultat : je n'ai pas réussi à mettre la main sur ce livre. Il est quelque part, perdu dans mes cartons, oui perdu (comme des centaines d'autres livres, je patauge en ce moment). A la place, j'ai opté pour ce bonbon rose.

41DHWCZA98L__SS500_L'accro du shopping, c'est Becky Bloomwood. Une londonienne de vingt-cinq ans, journaliste financière pour un magazine qui parle d'épargne et de budget. Un comble. La demoiselle a des factures de cartes de crédit plus longues que mes deux bras réunis, elle tente de se résoudre qu'il faut absolument qu'elle fasse des efforts. Limiter ses achats, contrôler ses dépenses, réfléchir avant de dégainer sa CB, résister aux offres de soldes. Mais c'est impossible. Et je la comprends. Souvent je me suis retrouvée dans son portrait. Et généralement je trouvais que c'était vraiment déraisonnable. Qu'elle était une dinde finie ! Mais qu'importe. J'ai beaucoup souri, vraiment trouvé dans ce livre un défouloir.

Naïve et immature, Becky n'en reste pas moins attachante et hilarante dans ses tentatives pour Dépenser Moins ou Gagner Plus. Plus d'une fois, je me suis surprise à éclater de rire ! Et n'oublions pas son flirt avec Luke Brandon, le patron d'une agence de relations publiques dans le secteur bancaire, un homme riche, intelligent, charmant et auréolé d'une touche mystérieuse et imposante... C'est craquant. Ce bonbon rose est à prescrire sitôt que vous sentez votre moral fléchir et tomber dans les chaussettes, j'ai testé : c'est radical ! 

 

Confessions d'une accro du shopping - Sophie Kinsella
Pocket, février 2006 - 366 pages - 6,80€
traduit de l'anglais par Isabelle Vassart

 

Vivement le film !

 

 

(sortie février 2009)

25 octobre 2008

Série : Le livre du temps, de Guillaume Prévost

Vient de paraître en poche (folio junior) :

517ZX_D_krL__SS500_Ce tome 1 d'une saga absolument passionnante ("Le livre des temps") est une introduction habile et pleine de promesses. On y fait la rencontre d'un adolescent taciturne qui deviendra le héros d'aventures incroyables. Samuel Faulkner, intrépide et futé, découvre l'étrange disparition de son père et l'existence d'une statuette qui permet de voyager à travers le temps. On passe du Moyen-Age à l'Egypte ancienne, on suit le garçon à la recherche d'indices, on trépigne d'en vouloir davantage, de connaître la prochaine destination et on se sentirait presque frustré d'être de retour dans le présent, où Samuel est confronté à des considérations de son âge.
Cette série est vraiment passionnante, riche en rebondissements, très bien écrite (l'auteur est prof d'histoire, donc il en connaît un rayon et nous balade à travers le passé en saupoudrant son récit d'informations précieuses et enrichissantes). A découvrir sans attendre !

Pour un billet plus complet, cliquez ici.

Gallimard jeunesse, coll. Folio junior / 6,40€

3 novembre 2008

Noir américain - Armand Cabasson

Aux jeunes lecteurs, amateurs de la société américaine vue à travers les feuilletons et autres films, voici un recueil qui prolongera ce goût prononcé pour une culture où la violence trop souvent gratuite s'étale dans un quotidien sans peur ni reproche. En bref, c'est cru, c'est violent, c'est noir. Sans appel, et pourtant fascinant.

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Dix nouvelles composent ce recueil d'Armand Cabasson, dont j'avais déjà lu (dans cette même collection) Par l'épée et le sabre l'an dernier. Dans Noir Américain, on croise d'abord une petite fille et son monstre Grapp qui se met en colère contre l'homme qui partage la vie de sa maman, parce que c'en est assez que cet individu soit méchant avec Jenny et qu'il est temps de le supprimer...
Un employé pas du tout modèle est las d'être harcelé par son supérieur par la faute de son manque de zèle. Ses chiffres de vente dans son secteur de l'automobile sont lamentables et n'atteignent pas le quota exigé. Il sent qu'il plonge dans le grand vide, quand un soir dans une station-service il est otage malgré lui d'un braquage. Un brusque instinct s'éveille en lui mais réveille d'autres démons...
Sur une route qui mène à Los Angeles, en pleine nuit, Will est au volant de son break et roule comme un abruti. Il allume la radio et entend la voix de Michka - éraillée, bizarrement à la fois sûre d'elle et légèrement teintée de fragilité. Il est fasciné par ses discours, il est incapable de changer de station et les heures défilent. Le but de son voyage est précis, particulier. Vengeur. Et peut-être une voix nocturne lui fera chasser ses démons qui le rongent depuis sept ans...
Louis est un monstre, dans le sens où il a été victime d'un grave accident de voiture quand il était enfant et en a gardé des séquelles au visage. Mal-voyant, il vit dans la solitude et noue très peu de contact avec l'extérieur, jusqu'à sa rencontre avec Shelley, la très belle et envoûtante Shelley. Elle s'invite chez lui, le séduit et se révèle machiavélique. Mais qui a dit que tel est pris qui croyait prendre ? ...
Le shérif d'une petite bourgade a toujours rêvé devenir agent du FBI. A la place, il n'est qu'un sous-fifre dans une petite ville de l'Amérique profonde. Quand un crime crapuleux est commis dans sa circonscription, le type saute à pieds joints pour accueillir la grosse artillerie qui arrive avec tambour et trompettes, la presse à ses trousses, vraiment le genre super-star-aux-lunettes-noires. Or, notre homme tombe de haut lorsque l'agent du FBI le traite avec mépris. Il serait temps de remettre les pendules à l'heure et de couper l'herbe sous le pied de ce supposé Superman...

Et d'autres histoires suivent et ne se ressemblent pas. On a souvent l'impression de voir un bout de scène tiré d'un feuilleton ou d'une série tv policière. Il y a des crimes et des enquêtes, des flics au bout du rouleau ou à la logique implacable, mais aussi des portraits de tueurs à la recherche de la rédemption. On croise aussi des démons et des revenants, mais sans que cela prête à confusion (on ne franchit jamais les frontières au-delà du réel, Scully et Mulder restent dans le petit écran).
C'est peut-être rasoir de penser ainsi, mais j'ai eu le sentiment tenace de lire dans ses nouvelles un condensé de tout ce qu'on nous abreuve à la télévision pour nous présenter la société américaine. On passe du thriller au polar psychologique, on évoque la violence et la justice toute-puissante. Alors oui le rêve tourne au cauchemar, on peut être Monsieur Tout-le-monde et devenir demain criminel. C'est tout et c'est assez tragique, mais le rendu de ce recueil est brillant, d'un beau noir nacré qui vous éblouit presque.
A tenter ! Pour grands ados et adultes.

Ed. Thierry Magnier, octobre 2008 - 173 pages - 9,50€

A ce propos, voici un programme à vous conseiller : "Rachid au Texas"

 


Bande Annonce Rachid au Texas (France 4)

 

C'est un road-movie dans lequel Rachid Djaïdani traverse le Texas à mobylette, la tête pleine de clichés (alimentés par la télévision, principalement !). C'est vraiment très drôle !

 

30 octobre 2008

Dracula l'héritier - Kate Cary

Septembre 1916. Un lieutenant blessé et complètement délirant arrive à l'hôpital de Purfleet. L'infirmière Mary Seward reconnaît aussitôt John Shaw. Elle se souvient de lui et sa jeune soeur Lily arrivant à Carfax Hall, quelques années auparavant, avec leur gouvernante d'origine roumaine, Antanasia, après la disparition de leurs parents.
Inquiète pour sa santé, Mary s'enhardit à lire le journal intime de John où elle découvre son supplice au coeur des tranchées françaises. Il était sous le commandement du Capitaine Quincey Harker, un type admiré et redouté à la fois. Cet homme errait souvent seul la nuit, pouvait se révéler intraitable mais c'est grâce à son dévouement si John Shaw est aujourd'hui en vie.
Toutefois, Mary éprouve une vive répulsion pour ce capitaine décrit en des termes monstrueux. Lorsqu'elle le rencontre pour la première fois, elle a pour instinct de protéger John et sa soeur. Celle-ci, totalement naïve et innocente, est tombée sous le charme ténébreux de Harker, rentré de France et résidant à Carfax Hall sous l'invitation de la jeune fille.
Avec John, enfin rétabli, Mary va vouloir repousser les fiançailles entre Lily et Quincey. Quand soudain, le couple disparaît...

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A l'instar de la couverture, l'histoire est véritablement opaque et oppressante. C'est effrayant, passionnel, sanguinolent et dramatique.  C'est dans la lignée de Bram Stoker, dont Kate Carry prétend revisiter le grand classique en imaginant une suite... originale et respectueuse. Quincey Harker, le personnage-clef, serait donc l'héritier de Dracula. Il a un plan, de séduction et d'accomplissement de lignée. On le découvre petit à petit, en s'enfonçant dans les couloirs glacials du château de Tepes en Transylvanie.
Et fidèle à sa source d'inspiration, ce récit est raconté par le biais de lettres et d'extraits de journaux.
J'ai beaucoup aimé. L'ambiance est fascinante, elle commence par le côté obscur et dans le paysage cauchemardesque de la guerre, la personnalité ambivalente de Quincey Harker apparaît en filigrane. Et puis, une espèce d'accalmie surgit en la figure de Lily, au charme évanescent. Elle est jeune, pure et candide. La présence de Harker à ses côtés réveille des torrents de désir, elle se sent prisonnière de cette attirance et n'hésite pas à le suivre jusqu'au bout de son aventure. Mais elle ne soupçonne pas un instant la facette cachée de son âme torturée, et à ce propos, j'admire la tournure des événéments lorsque les barricades s'élèvent de toutes parts et étouffent la belle ingénue.
En fait, le sentiment de menace plane de long en large, au cours de ces 300 pages. Et d'un autre côté, c'est incroyablement sensuel et sulfureux. La sexualité est inhérente au rapport d'haine et de fascination. Et plus précisément, l'érotisme. Avec le sang et la mort, ce sont les trois pôles fondateurs du vampirisme, qu'on retrouve dans ce roman (Dracula, L'héritier) publié en jeunesse mais ceci ne doit pas freiner les élans de n'importe quel lecteur au-delà de 14 ans.   
Une suite vient de paraître : Dracula, La rédemption. Faites comme moi : n'attendez plus !

Milan, mars 2008 - 318 pages - 9,50 €
traduit de l'anglais par Emmanuelle Pingault
dès 14 ans

30 septembre 2008

La Promenade des Russes - Véronique Olmi

Sonietchka, treize ans, vit seule avec sa grand-mère Macha, rue Rossini à Nice. Cette dernière, née en 1901, se prétend être la seule survivante (encore en vie) de la Révolution Bolchévique et ainsi tout connaître du mystère Anastasia, la princesse disparue. Elle écrit de longues lettres au directeur d'Historia, les récite à voix haute à sa petite-fille, il faut qu'elle comprenne tout, qu'elle la soutienne et l'escorte pour se rendre à la Poste. Elles s'y rendent donc, à un train d'escargot, la grand-mère fière comme Artaban, la petite tétanisée et ennuyée de cette rengaine.

Ce qu'elle aimerait, c'est aller à la plage, profiter du soleil, se baigner, rêvasser sur un banc et non plus s'enfermer dans cet appartement sombre, encombré, qui sent la laque Elnet et la poudre de riz. Tout est dépassé, figé comme une image, Sonia a envie de tout chiffonner pour l'envoyer à la poubelle. Elle veut de la vie, de l'amour, un signe de tendresse. Sa mère est partie on-ne-sait-où, son père fait sa vie de son côté, seule reste sa grand-mère, trop protectrice. C'est la croix et la bannière pour mettre un pied hors du foyer. Un jour, elle ment et se rend en cachette à un rendez-vous fixé par Olga, sa mère.  C'est le point de départ d'une existence qui va foutre le camp.

L'histoire est racontée par l'adolescente de treize ans, ce qui donne beaucoup de fraîcheur, de légèreté, d'humour et de naïveté au récit. Cela masque le souci premier que présente l'intégration des étrangers dans un pays inconnu, pour Sonia c'est un problème voilé. Elle ne se sent pas russe, à l'instar de sa mère qui a choisi de fuir tout ce qui s'en approchait, elle ne se sent pas française non plus. Elle aurait aimé être une Camille Dubois, plus passe-partout, mais elle est Sonietchka, détentrice d'un flambeau que lui brandit sa Babouchka (et qui lui pèse franchement).

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La promenade des Russes n'est pas un roman historique, mais plutôt le parcours initiatique d'une demoiselle mal dans sa peau. Cela pourrait ressembler à une biographie romancée de l'enfance de Véronique Olmi, rien n'empêche d'y croire. Mais l'important n'est pas de savoir ce qui est vrai ou faux, inspiré ou fantasmé. On embarque facilement dans le coeur de ce récit, teinté de poésie, de blues, de drames familiaux, de grandeurs et décadences du royaume russe... On s'attache énormément à cette petite Sonia, une adolescente pas comme les autres, et qui le soir rêve dans son lit de se rendre à Manderley, à force de lire et relire Daphné du Maurier, dans le dos de sa grand-mère (vraiment une femme qu'on admire et qu'on ne comprend pas non plus). Elle est sèche, sévère, excessive, peut-être un peu toquée aussi.

On cernera mieux son histoire en ayant tout lu le roman,  pourquoi toutes les femmes de cette famille sont si vulnérables et comment le passage du relais, entre les générations, peut s'assurer sans peine ni heurts. Pour cela, le livre possède un charme secret qu'on ne soupçonne pas forcément à la première lecture, c'est simplement en laissant passer le temps qu'on se surprend à conserver une profonde tendresse et affection pour cette histoire (et pour les personnages !). Vraiment troublant, ce roman. Il est tourné vers la nostalgie, les non-dits, les secrets de famille, mais il n'est jamais morose pour autant. C'est un beau roman, pas facile à décortiquer mais on lui conserve, au chaud, un vrai sentiment de reconnaissance.

La promenade des Russes

Grasset, septembre 2008 - 248 pages - 16,90€

Véronique Olmi chez Auteurs TV (merci lily!)

9 mars 2015

Le Complexe d'Eden Bellwether, de Benjamin Wood

Le complexe d'Eden Bellwether

“Le Complexe d'Eden Bellwether” combine l'ambiance énigmatique à une intrigue perfide et redoutable, avec au cœur de l'action des jeunes gens huppés, batifolant sur les pelouses de King's College, et le narrateur, Max, simple aide-soignant dans une maison de retraite. Max obtient son droit d'entrée dans ce club élitiste grâce à sa relation naissante avec la jolie Iris, or celle-ci ne supporte plus les discours pompeux de son frère, Eden, un organiste virtuose, qui prône que la musique qu'il joue peut sauver des vies.

Ensemble, ils tentent de démontrer l'ineptie de ses propos, font appel au spécialiste des troubles de la personnalité, le Pr Herbert Crest, veulent alarmer la famille et l'entourage, qui ne se doutent pas que, sous le caractère narcissique d'Eden, se cache un esprit torturé, oscillant depuis des années entre le génie et la démence. Certes, ce roman m'aura fait instinctivement penser à celui de Donna Tartt, Le Maître des illusionsqui réunit lui aussi l'école prestigieuse, la manipulation, l'engrenage infernal, le mystère et le drame. 

J'ai beaucoup aimé me plonger dans ce monde raffiné, romantique mais désabusé, où l'histoire serait presque anecdotique tant le contexte est alléchant et divinement planté. Cet environnement guindé m'a plus que séduite, au point d'occulter la trame appliquée mais laborieuse, semblable à une course de fond désespérée. Dès lors, quelle force et quel toupet dans ce roman brillant et audacieux, qui peut surprendre et envoûter tout lecteur en quête de romans académiques dans la lignée « secret-history-esque ». 

Audiolib, février 2015 ♦ texte lu par Thierry Janssen (durée : 14h 41) 

Au micro, Thierry Janssen, qu'on ne présente plus, nous fait passer un moment exquis et guide avec talent le lecteur dans ce suspense où dialoguent réalité quotidienne et symboles éternels. Il a également enregistré pour Audiolib les romans de Lars Kepler et Fred Vargas, et aussi Sukkwan Island

 

Le complexe d'Eden Bellwether Wood

Roman traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Renaud Morin

PRIX DU ROMAN FNAC 2014

2 octobre 2008

Ghostgirl - Tonya Hurley

 

 

C'est la rentrée des classes et Charlotte Usher est déterminée à marquer cette année d'une pierre blanche. Elle ne veut plus être cette élève transparente, qui n'a pas d'amis et qu'on humilie pour le plaisir. Tout l'été elle a travaillé pour imiter Petula et les deux Wendy, les filles les plus populaires du lycée, et veut réussir à séduire l'objet de son affection - Damen. Elle croit en sa bonne étoile, mais ce premier jour signe aussi sa fin : elle meurt étouffée en mangeant un ourson en gélatine.

Devenue fantôme, Charlotte rejoint la classe des morts et apprend qu'elle doit accomplir un acte resté inachevé avant de basculer dans l'au-delà. Aucun doute possible pour l'adolescente, elle doit conquérir Damen et décrocher une invitation pour le bal. Devenir populaire. Obtenir tout ce qu'elle n'a jamais pu avoir de son vivant. Mais comment faire, surtout quand la seule personne capable de vous voir est Scarlet, la soeur de Pétula, accessoirement la petite amie de Damen !?

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Le roman en lui-même est très réussi (couverture, graphisme, pas mal de couleurs, de la fantaisie entre les chapitres, citations des plus grands auteurs anglo-saxons), pour cela le soin apporté au plaisir de la lecture est appréciable. Quant à l'histoire, c'est un autre dilemme. J'ai trouvé que c'était drôle, Charlotte est un sacré personnage, totalement obsédé par Damen, mais cela reste léger et plutôt indiqué à un jeune public, dès 12 ans par exemple. Le propos de vouloir exister aux yeux des autres est traité de façon pathétique pour commencer, puis avec énormément de dérision. On échappe à la farce grotesque, car Tonya Hurley (qui travaille dans le cinéma) (et oui, c'est la soeur de Liz) parvient brillamment à distiller de la fantaisie à ce qui ressemble fort à du flegme britannique !

Plon jeunesse, octobre 2008 - 326 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Myriam Borel

Le site : www.ghostgirl.fr

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(extrait)

20 septembre 2008

^ Les petits bobos de la vie ^

Certains d'entre vous se posent des questions sur la rubrique de Miss C. Que devient-elle ? La demoiselle, du haut de ses 8 ans, aurait-elle remisé ses lectures et autres conseils pour d'autres plaisirs terrestres ? Non. Non. La Miss lit toujours, ce n'est peut-être pas son occupation numéro 1 mais ça lui prend quelques trente minutes de son précieux temps, au moment du coucher, avant l'extinction des feux. Il faudra vous parler de ce qui la touche désormais, ce qui trouve de plus en plus grâce à ses yeux (le genre série kitsch, avec paillettes en couverture, le must !). Plus tard, ok.

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Pour le moment, nous allons vous présenter cette petite découverte, qui s'est offerte à nous. C'est une collection chez Grasset jeunesse, qui porte bien son nom : Les petits bobos de la vie.

Ce sont des petits livres, assez fins et joliment illustrés. Ils traitent de sujets qui touchent les bambins, cela part du divorce des parents à la maladie, l'exclusion due à une particularité physique ou l'absence du papa dans le quotidien de l'enfant... La collection compte 8 titres à ce jour, et voici les deux petits derniers.

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Ce sont deux sujets qui me touchaient. Et pour mieux en parler, je crois que nous allons verser dans la digression et ouvrir la porte de mon vrai chez-moi pour expliquer l'importance de ces livres. Dans le premier, T'es plus ma copine, on suit l'histoire de la petite Sarah qui s'est fâchée avec sa meilleure amie Catherine. Ce sont maux de ventre au matin, déconcentration à l'école, solitude et ennui qui se préparent pour la fillette. Elle cherche à renouer le dialogue avec Catherine, mais celle-ci la boude. C'est fini, t'es plus ma copine, patati patata.

Non ce n'est pas dramatique. Mais à 7 ans, par exemple, c'est la fin du monde ! J'en sais quelque chose. La Miss C. a une grande-excellente-meilleure amie de la Terre - Amélie. Elles sont inséparables depuis la maternelle. Elles ne se ressemblent pas, n'ont pas le même tempérament, et au début j'avais le sentiment que ma fille avait le plus besoin de cette amitié car Amélie abusait de réactions capricieuses (du genre, t'es plus ma copine) qui minaient le moral de la Miss. Je ne savais pas gérer la situation, elle non plus. Je voulais la dédramatiser mais mes ~ 30 ans et ses 5 ans ne faisaient pas bon ménage. Parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi une fois sur deux son amitié avec Amélie était remise en question. (Oui, pourquoi ?) Cela lui tenait à coeur, tandis que moi je lui disais que ce n'était pas bien grave (et je me trompais).

Aujourd'hui le problème est résolu : Miss C. et Amélie sont toujours des meilleures amies, il y a moins de tension entre elles, ou alors la Miss sait mieux les appréhender. Elle a gagné en assurance aussi, voire même en ascendance sur sa copine. Mais la phrase-qui-tue (t'es plus ma copine) a été parmi nos préoccupations durant les années scolaires de Grande Section et CP... Je suggère donc ce petit livre, pour les mamans qui sont à leur tour confrontées au souci ! Parce que vous allez vite comprendre que nous ne sommes que des courges, aux yeux de nos rejetons, devant une situation si puérile à nos yeux, mais si cruciale / vitale aux leurs !!! ;o)

Le deuxième titre est plus grave, je rigole moins. Mon chien est mort raconte la perte de l'animal domestique. Le petit garçon est malheureux, la nuit il pense à son chien, il est triste et ses parents cherchent à le consoler. Ce n'est pas facile non plus. Les saisons passent et l'enfant parvient à faire son deuil, à passer devant la tombe de son chien sans avoir envie de pleurer. Cette histoire est racontée avec des dessins uniquement, comme si ça se passait de commentaire. Il suffit de regarder, de réfléchir et de tracer sa propre logique qui conduit à la bonne conclusion.

Je ne vais pas vous cacher que c'est un sujet qui me hante. J'ai déjà perdu un chien, la Miss avait 3 ans 1/2.  Ce n'est pas elle qui a été frappée de chagrin, mais moi. Elle est un peu passée à côté, aussi. Ce n'est pas sa faute, elle n'avait pas grandi avec et c'était trop tard pour tisser un semblant de relation entre les deux. Mais moi j'ai eu mal. Maintenant nous avons un autre petit chien, la sauvage Anette, parure fauve & noir, oreilles dressées comme des orbites à l'appel du yaourt. Cette fois-ci, il y a un vrai quelque chose entre l'animal et elle - une paire de sottes, en clair ! C'est marrant à voir. (Lisez Rita & Machin, par exemple, vous comprendrez !!!!) J'espère juste que ce livre sera utilisé le plus tard possible !

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A bientôt les lecteurs pour d'autres aventures en livres !  :) 

Dr Eric Englebert / Illustrations de Claude K. Dubois
Collection Lampe de poche 7 ans et +
Série "Les Petits Bobos de La Vie"

T'es Plus Ma Copine / Mon Chien est Mort

48 pages, Illustrations couleur, couv. brochée - 5,90€

18 juillet 2008

Tokyo - Mo Hayder

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Qui est Grey ? Derrière la façade de l'étudiante anglaise, qui a tout plaqué pour venir à Tokyo et rencontrer un homme censé la renseigner sur un sujet qu'elle bûche depuis neuf ans, sept mois et une dizaine de jours, qui est-elle ? De prime abord, Grey est une jeune femme mystérieuse, mal fagotée, les cheveux plaqués derrière les oreilles, obnubilée par la guerre en Chine et le massacre de Nankin par l'armée japonaise. Sans argent ni bagages, Grey accepte d'être hébergée chez Jason, dans une vieille bicoque délabrée, et trouve un emploi d'hôtesse dans un club privé, le Some like it hot.

Ce ne sont pas ses charmes qu'elle offre, mais sa compagnie, sa prévenance à servir des verres, allumer des cigarettes et faire la conversation pour égayer des messieurs venus se distraire. Cela fait passer le temps, car elle espère toujours que son professeur Shi Chongming change d'avis et accepte de la revoir pour négocier ce qu'elle attend de lui. C'est alors que celui-ci fait volte-face et propose de monnayer le précieux film qu'elle brûle d'avoir contre un autre objet de sa convoitise. Objet non identifié, bien sûr. Chongming sait d'avance que Grey parviendra à mettre la main dessus, mais où ? Dans l'antre de l'enfer. Elle doit se faufiler chez un redoutable yakuza, client du Some Like It Hot, un dénommé Junzo Fuyuki, bloqué dans son fauteuil roulant et toujours affublé de sa Nurse, une personne étrange au physique tout aussi impressionnant.

Entre-temps, se mêle le récit d'un journal intime rapportant le sinistre désastre de l'automne 1937 à Nankin. C'est dans ce sombre décorum qu'on s'enfonce en retenant tantôt un hoquet de dégoût ou en haussant les sourcils de stupéfaction. Le livre peut mériter toutes les appelations, il n'en demeure pas moins bluffant. Accroché aux basques de la jeune héroïne, on découvre les travers d'un Tokyo malsain, où fleurissent la transgression, la perversité et la sensualité. Et croyez-le ou non, mais impossible de décrocher !

Cette histoire est fascinante, derrière son goût de l'interdit et de l'horreur. Je ne vous cache pas qu'au début j'ai eu un peu de mal, j'étais dégoûtée, non pas par l'atmosphère poisseuse, mais plutôt par la personnalité complexe de Grey. Son jeu d'effarouchée est inquiétant, limite agaçant. (On comprend mieux après de longs, longs chapitres, mais en attendant il faut serrer les dents.) J'ai craint aussi le pire avec l'introduction de la pègre nippone, du club privé (la propriétaire a remporté toute ma sympathie, derrière sa pâle imitation de Marilyn), des locataires russes dans la grande maison abandonnée, et "du pas de deux sophistiqué" avec Jason (personnage encore plus tordu que Grey !). Or, finalement, tout se place plutôt bien, comme des morceaux de puzzle.

J'ai été séduite par Tokyo, mais j'admets que c'est un roman qui peut déconcerter. Sa violence sournoise gronde longtemps avant de nous exploser dans les dernières pages, et les révélations de cette intrigue nouée sont assommantes. C'est tout à fait le genre de lecture qui ne nous épargne pas... (à lire, donc !)       

 

Tokyo

Presses de la Cité, 2005 - traduit par Hubert Tézenas

Pocket, 2007 - 475 pages.

Je me rappelle combien Tatiana avait été scotchée par ce livre...

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