Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chez Clarabel
Publicité
2 août 2008

Crime au Moulin vert - Kerry Greenwood

La nouvelle enquête de Phryne Fisher commence dans un dancing, au Moulin vert, où un assassinat vient d'être commis lors d'un marathon de danse. C'est son cavalier, Charles Freeman, qui est le principal suspect de l'affaire. Mais la mère de celui-ci, "rien qu'évanouissements et sels en apparence, mais de l'acide prussique pur au-dessous", supplie Phryne de prouver le contraire. Or, il faut d'abord mettre la main sur le fuyard ; le soir du crime, sitôt aperçu le cadavre, Charles s'est porté pâle et a prétexté se rafraîchir aux toilettes avant de prendre la poudre d'escampette.
Dans ce nouveau volume, Phryne va s'étourdir de jazz (dans les bras d'un joueur de banjo) et s'envoler à bord de son intrépide Gipsy Moth pour le bush australien. Folle ambiance d'un côté, milieu âpre et plus aventurier pour la suite... C'est la cinquième enquête de Phryne Fisher, exubérante et fantasque, amoureuse inaccomplie mais croqueuse d'hommes. C'est vrai que cette série mérite son intérêt par sa peinture exceptionnelle - ambiance des années folles à Melbourne - et par son héroïne attachante et pleine de punch. L'intrigue policière est charmante, l'impression de lecture légère, féminine et tourbillonnante.
Je suis définitivement accro !

IMGP5929

Editions 10/18, juillet 2008 (pour la traduction française) - 280 pages

traduit de l'anglais par Pascale Haas

Les autres titres de la série

  1. Cocaïne et tralala

  2. Trafic de haut vol

  3. Un train pour Ballarat

  4. Phryne et les anarchistes

Publicité
28 juillet 2008

Far-Ouest - Fanny Brucker

Ce livre et moi, c'est une histoire de je-t'aime-moi-non plus. Au début, bof je n'étais pas follement séduite, j'étais assez perplexe et je pensais que cela allait traîner en longueur. L'héroïne profite d'un héritage pour adopter un chien, un bâtard à la sale gueule, pas propre du tout et mauvais bougre qui boude sur le canapé ou se soulage sur le tapis marocain. Allons donc... Sixtine ne veut pas être découragée et guette le moindre soupçon de "vie" chez ce chien amorphe. L'étincelle va surgir, heureusement car je n'étais pas loin de désespérer au même titre que la jeune femme. Allait-on encore ingurgiter un nombre de pages conséquent sur la difficulté d'apprivoiser une âme en peine, surtout lorsqu'on est soi-même une "sauvage" libre d'attaches.

Pourtant je suis une vraie dingue de chiens et j'étais disposée à me couler dans ce livre. Résultat, il m'a fallu 200 pages pour me rendre compte - enfin - que j'étais conquise et que j'avais une grande, grande tendresse pour Sixtine, son chien Dalton et Jeanne Diamond. Ah tiens, un nouveau personnage est entré en scène ? Oui, il s'agit de la soeur aînée, âgée de soixante ans, elle vient de perdre son mari richissime et a choisi, sur un coup de tête, de quitter New York pour gagner le pays de l'huître y soigner son alcoolisme, oups, non ... en fait, elle cherche sa soeur, Sixtine.

Cela fait bien quatre décennies que les frangines se sont quittées. Autant dire, une éternité. C'est bien simple, elles ne se connaissent pas. D'ailleurs, à force de parcourir la Charente Maritime pour mettre la main sur sa petite soeur, Jeanne fait quelques constatations : les villages sont petits et perdus, pas une carte routière ne les recense. Les rares amis de Sixtine sont étonnés d'apprendre l'existence de Jeanne et ne savent pas où elle a plié bagages (en fait, un van lui sert de sauve-qui-peut). Sixtine est une solitaire, qui loue des maisons à vendre et fait des petits boulots. C'est comme le furet, elle court, elle court, elle est passée par ici et elle repassera par là. Mais que fuit-elle ?

Jeanne et Sixtine vont-elles entrer en orbite, se télescoper ? Le roman va jouer sur cette attente, ce n'est pas le gros suspense du siècle, et pour patienter l'histoire nous apporte quelques miettes. Parce que vous ne voulez pas savoir pourquoi Jeanne recherche sa soeur, et quel âge a Sixtine, que s'est-il passé dans sa vie, et pourquoi a-t-elle choisi de rester libre et disponible, pour refuser la monotonie ? Et Jeanne aussi est une sacrée bonne femme, qu'on devine aisément fragile et blessée par le passé. Mais tout ça, il faudra du temps pour le comprendre...

Pour l'instant, on nous explique que pour l'une : Dalton était devenu un prétexte de bonheur. Ce que Sixtine n'aurait pas fait pour elle-même, elle le faisait pour Dalton. Et pour l'autre, elle n'avait pas spécialement envie de retrouver Sixtine, mais sa recherche lui donnait l'occasion de se distraire et d'apprendre à vivre, seule, pour elle-même.

Pfiou. Ne croyez pas que ce soit laborieux, au début peut-être, mais ensuite c'est du bonheur en barre ! Gratouillez la couche d'épaisseur et coulez tranquille. Lecture sensible, délicate et assez subtile... Le charme opère, je vous assure, il faut juste être patient ! (Et vous ne le regretterez pas !)    

IMGP5897

Far-Ouest, de Fanny Brucker (1er roman)

JC Lattès, janvier 2008 - 305 pages - 17€

D'autres avis : Cathulu et Cuné ont aimé, aussi (et vous donnent le goût des chouquettes!)

5 juin 2008

Je veux vivre - Jenny Downham

Depuis quatre ans, Tessa vit avec la maladie - une leucémie contre laquelle elle ne bataille plus car elle se sait condamnée. Elle n'a que seize ans et ressent de la colère. Entre les jours à rester dans son lit, sans bouger ni envie de sortir, et les moments où elle veut croquer la vie à pleines dents, Tessa a dressé une liste de dix choses à accomplir avant de mourir. Ce sont des trucs que doivent vivre toutes les adolescentes normales, selon elle : braver l'interdit, prendre de la drogue, conduire sans permis et faire l'amour ! Avec sa meilleure amie Zoey, Tessa a choisi de cocher un par un les points de sa liste, au gré de sa santé qui lui joue des tours, de son corps qui flanche et des sonneries d'alarme. Son temps est compté, la jeune fille sait qu'il faut faire vite. Brûler la vie par les deux bouts pour se sentir en vie.

IMGP5583

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ressent toute la véhémence de la jeune fille atteinte de leucémie, très lucide sur son sort. Oui, c'est de la colère qui transpire de ce texte, une envie de hurler et de saccager tout. Tessa, seize ans, nous embarque dans ses délires, elle est totalement incontrôlable, assez énervante et capricieuse, mais touchante aussi. On comprend que ses réelles motivations sont masquées par la trouille. Peur de mourir, peur d'être seule. C'est un beau portrait tout en ambiguité qui ressort de ce livre. On n'échappe pas au pathos, en un final assez longuet qui gâche un peu l'absence de sensationnalisme, ou ce que j'avais ressenti comme étant exempt de toute volonté de s'étaler. Une adolescente de seize ans, condamnée à mourir, ne veut pas dire non et elle se bat. C'est un cri de vie et d'amour. Et puis paf, les vingt dernières pages font traîner les adieux, la séparation, l'inévitable. Oui, c'est très émouvant, mais c'est aussi un peu "too much" à mon goût. Néanmoins, au coeur de toutes ces pages marquées par la maladie, une belle histoire d'amour pointe son nez et apparaît telle une superbe parenthèse, de même la relation entre le père et la fille est juste tout simplement bouleversante, très poignante. Cela change des schémas classiques, et c'est bien. Un très bon livre, émouvant et sensible.  

Il existe deux éditions pour ce roman : pour la jeunesse et pour les adultes. Car c'est un livre destiné à tous, et qui clame un grand SOS.

Plon, juin 2008 - 390 pages - 17€

Traduit de l'anglais par Aleth Paluel-Marmont - titre vo : Before I die.

A été lu aussi par Miss Brownie et par Mélanie (Book in)

9 mai 2008

Coups bas et talons hauts - Tonie Behar

coups_bas_et_talons_hautsVif, tonique et enlevé, le roman de Tonie Behar s'apprécie sans fin (faim) ! Attachée de presse dans l'agence de relations publiques de la très respectée Annick Bondy, Dahlia Arditi est belle, intelligente et bosseuse. Mais rien n'est acquis au sein de cette équipe féminine et hyper glamour, surtout lorsqu'on a pour concurrente la sculpturale Chloé de Lignan qui baigne dans le milieu du luxe depuis toujours. Chloé est son cauchemar personnel, sa Cruella perfide qui lui met des bâtons dans les roues et aime tirer la couverture à elle toute seule.

Un soir de novembre pluvieux, Dahlia est agressée dans la rue par un individu qui veut lui voler son sac quand un mystérieux Zorro surgit de nulle part et vole à son secours. Les choses en resteront là, puis six mois passent et Dahlia retrouve son Chevalier Servant au bras de son ennemie jurée... Chloé ! Vous imaginez la suite ? Petits coups bas, mesquinerie féminine, séduction folle et grandes scènes de tralala qui vous collent un sourire béat au visage, oui on mord à l'hameçon, avec un sens particulier de dégustation. Dahlia est une jeune femme délicieuse, qui aime séduire mais attend le grand amour. Elle a pour devise, au risque de déplaire, d'allumer mais de ne jamais éteindre ! Charmant.

J'ai trouvé dans la lecture de ce livre un véritable plaisir de divertissement, des clichés saturés, des ficelles grosses comme mes deux poings réunis, mais j'en demande encore ! Les vacances approchent, le beau temps est de retour, voici le livre idéal à glisser dans le sac de plage ou pour flâner dans un hamac ! A propos, préférez le terme "comédie romantique" à celui de chick-lit à la française (ou littérature de poulette), c'est beaucoup plus joli et tant pis si ça fait cucul la praline. Au moins, vous êtes déjà servi(e)s ! Bonne lecture à tou(te)s !

Mille mercis Tonie !

Editions JC Lattès, 2008 - 283 pages - 17,50 €

Illustration de couverture : Colonel Moutarde

www.comedieromantique.com

Les avis de Cathulu & Fashion

22 mai 2008

L'orphelinat des âmes perdues, tome 1 : Photo hantée - Stefan Petrucha & Thomas Pendleton

Photo_hanteeAu coeur d'une forêt noire, dans une propriété envahie d'herbes mortes, se dressait un manoir georgien à cinq étages. Imposant et inoccupé, la plupart de ses vitres brisées, il semblait s'accrocher aux nuages lourds qui tourbillonnaient dans le ciel de plus en plus sombre. En équilibre sur les colonnes, une corniche triangulaire portait à sa base des lettres à demi effacées : Orphelinat Lockwood, un nom tombé dans l'oubli, inutile, puisque le bâtiment, à l'image de ses anciens pensionnaires, paraissait désormais abandonné.

Quand la nuit et la pluie tombaient de concert, quand le vent et le tonnerre faisaient trembler les murs, les ténèbres qui régnaient dans les chambres éventrées prenaient une dimension merveilleuse, grandiose. Plus profondes que l'orage, plus profondes que la nuit qui s'avançait, elles enveloppaient absolument tout : les meubles couverts de moisissures, les jouets pourris et les livres d'école, le passé, la déchéance, et jusqu'aux rares plantes qui, au fil des ans, s'étaient infiltrées en ces lieux.

Mais les ténèbres ne sont jamais parfaites. Un petit cercle de lumière jaune se découpait dans l'énorme escalier du hall principal, telle une tache d'encre sur une feuille blanche. Le cercle lumineux descendait les marches une par une, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, comme si, une fois sûr d'être seul, il sentait le besoin d'accélérer...

Quatre silhouettes se retrouvent la nuit pour échanger des histoires, après le lancement de précieux osselets. Ce soir, c'est le tour d'Anne. De sa bouche, va sortir le conte terrifiant de l'âme perdue de Mandy.

Lycéenne sans histoire, Mandy a tout ce dont une adolescente de dix-sept ans peut rêver : l'amitié, l'amour, l'ambition, le monde à ses pieds... Toutefois, le meurtre sauvage d'une camarade de son école, Nicolette Bennington, vient semer la panique dans la petite ville d'Elmwood. Mandy et ses amies sont terrorisées. La police n'a aucune piste, tente de mener son enquête efficacement, tandis que l'hystérie collective enfle.

Mandy cherche à revoir son mode de vie en réfléchissant au sort de cette pauvre Nicki, dont le corps a été atrocement mutilé par ce type qu'on surnomme très vite le Sorcier. Dans le même temps, elle commence à recevoir des SMS anonymes, des emails menaçants, puis elle rencontre un jeune lycéen, Kyle, sur internet et correspond avec lui sur de nombreux tchats. Le climat de suspicion à Elmwood entraîne deux phénomènes : une méfiance excessive et/ou un besoin de décompresser en se lançant vers l'inconnu. Mandy opte pour un mélange des deux. La photo reçue sur le champ, à sa demande, rassure la lycéenne : Kevin a l'air tout à fait normal.

Quelle atmosphère ! Le prologue, déjà bien mystérieux, fait doucement pénétrer le lecteur dans un univers hors du temps avec ces quatre petites filles, Anne, Mary, Daphné et Shirley, qui errent dans un orphelinat désaffecté. Ambiance très 19ème siècle, un peu gothique, avec esprit fantôme et soirée au coin du feu à se raconter des histoires qui font peur. Et effectivement, ce premier conte des âmes perdues est absolument flippant.

Du moins, il ne nous surprend pas non plus car on devine très vite une part de l'intrigue. C'est simplement dans l'orchestration et la mise en scène de cette histoire qu'on retient notre souffle. On suit une lycéenne ordinaire, scotchée à ses machines modernes (ordinateur, portable, internet) qui la relient au monde extérieur (tchater avec ses amis), et c'est par le recours de ce portail ouvert sur le monde, à travers ces outils de conversation et ces sources d'amusement que le mal va s'immiscer.

Cette utilisation du banal pour distiller le doute puis l'horreur est une idée peu révolutionnaire mais efficace pour installer un climat inconfortable, nimbé de malaise et d'angoisse. Les dernières pages, par exemple, sont saisissantes. Avec une économie du détail, les auteurs ont su toucher en plein coeur de la cible. Et ce qui nous attend dépasse de très loin nos plus folles imaginations !

Editions du Masque, 2008. Coll. Msk, destinée aux 12 ans et plus. 210 pages. 10€

Traduit de l'anglais (américain) par Alexandre Boldrini. Titre vo : Lurker.

 

 

Bande-annonce trouvée sur le site officiel : http//wickeddead.com

Le livre 2 est déjà disponible : Ecoute...

Publicité
7 mai 2008

(sujet sensible)

journal_de_ma_soeurCe sont les vacances d'hiver et le départ pour une semaine de ski au Val d'Isère. Patrice et son père s'impatientent tandis que Julie, l'adolescente de 16 ans, traîne les pieds devant le lycée, où elle adresse ses adieux à sa bande d'amis. Au moment de les rejoindre, c'est le drame : Julie est renversée par un bus. La foudre s'abat sur la tête de Patrice, sa soeur est plongée dans un profond coma, ses jours sont en danger. Toutefois, le garçon est supposé "deviner", car il est tenu à l'écart par ses parents, dévastés par le chagrin. L'annonce du décès vient secouer la famille déjà désunie et Patrice se sent de plus en plus incompris et négligé. Seul, il ne sait pas à qui expliquer le poids de sa culpabilité, expliquer pourquoi il n'arrive plus à retenir la nourriture dans son corps, par exemple. Ses parents semblent totalement indifférents à son sort. Patrice ne s'entendait pas beaucoup avec Julie, du moins il pensait ne pas l'aimer mais son absence lui prouve le contraire. Il s'en veut désormais de n'avoir jamais pris le temps de lui dire combien il l'aimait, à sa manière.

Un texte délicat et sensible, sur le sujet de la mort et du deuil. Un travail simple et concis pour mieux aider à passer le cap, à continuer de vivre après la perte d'une personne qu'on aime. A conseiller aux plus jeunes, dès 10 ans.

Le Journal de ma soeur, Anne Poiré

Seuil jeunesse, 2008. Coll. Chapitre, 80 pages. 7,50€

**********

mes_yeux_mentheUn matin, Granny ne s'est pas réveillée. Et puis voilà. La maison de Nina s'est mise alors à flotter sur une mer agitée et remplie de larmes. Le temps passe et la maman de Nina continue de pleurer. Sa meilleure amie Jojo est venue à la rescousse, s'installe auprès d'elles et prend les rênes du foyer. Nina est remplie d'espoir, car Jojo, avec son accordéon, son chat Foufou et son fiancé Paolo, apporte un semblant de gaité et de bonne humeur. Toutefois, la maman de Nina ne va pas mieux, il a fallu vider l'appartement de Granny et la douleur est toujours aussi vive. Jojo s'inquiète et choisit d'emmener son amie en vacances... sans Nina. La fillette part rejoindre son père à la campagne, où il vit avec sa nouvelle femme et leur enfant de deux ans, Lola. Au début, Nina n'est pas à l'aise, puis elle s'attache à sa petite soeur et apprécie les efforts de son père. Bientôt elle retrouve sa maman, qui n'a plus les joues creuses, plus le nez dans les mouchoirs, n'est plus en boule sous la couette. Au contraire : avec Jojo, elle s'active pour la préparation du mariage de celle-ci.

Désolée de n'être pas très *gaie* dans mes choix de lecture, mais ce petit livre pourra vous étonner car il est plus souriant et plus guilleret qu'on ne pouvait le supposer. Le chagrin d'une maman est décrit à travers les yeux d'une petite fille de 8 ans et c'est plein d'amour, plein d'espoir. Peut-être la recette idéale n'existe pas, mais on tire de ce livre la leçon suivante : la préciosité de l'amitié, le goût des crêpes et de la pizza, l'amour des siens, surtout ceux qu'on pensait vivre en "pays étranger" (or, rien ne change l'amour d'un papa, même s'il a refait sa vie !). Il y a un peu de passages très sensibles, mais ce n'est pas qui ce frappe ni ce qui ressort : non, c'est essentiellement la vitalité ! Les illustrations reflètent également cette tonicité mêlée de sensibilité. Un joli texte à la portée des plus jeunes.

Mes yeux menthe à l'eau, Agnès de Lestrade - illustrations de Violaine Leroy

Editions du Rouergue, 2008. Coll. ZigZag, 107 pages. 6,50 €

**********

parmi_nousEt si on imaginait ce qu'il se passe après ? si on supposait qu'il existait un entre-deux vers l'au-delà ? ... Cela donnerait une histoire de fantôme, comme dans ce roman de Marie-Hélène Delval. Anaïs est amoureuse d'Adrien. Elle l'appelle de tous ses vœux, lui crie son amour, mais il ne peut entendre sa voix, car elle et lui ne font plus partie du même monde... De là où elle est, elle suit, impuissante, la nouvelle idylle de son amoureux. Adrien l'a-t-il déjà oubliée, remplacée ?

Je me demandais si j'allais revivre le même déluge qu'avait inspiré la lecture du livre de Lisa Schroeder, car le sujet est très proche. Finalement, non. Ce court roman est accessible pour les plus jeunes (dès 10-11 ans) et aborde l'amour et la mort. C'est très émouvant mais juste un tantinet trop propre et retenu pour moi. Ou alors je suis trop "vieille" pour tomber dans le panneau. Cette lecture reste agréable, sensible et réserve de beaux chapitres sur la douleur du deuil, l'impuissance de tourner la page et l'acceptation de passer le flambeau à une autre personne. On tire une formidable leçon d'espoir en bout de course !

Parmi nous, Marie Hélène Delval

Bayard éditions jeunesse, 2008 /  Bayard Presse, Je bouquine, 2005. 90 pages - 5,80€

6 février 2008

On voit la vie en jaune (aujourd'hui) !

tirez_sur_l_ambulanceColin Thibert a osé faire drôle avec ce qui n'est pas censé l'être ! Personne ne comprend ? Je m'explique, alors.
Au cours des 10 textes de ce livre, il va choisir des thèmes à faire frémir et mettre en scène des personnages assez pathétiques dans des situations tout aussi sordides et réussir à extirper des sourires, et même des éclats de rire. Un comble ?
Peut-être bien, mais cela serait mentir !
Je n'ai jamais cessé d'être étonnée et franchement déboussolée, mais j'ai adoré ça ! Dans Sardanapale, par exemple. C'est un couple très bourgeois, très clinquant, qui sort son argent pour avoir une belle maison, partir en cure et s'acheter un chat à 400 €. Ce chat au pedigree exceptionnel pose toutefois problème pour les vacances à la neige, et naturellement le couple se tourne vers la voisine, une petite vieille malade. Mme Benoît viendra plusieurs fois par jour soigner la bête, on peut lui faire confiance. Mais la surprise, en rentrant, sera elle aussi à la hauteur de leurs grands airs !
Absolument horrible et démoniaque !
Une autre histoire nous emmène en Birmanie, avec un couple très bobo, passionné de voyages à travers des contrées exotiques, de plus en plus folles et excitantes. Le couple est pourtant prévenu des 'risques', mais qui a cure des ruses de la faune locale ? Au diable tout cela !
Pas de quoi se retourner, mais sûr et certain de s'en mordre les doigts !
Tout est très elliptique, mais il ne faut pas gâcher la chute. Toutes les histoires sont extrêmement bien cousues, elles épinglent en passant les dérives de la société actuelle qui consomme trop vite et très mal, mais l'auteur ne se gausse pas de donner des leçons. Au contraire, il rit de tout facilement, en prenant à témoin le lecteur. Une belle prise d'otage ! En plus de tirer sur l'ambulance, Colin Thibert s'en prend - sans honte - aux ados, aux vieux, aux riches, aux chats. Il plante le clou, ça ne fait pas mal et ça chatouille.
Le rire, lui, sera jaune et un peu grinçant.
Bien, bien, bien...

En moins de 30 mots : Recueil d'une dizaine de nouvelles toujours drôles, souvent cyniques, mais jamais de mauvais goût, dans la tradition de la littérature de genre et de l'humour noir.

Tirez sur l'ambulance ! de Colin Thibert - 190 pages - 9.50 €

des_petits_riensAvec le livre de Régine Detambel, ma première impression a été d'applaudir cette limpidité dans l'écriture, ce qui donne immédiatement cette sensation de flotter et de glisser sur une vague, de ne jamais rencontrer d'aspérités !
C'est tout simplement un vrai plaisir, pour le lecteur.
Ensuite, le contenu est aussi un très grand moment de lecture, car pas un instant on ne s'ennuie au cours des 12 textes de ce recueil. Peut-être l'ouverture laisse échapper un petit goût amer, celui du citron jaune, glissé dans un cocktail pour libérer la rancoeur d'une femme désabusée en amour. Mais bien vite, j'ai trouvé l'humour, la grâce, les clins d'oeil et la douce ironie qui sont les retombées afférentes à ce genre d'exercice.
Le drôle, on le croise dans l'histoire de cette adolescente qui suit son petit ami pour une escapade à Paris, contre l'avis de ses parents. Elle pense déjà à leurs angoisses, car pour elle cette virée est une fugue. Et puis, c'est la catastrophe quand son chéri arrive - en retard - avec un pantalon qui casse tout le mythe.
La gravité, on la trouve dans une vérité plus douloureuse, celle qui s'ouvre à un garçon, à force de chercher et de connaître qui était son grand-père, décédé dix ans plus tôt, d'une mort violente, rapporte-t-on dans la famille. Mais personne ne s'ouvre à lui, ne répond à ses questions. Peut-être, parfois, la vérité n'est pas bonne à entendre ...
La bêtise humaine est abordée dans un portrait xénophobe, un père complètement opposé au campement de manouches près de chez lui, sa fille est plutôt fascinée par le garçon qui joue de la guitare sur les marches de sa roulotte. Le choc de deux cultures, une rencontre viendra après quelques nuages de cendres.
C'est tout aussi beau et poétique dans l'ennui d'une lycéenne, dans sa classe, attendant désespérément un signe, un SMS de son petit copain. Et les lentes et belles descriptions de son agonie donnent lieu à de superbes pages, mélancoliques et vraiment lyriques !
Cela peut paraître solennel, à découvrir ainsi, sauf que c'est véritablement des petites perles mises bout à bout. Ce sont des instants fragiles, fugaces, des éclats de vie. J'ai trouvé que l'ensemble était super agréable à lire, très reposant, distrayant, offrant une belle leçon de style, avec des histoires très parlantes, à la fois fortes et amusantes.
Bien joli tout ça !

En moins de 35 mots : Ces petits riens, ce sont de petits moments qui passent comme une ombre, mais qui parfois changent la vie, des moments d'héroïsme ou de lâcheté qui filent sans laisser de trace, la plupart du temps...

Des petits riens au goût de citron, de Régine Detambel - 170 pages - 9.50 €

Tirez sur l'ambulance ! avait été lu par Gawou (la libraire) 

12 mars 2008

Il y a des livres qui, derrière leurs jolies

banniere_lectures_de_miss_C

Il y a des livres qui, derrière leurs jolies couvertures et leurs histoires tendres, cachent en fait des messages pour éveiller la conscience des jeunes lecteurs, pour leur rappeler que tous les enfants n'ont pas la chance d'être bien dans leur peau, en bonne santé, ou qu'il faut savoir préserver celle-ci et ne pas jouer avec.

Un peu de lecture, donc, ça ne fait de mal à personne...

marchand_de_glace_a_la_vanille

Un marchand de glace est victime d'un sort jeté par deux fées capricieuses : pour assouvir leur gourmandise, le vieil homme devra faire de la glace à la vanille sinon il mourra. Un jour, une toute petite fille chétive entre dans le magasin. Elle se lie d'amitié avec le marchand. Mais Olga ne doit pas manger de sucre, elle n'ose pas le dire à son ami Jiguzavey de peur qu'il ne puisse plus fabriquer de glace et finisse par mourir. Alors elle goûte un peu de glace, un peu chaque jour. Et puis, brusquement, Olga ne vient plus, Jiguzavey n'a plus de nouvelles avant d'apprendre qu'elle est hospitalisée et qu'une opération est nécessaire pour la sauver. Mais ses parents n'ont pas assez d'argent, et cette opération coûte très cher. (L'histoire finit bien !)

Un conte pas comme les autres, écrit par Kochka et illustré par Violaine Leroy. Lily en a parlé d'abord, et cela avait piqué notre curiosité. J'admets volontiers avoir été totalement surprise par ce texte, vraiment sensé et sensible, qui ne laisse pas indifférent. Il explique, entre autres, ce qu'est le diabète. Pas facile... Pourtant l'histoire est incroyablement belle, portée par l'amitié qui existe entre la petite fille et le marchand de glace, et qui se transformera en amour. Le vrai, le seul et unique.

Nathan poche, pour les 6-9 ans. 5,50 €

cerise_griotte

Cerise adore les romans, le chocolat et le gorgonzola, et déteste les griottes. Lorsqu'à la fourrière où travaille son père on recueille une petite chienne sharpei, Cerise la surnomme Griotte et elles deviennent inséparables. Cerise s'attache à ce chien car elle n'a pas d'amis. A l'école, les enfants chuchotent en parlant d'elle, ils se moquent de son physique. Le chien Griotte apparaît comme un rayon de soleil dans sa vie tristounette (elle vit seul avec son papa, depuis le décès de sa mère). Mais Griotte n'est pas encore à elle, il faut attendre un mois, délai légal, pour déclarer le chien abandonné et disponible à l'adoption. Et finalement, ce petit chien va vraiment lui apporter plus que de l'amitié ... un peu d'attention et le sourire retrouvé (et un coeur qui bat plus fort !!!).

Vous savez, ce livre est l'oeuvre de Benjamin Lacombe. Je crois avoir déjà tout dit en indiquant son nom !!! Ambiance (faussement) sombre, couleurs chaudes, personnages craquants, des situations douloureuses, jusqu'à la rédemption finale ! J'aime la petite Cerise, qui souffre de sa solitude, de se sentir différente des autres. J'aime qu'un chien puisse lui donner des ailes, lui apporter le soleil qui manquait dans son quotidien...

Seuil jeunesse, dès 3 ans. 14 €

Le blog de Benjamin Lacombe : http://benjaminlacombe.hautetfort.com/

corps_de_ballerine

Élodie rêve de devenir danseuse. Chez elle tout le monde est gros, lourd, enrobé. S’agit-il d’une fatalité familiale ? Si oui, va-t-elle la couper de son rêve ? Leur ressemble-t-elle déjà ? Et puis être gros, c’est quoi au juste ? Pour réussir à atteindre son but, Elodie va commencer à manger de moins en moins. Au début, chouette elle devient mince ! Et puis, squelettique ... et personne ne s'en aperçoit. Jusqu'au clap de fin.

Le sujet avait de quoi me rebuter, mais Gawou a su me convaincre d'y aller doucement, mais sûrement. Merci à elle, je n'ai pas regretté. J'ai trouvé ce livre poignant, où seuls le noir et le rose se donnent la main pour accompagner la jeune héroïne dans son rêve insensé. La quête de la perfection est ici démontrée dans son absurdité (le paraître, la minceur, l'excès) et pointe donc le doigt sur le danger. L'histoire se termine bien, et Elodie va pouvoir retrouver le goût des bonnes choses, réussir sa vie, sans se priver.

MaxMilo jeunesse, à partir de 5 ans. 13,00 €

Texte de Sébastien Perez, illustrations de Justine Brax.

Direction artistique et mise en couleur par Benjamin Lacombe.

Le blog de Sébastien Perez : http://sebastienperez.hautetfort.com/

corps_de_ballerine_2

(cliquez pour agrandir l'image)

Ce livre m'amène cependant à pousser mon ras-le-bol contre les messages de prévention pour la santé de nos enfants, les spots incessants qui préconisent cinq fruits et légumes par jour, ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé, évite de grignoter dans la journée, etc. Je ne sais pas vous, mais moi ça me gonfle. Ces messages prennent de plus en plus l'emprise sur le comportement de ma fille, qui n'est déjà pas bien grosse et ne mange pas beaucoup. J'ai très peur de ce qui me semble désormais un harcèlement, très peur du chemin qui se fait dans la tête des enfants, très soucieuse de me dire qu'ils vont regarder à deux fois avant de craquer pour un deuxième kinder, déguster une troisième crèpe, ne pas tremper un morceau de sucre dans le café, prendre un biscuit bn pour le goûter à l'école (c'est interdit !)... Qu'on fiche la paix aux enfants, qu'on éduque davantage les parents qui donnent du coca en mangeant, ou qui passent trop de temps dans les mcdo !

Alors, pour décomplexer un bon coup, rejoignez-moi chez Patricia dans sa Cuisine Rouge qui vous parle d'une chanson qui me tenait à coeur : Des frites, bordel !

24 mars 2008

Des histoires de coeur, pour plus grands

rupturesRuptures de Andi Watson

Titre original : Dumped
Traduit de l'anglais par Sidonie Van den Dries

Une petite ville de province en Angleterre.
Au cours d'une soirée un peu trop arrosée, deux jeunes adultes, Richard Binfield dit "Binny" et Debby couchent ensemble alors qu'ils ne se connaissent pas.

Par la suite, les deux tourtereaux vont apprendre à se connaître, et rapidement déchanter en découvrant les petites manies de Binny, le mauvais caractère de Debby, et surtout la capacité de celle-ci à cacher l'existence d'un second petit ami.

Andi Watson nous livre avec cette "nouvelle graphique" une subtile chronique des petits malentendus et des gros mensonges au sein des couples qui se font et se défont.

Je n'avais jamais lu d'album d'Andi Watson jusqu'alors, et c'est en explorant le catalogue des éditions çà et là (qui publie le célébrissime Château l'attente) que j'ai fait cette découverte. C'est une bd ou un court roman graphique, au style totalement épuré et en noir & blanc, qui me plaît beaucoup. C'est très simple, même l'histoire en elle-même n'est pas révolutionnaire. Elle apporte un regard critique sur les amours actuelles, lorsqu'un couple se rencontre et cherche à coincider ses attentes. Ce que vivent Binny et Debby est une parfaite démonstration des petits mensonges, des agacements, des caractères différents au sein du couple qui voudrait que tout ne soit qu'osmose et communion permanente !

J'ai également apprécié la particularité des deux personnages à s'attacher aux vieilles choses, aux fringues de seconde main pour elle et aux livres chinés dans les bouquineries pour lui. Ces objets représentent pour eux plus que des rebuts, chacun a un passé, raconte une histoire, révèle quelque chose du précèdent propriétaire. Mais encore une fois, ils sont tout deux trop obstinés pour s'apercevoir qu'ils partagent la même vision. Par exemple, Binny a choisi de tester Debby en lui offrant une coupe de l'amour avec les initiales des amants, mais la jeune fille n'y voit qu'un vieux pot ébréché et sans valeur.

La petite histoire d'amour que propose l'anglais Andi Watson possède une touche délicate, un soupçon d'élégance dans cet univers sans couleur et un peu terre-à-terre. Quelle chance réserve-t-il à nos deux protagonistes ? Binny le rêveur arrivera-t-il à conquérir Debby la tête de mule ? ... A découvrir.

Ruptures, d'Andi Watson - 55 pages - ça et là - 9.50 €

Pour en savoir plus : http://www.caetla.fr/ruptures.html

**********

everydayMiho travaille comme vendeuse dans un magasin, pendant que son compagnon Seiichi se consacre à la musique. Même si elle repense souvent à son ex-petit ami, Hagio, elle est heureuse auprès de Seiichi. Le jeune ménage, pourtant, peine à joindre les deux bouts, et Miho doit prend un second emploi. Devenue hôtesse de bar, elle finit par céder, par besoin d’argent, aux avances d’un client. Lorsque Seiichi l’apprend, il ne la comprend pas et s’éloigne d’elle. C’est alors que Hagio ressurgit dans la vie de la jeune femme.

Certains diront que c'est plat et sans saveur, d'autres -comme moi- trouveront que c'est subtil, mélancolique et simplissime. (Pourquoi ce besoin, sans cesse, de surenchère et de fioritures ?!) C'est aussi une bd qui a tout du roman graphique, c'est du Kiriko Nananan, c'est-à-dire extrême sensibilité, niveau sismique à deux de tension et profondes interrogations sur la jeunesse nippone frappée par la confusion des sentiments.

Ce qui me touche dans ce genre de lecture, c'est la beauté du crayon et l'ambiance ordinaire, déjà prouvée dans d'autres albums. Everyday est moins glauque et moins oppressant, c'est un portrait de jeune femme tiraillée entre deux histoire d'amour. Miho n'est pas l'archétype de fille qui s'avère attachante et sympathique d'entrée de jeu. Ses valses d'hésitation et sa mollesse font d'elle une petite tête à claques. Mais tout ceci n'entrave pas le goût de connaître la suite, même si au final on en sort en croyant avoir tourné en rond... Bizarre, mais toujours très envoûtant !

Casterman, coll. Sakka. 204 pages.

Merci Gawou Nowel !!!

**********

rachelRachel cohabite avec Rose, barmaid, qui a, entre autres mérites, celui de garder la tête sur les épaules. Non que Rachel soit une écervelée, mais elle manque de confiance en elle et a, du coup, du mal à trouver ses marques : avec François, qui ne rêve que d'une chose : emménager avec elle ; avec son voisin, plutôt joli garçon, mais dont le côté intello lui fait peur ; avec Richard, musicien pilier du bar de Rose, qui passe sa vie à la taquiner, histoire de dissimuler la tendresse qu'il a pour elle et enfin avec sa mère, une psy à l'égocentrisme exacerbé, rendue encore plus imbuvable par son récent divorce.

C'est une histoire en 3 tomes, comme le stipule la quatrième de couverture. La présentation faite de Rachel dans ce volume est plutôt grinçante, car c'est une jeune femme butée et volcanique, assez immature dans ses rapports avec les autres. Je sais que c'est fait exprès pour donner du grain au moulin, mais le trait est exagérement grossi et, parfois, c'est un chouia irritant.

Je n'ai pas compris non plus le choix de ne pas dessiner de bouche pour exprimer l'expression abasourdie des personnages, mais ceci n'est qu'un détail sommaire. Car je crois que je vais apprécier de connaître la suite des aventures de Rachel, de sa copine Rose, du petit voisin intello et du raseur de service. Par certains côtés, cela me fait penser à la série des Julie, Claire et Cécile. Il faut d'ailleurs reconnaître le gros travail de Manboou à dessiner des détails infimes, dans la déco ou le look des personnages. J'étais soufflée. Bref, c'est sympa, ça se lit rapidement et ça ne prend pas le chou ! (Léger ahem pour le tempérament de la demoiselle ... sans quoi, c'est engageant !). J'attends la suite.

Le blog de Manboou : http://www.manboou.canalblog.com/

Dargaud - 128 pages - 9.50 €

3 février 2008

si tu n'existais pas & l'amour vache

si_tu_n_existais_pasSa maman, Alice, est folle... de Joe Dassin. Elle connaît toutes ses chansons par coeur. Lui, Fredo, est fan de Mac Spitte (comprenez Mark Spitz, le champion de natation). Tous les jours, il s'entraîne dans sa baignoire et compte jusqu'à combien il peut rester sous l'eau sans respirer.
Tout ça vous enlève quelques soucis de la vie. Parce que la vie, la vraie, n'est pas drôle. Alice est un peu folle (pour de vrai), elle cherche un homme, ou un père, qui pourrait remplacer celui qui a disparu. Elle veut le faire pour son fils, mais Fredo préférerait que sa maman, si jolie, soit un peu plus rangée, raisonnable, prévisible. Vous en connaissez beaucoup qui se rendent à des funérailles pour pleurnicher sur le défunt et provoquer un mini scandale auprès de l'épouse, des enfants et des proches ? Résultat : une bousculade, une maman au fond d'un trou et un tailleur en lambeaux. Pour le jour de la rentrée, c'est pas top !
A l'école, il y a les copains, Nono et ses vacheries, Bien-Bien le prof qui croit en son potentiel de champion, et les cours de piscine, où Fredo devient une étoile filante ! La classe.
Et puis les ennuis, toujours, reviennent et vous emportent une maman qui est partie à Rio. Comme dans la chanson de Claude François. Les copines d'Alice sont là, Mado qui aime le jaune canari et Michel Sardou à en mourir (de plaisir) et la jolie Lulu, une gosse de 20 ans qui a un corps de déesse, mais un amant marié.
Ce roman vous en raconte des belles et des pas mûres, avec des clins d'oeil aux artistes délicieusement kitsches des années 60. Bien sûr, derrière le ton badin, l'histoire est plus amère car c'est un portrait délicat d'un fils sans père et d'une femme qui cherche à se caser à tout prix (mais qui finit par se casser les dents). L'histoire est racontée par un Fredo qu'on adore, et qui n'a pas sa langue dans sa poche, il est flanqué d'une maman foldingue, qui reste très touchante ! Un mélange d'humour, de doute et de tendresse : un beau, bon roman attachant !

Si tu n'existais pas, Williams Crépin.

Editions Thierry Magnier - 169 pages -  8.50 €

Encore un peu d'amour, mais de façon plus vache !

amour_vacheRachel Corenblit, découverte avec son premier roman Shalom Salam maintenant, propose de décliner en 8 courtes leçons la façon d'aimer de jeunes ados d'aujourd'hui. On peut s'imaginer une approche facile et légère (pourquoi je suis la seule à ne pas avoir de petit copain, pourquoi personne ne m'embrasse jamais ...), la lecture nous ouvre finalement les portes vers des histoires plus touchantes.

On y croise une belle-mère qui fait meuh, mais finalement elle n'est pas si vilaine ni si vache que ça. On tient la main d'un père qui n'en finit pas de mourir depuis un an, et ça coûte et ça dure, mais à quoi ça sert de pleurer ? On donne des ailes à un garçon un peu tordu et qui n'a jamais eu de chance dans sa vie scolaire, parce qu'il n'est pas comme tout le monde. On se trouve à côté d'une ado prise dans l'engrenage du TOC et qui se frotte les mains jusqu'au sang pour se guérir du mal en elle. Et on découvre aussi le combat d'une maman pour sa fille atteinte d'un cancer, ou la fugue d'une soeur et ses frères pour échapper à des agissements horribles sous le regard noyé (de larmes ou de pluie) d'un gendarme empathique.

Bref tout ceci en quelques 120 pages, avec un peu de confiture sur une tartine, et cela vous donne beaucoup de noblesse à l'art d'aimer (un peu vache) ; des situations souvent difficiles, des jeunes blessés, touchés ou écoeurés, mais qui ne manquent jamais d'humour (un peu noir et grinçant)... On se cherche, on ne se trouve pas, mais il n'en reste pas moins beaucoup de vivacité et d'esprit dans tout cela !

« C'est d'amour dont je te cause. L'amour qui remplit et qui fait son boulot. Tordre les coeurs. Raccourcir l'âme. Essorer la volonté. Tombe pas amoureuse, poulette, c'est ce que je disais à ta maman quand elle avait ton âge. Laisse-les chavirer, tous, mais reste à bord du navire. Contrôle la direction du vent. Et si tu tombes à l'eau, pense à respirer.
- Tu te rends compte, papi, tu brises tout mon romantisme, elle disait.
- Va, poucette, vaut mieux être cul que culcul.
»

L'amour vache - Rachel Corenblit.

Le Rouergue, coll. doAdo. 122 pages. 7.50 €  

23 janvier 2008

Aujourd'hui nous vous présentons deux livres

banniere_lectures_de_miss_C

Aujourd'hui nous vous présentons deux livres d'une maison d'édition à connaître, parce qu'elle est discrète mais étonnante par sa richesse de catalogue.

Petit mot à son sujet :

Les éditions 400 Coups existent au Québec depuis 1994 et ont progressivement pris pied en France en proposant un catalogue contenant 80% de titres pour la jeunesse ! Les Editions Les 400 Coups renforcent désormais leur ancrage dans l'Hexagone, sans pour autant perdre son originalité québécoise (quelque chose d'assez indéfinissable en soi, mais de tout de suite remarquable pour n'importe quel petit lecteur concerné!), qui conjugue un certain goût pour la langue avec des illustrations pleines d'audace et de fantaisie.  Source : Ricochet .

vampire_qui_aimait_le_laitC'était un vampire, le Comte Draculait, un peu spécial car il était bardé de boutons chaque fois qu'il buvait du sang. Un jour, son médecin lui annonce qu'il fait une allergie et qu'il ne doit plus boire une goutte de sang ! Le drame. Comment se nourrir et compenser le manque ? Par un pur hasard, notre vampire va goûter au lait et savourer cette délicieuse boisson, à tel point qu'il lui faut toutes les réserves de la ville de Pistachamande et du pays de Glassalavanie pour lui tout seul.

La nuit il se tranforme en chauve-souris et va chiper le lait dans tous les frigos des Pistachiens. Les habitants vont se mettre en colère et tendre un piège à notre Comte Draculait. Comment ? Pourquoi ? Vous découvrirez ainsi l'existence d'un bar laitier à Saint Néloire, tenu par un serveur qui zozote et ne chers plus de lait aux clients !

Cocasse, coloré et drôlissime. Un album inventif, qui aime les mots et l'imagination. On rigole sans fin à suivre l'aventure burlesque d'un vampire qui ne buvait que du lait. De quoi redonner le goût aux enfants qui n'en boivent plus !

Histoire écrite par Jean Pierre Davidts, illustrée par Josée Bisaillon. - Coll. Grimace, 9.00 €

Voici une version libre et joyeuse du conte d'Andersen.

habits_presque_neufsC'est un empereur qui aime se regarder dans le miroir, il s'admire dans sa nouvelle toge pourpre au collet d'argent ou dans sa nouvelle pèlerine aux manches ourlées de rubis. Bref, c'est un empereur coquet, qui aime les beaux habits (un peu voyants) et qui décide de consacrer tout son temps à sa garde-robe. Aussi, il délègue toutes les tâches ennuyantes :  le ministre des Parapluies et des Souliers perdus et le ministre du Cabinet de curiosités sont chargés du courrier, le chef-cuistot inaugure les nouvelles routes, l'intendant des écuries salue la foule du haut du balcon et le jardinier s'occupe des finances.

Un jour, arrivent trois messieurs qui demandent à rencontrer l'empereur car ces trois tisserands et tailleurs s'enorgueillissent de pouvoir fabriquer une étoffe aux propriétés inouïes car elle n'apparaît qu'aux yeux des gens capables de bien faire leur travail.  L'empereur est fou de joie, commande à n'en plus compter et prévoit de porter ses habits neufs pour la parade annuelle.

Vous imaginez la suite ? Qui voit quoi, et qui ose avouer ce qu'il voit ? Car ne rien voir équivaut à passer pour un dindon, et on ne cherche même plus à accuser nos trois gredins d'escroquerie !!! Ici l'histoire a été adaptée aux jeunes lecteurs contemporains et ne propose plus la leçon de morale de la fin du 19ème siècle. Le résultat est beaucoup plus espiègle. Tout est bien qui finit bien, mais pour en arriver là l'auteur a su suggérer une façon pertinente de s'ôter une épine du pied. Pas mal du tout !!!

Adapté par Anne Millyard, illustré par Josée Bisaillon (encore !). - Coll. Bande rouge, 8.00 €

**********

Et j'en profite pour souhaiter un bon anniversaire à ma maman ! :))

sens_de_l_amour

(Ou comment j'ai hérité ma sale manie de n'avoir jamais voulu conduire ! ...)

Sans blague, jetez un oeil à ce petit livre super drôle super intelligent super attachant qui utilise les panneaux du code de la route pour illustrer chaque phrase de son histoire (Pierre est sur la mauvaise pente, il fait la manche et puis une rencontre change le sens de sa vie, une femme aux yeux de biche qui lui avoue à son tour être toute tourneboulée, tous deux ont tant d'amour à partager !) C'est extra ! On s'extasie à chaque page sur la symbolique détournée des panneaux de signalisation, et on rit, on rit... C'est très bien pensé ! De quoi braver tous les sens interdits ! Car la vie n'est pas à sens unique et l'amour permet de sortir des impasses.

   Par Michel Boucher * Le sens de l'amour * Le rouergue jeunesse, 11.00 €

28 novembre 2007

Princesse ou fée ?

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais rêvé être une princesse. Oui j'ai vu Blanche-Neige au cinéma, pour ma première sortie dans les salles obscures, et je ne loupais jamais une rediffusion de Sissi Impératrice pendant les fêtes de fin d'année, et même j'ai fini par acheter le coffret DVD ...

Non jamais je n'ai rêvé être une princesse. Pourquoi je me pose cette question ? Mais parce que Patricia me demande quelques mots sur ma princesse préférée. Alors c'est très facile, en bonne nunuche que je suis, ma princesse chérie à moi, c'est forcément ma fille !!!

IMGP3477

Et en matière de princesse, elle s'y connaît !

Longtemps, Miss C. a dansé la valse sur les airs de la soit-disante princesse Anastasia (qu'elle passait en boucle ! à voir ici) ou rêvé, ô mon amour, de l'avoir vu au beau milieu d'un rêve (éminente citation de La belle au bois dormant).

Puis Miss C. a peuplé son univers imaginaire de poupées mannequins à la taille filiforme et qui reviennent chaque Noël garnir les rayons des magasins et grossir les hottes du bonhomme rouge pour finir au pied des sapins verts...

IMGP4945

D'ailleurs, les lectures de Miss C. ont longtemps eu pour prédilection les princesses, et rien que les princesses.

histoires_de_princesses  princesses_1  princesses_2  princesse

(et j'en oublie !)

**********

Mais les années passant, ... ok nous savons tous que la Miss n'a que 7 ans 1/2. Il n'empêche, notre princesse change, elle grandit et zou ! de princesse on devient une petite fée ! C'est tout aussi beau, je le sais. D'ailleurs, mis à part le titre de cette bafouille, faut-il vraiment choisir, dans la vie, entre le titre de princesse ou celui de fée ? Ne peut-on pas être les deux à la fois ?

Moi je le pense. Et le prouve.Fairy_C_5

Nous entrons dans une nouvelle phase. Nous entrons dans l'ère féérique. Et notre princesse est une fée danseuse.

D'ailleurs, les éditions Lito et Christine Palluy ne se sont pas trompées avec leurs collections  « Histoires de » ...  Il y eut les princesses, puis les fées.

Histoires_de_fees

(Dernièrement, vient de sortir  « Histoires de danseuses ». Nous en reparlerons bien vite ! )

Ce sont des collectifs d'histoires racontées par Christine Palluy qui comportent une introduction, une succession d'aventures enchanteresses et enfin la conclusion qui rappelle le début. Très souvent, les illustrations réunies pour ces albums sont de la main de vrais talents, comme Rebecca Dautremer, Mayalen Goust, Lucile Placin, Elodie Coudray, Daneth Khong ... Ce sont des illustrations superbes, qui confortent un charme indiscutable pour certifier l'intérêt de ces livres (que ma fille collectionne, tant elle les adore !).

**********

banniere_lectures_de_miss_C

Dans l'oreille d'Émeline la lutine, la reine des fées a murmuré un secret. Les yeux d'Émeline se sont mis à briller.

Puis elle a sauté, dansé, rit aux éclats ! Demain, c'est elle qui annoncera au peuple des fées la grande nouvelle : la reine de fées va avoir un bébé ! C'est un événement extraordinaire qui ne se produit que tous les 1200 ans. Et la reine va demander à Emeline la lutine, maladroite et distraite, de lui garder son enfant pendant son absence...

bebe_de_la_reine_des_feesL'histoire écrite par Agnès Martin-Bertron m'a parfois semblé maladroite, sautant trop vite du coq à l'âne. Il y a cependant un très joli effort de poésie dans son récit, avec un souhait flagrant d'emporter nos petites lectrices vers un monde féérique et qui sent bon le lilas.

Ne parlons pas de la Miss C. qui a tout bonnement adoré !

L'argument vraiment chouette dans ce livre repose dans le travail de Daneth Khong, une illustratrice épatante qui donne beaucoup d'ampleur dans les expressions de la lutine Emeline, absolument craquante, et qui use de la couleur rose bonbon à foison (en plus d'autres tons pastels). C'est un régal pour les yeux !

Le site : http://www.danethkhong.com/ pour en découvrir plus.

Le bébé de la reine des fées - écrit par Agnès Martin Bertron - illustré par Daneth Khong - aux Editions Lito - 10 €

Les livres « Histoires de » sont aussi disponibles aux éditions Lito - écrits tous par Christine Palluy. Ils comportent plus de 130 pages et coûtent 19 € .

**********

Notre histoire de princesse et fée se termine un peu abruptement. J'en conviens. C'est par manque d'inspiration, mais surtout par manque de temps ... Ce sujet nous passionnant, nous y reviendrons avec grand plaisir ! Vite ou pas, nous verrons ... !

D'ailleurs, depuis cet été, nous avons découvert l'univers d'un auteur extraordinaire, dans le sens qui sort vraiment des sentiers battus : Gail Carson Levine.

gail_carson_levine_2  gail_carson_levine_1  gail_carson_levine_3

A suivre dans un prochain numéro !

5 octobre 2007

Vite fait, bien fait ... pour tous les goûts !

fletcher_mene_l_enqueteUn jeune détective indiscret + Une famille de malfrats renommés + Une très jolie fille = Une foule de ... Problèmes. Avec un P majuscule et un S après le E !
Fletcher Moon, 12 ans, est détective privé. Pour cela, il a suivi pendant deux ans les cours de la célèbre Bob Bernstein Academy, reçu un badge et une carte au nom de son père ... qui est semblable au sien. Heureuse coincidence. Jusqu'alors le garçon résolvait les petites embrouilles de ses camarades du collège, genre à la recherche de fraises Tagada égarées, et recevait les fonds de poche, entre bonbons ou chocolats, pour le récompenser de ses efforts. Et pour une fois, les choses vont changer quand la très ravissante Avril vient lui confier sa première Grande Enquête : remettre la main sur une mèche de cheveux appartenant à une star de la pop. Ce qui tombe bien, aussi, pour Fletcher Moon c'est que le principal suspect est aussi celui qui vient de lui chiper son précieux insigne de détective !
Cette nouvelle série du « papa » d'Artemis Fowl est engageante, plutôt destinée à un plus jeune lectorat (dès 8-10 ans, à mon avis). Beaucoup d'humour pour ce qu'on présente comme étant un pastiche du polar des années 50.
Les amateurs vont apprécier !

Fletcher mène l'enquête - Eoin Colfer  ** Gallimard jeunesse - 333 pages - 12 € **

 


petit_gar_on_qui_avait_envie_d_espaceUn petit garçon se promène avec son père et rêve de grimper jusqu'à la cime des arbres pour voir au-delà du paysage, ce qui s'y cache, ce qui se promet... Mais le père freine son ardeur et l'emmène au moulin et à la ferme recueillir du miel. C'est bien beau tout ça, mais le soir dans son lit, le petit garçon rêve toujours qu'il grimpe dans les arbres, atteint le sommet et alors là ... son envie d'espace va être largement récompensée !
Ce livre doit s'offrir sans hésitation. C'est un beau texte, écrit par Jean Giono, une façon ainsi de renouer avec ses Classiques. A le lire, on y goûte le bien-être procuré par la nature, la bienveillance familiale, les rêves d'un petit garçon et l'envie des choses toutes simples. Cette promenade champêtre et littéraire est illustrée par François Place, autrement connu pour avoir immortalisé les traits de Tobie Lolness !
Un parfum de rêve et de liberté, un délice !

 

Le petit garçon qui avait envie d'espace - Jean Giono (illustré par François Place)  ** Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - 37 pages.  A lire dès 8 ans.

 


 

ile_aux_chiensPeau noire, chevelure rousse et yeux violets sont les signes distinctifs des enfants Gaja, Myrième et Songo, deux soeurs et un frère qui vivent sur l'île aux chiens avec leur père Bob.
Depuis sept ans, ils mènent une existence recluse sur cette île, voulue par leur père qui souhaite les protéger contre la menace d'un enlèvement par les terribles Dalahos. Pourquoi ? Bob a promis de leur révéler toute la vérité le jour du quinzième anniversaire de Gaja. La date approchant, d'étranges événements se précipitent, dont l'arrivée soudaine de la nouvelle petite amie de Bob, la jeune Taruma, qui est le sosie de leur défunte mère !
Le récit est un chassé-croisé entre le présent et le passé et permet ainsi au lecteur de découvrir une étonnante histoire avec secrets familiaux, ombres menaçantes et quête initiatique doublé d'un roman d'aventures tout à fait époustouflant ! Lecture passionnante, dépaysante et totalement intriguante, une sacrée réussite par un auteur très prolixe, doué d'une écriture bien jolie et poétique.
A lire dès 12 ans.

L'île aux chiens - Jean Paul Nozière (illustrations de Sébastien Mourrain)  ** Gallimard jeunesse, coll. Hors Piste - 155 pages.  8.50 €  **

 


 

lili_graffiti_se_deguiseConnaissez-vous la série Lili Graffiti de Paula Danziger ? Pas encore ? N'hésitez plus à faire connaissance avec cette adorable petite fille, un peu pipelette, surtout très facétieuse et observatrice de son petit monde qui l'entoure.
Dans cet ouvrage qui concerne la fête de Halloween, Lili a décidé de ne pas parler de son costume à son meilleur ami Justin. Au coeur de ce livre, on y découvre aussi une journée d'école plutôt originale, des blagues entre copains, une petite brouille entre les parents (qui mine notre héroïne) et des missions fantômes à accomplir en catimini.
Une lecture réjouissante, très agréable à parcourir (seul ou avec votre enfant). Les aventures de Lili Graffiti remportent un gros succès, et puis les illustrations de Tony Ross illuminent ces petites histoires fort séduisantes !

 

Pour en savoir + sur Lili Graffiti : http://www.gallimard-jeunesse.fr/3nav/contenu.php?page=personnage&id_perso=40

Lili Graffiti se déguise - Paula Danziger (illustré par Tony Ross) ** Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - 50 pages **

10 avril 2015

N'y pense même pas ! de Sarah Mlynowski

« C'était comme de lire le journal intime de quelqu'un ou d'entendre une conversation téléphonique qui ne vous était pas destinée. Quand on avait entendu, on ne pouvait plus revenir en arrière. » 

Ny pense meme pas

Suite à leur séance collective de vaccination contre la grippe, la classe de 2nde B du lycée Bloomberg de Tribeca se découvre un étonnant pouvoir de télépathie. Or, toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre : être dingue de son meilleur ami, espérer un amour réciproque, passe encore... mais découvrir qu'il en pince pour une autre, avouer son infidélité, ou surprendre l'intimité de ses parents, cela devient un cauchemar pour ces jeunes gens, qui se révèlent les uns aux autres, pas toujours sous leur meilleur jour. Scènes de détresse, de colère ou de jalousie... bienvenue au lycée, cette jungle impitoyable ! La lecture ressemble à une gigantesque cacophonie, d'où il ne ressort finalement pas grand-chose, tant le contenu est superficiel et sans consistance. La télépathie n'est qu'un prétexte pour exacerber les angoisses existentielles des adolescents, souvent liées à leurs amours balbutiantes ou à leurs histoires de cœurs brisés, mais traitées à la légère, sans humour. Assez frustrant de la part d'un auteur comme S. Mlynowski. De plus, la narration à la 1ère personne du pluriel m'a quasiment paralysée d'effroi. C'était comme se retrouver devant un bataillon de monstres, « des phénomènes ». Ils font bloc, face au lecteur, c'est assez déstabilisant. Enfin, personnellement je n'ai pas aimé et me suis vite sentie mal à l'aise. La couverture déjà n'était pas très avenante, on oubliera donc facilement ce rendez-vous loupé.

Albin Michel, coll. Wiz, mars 2015 ♦ traduit par Claudine Richetin (Don't Even Think About It)

13 mars 2015

Suite Française, d'Irène Némirovsky

Suite française

« Suite française » réunit les 2 premiers romans d’une série  de 5 livres qu’Irène Némirovsky souhaitait écrire sur la guerre : Tempête en juin et Dolce. Arrêtée en juillet 1942, elle trouvera la mort en déportation, à Auschwitz, et laissera une œuvre inachevée, en plus d'un lourd héritage romanesque, exhumé dans les années 2000 (pour info, elle obtiendra le Prix Renaudot à titre posthume pour Suite Française).

L'histoire s'ouvre sur l'exode de milliers de français, en juin 40, avec Paris menacé par les bombes et l'invasion allemande. On suit une famille bourgeoise, les Péricand, un écrivain bouffi d'orgueil, Gabriel Corte, et Florence, sa maîtresse, deux employés de banque, les Michaud, et leur directeur, M. Corbin, et aussi un vieux radin amoureux de ses porcelaines, Charles Langelet ... Tous vont se jeter sur les routes, empaquetant leurs richesses, oubliant les aïeuls, volant des paniers en osier ou de l'essence pour poursuivre leur fuite en avant. Elle est belle, la France ! 

Puis, l'histoire bascule dans un autre climat (Dolce) : nous sommes dans la petite ville de Bussy, occupée par les allemands. La vieille Mme Angellier et sa bru, Lucile, voient un officier prendre ses quartiers dans leur maison. Cet homme, calme et silencieux, ne cache pas sa fascination pour la jeune femme, elle-même troublée par les manières polies et érudites de cet inconnu, mais consciente de son uniforme vert, elle s'interdit toute proximité. C'est d'ailleurs de cette partie du livre que le film réalisé par Saul Dibb s'est librement inspiré  (cf. la bande-annonce).

Romancière exceptionnelle, réputée pour son élégance de style (auréolée d'un charme suranné très appréciable), Irène Némirovsky faisait également preuve d'une ironie et une causticité remarquables, si bien que ses histoires paraissaient moins frivoles et plus féroces.  Il y a sans doute une grande part de frustration à l'idée de commencer cette saga dont on ne saura jamais la fin, mais le destin tragique de l'auteur contribue insidieusement à considérer cette lecture à part et à en apprécier la valeur au-delà du jugement littéraire.

Suite Française est une fresque romanesque passionnante, un drame romantique qui fait chavirer le cœur, un témoignage historique et une critique exacerbée de notre société sous le joug allemand. J'ai eu parfois du mal à me familiariser avec la voix de Dominique Reymond, très solennelle, au point de rendre une lecture hyper guindée et rigoureuse d'un récit vibrant de force, mais condamné à un sort funeste. J'ai cependant eu beaucoup de regret de quitter trop tôt cet univers captivant ! 

Audiolib, février 2015 ♦ texte intégral lu par Dominique Reymond (durée : 13h 50)

              Date de sortie du film :  1er avril 2015

Suite française FILM

6 avril 2015

L'Élite, de Joelle Charbonneau

L’Elite

Meurtrie par les guerres successives et les catastrophes naturelles à répétition, la planète se reconstruit avec peine. La société a également remodelé ses repères en formant diverses colonies où chacun doit multiplier ses efforts pour assurer sa survie. Dès 16 ans, la jeune génération est jetée en pâture, soit pour travailler, soit pour aller à l'université et devenir l'élite de demain. Mais pour se montrer à la hauteur des attentes, il faut faire montre d'intelligence, de rouerie et d'acharnement.

Cia a grandi dans la colonie des Cinq Lacs et aspire à rejoindre la Capitale pour intégrer l'université de Tosu. Pour décrocher son ticket d'entrée, il faut être sélectionnée à passer le fameux Test (une série d'épreuves intellectuelles, physiques et morales). Son père en a fait l'expérience, mais n'en a plus aucun souvenir. Cette situation frustre la jeune fille, désireuse de se surpasser. De plus, cela fait dix ans que leur petite colonie n'a pas envoyé de candidats pour les représenter. Cia a donc hâte de chambouler la répartition, quand arrive enfin la remise des diplômes, avec l'annonce officielle de la précieuse sélection.

À l'annonce du cocktail : jeunes gens prêts à tout pour décrocher le Graal, écrémage drastique, selon des règles à l'éthique douteuse & zigouillages d'une rare violence (poison, arbalète, chasse à l'homme), vous vous dites “j'ai déjà lu ça”. Mais encore ? Eh bien figurez-vous que cette histoire au scénario rodé parviendra une fois encore à vous surprendre, en vous embarquant dans une aventure palpitante, et qui tient en haleine. Seule l'héroïne a pour principal défaut d'être une demoiselle trop parfaite (elle sait tout, capte très vite, semble revenue de tout). Même son histoire d'amour arrive comme un chien dans un jeu de quille. C'est passablement frustrant.

À part ça, on mord à l'hameçon et on ne le lâche plus. L'intrigue ancrée dans le milieu universitaire est une donne nouvelle et intéressante. On se sent vite à son aise, curieux de tout, angoissé par les épreuves et leurs enjeux. Même si la recette est parfaitement éculée, elle est toujours efficace et d'une intensité psychologique redoutable ! J'ai beaucoup aimé et n'ai pas traîné pour lire la suite !

éditions Milan, coll. Macadam, mai 2014 ♦ traduit par Amélie Sarn (The Testing)

3 avril 2015

Icônes, de Margaret Stohl

Icônes

Dix-sept ans plus tôt, une nuée d'icônes a surgi de nulle part pour détruire plusieurs grandes villes de la planète et asservir le monde par des moyens technologiques incontrôlables. Votre cœur peut soudainement cesser de battre, par exemple. Les parents de Doloria sont morts ainsi, le jour de la Chute. La jeune fille a ensuite grandi dans les montagnes, auprès d'éleveurs de chèvres et de cochons, jusqu'à son 17ème anniversaire où elle a reçu en cadeau un livre sur le secret de ses origines, mais n'aura pas le temps d'en découvrir davantage qu'une escouade de soldats débarque au village pour l'emmener dans un complexe militaire.

Ce bref résumé vous donne déjà l'essentiel du décor, car à la lecture du roman, on ne dispose que d'informations élémentaires pour se figurer l'univers SF dans lequel Margaret Stohl cherche à nous implanter : c'est plutôt frustrant pour un début, mais on se laisse conquérir petit à petit par l'ambiance énigmatique et amoureusement servie par le lyrisme de l'auteur, qui a judicieusement recours à de jolies phrases virevoltantes pour nous étourdir. Cela fait tellement romanesque qu'on en oublierait presque le contexte et les enjeux. Pourtant, l'histoire ne ménage pas ses efforts pour nous épater !

Deux clans opposés - la Rébellion et l'Ambassadrice - se chamaillent pour attirer dans leurs filets Doloria, ainsi que trois autres jeunes gens, Ro, Lucas et Timora, dont les émotions sont si puissantes qu'elles peuvent servir d'armes. Le monde est sous la coupe extraterrestre, l'humanité réduite en esclavage et une révolution technologique est en cours. Bref, il y en a sous le capot. Dommage que l'ensemble sonne si maladroit et manque d'éclaircissement au début. De plus, les personnages sont peu attachants, se comportent en héros romantiques, avec balbutiements amoureux, alors que c'est franchement surfait.

La lecture reste sympathique et distrayante à lire dans l'état, mais « peut mieux faire » !  

Hachette, coll. Black Moon ♦ Octobre 2013 ♦ traduit par Luc Rigoureau (Icons)

 

Le tome 2 est disponible ! 

idoles

18 avril 2015

En poche ! # 43

Nouvelle sélection des dernières nouveautés en format poche...

♦♦♦♦♦♦

 

creme anglaise   Fiançailles, de Chloe Hooper

Crème anglaise, de Kate Clanchy

Fiançailles, de Chloe Hooper

 

Entre les jours   LES MENSONGES

Entre les jours, d'Andrew Porter

Les mensonges, de Karen Perry

 

LA VIE ÉPICÉE DE CHARLOTTE LAVIGNE

La vie épicée de Charlotte Lavigne (tome 3) de Nathalie Roy

 

Sagan 1954   Je ne renie rien

Sagan 1954, d'Anne Berest

Je ne renie rien, de Françoise Sagan

 

SOUS LA TERRE   Faillir être flingué

Sous la terre, de Courtney Collins

 Faillir être flingué, de Céline Minard

 

Black-out

Black-out, de John Lawton ♦ INÉDIT ♦

 

Irrésistible alchimie   Etiquette et espionnage

Irrésistible alchimie, de Simone Elkeles

Étiquette et espionnage (Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1), de Gail Carriger

 

27 septembre 2007

Qui boude sa nourriture rend son derrière bien étonné (*)

Il y a des livres où des petits détails vous attirent (la couverture, le titre ou l'auteur) et cela vous pousse, sans aucune justification,  à tendre les bras vers ce produit à cause de ce pouvoir inexplicable !   « La fine fine femme » en est l'exemple.

la_fine_fine_femmeJ'ai voulu lire ce livre, parce que j'aimais son titre et sa couverture. Impossible de dire pourquoi. Je n'ai pas cherché à connaître l'histoire. Aussitôt reçu, ce livre est passé entre mes mains et a fait l'objet d'une scrupuleuse lecture. J'ai fouillé, roulé des yeux de haut en bas, et de droite à gauche, faisant une pause, soucieuse du détail, et parfois les sourcils froncés... L'histoire ne m'échappait pas, elle me semblait même surréaliste.

Mais de quoi ça parle, c'est vrai ? ... Commençons par le commencement !

Au petit matin, un veilleur de nuit rentre chez lui et trouve sur son chemin « une fine, fine femme », une tache sombre sur la route si légère qu’il la porte sans difficulté jusque chez lui. Il la couche dans son grand lit et sans oser la réveiller, dépose à son chevet de l’eau et de la nourriture. Les jours et les nuits passent et la femme jamais ne s’éveille, mais chaque matin, le veilleur de nuit retrouve les plats vides et chaque soir la femme occupe un peu plus de place dans le grand lit. Au même moment, dans la ville, les habitants s'inquiètent et grondent car plusieurs bêtes ont disparu, dévorées. Un vieil homme semble connaître l'origine de ce mal : il se souvient qu'enfant on lui parlait de la redoutable grise ogresse qui s'attaquait aux bêtes avant de s'en prendre aux enfants ! C'est sûr, la grise ogresse est de retour !

Notre veilleur de nuit ne pipe mot mais s'interroge. La légende coincide avec l'arrivée de cette « fine, fine femme » qui couche sous son toit. Pour en avoir le coeur net, il décide un soir de ne pas aller travailler et se cache près de sa protégée. Quand celle-ci se réveille et sort de son lit, elle offre au pauvre homme ébahi le spectacle effrayant de sa large corpulence, de son appétit vorace et de ses escapades nocturnes, à la recherche de toujours plus de nourriture.

La grise ogresse, c'est elle. Il faut prévenir les collègues et mettre en oeuvre une ruse pour renverser la vapeur et rendre l'ogresse une fine, fine femme.

Conte malicieux d'où s'échappe le mythe de l'ogre (ici, il s'agit donc d'une ogresse),  « La fine, fine femme » est une histoire pleine d'imagination et de poésie, un message de tolérance quand on découvre la façon dont les veilleurs de nuit vont  « affronter » l'Ennemie !

Au début, il y a un semblant de légèreté et de fragilité (la femme est si fine qu'une simple couverture de dentelle peut la couvrir) qui se dissipe progressivement. Cela passe par les repas gargantuesques, servis par les illustrations éclatantes et qui vont s'écraser jusqu'aux recoins du livre. La richesse du dessin montre clairement que la femme prend de l'ampleur, que l'abondance prend ses aises. Et que la menace s'apprête à exploser ?

Pas sûr. Parce que ce livre est subtil, étonnant ... Il touche, ou pas. Ce que j'ai trouvé séduisant, c'est la relation entre le veilleur de nuit et la fine, fine femme à travers la nourriture. J'ai beaucoup aimé la chaleur des illustrations, la rondeur et la boulimie. C'est généreux, offert au lecteur. Alors oui, j'ai été charmée ! ...

La fine, fine femme - Véronique Caylou (texte) & Zaü (illustrations).  Gallimard jeunesse  / Août 2007.

A partir de 5 ans.

(*) Proverbe breton (1996) - Lukian Kergoat

13 juin 2007

Du papa, en veux-tu, en voilà ...

Parce que dimanche 17 juin, c'est la fête des papas, nous avons sélectionné quelques livres pour célébrer cette journée pour ceux et celles qui le souhaitent ...

IMGP4603

Touche pas à mon papa est un livre très, très drôle, avec son petit format et ses illustrations originales. Il fait le portrait du papa poilu, un peu chauve sur le dessus, qui pique et ne sent pas très bon le matin, mais pour l'enfant il reste le plus beau des papas !  Une histoire absolument cocasse et qui tourne en dérision la superbe paternelle ! Irrésistible.

Mon papa à moi de Christian Quennehen est dans le même esprit. C'est un album qui date de 1999, je ne sais pas s'il est encore possible de le trouver en librairie, mais c'est sympathique à feuilleter. Ce n'est pas un indispensable mais son sujet est d'actualités, alors nous le glissons dans cette sélection. Il appartient à la série Petit Paul. C'est un petit garçon qui se compare à son père, malgré son modèle réduit. Tous les clichés pleuvent (la barbe, le caleçon, le sport, le bricolage) et au final on sort avec le sourire ... mais bon, passons.

Mieux qu'un jouet de Lenia Major & Gynux a déjà fait l'objet d'un billet - il est bon de rappeler ce livre, très beau, poétique et enchanteur...

IMGP4602

Papa je t'aime est un album qui s'adresse aux plus jeunes. Les illustrations sont douces, l'histoire également. Un petit souriceau a oublié de dire une chose très importante à son père, quelque chose qui ne peut pas attendre. Mais Papa Souris est parti chercher le dîner et s'est assuré que son fiston était bien en sécurité dans leur maison. Le souriceau va donc braver l'interdit et s'aventurer à l'extérieur pour rattraper son père. Il devra également faire preuve de courage, car un chat rôde et menace Papa Souris qui n'a rien suspecté ! Album tendresse, avec câlins en conclusion.

Mon papa à moi ! de Peter Horn & Cristina Kadmon est un dialogue entre un père et son enfant qui se présente en devinettes. Papa Tortue et Silvio le bébé cherchent à définir ce qu'est un papa : c'est celui qui apprend à gazouiller, à voler, à marcher, à faire des cabrioles, à chanter, à chercher sa nourriture et à bien dormir (qu'on soit oiseau, mille-pattes, lapin, grenouille, hérisson ou chauve-souris). Et le papa tortue, lui ? C'est celui qui joue à cache-cache, qui partage les fraises des bois ou qui cherche un beau tas de feuilles mortes pour se blottir l'hiver...  Mignon, pour les plus jeunes et les moyens. Les illustrations sont jolies.

Aïe ! je me rends compte que l'ensemble de cette sélection n'est pas accompagnée de cris du coeur et autres points d'exclamation. Il faut dire qu'à part Mieux qu'un jouet reçu dernièrement, nous n'avons guère trouvé de livres, parmi nos achats les plus récents, qui soient dans cette thématique. La plupart de ces albums remontent à une période où Miss C. était une poucinette d'à peine 3-4 ans, je me rends compte qu'aujourd'hui son intérêt a pris un cap totalement différent ! C'est son père qui fait la moue, sa fille s'émancipe déjà ! .. :o)  Non ! Disons juste que c'est encore un papa qui ne voit pas sa fille devenir grande, ne plus être un bébé et se comporter comme tel ! ...

IMGP4600

Ici, Miss C. s'applique sur son grand livre des surprises d'Hortense la fée, évoqué sur cet autre billet.

Editeurs des livres : Nathan / Lito / Balivernes / Gründ / Editions Nord-Sud.

27 mars 2015

Charlotte, de David Foenkinos

« Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe. »

Charlotte

David Foenkinos retrace la vie de Charlotte Salomon, une artiste peintre juive, née à Berlin, réfugiée dans le sud de la France pour fuir la montée du nazisme, et déportée en 43 à Auschwitz où elle trouvera la mort à seulement 26 ans. Jeune femme au tempérament fragile et morose (le suicide était une récurrence dans son histoire familiale), elle avait trouvé dans la peinture un exutoire à ses crises d'angoisse et de désespoir.

Et c'est bien là le problème, car j'ai trouvé la lecture très, très déprimante. Le style, sans fioriture, n'est pas plus passionnant qu'une note biographique piochée dans une encyclopédie. On discerne la quête obsessionnelle de l'auteur dans son désir de comprendre l'artiste et de nous faire partager ses mystères, sans jamais chercher à supplanter la véritable héroïne, Charlotte. Sa posture reste en retrait, et c'est tout à son honneur.

Malgré les bonnes intentions de l'auteur, le récit m'a semblé sans vie, sans flamme, sans passion. La voix du comédien est calme et posée, proposant une écoute pleine de retenue mais assez plate. Résultat, le portrait de cette jeune femme douée, tétanisée par les spectres de la mort, et qui connaîtra une destinée tragique, ne m'a pas touchée outre mesure, du fait de l'exécution clinique et froide du récit. Je suis assez déçue.

Gallimard, coll. Écoutez Lire, janvier 2015 ♦ Lu par Yves Heck (durée : 5 h 15) ♦ L'écoute en classe de ce CD est autorisée par l'éditeur.

23 avril 2007

Montmorency - Eleanor Updale

montmorencyPrésentation de l'éditeur
Dans la nuit londonienne en cette fin de XIXe siècle, une ombre surgit du réseau d'égouts nouvellement construit... Les policiers, eux, sont perplexes, un mystérieux cambrioleur accumule les forfaits et les bijoux de grande valeur, mais reste insaisissable. Et ce Montmorency, élégant personnage qui a élu domicile dans un grand hôtel, qui est-il vraiment? Voici les pièces d'un bien étrange puzzle... Dans la lignée des grands romans à suspense, une aventure captivante à l'époque de l'Angleterre victorienne. Un régal de lecture pour tous dans une atmosphère envoûtante.

Montmorency est un personnage qu'on qualifie très vite de gentleman-cambrioleur. Dans ce 1er tome, l'auteur Eleanor Updale nous invite à découvrir et pénétrer les coulisses d'une mise en scène qui va gagner en puissance pour s'achever en ... Suspense !
L'ascension de Montmorency est admirable, de l'escroc à la petite semaine, rescapé d'une chute terrible qui aurait pu lui coûter la peau, ce criminel va purger sa peine et échafauder un petit plan grâce au tout nouveau réseau d'égoûts établi dans Londres. Ses combines vont lui permettre de faire sa fortune et de gagner une place honorable parmi la Haute Société britannique. Mais Montmorency a un double, plus rustre et malfaiteur, qui agit dans l'ombre.
On sent déjà les références à plein nez : Arsène Lupin, Dr Jeckyll et Mr Hyde, Frankenstein et Sherlock Holmes ! Ce 1er livre se lit d'une traite et déjà le lecteur s'impatiente de découvrir la suite des aventures. Elles ne vont pas manquer de piment, et s'annoncent tout aussi alléchantes ! De plus, l'Angleterre victorienne sert d'apanage à cette ambiance tout à fait exquise ! A découvrir.   238 pages / A partir de 11 ans.   (Avril 2004)

Montmorency_2Encore plus d'action dans ce 2ème tome ! On y croise un Montmorency tenaillé par une dépendance qui était hélas en vogue dans cette Angleterre du 19ème siècle... Son ami Lord Fox-Selwyn va lui venir en aide, n'hésitant pas à mettre en péril la couverture de cet ancien escroc reconverti en gentleman respecté. Car depuis cinq ans, Montmorency a évolué et mis au placard son passé de cambrioleur. Or, Lecassé n'est jamais bien loin, prêt à reprendre du service. Et avec lui, les vieux démons de Montmorency reviennent vite peupler ses nuits. Pour notre héros, il n'y a pas d'autres issues. D'abord il doit lutter pour se guérir de son mal et part se réfugier en Ecosse. Pensant couler une retraite tranquille, Montmorency va cependant être témoin de morts inexplicables sur l'île de Tarimond. Et en même temps, une série d'actes terroristes dans les gares londoniennes met la police en branle et requiert le retour de Montmorency dans la capitale ! Pourquoi ?

Dans ce 2ème tome beaucoup plus étoffé, on retrouve quelques personnages attachants aperçus dans le précédent livre, comme les femmes Evans, le Dr Farcett ou Cissie. Les intrigues sont cette fois-ci plus poussées et élaborées. On y croise plusieurs affaires, des pistes passionnantes et qui rappellent le double tranchant de cette société victorienne. L'idée de s'échapper vers la campagne écossaise donne aussi une idée plus pittoresque et charmante. Oui, inutile de tergiverser, cette série écrite par Eleanor Updale a de sérieux atouts à offrir aux jeunes lecteurs, et à ceux qui ne pensent pas que l'étiquette "jeunesse" soit un gage de qualité inférieure et dépréciable ! C'est une bonne série d'aventures avec des enquêtes, du rebondissement et une peinture de la société victorienne très bien brossée. A lire, donc.  345 pages  (Juin 2005)

Gallimard jeunesse, Folio Junior.  (Un 3ème tome vient de paraître en Avril 2007)

16 avril 2015

Vert Palatino, de Gilda Piersanti

Vert Palatino CD

Championnat de foot oblige, la brigade du commissaire d'Innocenzo est transcendée par les résultats des matchs, des points et du classement. Le boulot, pourtant, ne manque pas depuis le signalement d'une fillette disparue, sa mère éplorée de chagrin, et le crime d'un individu flirtant avec le milieu pédophile. Mariella de Luca, qui vient de décrocher sa mutation, cherche une corrélation et entraîne dans sa folie obsessionnelle son jeune stagiaire débutant. Les événements se précipitent lorsqu'une équipe d'archéologues prévient la police de leur macabre découverte. Mariella se rend sur place et rencontre le séduisant Paolo Ronca...

Cette nouvelle enquête est terrible, glauque et déprimante. De plus, il ne fait que pleuvoir sur Rome la Ville éternelle, alors que la fièvre gagne tous les esprits. Nerfs à vif, cœurs battant à tout rompre... c'est un pays entier qui retient son souffle, au rythme de la ferveur footballistique, à considérer comme une bulle de fraîcheur dans cette intrigue qui va émotionnellement secouer notre inspecteur principal. Et nous aussi. Au hasard de ses pérégrinations, Mariella va connaître l'enfer du remords et de la culpabilité, s'effondrer et envisager de tout plaquer. Heureusement, d'Innocenzo veille sur sa petite protégée...

Je pense que le lecteur ne sera jamais assez préparé à l'onde de choc et aux révélations faites par l'histoire. C'est un rendez-vous poignant et bouleversant que nous réserve Gilda Piersanti dans ce deuxième épisode des saisons meurtrières. Un polar sur fond de grisaille architecturale, de football et de passion amoureuse. Dur, mais prenant. 

Sixtrid, mai 2010 ♦ Interprété par Hélène Lausseur (durée : 6h 50) ♦  disponible aux éditions Pocket 

VERT PALATINO

16 avril 2015

Rouge Abattoir, de Gilda Piersanti

Rouge Abattoir CD

Un maniaque sexuel sévit-il dans un quartier huppé de Rome ? La liste des victimes ne cesse de s'allonger et alerte les riverains, au grand dam du commissaire d'Innocenzo. L'inspectrice Mariella De Luca est donc envoyée en renfort et va s'employer à débusquer la vérité selon des méthodes parfois peu orthodoxes. Elle cherche à tout prix à percer la carapace derrière laquelle se planque le couple des principaux suspects. Un projectionniste beau comme un dieu et sa sœur au tempérament acariâtre. Ils connaissaient les victimes ou ont croisé leur chemin, mais se défendent bec et ongles contre toute forme d'inculpation.

L'enquête suit ainsi son cours en mettant en place les pièces du puzzle, disséminées tout au long de l'intrigue, sans chercher à aviser le lecteur. Ce sera à lui de faire le tri dans le cumul des données s'il veut pister le coupable, mais de toute façon le dénouement lui paraîtra d'une logique implacable. L'intérêt du livre se situe aussi dans l'évasion promise, Rome la Ville éternelle, et la présentation des personnages au passé sombre et obscur, dont on a tout à découvrir (Mariella de Luca, qui consacre ses nuits à des activités licencieuses, et d'Innocenzo, qui porte en lui le mystère non résolu de son fils disparu).

Hélène Lausseur, la lectrice pour Sixtrid, a un débit rapide et une voix monocorde, qui ne m'ont pourtant jamais rebutée, car cela cadre à merveille avec l'atmosphère hivernale de l'histoire, et peut-être aussi parce que le récit ne dure que 6 heures, une moyenne honorable pour un livre audio. Voilà qui augure un bon début de série, à poursuivre sans tarder !

Sixtrid, janvier 2010 ♦ interprété par Hélène Lausseur (durée : 6h 16)  ♦ Ce roman constitue le 1er volet des Saisons meurtrières : après l'hiver dans Rouge Abattoir, les investigations de Mariella De Luca se poursuivent au printemps dans Vert Palatino, en été dans Bleu Catacombes et à l'automne dans Jaune Caravage. ♦

Également disponible chez Pocket

ROUGE ABATTOIR

24 mars 2015

Mauvaise base, de Harlan Coben

MAUVAISE BASE

Myron Bolitar #6

Après sa série de coups durs survenus dans l'épisode précédent (Temps mort), Myron Bolitar a pris le large et décompresse sur une île paradisiaque, en charmante compagnie. Mais la réalité se rappelle à lui en apprenant que sa nouvelle assistante est dans le pétrin, accusée d'avoir assassiné un de leurs clients. Or, elle refuse tout contact avec lui, a engagé une redoutable avocate et entend se dépatouiller seule.

Myron n'en a cure et revêt sa cape de Superman pour débroussailler cette affaire qui confronte à la fois dopage, adultère, concurrence déloyale et vieille vengeance qui ronronne au coin du feu. Dans l'ensemble, l'intrigue s'en tire à bon compte, on retrouve les quelques ruses d'usage, les rencontres qui se soldent sur des pêches et la galerie de personnages stéréotypés (soirée mémorable au bar Take a guess !).

L'issue finale est également une bonne trouvaille, qui boucle une lecture plaisante et conforme aux attentes. Et puis, comment ne pas savourer les réparties ringardes, les boutades de notre cher Myron et les envolées pompeuses de Coben ? ! Plus les blagues sont nulles et lourdes, plus je m'esclaffe. Et j'en redemande.

Pocket, août 2012 pour la présente édition ♦ traduit par Paul Benita (The Final Detail)  pour les éditions Fleuve Noir

Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité