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Chez Clarabel
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10 mars 2016

La journée de Noé, de Catherine Dolto & Colline Faure-Poirée

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Cet album nous invite à découvrir la journée typique d'un bambin, depuis son lever, son départ pour la crèche, ses jeux, le repas à la cantine, la sieste, son retour à la maison, le bain, la lecture du soir et son coucher. Ce sont autant de rituels qui ponctuent la journée, dite ordinaire, d'un enfant de 2/3 ans. La lecture peut se suivre par les yeux (les illustrations d'Amélie Graux sont charmantes), à voix haute ou grâce aux puces sonores. J'ai peut-être trouvé ça nunuche, mais j'ai bien conscience que cet album touche les jeunes enfants, qui se sentent rassurés par cette routine et qui apprécient de découvrir qu'ils ne sont pas les seuls à suivre le mouvement. Et tout ça, avec le sourire plaqué sur le visage, des parents figés dans leurs rôle, dans une belle harmonie qui transpire la zen-attitude ! C'est limite trop parfait, à mon goût. ^-^  

Gallimard Jeunesse / Coll. Giboulées ♦ Mars 2016

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24 mars 2016

Créance de sang, de Michael Connelly

Créance de sang

L’ex-agent du FBI, Terry McCaleb, se remet tout doucement d'une opération à cœur ouvert. Astreint à un repos forcé, il profite de l'occasion pour bichonner son bateau et occupe son temps libre entre la pêche et éplucher ses vieux dossiers. La visite d'une inconnue, Graciela Rivers, vient cependant perturber sa tranquillité alors qu'elle se présente comme étant la sœur de Gloria Torres, abattue à bout portant alors qu'elle faisait ses emplettes, laissant son fils orphelin. Ce drame a cependant été profitable à Terry, désormais le récipiendaire du cœur de la victime. En l'apprenant, McCaleb est sous le choc et accepte d'enquêter sur le meurtre de Gloria. La suite de l'intrigue n'est cependant pas aussi époustouflante qu'un habituel roman de Connelly, on a les rebondissements et le suspense d'usage, l'ensemble se laisse lire avec plaisir, mais il lui manque ce petit truc capable de faire la différence. Terry McCaleb n'a d'abord pas su me convaincre, c'est un personnage éteint, qui a tendance à verser dans la sensiblerie (imaginez Clint Eastwood dans son rôle convient tout à fait !). De plus, le bouquin se noie dans des niaiseries sentimentales qui rendent l'histoire et son sujet (le traitement des dons d'organes) beaucoup trop mielleux ou pas crédibles du tout. Sans être une déception, le roman est quelconque, avec une fin nunuche et mortifiante. En somme, on a un rendez-vous attendu et classique, parce que c'est du Connelly, mais la lecture est assez sommaire. Il est temps de retrouver Harry Bosch... ;-)

Traduit par Robert Pépin pour les éditions du Seuil (Blood Work)

Points coll. Policier / novembre 2013 pour la présente édition

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23 mars 2016

Le Chien des Baskerville, d'Arthur Conan Doyle

Le chien des Baskerville CD

Comment expliquer la terrible malédiction qui frappe la famille Baskerville depuis des générations ? Les héritiers sont tous victimes d'une mort atroce. On parle aussi d'un chien sauvage et démoniaque rôdant sur la lande pour terroriser les propriétaires du domaine. Soucieux de faire taire les rumeurs, le Dr Mortimer se rend au 221B Baker Street pour solliciter la science de l'éminent Sherlock Holmes. Sir Henry Baskerville arrive tout juste d'Amérique pour prendre possession de son titre et de ses terres, il ne faudrait pas non plus que le malheureux s'ajoute à une trop longue liste de victimes. Après avoir attentivement écouté le récit de cette sombre histoire, Holmes envoie Watson sur place. Il sera ses yeux et ses oreilles et rédigera ses rapports avec une précision extrême. On le sait, chaque détail a son importance et les protagonistes sont tous de potentiels coupables - du couple de domestiques, aux agissements nocturnes douteux, à l'unique et lointain voisin des Baskerville, Mr Stapleton, un féru de naturalisme, et sa ravissante sœur, dont Sir Henry s'éprend sur le champ. 

L'ambiance est lourde et sournoise sur la lande du Devonshire, où plane une légende aux accents fantastiques qui tourmente les pauvres âmes errantes. C'est trouble, poignant et captivant, mais aussi magnifiquement guindé, avec ce charme suranné qui rend les histoires de Sherlock Holmes si pompeuses mais fascinantes. Le détective est certes un peu en retrait dans cette intrigue, mais celle-ci en conserve néanmoins toute son empreinte. 

Texte lu par Bertrand Suarez-Pazos qui donne vie à tous les personnages du roman et nous entraîne dans une enquête riche en mystère et en suspense. La réalisation sonore rythme l'action avec espièglerie et volubilité. L'effrayant chien des Baskerville est incarné de façon saisissante par le timbre clair et puissant de la clarinette basse. Une excellente écoute avec un livre audio impeccable sous tous ses aspects. 
Musique composée et interprétée par Gilles Dimanche.


Gallimard Jeunesse, coll. Écoutez lire / Mars 2016

Ill. de couverture : Pascal Rabaté -- Trad. de Bernard Tourville

Texte abrégé, lu par Bertrand Suarez-Pazos (env. 3h 40)

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2 avril 2016

#Mes petits imagiers sonores : Mes comptines des animaux / Mes musiques pour danser ♦ Mon imagier de la poésie

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La collection des Petits Imagiers Sonores continue de s'enrichir de titres colorés et attrayants, en s'adressant aux plus jeunes lecteurs et en leur proposant une sélection de comptines, la plupart figurant déjà parmi les incontournables : Une poule sur un mur ; Le loup, le renard et la belette ; Une araignée sur le plancher ; Cours, cours petit cochon ; La chèvre ; Un canard a dit à sa cane.

Encore une joyeuse perspective, autour des animaux, pour compléter sa collection ! Illustrations d'Elsa Fouquier.

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Ouhlàlà, bougez les meubles, faites place dans la maison, avec ce petit album à écouter, vos enfants vont réclamer quelques pas de danse pour bouger leur popotin ! Il y a, au choix, du tango, du charleston, de la salsa, de la valse, du rock-n-roll et du hip-hop.

Certes, les petites puces sonores n'envoient que quelques secondes d'une musique parfois tapageuse et approximative, mais l'esprit y est ! Ça swingue, ça groove, ça move... sur des illustrations de Marion Billet, toujours aussi animées et éclatantes de jovialité ! 

Dansez jeunesse ! ^-^

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Pour calmer les esprits excités par cette approche musicale bigarrée, on plonge son nez dans ce bel imagier illustré par Olivier Latyk, qui rassemble les plus célèbres poèmes, mis en musique par Joseph Kosma & Jean-Philippe Crespin, et interprétés par des voix d'enfants.

Ces mélodies riches et entêtantes aideront probablement vos chers bambins à retenir plus facilement, ou du moins à connaître et entendre, des titres comme Le Corbeau et le Renard de La Fontaine, Il pleure dans mon cœur, ou Dame Souris trotte, de Verlaine, mais aussi Le Dromadaire, ou La Carpe, de G. Appolinaire, Le vieux piano, de Maurice Carême, sans oublier Max Jacob, Paul Fort, Victor Hugo et Robert Desnos.

Une lecture précieuse, délicate et appréciable à feuilleter ou écouter de temps en temps (car ce n'est pas que pour les mômes non plus !). ^-^

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Gallimard Jeunesse ♦ Mars / Avril 2016 

26 mars 2016

Mes premiers airs de rock / Mon petit Chopin

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Avec ses puces sonores, cet album fait découvrir quelques airs de rock pour les plus jeunes, depuis Elvis (1956) à Nirvana (1992), en passant par les Beach Boys, les Stones, The Clash et Bruce Springsteen !

Ce joli tour d'horizon est épatant. La lecture, sur une musique réarrangée, au son néanmoins strident, est une plongée exaltante dans un genre musical décapant. Les illustrations d'Aurélie Guillerey, pleines de fraîcheur, confirment la tendance virevoltante et l'esprit pétulant de l'ouvrage.

Un chouette collection, adaptée pour les plus jeunes ! Et longue vie au rock. ^-^

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Changement de registre avec la musique de Chopin :  La Grande valse brillante, La Polonaise, La valse du petit chien, La goutte d'eau, Le papillon, Nocturne figurent au programme du recueil. 

C'est toujours à l'aide de petites puces sonores que l'enfant découvrira les airs classiques du compositeur et pianiste virtuose, avec des illustrations charmantes (Séverine Cordier) pour apporter une touche de tendresse et rendre l'ouvrage plus accessible. 

Encore un titre fabuleux, qui invite à l'éveil musical et donne envie de danser la valse ou tournoyer comme un petit chien tout fou ! ;-)

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Gründ / Mars 2016

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4 mars 2016

Les Monstres, de Lauren Beukes

Les Monstres

La police de Detroit vient de découvrir le corps mutilé d'un jeune garçon, dans une mise en scène sordide et révoltante (une bouillie de membres humains associés à des restes de cerf). L'inspectrice Gabriella Versado, chargée de l'enquête, est horrifiée par tant de perversité et ne va plus compter plus ses heures au boulot, délaissant malgré elle sa fille de seize ans, Layla, une adolescente solitaire et mal dans sa peau, qui va également occuper son temps libre de façon irréfléchie, en traquant les prédateurs sexuels sur le net (une idée de sa copine Cass, qui cherche à masquer sa fragilité derrière son insolence). D'autres personnages viennent compléter le tableau, dont Jonno, un pauvre type en quête de scoop pour son blog, ou Clayton Broom, au profil psychologique particulièrement instable. De toute manière, dans ce livre, rien n'est clair, tout fonctionne de travers. On y trouve une palette d'individus affligeants, dont les destinées semblent avoir été brassées grossièrement, dans un récipient vide et creux. Et puis ça sent très fort la fatalité, coincé dans un décor lugubre et morose. L'ambiance générale tend carrément à la déprime, à la désolation, au misérabilisme. L'histoire, enfin, est lourde, pesante et trop bizarre... pas du tout palpitante. Même le dénouement poussif tourne au ridicule les plus grandes scènes de suspense haletant. Là, sans rire, c'est pitoyable. Honnêtement, j'attendais plus de frissons. Au lieu de ça, cette première approche de l'univers, réputé sulfureux, de Lauren Beukes n'a été que déception et amertume. Sa vision trop noire et dérangeante du roman policier, conjuguée aux codes du fantastique, n'a pas su me convaincre.

Presses de la Cité / Coll. Sang d'encre ♦ Juin 2015

Traduit par Laurent Philibert-Caillat (Broken Monsters)

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible, 
uniquement disponible en téléchargement.

Les monstres | Livre audio

Lu par : Gaëlle Savary / Durée : 14 h 15   (P)2015 Audible FR

11 février 2016

Atma, gardien des esprits, par Shuky & Gorobei

Tome 1 : À la recherche de Sara

Atma T1 Gardien des esprits

Attention, les amis, si la grisaille ambiante vous ronge le moral, tentez cette lecture absolument désopilante, et qui ne se prend pas au sérieux, vous êtes assurés d'une bonne séance de rires et gloussements qui font un bien fou.

Après avoir passé la journée à pêcher sur le rivage de son île paradisiaque, Atma rentre au village et découvre que tous les habitants ont disparu. Sa grand-mère est dans un piteux état et lui confie que sa sœur Sara a également été enlevée. Atma a à peine le temps de se remettre de ses émotions qu'il fonce dans sa barque pour courser les individus malfaisants. Aidée de deux amis, il décide de prendre d'assaut la prison des envahisseurs, des pirates connus sous le nom de zizigouilleurs, à la mine patibulaire, mais décidément trop stupides pour être dangereux. La suite de l'histoire le prouvera. Atma et ses potes se faufilent partout où ils veulent, à force de ruses et de faux-fuyants, ça ne fait pas du tout frissonner, juste glousser de bonheur. Car c'est franchement drôle et on se marre du début à la fin. L'histoire est entraînante, plongée dans un univers proche du jeu vidéo, aux couleurs acidulées et au graphisme tout en rondeurs, elle distille aussi un peu de tension (kidnapping, disparition, mort) sans être trop solennelle et introduit une donnée fantastique sur le don supposé d'Atma, qui voit des lumières, lesquelles seraient des âmes bienfaisantes censées le guider dans sa fonction de gardien. J'espère en apprendre davantage par la suite. Forcément, cette série à l'univers déjanté ne pouvait que se multiplier, et j'en suis fort aise. Pour l'heure, on ne s'ennuie pas un instant et on savoure les répliques des personnages, leurs mimiques et leurs expressions. Bon public, j'ai adoré et ricané plus d'une fois. Cette bande dessinée, destinée évidemment à un jeune public, a su largement me conquérir. ;-)

Makaka Editions / Janvier 2016

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27 janvier 2016

Literary Life, Scènes de la vie littéraire, par Posy Simmonds

Literary Life

Ces chroniques, parues chaque samedi entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review, évoquent le charmant milieu littéraire, de l'édition à la librairie, de l'auteur à l'illustrateur, du critique au lecteur, non sans une certaine férocité. L'auteur passe, en effet, tout au crible, du libraire indépendant qui se débat pour survivre face à la concurrence déloyale du monstrueux médiastore, de l'écrivaillon en souffrance, qui rêve de gloire et de reconnaissance, de l'auteur imbu de sa personne, qui s'imagine être la coqueluche du public et de la presse, des séances de dédicace désertes, des cocktails pour lancer tel ou tel livre, de l'inspiration, de la page blanche, des ennemis cachés, des louanges et des propos assassins. Oui, la vie littéraire est digne d'un roman policier. C'est grinçant, c'est mordant, cela vous poignarde ci et là, ça vous flingue une réputation, un nom, un titre, un rêve, un désir. C'est assez criant de vérité, et les plus concernés en riront jaune. Posy Simmonds épingle les travers de ses semblables, torpille les clichés (la littérature jeunesse, le mythe du cottage anglais et son charme bucolique, Jane Austen confrontée à notre époque... no way !). C'est une lecture drôle, sarcastique, proposée avec un certain flegme britannique très appréciable.  Une chouette découverte.

Folio BD / Novembre 2015 ♦ Trad. de l'anglais par Corinne Julve et Lili Sztajn

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6 février 2016

Nos Saisons, de Virginie Aladjidi & Caroline Pellissier - ill. par Emmanuelle Tchoukriel

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Magnifique album que celui-ci ! Un album qui parle de souvenirs et d'enfance, et toutes ces heures passées à jouer dans le jardin, à observer la nature et à en tirer le meilleur pour occuper de pleines journées, au fil des saisons.

Il souffle sur cette lecture un formidable vent de nostalgie, et les émotions sont magiques, car jamais tristes, juste éblouissantes.

Cet album est donc une pépite, de tendresse, de douceur, de délicatesse. On y retrouve avec joie une liste de petits bonheurs : danser en écrasant les feuilles d'automne, souffler dans le froid pour voir la buée sortir de la bouche, suivre les traces des moineaux dans la neige, cueillir des coucous pour en faire des couronnes et des bouquets, construire des cabanes de bois, batifoler près de la rivière, guetter le hérisson qui ne vient jamais, cueillir des mûres et les dévorer avant d'en faire des confitures, ramasser des champignons...  

C'est une histoire intemporelle, car les souvenirs, sensibles et poétiques, n'appartiennent pas seulement au passé : ce sont aussi les aventures minuscules et extraordinaires de chaque enfant aujourd'hui et demain. C'est beau et poignant, jusque dans les illustrations, précieuses et raffinées, aux couleurs douces, qui apportent une ambiance paisible et harmonieuse. Un joli coup de cœur ! ♥

Nathan / Janvier 2016

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10 février 2016

Vu, lu & écouté, mon (bref) avis

Pietra Viva

Pietra Viva, par Léonor de Récondo

Interprété par Lazare Herson Macarel

 Sixtrid / Juin 2015 ♦ Durée : 3h 54mn

RÉSUMÉ DU LIVRE AUDIO

Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son œuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo. Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

MON (BREF) AVIS

Poétique et bouleversant, ce roman, à l'écriture trop maniérée, ne m'a pas du tout séduite. L'œuvre, de courte durée, paraît cependant bien longue et l'histoire a fini par me lasser. Je n'ai pas réussi à embarquer à bord, malgré une lecture convaincante de Lazare Herson Macarel.

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L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir

L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir, par Rosa Montero

Interprété par Hélène Lausseur

Sixtrid / Octobre 2015 ♦ Durée : 5h 14mn 

RÉSUMÉ DU LIVRE AUDIO

Chargée d’écrire une préface pour l’extraordinaire journal que Marie Curie a tenu après la mort de Pierre Curie, Rosa Montero s’est vue prise dans un tourbillon de mots. Au fil de son récit du parcours extraordinaire et largement méconnu de cette femme hors normes, elle construit un livre à mi-chemin entre les souvenirs personnels et la mémoire collective, entre l’analyse de notre époque et l’évocation intime. Elle nous parle du dépassement de la douleur, de la perte de l’homme aimé qu’elle vient elle-même de vivre, du deuil, de la reconstruction de soi, des relations entre les hommes et les femmes, de la splendeur du sexe, de la bonne mort et de la belle vie, de la science et de l’ignorance, de la force salvatrice de la littérature et de la sagesse de ceux qui apprennent à jouir de l’existence avec plénitude et légèreté. Vivant, libre, original, ce texte étonnant, plein de souvenirs, d’anecdotes et d’amitiés nous plonge dans le plaisir primaire qu’apporte une bonne histoire. Un récit sincère, émouvant, captivant dès ses premières pages. Le lecteur sent, comme toujours avec la vraie littérature, qu’il a été écrit pour lui. 

MON (BREF) AVIS 

C'est à la base un bel hommage à Marie Curie, qui finit en digression pour dévoiler le témoignage sincère et émouvant d'une femme endeuillée. Intime et très personnel, au risque de paraître un tantinet verbeux et trop affecté, ce texte ne m'a pas totalement touchée, même s'il est interprété avec beaucoup de talent et de pudeur par Hélène Lausseur.

2 février 2016

Nymphéas Noirs, de Michel Bussi

NYMPHÉAS NOIRS

À Giverny, berceau de Claude Monet, la découverte du corps d'un ophtalmologiste gisant dans l'eau, plaie béante au cœur, crâne ouvert, provoque un choc émotionnel, même s'il faut bien admettre que la victime n'était pas sans tache non plus. Réputé pour être un coureur de jupons, Jérôme Morval aurait payé sa nature butineuse. Et très vite, les rumeurs grondent dans le village, des photos sont adressées anonymement aux enquêteurs, rendant perplexe le nouvel inspecteur, Laurenç Sérénac. Avec son look de jeune motard, blouson de cuir, sourire rebelle, l'homme fait palpiter le cœur de la ravissante institutrice, Stéphanie Dupain, dont le mari devient, dans la foulée, le suspect principal. L'adjoint Sylvio Bénavidès tente de freiner les ardeurs de son supérieur, certes beau gosse et érudit, tout en fouillant activement dans les archives des musées, dans les mémoires collectives, ou se lançant sur la piste de tableaux volés, des Monet authentiques, débusquant par la même occasion la mort accidentelle d'un môme de onze ans, classée sans suite, malgré les protestations de la mère convaincue du contraire. Cette lecture, finalement, possède un charme éthéré, calfeutré sous la couche du suspense, des crimes à répétition (eh oui... ce n'est pas faute d'avoir été prévenus non plus), des silhouettes floues et fuyantes qui parcourent les rues de Giverny, ressassant des souvenirs, élaborant des théories, tels “des yeux de hibou qui voit et sait tout”. C'est aussi une lecture étrange, empreinte d'émotions et chargée de points de suspension. On devine plus qu'on ne suppose, tout en pénétrant dans une intrigue nébuleuse et inquiétante, mais tout de même enveloppée dans un voile vaporeux, du moins c'est ce que je ressens après avoir tourné la dernière page. La fin du roman est franchement déconcertante. Limite poussive, pour dire la vérité. J'avais anticipé ce revirement et les révélations qui en découlent, aussi je n'ai pas été totalement ébahie par la découverte. Mais l'entourloupe est brillante et originale, drôlement bien suggérée et servie royalement sur un plateau. On est en droit de relire le roman pour le considérer autrement ! Livre après livre, Michel Bussi convainc, séduit, touche et surprend. Il use et abuse de jeux de miroirs pour semer la zizanie et mystifier son lecteur, lequel saisit les nuances et apprend à déjouer les plans de l'auteur, sauf que ce petit jeu de dupes fait vite tourner les têtes et esquinte les nerfs. Mais c'est de bonne guerre. ;-) À la lecture, Colette Sodoyez, plaisante et agréable, nous embarque dans cette histoire pour le moins troublante et évanescente. 

 Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Colette Sodoyez (durée : 13h 40)

Téléchargez l'extrait (mp3, 2 Mo)

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015

14 janvier 2016

La Mystérieuse affaire de Styles, d'Agatha Christie

Anne, des Mots et des Notes, a mis à l'honneur Agatha Christie le 12 janvier dernier, pour célébrer le 40ème anniversaire de sa disparition. J'ai réalisé alors que je manquais cruellement de lectures du genre et qu'il fallait là encore me mettre à jour en picorant savoureusement les romans de cette divine « Reine du Crime ». Quoi de mieux - donc - que son premier livre édité, en octobre 1920, aux USA (l'année suivante, en Grande-Bretagne), celui-là même où apparaît, non sans une certaine fatuité, le fameux détective belge, Hercule Poirot !? ;-)

La mystérieuse affaire de Styles

L'histoire est rapportée par Arthur Hastings, invité à séjourner dans la demeure de Styles, dans l'attente de son nouveau poste, quand la maîtresse des lieux, Mrs Inglethorp, est assassinée dans sa chambre. Tout accuse son nouvel époux, le sombre et taciturne Alfred Inglethorp, qui ne cherche même pas à se défendre et se drape derrière des attitudes fuyantes et suspicieuses. Sur ce, intervient notre bon ami, Hercule Poirot, qui réside à proximité, avec d'autres compatriotes. Le détective va ainsi assister l'inspecteur Japp dans son enquête en interrogeant les protagonistes, en fouillant les lieux et en rencontrant les domestiques. Il va mettre en lumière une redoutable affaire d'empoisonnement, orchestrée de main de maître, et c'est à l'issue d'une « enquête publique » qu'il va incriminer le coupable au terme d'une démonstration habile et irréfutable. Tout est là, dissiminé parmi des indices quelconques (un feu de cheminée allumé en plein été, une tache de café sur le tapis, un testament revu et corrigé, la peur du scandale). Notre cher Poirot ne laissera aucun détail et épluchera les dessous de cette mystérieuse affaire de Styles pour brandir la solution avec un réel génie. Hanlala... que c'était bien ! Moi qui suis friande des polars noirs, bien violents, au risque d'être trop écœurants, je fonds aussi complètement pour ces romans à l'ambiance désuète, au ton guindé et aux manières empruntées. Je m'en vais délecter d'autres  bouquins du genre... comme un besoin de me gaver de vieilleries bien réconfortantes, qui câlinent ma fibre nostalgique du moment. 

Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque ♦ Traduction originale de Marc Logé en 1932, revisitée par Thierry Arson en 1990 (The Mysterious Affair at Styles)

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26 janvier 2016

Quatre Sœurs, 3. Bettina, de Cati Baur (d'après Malika Ferdjoukh)

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Place, place au troisième tome de la génialissime série des Quatre Sœurs, dans son excellente adaptation en bande dessinée par la brillantissime Cati Baur ! 😍 Et je n'exagère pas. 

Aaaah, qu'est-ce que c'est bien ! Au risque de me répéter, et gazouiller niaisement des mots d'amour, cette lecture est mon instant doudou par excellence. On trouve tout dans cette série : de l'humour, de la tendresse, des frangines extras, des colères, des larmes, des gratins, des coups de cœur, des gamins turbulents, des vacances, des garçons, et des filles, des premières amours, des ruptures, des fantômes, des lettres, des robes, des chansons et des danses, des coups de fil, des coups de déprime, des câlins, des cafards, des bisous, des poireaux, des cigarettes, des cerises et des nuits blanches...

C'était sensationnel. Merci mille fois. 

Les filles Verdelaine ont donc du souci à se faire pour entretenir la grande maison familiale. L'argent manque. Charlie lance l'idée de louer la chambre des parents à un inconnu. Onde de choc et instant d'émotion chez nos demoiselles. Puis, toutes vont céder la bouche en cœur avec l'arrivée de Tancrède. Il est beau, mystérieux, charmant et différent de Basile. Lui, le grand frère attentionné. Le roi du couscous. L'amoureux de Charlie. « Ce pauvre Basile est amoureux de la Vill'Hervé et de son contenu. » Et Charlie en a assez de couver... elle veut sentir son corps vibrer, son cœur bondir hors de sa poitrine, elle veut être belle et désirable, briser ses chaînes de petite fille trop sage et grande sœur modèle. Go, Charlie ! Vis ton rêve. Et enflamme l'assistance, avec « une robe de festival de Cannes, une robe de bal chez l'ambassadeur, pas une robe de sœur » !

Et on vit à fond cette histoire naissante, cette passion amoureuse qui balaie tout sur son passage, tandis que d'autres traînent des petites mines chiffonnées et épongent avec peine leurs chagrins qui débordent de partout. Oh, que c'est douloureux aussi ! Une lecture qui donne autant de joie que de pincement au cœur. C'est si bon, et tellement fort. Je suis amoureuse de cette série, de son histoire fantasque, avec ses mots et ses expressions uniques et rigolotes, et fatalement je suis envoûtée par la bande dessinée, dont l'esprit, les couleurs, les illustrations correspondent trait pour trait à ce que j'avais en tête, je savoure chaque miette de ma lecture. Miam, miam. 

Cati Baur respecte la magie, la poésie et l'espièglerie de cette série avec son talent, sa simplicité, sa sensibilité et sa fraîcheur. Quel délicieux cocktail de talents. C'est idiot, mais j'appréhende la publication (l'an prochain) du tome 4. Ce sera comme dire au revoir, encore une fois, à des personnages devenus des proches amis, presque une deuxième famille (beh oui, moi aussi j'ai des frangines infernales, qui me vampirisent joyeusement). ;-) N'y pensons pas. Et puis la relecture est aussi un plaisir infini. 

Pour l'heure, lâchons la main de Bettina, de Hortense, d'Enid, de Charlie... et patientons jusqu'aux prochaines retrouvailles, avec une Geneviève secrète et pas si légère, qui aura aussi le tournis pour un beau et étrange garçon. Gnéééé... Cati Baur et Malika Ferdjoukh, vous êtes mes héroïnes ! 😘 😺

« Un centimètre de bonheur, de délices déraisonnables plutôt qu'un hectare de quiétude et de modération. Quelle audace, notre Charlie. Tout ça pour une baraque en ruine et quatre frangines qui ne valent pas un pet. »

Rue de Sèvres / Janvier 2016

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11 janvier 2016

Ma grand-mère vous passe le bonjour, de Fredrik Backman

« On peut être triste alors qu'on mange des pères Noël en guimauve. Mais c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus difficile. »

Ma grand-mère vous passe le bonjour

Beau et troublant roman à la fois ! 

Elsa, 7 ans, et sa grand-mère, teigneuse et fière de l'être, entretiennent une relation forte et étonnante. Tout bascule lorsque la grand-mère est emportée par la maladie, confiant à sa petite-fille la délicate mission de retrouver des lettres cachées dans leur immeuble, puis de les distribuer aux personnes concernées. Pour la fillette, déjà éprouvée par cette perte subite et injuste, la tâche est d'abord vécue comme un calvaire car cela l'oblige à sortir de sa zone de confort, croiser du monde et communiquer, assumer sa singularité et celle des autres. Ce n'est pas chose facile pour cet enfant peu ordinaire, à l'intelligence précoce, qui adore Harry Potter et les histoires de super-héros, qui récite Wikipedia sur le bout des doigts, qui condamne vite et bien - comme sa grand-mère. Pourtant, Elsa est une petite fille solitaire et malheureuse, victime de brimades à l'école, se sentant souvent ballottée entre une maman qui travaille beaucoup et un papa qui a refait sa vie avec une autre femme. En plus, l'arrivée du nouveau bébé - la Moitié - chamboule notre demoiselle qui avait coutume de se réfugier dans les fables que lui racontait sa grand-mère. Maintenant, c'est fini. Et Elsa se sent abandonnée. Toutefois, elle décide de donner une chance à la dernière requête de sa grand-mère et va découvrir qu'elle est entourée par une réalité beaucoup plus mystérieuse, secrète et magique qu'elle ne le pensait. Une réalité proche des contes et légendes fantastiques que celle-ci affectionnait. Et pour cause.

Cette histoire aux accents fantaisistes est aussi terriblement émouvante et attachante, parce qu'elle met en avant un formidable binôme, parce qu'elle parle d'amour, de famille, de perte et de deuil, mais aussi de renouveau et de seconde chance. Même si j'aurais apprécié qu'on abrège les digressions et autres délires excentriques, parfois trop lourds pour le rythme du récit, j'ai passé un formidable moment à écouter Bernard Gabay me gaver de folies douces et tailler le portrait génial d'une mamie exubérante, qui va aider sa petite-fille à aimer pleinement la vie et ceux qui l'entourent. ☺

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

(P)2015 Audible FR  ♦  Lu par : Bernard Gabay  (durée : 12 h 54)

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©Traduit du suédois par Laurence MENNERICH (Min mormor hälsar och säger förlåt) 

pour les éditions PRESSES DE LA CITÉ

Ma grand-mère vous passe le bonjour Presses de la Cité

23 janvier 2016

Le Meurtre de Roger Ackroyd, d'Agatha Christie

Le meurtre de Roger Ackroyd

Le village de King's Abbot est sous le coup de l'émotion après la mort soudaine de Mrs Ferrars, probablement empoisonnée, victime d'un maître-chanteur, dont seul son ami et voisin Roger Ackroyd avait connaissance de l'existence. Mais peu après avoir eu vent de son identité, lui aussi est retrouvé mort, dans son fauteuil, près de la cheminée, alors qu'il s'était enfermé à double tour dans son bureau. Le docteur Sheppard, également le médecin du village, est témoin des événements qu'il relate dans ce roman particulièrement bien troussé ! Car Sheppard va également faire la rencontre de sa vie, en la personne de son nouveau voisin, un petit belge comique, qui maltraite son potager et expédie ses citrouilles de mécontentement, manquant assommer notre narrateur. L’incomparable Hercule Poirot entre alors en scène... Soucieuse de rendre justice à son oncle, Flora Ackroyd supplie le détective, pourtant à la retraite, de démasquer la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Amen. Et il aura fort à faire concernant l'entourage du riche et exigeant Ackroyd. Tous sont vraisemblablement coupables de mensonges, petits et gros, qui nuieraient à la résolution de l'enquête. Il enjoint donc famille, amis ou domestiques d'aller à confesse, notre ami Poirot est tout ouïe. Cette lecture vaut franchement le détour, rien que pour son suspense, sa construction et sa fameuse pirouette. Le scénario ici est habile et inventif, clairement en avance sur son temps, il réinvente les codes et bouscule les traditions... c'est du grand art ! Et puis c'est drôle, raconté avec une pointe d'ironie, dont l'apparition épique de Hercule Poirot ! Notre jeune retraité, qui se languit de son ami Hastings, parti en Argentine, est en mal d'ami et va élire Sheppard comme étant son nouveau confident. La sœur de celui-ci, Caroline, mettra également son grain de sel, avec ses bavardages incessants et son goût prononcé pour les commérages, elle sera d'une aide précieuse pour la conduite de l'enquête, et séduira Hercule autrement que par sa confiture de nèfle. ;-) Une lecture indispensable. Chapeau, Dame Agatha ! 

Le Masque, coll. Masque Christie / mars 2007 ♦ Traduction entièrement révisée par Françoise Jamoul  (The Murder of Roger Ackroyd, 1926)

Le meurtre de Roger Ackroyd 2013

Bibliothèque idéale d'A.Christie (Novembre 
2013) Couverture par Martin Parr

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : des taches de sang

5 février 2016

Destination inconnue, d'Agatha Christie

 Destination inconnue

Les services secrets britanniques sont aux cent coups, depuis l'étrange disparition du scientifique Thomas Betterton. Son épouse prétend ne rien savoir mais annonce qu'elle doit quitter le pays sur avis médical. Olive Betterton prend donc son vol pour Marrakech mais est victime d'un accident. Hospitalisée, en piteux état, la femme décède en glissant quelques mots à l'oreille d'une inconnue, venue exprès à son chevet. Hilary Craven, fraîchement recrutée pour servir d'appât, doit usurper l'identité de Mrs Betterton et continuer son voyage vers l'inconnu, en supposant qu'il la conduira jusqu'au scientifique. C'est grâce à sa chevelure rousse, semblable à celle de l'épouse décédée, que son sort a basculé vers une destinée plus excitante et romanesque. Car Hilary n'avait plus le goût de vivre et ruminait des idées suicidaires lorsqu'elle a rencontré un agent convaincant et sarcastique (leur première entrevue est franchement piquante !). Elle prend vite à cœur sa nouvelle mission et s'embarque pour une série d'aventures inattendues et passionnantes. Ce roman d'espionnage, pour le moins original et audacieux pour l'époque, ancrée au début des années 50, s'inspire d'une aura politique très pesante, celle de la guerre froide, avec les courants communistes, les idéologies flamboyantes, la démocratie remise en question et la fuite des cerveaux, devenue une récurrence inquiétante pour le monde occidental. Les considérations philosophiques apparaissent donc de façon flagrante et priment parfois sur l'action, sans toutefois susciter de l'ennui ou du désintérêt. En effet, plus que son histoire d'agent double et de duperie, Agatha Christie propose un regard équivoque sur l'époque d'après-guerre et rend sa lecture plus enrichissante qu'une simple distraction ! 

Le Livre de Poche ♦ Publication Septembre 2010 pour la présente édition ♦ Traduction de Janine Lévy (Destination Unknown, 1954)

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un globe terrestre

4 janvier 2016

Veux-tu m'épouser 100 fois ? par Holly Martin

Veux tu m épouser 100 fois

Vendre du rêve et de l’amour, voilà le travail de Suzie. Et son agence La Proposition Parfaite fonctionne plutôt bien – c’est même la seule chose qui tient la route dans sa vie. Jusqu’à ce que Harry, son meilleur ami et associé, décide de l’embarquer dans un plan de communication complètement FOU.
100 jours.
100 demandes en mariage.
Elle et lui dans le rôle des fiancés.
Un jeu qui pourrait être divertissant si Suzie n’était pas désespérément et secrètement amoureuse de Harry. Quoi de pire que de se faire demander en mariage non-stop pendant trois mois par l’homme que l’on aime depuis des années ?…

🌟🌟🌟🌟🌟🌟

Cette lecture possède un charme fou et n'usurpe nullement son titre de comédie adorable avec des personnages très attachants. Pendant 430 pages, grosso modo, Suzie et Harry partagent avec nous les hauts et les bas de leurs émois, dans une aventure qui ne manquera pas de vous surprendre, de vous agacer, mais surtout de vous éblouir. Suzie et Harry sont les meilleurs amis du monde. Lui est gentil, attentionné, charmeur et patient. Elle est rigolote, jalouse et soupe-au-lait, mais surtout très à fleur de peau depuis le décès tragique de son frère. Lorsque Suzie réalise qu'elle est tombée amoureuse de Harry, elle s'en mord les doigts, hésite longuement avant de l'accepter, puis de partager ses sentiments. Et si ce n'était pas réciproque, est-ce que cela ne ruinerait pas une amitié exceptionnelle ? De son côté, Harry masque aussi son attachement derrière des démonstrations de tendresse et de dévouement qui en feraient fondre plus d'une. Ce type est d'une délicatesse exemplaire. Lui aussi tente de se protéger derrière des pirouettes, parfois maladroites, et qui font souvent tourner en bourrique notre héroïne. Grand séducteur, Harry a tendance à collectionner les aventures sans lendemain, au grand dam de Suzie. Leur histoire n'est donc pas toute tracée, toute simple, toute douce et mielleuse. C'est au contraire particulièrement mouvementé, avec des éclats de rire, et de grands éclats de voix. J'étais verte de les voir se chamailler pour des malentendus, d'autant plus que cela malmène l'histoire, de façon puérile, avec l'impression de longueurs inutiles... Sans quoi, la lecture est féerique à souhait. Suzie et Harry vont s'embarquer dans un tour du monde sponsorisé par des tours-opérateurs, en échange d'un compte-rendu détaillé sur un blog qui rencontre un succès fou. On y découvre surtout les mises en scène inventées par Harry pour demander la main de Suzie, lesquelles sont toutes plus extraordinaires les unes que les autres, bien qu'irréalistes, elles participent au rêve en rivalisant de fantaisie, de romantisme et de splendeur... Cette lecture possède une touche de magie sur fond de comédie romantique enlevée et pétillante, à déguster sans culpabiliser. C'est franchement trop bon ! 

Harlequin / Coll. &H ♦ Octobre 2015 ♦ Traduit par Charlotte Demanie (One Hundred Proposals)

21 janvier 2016

Le Monde caché d'Axton House, par Edgar Cantero

Le monde caché d'Axton House

A. et son amie Niamh, un couple de jeunes londoniens, viennent de toucher un bien généreux héritage d'un parent éloigné, Ambrose Wells, qu'ils ne connaissaient pas du tout. Les voilà donc en Amérique, plus précisément à Point Bless, une petite ville de Virginie, en train de poser leurs valises à Axton House, un magnique domaine aux allures gothiques, qu'ils découvrent avec des yeux écarquillés. Mais ils ont à peine le temps de savourer leur fortune qu'ils déchantent aussitôt en apprenant que l'ancien propriétaire s'est défenestré le jour de son 50e anniversaire, tout comme l'avait fait son père, au même âge, trente ans plus tôt. A. semble convaincu qu'une étrange malédiction frappe sa famille et cherche à en percer le secret. Il commence donc à fouiller chaque recoin de la maison, dépouille la bibliothèque, livre par livre, à la recherche de lettres ou d'indices censés le mettre sur la piste d'une société secrète, dont les membres, éparpillés à travers le monde, confirment l'un après l'autre leur rendez-vous pour la réunion annuelle du 21 décembre. Le mystère qui pèse sur Axton House ne cesse de s'alourdir. A. subit de plus en plus l'emprise de la maison, fait des cauchemars la nuit, entend des murmures, soupçonne une présence dans la salle de bains... Notre jeune héritier se métamorphose à vue d'œil et son amie Niamh, une fringante punkette mutique, au tempérament plus pragmatique, s'inquiète pour lui. Sûr qu'on marche à fond dans le délire de l'auteur, qui nous concocte une savoureuse intrigue, mystérieuse et passionnante, plantée dans un cadre fascinant, dont on s'imprègne littéralement. C'était fantastique, avec quelques longueurs dans l'histoire, mais franchement fantastique de monter à bord d'une fantasmagorie aussi géniale qu'incroyable ! ... 

10x18 ♦ Janvier 2016 ♦ Traduit de l'anglais par Paul Benita (The Supernatural Enhancements)

Challenge ABC Policier Thriller Challenge ABC Policier Thriller Challenge ABC Policier Thriller

4 décembre 2015

Le Retour du capitaine Emmett, d'Elizabeth Speller

Le retour du capitaine Emmett

Au lendemain de la guerre 14-18, l'ancien officier Laurence Bartram sombre dans une profonde mélancolie et tente de s'en extirper en acceptant d'enquêter pour une vieille connaissance, Mary Emmett, qui souhaite éclaircir les raisons douteuses de la mort de son frère. Après son retour du front, John avait été frappé de dépression, puis interné dans un institut privé et huppé, d'où il avait réussi à s'enfuir avant de se suicider. Il incombe désormais à Bartram de fouiller dans les archives d'un conflit aux plaies mal pansées, aux blessures encore suppurantes d'angoisse, de haine, de terreur, aux traumatismes mésestimés et aux actes de condamnation hâtive, sans procès, par simple lâcheté, ou simplement pour couvrir des faits plus graves. Elizabeth Speller dresse un contexte historique authentique et une peinture de l'Angleterre de novembre 1920 très convaincante. On y découvre aussi des personnages éreintés, égarés dans un pays qui se veut vainqueur sans mesurer les conséquences sur les pauvres âmes errantes. C'est assez poignant. L'intrigue est également conduite avec subtilité, bien écrite, agréable à parcourir et maintenant un suspense efficace de bout en bout. Une nouvelle série prometteuse. 

10/18 Grands Détectives / Octobre 2014 ♦ Traduit par Nora Bellac (The Return of Captain John Emmett) pour les éditions Belfond

20 novembre 2015

D'après une histoire vraie, de Delphine de Vigan

D'après une histoire vraie

Cette histoire, qui n'en finit plus de brouiller les pistes et de chambouler les lecteurs, se complaît à décrire une situation et des personnages qui semblent inspirés du vécu de l'auteur, laquelle se défend du contraire. Ceci est une pure fiction. Il convient à chacun d'en déterminer les limites... Partant de ce principe, c'est prodigieusement démoniaque. ☺

Delphine a connu un succès fulgurant avec son dernier roman, mais est dans l'incapacité d'aligner le moindre mot depuis. Elle éprouve un rejet viscéral devant toute forme d'écriture. C'est dans cet état d'extrême fragilité qu'elle fait la rencontre de L. dans une soirée chez des amis. L. est une personne fascinante, attentive, prévenante et très intelligente. Elle flatte la jeune femme, la cajole, la rassure, la questionne... Elle réussit insidieusement à imposer sa présence auprès de Delphine, à se rendre indispensable. L. s'installe dans sa vie avec une aisance sidérante, ce contre quoi Delphine ne résiste pas, ne réalise pas non plus, car elle lui accorde une confiance aveugle, refusant de voir les signes d'une emprise obséquieuse et malfaisante. 

Cela se lit donc comme un thriller psychologique et cela pointe du doigt notre insatiable curiosité (envers la vie des autres), notre manie de fouiller et de vouloir démêler le vrai du faux. Delphine de Vigan s'amuse de cette tendance voyeuriste et joue avec nos nerfs. La méthode est déstabilisante, mais produit l'effet attendu. Il est question de manipulation, d'inspiration, de digression, “ni vu, ni connu, je t'embrouille”.  La descente n'en est que plus vertigineuse, chipant au passage de nombreuses références littéraires (Misery de S. King ou Sukkwan island de D. Vann). La lecture audio est suivie d'un entretien avec l'auteur au cours duquel on découvre une Marianne Epin en mode groupie, sincèrement bluffée par la construction de l'intrigue et son dernier mot, face à une Delphine de Vigan fidèle à son image insaisissable. Une jolie rencontre, assez touchante.

Audiolib / novembre 2015 ♦ Texte lu par Marianne Epin (durée : 8h 56)

15 décembre 2015

Une part de ciel, de Claudie Gallay

Une Part de Ciel Babel

Pour tout avouer, j'ai choisi d'écouter le livre audio (texte lu par Pauline Huruguen pour les éditions Thélème) mais j'ai d'abord grimacé en entendant la voix de la comédienne qui ne m'inspirait qu'un profond ennui. (En plus de constater qu'il y a une totale absence de réalisation sonore, avec un enregistrement trop bas pour ma station d'accueil, poussée à plein volume, la lecture est quasi inaudible en faisant le brushing du matin.) Cette déconvenue réglée, j'ai fini par m'habituer et j'ai réussi à trouver un certain confort dans cette histoire assez banale, mais qui dégage charme et quiétude, tout en collant pile poil à l'atmosphère de saison. 

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne la vallée de la Maurienne où son père Curtil lui a fixé rendez-vous. Celui-ci étant en retard, Carole s'installe dans un gîte et décide de l'attendre. Une routine s'établit rapidement, elle traduit un bouquin sur Christo, prend ses repas chez Francky, papote avec son frère Philippe, donne un coup de main à sa sœur Gaby, qui survit dans un bungalow truffé de courants d'air, évoque Balzac avec la jolie Môme, flirte avec Jean de la scierie, ressasse le bon vieux temps avec Sam, récure les gamelles du chenil de la Baronne... Les jours passent, sans plus donner de nouvelles de Curtil. Le temps est gris, froid, hivernal. Ce retour aux sources évoque aussi pour Carole son enfance, la maison qui a pris feu et leur mère forcée de sauver ses enfants, pardon, de choisir lequel de ses enfants sortir en premier. Un geste qui a longtemps hanté Carole, qui ne cesse de se sentir coupable d'avoir été élue au détriment de sa sœur, aujourd'hui malade, affaiblie, traînant une vie de misère.

Malgré un style remarquable, la narration est lente, longue et s'enfonce dans la monotonie et la langueur. Sans oublier que le cadre dans lequel est plantée l'histoire est d'une tristesse à pleurer. C'est déconcertant de se dire que, même si j'ai dévoré ce bouquin, apprécié l'idée et le contexte, il n'a pas réussi à m'enchanter pleinement. 

Actes Sud, Août 2013 ♦ Babel, Octobre 2014 ♦ éditions Thélème, Janvier 2014

Une Part de Ciel Theleme

2 novembre 2015

Divergente 2 : L'insurrection, de Veronica Roth

Après une relecture au pas de course du tome 1 (Divergent), histoire de me rafraîchir la mémoire (Beatrice Prior, alias Tris, choisit de quitter sa faction des Altruistes, dont elle est native, pour rejoindre celle, plus excitante, des Audacieux, mais au cours de son initiation elle découvre qu'une guerre se prépare et qu'elle seule peut s'y opposer grâce à ses capacités de «divergente»), j'enchaîne -enfin- avec la suite des festivités. ;-)

Divergente 2 L'insurrection

C'est comme se réveiller le lendemain d'une beuverie, avec cette sensation confuse d'étourdissement, de remords et de culpabilité. Le monde de Tris est en train de sombrer dans le chaos et la jeune fille se morfond des crimes qu'elle a commis. Elle a perdu sa faction, mais aussi de nombreux proches lors des derniers événements, et n'a plus d'autre choix que de fuir pour échapper à la cabbale lancée par la leader des Érudites. Celle-ci a définitivement pris pour cible les Divergents, dont le secret a été mis à jour, et entend se servir d'eux pour atteindre ses objectifs. 

Je n'ai certes pas retrouvé dans ma lecture l'excitation de la nouveauté, mais j'ai tout de même apprécié replonger dans l'univers créé par Veronica Roth, un monde désormais en pleine cohue, où la tactique politique est si prégnante qu'elle en éclipse tout le reste (avis aux amateurs de romance). D'office, Tris est une héroïne complexe, par sa jeunesse et son tempérament impulsif, elle agit constamment avec un poids sur la conscience, mais est capable de prendre ses décisions sur un coup de tête. Elle triche, elle ment, elle trahit. C'est un personnage assez ambivalent, à la fois sensible, attachant et agaçant. Tobias, lui... est toujours aussi insaisissable. On ne devine rien de ses pensées ou de ses motivations. C'est un garçon qui cultive ses secrets, ses silences et ses blessures avec beaucoup de pudeur, aussi semble-t-il exaspéré de veiller au grain pour protéger la petite Tris, et ces deux-là passent beaucoup de leur temps à se prendre la tête pour se réconcilier deux pages plus loin. J'ai trouvé dommage d'en passer par là, mais bon...  L'histoire est globalement plus sombre et se déploie de façon nerveuse, mais également de manière éparpillée et plus lente, en alternant judicieusement l'émotion et l'action. Au final, j'ai gobé tout le bouquin avec les nerfs en pelote et j'ai aussitôt ouvert le troisième tome pour avoir ma dose.

Nathan / Novembre 2012 ♦ Traduit de l'anglais par Anne Delcourt (Insurgent)  

28 octobre 2015

Aliénor Mandragore, Tome 1 : Merlin est mort, vive Merlin! de Séverine Gauthier & Thomas Labourot

ALIÉNOR MANDRAGORE

« La légende dit qu’au moment où l’on déterre une racine de mandragore, elle pousse un cri si puissant qu’il tue le premier être vivant qui l’entend. »

Dans la paisible forêt de Brocéliande, la jeune Aliénor suit sans entrain l'enseignement druidique de son père, l’enchanteur Merlin. En pleine exploration de la champignonnière, tandis que Merlin radote dans son coin, la jeune fille tombe sur une racine de mandragore qu'elle exhibe fièrement sous le nez de son papa. Celui-ci, qui faisait pourtant son malin, tombe raide mort. Mais il réapparaît aussitôt en tant que fantôme et prétend que c'est un malentendu. Merlin n'est pas mort, vive Merlin ! Arrogant et despotique, il renvoie même l'Ankou dans ses filets et pousse sa fille à se rendre chez Morgane pour devenir sa nouvelle élève et avoir ainsi l'accès à sa précieuse bibliothèque. Elle pourra y trouver la bonne potion pour concocter le sort qui lui rendra la vie. Aliénor, se sentant responsable du drame infligé à Merlin, accepte de lui rendre service mais n'imagine pas à quel point elle va tomber sous le charme de sa nouvelle tutrice, qu'elle devra trahir pour sauver son père. 

Quelle merveilleuse histoire, tout en simplicité, humour et tendresse ! C'est un festival de féerie et de fraîcheur. Les dessins et les couleurs sont magnifiques, l'histoire est débordante de dynamisme et de pep's, le ton joyeux et décalé. On est immédiatement contaminé par ce zeste de folie douce et de bonne humeur. De quoi rendre le sourire au plus bougon des lecteurs. Cette bande dessinée est un pur enchantement, qui comblera petits et grands. La conduite de l'histoire est légère et espiègle. On y redécouvre les légendes arthuriennes dans des aventures décapantes et originales. Deux autres livres doivent suivre pour prolonger le plaisir. Une découverte qui séduit pour son charme et sa fantaisie. 

Rue de Sèvres / Septembre 2015 ♦ Retrouvez Aliénor sur la page facebook de la série où vous pourrez suivre la réalisation du tome 2. C'est par ICI !

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Rendez-vous, tous les mercredis d’octobre, pour la lecture BD de la semaine avec le #Challenge Halloween ! 

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27 octobre 2015

Le Tribunal des Âmes, de Donato Carrisi

LE TRIBUNAL DES ÂMES

Rome. Sa dolce vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes, sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables. Avec une telle accroche, comment résister aux appels des sirènes ? (Et puis j'avais commencé par erreur Malefico, où l'on retrouve les personnages clefs du Tribunal des âmes, d'où la nécessité de reprendre les présentations dans les règles de l'art. Je suis pointilleuse.)

Donato Carrisi a contre lui d'être trop plébiscité et généralement attendu au tournant (cf. Le chuchoteur, puis L'écorchée). Lui et moi entretenons donc une relation incertaine et qui se cherche encore. ;-) Mais l'idée de plonger dans les arcanes de Rome, au sein d'une confrérie secrète et protégée par l'église, m'attirait grandement. On y découvre un homme sans histoire, sans passé, Marcus, qui a été blessé un an plus tôt et a perdu la mémoire. Il tente malgré tout de recoller les morceaux, de forcer ses souvenirs à renaître de leurs cendres, tout en travaillant à côté pour contribuer, de façon incognito, à résoudre des enquêtes. Il a en effet la capacité d'analyser les scènes de crime, d'en ressentir les ondes maléfiques et de visualiser des éléments déterminants. Il a ainsi été sollicité pour comprendre  la disparition d’une jeune étudiante, qu'on suppose avoir été kidnappée par un serial killer. Le temps presse et la police est au taquet. Mais l'histoire bifurque vers d'autres chemins en nous attirant vers Sandra Vega, une enquêtrice photo qui bosse pour la scientifique. Veuve depuis un an (son mari, grand reporter, a fait une chute accidentelle alors qu'il était en déplacement professionnel), elle cherche à accepter sa mort en récoltant des indices mais est de plus en plus mal à l'aise par ce qu'elle découvre et doit se rendre à Rome pour obtenir des réponses concrètes.

On sent poindre la corrélation des deux intrigues, en anticipant le champ des possibles, mais ce serait sous-estimer l'imagination scabreuse du romancier italien. La narration en double perspective, entrecoupée de flashbacks, offre ici l'occasion de dérouler le fil d'une histoire longue et tortueuse, mais qui tient la distance. La lecture est certes captivante, avec du suspense à revendre et des rebondissements à tous les étages. Elle n'en est pas moins déroutante à suivre (le format audio oblige une concentration sans faille). On emprunte aussi des tours et des détours qui nous paraissent interminables, au bout d'un moment ça suffit, il est temps d'abréger le supplice. Puis, après avoir enduré un tel parcours du combattant, on est rattrapé par l'excitation d'un final en apothéose, complètement bluffant, et qui agacerait presque. L'auteur applique sa sempiternelle formule, laquelle consiste à nous manipuler jusqu'à plus soif, au risque d'en faire trop. J'espère maintenant que la suite (Malefico) apportera des précisions sur des points laissés en suspens.

Audiolib / Mai 2012 ♦ Texte lu par Jean-Michel Vovk (12h 55) ♦ Traduit par Anaïs Bokobza pour  les éditions Calmann Levy (Il tribunale delle anime)

15 octobre 2015

Psychose, de Robert Bloch

Étape 3 . Le 15 octobre 2015
Après vos errances bucoliques, voilà qu'apparaît une grille rouillée. Oserez-vous la pousser malgré ses grincements? Osez un livre ou un film qui vous fait vraiment peur ! Votre courage sera mis à rude épreuve, vous serez alors fin prêt à aborder les deux prochaines étapes.

☠-☠-☠-☠

Bienvenue dans la Maison de l'Horreur ! Mes compagnes de randonnée sont de plus en plus inquiètes pour ma santé mentale. Après la série tv, le bouquin et le film, je fais une fixation sur cette œuvre... Préparez la camisole ! 

Psychose

Il est clair que si l'on connaît déjà le film (Hitchcock, 1960) la surprise du livre est amoindrie, mais sa lecture n'en demeure pas moins carrément flippante. Jugez plutôt...

Un soir d’orage, Mary Crane, qui vient de dérober 40.000 dollars à son patron, s’arrête dans un motel miteux et isolé. Le propriétaire, Norman Bates, est un vieux garçon excentrique et esseulé, qui vit sous le joug d'une mère tyrannique et acariâtre. Épuisée par la route, le stress et le désespoir, la fugitive se réfugie dans sa chambre et décide de s’accorder une douche bien méritée. Elle ignore qu'à travers une fissure dans le mur, un individu l’observe, chuchotant des salacités dont le débit ne cesse d'enfler jusqu'à ne plus pouvoir se contenir. Après quoi, …

Tout, absolument tout ce qu'on voit dans le film se trouve - ou a été reproduit - dans le livre ! C'est impressionnant. Robert Bloch avait tout imaginé (en s'inspirant cependant d'un fait divers, cf. Ed Gein le fermier boucher du Wisconsin). Je connaissais donc les tenants et les aboutissants de l'histoire, mais il n'empêche qu'elle inspire toujours autant d'angoisse et d'effroi. Elle réunit en quelques pages (le roman est court) l'essentiel d'un thriller à succès : du suspense, une tension psychologique palpable, une mise en scène élaborée et une maîtrise redoutable de la dramaturgie. Quand bien même le livre date de 1959, il n'a pas à rougir des procédés actuels qui consistent à basculer toujours plus loin dans une surenchère de violence. «Psychose» est un bouquin nerveux, torturé et pétrifiant. Il vous plante un décor, une ambiance et un personnage particulièrement étrange en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf. Ouf, c'est aussi ce qu'on lâche en tournant la dernière page. Cette lecture est diabolique, son histoire inoubliable.

Points / Coll. Thriller ♦ Mai 2013 ♦ Nouvelle traduction de l’anglais (États-Unis) par Emmanuel Pailler ♦ Préface de Stéphane Bourgoin

 

☠-☠-☠-☠

Je vais profiter de ma soirée pour revoir le film, après une réunion prise-de-tête, cela me défoulera ! ;-) En attendant, coup de projecteur sur LA scène mémorable avec  Janet Leigh dans le rôle de Marion Crane. 

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