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Chez Clarabel
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13 octobre 2015

Pandemia, de Franck Thilliez

PANDEMIA

L'auteur avait prévenu que la fin d'Angor était illusoire. L'Homme en Noir est de retour ! Et sa vengeance sera terrible... Nicolas Bellanger s'est mis en travers de son chemin, par amour pour la jolie Camille, les répercussions ne seront pas longues à attendre. Et cela se passe sur le Parc du Marquenterre où sont retrouvés les corps de trois cygnes, porteurs d'une souche grippale virulente. Effet boule de neige assuré. Les locaux du 36 sont désertés par les malades qui s'effondrent les uns après les autres. L'équipe de Sharko est diminuée, alors qu'elle recense une autre attaque bactériologique au sein de leurs murs. Sur ces entrefaites, Amandine Guérin, une biologiste de l'Institut Pasteur, est également préoccupée par l'acte criminel qui semble avoir trouvé sa source dans leurs laboratoires. Sans rien dire, elle travaille sur de nouvelles pistes, qui se conjugueront avec celles de la police, après bien des découvertes sinistres et sidérantes. Son acharnement entre aussi en confrontation avec sa vie personnelle et révèle une obsession maladive contre les microbes. Un portrait de femme très intéressant à suivre, et qui mériterait de prendre une plus grande place dans d'autres livres ! ;-)

Pandemia clôt un nouveau cycle en résolvant pas mal d'interrogations, mais me laisse une sensation d'éternelle frustration, comme un arrière-goût d'inachevé et un dénouement qui manque de force. Le face-à-face qu'on craignait tant arrive au terme d'une lecture de plus de 600 pages (et d'une écoute de 17 heures) et peut se comprendre, mais il n'empêche que ça me turlupine. J'aurais voulu un autre final, même s'il est clairement dit que « cela ne pouvait finir autrement ». Amen. Après tout, j'ai gobé ce roman-fleuve en retenant mon souffle et en stressant de bout en bout. Peut-on décemment se plonger dans un tel schéma narratif, en étant mysophobe comme moi ? Cela revient à s'infliger un supplice de chaque instant. Ou je suis clairement maso. Certes, on a du rythme, de l'émotion et un cheminement incroyable vers l'esprit torturé de l'espèce humaine. Mise à part la fin, je ne regrette absolument rien de ma lecture. C'est un roman de très bonne facture - moins versé dans les atermoiements sentimentaux, plus dans l'action et la réflexion. Et il me tarde, déjà, de retrouver tout ce petit monde ravagé dans de nouvelles enquêtes qui dépassent l'entendement. Avec un Michel Raimbault (Audiolib) grave et imposant dans le registre policier noir et accablant.

Audiolib / Septembre 2015 ♦ Texte lu par Michel Raimbault (durée : 17h 04) ♦ 644 pages chez Fleuve Noir

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9 octobre 2015

Créations culinaires pour le # Challenge Halloween

Étape 2 : Le 9 octobre 2015
Après toutes ces émotions, nous avons bien mérité de faire une pause. Rien de tel qu’un pique-nique pour reprendre des forces. Les randonneurs découvrent leur casse-croûte en image et espèrent ne pas servir d’en-cas à quelques créatures qui rôdent dans les parages. A vous de nous étonner avec vos créations culinaires halloweenesques !

☠-☠-☠-☠

Pour le coup, je triche, mais avec élégance, en brandissant ce livre de recettes inspirées d'après les œuvres cinématographiques d'A. Hitchcock - qui s'inscrit sans le vouloir comme mon mentor pour ce challenge ! ;-)

La randonnée aidant, j'ai donc ramassé dans les bois quelques champignons (comestibles) pour cuisiner une petite soupe et réchauffer nos pauvres carcasses transies de froid et de peur, lors de nos veillées autour du feu. Mais alors que chacun se pourlèche les babines, son bol entre les mains, dans l'attente d'une dégustation imminente, des ombres rôdent non loin du campement et figent notre équipée de terreur...

La suite, lors de notre prochaine étape ?

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De ses premières œuvres anglaises aux grands chefs-d'œuvre de la période américaine, Hitchcock n'a cessé de faire référence à la gastronomie. Le rituel même des repas est souvent associé à l'action du récit : ainsi le fameux dîner chez la romancière Sedbusk dans Soupçons, le repas de famille dans Jeune et innocent, le pique-nique face à la Principauté de Monaco dans La Main au collet, l'acharnement du policier de Frenzy sur une volaille trop cuite... [NDLR: Et le fameux coup de gigot, dans la série Hitchcock presents.]

Cet ouvrage mêle le récit, par François Rivière, de la vie et de l'œuvre d'Alfred Hitchcock du point de vue des nourritures terrestres, et les recettes retrouvées par Anne Martinetti au fil de scènes mémorables des films, recomposées pour réaliser soi-même les bons petits plats du maître du suspense. [présentation de l'éditeur]

Cette lecture ne m'a pas particulièrement donné envie de reproduire les recettes présentées, et dont souvent la photogénie laissaient à désirer, mais j'ai beaucoup apprécié les associations d'idées, entre les films, les anecdotes et les extraits choisis, qui font de cet ouvrage avant tout un outil de collection et d'information (moins un bouquin dédié aux fins gourmets). 

Cahiers du cinéma (2 octobre 2008)

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30 septembre 2015

Boomerang, de Tatiana de Rosnay (lu par Julien Chatelet)

Boomerang

Relecture à l'occasion de sa sortie au cinéma.

De retour sur Noirmoutier, l'île de leurs vacances, Antoine et sa sœur Mélanie se rappellent leur enfance et l'époque heureuse où leur mère était encore avec eux. Celle-ci, foudroyée par une rupture d'anévrisme, a laissé un trou béant dans leur famille où chacun s'est appliqué à ne plus l'évoquer. Sur la route du retour, alors que Mélanie s'apprête à lui révéler un secret, l'accident survient et le laisse dans l'ignorance. Antoine comprend, néanmoins, que le temps est venu de fouiller dans son passé pour être en paix avec sa vie d'homme, aujourd'hui, brisé. Abattu par son divorce, par ses enfants qui grandissent trop vite et qu'il ne comprend plus, Antoine est un homme défait. Sa rencontre avec la mystérieuse Angèle Rouvatier, qui s'offre à lui sans retenue, sera un autre élément déclencheur vers cette quête absolue de vérité et la traque des vieux démons.

Honte sur moi, j'avais complètement oublié cette histoire, lue en 2009, et ne me souvenais plus de son atmosphère pesante et macabre (cf. la scène dans le TGV). Par contre, j'avais en mémoire la personnalité peu amène du héros, dont le caractère morose et geignard a souvent été source d'agacement. Sans quoi, j'ai trouvé l'histoire toujours aussi agréable et captivante. Le style de l'auteur, tout en simplicité et élégance, n'a de cesse de nous séduire, jusqu'à nous repêcher dans notre grotte où l'on se terre pour échapper aux atermoiements de son personnage. (J'avais développé une allergie contre Antoine. Assez rédhibitoire. Donc, rien que pour ça, quelle prouesse !) La lecture s'écoule ainsi, sans agitation ni déconvenue.

J'ai aimé me balader entre Paris et la Vendée, dans le présent et le passé, dans les pas d'un homme en manque de souffle ou dans les rares miettes d'une silhouette floue et enfuie (l'énigme Clarisse). C'est un bon roman sur les secrets de famille qui vous empoisonnent l'existence sans même s'en apercevoir. Cela se lit, ou s'écoute, sans effort. Un bonheur simple. Du plaisir partagé. Un vrai puzzle bidouillé avec flegme et émotion.

Audiolib / septembre 2015 ♦ Texte lu par Julien Chatelet (durée : 9h 49) - Suivi d'un entretien avec l'auteur ♦ Traduit de l'anglais par Agnès Michaux

♦♦♦♦♦

Un film de François Favrat (2015) - Bande Annonce

19 septembre 2015

Le Prix de l'innocence, de Willa Marsh

Le prix de l'innocence Autrement

Ah, les années 60, époque enjouée et fabuleuse, illustrée par les virées en décapotable, les pique-niques et le flonflon des robes, des danses et d'une chanson entonnée entre amis... Fiona est alors jeune vendeuse, naïve et mal embouchée, employée dans un grand magasin. Elle y rencontre Vanessa, tombe amoureuse d'un beau parleur et rêve éveillée. Trente ans plus tard, Fiona recolle petit bout par petit bout les souvenirs de cette jeunesse insouciante. Elle vient de recevoir une lettre de son amie qui lui annonce la visite de son fils Alex. Cette rencontre va bouleverser l'inertie de son quotidien, englué dans une tristesse sans nom. Fiona a perdu tragiquement un enfant et s'est recroquevillée dans la douleur. Depuis, un silence palpable s'est creusé au sein de son couple, qui tend à les éloigner.

Il y a un certain charme à partager cette évocation douce-amère de l'amitié et des premières amours. L'atmosphère est nostalgique, le rythme lent, mais le tout manque de verve pour nous embarquer franchement dans cette histoire qui reste très mélancolique. Aurait pu mieux faire. 

Autrement / Février 2013 ♦ Traduit de l'anglais par Eric McComber (Facing The Music)

 

Le prix de l'innocence

Disponible en poche chez J'ai Lu / Avril 2015

28 septembre 2015

Tous nos jours parfaits, de Jennifer Niven

Tous nos jours parfaits

J'ignorais sur quelle pente glissante allait me conduire ce livre - mais je m'en méfiais, dès lors qu'il était comparé à d'autres romans à succès, réputés larmoyants (Nos étoiles contraires, Eleanor & Park). La lecture du 1er chapitre a d'ailleurs fait rugir ma sirène d'alarme - ados suicidaires, au secours ! J'ai donc décidé d'y avancer à tâtons, quitte à choisir de tout arrêter avant que ça fasse trop mal. Ralentir le processus qui consiste à glisser dans la vie des personnages, à tomber sous leur charme, à les aimer follement, tout en tentant de me prémunir contre cet attachement. Peine perdue. J'avais beau lever le nez de mon livre pour prendre une bouffée d'oxygène et me ressaisir, je me sentais irrémédiablement happée par l'histoire de Violet et Finch - deux ados en vrac, déprimés et inconsolables. Elle porte le deuil de sa sœur, lui se sent mal dans sa peau depuis toujours. Elle est choyée, chouchoutée, couvée. Lui est méprisé, hué, poussé à bout. Aucune égalité des chances. Et pourtant ces deux-là se découvrent sur un toit, se sauvent et ne se quittent plus. Pour les besoins d'un devoir scolaire, ils vont partir explorer l'état d'Indiana de la manière la plus insolite - je retiens, par ex., les caravanes recyclées en bibliothèques, plantées au milieu des champs de maïs. Et rêver. Bouquiner. Écrire. Chanter. Crier. Nager. C'est franchement beau. D'une beauté éclatante, mais illusoire. Car on perçoit très vite que le malaise de Violet et Finch est latent. C'est écrit sous chaque mot, cela imprègne tout le roman, pour vous guider vers l'inéluctable. Et fichtre, ça fait vraiment mal. « J'ignorais que ma vie serait changée à jamais parce que tu y es entré et que tu en es sorti aussi brutalement. (...) Je ne te pardonnerai jamais de m'avoir quittée ainsi. J'aimerais juste que toi, tu puisses me pardonner. Tu m'as sauvé la vie. Pourquoi je n'ai pas pu sauver la tienne ? » En plus d'être terriblement bouleversant et très émouvant, c'est un livre à fleur de peau, d'une sensibilité rare et précieuse, qui parvient autant à nous toucher qu'à nous donner le sourire. C'est injuste, mais enivrant.

Gallimard Jeunesse / Septembre 2015 ♦ Traduit par Vanessa Rubio-Barreau (All The Bright Places)

N.B : Après, ça reste personnel, mais je n'aime pas pleurer sur commande - chose qui se répand de plus en plus dans l'édition actuelle, depuis le carton de J. Green. On puise dans le vivier du poignant. Et moi, je n'aime pas le mélo ! Le roman de Jennifer Niven a pour lui d'être différent de la tendance, en se voulant simplement harmonieux et lyrique.

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12 septembre 2015

Pas pleurer, de Lydie Salvayre

Pas pleurer CD

Dans une Espagne agitée par les idées libertaires autour desquelles s'opposent nationalistes contre républicains, l'été 1936 est aussi celui des grands bouleversements pour Montse, sa famille et leurs proches amis. Montse est jeune, belle, rêveuse et innocente. Elle suit de loin les conflits et les déchirements. C'est une vie autrement plus excitante qu'elle découvre, loin de sa campagne et de ses parents. Elle est animée d'une soif d'absolutisme et c'est tout naturellement qu'elle tombe sous le charme d'un poète français croisé sur son chemin.

La suite de l'histoire est racontée par le truchement de deux voix entrelacées. Celle de Georges Bernanos, à Palma de Majorque, devenu malgré lui le témoin impuissant des exactions commises par les troupes nationalistes, avec la complicité de l'église catholique. Et celle de Montse, désormais malade et sénile, qui s'exprime dans « un français bancal qu'elle estropie » en multipliant les grossièretés. C'est donc avec patience, en prenant un soin jaloux des confidences de sa mère, que Lydie Salvayre dépoussière l'histoire de sa famille, pour un hommage sensible, délicat et touchant.

Or, je n'ai pas vraiment trouvé le souffle espéré, alors qu'il ne manque pas grand-chose pour le rendre captivant et malgré une écoute audio bénéfique. Marie-Christine Letort y livre une force et une vitalité galvanisantes et rend la lecture solaire, sauvage, passionnée. Notamment les passages avec Montse, qui transcendent le récit selon moi. L'évocation des souvenirs se fait dans la douleur (perte de mémoire ou détails approximatifs). La mère se mélange les pinceaux et confond le français et l'espagnol pour un style direct, déconcertant mais amusant.

Une belle expérience littéraire, qu'il faut cependant débroussailler pour y apprécier l'essentiel (Montse!).

Sixtrid / Février 2015 ♦ Texte lu par Marie-Christine Letort (durée : 6h 23) ♦ éditions du Seuil, août 2014

 

Pas pleurer de Lydie Salvayre

Disponible en format poche chez Points, août 2015

10 septembre 2015

Plus loin, plus près, de Hannah Harrington

Plus loin, plus près

Effondrée par le suicide de sa sœur, qu'elle ne comprend pas et n'accepte pas, Harper décide de partir avec l'urne de June, traverser le pays jusqu'en Californie pour y déverser les cendres dans l'océan. C'est seulement en compagnie de sa meilleure amie et d'un type croisé par hasard qu'aura lieu cette escapade empreinte de musique, de rires et de larmes.

On a là un roman d'une très grande sensibilité, avec des mots qui sonnent vrais et qui font du bien.
De l'amitié, ciment de la vie, et une famille en déroute.
Des silences qui font mal, ou qui font peur.
Des non-dits à creuser.
Et il y a l'amour pour combattre la mort.
Tout ça au rythme des kilomètres avalés, dans une fourgonnette surnommée Joplin.


C'est super agréable à lire. L'histoire est exaltante, débordante de joie et de tristesse, elle procure aussi une énergie positive. Et on en ressort galvanisé par cette vitalité et cette soif de survie. Une très jolie rencontre.

Mosaïc / Mai 2015 ♦ Traduit par Barbara Versini (Saving June)

9 septembre 2015

Le Premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi

Le Premier Jour

Pour qui rêve de larguer les amarres, cette lecture est pour vous !

Marie est à un tournant de sa vie : à 40 ans, déçue de sa vie de couple, elle plaque tout pour s'embarquer dans une croisière, réservée aux célibataires, et s'en va parcourir le monde durant trois mois. Elle fait rapidement la connaissance de Camille et Anne, qui ont pour point commun d'être aussi à une période charnière de leur existence. Et ainsi de s'échanger des confessions sur leur vie intime, leur avenir sentimental, leurs frustrations, leurs envies et leurs peurs...

Mais l'histoire se révèle étonnamment joyeuse et enlevée ! On ressent un élan de tendresse et de sympathie pour ces trois copines, au point de s'imaginer à leurs côtés, calée dans un transat, un cocktail à la main, blablatant sur les hommes jusqu'à n'en plus pouvoir. C'est super rafraîchissant, en plus d'égrener le roman de propos sensibles, vrais et touchants, qui nous fait penser que sous le vernis de la comédie, se cache une histoire profonde et attachante, qu'on savoure pleinement.

Même JJ Goldman s'invite à la fête ! C'est vous dire comme la surprise est totale. J'ai beaucoup aimé, au-delà du cadre, de la promesse d'évasion et des rêves éparpillés. C'est une lecture attendrissante, qui met du baume au cœur. Je recommande, sincèrement.

City éditions / Janvier 2015

24 septembre 2015

Ce que toujours veut dire, de Lexa Hillyer

Ce que toujours veut dire

Jusqu'à l'été de leurs 15 ans, qu'elles passaient inévitablement au camp Okahatchee, Joy, Tali, Luce et Zoé étaient des amies inséparables. Deux ans ont passé et cette belle amitié a volé en éclats - Joy a disparu de la circulation, Tali a rejoint les élèves populaires du lycée, Luce a bossé comme une folle pour décrocher sa place à Princeton et Zoé a continué de jouer à la geek avec son pote Calvin. À l'occasion de la soirée des retrouvailles au camp, les quatre filles se faufilent dans un Photomaton. Sans explication valable, un flash les propulse en arrière. Retour à ce dernier été qui a brisé leur amitié. Elles ont alors cinq jours pour reproduire à l'identique ce qu'elles ont vécu si elles veulent retourner à leur réalité. Amitié, émotion et magie ! On ne peut que rêver d'une histoire insouciante et légère, à la hauteur des promesses vendues... Je m'étais donc préparée à passer un bon moment de lecture, entre rires, larmes et frivolité juvénile. Au lieu de quoi, j'ai découvert des demoiselles sans humour, sans grain de folie, sans exaltation. Des adolescentes peu attachantes et un brin trop égocentriques, qui vont répéter les mêmes schémas stériles, s'éviter le plus possible et esquiver tout dialogue. J'ai été déçue par leur attitude. L'histoire aussi est d'une banalité confondante, au déroulement prévisible, si ce n'est peut-être le facteur dramatique du dénouement (là encore, je n'ai pas été convaincue). Voilà un Scripto que je trouve en demi-teinte.

Gallimard, coll. Scripto / Septembre 2015 ♦ Traduit par Julie Lopez (Proof of Forever) 

23 septembre 2015

Tornade, de Jennifer Brown

Tornade

« La famille n'est pas liée par le sang, mais par les sentiments et le cœur. »

La vie de Jersey, seize ans, vole en éclats après le passage d'une tornade dans son quartier. Ce n'est pas seulement sa maison ou ses amis qu'elle perd, puisqu'elle doit être hébergée ailleurs, c'est avant tout sa famille, son seul point d'ancrage, qu'elle imaginait solide et intouchable. On vit alors tout un éventail d'émotions à la lecture du roman, dont il est difficile de synthétiser l'impact. Mais c'est fort, très fort. Qu'on ne s'y trompe pas non plus, l'histoire ne verse jamais dans le sensationnalisme, mais cherche à creuser ce que signifient les sacro-saints liens familiaux. Et donc, pulvériser la vision qu'en avait l'héroïne, qui va découvrir des relations teintées de trahison, de non-dits et de désarroi. Forcément, ça fait mal. Heureusement que le rythme est rapide et intense, car on n'a pas le temps de s'appesantir. On se sent comme en apnée quand le deuil, la perte des repères familiers et le chamboulement des nouvelles rencontres se succèdent sans dire ouf. C'est l'effet « tornade » - ça bouscule tout sur son passage.

Albin Michel, coll. Wiz / Avril 2015 ♦ Traduit par Céline Alexandre (Torn Away)

3 octobre 2009

journal d'un samedi #1

 

le samedi est l'une des mes journées préférées de la semaine, la journée qui me donne le sentiment d'AVOIR DU TEMPS ! j'en profite pour faire du shopping, pour bouquiner ou pour regarder des séries tv en dvd (actuellement je termine la saison 2 de gossip girl, j'adooore le couple blair + chuck, même si ce n'est pas une révélation très originale). donc aujourd'hui je me régale, je suis plongée dans la lecture d'un roman que j'adoooore, et qui me scotche, je fais traîner exprès sa lecture alors que je n'ai qu'une envie (tout dévorer, connaître la fin, pardi le suspense est terrible, la tension insupportable, ce livre me rend dingue mais j'aime ça !). j'en parle bientôt, patience !!!

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4400Dernièrement, côté dvd j'ai vu la dernière saison (S4) des 4400. C'est une série que j'affectionne depuis ses débuts, même si je la trouve inégale, la saison 3 par exemple m'avait laissé un goût amer et j'avais trouvé insupportable des détails comme la distribution des personnages (Isabelle, pour ne pas la nommer, et Kyle, très insignifiant dans toute cette histoire !!!), sans compter les petites liaisons sentimentales, dont l'importance frisait le degré zéro !... Mais je suis curieuse de nature, une bonne série réussit à semer des indices et cela suffit pour avoir envie d'en connaître plus. Etait-ce le fait que je n'avais pas revu les 4400 depuis très longtemps qui expliquerait pourquoi j'ai été emballée par les premiers épisodes de cette saison 4 !? 7 épisodes d'affilée, je suis admirative ! Et là, c'est le couac. Seulement 5 épisodes à venir, et l'ennui s'installe. En cherchant quelques explications, j'ai cru comprendre que la grève des scénaristes à hollywood est passée par là et a fortement fragilisé la tenue de la série ; franchement ça se ressent tout de suite. La fin de cette ultime saison est poussive, avec en prime un épisode insupportable (L'aube d'un nouveau monde), le tout dernier épisode en fait, qui réunit à lui tout seul les clichés et les invraisemblances, les messages cachés, un ton solennel qui rappelle le sens du devoir qu'aime tant revêtir la société américaine. Bref, cette série se termine sur une note consternante, la chaîne américaine usa network a annulé le projet d'une cinquième saison (cela ne m'étonne pas du tout !), mais c'est dommage pour le nombre de questions soulevées qui resteront à jamais sans réponses. (On peut néanmoins trouver des pétitions sur les sites des fans pour sauver les 4400 !)

je parlais déjà des 4400 ici et ici

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# mangamaniac #  (le retour)

(je vous donne en vrac mes avis de lecture des quelques séries que je suis ou découvre  )

a romantic love story t.3

romantic_love_story_3_paniniCette série porte bien son titre, romantique... oui elle l'est, terriblement et c'est pénible ! Désolée de vexer les fans, mais je me lasse de plus en plus de cette série, déjà le 3ème tome, et l'histoire piétine, il ne se passe rien, les personnages sont mous, ils réfléchissent énormément sur leurs sentiments, ils n'agissent pas, c'est lent, vraiment très fatigant. La jeune fille est trop cruche, le garçon qu'on présentait voyou dans le premier tome n'est finalement rien de tout cela, il est pataud et très timide. Enfin bref, c'est tout à fait le genre de shôjo qui me fait bâiller d'ennui, c'est trop guimauve, davantage adapté pour des jeunes lecteurs (puisqu'on évoque les prémices d'une relation amoureuse, les sentiments naissants, les balbutiements et tâtonnements au sein du couple...). Si l'intrigue continue de traîner dans les prochains tomes, je ne donne pas cher de mon manque d'enthousiasme avec abandon à la clef pour cause de k-o (trop d'ennui tue l'ennui !).

***

five t.5

five_5Les couvertures de cette série sont vraiment laides, affligées de couleurs criardes un peu rebutantes (ici, un orange trèèès orange). Bref, l'histoire s'ouvre là où nous l'avions quittée - avec le kidnapping de Nao par une folle tordue qui désire conclure des fiançailles, pour mieux marier les richesses capitalistes que sont leurs entreprises respectives. La bande des 5 arrive à la rescousse, avec force et fracas, mais tout en élégance s'il vous plaît, hélas je n'ai pas trouvé ce chapitre intéressant, je l'ai vite lu et vite oublié. En fait, l'histoire de ce tome 5 n'est pas franchement palpitante, j'ai lu beaucoup mieux, par contre la fin sait attiser la curiosité ! Nous découvrons Toshi avec miss Nakagome dans un décor montagnard, relevant un défi lancé par l'ennemi juré - Yamachika, lequel fait équipe avec la Princesse. Et Toshi nous fait une révélation... argh, je veux la suite, ses propos sont indécents et rendent légèrement hystérique ! Vite, le prochain volume.

***

Private prince

private_princeCette série s'annonce absurde mais je ne lui en veux pas, car qu'est-ce que j'ai ri ! Surtout au début. C'est l'histoire d'un prince d'un royaume inconnu qui arrive au Japon pour se familiariser avec cette nouvelle culture. Sa présence à l'université fait sensation, toutes les étudiantes sont folles de lui et veulent attirer son attention. Le jeune homme,  bellâtre séduisant, jette pourtant son dévolu sur une petite chose insignifiante, Miyako, une excellente élève, qui attend de lui qu'il réponde à ses questions pour boucler son mémoire. En fait, Miyako se bat contre l'avis de sa mère pour terminer ses études, elle veut lui prouver qu'elle est douée et qu'elle ferait une excellente chercheuse, au lieu de prendre en charge le ryokan familial. La première rencontre entre le prince et Miyako vaut son pesant de cacahuètes, c'est hilarant ! L'histoire, ensuite, n'est pas originale. Le type se montre un goujat fini ET obsédé sexuel (on en revient toujours aux mêmes 'valeurs' !) et il surnomme la demoiselle 'miss melons'. Comprenez, la jeune fille a une forte poitrine et le prince adore cette particularité ! Je sais, ça ne vole pas haut, mais l'attachement du prince pour Miyako va se révéler plus profond et attendrissant. Car l'intrigue est finalement plate, ou alors ce sera le sempiternel jeu du chat et de la souris, toutefois la série ne compte que 5 tomes. (J'espère juste qu'on ne tombera pas dans un délire façon Ma petite maîtresse ; série qui s'est révélée affreusement perverse et insupportable à suivre.)
A noter que les dessins sont très beaux ! Purs, limpides, bref réussis. (Contrainement à Five, qui laisse une impression plus brouillonne.)

-) on peut lire un extrait sur manga news.

 

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13 septembre 2009

Les étranges sœurs Wilcox 1. Les Vampires de Londres ~ Fabrice Colin

Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 13,50€
illustrations : Erwann Surcouf

Gros coup de cœur pour ce premier tome d'une nouvelle série écrite par Fabrice Colin, qui vous happe du début à la fin et vous lâche avec la sensation d'une lecture exaltante ! C'était génial. 

les_etranges_soeurs_wilcoxL'histoire se passe à Londres, en 1888. Deux sœurs se réveillent d'un lourd sommeil, terrorisées d'être enfermées dans un cercueil, enterrées donc. Amber et sa cadette Luna sont perdues dans les rues de Londres, elles se rendent chez elles et trouvent une maison en ruines, brûlée depuis les fondations jusqu'à la pointe du toit, il ne reste plus rien. Leur père a disparu, tout comme leur belle-mère. Le jour se lève et les demoiselles s'évanouissent.
Secourues par un gentil docteur du nom de Watson et son acolyte Sherlock Holmes, Amber et Luna Wilcox vont très vite rejoindre les rangs d'une société secrète afin de les aider à lutter contre des forces obscures. Tout un programme.
En fait, il se passe beaucoup de choses avant d'en arriver là. Certes, les sœurs Wilcox sont placées sous le patronage de Watson, Holmes et la société des Invisibles. On croise aussi Bram Stoker, un raconteur d'histoires qui aime frayer avec les forces obscures pour échapper au chagrin qui l'assomme. Un certain Jack l'Éventreur, ou son ombre maléfique, s'avère la puissance absolue à combattre, en plus de Dracula et ses comparses. Que de monde, que de monde.
Laissez-vous surprendre, c'est le premier conseil que je puisse vous donner. La suite, c'est du plaisir sur toute la ligne, qui dure près de 300 pages, avec moult rebondissements, mais aussi des clichés rebattus et revisités, enfin surtout dépoussiérés, bref que du bon !
Fabrice Colin signe une nouvelle série (en combien de tomes ?) très, très enthousiasmante. Ce livre nous offre par exemple un prologue et un épilogue à faire frémir d'excitation... et c'est épuisant, oui, épuisant de se lancer dans une nouvelle série, d'en rester là, comme deux ronds de flan, et de n'avoir plus que ses ongles à ronger en attendant la suite.
Aaaaah, je déteste les séries ! Enfin, j'aime les détester... même si je ne suis qu'une flaque d'envie et d'impatience, une boule d'allégresse et d'euphorie. Pour le coup, j'ai adoré me promener dans le Londres de 1888 et d'y rencontrer des figures mythiques du paysage littéraire. C'était bon. J'en veux encore.
Au boulot, monsieur Colin !   

 

27 mai 2009

La Maison du magicien ~ Mary Hooper

L'histoire se passe dans l'Angleterre d'Elizabeth Ière, alors que Lucy, une jeune gantière, rêve des belles toilettes et de la prestance des nobles dames, en vénérant la reine et la vie à la cour. Or Lucy n'appartient pas à ce beau monde, sa famille trime pour joindre les deux bouts, le père dépense le peu d'argent récolté dans l'alcool. Un jour, après une énième dispute soldée par les coups et les menaces, Lucy choisit de partir. Elle suit la Tamise pour gagner Londres et finit par s'arrêter aux abords du palais de Richmond. Elle croise deux fillettes et leur singe en train de jouer dans la boue et vient à leur secours quand l'une d'elles manque de s'embourber jusqu'à la taille. Suite à cela, Lucy est accueillie dans la Maison Noire, une habitation à l'aspect rébarbatif qui correspond parfaitement à son nom, avec un toit de chaume envahi par la mousse, des murs goudronnés et de minuscules fenêtres poussiéreuses. Cette maison appartient au Dr Dee, qui est le magicien et conseiller personnel de la reine.   

Lucy est engagée comme nourrice et trouve vite ses marques dans cette demeure immense, qui n'a pourtant plus l'étoffe d'antan. L'argent manque, la femme du magicien est alitée après un accouchement douloureux, et le Dr Dee ne quitte jamais sa lugubre bibliothèque. Un soir, Lucy s'y faufile, piquée par sa curiosité maladive et se sauve en courant, pensant être tombée dans l'antre de Satan ! Peu après, la jeune fille a vent d'étranges histoires qui sont rapportées sur le compte du fameux magicien. Est-il un charlatan, ou un être doté d'un vrai pouvoir ? Fait-il apparaître les esprits, converse-t-il avec les anges ? 
La reine en personne lui fait confiance, son arrivée à Mortlake est annoncée, avec dans son sillage des rumeurs de complot contre sa royale personne.

maison_du_magicien

Magie et mascarade sont au coeur de ce passionnant roman, dont la configuration historique, plus que soignée, est admirablement reproduite. L'auteur apporte des notes de précision en fin de roman, pour expliquer le contexte et l'importance des personnages rencontrés dans cette fiction (le docteur Dee, par exemple, a bel et bien existé). A l'instar de La messagère de l'au-delà, le précédent roman de Mary Hooper, La Maison du magicien procure une sensation d'immersion totale et immédiate. C'est par la voix de Lucy qu'on suit l'intrigue, de telle sorte qu'il nous est impossible de deviner la suite, impossible aussi d'emprunter un autre chemin que celui suggéré par la jeune fille. On vit l'histoire à son rythme, c'est prenant et saisissant. Et c'est instantané, on se surprend à tourner les pages à une vitesse, c'est vraiment très agréable.

L'histoire est racontée de façon limpide, vue à travers la sensibilité de la narratrice et héroïne. Lucy est une jeune fille attachante, portée par une curiosité qui frise l'indécence (ou l'inconvenance). Il lui faudra du culot, en plus du courage, pour démêler les fils de l'imbroglio auquel elle sera, malgré elle, associée. Cette aventure pleine de suspense s'enrichit également d'une touche romanesque, car notre demoiselle fera une rencontre charmante, avec un jeune homme intrépide auquel la lieront bientôt de tendres sentiments.
Seule la suite nous en dévoilera plus. Ce roman est en fait le premier titre d'une trilogie qui m'enchante à l'avance !
Et la couverture est encore plus belle en vrai.

Gallimard jeunesse, 2009 - 285 pages - 12€
traduit de l'anglais par Bee Formentelli

A lire aussi du même auteur : La messagère de l'au-delà (Panama, 2008) 

10 juin 2009

Vérité, vérité chérie ~ Valérie Zenatti

verite_verite_cherieCamille est une ravissante petite louve à qui tout réussit. Elève surdouée, très intelligente, avec une moyenne de 30/20 qui souligne ses résultats excellentissimes, Camille est vouée à un grand avenir. Et puis vient ce devoir inattendu, qui consiste à dessiner le portrait de son grand-père, qui fait dresser les oreilles et hérisser le poil. Pourquoi Camille réagit de la sorte ? Incapable de s'expliquer la boule coincée dans la gorge, le petit prodige cherche des explications auprès de ses parents mais leurs réponses trop vagues éveillent sa suspicion.
A la nuit tombée, un soir de pleine lune, Camille va percer le mystère qui enveloppe son arbre généalogique.
Ce petit roman nous offre une palette de lecture très réjouissante, qui va des souffrances d'un enfant surdoué, du sentiment d'abandon, des questions sur qui je suis et d'où je viens, sans oublier une construction habile, tenant en haleine chapitre après chapitre, à suivre la quête des origines de Camille, laquelle se pose beaucoup de questions. Et des questions souvent très justes !
Pour mieux fondre son idée de comparaison, l'auteur a choisi de mettre en scène une communauté de loups avec ses codes et sa hiérarchie, animée par une mentalité finalement très humaine. L'histoire s'inspire aussi des contes de Perrault, comme le Petit Chaperon rouge ou Les 3 petits cochons. Inutile de donner d'autres détails.   
L'intrigue est formidablement bien développée, allant de surprise en surprise. C'est très franchement une première lecture qui tient la route et qui enchante petits et grands.

Illustrations d'Audrey Poussier

Mouche de l'école des loisirs, 2009 - 80 pages - 8€

A été lu par ma fille qui a beaucoup apprécié.

Coup de coeur pour Aurélie

16 mai 2009

mangamaniac #3

Five, tome 2 ~ shiori furukawa

Five2Ce deuxième tome confirme la promesse du premier, l'histoire est craquante à suivre, avec cette bande de cinq garçons qui a pris sous son aile la seule élève fille de leur classe réservée aux meilleurs. Hina est surnommée la Princesse, c'est une jeune fille innocente, naïve, pleine de punch. Elle savoure le fait d'être intégrée dans un groupe, d'avoir pour la première fois des amis. L'histoire s'ouvre sur le retour d'une vieille connaissance des Five, Masato. Beau parleur et dragueur, l'individu n'hésite pas à faire du rentre-dedans. Hina mord à l'hameçon et se sent de plus en plus attirée. Peu de temps après, le lycée organise un voyage de quelques jours en comité restreint, et Hina va retrouver un ancien camarade de collège qui lui déclare sa flamme ! La tête de la Princesse va tourner dans tous les sens, et c'est adorable de guetter les réactions de Toshi, avec qui l'amitié amoureuse prend tout son sens !!! L'histoire ne dure hélas qu'une centaine de pages, en effet le tome 2 se conclut avec une histoire courte, sans le moindre rapport avec Five. Cela s'intitule Love... & Peace. C'est mignon aussi, mais légèrement frustrant car l'histoire des Five était arrivé à un point crucial !
Vivement la suite (en juin).

Kana, 2009 / 4,50€

 

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Ma petite maîtresse, tome 4 ~ yuki yoshihara

ma_petite_maitresse4... mais pourquoi je continue de lire cette série ? Ce tome a eu un peu raison de ma patience, je pense d'ailleurs lire la suite par les scans sur le net. 
Ce tome 4 démarre avec l'arrivée du président de la société où travaillent Domoto et Choko. Le type met le grappin sur la jeune fille et la kidnappe. Vont suivre trois jours de folie, car Domoto est arrivé à la rescousse et doit relever le défi... attention, ça frise complètement le ridicule, il s'agit de protéger l'entrejambes de Choko ! Oui, c'est absurde ! Totalement absurde ! De bonne scènes ringardes sont à prévoir, avec moults références aux séries cultes et kitsh des années 70 et 80, avec des références d'otaku à plein nez !
Les rapports entre le garçon et la fille sentent le mauvais goût, c'est malsain, confiné à une hiérarchie à double tranchant, parfois Domoto est un véritable gentleman, et aussitôt il se transforme en type pervers. La demoiselle est faible, prête à tourner de l'oeil à chaque instant, dit non en pensant oui, bref ça me saoule. On parle d'ailleurs beaucoup de "harassement" sexuel (pb de trad. ?), donc bof-bof. Le niveau n'est pas très élevé. Je m'amuse de moins en moins, et je pense lire la suite par scans uniquement.

Soleil manga, 2009 / 6,95€

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My first love, tome 2 ~ kotomi aoki

my_first_love2Takuma et Mayu ont maintenant douze ans et sont entrés au collège. Le garçon a choisi de prendre ses distances pour préserver son amie, il se sait très malade et condamné, il ne veut pas lui infliger davantage de peine et préfère mettre les voiles. Or, il ne se doute pas que Mayu est au courant de ses projets et s'est également inscrite dans le même internat ! Là, la jeune fille fait des étincelles, c'est la première de sa promotion, elle attire toute l'attention et notamment celle du délégué des élèves qui a pris le pari d'en faire sa petite copine. Takuma est encore fragile sur ses appuis, il n'est pas sûr d'avoir renoncé à son amour d'enfance et tique de jalousie devant les convoitises suscitées par la demoiselle. Il reste stoïque, mais un clash s'annonce...
La série suit son rythme, tranquillement mais sûrement. Ce tome 2 est bien en place, j'ai beaucoup aimé l'évolution chez les personnages et cela n'est pas prêt de s'arrêter. Ils ont tous beaucoup de tempérament, c'est loin d'être plan-plan, bref cela me plaît de plus en plus.

Soleil manga, 2009 / 6,95€

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Bus for Spring (Bus de printemps) ~ maki usami

bus_for_springPetite déconfiture avec ce manga, parce que j'ai en fait découvert qu'il s'agissait simplement d'une suite de courtes histoires, sans rapport l'une avec l'autre, si ce n'est le fameux bus que les personnages empruntent, sans se rencontrer entre eux. Chaque histoire est donc indépendante. On y parle à chaque fois d'amour, de rencontres sentimentales, ou de relation fragilisée par l'avenir, le départ ou la séparation. Très bien dessiné, etc. mais moi je préfère une série avec une histoire qui dure, des personnages qu'on suit.
Il s'agit de la même mangaka de la série en deux tomes, Living in a happy world.

Soleil manga, 2009 / 6,95€

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24 mai 2009

mangamaniac #4

Rockin'heaven, tome 1 ~ mayu sakai

rockin_heaven1Serait-elle idiote, Sawa, quinze ans ? Elle entre dans un lycée dont elle ignore tout, si ce n'est que le costume est seyant et lui plaît énormément. Voilà le critère de son choix. C'est en pénétrant dans sa classe 1G qu'elle découvre être la seule fille, car ce lycée vient à peine d'ouvrir ses portes à la gente féminine. Son arrivée fait sensation, mais cette classe se révèle brouillonne, bruyante, passable. La jeune fille hausse le ton pour ramener l'ordre, ce qui ne plaît pas à une bande de cinq garçons, des leaders insolents et sûrs d'eux, avec en tête Ran, le fils du principal. Ils vont lui mener la vie difficile, mais Sawa s'accroche car elle veut à tout prix se créer des bons souvenirs de sa scolarité. Et petit à petit elle arrive à mettre les garçons dans sa poche, à tel point que Ran se révèle sous un autre jour, il n'est pas si mauvais bougre qu'il voudrait faire croire, il semblerait plutôt qu'il se protège derrière sa carapace de dur à cuir.
Encore une fois ce n'est pas une histoire qui se distingue par son originalité, mais c'est une réussite si l'on attend de l'humour, de la répartie, quelques piques savoureuses, des personnages charmants, avec du tempérament, une héroïne sincère, pas du tout agaçante, avec de l'énergie à revendre. C'est frais, c'est divertissant, ça fait du bien et je n'en demande pas davantage. En plus les dessins sont bien travaillés, très agréables à regarder.

Panini manga, 2009 / 6,95€

Les tomes 2 et 3 sont également très intéressants, ils confirment la belle lancée du début. Toutefois j'ai été surprise par la tournure que prend l'histoire dans le troisième volume, alors que le couple se lance enfin dans de grandes déclarations (pas enflammées... il ne faut pas rêver !). On découvre, comme un cheveu sur la soupe, le désarroi d'Akira, l'amie de Sawa, qui était jusque-là un personnage secondaire. Cela prend une place étonnamment importante et qui traîne en longueur, je me suis sentie un peu frustrée parce qu'au même moment l'intrigue amoureuse décollait enfin ! Mais peut-être le sous-titre de la série, Premiers émois amoureux, prend enfin toute sa signification, cette série n'évoquerait pas que les amourettes, mais aussi l'amitié, l'abandon, la trahison, la perte de confiance en soi. Et j'en passe.
A suivre, donc.

J'ai donc lu le tome 4 et j'ai drôlement aimé ! L'intrigue se resserre autour du couple, Sawa et Ran vont s'afficher en public, affronter quelques jaloux et peut-être l'arrivée du nouvel élève dans leur classe va relancer leur relation que la jeune fille trouve étrangement trop plan-plan. Plus de passion au prochain tome ? J'attends de le découvrir avec impatience.

Rhaaa, non ! Les tomes 5 & 6 partent un peu dans tous les sens. Qu'est-ce qui arrive à Ran ? Le garçon est devenu fuyant, il évite Sawa, et son comportement est inquiétant, en plus d'être bizarre. D'ailleurs, l'inévitable arrive et l'avenir de notre petit couple est compromis. Hmm, ce retournement de situation me semble quelque peu inapproprié, car inattendu. Il ne m'était pas apparu que Ran était un garçon à multiples facettes, bouh c'est frustrant ! Pourquoi il se complique la vie ? Qu'est-ce qu'on a loupé comme chapitre de sa vie ? Que cache-t-il ? Pourquoi il ne veut plus être avec Sawa ? Han, c'est pas juste !

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otomen1Au chapitre des déceptions, je vais tout de même évoquer Otomen. Je n'ai lu que le premier tome, c'est assez pour me dire que cette série n'est pas pour moi. J'ai longtemps hésité à la lire, l'histoire ne m'attirait pas plus que ça. Et puis j'ai finalement tenté, sans grande conviction. Résultat, ce fut passablement lassant... Oui, je me suis ennuyée tout du long à force de lire et relire toute l'insistance sur l'ambiguité du garçon, viril en apparence, alors qu'il est doux comme un agneau et fond comme du beurre au soleil dès qu'il est  amoureux. Le personnage central aime les trucs de fille, la cuisine, coudre, lire des shojô, acheter des bricoles très mignonnes... Et pourtant il doit refouler sa part féminine, car son propre père a quitté le foyer pour assouvir son désir d'être une femme. Pour chasser ce passé traumatisant, Asuka veut absolument s'affirmer, être un mâle, un vrai, mais son coeur palpite pour la jolie Ryo, laquelle se révèle un vrai garçon manqué, d'où les grandes complications à l'horizon (refouler sa véritable nature, paraître masculin jusqu'au bout des orteils, assumer son vrai moi et conjuguer avec la rage d'un père encore plus archaïque, lui montrer qu'il est un dur mais qu'il cuisine comme une fée du logis...). Bref, tout ceci devient trop cliché à la longue, selon la façon de représenter le sexe modèle par exemple. Et cela a eu raison de ma patience, tant pis.  (Delcourt, 6,25€)

special_aJ'ai également été déçue par Special A (qui est en fait une classe réservée à l'élite et regroupe donc les meilleurs élèves de l'établissement scolaire). Kei est premier de sa promotion, talonné par Hikari, qui ne vit que pour la gagne et son désir de battre Kei depuis son enfance. Voilà toute l'histoire, qui a tendance à se répéter, avec des situations où sont mis face à face les deux rivaux, on sent toutefois que le garçon n'est pas insensible à la demoiselle, mais celle-ci est bien aveugle, ou prend la mouche trop facilement. C'est du tout cuit, du déjà vu... mais c'est un peu fatigant à suivre. Quelques situations sont particulièrement burlesques, comme la jalousie d'une fille amoureuse de Kei qui arrache un arbre ou défonce les portes sur son passage pour manifester son mécontentement. C'est dire le niveau de la série ! De l'humour, ok. De la répétition et des exagérations, surtout !  (Tonkam, 6,25€)

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Beauty, tome 1 ~ aya oda

beauty1Sur le papier, l'histoire peut paraître bien étrange : Makoto est une jeune fille qui a pour phobie de ne pas supporter la beauté. Elle en attrape des nausées ! Son arrivée au lycée va lui apporter une énorme déconvenue, car elle est dans la ligne de mire du président d'un club élitiste, le club de la beauté ! Yo est tombé fou amoureux d'elle, il est prêt à tout pour qu'elle succombe à son charme. Cependant, la demoiselle est également de plus en plus proche du jeune frère, Mutsu, lequel cultive un tempérament belliqueux et volcanique. Mais vraiment chaud bouillant. Toutefois, Makoto est persuadée qu'il cache son jeu, et - bien entendu - elle découvre qu'elle aurait un penchant pour lui.
Ce qui m'agace, dans le fond, ce sont les traits exarcerbés des personnages pour montrer leur caractère, leurs émotions. Tout est excessif, donc finalement ça fatigue vite. L'histoire est plaisante, drôle, ridicule aussi. C'est agréable à lire, mais ce n'est pas une révélation non plus.

Panini manga, 2008 / 6,80€

beauty17

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5 mai 2009

Vendredi soir chez les Becker ~ Alain Teulié

 

vendredi_soirCe sont deux couples que tout oppose : Pierre et Julia, quarante ans, mariés, profs, parfait petit couple bobo ; Tom et Sarah, bientôt trente ans, des losers de première, ils crèchent en banlieue, n'ont jamais un sou en poche et vivent de leurs charmes. Oups, le sujet s'annonce glissant lorsqu'au début du roman, Pierre rentre de sa journée et prévient sa blonde épouse de la venue d'un couple ce soir, comme convenu. La belle Julia est glacée, mécontente, plus du tout partante. L'homme s'est inscrit sur un site de rencontres, sa femme et lui en avaient discuté, ils voulaient assouvir leurs fantasmes, mais l'heure du dégrisement est venu. Les pendules de l'horloge tournent, pendant ce temps le couple s'engage dans une longue discussion.
De l'autre côté, Tom et Sarah ont la même conversation venimeuse, animée par la rancune, la frustration, la jalousie, l'incertitude. Les deux couples ont en point commun de se poser des questions mortifiantes, sur leurs désirs, sur la vie faite de faux-semblants, sur leur rencontre, sur leurs attentes et pourquoi ils en sont arrivés là.
La soirée s'annonce chaude, tendue, explosive.
Si vous pensiez vous rincer l'oeil, laissez courir. Cette soirée d'échangisme met finalement en avant tous les loupés du couple actuel, « une soirée bancale à l'image même d'une vie où les désirs avaient été rarement exaucés, les ambitions peu satisfaites, et les prières lancées vers un ciel sans fin ».
Cela peut paraître très verbeux, et pédantesque. Au contraire, j'ai eu le sentiment de goûter à une pièce de théâtre. La mise en scène est impeccable, offre un miroir de deux couples au bord de la crise de nerfs, avec la perspective d'une soirée qui va chambouler toutes les données. Dans cette atmosphère étouffante, la vision du couple est écornée. Qu'ils soient des intellectuels branchés ou des exclus des cités, les couples d'aujourd'hui ne sont pas jolis à décrypter à la loupe ! Mariage, désirs, argent, fidélité, réussite : ils essaient de voir clair dans tout cela sans y parvenir.
C'est une radiographie dérangeante, qui mêle un humour grinçant à une franche ironie. La tension y est fort perceptible, et tout vole dans les plumes. Pour un résultat effarant.
J'ai bien aimé !

Plon, 2009 - 232 pages - 18€

extrait :

    « Ils vivaient à une époque étrange, où la culture n'était plus la marque de repères et de traditions, mais une incontournable obligation destinée à donner de soi une image valorisante. Autrefois, l'identité faisait la culture. Désormais, c'était la culture qui forgeait une identité. Le résultat, c'était que chacun se forçait à lire des livres, voir des films, courir des expos ou visiter certains pays, juste pour dire qu'ils l'avaient fait. Juste pour avoir l'air d'être quelqu'un de bien. »

14 mai 2009

Les arbres pleurent aussi ~ Irène Cohen-Janca

Illustrations de Maurizio Quarello

Dans la cour de la maison 263 Canal de l'Empereur, à Amsterdam, un marronnier est témoin de la vie clandestine d'une jeune fille de 13 ans. Nous sommes en 1942, et Anne vient d'arriver dans la maison après une longue marche sous une pluie battante. Dans son cartable, elle a un cahier qui va devenir son journal intime...

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Encore un ouvrage essentiel, qui traite avec pudeur et justesse de l'Holocauste. Inutile de préciser qu'il se destine à tous.
Pour une question d'originalité et de distance, Irène Cohen-Janca a choisi un marronnier pour être le narrateur de cette triste histoire, du moins triste et grise, mais pas pathétique ou misérable. Parce que le marronnier est souvent cité dans le journal d'Anne Frank, il était intéressant d'avoir l'autre versant de l'histoire, celui de l'observateur observé. Des citations du journal sont donc reprises et montrent à leur façon le cycle de la vie, on découvre un arbre dénudé aux branches, puis totalement en fleurs et bourré de feuilles, et revient l'hiver, le froid, le printemps, l'arbre passablement vert et les premiers bourgeons...
Le marronnier raconte la vie des hommes qui jouent à la guerre et décrètent que les juifs ont interdiction d'exister, il soupire face aux hordes de soldats qui embarquent des hommes, des femmes et des enfants, sans grand espoir de retour... Il est témoin impuissant, muet. Pour lui aussi le temps va passer, il a 150 ans et il est malade de l'intérieur. Avant d'être abattu, il veut raconter son histoire, car  « j'ai donné à une petite fille de treize ans, captive comme un oiseau en cage, un peu d'espoir et de beauté. A elle qui, dans sa cachette, rêvait de sentir sur son visage l'air glacé, la chaleur du soleil et la morsure du vent, j'ai donné par mes métamorphoses le spectacle des saisons. »
Le spectacle de la vie.

Rouergue, coll. Varia, 2009 -  40 pages - 14€

d'autres pistes de lecture :

anne_frank_et_les_enfants_de_la_shoah   anne_frank_journal   anne_frank_mon_amie 

 

 

A noter : 

Irène Cohen-Janca a dédicacé son album à Ilan Halimi qui porte le nom d’un arbre et qui a été tué, après 24 jours de tortures,  le 13 février 2006, jour de Tou Bishvat, le Nouvel an des arbres. Sa mère Ruth Halimi en collaboration avec  Emilie Frèche vient de faire paraître un livre au Seuil 24 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi.

Alors que le procès de ses assasins s'ouvre le 29 avril et que la semaine du 21 avril est en Israël sous le signe du Yom Hashoah, je dédie à mon tour ce billet à Ilan, à Anne, à Mona, à Hermina et à tous les jeunes gens qui n’ont pu ni vieillir ni donner de bourgeons. Que leur souvenir soit béni.
Source : Kef Israel

10 mai 2009

L'homme barbelé ~ Béatrice Fontanel

homme_barbeleFerdinand était un mari et un père. Ferdinand a connu deux guerres, il est sorti en héros de la première et a été résistant durant la seconde. Ferdinand a été dénoncé, arrêté et déporté. Ferdinand est mort à Mauthausen. La famille de Ferdinand a poussé un soupir de soulagement.
Car cet homme avait du Mr Hyde en lui, c'était un tyran domestique, un monstre familier. Il hurlait, il jetait le rôti par la fenêtre, il empochait le salaire des enfants, il ne souriait jamais, il ne parlait pas, il était cet inconnu qu'on retrouve après la mort, soudain auréolé de louanges et de marques d'affection qui laissent ses proches dans l'indifférence.
La narratrice, bien des années après, décide d'écrire un livre qui ressemblerait à un documentaire mais de façon romancée sur cet homme aux deux visages. Elle rencontre les enfants de Ferdinand. Ils ont maintenant plus de quatre-vingt ans mais ils n'ont rien oublié et font revivre ce passé, en traversant les rues, les quartiers, en roulant toujours plus à l'est, sur les pas de Ferdinand.
« Ferdinand, monstre familier, marchait en nous, de son pas rude, infatigable. »
Au bout de 100 pages de lecture, hélas, j'avais le sentiment d'avoir déjà tout lu. Les 200 pages suivantes m'ont paru une répétition de faits et d'anecdotes pour aboutir à une conclusion déjà entendue. Ferdinand et ses deux facettes, la terreur domestique et le camarade jovial, un héros de guerre. Et à côté, il y a la famille qui n'est même pas surprise, mais soulagée. Les enfants ne semblent plus étonnés, la mécaniques des catastrophes, dit-on.
La construction du roman semble avoir dérapé accidentellement : au début, on comprend que le livre traite d'un drame familial, puis finalement il ne parle plus que de guerre. A ce sujet, il est très bien documenté, il retrace bien l'horreur des camps et la guerre des tranchées, la campagne de Syrie, etc. En tant que lectrice, toutefois, je n'ai pas été emballée plus que ça.
De plus, je n'ai pas le sentiment d'avoir trouvé la réponse à ma question : pourquoi Ferdinand maltraite-t-il sa famille ? Je suis donc déçue, j'avais lu des critiques tellement positives au sujet de ce premier roman de Béatrice Fontanel, que j'apprécie pour sa série des Bogueugueu (ça n'a strictement rien à voir, je sais !), le résultat n'a vraisemblablement pas été à la hauteur de l'attente. Tant pis.

« C'était ça, son truc : nourrir les étrangers. Pas sa famille qui voyait s'envoler les rôtis par les fenêtres. Crever pour l'inconnu, incognito. Pas pour les siens. C'est la conclusion à laquelle ils sont arrivés. La privation et le don, il en connaissait un rayon, le grand maître d'oeuvre en méchanceté, qui dessinait si bien le tracé des voies ferrées, dans leur harmonie de rouille et de tristesse. »

Grasset, 2009 - 290 pages - 17,90€   

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21 janvier 2011

In the mood for a good, steamy, old-fashioned bodice-ripping romance ?

IMG_2237Caleb Black, un nom qu'il suffit de prononcer pour frissonner de la tête aux pieds. La première fois qu'il se présente à Willow Moran, il lui fait l'effet d'un ange vengeur. Et pourtant elle a besoin de lui, besoin qu'il l'aide à retrouver son frère quelque part dans le Grand Ouest. Inversement, lui aussi va tirer profit de la situation, il recherche activement un dénommé Reno, celui-là même que Willow présente comme son époux (puisqu'il lui faut mentir à son sujet selon ses conseils reçus dans une lettre). Caleb ne dit rien mais il doute, il suffit de la regarder rougir dès qu'il lui pose des questions pressantes pour croire sérieusement à un mariage, selon lui, les deux sont simplement amants. Tant mieux, cela servira davantage ses plans. Caleb s'est juré de séduire cette beauté du Sud, aux manières raffinées, de retrouver Reno et de le buter.

La chevauchée à travers les Rocheuses s'annonce longue, très longue, tendue et périlleuse. A leurs trousses, on compte des hors-la-loi, des Comanches, des bandits qui veulent soit la tête de Caleb, récemment mise à prix, soit les pur-sang que Willow trimballe partout avec elle, et qu'elle considère comme ses gosses. La tension est palpable aussi (tension sexuelle, j'entends bien !) car l'homme et la femme vont se découvrir, s'apprécier et s'attirer. Alors oui, il y a pas mal de sensualité au fil des chapitres, et une leçon de pêche à la truite qui vaut le détour...

La suite est classique, comme souvent dans ce registre de romance historique. Caleb Black est un mâle, un vrai, qui protège les plus faibles et qui n'a qu'une parole lorsqu'il s'engage. Ses sentiments envers la petite Willow sont touchants, ce qui n'était qu'une simple affaire de vengeance personnelle va devenir un casse-tête chinois où les coeurs de nos deux protagonistes louperont presque un battement quand ils découvriront le pot aux roses (mais au moins ça relance l'action et la passion !).
Il s'agit en fait d'une réédition d'un titre paru déjà il y a quinze ans. Je crois même l'avoir lu à l'époque, c'était sympa de le retrouver...

Et je sais que vous attendez LA réplique culte, la voici donc :

 

Les longs cils de Willow s'abaissèrent doucement, ombrant ses joues, tandis que le soleil jouait avec leurs pointes dorées. Caleb la contemplait, fasciné.
- J'ai les yeux fermés, fit remarquer Willow au bout de quelques instants.
- J'ai vu. Où avez-vous déniché des cils de cette longueur, ma belle ?
- Je les ai volés à un veau.   
smileyc127

 

Aventure dans les Rocheuses - Elizabeth Lowell
Traduit de l'américain par Catherine Plasait - J'ai Lu, coll. Aventures & Passions (2010)

26 août 2010

Rouge

Pour avoir énormément apprécié Graceling de Kristin Cashore, j'attendais avec impatience de lire son deuxième livre, Rouge (en VO : Fire). Las, j'ai été un peu déçue, surtout par le début. C'est lent et compliqué, Kristin Cashore nous plante un nouveau décor, d'autres personnages, on parle de monstres à la beauté chatoyante, bref c'est assez inattendu mais ça ne manque pas d'intérêt.

 

rouge_kristin_cashore

Rouge, notre héroïne, est aussi une femme-monstre, elle possède une beauté étourdissante, qui attire les convoitises, les jaloux, les haines, etc. Son père était un monstre sadique et cruel, qui a connu une fin horrible. Aujourd'hui, Rouge porte encore le fardeau d'être sa fille. Elle tente de faire le bien ou de se tenir à distance. Elle vit chez l'ancien commandant du roi, dont le fils Archer est fou amoureux d'elle. Un jour, Rouge est invitée par le roi Nash à rejoindre sa cour pour leur prêter concours. La jeune femme est télépathe, elle peut lire les esprits et les manipuler pour obtenir ce qu'elle désire. Le pouvoir du roi est en effet menacé, d'autres seigneurs semblent complotés dans l'ombre, le jeune roi et ses proches veulent les espionner grâce au don de Rouge.

Escortée par Brigan, le commandant en chef et le frère de Nash, Rouge se sent oppressée, incomprise. Le prince la déteste, son statut de monstre à la chevelure de feu rend leur périple ardu et dangereux, et le voyage s'éternise. Pour le bien de tous, finalement, car Brigan et Rouge vont apprendre à mieux se connaître et s'apprécier. Les sentiments amoureux naissent très timidement, nos deux protagonistes ayant des âmes torturées souffrent silencieusement et sont devenus amers. Ils ont été nourris de haine, de rancune, de frustration et de tristesse. Ils ont les ailes cassées, et puis la guerre est aux portes de la ville, il n'est guère temps de batifoler.

J'ai été surprise par le ton de ce roman, il est très mélancolique et met davantage en avant les tourments des personnages. L'intrigue repose longtemps sur du statu-quo, on assiste aux préparations d'un conflit sans pitié, et au centre Rouge se débat avec ses propres atermoiements. S'il fallait comparer la jeune femme à Katsa, ce serait le jour et la nuit ! Rouge est meurtrie, tout le temps triste, elle traîne un spleen qui ne se guérit pas, elle est vraiment très sensible. Et c'est ce qui pèse sur la lecture, cette sensation de morosité qui s'écoule au fil des pages. Au-delà de cela, c'est un très bon roman, avec une véritable identité, un univers riche et captivant, dicté avec intelligence, et où toutes les pièces se mettent en place avec beaucoup de virtuosité. Je suis impatiente de lire le prochain tome, Bitterblue !

Rouge ~ Kristin Cashore
Hachette (2010) - 423 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

Fantasy Reading challenge 13 / 20

 

28 avril 2010

Shadow Kiss, Richelle Mead

You will lose what you value most, so treasure it while you can.

shadowkiss

J'ai prématurément jugé que ce livre était lent, un peu calme, où tout semblait statique, à commencer par la relation entre Rose et Dimitri. Pourtant, je sentais que le climat était lourd et menaçant. Au cours d'une grosse partie du roman, effectivement c'est le statu-quo. Nous suivons Rose qui ne cesse de nous surprendre. Plus touchante et plus sensible, proche du breakdown, assaillie par des visions troublantes, marquée par une aura assez sombre, elle ne cesse de se chercher et de tenter de comprendre ce qui l'agite. Elle en bave, mais ce n'est qu'un début. Fichtre, quelle maturité chez cette jeune fille. A la fin, elle a dix-huit ans. Sa vie est un cauchemar. Mais qu'est-ce qu'on a envie de la soutenir, de l'accompagner. (no spoilers)

Finalement, tout me paraît logique dans ce livre. Pour bien faire, Richelle Mead a choisi de ne pas tomber dans la facilité en jouant sur la passion dévorante (pourtant, bien présente !). Ainsi, la relation entre Dimitri et Rose m'apparaît plus belle, tellement plus douce. Leurs sentiments ne cessent de grandir, et quand enfin ils brisent leurs tabous et font face à ce qu'ils ressentent l'un pour l'autre, c'est tout simplement sublime. Plus qu'une récompense, c'est la juste continuation d'une relation qui a gagné en force et en authenticité.

A côté des hautes considérations romanesques et sentimentales, ce tome nous montre aussi le petit monde des Moroi en pleine mutation, avec l'envie montante de pouvoir se servir de la magie comme une arme contre les Strigoi. L'autorité de la Reine apparaît influente, mais à double tranchant. Ce qui nous amène à penser à Lissa, digne héritière de la famille Dragomir. A sa façon, c'est aussi un personnage qui devient plus fort et qui se trouve au coeur d'un enjeu politique et romantique. Le lien très particulier avec Rose connaît un certain revers, de même la notion de sacrifice et de don de soi est remis en question. Je ne peux en dire davantage, mais il y a de la révolution dans l'air !

C'est très, TRES bon, très fort, absolument poignant, il n'existe pas de mot pour la fin, ou alors, c'est tout simplement un crève-coeur.

the Dark Side challenge - 12      the_dark_side_challenge

(challenge bouclé)

challenge Lire en VO - 16

En France, la série paraîtra chez Castelmore (un nouveau département de Bragelonne, ciblé YA), dès octobre 2010 : Vampire Academy, tome 1 : Soeurs de sang. Les tomes 2 (Morsure de glace) et 3 (Baiser de l'ombre) sont déjà annoncés pour, respectivement, novembre 2010 et janvier 2011.

28 juillet 2015

Folio junior Version Originale : The Mozart Question, de Michael Morpurgo

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Une jeune journaliste doit interviewer l'illustre violoniste, Paolo Levi, avec pour seule consigne de ne pas aborder la question Mozart. Mais face au musicien, elle s'embrouille et lâche le morceau. L'homme réagit de façon tout aussi inattendue en murmurant : « Someone once told me that all secrets are lies. The time has come, I think, not to lie anymore. ». Sur ces mots, il lui raconte l'émouvante histoire de son père, ou comment un brillant violoniste est devenu barbier à Venise, après avoir renoncé à jouer de son instrument.

L'enfant a neuf ans et serine ses parents pour connaître la raison. Mais ces derniers se ferment comme une huître. Paolo finit par rencontrer dans la rue un musicien de 62 ans, Benjamin Horowitz, qui joue du Mozart à n'en plus pouvoir et va accepter de donner des leçons au garçon, en cachette des siens. Le jour où ses parents découvriront la supercherie, au lieu d'exploser de colère, ils se jetteront dans les bras de Benjamin. Toutes larmes dehors. Les langues vont se délier et raviver le souvenir de leur rencontre.

Vingt ans plus tôt, tous trois sont juifs et envoyés en camp de concentration, où ils sont recrutés pour jouer dans l'orchestre, d'abord pour divertir les soldats et officiers nazis, puis pour accueillir les convois et noyer l'angoisse des prisonniers, toujours plus nombreux. Du Mozart pour endormir leur vigilance. Les accompagner jusqu'aux portes de la mort. Tromper le monde et les apparences. Quelle ironie. Après quoi, Gino et Laura, traumatisés à vie, ont rangé leurs instruments au fond d'un placard. Pour tout oublier.

On lit cette histoire avec la boule au ventre, à mesure qu'on découvre le drame de ces musiciens brisés. C'est beau et poignant, raconté avec élégance et pudeur. Michael Morpurgo rend un formidable hommage de mémoire (« the memories we have are like nightmares, and we want to forget, but there is a time for truth ») en rappelant l'importance de la transmission. Un roman fabuleux, à découvrir dans sa langue originale. Accessible et bouleversant.

Folio Junior, coll. Version Originale / Juillet 2015 ♦ Illustration de couverture : Michael Foreman

1 avril 2009

Le remplaçant ~ Agnès Desarthe

remplacant

Ce livre était censé être un portrait d'un pédagogue polonais, mais dès les premières pages « le lapsus a oeuvré ». Et au lieu de lire un livre sur Janusz Korzack, directeur d'un orphelinat du ghetto de Varsovie, on découvre une autre figure humaine, celle de Triple B, pas un type exemplaire, mais « un exemplaire d'homme » !

Triple B, parce qu'il avait trois prénoms, Bouz, Boris et Baruch, était donc le grand-père d'Agnès Desarthe, du moins c'était le deuxième mari de sa grand-mère. Après la guerre, elle s'est retrouvée veuve, lui aussi. Ils se connaissaient, ils ont uni leur destin. Mais Triple B reste une énigme, un homme sans histoires qui pourtant en raconte des tonnes. Alors que dans la famille, on cultive de façon très aristocratique l'art de raconter des histoires drôles, il devient un figurant de second plan. Oh, bien sûr Triple B était cocasse à sa façon, il aimait arrondir les angles, il n'était pas un bon artisan, il avait souvent les poches vides, ou alors il flambait et s'enflammait, prétendait être un héritier des grands tsars de Russie. Il était d'ici et d'ailleurs, la tête dans les étoiles, et pourtant il vit toujours dans un appartement à Paris, il est seul, il a vieilli mais il conserve toute sa lucidité quand il trouve que le bébé de cinq mois n'est pas très bavard, et j'en passe.

Figures libres, collection indépendante et rêveuse, permet à un auteur de laisser sa plume vagabonder. Agnès Desarthe s'y emploie à merveille, elle nous balade d'un bout à l'autre de ses envies, de ses souvenirs, de ses questions, de ses joies et de ses peines, jusqu'à friser l'extase avec le miracle (ou le mirage ?) de l'apfel strudel. « A cause des choses perdues et jamais retrouvées, à cause de l'enfance si lointaine. » Je ne dirai pas de ce texte qu'il est émouvant, juste ou sincère, pudique ou intelligent, il est simplement vrai. C'est un livre très court, de 87 pages, où comme l'auteur le suggère, on a plus d'une fois le sentiment de lire l'histoire d'à côté avec le héros d'à côté, celui qui est devenu le remplaçant. Bref, pour moi ce livre était incontournable parce qu'il est signé d'Agnès Desarthe, un auteur que j'affectionne particulièrement, et j'espère que vous aussi vous l'apprécierez à sa juste valeur.

Bonne lecture !

Editions de l'Olivier, coll. Figures Libres, 2009 - 87 pages - 12,50€

15 mars 2009

Vingt fragments d'une jeunesse vorace - Xiaolu Guo

vingt_fragmentsFenfang a dix-sept ans lorsqu'elle quitte sa campagne pour vivre à Pékin asseoir son ambition de vie moderne et devenir actrice. A la place, elle trouve déception et désoeuvrement. Elle ne décroche que des petits boulots, ou fait de la simple figuration, elle loge dans des appartements communautaires, elle est épiée par des voisins qui cohabitent avec des poules, et elle connaît sa première aventure amoureuse avec un type qui aime la sauce de soja et qui a un caractère de jaloux despotique et violent. La mélancolie gagne peu à peu Fenfang, qui a soif de réussite, et forte du soutien de quelques camarades, elle commence à écrire ses propres scripts.

C'est un portrait original sur la jeunesse chinoise qui, de nos jours, se heurte à affirmer son individualisme et son désir de fortune dans une société dressée à penser collectif. Fenfang ne fait pas exception à la règle, elle s'est échappée de sa campagne car elle ne voulait pas finir plouc, mais dans la mégalopole chinoise, elle découve aussi son lot de misères. C'est ainsi que la jeune femme appréhende la notion abstraite de la solitude, et plus le temps passe et plus elle va se sentir démoralisée et abattue. Pourtant le roman ne sombre pas dans la morosité, le spleen n'empiète pas sur la lecture, sans pour autant affirmer qu'il y règne une pleine allégresse.
Xiaolu Guo est brillante, son Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants avait été une révélation, un mélange d'humour et de réflexion sur la complexité culturelle et émotionnelle entre l'orient et l'occident. Ses Vingt fragments d'une jeunesse vorace laissent entrevoir une nouvelle génération pleine de contradictions, à l'image de Fenchang, intelligente et belle, mais qui comprend que son pays ne sait pas ce qu'est le romantisme alors qu'il revendique la communion d'esprit et le culte patriotique. C'est différent, mais intéressant. Et cette fois, la langue est moins tarabiscotée, c'est simple, limpide et évident.

Le mantra du jour : « Le café bien chaud, c'est comme un homme à 37°2. Ça vous donne le courage d'affronter la journée. »

Buchet Chastel, 2009 - 185 pages - 17€
traduit de l'anglais (Chine) par Karine Lalechère

l'avis de cocola

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