Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chez Clarabel
Publicité
6 mars 2015

Pêle-mêle Clarabel #57

 

IMG_2961  IMG_2953  IMG_2963

IMG_2962  IMG_2954  IMG_2964

 

J'ai craqué pour la couverture et les illustrations de Becky Palmer, qui nous convie dans une histoire fantasque autour d'une soupière magique et d'un porridge qui gargouille de plaisir et ne connaît plus ses limites. C'est démentiel, surprenant et joliment illustré. Avec une touche d'humour british aussi. 

La Soupière Magique, de Becky Palmer (Sarbacane)

♦♦♦ 

J'ai également fait la connaissance de l'intrépide Cerise. ENFIN, penseront certaines. Cerise rêve de devenir écrivain. En attendant, c'est dans son journal qu'elle raconte le monde qui l'entoure, quitte à imaginer des histoires romanesques. Comment ne pas être sous le charme ? Ambiance, couleurs, histoire... tout me plaît et invite à découvrir la suite. 

Les Carnets de Cerise, tome 1 : Le Zoo Pétrifié, de J. Chamblain & A. Neyret (éditions Soleil)

 ♦♦♦

Pour finir, j'ai replongé avec délice dans les premières histoires d'Akissi, réunies dans cette édition spéciale au format sympa (couverture souple et couleur éclatante).  Je ne me lasse pas du charme exotique, des aventures casse-cou de la fillette, de sa bande de copains et du folklore local, cela vous met en joie pour la journée ! 

Akissi : Histoires pimentées, de M. Abouet & M. Sapin (Gallimard)

 ♦♦♦

Publicité
18 février 2015

Celui qui sera mon homard, de Tom Ellen & Lucy Ivison

« Elle est sexy, elle vit dans une maison immense et elle porte le nom d'une bière. C'est la femme idéale. »

Celui qui sera mon homard

Sam et Hannah se rencontrent à une fête (passent dix minutes ensemble dans les toilettes) puis se quittent sans s'être échangés leurs noms ou leurs coordonnées. Hannah le jure à ses amies, « c'est son homard », celui pour qui elle serait prête à sacrifier sa virginité. C'est lui, le bon, le seul, l'unique. De son côté, Sam aussi en pince sérieusement pour la jolie inconnue mais vient de décrocher un rencard avec une autre demoiselle ... la meilleure amie d'Hannah ! C'est l'été, le temps des vacances, de l'insouciance et de la tortueuse question du “déniaisement”. Sam et Hannah ont 17-18 ans, des tonnes d'arrière-pensées et la trouille de se tromper. Alors ils vont se perdre, se retrouver, se méprendre ou balbutier des vérités arrangées. Croyez-le ou non, c'est une lecture hyper attendrissante et aux effets inattendus ! Car le roman est très drôle, confondant de maladresse, adorable et authentique, truffé d'allusions à Harry Potter, Twilight et tout le reste, qui nous font rire énormément. L'histoire vous embarque dans les aventures délirantes d'une bande de potes (soirées, plage, rencontres, beuveries, bisous, camping, festival dans un champ, séance d'épilation, trampoline, le grand soir, etc.). Il est question d'amour, d'amitié, d'avenir, d'études, du temps qui passe (trop vite), du changement d'attitude, des attentes et de la frustration. Mais c'est surtout raconté de façon cocasse, sans détour ni vulgarité. Et j'ai adoré. C'est comme un livre de Sarra Manning : audacieux, tendre et sincère. Sans complexe. Sans tabou. Et très, très drôle. Je le conseille fortement. ♥♥♥

Gallimard, coll. Scripto, février 2015 ♦ traduit par Julie Lopez (Lobsters)

Existe dans le même registre : L'amour, mode d'emploi de William Nicholson, qui est nettement moins drôle mais moins daté que Pour toujours de Judy Blume.

 « We need more books like this. »

« Plus grands sont les obstacles, plus vous êtes faits pour être ensemble. Regarde Ron et Hermione. Des obstacles partout. Mais Hermione a-t-elle baissé les bras quand Ron est sorti avec Lavender Brown ? Ron a-t-il baissé les bras quand Hermione s'est tapé ce joueur de Quidditch bulgare ? Ont-il laissé la pression de devoir retrouver les derniers Horcruxes les séparer ? Non. Grâce à tous les drames qu'ils ont traversés, ça a été encore plus poignant quand ils se sont finalement mis ensemble. » ☺

25 novembre 2014

Les Vacances du Petit Nicolas, de Sempé et Goscinny

 IMG_2304

Les vacances, c'est chouette ! Avec le Petit Nicolas, c'est double plaisir assuré ! 

Bidonnade assurée à la lecture de cette chronique déjantée, et interprétée avec brio par Benoît Poelvoorde en version audio : l'énergie du comédien belge colle formidablement à l'esprit ludique et facétieux du Petit Nicolas. Ce sont deux heures d'écoute pleinement réjouissantes ! J'en demande encore.

Pour les vacances, Nicolas et ses parents partent à la mer dans un hôtel assez chic, où ils vont d'ailleurs retrouver de vieilles connaissances. Golf, châteaux de sable, balade en mer remplissent les journées du petit garçon turbulent, alors que son papa tente, tant bien que mal, de garder son self-control en canalisant les bêtises de son fiston et oublie l'idée même de se reposer !

Puis, Nicolas part en colonie de vacances pour la première fois de sa jeune existence. Tandis que ses parents s'étranglent d'émotion et d'angoisse, l'enfant laisse éclater sa joie à la perspective de partir à l'aventure (camping dans la forêt, nuit à la belle étoile, feux de camp etc.). Sur place, Nicolas se fait des tas de nouveaux copains, tous plus délurés les uns que les autres, naturellement. C'est leur moniteur qui va vivre un séjour à cent à l'heure ! 

Et enfin, retour à la maison. Tout le monde vaque à ses occupations : papa sur son canapé, à lire son journal, maman aux fourneaux (ouh ! les vieux clichés qui démangent la lectrice de 2014)... et Nicolas qui s'ennuie. Pourquoi ne pas faire germer un haricot sur un bout de coton, tiens ? Ou toquer à la porte de la petite voisine, Marie-Hedwige, pour se raconter ce fabuleux été !? 

Je n'avais jamais pris le temps de découvrir cette série, je la découvre avec ravissement et je n'ai fait que rire du début à la fin ! Il y a un petit parfum de tendre nostalgie, le goût de l'enfance, de la bonne humeur, de la simplicité, une vraie joie de vivre, des bêtises, de la dérision, bref tout ça fait qu'on ne s'ennuie pas un seul instant. J'ai adoré. 

Gallimard jeunesse, coll. écoutez lire, juin 2014 ♦ Folio junior, édition spéciale comprenant : Le Petit Nicolas - Les récrés du Petit Nicolas - Les vacances du Petit Nicolas (avril 2014)

31 juillet 2015

Ça peut pas rater ! de Gilles Legardinier

CA PEUT PAS RATER

Humiliée par son petit copain, qui la largue après dix ans de vie commune, Marie décrète qu'elle en a assez des hommes et entend se passer d'eux... Mais voilà qu'elle reçoit la lettre d'un admirateur secret, qui la rend toute guillerette ! Qui, parmi son entourage, se languit d'elle en soupirant ? À peine le temps de dresser une liste de potentiels qu'elle s'embarque dans de folles péripéties !

D'abord, sauver la boîte où elle travaille, contre le plan de redressement préparé en douce par le patron. Puis, rendre la pareille à son ex goujat, qui exhibe sa nouvelle conquête sous son nez, et préparer avec gourmandise le sabotage de sa soirée déguisée. (Quel grand moment !) Jouer l'entremetteuse pour sa meilleure amie, et échafauder des ruses pour démasquer sa groupie de l'ombre, au risque de se ridiculiser.

Jackpot gagnant avec cette lecture enjouée et délirante, qui parvient à alterner les séquences cocasses, sensibles et vraies sans jamais dramatiser, et en assumant pleinement son goût pour la dérision ! J'adore. C'est très, très drôle, avec un portrait de femme, blessée et malheureuse, mais à l'énergie débordante. On ne peut que s'attacher à Marie, à travers laquelle on se reconnaît insidieusement dans son désir de repli de la scène amoureuse, sa profonde amertume et sa confiance bafouée.

Le roman fait aussi montre d'une certaine lucidité concernant la vie de couple, pas toujours parfaite, et de l'antagonisme entre les hommes et les femmes, même si cela reste la plus vieille valse du monde ! On peste, on râle mais on y revient sans cesse. Bref, j'ai été transportée à l'écoute de Clémentine Domptail, qui a su offrir une lecture agréable et pétillante. Ce sont 10 h 30 passées en un clin d'œil, pour un rendez-vous toujours très apprécié avec cet auteur. G. Legardinier conforte l'idée que toute prescription littéraire devrait être obligatoire contre le blues !

Audiolib / Juillet 2015 ♦ Texte lu par Clémentine Domptail (durée : 10h 30) ♦ Fleuve Noir, 2014

19 septembre 2014

Complètement cramé ! de Gilles Legardinier

Complètement cramé

heart

Andrew Blake, un anglais très riche, n'a plus le goût de rien et se sent seul (sa femme est morte, sa fille vit en Californie). Il décide de tout plaquer pour s'installer en France, où il vient de se faire embaucher comme majordome dans un manoir. Une mise au vert qu'il pense bénéfique. Sur place, toutefois, il est tenté de faire machine arrière, effarouché par ses rencontres : Mme Beauvillier vit cloîtrée dans ses appartements, dans le culte de son mari décédé, la cuisinière, Odile, est revêche et guindée, le régisseur, Magnier, est un rustre sans cervelle, seule la femme de chambre, Manon, lui inspire une sincère sympathie (elle a l'âge de sa fille, qui lui manque cruellement). Malgré tout, l'oiseau fait son nid. Et par sa simple présence, Blake va révolutionner la vie des habitants du manoir... un pur bonheur !

Certes, le roman sifflote en ritournelle « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Car tout est bienfaisant, bien-pensant et insuffle tendresse et compassion. Eh oui, encore une lecture qui prône les valeurs de l'entraide et du partage. Ici l'auteur propose de faire table commune des petits malheurs des uns et des autres pour une coordination salutaire. Youhou. C'est délicieusement utopique, sans cynisme, tout simplement drôle et attachant. Et moi je raffole de ces lectures douillettes, qui laissent entrevoir un monde doux et joyeux, avec des spécimens rares et précieux, capables de redonner goût aux plaisirs simples de la vie.

Philippe Résimont enchante le lecteur par son interprétation virevoltante du flegme britannique confronté aux frilosités d'une petite communauté française, pourtant encline à succomber à son grain de folie. Oui, ce livre fait du bien. Gilles Legardinier nous démontre une nouvelle fois que, sans l'aide d'artifices grossiers, on peut raconter une histoire en toute simplicité et ainsi toucher le lecteur. Bim bam boum. J'ai adoré !

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont (durée : 9h 37) ♦ disponible en papier chez Fleuve Noir ou Pocket

Publicité
24 juillet 2014

Hunger Games, de Suzanne Collins

Hunger Games

Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur. Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette mise en scène sinistre. Pour gagner : survivre dans l'arène en éliminant sans scrupule ses adversaires. Katniss Everdeen, qui vit dans le District 12 (le plus pauvre), a conscience du danger lorsqu'elle se porte volontaire. Mais elle n'a plus le choix, puisque c'est le nom de sa sœur, Primrose, qui a été désigné. 
Commence alors une lente et très glaçante dégringolade dans l'horreur, que l'on ressent via le ton de la voix de Kelly Marot (également l'actrice qui double Jennifer Lawrence dans le film). C'est sobre, assez morne, limite déprimant. Au départ, j'avoue, cela a failli me déplaire. Car Katniss est une héroïne animée par la rage, la colère et la frustration. Je m'étais donc préparée à une lecture plus pêchue. Une conduite dynamique et passionnée.
Finalement, c'est assez différent... sans toutefois être décevant. Car le rythme a suivi, l'ensemble a fait corps, entre l'intrigue haletante et les personnages dévastés, le ton apparaît alors assuré, farouche et inflexible. J'ai très vite été dans mon élément ! Certes, ce n'était plus une découverte (lu le roman à sa sortie, vu le film, etc.). Le plaisir de la découverte est ravalé, mais la sensation de satisfaction demeure intacte. Cela reste une plongée époustouflante pour une relecture toujours aussi palpitante !
Cette fois, place aux émotions et aux introspections (Katniss qui se défend d'être une héroïne, au sens de rébellion encore en gestation, le poids de la culpabilité d'avoir à éliminer ses concurrents, sa nature froide et sans cœur enfin fragilisée par sa rencontre avec Peeta...). Ce n'était plus la fringale insatiable et vorace, mais c'était autrement, un beau et doux sentiment qui rend cette lecture vraiment à part !

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intégral lu par Kelly Marot (durée d'écoute : 11h 40) ♦ traduit par Guillaume Fournier pour les éditions Pocket jeunesse

Les deux prochains volets sortiront à l'automne !   

9 juin 2014

Quand souffle le vent du nord, par Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nord

Deux inconnus entament une relation épistolaire (par mail) tout à fait anodine, mais au fil du temps celle-ci ressemble de plus en plus à du badinage amoureux. Après tout, pourquoi pas ? Leo se remet tout juste d'une rupture sentimentale difficile, par contre Emmi... c'est beaucoup plus compliqué. La jeune femme est mariée, elle l'affiche d'emblée, se dit comblée et épanouie. So what ? Qu'est-ce qui la pousse, jour après jour, à consulter sa messagerie pour y glaner un message de son correspondant anonyme ? Affamée, insatiable, impatiente, excitée, bref une véritable amoureuse ! Le jeu est également pimenté par leur refus de se rencontrer en vrai. Ils demeurent ainsi deux fantasmes, parfaitement intouchables. Contrairement à la plupart des lecteurs, j'ai très peu adhéré à l'histoire, qui me pose un réel cas de conscience. À partir de quand estime-t-on être infidèle ? peut-on se sentir libre de tout dire, sous prétexte que c'est par écrit, et parce qu'on ignore tout de l'autre, derrière son écran ? Je n'ai absolument pas capté les motivations de la jeune femme, Emmi est entière, limite capricieuse et exigeante, sa relation avec Leo est pour moi tout à fait illogique et incongrue. (Son correspondant est devenu “sa chose”, mais elle lui propose de rencontrer sa meilleure amie célibataire, très belle et sensuelle, là elle pique une crise de jalousie sitôt qu'elle comprend que ces deux-là se sont trouvés et lui échappent ... !) J'ai donc beaucoup soupiré, trouvé le temps long, pas compris l'engouement pour ce livre. Seule la fin a su trouver grâce à mes yeux, enfin un choix judicieux, qui en appelle à l'imagination du lecteur. Mais l'auteur a succombé à la facilité en publiant une suite. Hélas.

Audiolib, mai 2010 ♦ texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse, Nathalie Hugo et Robert Guilmard ♦ traduit par Anne-Sophie Anglaret pour les éditions Grasset & Fasquelle

13 mars 2014

Cet instant-là, par Douglas Kennedy

IMG_0735

Je poursuis ma découverte des romans de Douglas Kennedy, avec ce titre qui n'a pas su soulever un enthousiasme débordant. L'histoire de Thomas Nesbitt, écrivain à succès, soudainement confronté à son divorce après vingt ans de vie commune, est aussi l'occasion de le renvoyer à un passé pas très lointain, celui de sa folle jeunesse, dans les années 80, où il a débarqué dans la ville de Berlin, alors coupée en deux par un mur.

Thomas replonge ainsi dans les souvenirs de sa passion amoureuse pour une jeune femme exilée de l'Est, Petra. Belle, mystérieuse, fascinante. Son histoire personnelle l'avait également rendue mélancolique et à fleur de peau, mais elle avait su trouver auprès de Thomas un réconfort et la promesse de lendemains meilleurs. Elle lui avait aussi confessé son parcours, avec son lot de drames et de déchirures. Bref, tout allait pour le mieux entre eux deux. Et puis, il y a eu « cet instant-là », le fameux...

Alors je ne vous cache pas que la lecture est longue, très longue, surtout le début, mais la partie rétrospective n'apporte pas non plus de regain ni de souffle nouveau. Encore des longueurs, en plus des clichés, et l'histoire d'amour qui se révèle mélodramatique, mais surtout sirupeuse et larmoyante. Pff, quoi. Sans compter que j'ai toujours beaucoup de mal à m'attacher aux personnages de D. Kennedy, j'ignore pourquoi mais ça ne prend pas.

J'ai alterné ma lecture papier avec la version audio, presque irréprochable comme d'habitude, par contre j'ai un problème, dès qu'une voix masculine aborde les dialogues ou les personnages féminins, ça coince. Les interventions de Marcha Van Boven sont trop rares, dommage, cela aurait pu compléter l'interprétation, sincère et poignante, de Philippe Résimont et rendre l'ensemble plus crédible.

Audiolib ♦ novembre 2011 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont et Marcha Van Boven (durée d'écoute : 17h 41) ♦ traduit par Bernard Cohen pour les éditions Belfond ♦ en format poche chez Pocket (janvier 2013)

20 février 2014

Big Nate est tombé sur la tête, par Lincoln Peirce

IMG_0667

Il s'agit déjà du 5ème titre de la série Big Nate ! Une lecture toujours aussi réjouissante pour les 8/11 ans (et plus) qui n'aiment pas trop lire et qui jugent opportun ce mélange de roman et BD assaisonné de situations comiques, et mettant en scène des collégiens auxquels ils pourront aisément se reconnaître.

Au centre, Nate est un personnage impayable : son sens de la répartie et son don pour s'attirer les ennuis font de lui un héros très attachant ! Cette nouvelle histoire met en avant son problème de rangement : le garçon est un grand, grand bordélique. Son casier ne ressemble à rien. Ses copies sont sales. Même les livres empruntés à la bibliothèque ont l'air de vieux chiffons usés après un passage entre ses mains.

Aussi, lorsqu'il a besoin de l'appareil photo de l'école, il supplie son meilleur pote Francis de se griller pour lui. Il a promis, juré, il y veillera comme à la prunelle de ses yeux. Et pourtant, l'appareil photo va disparaître du casier. Les deux amis se disputent, Nate se sent responsable et ne peut compter que sur cette chère Dee Dee pour trouver une solution.

Une séance d'hypnose plus tard, Nate est méconnaissable : appliqué, scrupuleux, consciencieux, il fait le bonheur de ses professeurs (rend des devoirs impeccables et devient un élève modèle), mais déconcerte son entourage (son père est encore sous le choc !). L'enquête suit en cours et Dee Dee s'improvise Super Espionne. C'est franchement très drôle. Quid de son amitié avec Francis ? Là aussi, tout va finalement rentré dans l'ordre. La morale est sauve.

Voilà une lecture simple et amusante, qui réussit toujours à gagner l'intérêt de ceux qui n'aiment pas trop lire... chaque rendez-vous avec Big Nate est la promesse d'une bonne partie de rigolade. Dans cet épisode, on trouve aussi des messages codés que les lecteurs devront déchiffrer s'ils veulent connaître les propos tenus par Nate et ses potes. (J'en connais qui adore ça !)

Gallimard jeunesse, novembre 2013 - traduit par Jean-François Ménard

****************

Actuellement, sur le marché, on trouve de plus en plus de livres dans le même goût, c'est-à-dire qui mélangent le roman et la bande dessinée (ou les illustrations en pagaille). Les livres se permettent ainsi d'afficher plus de 300 pages, en mettant l'accent sur les situations comiques et l'humour saugrenu, c'est plus facile pour les lecteurs réticents qui ne voient pas le temps passer et prennent aussi beaucoup de plaisir à suivre les péripéties de personnages ordinaires, dans lesquels ils peuvent se reconnaître.

LA référence absolue, c'est bien sûr Le Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney. La série compte déjà 7 tomes. Nul besoin de les suivre dans l'ordre - l'humour est toujours de mise. Greg Heffley incarne l'anti-héros par excellence (mauvaise foi et maladresse sont son lot quotidien). À chaque fois, la lecture fait mouche, les lecteurs en redemandent  ! 

Journal d'un dégonflé, tome 7 : Un coeur à prendre par Jeff Kinney (Seuil jeunesse, février 2014)

IMG_0668

... mais les aventures de Tom Gates, le héros de la série écrite par Liz Pichon, sont excellentissimes dans le même style ! Lui aussi peut se targuer d'être un gentil clown sympathique, qui arrive toujours en retard à l'école et oublie souvent ses devoirs à rendre, il adore dessiner en classe et a pour meilleur pote Derek avec lequel il tente de lancer un groupe de rock (les clebs zombies)... Délires assurés. ☺

Tom Gates, Tome 3 : Tout est génial ! (... ou presque) par Liz Pichon (Seuil jeunesse, mai 2013)

IMG_0669

Sans oublier les incroyables aventures d'Origami Yoda et du Kraft Vador (pour les fans de Star Wars, les allusions sont impayables... pour les autres aussi, je vous rassure) ! Cela se présente telle une série de témoignages drôles et touchants qui démontre qu'au collège comme ailleurs, « une vertu la solidarité est ». On sourit tout le temps, le style est décomplexé, les personnages tous attachants... il existe d'autres livres à paraître dans cette série, j'espère que l'éditeur français continuera sur cette belle lancée !

IMG_0670

Origami Yoda, tome 2 : Kraft Vador contre-attaque, par Tom Angleberger  (Seuil jeunesse, avril 2013)

Tous trois traduits par N. Zimmermann

14 octobre 2013

La Maison de Soie: Audiolib lu par François Montagut

IMG_9663

Watson est au crépuscule de sa vie, mais avant de tirer sa révérence il souhaite confesser une aventure particulièrement bouleversante, au cours de laquelle Sherlock et lui ont bataillé avec une enquête délicate, dangereuse et sulfureuse ! Toutefois, il avait promis de n'en rien dévoiler de son vivant. Son texte, donc, sera confiné dans un coffre et publié près d'un siècle plus tard. Tout débute par une rencontre ordinaire, avec un marchand d'art qui prétend être suivi par un individu et qui s'inquiète pour sa famille. Très vite, Sherlock et Watson vont retrouver le suspect, avec un couteau planté dans le cou ! C'est suite à la disparition d'un complice de Wiggins, le jeune Ross Dixon, que l'affaire prendra un tour préoccupant.

Pour la toute première fois, Sherlock voit ses inébranlables certitudes en prendre un coup dans l'aile ! Il est passé complètement à côté d'un indice important, lequel aura des conséquences tragiques. Cela va d'ailleurs lui faire prendre conscience de son manque de considération pour les gamins des rues, qu'il exploite à tort ou à raison, à l'image de toute la société qui se contrefiche du sort de ses gosses sans le sou, qui perdent leur innocence sur les trottoirs et mettent en péril leur vie à chaque seconde. Eh oui, c'est une grande première chez Sherlock Holmes ! Se soucier des autres, par pur altruisme. o_O

C'est à ces petits détails qu'on reconnaît le pastiche. Sans quoi, Anthony Horowitz a su répondre aux exigences du cahier des charges en offrant une intrigue redoutablement efficace et absolument divertissante. Les descriptions sont pointilleuses, avec un sens de la théâtralité qui pousse aux soupirs ... d'admiration ou d'exaspération. Soit c'est surjoué, soit c'est assez fidèle à l'esprit de la série, ou disons que c'est suffisamment approximatif pour faire illusion. Ne chipotons pas, après tout Sherlock a souvent été copié, mais jamais égalé ! Techniquement, François Montagut n'a pas déçu un seul instant et offre une lecture maîtrisée et captivante.

La Maison de Soie, par Anthony Horowitz (Audiolib, mars 2012 - texte intégral lu par François Montagut - durée d'écoute : 10 h 12 - traduit par Michel Laporte pour Hachette - Calmann Lévy, 2011 - existe en format poche)

17 juillet 2013

L'Echo des morts (Audiolib)

IMG_9016

J'ai écouté ce livre en seulement deux jours, c'est vous dire comme il a su m'embarquer dans son univers ! L'île d'Öland apparaît comme un cadre enchanteur, avec ses énigmes et ses fantômes, elle a tout lieu de nous charmer, de nous intriguer. L'histoire est celle de la famille Westin qui vient d'emménager dans la maison du gardien de phare, une demeure abandonnée depuis des années, et qui a aussi ses petits secrets.

La vie semble couler paisiblement, jusqu'à l'annonce de la tragique disparition de Katrine. Joakim est effondré et s'enfonce dans l'idée saugrenue que l'esprit de son épouse hante toujours les lieux. De plus, leur fille Livia est réveillée chaque nuit par des cauchemars et prétend être en communication avec sa mère. On ne jugera pas ce que le chagrin ou le deuil nous conduisent à penser, agir ou tenter, mais disons que c'est aussi curieux que captivant.

A côté de ça, on suit une bande de petits voyous qui pillent les demeures des vacanciers, on fait la connaissance avec la nouvelle policière, Tilda Davidsson, et on plonge dans le passé d'Öland à travers des archives qui lèveront le voile sur un secret de famille. Si je trouve désormais autant de confort dans les polars nordiques, c'est assurément pour la promesse d'évasion (et de dépaysement) qu'ils m'apportent ! Ce voyage m'a envoûtée, j'ai beaucoup aimé.

L'écho des morts, par Johan Theorin
Audiolib / éd. Albin Michel (2010) - traduit par Rémi Cassaige
Texte intégral lu par François Tavares (durée d'écoute : 11 h 48)

20 mai 2013

“Life is too short to say maybe.”

IMG_8871 

J'ai adoré ce livre ! L'histoire dénonce les dangers du virtuel et du tout-numérique, qui enferme la société dans une bulle en lui faisant croire que c'est pour son bien, pour la protéger des dangers du monde extérieur, nous sommes en 2060, et pourtant le message peut s'appliquer à notre monde d'aujourd'hui. Vivre à travers un écran, c'est aussi et surtout se priver de véritables sensations que la vie digitale est incapable de reproduire (ou procurer), donc j'ai aimé cet aspect du roman, mais j'ai surtout trouvé adorable la relation qui se nouait entre les deux personnages que sont Maddie et Justin.

Elle est l'héritière de l'Ecole Numérique, lui est le fils de terroristes qui combattent ce système. Elle croit en des valeurs que lui rejette. Entre eux, beaucoup de secrets, de non-dits et de tension amoureuse... si, si. Et c'est ce qui est clairement le plus attachant ! Dès lors que Justin fait irruption dans son existence, la vie de Maddie va devenir plus intense et excitante, de là à revoir ses priorités et être tentée de s'échapper de son cocon pour enfin mordre la vie à pleines dents. Sauf que lui aussi, de son côté, ne mène pas une vie facile et simple. Il s'est entouré de barrières, il pense n'avoir pas de temps pour l'amour, mais bon ... la demoiselle est coquine et tenace !

Bref, c'est donc essentiellement l'histoire d'une renaissance, ou d'une éclosion. A travers une jolie histoire d'amour, qui se dessine en finesse et avec tendresse. La séduction entre Maddie et Justin s'opère tout en douceur, c'est franchement adorable, du moins, moi j'ai vraiment craqué. Ce n'est certes pas un livre d'action, mais plutôt d'émotion. Je n'avais pas d'attente précise concernant cette lecture, et elle m'a prise au dépourvu. Pile ce qu'il me fallait, au moment où je l'ai entamée. C'est seulement parce que j'ai d'autres livres à lire, mais sinon je suis très tentée de me plonger dans la suite, déjà parue en VO, intitulée [[Middle Ground]]. Série en 3 tomes. J'aime beaucoup, pour l'instant ! ♥

La révolte de Maddie Freeman, par Katie Kacvinsky
PKJ. (2013) - Traduit par Cécile Chartres

" Tu as grandi en pensant que l'amour avait pour unique but d'assurer ta sécurité. Mais c'est comme vivre dans une bulle. C'est une autre forme de domination. Moi, j'ai grandi en pensant qu'aimer les gens, c'était leur faire suffisamment confiance pour les laisser partir. Ça permet d'emporter cet amour avec soi, de créer d'autres liens. "

16 mai 2013

“We wanted the freedom to love. We wanted the freedom to choose. Now we have to fight for it.”

IMG_8867 

Ce dernier tome de la série divise les lecteurs, mais en ce qui me concerne je l'ai beaucoup apprécié ! Nous suivons toujours Lena, réfugiée dans la Nature, auprès des résistants, mais aussi Hana, son ancienne meilleure amie, désormais la future compagne de Fred Hargrove, le nouveau maire de Portland. Malgré son opération, Hana se sent rongée par la culpabilité et n'arrive pas à concevoir son prochain mariage comme une aubaine, réalisant même que Fred n'est pas aussi parfait qu'il voudrait le paraître. 

Lena non plus n'est pas à la fête, en dépit du retour d'Alex, dur et cassant, il ne lui pardonne pas d'avoir tourné la page dans les bras d'un autre. Son coeur est pris en étau, elle ne sait plus qui croire, qui choisir et se vexe facilement pour des broutilles. J'ai eu beaucoup de peine pour eux, mais l'histoire ne nous laisse pas trop le temps de nous apitoyer sur le sort de Lena, car la résistance oeuvre pour le défi ultime, le combat vers la liberté, au prix de tous les sacrifices. Les petits soucis personnels de Lena ne font pas le poids à côté de ce grand rendez-vous haletant !

En effet, il est loin le temps où l'on s'étourdissait de bonheur et de béatitude face aux premiers balbutiements d'une formidable histoire d'amour, dans l'insouciance et la promesse d'une aube nouvelle et éclatante... Ce dernier tome rompt définitivement les amarres. C'est une lecture très sombre, assez oppressante, teintée de désespoir et d'amertume, livrant aussi une issue hasardeuse, mais prompte à toute interprétation. (J'aime les fins ouvertes, donc ça ne me dérange pas du tout.)

Ce n'est pas tout gai, tout rose. Bien loin de là. Et c'est ce qui m'a plu. C'est un livre intelligent, qui refuse de céder à la facilité et qui montre que l'amour, c'est douter, se tromper, tenter, perdre et recommencer. J'ai aimé aussi le message de force et de conviction qu'assomme Lauren Oliver en bout de course : "Faites tomber les murs. Libérez-vous des obstacles, des liens qui vous étouffent, des cailloux qui pèsent lourd dans votre ventre. Faites tomber les murs." Cette série a ravi mon cœur, définitivement. ♥

Delirium, tome 3 : Requiem, par Lauren Oliver
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2013 - Traduit par Alice Delarbre

14 mai 2013

"... l'oubli n'est pas seulement une forme du souvenir, mais le souvenir est une forme de l'oubli."

IMG_8862 

C'est probablement un livre qui a été écrit pour moi. Il est en effet question d'une maison et d'une famille où il n'y a que des filles. Le reste, c'est de la poésie, de la gourmandise, de la nostalgie, de la tendresse et de la délicatesse. Comment résister ?

Iris vient d'hériter de sa grand-mère Bertha la grande maison de Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne. C'est l'été, le jardin regorge de couleurs et de senteurs, subrepticement tous les souvenirs d'enfance lui reviennent à la pelle : la maladie de Bertha, à la mémoire défaillante depuis sa chute du pommier, les balades dans la campagne, près de l'écluse, les heures à plonger ou nager dans le lac, sa cousine Rosemarie et leur amie Mira, les tragédies, la mort, les histoires d'amour naissantes, les trahisons, le désespoir, la jalousie...

Tout ça en un lent et langoureux va-et-vient avec le présent, où Iris fouille les placards, revêt les vieilles robes de bal de ses tantes ou sa mère, croise avec nonchalance Max, le jeune avoué qui doit régler les questions de succession. C'est une lecture qui doit se vivre, être ressentie comme un cadeau, ou être considérée comme un écho à vos propres souvenirs. Ce roman aborde d'ailleurs la délicate suggestion de la mémoire et de l'oubli, avec les histoires qu'on se construit à partir des souvenirs qu'on se force à faire renaître, ou qu'on tente d'inventer.

C'est une lecture que j'ai savourée, en regrettant sincèrement la fin et le moment de devoir dire adieu aux fantômes de Bootshaven, à Iris et à sa fabuleuse histoire familiale. Très belle et passionnante version Audiolib, comme d'habitude !

Le goût des pépins de pomme, par Katharina Hagena
Audiolib / Anne Carrière, 2010 (existe en format poche) - Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss
Texte intégral lu par Cachou Kirsch

"J'aimais lire et manger en même temps (...). C'était merveilleux les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies..."

Un grand merci à Bladelor pour la découverte ! ♥

13 mars 2013

“You wanted hearts and flowers,” he murmurs.

IMG_8658

Nous avions abandonné une Anastasia en pleine reprise de ses moyens, choisissant de fuir sa relation malsaine avec Christian, et j'avais grandement applaudi ce choix. Clap clap clap. Hélas, la résistance de la demoiselle aura duré ... 20 pages. Quelle désolation ! Ana a donc commencé son boulot, elle est assistante auprès d'un éditeur indépendant, lequel semble lui porter une attention bien pressante. Hmm, c'est alors que Christian réapparaît avec ses cadeaux, ses virées en hélicoptère et ses tons graves et impétueux, tout ça parce qu'il n'est pas content de la mine de déterrée de sa petite copine, qui a aussi perdu quelques kilos, le comble du comble, car ... à quand date son dernier repas ?! (pff)

Eh oui, c'est toujours, toujours la même rengaine. Christian se pose en mâle dominateur, mais c'est ridicule, Ana est naïve et ne cesse de minauder. Au secours. Dès lors qu'il lui propose de revoir les bases de leur relation (encore un contrat ?), elle frétille d'excitation. Enfin une relation avec des fleurs et du chocolat ? Naaan... Je sature.  Autant j'avais pu rigoler avec les débuts de cette série olé-olé, autant cette fois je m'escrime et je jure que la plaisanterie a assez duré.

Et cette farce dure trois tomes, pitié STOP. C'est chiant et y'en a marre de ces fadaises et autres niaiseries. Le pire, c'est qu'il y a maintenant des tonnes de bouquins qui ont pris le relais et qu'on ne trouve plus que ça (de la médiocrité et du porno vulgaire). Que passe cette mode au plus vite et qu'on retrouve des histoires plus croustillantes, drôles et écrites avec une vraie plume.

Rien à redire sur l'interprétation de Séverine Cayron, juste et stoïque quand on songe aux singeries qu'elle doit débiter, c'est le seul bon point à sauver de ce livre à écouter.

Cinquante nuances plus sombres, par E.L. James
JC Lattès / Audiolib, 2013 - traduit par Aurélie Tronchet
Texte intégral lu par Séverine Cayron, avec la participation de Julien Bocher

5 juin 2015

Chut ! je lis : Le Club de la Pluie au pensionnat des mystères, de Malika Ferdjoukh

Profiter du soleil pour replonger dans les aventures du Club de la Pluie (de Malika Ferdjoukh) ! 

IMG_4123

Nostalgiques des séries à la Enid Blyton, cette lecture est pour vous ! Rose, Nadget et Ambroise sont élèves au pensionnat des Pierres-Noires, à Saint-Malo, et trompent leur ennui en résolvant des énigmes et autres enquêtes intrépides. Ils ont même créé le Club de la Pluie et sont à l'affût du moindre détail troublant pour y mettre leur grain de sel.

On frissonne de plaisir à les suivre dans leurs aventures, dans les couloirs hantés de leur école ou les allées d'une fête foraine, à traquer un redoutable voleur d'objets précieux ou démasquer un fantôme, tout ça dans une ambiance bon enfant et délicieusement affolante.

C'est du Malika Ferdjoukh pur jus ! Une écriture exquise, des références au cinéma rétro & la sensation d'une bulle réconfortante... on ne s'en lasse pas. Notez que la réalisation sonore du livre lu nous réserve une entrée en matière particulièrement tonitruante ! Je n'ai pas pu m'empêcher de sursauter. 

Texte lu par Alice Butaud (Rose), Vincent de Boüard (Ambroise) et Clémentine Niewdanski (Nadget) ♦ Musique composée et interprétée par Cécile Maisonhaute

♦ Livres précédemment lus ici

Chut ! les livres lus de l'école des loisirs / mai 2015

5 juin 2015

L'Affaire Cendrillon, de Mary Higgins Clark & Alafair Burke

L'AFFAIRE CENDRILLON

Après le succès de son émission Suspicion, qui avait permis l'arrestation d'un tueur jamais inquiété, dans Le bleu de tes yeux, Laurie Moran travaille sur une nouvelle affaire non résolue : l'Affaire Cendrillon. Vingt ans plus tôt, la ravissante Susan Dempsey a été assassinée en pleine gloire. Actrice prometteuse et informaticienne de génie, la jeune femme était destinée à une brillante carrière. Sa mère inconsolable accorde aussitôt toute sa confiance à Laurie pour diffuser l'enquête en prime-time.

L'équipe se réunit en Californie et enchaîne les entretiens avec les protagonistes de l'époque (le petit ami suspect, le célèbre réalisateur d'Hollywood, la starlette en perte de vitesse, la colocataire sibylline, le professeur d'informatique au charisme fou, l'ancien collègue devenu millionnaire...). La tension est palpable, chacun demeurant sur la réserve, avec aussi en coulisses un tueur psychopathe engagé pour faire taire des témoins indésirables pour le compte d'une secte religieuse.

L'ensemble est plutôt habile et prenant à suivre, même si le dénouement de l'intrigue n'est pas non plus hyper haletant. Mais je ne regrette absolument pas d'avoir donné une nouvelle chance à M. Higgins Clark, qui s'associe pour l'occasion avec Alafair Burke (nom inscrit en tout petit sur la couverture). Cette nouvelle série façon Cold Case, écrite à quatre mains, se veut moderne et dynamique et dépoussière les tics de l'américaine, lisses et proprets, qui me font grincer des dents..

Marcha Van Boven, la lectrice pour Audiolib, offre une interprétation exemplaire et convaincante, en faisant corps avec le récit et les personnages, donnant aussi une ampleur non négligeable à la mise en scène. Elle a su grandement contribué à mon appréciation enthousiaste du roman.

Audiolib ♦ mai 2015 ♦ texte lu par Marcha Van Boven (durée  9h 11) ♦ traduit par Anne Damour et Sabine Porte pour les éditions Albin Michel (The Cinderella Murder)

10 janvier 2012

Teaser Tuesday #37

- Dis, est-ce que c'est vrai que Malcolm est le genre de beau roux absolument craquant ? demanda Star avec une certaine excitation.
- Tu devrais savoir que les deux sont incompatibles, chérie, persifla Honey du haut de son lit.
- Tu dis ça parce que tu es jalouse, rétorqua Star agacée.
- Mais pas du tout ! Ton problème, chérie, c'est que tu persistes à croire que le roux ça peut être beau, répliqua Honey perfidement, en fixant avec une insistance insultante la chevelure couleur orange de Star. 

IMG_6550

Troisième et avant-dernier tome de la série des Confidences de Calypso. Vous vous rappelez ? Cette jeune américaine suit des études dans un pensionnat anglais et est tombée folle amoureuse du prince Freddy (héritier de la couronne, excusez du peu !). Cette fois, les catastrophes s'enchaînent avec l'arrivée de sa mère, en pleine crise conjugale. Son attitude frise l'hystérie, si bien que Sarah ne cesse de s'adresser à sa fille comme si elle était encore un bébé. De plus, Bob, son père, s'en fiche complètement et veut terminer Le Grand Truc, à savoir son manuscrit qu'il peaufine depuis deux ans. Calypso a bien d'autres chats à fouetter et veut préserver sa vie amoureuse, elle prend donc des mesures radicales pour éviter que son chéri rencontre sa mère estampillée folle à lier. Les quiproquos ne font que se succéder et le jeune couple connaît une nouvelle traversée du désert. Pensant calmer le jeu, Calypso ira même jusqu'à se faufiler en pleine nuit dans les couloirs de Eades, l'école pour garçons, en petite tenue et complètement pompette. Attention, plaie ambulante ! Ce troisième tome collectionne les scènes risibles, mais abuse aussi avec le côté foldingue de la mère. Bon point pour le professeur Prackmar et soeur Regina, pour moi le seul duo de choc de cette série. 

Les confidences de Calypso : 3. Duel Princier - Tyne O'Connell 
Gallimard jeunesse, coll. Scripto 2007 ou Pôle Fiction 2012 - traduit de l'anglais par Isabelle de Couliboeuf.

20 décembre 2011

★☆ 5 jours ★☆

IMG_6114

Catherine a reçu de son oncle Dingo un cadeau trépidant : un kangourou aussitôt baptisé Adélaïde. Le souci, c'est que l'animal a peur des klaxons. Lorsque toutes les deux se baladent dans la rue, c'est la panique générale et Adélaïde perd le contrôle en faisant des bonds dans tous les sens. Elles finissent par se poser chez la grand-mère, parce que le kangourou a du caramel collé aux pattes et qu'il est scotché au toit de la voiture. Pensant ramener tout ce petit monde à bon port, la mamie verra son automobile faire des bonds dans toute la ville lorsque Adélaïde flippera à nouveau en entendant tous les klaxons ! Cet album, initialement publié en 1962 aux Etats-Unis, est vintage dans l'âme et cela lui donne beaucoup de charme. J'aime énormément ! 

Un kangourou pour Noël, par James Flora (Hélium, 2011)

IMG_6117

Lui, c'était un petit ours.
En peluche.
Avec le dessous des pattes en velours rose,
deux boutons de bottine à la place des yeux,
trois points de laine à la place du nez.

Michka, le petit ours en peluche, quitte la maison d'Elisabeth, une petite fille capricieuse, et s'en va tout seul dans la forêt. Quelle joie de retrouver la liberté et de rencontrer le Renne de Noël ! Mais, en ce soir si particulier, chacun doit faire une bonne action, et Michka aura un bel élan de générosité...  

UN JOLI CONTE SUR LA MAGIE DE NOËL, MERVEILLEUSEMENT ILLUSTRE PAR OLIVIER TALLEC. 

Michka, un conte de Marie Colmot illustré par Olivier Tallec (Père Castor, rééd. 2011)

IMG_6118

Célestine insiste pour fêter le réveillon de Noël avec ses amis, mais Ernest traîne un peu la patte (ils n'ont pas les moyens, et ça coûte cher d'organiser un gros repas et d'offrir des cadeaux). La petite souris va alors lui montrer qu'avec peu, on peut aussi faire beaucoup : trouver l'arbre dans la forêt, le décorer avec des bouts de rien, faire ses cadeaux soi-même, avec des dessins, des chapeaux, et trouver la vaisselle qui manque là où on cherche à s'en débarrasser... Et c'est ainsi que le plus beau Noël aura lieu, chez Ernest et Célestine. Ce seront des chants, des danses, des histoires à raconter et la visite du Père Noël comme clou de la soirée ! C'est une belle leçon de tendresse, d'authenticité, de partage, de générosité et blablabla, que nous offre Gabrielle Vincent avec ses belles aquarelles. Pour moi, cet album renferme le vrai esprit de Noël (simplicité, chaleur, amitié) et ça fait du bien. 

Noël chez Ernest et Célestine, par Gabrielle Vincent (Casterman, rééd. 2011)

16 novembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #46

IMG_5794

Très chouette et rigolo, cet album raconte l'histoire d'un monsieur qui s'habille en gris, dont le plaisir est de revêtir chaque mercredi son costume du gros canard jaune, et qui voit son monde s'effronder parce qu'il serait la risée de sa banque ! C'est une histoire toute simple et très drôle qui revendique le goût du bonheur et le droit de faire ce qu'il nous plaît. Et puis le jaune, c'est tellement plus gai que le gris ! Avec des illustrations qui me plaisent ENORMEMENT. 

La vraie folle histoire du gros canard jaune, par Nathalie Meynet et Guillaume Plantevin. 
Océan jeunesse, 2011. 

IMG_5791

Une mamie qui vieillit, c'est une mamie qui perd un peu la notion des choses, qui a la mémoire qui flanche, qui se perd en chemin, qui a le regard dans le vide... Pour éviter qu'elle se sente seule, ou qu'elle se mette en danger, mamie vient donc vivre à la maison avec ses petites-filles qui ont un peu de mal à comprendre le fait que mamie est atteinte d'une maladie qui ne se guérit pas avec des médicaments. Mais elles vont lui en trouver, des remèdes ! Avec des dessins, des photos, des contes à lire à voix haute et des bisous, forcément. C'est un petit album mignon et craquant, pétri de tendresse.

Mamie a besoin de bisous, par Ana Bergua et Carme Sala.
Traduit de l'espagnol par Claudine Serre. Océan jeunesse, 2011. 

IMG_5793

Alba est une pie qui babille à longueur de journée. Son voisin, lui, est discret, timide, il a perdu sa bouche, ne sait plus s'exprimer, il dévore des yeux, il fait des gestes mais ce n'est pas assez. Alba veut qu'on lui réponde ! Alors il faut que le garçon retrouve sa bouche, il lui écrit donc une longue lettre... C'est un très beau texte qui évoque la difficulté d'exprimer ce qu'on ressent, parce qu'on manque de confiance en soi ou parce que la langue bégaie de maladresse. Ne pas avoir de bouche, ça simplifie la vie... mais ça ne remplace pas l'envie d'avaler des myrtilles, de sourire, de rire ou de siffler. Parfois, il faut savoir se surpasser pour attraper des sourires dans la tête et les coller sur son visage. L'histoire fait vraiment preuve de subtilité, c'est très beau et poétique, les illustrations sont également superbes ! 

Alba Blabla et moi, par Alex Cousseau et Anne-Lise Boutin.
Rouergue jeunesse, 2011. 

2 décembre 2011

Le souffle d'un matin

Faisons encore le plein d'émotions, avec d'abord de la tendresse, un peu de douceur, de l'amitié et beaucoup d'amour. C'est l'histoire d'un grand timide, Titus, qui voudrait bien inviter la petite nouvelle, jolie comme un coeur, pour le bal de la Saint-Valentin. Alors il fait appel au génie facétieux de son grand-père, l'incroyable Papyrus, pour lui donner le coup de pouce nécessaire (avec un gâteau d'affection par exemple) pour faire craquer l'élue de son coeur. C'est le deuxième livre mettant en scène Titus et son grand-père Papyrus, et la magie est toujours au rendez-vous. Isabelle Jarry a donné vie à des personnages tellement attachants, l'univers de Papyrus est unique et fabuleux, d'ailleurs les dessins d'Aurore Callias en sont l'interprétation joyeuse et parfaite, c'est sensationnel. On rêverait tous d'avoir un Papyrus dans sa vie ! 

LEBALDE

Place maintenant aux frissons avec une histoire de fantôme : la famille March prend ses quartiers à Forrest Lodge, une belle demeure perdue dans la campagne écossaise ; on y trouve le père, le grand-père, le fiston (Horace), la cousine (Olivia) et la gouvernante. La maison traîne la réputation d'être hantée, c'est vrai qu'on entend souvent des bruits bizarres la nuit dans les couloirs, mais Horace veut le voir pour le croire. Et chose promise, le voilà nez à nez avec le fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh. Qui est-il ? que veut-il ? Et pourquoi sa cousine Olivia prend soudain des airs rêveurs, en jouant à l'infini des mélodies mélancoliques à la harpe ? Une petite histoire surprenante, à lire le soir dès que la nuit est tombée. Frissons garantis pour les plus impressionnables, avec une touche (petite) de romantisme pour ceux qui veulent, voilà qui nous rappelle les romans anglais du 18ème et 19ème siècle.

LAFIANCEEDE

Et pour finir, une lecture minuscule par la taille et pour le temps qu'on passe à feuilleter les pages du livre, mais alors un texte qui sonne les cloches de notre moi inconscient / indifférent / insouciant. Un jour, peut-être, viendra le temps où il sera interdit de planter des fruits et des légumes, où il faudra se cacher pour accomplir ce miracle, et où rien que le goût d'une petite tomate, qui a rougi après avoir vu les fesses d'un petit garçon, vous apparaîtra comme étant la saveur la plus exquise de votre vie ... Han, han. Voilà de quoi rappeler les plaisirs simples de la vie, mais pas que. Car parfois la désobéissance, c'est aussi un acte de liberté. Voili, voilà. C'est encore un texte de Christophe Léon, le seul, l'unique, dont j'apprécie infiniment le tact et l'intelligence. Merci ! 

LEGOUTDE

  • Le Bal de la Saint-Valentin, par Isabelle Jarry & dessins d'Aurore Callias (Gallimard jeunesse, 2011)
  • La fiancée du fantôme, par Malika Ferdjoukh & illustrations d'Edith (Mouche de l'école des loisirs, 2011) =) ce texte est paru en 1990 aux éditions Syros sous le titre Le fantôme de Forrest Lodge.
  • Le goût de la tomate, par Christophe Léon (Petite poche des éd. Thierry Magnier, 2011)

29 novembre 2011

Teaser Tuesday #33

Des lectures en pagaille, pour cette journée du mardi (avant-dernier jour du mois de novembre, youhou !). Donc, des lectures pour en savoir plus sur les araignées et pour combattre les clichés, mais c'est plus fort que moi, je n'aime pas les araignées, même si Marc Boutavant y met tout son coeur et son talent, c'est comme ça, l'arachnophobie ! 

IMG_5706

Des lectures sur des chats si petits, si minis, qu'il faut bien être trois pour porter une longue canne à pêche, pour remplir d'eau un grand lavabo et conduire une vraie voiture. Des livres au petit format, bien sûr, dans un coffret tellement beau qu'on ne veut le prêter à personne ! Non, même pas à sa propre fille. 

IMG_5717

Des lectures qui donnent la possibilité de créer ses propres histoires, avec ses propres héros. Alors, pour bien faire, on trouve des tonnes d'idées et des ingrédients pour tous les goûts, on jette tout ça dans une marmite et on fait mitonner à feu doux. Il y a possibilité de cuisiner des recettes à n'en plus finir. Franchement le principe est rigolo et permet de casser la routine (ça suffit de lire toujours la même histoire, trop longue parfois, c'est bien aussi d'en faire à son idée !). 

IMG_5850

Des lectures qui font encore et toujours rigoler - c'est obligé ! Tu veux aller au petit coin ? Fais confiance à tes proches, ils trouveront tout ce qu'il faut pour te tenir compagnie afin d'accomplir cette délicate mission. Oui, oui. Cela se passe de commentaire, c'est juste fait pour rigoler, je vous dis.

IMG_5881

Des lectures qui sont AUSSI des objets à admirer. A contempler sous toutes les coutures. A ouvrir comme un accordéon. Ensuite il faut suivre le fil (invisible) et parcourir le voyage imaginé par l'auteur avant de retourner à la case départ, et tiens, pourquoi pas retourner faire un petit tour pour vérifier qu'on n'a rien oublié, qu'on n'est pas passé à côté de petits détails. Et puis le bleu pastel, c'est beau, c'est doux, c'est apaisant. C'est comme la couleur du ciel qu'on n'a pas vu depuis des mois. C'est définitivement un objet de collection. Et moi, j'aime rêver...

IMG_5949

Toutes les références des lectures à parcourir, emprunter, picorer, chaparder, les voici donc :

Au fil des Araignées, par Delphine Godard & illustrations de Marc Boutavant (Seuil jeunesse, 2011)
Les Minichats (Coffret 4 volumes) par Bruno Gibert (Albin Michel jeunesse, 2011)
Le Grand Numéro des Héros, tome 2 : La marmite à histoires, par Gwendoline Raisson (illustrations de Amélie Dufour, Didier Balicevic & Gwen Keraval) Flammarion, 2011 
J'y Vais ! par Matthieu Maudet (Ecole des Loisirs, coll. Loulou et compagnie, 2011) 
L'Horizon Facétieux, par Juliette Binet (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011) 

=) Exposition AU FIL DES ARAIGNEES au Jardin des Plantes, à la Grande Galerie de l'Evolution, jusqu'au 2 juillet 2012 (en savoir plus : http://araignees.mnhn.fr/ )

6 octobre 2011

Pêle-mêle Clarabel #41

Petit passage en revue de nos récentes lectures. Parce que nous avons vu ...

IMG_5526 IMG_5527

... une chanteuse se mettre à poil !

Tous à poil ! par Claire Franek et Marc Daniau (Rouergue, 2011)

IMG_5528 IMG_5529

... une raie avoir le coup de foudre pour un cochon !

Uïk le cochon électrique, par Karin Serres et Till Charlier (Rouergue, 2011)

IMG_5530 IMG_5531

... les points Coop comme quand j'étais petite ! 

Bric A Brac, par Jean Gourounas (Rouergue, 2011)

IMG_5364 IMG_5534

... un monstre remisé dans le grenier de l'enfance !

Mon monstre et moi, par Emmanuelle Eeckhout (L'Ecole des Loisirs, Pastel 2011)

IMG_5535 IMG_5536

... des adultes danser sur du disco ! 

Dans la maison de poupée, par Anaïs Massini (Autrement, 2011)

IMG_5537 IMG_5539

... un grand frère qui mange tout le chocolat ! 

Mon grand frère, par Pauline Martin (Albin Michel jeunesse, 2011)

De jolies choses, quoi.

26 juillet 2011

Sur le chemin des vacances #5

IMG_4732 Une famille d'homo sapiens quitte la plaine en quête d'un nouveau territoire plus hospitalier. Petit Sapiens, le cadet du clan, nous raconte son quotidien : la chasse avec papa, le chef du clan, la cueillette avec maman, les jeux avec sa soeur, les veillées avec pépé, et mémé qui n'arrête pas de se perdre... Petit Sapiens est le témoin de sa famille qui s'est sédentarisée. Avec son regard d'enfant et poussé par sa curiosité, il s'imprègne de son environnement.

J'ai enfin découvert la série Petit Sapiens de Ronan Badel. Et j'aime beaucoup ! C'est fin, très drôle, espiègle, tendre et farfelu. Il y a aussi des petits détails sur la Préhistoire qui pourront intéresser les plus jeunes lecteurs. C'est une lecture qui donne le sourire et qui ne cherche pas à se prendre au sérieux.

Petit Sapiens, tome 1 : La vie de famille - Ronan Badel (éditions Lito, 2005)

IMG_4736

Deux parents se disputent sous le nez de leur enfant et provoquent malgré eux une tempête. Aussitôt un vent terrible s'engouffre dans la cuisine, une pluie tropicale s'abat violemment sur le carrelage, sur les assiettes, partout... La maison tout entière est inondée, le ventre de la maison tremble, grogne et craque. La tempête se déchaîne, laissant les parents penauds et honteux, quand ils réalisent que l'enfant a disparu. Il s'est réfugié dans l'arbre d'où il espérait voir la mer...

L'histoire se veut une métaphore des chamailleries entre adultes, face auxquelles les enfants souvent assistent en les percevant de façon violente et incontrôlée. Laurent Moreau nous assaisonne tout ça de son trait de crayon parfaitement identifiable à des kilomètres à la ronde - j'aime beaucoup !
En voir plus,
 http://zeroendictee.free.fr/index.php?/ongoing/lenfant-dans-la-tempete/

L'enfant dans la tempête - Laurent Moreau (Rouergue, 2009)

IMG_4735 

C'est l'histoire d'un petit garçon qui disait toujours non. Au début ses parents s'inquiètent et s'interrogent, puis finissent par ne plus s'étonner et composent avec le NON systématique de leur fiston. Non, c'est non. Ce n'est pas une volonté de contrarier ou d'embêter le monde, c'est tout simplement pour masquer une extrême sensibilité. C'est lorsque la nouvelle élève fait son apparition en classe que tout va se décanter... C'est un album charmant et tout mignon. Les illustrations de Soledad Bravi sont un régal, c'est drôle et très expressif.

Le petit garçon qui disait toujours non - David Foenkinos & Soledad Bravi (Albin Michel jeunesse, 2011)

IMG_4745 

La petite beauté que voilà ! Lenka est une petite fille toute ronde et très solitaire. Sa maman la pousse à sortir de sa chambre pour se joindre aux autres enfants qui jouent dans la rue. Hélas, les filles et les garçons de son âge la fuient, se moquent d'elle et refusent de partager leurs activités. Seul Palko, un drôle de garçon qui fait de la trottinette, va s'approcher d'elle pour admirer ses dessins car Lenka est douée et met de la couleur dans sa vie grâce à ses petites craies. C'est une très jolie histoire sur l'amitié, une jolie découverte qui vient de Hongrie, tant les illustrations de Katalin Szegedi sont ravissantes ! 

Lenka - Katalin Szegedi (Océan Ti Lecteurs, 2011)

Petite pensée, aussi...

18 août 2011

lectures de vacances #3

IMG_5118

Quel duo de choc et de charme ! Ingrid Diesel est américaine, amoureuse de Paris, elle exerce le métier de masseuse dans son petit appartement du Passage du désir et se transforme certains soirs en Gabriella Tiger, la Flamboyante, pour un numéro de strip-tease étourdissant de volupté. Lola Jost est une ancienne commissaire de police, qui apprécie le calme de sa retraite en compagnie d'un puzzle interminable ou autour d'une bonne table avec sa petite famille d'adoption.
Cela se passe comme ça, chez Dominique Sylvain. Un cocon rassurant et confortable, des personnalités adorables, excentriques sans friser le ridicule, une touche atypique, un amour des mots et de la langue française qui fait plaisir à lire... bref, j'ai savouré !
L'intrigue policière concerne la mort mystérieuse d'Alice, le sosie de Britney Spears. Papy Dynamite, le papa inconsolable, veut qu'on lui explique la cause du décès et supplie sa masseuse préférée de mener sa petite enquête.
Lola et elle vont alors se lancer vers une quête de la vérité qui va directement les envoyer dans des eaux troubles, elles l'ignoraient totalement alors qu'elles sympathisaient, bouche en coeur, avec l'ex de la morte, Diego le bel hidalgo. Mais, petit à petit, force a été de constater que le show-biz, la politique et la came sont les nerfs de la guerre, et que nos détectives vont vivre une partie de cache-cache dont elles se seraient bien passées !
Et moi, de tomber amoureuse du style de l'auteur, de ses personnages, Lola Jost et Ingrid Diesel en tête, mais aussi de toute la palette des électrons libres, j'ai aimé follement ce petit coin de Paris, l'ambiance du bouquin... je suis définitivement sous le charme de ce roman qui rompt avec les codes du genre et j'en veux encore !  

La fille du samouraï - Dominique Sylvain
Points, coll. Policier, 2010 

IMG_5120

Encore une lecture qui nous entraîne sur un terrain glissant et fait ressentir un profond malaise... Quelques années plus tôt, Billy a été la victime d'un pédophile récidiviste. La police n'a jamais retrouvé son corps. Suite à quoi, sa mère a plongé dans une sévère dépression, entraînant toute la famille dans sa chute.
Steven, son neveu, ne cesse depuis de fouiller la lande pour le retrouver. Il décide même d'écrire au tueur qui croupit en prison. Arnold Avery se prend aussitôt d'un intérêt sadique pour cette correspondance et lance le gamin sur un jeu de pistes sacrément pervers !
À lire tout ça, on peut craindre le pire, sauf que l'histoire n'est jamais foncièrement glauque. L'auteur a bien mené sa barque, elle décortique férocement l'esprit ravagé du tueur d'enfants, exhibe ses fantasmes et son excitation grandissante vis-à-vis de la curiosité morbide de Steven. Au début, le type ignore qu'il s'agit d'un gamin et va quasi entrer en transe dès qu'il en aura conscience !  
Et le lecteur de suivre ce pauvre gosse dans sa vie de tous les jours, une vie pas facile, pas tendre, avec une famille marquée à vif, avec les copains de l'école qui n'y comprennent rien et avec ce sentiment de n'exister pour personne. C'est triste, franchement flippant, ça vous tient au corps comme un plat saturé en sauce, le rythme sur la fin laisse pantois, et on s'achemine vers la porte de sortie avec un certain soulagement.  
Il y a tout dans ce livre, du bon, du brut, du truand. Pfiou.

Sous les bruyères - Belinda Bauer
coll. 10-18, 2011 - traduction de Carine Chichereau

IMG_5155

Hiver 1945. Paris a froid, Paris a faim, Paris a hâte d'enterrer les années noires. Outre-Rhin, résonne encore l'écho des canons en colère. Dans le pays fraîchement libéré, il est temps de dépoussiérer, classer, ranger, punir et sortir des lois pour loger toute une population désemparée. Et des découvertes saugrenues pointent leur museau.
Parmi les décombres d'un bâtiment bombardé, le corps d'un homme est retrouvé, avec une main peinte en noir, et dans la bouche un bout de caoutchouc où est inscrit A PARM. Le jeune inspecteur Maurice Clavault est chargé de découvrir l'identité du zigue, mais les pistes sont maigres. Dans le même temps, il fait la rencontre de la délicieuse Ginette, vendeuse aux Galeries, et entreprend un début de badinage au gré de ses contraintes professionnelles.
J'ai été très agréablement surprise par ce roman, qui nous renvoie à l'époque de l'après-guerre particulièrement austère et grisâtre. L'auteur réussit à dépeindre la confusion dans laquelle baigne le pays, alors que la politique peine à redresser le tableau, la justice souvent bafouée, expédiée à la va-vite ou au-delà du bon sens. L'auteur a fait un remarquable travail de recherche et inclut des détails insoupçonnés (la politique du relogement), sans fondamentalement négliger la part de l'enquête.
On trouve aussi l'histoire d'un immigré lituanien, dont le portrait viendra compléter le reste du tableau. En attendant, patience, observation, attention et enrichissement... Maurice Clavault est en piste ! 

L'ingratitude des fils - Pierre d'Ovidio
2011, coll. Grands détectives chez 10-18 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité