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Chez Clarabel
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31 décembre 2016

Le petit Lord Fauntleroy, de Frances H. Burnett : lu par Valérie Lesort

J'avais vu durant mon enfance le téléfilm réalisé par Jack Gold, avec Ricky Schroder et Alec Guinness dans les rôles de Cédric et son grand-père, ainsi que le dessin animé japonais, une version adorable du petit Lord Fauntleroy, mais je n'avais jamais lu le roman de Frances H. Burnett jusqu'à présent. Cet oubli est enfin réparé ! Et quel délice.  

Le petit Lord Fauntleroy CD

Cédric Errol a grandi heureux et insouciant à New York, sans se douter de l'existence de son grand-père anglais, le riche comte de Dorincourt, qui s'est fâché avec son fils. Peu après la mort de celui-ci, le vieil homme invite le garçon à le rejoindre pour hériter de son titre. Ce changement de vie ne va nullement perturber l'enfant ni altérer sa nature placide et généreuse. Car Cédric est aussi charmant que foncièrement bon. Il ne voit que le bien et est persuadé d'avoir un grand-père extraordinaire. Il est certes un peu contrarié de ne pas vivre sous le même toit que sa mère mais se console en lui rendant visite chaque jour à dos de cheval. Cédric ignore toute la vérité sur son grand-père : ce dernier n'a jamais accepté le mariage de son fils avec une américaine et la traite sans complaisance. C'est un homme froid et redouté dans toute la campagne environnante. Pourtant, au fil des jours, la vie auprès de Cédric va transformer cet homme acariâtre en un être sensible et bienveillant ! Ce classique de la littérature anglaise est une lecture onctueuse et sans aucune mièvrerie. Je le dis haut et fort. En cette saison doucereuse, qui me pousse à me gaver de sucreries, je ne pouvais que succomber à cette histoire improbable d'une amitié naissante entre un jeune garçon au cœur pur et son terrible grand-père constamment renfrogné. Tout n'est que bonté, amour et attendrissement, dans cette complicité sincère et touchante. Le cynisme est exclu. Et quel bonheur. Je termine mon année de lectrice sur une note de légèreté, de tendresse & de paix dans le monde ! 

Texte intégral lu par Valérie Lesort pour les Éditions Thélème (Durée : 4 h 29)

Téléchargement disponible sur Audible ** Promotions de Noël sur les titres enfants ** 

 

Collection : Folio Junior N°116 

Le petit Lord Fauntleroy

Illustrations : Charlotte Voake

Traduction : Charlotte et Marie-Louise Pressoir

 

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12 novembre 2016

L'Énorme crocodile, de Roald Dahl & illustré par Quentin Blake

L'énorme crocodile

Un énorme crocodile se sent d'humour gourmande et carnivore. “Pour mon déjeuner, j'aimerais un joli petit  garçon bien juteux.” Et comme il est convaincu d'être le plus audacieux de toute la rivière, il prend le pari de traverser toute la jungle jusqu'à la ville pour croquer son repas tant convoité. Il clame haut et fort avoir des plans secrets et des ruses habiles. Et de s'en aller crânement.

En chemin, ça se corse lorsqu'il croise d'autres réfractaires, comme Double-Croupe l'hippopotame, Trompette l'éléphant, Jojo-la-Malice le singe et Dodu-de-la-Plume l'oiseau, qui se gaussent de son projet ambitieux avant de subir le courroux du reptile obstiné. Clopin-clopant, l'énorme crocodile rejoint la civilisation et met en place son piège subtil n°1. 

Chapeau bas pour les idées perfides de la bête. Son machiavélisme force l'admiration, si ce n'est... l'intervention grossière de malotrus. Notre énorme crocodile n'a plus que l'estomac dans les talons et grogne de mécontentement. Sa faim est décuplée, il a un besoin urgent d'être rassasié ! Ah, ah. Le dénouement frôle l'absurde et le burlesque, mais soulève de grands cris de joie et de soulagement dans l'assistance. 

Hip-hip-hourra pour les grincheux ! Cette fable n'a absolument aucune morale, sauf de rappeler qu'il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre, sur un ton jouissif & tragicomique. Les illustrations de Quentin Blake participent beaucoup à cette illusion. Âmes sensibles s'abstenir. C'est un festival d'humour noir, hilarant et grotesque. 

Cette version, mise en musique par Isabelle Aboulker, est une découverte plaisante et originale. 30 musiciens de l'Orchestre de chambre de Paris, sous la direction de Pierre Dumoussaud, donnent du coffre et du chœur à ce récit malicieux, dont Yann Toussaint (baryton et crocodile), Yves Coudray (ténor), Anne Baquet (soprano) et les enfants du Chœur des Polysons. Une fabuleuse envolée de voix et d'émotions pour ce grand classique de Roald Dahl. 

Gallimard Jeunesse Musique - Novembre 2016 / Texte lu par FRANÇOIS MOREL

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16 septembre 2016

Entre ciel et Lou, de Lorraine Fouchet

Entre ciel et lou

La mort de Lou a mis sa famille k-o. Sa santé vacillante, ses pertes de mémoire ont finalement conduit son époux Jo à la placer dans une maison spécialisée, à seulement cinquante-huit ans. Trop jeune pour être écartée, trop jeune pour s'éclipser. Leurs enfants, Cyrian et Sarah, n'ont jamais compris le choix de leur père et lui en tiennent rigueur.
La lecture du testament va conforter leur acrimonie, lorsque le notaire énonce à voix haute que Jo aurait “trahi” Lou, selon les dires de celle-ci. La suite du document est cependant confidentielle, les enfants sont priés de quitter l'office, non sans une certaine amertume. Très déçus par leur père, ils imaginent une tromperie impardonnable et repartent le cœur lourd.
Seulement, Lou a confié à son mari la délicate tâche de rendre leurs enfants heureux. Elle le sait, elle a été une épouse comblée, une mère épanouie, mais hélas Cyrian et Sarah n'ont pas hérité leur droit au bonheur. C'est au tour de Jo de rectifier le tir, en toute discrétion.
Cette mission n'enchante pas notre veuf éploré, depuis longtemps ses enfants et lui ont vécu des vies parallèles. Cyrian mène une existence bourgeoise, complètement éteinte, et se tient à distance de Groix, où il prétend ne pas y trouver sa place. Le jour où son corps a lâché l'affaire (handicap, corps bancal, risques génétiques etc.), Sarah a vu son fiancé lui tourner le dos et a depuis renoncé à l'amour en ne s'attachant à personne.
Comment consoler cette famille cabossée par les aléas de la vie, la réconcilier avec la notion de famille, synonyme de valeur sûre et d'entraide, quand il n'y en a jamais été question, ou seulement pour sauver les apparences, et pour soutenir la mater familias ? Vas-y Jo ! Vas-y fonce. ^-^  

J'avais hésité avant de me lancer dans cette lecture, craignant un roman trop sirupeux ou larmoyant - sans vouloir dénoncer A. Ledig ou A. Martin-Lugand dans le genre - mais là pas du tout. J'ai été agréablement surprise par cette belle histoire d'une famille qui va droit dans le mur, complètement paralysée par ses émotions, et qui a trop l'habitude de conserver pour elle ses vérités, en contenant aussi ses élans affectifs. Ooooh, comme ça me parle, dis donc ! 
Et puis il y a aussi le cadre de l'île de Groix, véritable pivot de l'intrigue, et surtout un appel du pied pour y déposer ses bagages. C'est un cocon hors du temps, un refuge bienveillant, avec des personnages attachants (Maëlle, sa petite Pomme, les copains de banquet, où l'on se rappelle entre rires et larmes que Lou était une piètre cuisinière...). Soudain les chagrins et les peines vous semblent moins lourds, moins insurmontables. On guérit de tout, à Groix ! Il faut croire.
Bref. Cette bulle a su m'envelopper tout naturellement, et je m'y suis sentie très bien. Parfaitement à mon aise. J'étais prête pour écouter l'histoire de Jo, face au nouveau challenge de sa vie, un défi pour le forcer à ne pas couler à pic non plus, car notre homme est vraiment très, très triste d'avoir perdu son alter ego.
Pour s'accrocher à la vie, il se tourne vers ses enfants qu'il ne comprend plus. Au départ, il est un peu pataud dans ses tentatives de “colmatage”, et puis au fil du temps ses stratagèmes vont prendre forme et approcher le rêve inaccessible. Youhou.
C'est vraiment une chouette lecture, qui envoie de bonnes ondes et qui fait se sentir #heureux. Le choix des quatre comédiens (Audiolib) apporte une touche affective et donne une perspective réjouissante à l'épanouissement de cette intrigue simple, charmante et riche d'émotions. Chaque voix tient son rôle, idéal pour une immersion totale. À renouveler ! 

Texte lu par Maia Baran, Patrick Descamps, Frédéric Meaux & Colette Sodoyez pour Audiolib

Durée : 9h 09 - Août 2016

 

7 juin 2016

Le Journal de Mr Darcy, d'Amanda Grange

JOURNAL DE MR DARCY

« Mes pensées vagabondèrent. Allais-je trouver Elizabeth changée, depuis l'automne ? Serait-elle surprise de me voir ? Non. Elle était informée de ma présence. Serait-elle heureuse ou contrariée ? Heureuse, bien sûr. Renouer connaissance avec un homme de ma position doit être désirable à ses yeux. »

Pour les besoins du Mois Anglais, j'ai choisi de relire ce roman, non par conviction, mais parce que c'était le seul disponible en livre audio, le format qui m'accommodait le mieux. Mais dès les premières notes lues par Richard Andrieux, j'ai bien failli regretter mon choix. Ce que j'entendais était affreusement guindé, solennel et plat, car le narrateur opte pour une articulation qui frise le ridicule, prétendant sans doute coller au personnage de Darcy, mais c'est beaucoup trop affecté et peu agréable à l'écoute. J'ai fini par m'y habituer, sans être follement conquise. Et c'est bien pour me fondre dans le décor de cette délicieuse Angleterre georgienne que je n'en ai fait qu'une bouchée.

L'histoire se veut la libre interprétation du roman de Jane Austen (Orgueil & Préjugés) en octroyant au personnage de Darcy des pensées intimes et coupables qu'il déverse dans son journal. Lui, dont on raffolait le mystère, le charme ténébreux, la stature imposante et vénérable, nous apparaît cette fois hautain et arrogant, encombré de préoccupations de second ordre, dont des atermoiements sentimentaux qui le relèguent à sa position de simple humain... Oh non. Darcy est un fantasme. Darcy est une énigme. Darcy ne peut descendre de son piédestal. Darcy a évidemment une haute opinion de sa personne et se compromet en ressentant cette inclination pour Elizabeth Bennet, de condition sociale inférieure, en plus d'être affiliée à une famille stupide et vulgaire. Ses sentiments lui coûtent et il se sent honteux de les avoir, sa première déclaration est donc un déchirement du cœur. ^-^ L'histoire, ainsi, n'est guère surprenante. Tout a déjà été écrit et on ne peut en attendre davantage. Au lieu de ça, on rembobine la pellicule et on repasse le même disque avec la lettre d'excuse, la visite de Pemberley, la fuite de Lydia, la mission de sauvetage et les émotions florissantes... Ouhlala. C'est nettement moins excitant de découvrir un Darcy qui tombe le masque. Cela le rend soudainement moins attirant, trop accessible. Quelle désillusion.  

Il faut donc se munir d'une bonne dose de cynisme, avec un goût prononcé pour le second degré, pour se lancer dans cette lecture, qui n'a pas su gagner mes faveurs. J'ai en effet l'impression d'une supercherie, avec des personnages méconnaissables, limite méprisables, et une intrigue peu fouillée, trop réchauffée, sans compter certaines incongruités comme les balbutiements ou les rougeurs à répétion... Que diable !? On se croirait dans le film de Joe Wright ! Il est sans nul doute appréciable de succomber au plaisir coupable d'une douce illusion, c'est le propre de chaque austenerie, en adoptant la philosophie du lâcher prise pour éviter de s'offusquer à chaque détournement sordide.  ;-)

Texte lu par Richard Andrieux pour Hardigan, janvier 2016 (durée : 8h 02) 

©2012 Milady. Traduit de l'anglais par Claire Allouch (P)2016 e-Dantès

Le Journal de Mr Darcy | Livre audio

>> Le livre audio est disponible en exclusivité sur Audible, uniquement en téléchargement.

Audible Journal de Mr Darcy Audible Mr Darcy

 

# Mois Anglais 2016 : Autour de Jane Austen

Mois Anglais 2

 

« La seule chose qui me hante alors que j'écris est le regard que je surpris de la part de Miss Elizabeth Bennet lorsque je fis remarquer qu'elle n'était pas assez belle pour me donner envie de danser. Si je ne savais pas que c'est impossible, je dirais qu'il était ironique. »

 

17 novembre 2015

La Fille du train, par Paula Hawkins

LA FILLE DU TRAIN CD

Tant de buzz autour de ce livre... et la volonté d'apprécier ce que la lecture me réserverait, coûte que coûte. J'ai donc zappé les avis qui circulaient déjà en masse pour me consacrer sereinement à cette histoire qui est dans l'air du temps (une narratrice peu fiable, une intrigue nébuleuse, le coup de théâtre final).

Rachel prend le train tous les jours pour se rendre à Londres. Elle passe tous les matins devant son ancien quartier, où son regard effleure sa maison, désormais habitée par son ex et sa nouvelle compagne. Elle se complaît également dans le spectacle offert par le couple voisin, qui lui semble si parfait et infaillible. Or, un jour, Rachel surprend la jeune femme dans les bras d'un autre homme, en train de s'embrasser. Puis apprend qu'elle a disparu et que la police effectue des recherches actives. Rachel, convaincue de posséder des éléments essentiels, n'hésite pas à s'investir dans l'enquête... même si les inspecteurs la considèrent avec commisération et la traitent de témoin peu fiable, du fait de son alcoolisme notoire. 

Toute la force du roman vient - selon moi - des trois intervenantes dans l'histoire, dont les rôles interchangeables viennent complètement troubler notre perception de l'intrigue. On ne cerne plus la plus crédible ou la plus coupable des trois et c'est assez perturbant. Cela compense aussi avec le peu d'action dans notre affaire, qui tient la distance grâce à une pression psychologique constante et finement jouée. J'ai certes vu venir la fin, mais ai attendu jusqu'au point final pour obtenir toutes les réponses. Qu'on aime ou pas, cela reste une lecture redoutable sur un plan machiavélique, et efficace pour le climat lourd, suspicieux et tendu de bout en bout.

Les trois comédiennes, Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz, apportent au livre audio (Audiolib) une dimension théâtrale très appréciable, en jouant chacune leur rôle avec une sensibilité qui leur est propre. Cette interprétation fausse aussi la partie et confond le lecteur résolument perplexe (et impatient de connaître la suite). Mieux qu’un thriller exceptionnel, l'éditeur parle de « piège paranoïaque et jubilatoire ». Écoutez-le, vous comprendrez pourquoi.

Audiolib / novembre 2015

Texte lu par Valérie Marchant, Joséphine de Renesse et Julie Basecqz (durée : 11h 44)

Traduit de l'anglais par Corinne Daniellot (The Girl on the Train) pour les éditions Sonatine

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8 septembre 2015

À un détail près, de Kristan Higgins

A un détail près

Quoi de mieux, en cette période de déprime post-vacances, qu'un roman de Kristan Higgins pour vous rendre la vie plus doucereuse et supportable ? Et se consacrer ainsi à une histoire de cœurs brisés, qui cherchent à colmater ses failles dans une petite ville new-yorkaise (Manningsport), avec un bataillon de personnages attachants et tendrement envahissants. Un programme peu folichon, au scénario téléphoné, mais dont le traitement ne manquera pas de vous surprendre par sa fraîcheur, son humour et son énergie.

Tout commence sur les chapeaux de roue : Faith Holland décide de rentrer au bercail pour affronter ses vieux démons (un fiancé gay qui l'a plantée devant l'autel) pour ensuite trouver l'homme de sa vie. Cela implique également de revoir Levi Cooper, désormais le chef de la police locale, ancien héros de guerre et meilleur ami de son ex, à l'origine du sabotage de son mariage. Ces deux-là ne se portent pas une estime folle, mais font contre mauvaise fortune bon cœur.

Amenés à se croiser souvent, parfois dans des situations embarrassantes (la scène des toilettes !), ils génèrent par leurs dialogues de chouettes moments de lecture qui font mouche. C'est piquant, drôle et ça distille une intensité sexuelle appréciable, car jamais racoleuse. C'est ce que j'aime tant dans les livres de K. Higgins, qui sont avant tout des comédies romantiques, brassant des valeurs traditionnelles, des couples charmants et des intrigues simples mais efficaces. (L'auteur fustige par deux fois une célèbre saga aux nuances grisâtres...) ;-)

Cette lecture offre un concentré de bonheur, sur 450 pages, entre tendresse, émotion et une avalanche de clichés. J'ai adoré me promener dans les rues de Manningsport, avaler un café chez Lorelei ou dévorer des nachos chez Colleen. C'est juste doux, réconfortant, attachant et attendrissant. Kate est une héroïne moderne, loin d'être parfaite, avec son physique moelleux et sa vieille peur de finir seule. Elle a besoin de reprendre confiance en elle en chassant son sentiment de culpabilité depuis la mort de sa mère.

Et donc, Levi... taciturne et renfrogné, traumatisé par son passé, incapable de se confier aux autres, a lui aussi du travail à accomplir pour laisser libre cours à sa corde sensible. L'alchimie au sein du couple est réelle, touchante et pleine d'allant. Autour d'eux gravite l'imposante et infatigable famille Holland qui, par leurs anecdotes et leurs frasques, offre un portrait explosif et déjanté ! J'ai franchement hâte de les retrouver dans les prochains livres à paraître (au moins 4). Et je conclurai sur cette note, que seuls les initiés comprendront, en reconnaissant à Justin Timberlake un “potentiel” insoupçonné ! ^-^

éditions Mosaïc / Juin 2015 ♦ Traduit par Karine Xaragai (The Best Man)

28 mai 2009

des oiseaux, des albums

c'est beau comme ça...

La môme aux oiseaux, elle,
ne me connaissait pas.

Mais déjà je la savais ma soeur,
ma pente,
mon miel,
ma semblable
et mon autre.

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A force de l'écouter s'écouter longuement
fouiller en elle
à force de la voir arracher un oiseau de son poing
comme on arrache un diamant de sa gangue,
de la sentir étudier cet oiseau,
chercher à le comprendre,
lui parler,
lui sourire
ou lui tirer la langue
et le lâcher ensuite,
j'ai compris.

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Je crois que chaque oiseau était un peu d'elle-même.
Une humeur profonde.
La môme du jour.

Ses états d'âme et de plumes.

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Depuis le sol,
la môme vous dévisage et s'envisage.

Pour mieux se voir
elle se regarde de loin, d'en bas,
et sous d'autres couleurs.

Volez soucis,
volez bonheurs.

Libre comme l'air, dans l'air, en l'air,
La môme est libre, aussi, quand vous êtes en haut !

-- extraits de La môme aux oiseaux --

texte de Henri Meunier
illustrations de Régis Lejonc
avec la participation d'Antoine Lejonc

** encore merci la Gre ! **
tu t'en doutes, nous avons énormément aimé !
"des loups dans les murs" aussi... mais c'est particulier, il faut qu'on en parle, mais à part et plus tard... ;)

 

 

 

 

*****

et une autre histoire avec des oiseaux...

 

 

 

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La lettre des oiseaux, texte d'Agnès Bertron-Martin
Illustrations d'Aurélie Blanz

Album Nathan, 2009

*****

 

 

 

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Dans le joli village de Petrovna, Vania le facteur est un jour amené à remettre une lettre dans cette mystérieuse maison isolée qui l'effraie. Ce courrier va bousculer son univers.

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c'est donc l'histoire d'un facteur heureux, il aime distribuer les lettres à ses amis les villageois et un jour il lui vient l'idée d'avoir sa propre boîte aux lettres pour recevoir, peut-être, une lettre rien que pour lui... les jours passent, sa besace reste vide, sauf une fois... il découvre un oiseau blessé qui protège farouchement une enveloppe jaunie et fripée destinée à la résidente de la vieille isba, une maison maudite, envahie par les ronces, et forcément abandonnée ; toutefois notre vaillant facteur décide de s'y rendre et rencontre en chemin des embûches inimaginables, mais il s'accroche parce que...

Vania était un bon facteur et il savait,
lui qui n'avait jamais reçu de lettre de toute sa vie,
le bonheur que ça devait être d'en recevoir une !

 

Encore un très bel album, avec des illustrations d'une grande beauté, qui sont composées comme des tableaux et qui suivent le fil des saisons. C'est aussi une histoire qui nous parle d'amour, de courage et de recherche du bonheur. Qu'espériez-vous d'autres ?

*****

 

 

NB : Les illustrations présentes dans ce billet sont des clichés personnels, merci de ne pas les reproduire... je m'excuse également auprès des auteurs pour cette liberté, n'hésitez pas à vous manifester si cela vous ennuie.

27 avril 2009

La fin n'est que le début ~ Katarina Mazetti

 

la_fin

Voici enfin le troisième volet de la saga Linnea Nilsson, lycéenne suédoise, grande asperge d'un mètre quatre-vingt, de l'humour, du répondant, des questions et des doutes dans chaque poche. C'est l'année du bac, après bien des péripéties (sa meilleure amie s'est suicidée, Linnea a sombré puis s'est offerte une escapade à Los Angeles). Au générique, elle nous promet encore un peu de drame, de l'action, de la comédie, des sketchs humoristiques et de l'amour (surtout !).

Tout commence par la rencontre avec l'ange de la mort sur une terrasse, en fait il s'agit de Per, le grand frère de Pia la disparue, et il a suffi d'une paire de sourcils broussailleux pour faire craquer notre adolescente rêveuse, caractérielle et impertinente. L'histoire entre ces deux-là vaut un vrai feu d'artifices, avec étincelles, éclats et exclamations (d'extase, pour démarrer). Coeurs de midinette, bienvenue dans la ronde !

A vrai dire, chez Katarina Mazetti, c'est de l'anti Harlequin en puissance. Il faut que ça se sache. Entendons-nous bien : le ton est hilarant, le souffle ne manque pas, avec romance, élans du coeur à gogo, et pourtant dans le fond on découvre aussi les incompatibilités d'humeur, les tentatives de corruption, les figures sous hypnose... bref, malgré des pages très roses (merci gaïa !), le propos se protège d'être cucul la praline ! En quelque sorte, c'est plutôt le règne des illusions perdues, le temps de l'innocence et la fin annonciatrice d'un début (comprenez, apprendre à tirer un trait, à tourner une nouvelle page, si vous voulez). Cela sonne terriblement amer et sinistre, cette petite histoire, que nenni ! Le livre déborde d'humour, la narratrice et héroïne ne manque ni de charme ni de bagou, et son histoire avec Per sait nous tirer quelques sourires béats (je parle pour moi, chut !).
Avis aux déçus du tome 2 (Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini), celui-ci est bien meilleur ! Il confirme le plaisir simple et efficace de se plonger dans un nouveau roman de Katarina Mazetti, tel un rendez-vous fort attendu (pour ma part) et apprécié jusqu'au bout des ongles !

(Argh ! j'en voudrais encore !!!)

Gaia, 2009 - 192 pages / 16 €
Traduit du suédois par Max Stadler et Lucile Clauss
 

Illustration : Jenny (l'auteur de Pink Diary !).

11 mai 2009

Cruelle ~ Celia Walden

Anna, 19 ans, quitte Londres pour aller travailler à Paris. Sûre de son charme, elle savoure sa liberté et se lie d'amitié avec Beth, son aînée de vingt ans. Quand Beth tombe amoureuse de Christian, Anna tente de mettre à l'épreuve leur attachement mais se retrouve confrontée aux pouvoirs destructeurs de la séduction.

cruelle

Anna a le charme, l'insolence et la fraîcheur d'une Cécile vue dans Bonjour tristesse. Le roman de Celia Walden n'est pas l'égal de celui de Françoise Sagan, toutefois on y retrouve une narratrice jeune, prête à tout, sûre d'elle et fine calculatrice pour atteindre ses objectifs. Dans Cruelle, Anna est jalouse de la liaison naissante entre Beth et Christian. Pour la première fois de sa vie, et depuis son arrivée à Paris, l'anglaise Anna est tombée sous le charme de la belle irlandaise de vingt ans son aînée, elle est fascinée par son aisance, sa grâce et son intelligence, Anna meurt d'envie de lui ressembler. Aussi, son amourette dérange. En son for intérieur, Anna veut comprendre, se faufiler et s'immiscer dans cette relation. « J’ai toujours pensé que si l’on croit pouvoir obtenir tout ce qu’on veut, en général, on l’obtient. »  Anna est effectivement une jolie fille, qui plaît aux hommes. Pourtant son allure juvénile cache un fond froid et déterminé, une absence totale de conscience... La suite de son plan lui apportera, un peu trop tard, ce qu'on nomme sagesse, maturité et regrets éternels.
Ce roman empreint de sensualité et de rouerie a pour cadre Paris la ville lumière, admirablement décrite, avec ses restaurants, ses boîtes branchées, ses soirées et ses musées, mais aussi ses petits jardins, ses coins et recoins perdus, invisibles à l'oeil nu. C'est magnifique. L'histoire se passe durant l'été, pendant la canicule. La sensualité y est exacerbée, à part égale avec l'innocence. C'est ce mélange d'émotions controversées qui me fait penser à Bonjour tristesse, avec la même issue fatale, cette affirmation lapidaire que, « Tu n'as pas le droit de t'emparer de ce qui peut être la raison de vivre d'une autre. »
Oui, ce premier roman est tout à fait charmant.
Et venimeux. Un peu à l'image de son auteur (journaliste au Daily Telegraph, chroniqueuse à Glamour, Vogue et GQ, elle apparaît régulièrement à la télévision et dans les pages people des magazines). Cf le cliché ci-dessous de la miss et son boyfriend, le sulfureux Piers Morgan... 

JC Lattès, 2009 - 314 pages - 20,90€
traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu

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25 septembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #6

Récemment nous avons lu (en images) :

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Le Jardin en Chantier  d'Aurélia Grandin (Actes Sud) -) merci encore Gaëlle !!!

La dernière aventure de la Princesse Mortadelle et de ses parents trop occupés : une tempête vient d'emporter le château avec tous ses biens et ses conseillers. Livrés à eux-mêmes, les trois membres de la famille royale trouvent refuge dans un arbre et réapprennent à butiner et à profiter de la vie (ce qu'ils ont un peu perdu de vue).

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Princesse Mortadelle et la drôle de tempête, Didier Lévy & Nathalie Dieterlé (Nathan).

En séance de grosse rigolade, nous avons eu ceci :

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une histoire de croco qui dévore tout ce qu'il trouve, une histoire que ma fille qualifie de ... euh, marrante mais un peu dégoûtante, han mais je te jure, maman, il y a des passages où c'est horriiiiible, tout ce sang, toutes ces victimes innocentes (ma fille est pure !), je n'en revenais pas (sincère et poignante élocution de la miss, avec la main sur le coeur, la mine profondément choquée)... hihihi, j'étais davantage bidonnée ! Oui, c'est irrévérencieux, le croco est un affamé qui n'écoute pas les règles basiques de la vie dans la jungle ou à la ville, il n'en fait qu'à sa tête, s'attire des ennuis mais il s'en fiche car il trouve toujours la sortie de secours ! Grosse surprise, par contre, de découvrir que c'est un titre de référence pour l'Education nationale (liste de cycle 3) ... ah ouais ? Je me suis empressée de l'énoncer à ma fille, huhu, je vous épargne sa réaction. ^.^

Pour ceux que ça intéresse, c'est un titre de Joann Sfar (Monsieur Croco a beaucoup faim, chez Gallimard).

Et un extrait pour le sourire :

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extrait de ce petit bouquin ...

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UNE FRIANDISE QUI NE DONNE AUCUNE CARIE !!! C'ETAIT TROP BON ! Merci encore Gaëlle !

 

Et pour finir :  Marshmalone de Lolita Séchan ! Un régal !!! Si vous recherchez une lecture facile, distrayante, intelligente, avec des clins d'oeil, des situations qui sentent le vécu, des moments qui vous rappellent votre propre jeunesse, des éclats pas du tout nostalgiques, et encore moins mélancoliques, bref ce livre est pour vous. Imaginez une Lolita d'une vingtaine d'années qui apprend que son papa et sa nouvelle femme vont avoir un bébé ... Imaginez le choc, et c'est tout un film qui repasse en boucle, un apprentissage d'être grande soeur, de se trouver face à de nouvelles responsabilités (le beau mot), de ne pas savoir comment aborder sa propre vie d'adulte, d'être maladroite, colérique, envieuse et jalouse, mais drôle, drôle, drôle ! (Pour celles qui le liront, je pense à la soirée en boîte ou aux jeux d'enfance, notamment celui de la catapulte où tu atterris partout sauf sur les coussins ! ... Hihihi, j'étais éclatée de rire !). Alors, oui franchement je vous le conseille car c'est vraiment bien !

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bon weekend !

28 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs ! #2

(pour ceux qui l'ignorent encore, j'ai coutume de lire des romans à voix haute pour mademoiselle ma fille, elle a peut-être bientôt 9 ans, mais elle ne rechigne pas contre quelques séances de lecture avant l'extinction des feux...) voici un échantillon des dernières lectures.

Céleste, ma planète - Timothée de Fombelle
Illustrations de Julie Ricossé

celeste_ma_planeteDans un futur proche, le narrateur, un jeune garçon délaissé par sa mère, vit dans une ville modelée par d'immenses tours de verre et des nuages de pollution. Il rencontre Céleste, qui lui redonne le goût d'être amoureux. Mais au lendemain de leur rencontre celle-ci disparaît. Il décide de la retrouver, puis de la sauver lorsqu'il apprendra qu'elle est gravement malade, et de faire un formidable coup d'éclat pour réveiller les consciences endormies, car soigner la planète guérira aussi Céleste.

Ce merveilleux petit roman est un cri d'amour, un signal d'alerte mais jamais un moratoire pour nous faire prendre conscience de l'état de la planète. Suffit d'un zest d'intelligence pour réagir, il me semble. Enfin bref, le roman dénonce les abus, la pollution, la consommation à outrance, l'individualisme... mais sans jamais être dogmatique. Pour faire avaler la pilule plus joliment, l'auteur s'est tenu à raconter une histoire d'amour, très pure et pleine d'espoir, entre Céleste et le garçon. Il y a beaucoup de charme, d'aventure et d'émotion dans ce livre qu'il faut lire à n'importe quel âge !

Ce texte a précédemment été publié en 2007 dans la revue Je Bouquine.

Folio junior, 2009  - 92 pages - 4,00€  (c'est donné !)

l'avis de Gaëlle

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Je ne suis pas soeur Emmanuelle - Carine Tardieu

je_ne_suis_pasAdèle a 13 ans. C'est une fille sans histoires. Un soir, sa mère l'envoie faire quelques courses. En parcourant les rayons, l'adolescente a une envie de chewing-gum. Pas de problème, elle glisse le paquet dans son panier. Mais au moment de passer en caisse, elle l'oublie et s'en rend compte. Pourtant elle choisit de ne rien dire. C'est son premier larcin : voler. Une pulsion soudaine, qui fait naître en elle de nombreuses questions relatives à la honte et à la culpabilité. Non elle n'est pas soeur Emmanuelle, la bonté faite femme, mais pourquoi insiste-t-elle là-dessus ?
En fait, on découvre qu'elle avait une soeur aînée, Emmanuelle, qui est morte avant d'avoir ses treize ans. Cette tragédie a marqué la famille et sans le vouloir Adèle s'est couverte d'un manteau de culpabilité qui l'oppresse horriblement. C'est par le vol du paquet de chewing-gum que tout va ressortir, pour aussi arriver à ce constat : je ne suis pas parfaite, mais au moins je suis vivante.

Très bon texte, qui traite de l'adolescence à fleur de peau et du deuil. Le monologue de la narratrice déborde aussi d'un humour corrosif, pas désagréable à lire. Excellente découverte !

Actes Sud junior, coll. D'une seule voix, 2009 - 62 pages - 7,80€
illustration de couverture : Anne-Marie Adda

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Un coeur gros comme ça, - Jo Hoestlandt
illustrations de Frédéric Rébéna

un_coeur_grosClasse verte pour l'école de Garance, direction la montagne et le bon air de la campagne. Nos petits citadins vont découvrir pendant trois semaines le calme, le silence, la nuit noire, les étoiles, les murmures, la nature, les animaux... Dans la classe de Garance, tout le monde s'entend très bien, même si Manu reste la tête de turc. C'est un garçon qui ne s'embarrasse d'aucun tracas, on peut penser de lui tout ce qu'on veut, il s'en moque (et il a bien raison !). C'est un idéaliste, un rêveur et un original. Il donne toujours le sentiment d'être à l'ouest, il réfléchit dans son coin, il pose beaucoup de questions qui sortent de l'ordinaire, et elles ne sont pas forcément inintéressantes. Garance s'en rend compte. Elle était un peu comme ses copines, à traiter Manu de lourd et de balourd. Et puis elle s'aperçoit que c'est un type bien aussi. Avec lui, elle a des petits codes, la nuit avant de s'endormir, ils s'adressent un toc toc toc contre la paroi qui sépare leur chambre, ou bien le garçon lui explique qu'une petite souris de Paris s'est prise d'affection pour lui et lui envoie des tas de lettres. Pour la remercier il a l'idée de conserver tous les bons fromages de montagne pour les envoyer dans un colis avant leur départ.

Parfois, on ne remarque pas les gens précieux à côté de nous. Il suffit d'ouvrir ses yeux... C'est le message qui figure en quatrième de couverture. Et on ne se lassera jamais de le répéter ! Nous avons beaucoup aimé ce petit roman, très tendre, drôle et attachant. La petite Garance a des airs d'une certaine demoiselle de ma connaissance (et sa maman m'en rappelle une autre ! ;o)). La façon de raconter les rapports entre les uns et les autres est d'ailleurs très pertinente, on y découvre aussi qu'on ne cesse jamais d'apprendre d'autrui et qu'on n'est jamais à court de surprises !
Excellente lecture, dès 8 ans.

Nathan poche, coll. C'est la vie, 2009 - 102 pages - 4,80€

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Et si votre enfant aime les histoires policières, voici un petit conseil de lecture sympathique :

bonflairUne enquête de Mister Bonflair, L'étrange incendie
de Claire Clément
illustrations de Frédéric Benaglia

L'histoire est simple : Bertus le sanglier a invité ses amis à pique-niquer, mais la petite fête tourne au drame. Tout le monde part fâché. Et peu de temps après, on découvre la maison de Bertus en cendres. Tout a brûlé. Est-ce possible que parmi les suspects se trouve un de ses amis ? Bertus est soulagé de croiser Mister Bonflair sur sa 600 Taquavoir. Fin limier, celui qu'on ne doit surtout pas nommer Achille Duchoux, son vrai nom qu'il déteste, va flairer et chercher des indices.

Vraiment un livre idéal pour un lecteur débutant (dès 6 ans) qui aime mener sa petite enquête.
Cette lecture s'accompagne de précieuses illustrations qui permettent au lecteur de chercher par lui-même, de faire attention au moindre détail pour trouver des indices. L'auteur a aussi ponctué chaque double page d'une question - 1) pour tenir l'intérêt du lecteur en haleine - 2) pour l'amener à réfléchir par lui-même. Ainsi l'enfant aura la certitude d'avoir participé à l'enquête et (pourquoi pas ?) trouvé la solution tout seul !
Un roman qui requiert la participation du lecteur. C'est bien, non ?

Nathan poche, coll. Mystère, 2009 - 30 pages - 4,70€

2 février 2009

Le Paradoxe du menteur - Martha Grimes

« C'est un homme qui est entré dans un pub et qui me l'a racontée.
- Tu te moques de moi.
- Exactement ce que je lui ai retorqué. Je lui ai dit qu'il me menait en bateau. Bref, le pub se trouve dans la City. C'est l'Old Wine Shades. J'étais là, assis au bar, à broyer du noir, sans raison spéciale...
- Sans raison spéciale de quoi ?
- De broyer du noir.
- Ah. Continue.
- Un homme est entré, manifestement friqué, des vêtements comme les tiens...
- Cette veste pourrie ? dit Melrose, louchant sur son revers.
- ... et il s'est assis près de moi.
Ça fiche les jetons, pour un début, non ?
- Oui, c'est digne de Winnie l'ourson. Continue.
- Et il m'a raconté cette histoire...
»

51H1orhlwUL__SS500_Il y a un an, une femme et son fils se rendent dans le Surrey visiter deux propriétés et disparaissent sans laisser de traces. Seul le chien est revenu, quelques mois après. Depuis, le mari, en état de choc, séjourne dans un hôpital pour grave dépression. Il a contacté la police et des détectives privés, mais rien. Aucune piste. Richard Jury, commissaire à New Scotland Yard, rencontre un homme dans un pub qui lui raconte cette histoire. Cela dure tous les soirs de la semaine. L'individu, Harry Johnson, prétend que c'est une histoire sans fin. Ou une histoire à tiroirs. Chaque rendez-vous rapporte un nouveau chapitre, l'histoire grossit. Cela devient louche, mais Jury veut y croire, contre l'avis de ses proches (son inspecteur associé hypocondriaque, Wiggins, sa charmante voisine, Carole-Anne et même son meilleur ami, Melrose Plant). Il sort d'une enquête difficile, il a été poussé à un congé forcé par son chef, il a donc besoin de se changer les idées.

Et Jury est sérieusement intrigué par cette double disparition, de même il se demande si sa rencontre avec l'homme du pub n'est qu'une pure coincidence. Il va fouiller, c'est obligé. Et pour cela, il est accompagné de son inénarrable compagnon, Melrose Plant, un aristocrate excentrique, qui habite la petite bourgade de Long Pliddleton avec sa tante snob et acariâtre, Agatha. Pour échapper à cette vieille bique, il se rend à Londres, où il apprécie le refuge du Boring's, club très sélect et fermé, réservé uniquement à la gente masculine.

En fait, c'est clairement une ambiance qu'on aime retrouver chez Martha Grimes, au fil des livres publiés. On a l'embarras du choix entre les petits villages anglais, le pub, le manoir du Comte de Caverness, les bureaux de Scotland Yard ou l'appartement de Jury et de sa délicieuse voisine... C'est ainsi un petit monde qu'on retrouve, Richard Jury est un incontournable de la série. Il a la quarantaine, il dégage un charme fou, il est réservé, réfléchi et cultivé. Il n'hésite pas à trouver des métaphores littéraires dans les enquêtes les plus tordues. C'est un homme qui plaît, mais qui n'en profite pas. A ses côtés, Melrose Plant possède une séduction aristocratique, il a du flegme à revendre, il aime bouquiner, boire du bon cognac et paresser dans un fauteuil au coin du feu. Ce n'est pas un homme d'action, mais il ne rechigne pas à s'associer à son meilleur ami pour des situations parfois mouvementées.

A l'instar d'Elizabeth George, Martha Grimes est américaine et écrit avec bluff des romans d'énigme à l'anglaise. Vous ne connaissez pas (encore) ? Les éditions Omnibus viennent de faire paraître un volume regroupant les quatre premières aventures de Richard Jury. A ne pas louper !

A noter : tous les romans de Martha Grimes ont pour titre des noms de pub, en vo. Dommage, la traduction française n'a jamais joué le jeu.

Presses de la Cité, 2009 - 380 pages - 21€
traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller
titre vo : The Old Wine Shades

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Les Enquêtes de l'inspecteur Jury
(qui, en fait, est commissaire...)

51CPNHebtKL__SS500_Le mauvais sujet

Long Piddleton est un charmant village du nord de l'Angleterre. Mais une série de meurtres abominables vient entacher le manteau de neige immaculé de cette bourgade paisible. Des cadavres sont retrouvés dans des positions insolites dans des auberges de campagne aux noms pittoresques et évocateurs. Pour arrêter cette hécatombe, Scotland Yard dépêche sur place l'un de ses meilleurs limiers : Richard Jury, un homme aussi tenace que chevaleresque. De la ténacité, il va lui en falloir pour démasquer le tueur en série parmi une foule de suspects : un aubergiste, un haut fonctionnaire déchu, une jeune poétesse romantique, un pasteur, un auteur de polars, une poule de luxe et bien d'autres. Par bonheur, Jury trouvera un précieux allié en la personne de Melrose Plant, châtelain dilettante que la nature a pourvu d'un cerveau fort efficace.

L'énigme de Rackmoor

Tout le monde vous le dira, il ne se passe jamais rien à Rackmoor. Que pourrait-il d'ailleurs bien se passer dans un petit village du Yorkshire accroché au flanc d'une falaise, battu par les vents et perdu dans le brouillard... Or, un jour, on retrouve le corps ensanglanté d'une inconnue. Une inconnue qui - vous diront certaines personnes bien informées - pourrait être Dillys March, la pupille du riche sir Titus Craël. Disparue depuis quinze ans, quelques langues venimeuses ajouteront qu'elle serait venue pour réclamer sa part d'héritage. Ce qui est troublant, c'est que la moitié des habitants de Rackmoor ne reconnaissent pas Dillys. Pupille ou usurpatrice ? Une affaire complexe dont triomphera l'inspecteur Jury de Scotland Yard au terme d'une plongée dans le passé obscur de la petite ville.

Le collier miraculeux

Une violoniste est sauvagement assassinée dans le métro de Londres. Elle était originaire d'un village répondant au nom charmant de Littlebourne. Or un chien vient de découvrir une drôle de friandise dans le bois voisin : un doigt humain ! Richard Jury et Melrose Plant vont arpenter les couloirs du tube londonien et les abords de la ténébreuse forêt de Horndean. Et les suspects les plus hétéroclites se présentent à eux : un couple de hobereaux d'un snobisme odieux, une vieille ornithologue revêche, une veuve habitant un manoir glacial et une petite sauvageonne qui sait dompter les chevaux les plus rétifs... mais pas le duo le plus flegmatique du Yard !

Le vilain petit canard

Stratford sur Avon, ville natale de Shakespeare et villégiature préférée du discret commissaire Jury, voit défiler à la belle saison des hordes touristiques accablantes. On aurait presque pu se réjouir, cette année-là, de découvrir des cadavres d'Américains faisant partie d'un voyage organisé. Mais des corps sauvagement mutilés, bien dans la tradition insulaire inaugurée par Jack l'Eventreur, font tout de même un peu désordre dans le décor pastoral des rives de l'Avon. Avec son ami Melrose Plant, douzième comte de Caverness, aussi titré qu'instruit des splendeurs du théâtre élisabéthain, le commissaire Jury va démonter le mécanisme d'une monstrueuse vengeance.

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--) C'est excellent ! C'est plus qu'un simple roman policier, même si l'intrigue sur ce plan est bien ficelée, c'est avant tout pour les petits riens autour que j'apprécie cette série. Les personnages sont beaux, touchants, humains. Ils aiment, sont trompés, ont le cafard, et nouent aussi des liens extraordinaires d'amitié. L'ambiance à Long Piddleton aussi vaut le coup d'oeil, ça donne envie tout ça... C'est british, en plus. Je fonds complètement !

Omnibus, 2009 - 26€

8 mars 2009

A quoi ça sert le courage sans amour ?

515XaZzFHUL__SS500_Richard, sans peur et sans reproche, a un coeur de lion et une épée de plastique baptisée Turendor. Richard est un petit garçon qui sème la terreur dans le jardin. C'est lui le plus fort, du moins le pense-t-il jusqu'à sa rencontre avec Marie.

Marie est une demoiselle calme, posée et qui n'aime pas les jeux bruyants. D'accord pour être amie avec Richard, devenu coeur d'artichaut, mais pas d'accord pour jouer au grand chef ou chercher la bagarre. Avec elle, c'est sans l'épée, sinon rien.

Richard obtempère. Il abandonne Turendor et devient doux comme un agneau. Sauf qu'un mini drame éclate au bac à sable lorsqu'un affreux serpent surgit sur l'herbe et fait pousser des cris d'horreur à la demoiselle en détresse. Richard le chevalier servant vient à la rescousse !

C'est un texte très drôle, dans lequel on découvre l'exagération typique des jeunes enfants à amplifier leurs jeux ou leurs hantises. Le serpent, par exemple, est un ver de terre. Les créatures et les esprits de la maison et du jardin ne sont que des insectes ou des crottes de chien du voisin. Richard est un petit garçon qui pousse des cris de sauvage, avec des manières bravaches... mais Marie l'accepte comme il est. Car il lui a « sauvé la vie ».
Dès 3 ans, pour lecture à voix haute.

Petit chevalier sans peur, de Natalie Zimmermann - illustré par Rémi Saillard
Nathan Mes p'tites histoires, 2009 - 5,95€

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51Ssp3JJcfL__SS400_Dans la savane, Toriki le petit lièvre sort de son terrier et croque quelques fruits délicieux dans un buisson. C'est la belle vie !

Kouma la grande girafe tend son long cou vers le sommet d'un baobab pour y cueillir les feuilles tendres. Toriki est fasciné, il trouve que la girafe peut embrasser le ciel. Kouma pense au contraire qu'être petit permet de se cacher.

Les deux amis suggèrent alors d'échanger leur taille et se rendent chez Marabout, l'oiseau sorcier de la savane. Ni une ni deux, il accomplit leurs désirs. Au début, chacun savoure la nouveauté mais les ennuis commencent. Le roi des animaux, le lion, surgit et veut croquer nos deux compères.

Ce n'est vraiment pas facile de changer de peau. Toriki et Kouma s'en aperçoivent, mais ce n'est pas trop tard pour trouver une autre solution, mieux appropriée ! 

Cette histoire a été testée à deux voix par une institutrice et des enfants de CP, le niveau de lecture facile correspond aux acquis de janvier à juin. Nous sommes à mi-chemin entre la BD et le roman. On y trouve un texte d'un narrateur complice et des bulles qui expriment ce que pensent les personnages.

L'histoire est une belle fable sur l'acceptation de soi, avec des héros attachants, et de jolies illustrations.
Dès 5-6 ans.

Que la vie est belle ! de René Gouichoux - illustré par Mylène Rigaudie
Nathan Poche, 2009 / 5,35€

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Et on termine avec un conte, pour les plus grands.

51wDqQaxexL__SS500_Et quelle belle surprise ! C'est l'histoire d'un village gardé par le feu de la petite lanterne, confié depuis des temps anciens avec cette mise en garde : La lumière ne vient pas seulement du ciel, alors entretenez-la. Mais les habitants ont un peu oublié ces mots gravés dans la pierre, et un soir le feu a disparu, dérobé par un dragon qui vit dans les montagnes.

Tina, une orpheline de huit ans, qui vit avec son grand-père, détient la clef pour récupérer le feu de la lanterne. Elle va rencontrer la fée Zélie, puis un mystérieux voyageur de passage... Erin.

« si les coeurs comme les gâteaux étaient fabriqués dans des fours, les leurs viendraient très certainement du même moule. Car ils percevaient tous les deux les mots cachés dans les chuchotis, et leurs regards étincelaient d'une même flamme vive ! »

D'autres péripéties attendent ce garçon courageux et la petite fille qui écoute les vents du ciel... Ce texte se veut une apologie à la sensibilité, il faut écouter son coeur, apprendre aussi à écouter la nature. L'histoire fonctionne par imagerie, comme celle de marteler cette rengaine : il faut toujours entretenir la flamme.

« C'est quand on croit que les choses nous appartiennent que souvent elles nous échappent. La patience, l'amour et l'humilité doivent s'entretenir tous les jours. Ce sont comme des petites pousses. »

Un très beau conte, plein de poésie. Chaudement recommandé !
Dès 7 ans.

Le feu de la toute petite lanterne, de Kochka - illustré par Nicolas Duffaut
Nathan poche contes, 2009 - 4,90€

le blog de nicolas duffaut : http://pendantcetempsailleurs.blogspot.com/

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Pour l'achat de 2 titres de la sélection Nathan Poche*, Fnac.com vous offre un troisième volume choisi par nos soins parmi les 4 titres suivants : Croc-Blanc de Jack London, Calamity Mamie fait du sport de Arnaud Alméras, Nico T7 Maudit Mardi gras de Hubert Ben Kemoun, Les Orphelins Baudelaire T1 Tout commence mal de Lemony Snicket *Un seul par commande, ajouté automatiquement à votre colis, dans la limite des stocks disponibles. 

20 janvier 2009

« je viens pour tuer vos animaux de compagnie et arracher avec les dents vos mains droites »

 

Les aventures de Djerik - Natalia Noussinova

41KLmqb1ncL__SS500_En fait, ce roman est une surprise. Pour la collection neuf, il est bien épais (mais presque 40 pages en fin de roman sont dédiées au lexique). Ce n'est pas que ce soit trop compliqué, c'est juste que, d'après l'auteur, tout un pan de la vie racontée dans ce livre est devenu incompréhensible. C'est une histoire très simple, à vrai dire. Cela commence par l'envie d'un chien, mais cela s'étend à raconter une jeunesse soviétique. Natalia a sept ans, elle vit avec ses parents à Moscou, son père est cinéaste, sa mère est belle comme un coeur, elle a une soeur, Tania, et des grands-parents remarquables, le grand-père est un vieux bolchévique et la grand-mère cuisine des beignets de viande et de chou à faire pâlir d'envie. Au début, les parents de Natalia sont formellement opposés à accueillir un chien dans leur appartement, puis la cousine leur amène un fox-terrier noir, très sale et avec l'oreille en sang. Il vient de tenir tête à une bande de bergers allemands féroces, et il n'a pas bronché. Djerik fait donc son entrée chez les Noussinov. Avant de se montrer le fier toutou intelligent, il est plutôt déprimé, il ne mange pas, il reste dans son coin. On explique aux petites que c'est normal, c'est une brave bête, ce chien est un prince frappé par un mauvais sort et il veut rester fidèle à son premier amour.

Le roman se déroule ainsi bien gentiment, avec beaucoup de tendresse et d'amour. C'est l'époque de Brejnev, il y a toujours des aperçus de la révolution mais la famille Noussinov s'en tire plutôt pas mal dans l'histoire. C'est d'ailleurs un beau portrait de famille que propose ce livre, avec pour decorum le climat suspicieux et facilement délateur du pays. Il y a des commissions pour autoriser à voyager à l'étranger, des cancanières qui n'aiment pas les chiens ni les juifs, il y a des propriétaires de datcha sans vergogne qui promettent de conduire deux canetons vers les pays chauds en train, et des voisins au bord des larmes devant leur poule blessée à cause de Djerik. Ce chien, qui est aussi le héros du livre, va vivre (et nous faire vivre) de belles péripéties, comme celle d'être une star de cinéma. Et c'est ainsi qu'on passe un très bon moment de lecture, avec un petit air d'autrefois, mais surtout entretenu par un chaleureux sentiment de bonheur, d'innocence et d'affection.
C'est bien comme tout. Cela dépayse.

Ecole des loisirs, coll. neuf - 2008 - 195 pages / 9,50€
traduit du russe par Katia Flouest-Sell
Illustration de couverture : Gwen le Gac

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Ivan le terrible - Anne Fine

414fO2v2jzL__SS500_Tout commence parce que Boris parle russe. Un nouvel élève vient d'arriver à l'école St Edmund - Ivan, son air renfrogné, ses saluts à la taille et son amabilité façon : "Salutations à vous tous, pauvres vers tremblants". Boris est mortifié, il ne veut absolument pas traduire les propos odieux de ce garçon, alors il triche. Il édulcore, il améliore, il arrondit les angles. Toutefois Ivan est vraiment infect et pousse le bouchon de plus en plus loin. La patience de Boris a-t-elle des limites ? Faut-il continuer de jouer le jeu, d'excuser Ivan et donc de passer sous silence ses méchancetés, au risque d'être un peu complice ?

Tout à fait bon enfant, ce roman est un genre de comédie à l'humour subversif, qui plaira davantage aux plus jeunes, sans pour autant leur assurer qu'ils pourront comprendre toutes les troublantes motivations d'Ivan le terrible. La fin est une sorte de pied-de-nez à cette vaste mascarade. On y trouve son compte, ou pas du tout. C'est selon. Mais franchement je préfère de loin les aventures caustiques du chat assassin.
Petit roman plaisant, voilà tout.

Ecole des loisirs, coll. neuf, 2008 - 80 pages / 8€
traduit de l'anglais par Nadia Butaud
Illustration de couverture : Soledad Bravi

l'avis de Mélanie (Book in)

 

Et je découvre le nouveau morceau de U2, Get on your boots !
C'est un peu tôt pour juger, mais je sais que cela ne m'accroche pas plus que ça.
Toutefois je suis fan devant l'éternel, et forcément j'ai précommandé l'album qui sort le 2 mars:
No line on the horizon.

19 décembre 2008

L'adolescence, parlons-en... encore !

51KEwGJY36L__SS500_J'ai mis du temps avant de comprendre ce que représentait la couverture du roman Zarbi d'Hélène Vignal ! L'indice est révélé en bout de course, de façon impromptue, car j'ai regardé à deux fois ce truc que j'associais à de la nourriture asiatique. Mais peut-être suis-je la seule à qui la vue me joue des tours...

Passons, cela n'est pas important. Zarbi, lui, est un roman passionnant. C'est l'histoire d'une famille, le couple et ses deux enfants. Les parents se chamaillent souvent, n'ont pas trop de temps et sont dépassés par la crise d'adolescence de leur fils aîné, Landry. La situation est présentée et vécue par Dina, la cadette qui a dix ans. Elle pense comprendre, mais ne cerne pas toutes les subtilités, toutefois elle n'est pas idiote et n'est plus un bébé. Comme elle dit. Souvent son analyse vaut tous les discours des adultes réunis, car elle a l'oeil vif, un humour en béton et un tempérament de feu.

« Mon manteau sur le dos, debout devant eux, je mange mon pain aux raisins en les regardant. C'est étonnant comme on est tous devenus laids dans cette famille. Avant on était plutôt beaux et on rigolait bien, on faisait du pain perdu aux goûters et des câlins ou des séances de chatouilles assez souvent. Certains jours, on se piquait des fous rires tous les quatre en jouant au Uno ou à La bonne paye.
Maintenant si l'un d'entre nous rigole, les trois autres font bien attention de ne pas rire en même temps pour ne surtout pas avoir l'air complice. Il faut sans arrêt faire attention avec qui on est d'accord parce que ça peut dégénérer très vite. Landry peut m'accuser de collaborer avec les parents ; comme je peux perdre la confiance de mes parents si j'ai des secrets avec Landry : et si je dis à ma mère que mon père a attrapé Landry par les cheveux, mon père peut m'en vouloir et ma mère en vouloir à mon père ; ou si Landry rigole avec moi, les parents peuvent croire qu'il est d'accord avec la vie de famille, ce qui serait une catastrophe pour lui ; ou si je suis trop copine avec ma mère, elle va croire que je suis toujours d'accord avec elle, ce qui est faux, parce que je la trouve parfois assez nulle. Tout est donc très compliqué ; du coup, pour être sûr de ne pas faire d'erreurs, à la maison personne ne rigole avec personne et on évite de trop se regarder pour ne pas créer des malentendus.
»

Pas facile d'avoir un ado à la maison, c'est ce que je pense après lecture. Mais il faut bien gérer la situation, malgré les prises de tête, les disputes, les conflits et le mur d'incompréhension qui monte toujours plus haut et de toutes parts. L'histoire a l'intelligence de ne pas s'embourber, d'adopter le ton juste et de ne pas oublier l'humour pour aborder ce cap difficile, et surtout le point de vue est délivré de la part d'une petite fille, qui elle-même se cherche, se pose des questions et grandit. Ce n'est pas facile non plus, mais Hélène Vignal sait trouver un équilibre. Elle montre la complexité, elle ne donne pas de solution miracle (ou disons que c'est facile car fictif). Son roman se termine bien, et c'est même un très bon moment à passer car cela frise plus souvent l'ironie que la déprime !

Zarbi, d'Hélène Vignal
Ed. du Rouergue, 2008 - 155 pages - 8,50€

 

 

 

Dans le même registe, je vous rappelle le roman d'Estelle Lépine, Demain l'année prochaine (Seuil jeunesse), qui raconte aussi la crise d'adolescence vue par la petite soeur dans une famille qui ressemble de plus en plus à un navire qui prend l'eau. A conseiller dès 10-11 ans.

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51oCz0M5GEL__SS500_Petite bouffée de fraîcheur avec Une saison Rimbaud, d'Emmanuel Arnaud (l'auteur du très hilarant Les trilingues). Je me tourne les pouces en reprenant la présentation de l'éditeur, parce qu'elle le vaut bien :

Vous êtes en vacances dans une tour de béton pourrie en Espagne. C'est la Toussaint. Vos parents hésitent entre une soirée paëlla et le match de foot à la télé. Vous vous ennuyez, comme vous vous ennuyez le reste de l'année au lycée avec votre copine, avec vos potes. Vous vivez une vie moyennement intéressante, une vie grise. Alors vous ouvrez un livre un peu par hasard. Ce livre, c'est Les Illuminations de Rimbaud. Soudain quelque chose vous arrive. Comme l'explosion d'une météorite, mais à l'intérieur. Un truc d'enfer. Une révélation. Vous regardez autour de vous. Rien n'a changé. Vous avez toujours le livre entre les mains. Brusquement, vous comprenez : la vraie vie est ailleurs.

Ne vous est-il jamais arrivé de tomber en extase par la faute d'un livre ou d'une lecture ? Moi, oui. Je connais cet air de zombie, ce sourire niais, le regard de quasi-fluorescence, cette petite bulle qui enfle, vous enveloppe et vous coupe du reste du monde. Alexandre a eu le choc avec Rimbaud, il en perd pied, sa petite amie, son ami Atonk qui le pousse à s'ouvrir, à faire du moderne (du slam, du rap...) car, selon lui, cet état extatique est mauvais. Pas sain. Invivable. Personne ne peut comprendre, sauf Alexandre. C'est une affaire personnelle, « c'est la seule chose qui vaille la peine qu'on vive pour ». Un tel cri d'amour littéraire, ça ne peut m'échapper. Et j'ai aimé, j'ai souri, j'ai pensé que c'était un vrai moteur pour dynamiser un moral en berne, pour motiver les mauvaises troupes, pour guider et pour tendre la main. C'est montrer aussi l'adolescence sous un autre jour, plus rêveur, plus passionné et la touche d'humour de la part d'Emmanuel Arnaud finit de boucler la boucle.

Une saison Rimbaud, d'Emmanuel Arnaud
Ed. du rouergue, 2008 - 109 pages - 7€

18 novembre 2008

... because I want a revolution !

Y'a pas de mal !

 

 

Ces temps-ci, en matière de lecture, je cale assez vite. Pour plusieurs raisons : trop de sudoku sur ds, trop de films couleur grenadine, trop de papillons dans la tête, trop froid ou trop chaud, trop mal à la tête aussi, trop besoin d'aller chez l'ophtalmo depuis un an (et je n'y vais pas, c'est mal), trop de déconcentration en règle générale !!!

Et pourtant, j'ai de jolies choses dans mes piles.
Mais cela attendra.

Je suis revenue à la lecture de manga, parce qu'on peut le dire maintenant, cette passion a fait des émules !!! Naaan ? J'avais décrété que l'année 2008 serait l'année du manga et pris les paris (avec moi-même) de vous faire essayer 1 titre. Alors, qu'en pensez-vous ? Avez-vous fait des découvertes ? Ou non le manga-ne-passera-jamais-par-moi ?

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Petit état des lieux des dernières infos :

Oyez, oyez amis lecteurs : le tome 5 du Sablier est sorti. (Les personnages ont changé. Les grandes décisions pleuvent. C'est bouleversant ! Ce tome est très triste et pesant. A ne pas louper !)

Le tome 12 de C'était Nous a bien failli aussi avoir ma peau avec sa couverture !!! Damned, non ce n'est pas fini et cela n'annonce rien du tout. Car l'histoire - pour ceux qui la suivent - n'a strictement rien à voir : Nanami et Yano sont dans une impasse depuis des années. Le tome 11 faisait entendre qu'ils allaient se retrouver... et qui recroise-t-on dans ce volume ? Yamamoto. Personnellement je ne la supporte pas. 

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Donc j'ai eu bien du mal à lire ce tome 12, et ce qu'on apprend en bonus est invraisemblable. Je n'aime pas du tout la direction que prend la série, c'est lent, compliqué et aberrant. J'attends le prochain épisode, maintenant toutes les pièces sont en place, la suite doit pouvoir passer à la vitesse supérieure !

Message à ma petite soeur, également fan de cette série : la mangaka a repris son job et le tome 13 devrait paraître en février !!! :))

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Présentation maintenant de 3 nouvelles séries, et récentes découvertes...

Je commence par celle dont je ne donnais pas cher au début :

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Haruna a choisi de troquer son look de collégienne sportive pour devenir une lycéenne fashion et désirable. Elle veut plaire à tout prix, rencontrer un garçon et connaître l'amour. Pour réussir, elle s'inspire de conseils dans les magazines et se gave d'histoires à l'eau de rose dans des manga sentimentaux (sic). La réalité est plus crue : empotée et mal fagotée, elle a tout faux et se plante quand toutes les occasions pour séduire se présentent. C'est alors qu'elle décide de convaincre Yo, le garçon le plus canon de l'école, de devenir son coach en relooking. Il accepte à une seule condition : qu'elle ne tombe pas amoureuse de lui. Aucun danger, totalement à fond dans son trip, Haruna considère vite Yo comme un excellent pote. Elle est comme ça, Haruna, super bonne copine, mais pas petite amie !

Le premier tome a pour désavantage de placer l'histoire, et donc d'être plutôt bancal. J'avoue : j'ai eu du mal. Je trouvais même que c'était plutôt indiqué pour des ados.

Et finalement le tome 2 a changé la donne : je suis complètement accro !

L'histoire décolle, les personnages sont adorables. Haruna a une pêche d'enfer, Yo est un mentor qu'on rêverait toutes de trouver ! Il se passe un événement pas sympa dans ce volume, mais le coaching du garçon va se révéler efficace. Et puis l'histoire s'achève sur une note craquante...

Autre détail non-négligeable : c'est très, très drôle !

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Saika et Keishi sont amis depuis l'enfance, elle est amoureuse de lui mais il l'ignore. Depuis dix ans, elle a façonné sa personnalité pour mieux lui plaire, voulant apparaître douce et raffinée alors qu'elle est intrépide et fonceuse. Bref, dans l'établissement qu'ils fréquentent, le règlement interdit l'amour. Oui, c'est assez étrange mais cela permet la rencontre avec Kirisaki Shin. C'est le type le plus arrogant de l'école, beau, sûr de lui, il perçoit chez Saika sa vraie nature et tombe amoureux d'elle. La suite ressemble au jeu du chat et de la souris : il la poursuit, elle le fuit, il est jaloux de Keishi, lequel se réveille un peu, mais le type est niais, Shin en profite pour faire craquer la fille, bref c'est LE triangle amoureux par excellence.

Dans le tome 2, le fameux Keishi, celui qui est supposé être le Prince aux yeux de Saika, fait un peu pâle figure. On ne le voit quasiment plus dans l'histoire ! Il apparaît de temps en temps, manque de taper du poing sur la table, mais non ce garçon reste désespérément permissif ! D'un autre côté, cela laisse la part belle à l'histoire d'amour entre Shin et Saika. Beaucoup de sensualité à venir, du romantisme à gogo, j'avoue craquer bêtement pour cette bluette (qui n'en vaut peut-être pas autant la peine ?).   

Atout majeur de cette série : j'aime beaucoup le personnage de Shin (et j'ai aussi beaucoup ri) !

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J'ai trouvé le tome 1 dans une foire aux livres et ce fut assez pour me convaincre que c'était un signe ! Pas sûre que l'histoire sur papier avait de quoi me séduire, sans cela...

Chôko vient de décrocher un poste de secrétaire dans une grande agence et rejoint une équipe menée de main de maître par le dénommé Monsieur Dômoto. Il est exigeant, accable la jeune fille de tâches ingrates, elle plie, ploie et court, bref elle exécute les ordres sans moufter. Et c'est alors qu'elle découvre que Dômoto est en fait son ancien domestique. Chôko appartenait à une famille très riche, mais qui a fait faillite et a donc renvoyé tout son personnel.

Les années ont passé, et c'est Dômoto en personne qui a retrouvé sa petite maîtresse. Leurs rapports deviennent alors très complexes : à la ville, c'est rigueur et compagnie. En privé, le garçon est dévoué, très paternaliste, et chevalier servant. Or, il refuse d'admettre qu'il est amoureux d'elle et elle s'en offusque un peu. Du moins, c'est ce que j'ai cru comprendre !!!

Le tome 2 n'a pas su davantage éclairer ma lanterne. J'ai toujours un peu de mal au sujet des rapports entre le garçon et la fille, mais le doute échappé, je suis plutôt séduite.

La scène de clôture du tome 2 est drôlissime ! Le couple s'est enfermé dans une chambre, le garçon est cloué au lit, notre demoiselle a pris les devants en lui nouant les poignets, (si ! si ! ), en fait on n'en voit pas plus, mais les dialogues laissent supposer des tas de choses et ils valent leur pesant de cacahouètes !

Une série très drôle, encore une fois !

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Aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon papa !!!!

^__ ^

 

 

15 novembre 2008

Monsieur Pan - Kressmann Taylor & Princesse Camcam

 

 

 

 

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Tout est magnifique dans cet album ! L'histoire commence de la sorte :

« Monsieur Pan mourait un peu chaque jour. Il habitait près des remparts de la ville, dans une petite maison au portail de laque rouge, dont la porte était ornée de carreaux émaillés, bleus comme une eau peu profonde, à motifs de roseaux et de feuilles de riz. Dans le jardin, un bosquet de bambous vert pâle poussait à côté d'un bananier vert sombre. Un joli bassin à poisseaux rouges s'étendait à l'ombre des bambous, un bassin bordé de carreaux vert clair décorées de fleurs de pêcher et arborant les six idéogrammes d'un vieux poème :
Quand aucun pied n'approche,
La fleur de pêcher reste sans parfum.

Dans la maison se trouvaient des nattes de paille propres, deux chaises sculptées et six délicates tasses à thé blanc et bleu.
»

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Tout est beau et précieux chez Monsieur Pan. Mais l'homme est seul et timoré. Il souffre du moindre mal, il craint de se noyer, d'être piqué par une araignée venimeuse ou un scorpion, d'être atteint de lèpre. Une toux banale annonce sa fin proche et Monsieur Pan s'enferme chez lui. Il refuse de mettre un pied à l'extérieur, même lorsqu'on lui apprend la grave maladie de sa soeur, qui le réclame à son chevet.

Monsieur Pan s'y rend, mais trop tard. Sa soeur est morte, laissant trois jeunes enfants orphelins.

« Les larmes de tristesse arrosent la fleur du souvenir. » confie-t-il à ces trois bambins qu'il emmène chez lui. Et la vie de Monsieur Pan revêt les couleurs d'une vie désormais plus bruyante, chahutée par des jeux, des pleurs et des sourires.

« Il vit la laque rouge gravée et abîmée, les nombreuses tiges de bambou cassées, penchées au milieu des tiges vertes. Le bassin aux poissons rouges avait été vidé de toute vie, et les riches herbes du jardin étaient mortes piétinées, de sorte que beaucoup d'endroits nus laissaient voir la terre brûlée par le soleil. Sous une feuille de bananier, on apercevait le fragment d'une tasse bleu et blanc, brisée par Petite Branche de Saule en faisant la vaisselle. »

La perfection n'est plus, cependant Monsieur Pan est beaucoup plus riche.
Il est sain de corps et la sérénité règne en son âme.

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Ce très beau texte, signé par l’auteur de "Inconnu à cette adresse", est également servi par les illustrations fabuleuses de Princesse Camcam. Beaucoup d'élégance, de poésie, une histoire au service du retour à l'essentiel : moins se regarder le nombril et voir loin (au-delà des remparts de la ville) et admirer les collines bleues comme une porcelaine rare, s'emplir les poumons et sourire une fois de plus.

Brillant !

Par Kressmann Taylor

credit illustration : Princesse Camcam
présentation sur son blog

Editions Autrement jeunesse, Octobre 2008 / 14,50€
traduit de l'anglais par Laurent Bury

29 novembre 2008

L'invention de Hugo Cabret - Brian Selznick

Admirez ce regard envoûtant, qui vous hypnotise en un clin d'oeil (imaginez, imaginez)... Cette couverture illustrée en noir et blanc du visage d'un garçon aux grands yeux perdus est celle qui vous ouvre la porte d'un univers tout bonnement extraordinaire.

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Il ne s'agit pas d'un roman, pas d'un livre d'images, pas d'un conte et pas d'un film, mais c'est tout à la fois ! Ce garçon mystérieux s'appelle Hugo Cabret. Il vit seul dans les combles de la gare où il s'occupe des horloges, et il se rend régulièrement près de la boutique de jouets pour voler quelques objets. Un jour, pris la main dans le sac, le garçon égare un carnet de croquis que le marchand refuse de rendre. Il veut comprendre pourquoi Hugo tient à ce carnet, pourquoi il refuse de raconter ce que signifient ces croquis d'automate. En colère, l'homme menace de brûler le carnet et rentre chez lui. Hugo n'abandonne pas et le poursuit, mais va rencontrer en chemin une jeune fille - Isabelle. Elle se présente comme étant la petite-fille du marchand de jouets et accepte de l'aider à récupérer son bien. Vont suivre des rendez-vous secrets dans une librairie ou au cinéma, les deux enfants deviennent amis et s'aperçoivent que les secrets de l'un et de l'autre peuvent s'entremêler pour obtenir une clef qui ouvrira la boîte aux merveilles.

Je n'en dis pas plus ! Ce livre est juste étonnant. C'est un clin d'oeil au cinéma, au pouvoir des images, à l'imagination et à l'amitié. On y trouve aussi de la magie, un voyage sur la lune, des illustrations par centaines, une foi inébranlable et un don légué par un papa disparu. On s'attache à tous les personnages qui forment une palette panachée : la demoiselle coiffée à la Louise Brooks, amoureuse des livres, privée de cinéma par son grand-père, sans savoir pourquoi, lequel est un vieux grigou austère et grognon, et le jeune garçon orphelin, qui cherche à décrypter un message caché.

L'ambiance est atypique, unique et originale. Les illustrations se fondent à merveille dans cette histoire incroyable, on y scrute le moindre détail pour bien saisir toute l'essence. C'est particulièrement troublant, car l'histoire en elle-même est simple, un tantinet énigmatique. La force du livre repose indiscutablement dans son atmosphère et l'aura dégagée est celle d'un charme décalé, délicieusement rétro et qui rend hommage à Georges Méliès.

Le livre a l'aspect d'une brique, les pages sont en noir et blanc, l'histoire prend une direction précise et intelligente, et c'est classé en jeunesse. Que ceci ne vous arrête pas, car il peut être lu par tout public. Je vous le conseille notamment, chipez-le à vos enfants !

Roman en mots et en images de Brian Selznick

Traduit de l'anglais (USA) par Danièle Laruelle

Sur le site de l'éditeur :

Un roman graphique d'aventure et de mystère, un voyage dans l'univers merveilleux du cinéma en hommage à Georges Méliès.

 
Hugo Cabret est orphelin. Son oncle l'héberge dans les combles de la gare dont il est chargé de régler les horloges. Or le garçon a une obsession : achever de réparer l'automate sur lequel son père travaillait avant de mourir dans l'incendie du musée où il était employé. Hugo est persuadé que cet automate a un important message à lui délivrer...
Brian Selznick, à la fois conteur, dessinateur et concepteur de livres, crée une forme de récit original où textes et images s'alternent et se complètent pour former la trame d'une aventure graphique inédite.
Il a reçu pour ce livre le prix le plus prestigieux des Etats-Unis : le prix Caldecott.
Retrouvez sur le salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil (26 Novembre au 1er Décembre 2008) un petit spectacle autour du roman le Samedi 29 Novembre de 15h30 à 16h30 dans la salle de la librairie du salon.
www.salon-livre-presse-jeunesse.net

Cliquez ici pour feuilleter les illustrations de ce livre en ligne.


Auteur et illustrateur : Brian Selznick
A partir de 9 ans.
Prix : 17,90 €
533 pages
Bayard jeunesse

5 novembre 2008

J'ai fantaisie de mett' dans not' vie un p'tit grain de fantaisie !

 

* Paroles de J'ai fantaisie / Boby Lapointe
chanson reprise par Elli Medeiros

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Ibby passe quelques jours chez ses cousins Alex et Francis. Ils viennent de sortir du grenier la boîte de magie de l'oncle Godfrey (qui a mystérieusement disparu depuis cinq ans) et ont décidé d'expérimenter les sept tours que compte la notice d'instructions. Mais Alex et Francis sont assez dissipés et désorganisés. Ils tentent des tours sans réfléchir et se retrouvent dans des situations qui vont rendre folle la sage et consciencieuse Ibby.

Du rétrécissement à la lévitation, on passe à l'invisibilité et au cycle de la vie (de l'art de vieillir ou rajeunir en un coup de baguette). Les garçons se livrent une compétition acharnée, Ibby reste au centre, impartiale. Elle veut être la voix de la raison, mais ses cousins sont trop bornés. Du coup, les tours de magie les prennent au piège et souvent la police et l'hélicoptère des pompiers doivent intervenir pour les sortir du pétrin.

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Les garçons ne calment jamais le jeu, ce qui finit par les rendre fatigants et insupportables. De l'autre côté, leur mère est d'un laxisme agaçant. Bien évidemment ce sont les éléments indispensables pour rendre cette comédie savoureuse et piquante. (Les enfants adorent !)

Destinée à un lectorat pour les 8-9 ans, cette histoire saura ainsi les séduire par sa dose de fantaisie et son lot de rebondissements. Les apprentis magiciens qui ont la tête dans les étoiles trouveront dans ce roman un moyen d'insuffler du merveilleux dans la vie quotidienne.

Illustrations de Peter Bailey

Le garçon dans la boîte à biscuits
Par Heather Dyer

Gallimard jeunesse, coll. Folio cadet - Octobre 2008 - 7,20€

traduit de l'anglais par Anne Krief

**********

Il était une fois un crayon, un petit crayon tout seul.
Un jour, il s'est mis à bouger et a commencé à griffonner, dessiner et créer un monde dans lequel un petit garçon s'amuserait avec un chien et un chat. Il habiterait une grande maison avec une famille autour. Il y aurait du bruit, des couleurs, de la vie.
Mais ce petit monde choisit d'entrer en anarchie.
Chacun veut un nom.
Chacun réclame ou proteste.
Il y a de la zizanie dans l'air !

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Le petit crayon choisit alors de dessiner une gomme. Pour réparer les erreurs, pense-t-il.
Or la gomme aussi commence à s'emballer et se rebeller.
Prise de frénésie, la gomme efface... TOUT.

Comment calme-t-on une gomme en colère ? A votre avis ?

Farfelu et bien pensé !
L'album montre aussi la "fabrication" d'une histoire par la magie d'un crayon, d'un pinceau et d'une gomme.
C'est très agréable à regarder, le graphisme est moderne et paraît vivant. Certaines pages sont complètement épurées et d'autres sont plus colorées (peintes à la main ou coloriées).
Et la gomme folle furieuse est une excellente invention.
On tourne les pages avec grand plaisir.

Par Allan Ahlberg
Illustrations de Bruce Ingman

Gallimard jeunesse - dès 4 ans - 12€

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22 octobre 2008

Aux yeux de mon lapin nain je parie que je suis... *

 

 

 

* Paroles de Lapin ! / Pascal Parisot

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Dans Guili Lapin, nous faisions connaissance avec la petite Trixie et de son inséparable doudou le lapin. On se rappelle l'histoire de la disparition qui a failli dégénérer en un grand drame dans la laverie du quartier, mais heureusement tout est rentré dans l'ordre.

L'autre Guili lapin raconte une aventure tout aussi cocasse puisque Trixie a maintenant grandi, elle n'arrête pas de parler et ne se sépare toujours pas de son doudou. C'est le grand jour de la rentrée des classes, où elle a traîné son Guili lapin le sans-pareil, selon elle. Or, gros scandale dans la cour de récré : une autre copine commet l'affront de s'afficher avec le même doudou, une copie conforme ! Plus de sans-pareil, plus de sensationnalisme, c'est le clash. Les deux fillettes se chamaillent, la maîtresse consigne les lapins mais les restitue en fin de journée.

Le lecteur a aussitôt vu l'effroyable méprise qui se déroule sous nos yeux, mais pas la petite Trixie. Elle rentre chez elle, va se coucher et se réveille en pleine nuit en hurlant car son Guili lapin n'est pas le sien, mais celui de ladite Sonia. Impossible de finir la nuit sur un tel subterfuge, il faut réparer l'erreur et ... Point étonnant, alors, de recevoir un coup de fil du papa de l'autre enfant, de courir les rues en pyjamas et de faire l'échange en bonne et due forme. Le Guili Lapin est unique !

Du moins, le croit-on. Car nos deux chipies savent être intraitables mais sont aussi les premières à partager leur Guili Lapin. Pourquoi pas un petit échange, le lendemain à l'école ? (Sous le regard atterré des papas, encore groggy de sommeil.)

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Ce qui est vraiment sympathique à parcourir chez Mo Willems, c'est sa technique particulière de combiner les dessins à la plume et les photos numériques. Le fond est en sépia, les dessins sont en couleurs. Le rendu est très agréable, rend cette histoire  pratiquement vivante, mi-réelle, mi-fictive. C'est un joyeux fourre-tout. Et puis l'histoire est attachante, qui n'a jamais connu ce calvaire du doudou... qui perd son chemin, mais ouvre aussi la voie vers une autre amitié.

L'autre Guili Lapin, ou comment Trixie rencontra sa première meilleure amie.

Kaleidoscope / 12,50€

 

**********

En matière de pâtes, nous nous étions arrêtées à celles de Francesca mais c'était avant de connaître la recette bien spéciale d'Arturo ! C'est un bonhomme de six ans, qui n'aime pas les légumes verts. Mais alors, pas du tout. Il se voit bien réviser toutes les recettes du livre de cuisine de sa maman, inventer des recettes à sa sauce, où il ne serait jamais question de légumes.

Exemple : les spaghettis aux brocolis vont devenir des spaghettis aux délices du désert !

Remplacez les brocolis par une queue d'iguane, les gousses d'ail pour des fleurs de cactus et saupoudrez le tout de sel, poivre et crottes de nez ! C'est très fin, cela met en appétit.

Haem.

La chasse à l'iguane est ouverte, elle est même éreintante. Le cahier de maman se verra raturé, taché, et ne ressemblera plus à rien, mais on ne s'ennuie pas un seul instant. Et cela ouvre une belle vocation, et l'imagination sans égale. Demain, ce sera des raviolis à la crème de lune !

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Fantasque et pleine de divagations, cette histoire est aussi rigolote et ne se prend pas au sérieux. Tous les boudeurs des légumes dans les assiettes verront peut-être un déclic quelconque pour se lancer dans l'aventure !?

Une recette élaborée par Laura Riccioli et François Soutif
d'après une idée de Flora Farina
Kaleidoscope / 12,50€

**********

Dès 3 ans. 

 

 

28 mars 2015

En poche ! # 40

Petite sélection non exhaustive des dernières nouveautés en format poche...

♦♦♦♦♦♦

Une saison à Longbourn   Le prix de l'innocence

Une saison à Longbourn, de Jo Baker

Le prix de l'innocence, de Willa Marsh

 

Percy Darling   Courir vers toi

Les joies éphémères de Percy Darling, de Julia Glass

Courir vers toi, de Rachel Gibson

 

DIX DE RETROUVÉS   COMME ONZE COMPREND

Dix de retrouvés, de Janet Evanovich ♦ INÉDIT ♦

Comme onze comprend, de Janet Evanovich ♦ INÉDIT ♦

 

M   Chers voisins

M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit, de Robin Sloan

Chers voisins, de John Lanchester

 

LA DISPARUE D’ANGEL COURT   Le passage du diable

La disparue d'Angel Court (Une enquête de Charlotte et Thomas Pitt #30), d'Anne Perry

Le Passage du Diable, d'Anne Fine

 

Un Goût de cannelle et d'espoir   La vie secrète

Un Goût de cannelle et d'espoir, de Sarah McCoy

La vie secrète d'Eve Elliott, de Diane Chamberlain

 

Calpurnia

Calpurnia, de Jacqueline Kelly

6 octobre 2008

Rien ne distrait la folie Qui l'entoure mais rien ne peut Détourner mon cœur épris *

518SYEJHVQL__SS500_Ce roman pour la jeunesse raconte l'histoire d'une jeune japonaise, fille de paysans, qui décide de suivre l'apprentissage de Maître Matsuo Seki, lequel exerce la profession d'écrivain public. Cette vocation révèlera chez la demoiselle une âme profonde, sensible à la poésie, et fera couler des poèmes d'une très grande beauté, qui feront sa réputation jusqu'à la cour royale.

Fleur-des-Neiges reste toutefois bouleversée de ne pas être aimée par l'élu de son coeur, Tadashi, par la faute de leurs différences sociales, pense-t-elle. Son coeur est meurtri, fermé à jamais de connaître d'autres élans. Le passage de l'ibis blanc, oiseau qu'elle achète avant de libérer près d'un bassin aux lotus pour faire envoler son chagrin, est très joli.

Ce texte, qui est aussi un conte classique et intemporel, raconte donc la destinée de Fleur-des-Neiges (en japonais, on dit Yukika) avec un sens du raffinement fort délectable. Les illustrations de Claude Cachin ajoutent du charme et une crédibilité à ce récit délicat. Une belle lecture à conseiller aux enfants, dès 9 ans.

Fleur des Neiges, texte de Pierre-Marie Beaude, illustré par Claude Cachin
Gallimard jeunesse, Folio Cadet - Septembre 2008, 52 pages - 5,30€

 

* Paroles d' Une lettre oubliée / Juliette

21 avril 2008

Nuits d'Enfer au Paradis - S. Meyer, M. Cabot, L. Myracle, K. Harrison, M. Jaffe

Nuits_d_enferCoupable, je reconnais m'être procurée ce livre car le nom de Stephenie Meyer y figurait ! Forte de mon ensorcellement pour sa série Twilight, je voulais lire autre chose d'elle, dans ce registre de la nouvelle, mais j'ai été épouvantablement déçue. Son texte, L'Enfer sur Terre, présente une démone, habillée d'une sublime robe rouge, qui est chargée de pourrir l'ambiance du bal de promo. Or, elle croise Gabi-aux-yeux-bleus et ses jambes flanchent. Pouah, pathétique ! C'est très pauvre, stylistiquement parlant. Pas du tout enthousiasmant. Je m'en suis rendue compte, aussitôt, en lisant la deuxième nouvelle, celle de Meg Cabot, La Fille de l'Exterminateur. Mieux écrit, le propos de l'histoire ne se révèle pourtant pas transcendant : un pastiche de Buffy the vampire-slayer ! Bof, le résultat est convenu et attendu au tournant. Un peu frustrant, quoi. Le bouquet de Lauren Myracle relève enfin le niveau d'un calme plat. Trois amis, Frankie, Yun Sun et Will, se rendent chez madame Zanzibar, une médium un peu barrée et capricieuse. Elle lance trois prédictions très floues qui remplissent d'insatisfaction la jeune narratrice (Frankie). Celle-ci met alors la main sur un bouquet ayant appartenu à une française qui lui a jeté un sort. Les yeux brillants, Frankie se sauve avec, malgré les recommandations formelles de madame Z. Ce bouquet porte malheur, et les trois voeux à venir vont bouleverser la nuit du bal de promo de nos trois protagonistes. Absolument délirant, au début. C'est très bête, mais très drôle. Puis ça vire lentement au glauque et finit dans le flip, mais heureusement avec une touche de second degré fort appréciable ! J'ai bien aimé, vraiment.

Madison Avery et l'Ange des Ténèbres de Kim Harrison raconte la soirée catastrophe d'une lycéenne de 17 ans, qui vient d'emménager dans un bled paumé chez son père, suite à la décision punitive de sa mère. Le bal de l'école se passe très mal, et Madison a une attitude méprisante. Elle se fâche avec son cavalier et s'apprête à quitter la salle, rouge de honte, quand arrive Seth, séduisant, inquiétant, bref attirant. Elle se sert de lui pour se venger de son ancien partenaire et part à son bras pour d'autres... aventures. La suite est intéressante, mais un tantinet brouillonne. J'ai failli penser à la série Dead like me, avec ce même humour cynique, mais quelques scènes me semblaient pataudes. Somme toute, le résultat est assez concluant. And last but not least, Baisers Fatals de Michele Jaffe, qui ouvre sur une scène fort palpitante avec un garçon et une fille qui s'empoignent, lui les deux mains autour de sa gorge à elle. Puis, l'un des deux s'écroule, KO. La suite ? Cela se passe huit heures plus tôt. Ce n'est pas trop mal non plus, assez long et bien amené. Le portrait de la serial-kisseuse est truculent, les dialogues impertinents. Bref, un bon gâteau moelleux pour mettre un terme à cette lecture qui ne fut qu'un en-cas, pour moi. J'attendais plus, de manière générale. J'ai été fort déçue par le texte de Stephenie Meyer mais agréablement surprise par Lauren Myracle. Cependant, cette lecture n'est pas un aller-simple pour l'Enfer ni les nuits blanches qui L'accompagnent... A tenter (mais les accros de Twilight seront amèrement déçus ! Vivement le tome 4 !).

Nuits d'Enfer au Paradis, recueil de nouvelles écrites par 5 auteurs américaines :

Stephenie Meyer, Meg Cabot, Lauren Myracle, Jim Harrison, Michele Jaffe

Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2008 pour la traduction française (par Maud Desurvire). 16€

A également été amorcé par Gawou

26 mars 2015

Tout ce que je suis, d'Anna Funder

TOUT CE QUE JE SUIS

Ruth a toujours vénéré sa cousine Dora qui, par son tempérament enflammé, prend tous les risques pour défendre les causes auxquelles elle croit. Toutes deux juives, vivant en Allemagne, elles sentent enfler la menace du nazisme et assistent attérées à la montée en puissance de Hitler. Elles décident alors de se réfugier à Londres, où elles vont poursuivre leur lutte contre le totalitarisme, pensant alerter l'opinion publique internationale.

Ce roman raconte non seulement une histoire politique auprès d'activistes gauchistes mais mêle aussi leurs tourments sentimentaux. Ruth est folle amoureuse d'un journaliste, Hans, qui brillait par son arrogance dans la société berlinoise mais qui ne va pas supporter l'anonymat dans lequel il sombre en s'installant à Londres. Dora multiplie les liaisons, sans parvenir à se détacher de l'écrivain, Toller, dont les troubles psychologiques le rendent difficile à cerner.

Derrière le romanesque, se cache aussi une grand part de vérité en s'inspirant de personnages réels, Ernst Toller, Hans Wesemann, Dora Fabian, Ruth Becker, Berthold Jacob etc. ayant tous existé ! L'auteur a donc réussi à confondre le fictif à l'historique avec beaucoup de brio. De fait, l'histoire de ces militants est franchement passionnante, digne d'un véritable roman d'amour et d'espionnage. Lecture captivante, poignante, un peu longuette à démarrer, mais lecture intelligente, nous plongeant illico dans les rouages de la résistance, entre suspicion, trahison et refus d'abdiquer.

On suit quatre destinées éclaboussées par le désordre qui règne en Allemagne, d'où surgira l'obscurantisme, qui déploiera ses tentacules par-delà les frontières. Cette force de frappe est stupéfiante, on le découvre dans ce roman brillant et imprégné d'authenticité. Plus d'une fois, on se sentira le cœur pris en étau, éprouvant de l'admiration, de la pitié, de la tristesse et de l'effroi. L'intrigue est complexe, parfois lourde, parfois lente, mais elle est riche de parcours étonnants, courageux et bouleversants. 

10/18 ♦ janvier 2015 ♦ Traduit par Julie Marcot & Caroline Mathieu

pour les éditions Héloïse d'Ormesson (All That I Am)

TOUT CE QUE JE SUIS Broche

23 mai 2007

Mercredi, jour des enfants

Faites-vous partie de ces parents qui lisent une histoire à leur(s) enfant(s) le soir avant de dormir ? Cela commence par un livre, un petit deuxième ... et puis tiens, une histoire de la bouche (comme dit Miss C.), c'est-à-dire une histoire racontée par maman ou papa. Une histoire rien que pour elle !

salome_veut_une_histoireAvec ce livre, j'ai désormais trouvé de quoi mettre ma fille devant une vérité (SA vérité) :

Les histoires qui n'en finissent pas, ça va bien un moment ... mais au bout du compte, ça frise la mutinerie quand on ne veut pas dire FIN !

Salomé est une petite fille adorable et qui  voudrait que sa maman lui raconte une histoire rien que pour elle, une histoire inventée par sa maman, là, maintenant, tout de suite ...

La maman rechigne un peu, puis s'y colle. Et on s'embarque dans un délire de la maîtresse Isabel avec un ours brun ... et un mariage, des voyages, de l'amour etc. !

Salomé est bien contente, mais finalement elle préfère revenir aux bonnes vieilles habitudes. Un livre, pour changer ! suggère-t-elle doucereusement.

Un livre fort sympathique, sur le pouvoir de l'imagination, la magie des livres et les belles histoires qu'on construit avec un peu de tout et beaucoup de rien ! ... De quoi méditer et offrir à votre enfant une longue nuit de sommeil.

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Christine Naumann-Villemin / Marianne Barcillon (L'école des Loisirs)

petit_roi_de_revolieLà dessus, rebondissons avec :

Le Petit Roi de Rêvolie .

Place ! Place ! Petite ôde à la poésie à l'horizon ! Belles images, en illustrations et en texte ... car croyez-moi que cette histoire-là va vous être demandée chaque soir !

Le petit roi de Rêvolie règne sur un pays étrange. Un royaumini minuscule. Ce pays est peuplé par les Dredons de Kanaraplume. Ils sont énormes, blancs et moelleux. Toujours un peu endormis, paresseux et mitoufleux.

Il y a aussi une rivière où nagent des poissonges argentés. Les longs Travercoussins d'eau douce glissent majestueusement, en descendant le courant. Et des nuées de Bouloches volètent dans les airs, au-dessus des tourbillons. Quand elles se posent à la surface, bllob ! elles se font gober par un Draousse bien planqué, ou par une Taie d'eau rayée...

Et ça continue ! Je pourrais vous en raconter des lignes entières. Tout simplement ce texte est miraculeux ! Il décline avec jeux de mots et poésie le doux monde du Lit, de la Chambre, du Sommeil et des Rêves ... bien sûr !

Votre enfant sera attentif du début à la fin. Les illustrations sont chaleureuses et ne sont pas pour déplaire les petits lecteurs !

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Marie Sabine Roger / Aline Bureau (Girafon poche, Ed. Sarbacane)

pomeloBon allez, un Classique :

Les enfants aussi ont leurs incontournables. Et je crois que Pomelo va désormais figurer parmi nos "must-have" sur les tablettes de nos bibliothèques.

Qui ne connaît pas ce petit machin tout rose et qui a une trompe très, très longue ? ! Cela lui pose un problème, il voudrait bien trouver une solution ... mais les situations ne sont guère concluantes. (Par contre, on rigole bien !)

La deuxième histoire est celle où Pomelo a peur. On pourrait s'attendre à des terribles drames, comme nous servent chaque jour les journaux. Pomelo lui a peur des poireaux, des papillons, de perdre sa trompe ou son pissenlit. Normal, après tout, c'est son environnement. Sa maison.

Mais au lieu de distiller la paranoia et la crainte du Tout, Pomelo suggère des positions désopilantes !

C'est dit, c'est fait : Pomelo est notre nouvel ami ! D'ailleurs, c'est bien normal car ce livre est dédié à ma fille. Oui, en lettres noires imprimées ... pour elle, rien que pour elle ! .. Chut !

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Ramona Bàdescu / Benjamin Chaud  (Magnard)

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