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Chez Clarabel
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16 mars 2011

Pêle-mêle Clarabel #25

Un petit tour d'horizon au joli pays des albums - des albums piochés au gré des envies et des surprises.
Place aux images et au blabla.

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Il n'y a pas de chats dans ce livre - album facétieux et original. Où les pages s'ouvrent sur des personnages qui ne pensent qu'à s'échapper pour visiter le monde. Complices, ils interpellent directement le lecteur et entretiennent un mini suspense qui rend le lecteur impatient et curieux de tourner la page, car une surprise attend à chaque fois. Aussitôt lu, aussitôt conquise. J'ai immédiatement pensé à mes amoureuses des chats ! Voilà un album fantastique et fantasque, qui réussit le tour de force de séduire une lectrice pas forcément sensible au charme félin, comme quoi c'est un album qui vaut le coup d'oeil.  Par Viviane Schwarz (Pastel, 2011)

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Le mariage de Simon, ou comment j'ai souri du début à la fin en me demandant combien de temps le jeune Simon allait résister face aux insistances de sa mère qui veut le marier à tout prix ! Elle a même fait appel à une marieuse, imaginez... Or, Simon ne veut pas se marier. C'est catégorique. Et il n'en peut plus de cette pression que lui met sa mère. Agnès Desarthe est brillante, son histoire est drôle et simple, quant aux illustrations d'Anaïs Vaugelade, c'est également un régal de sobriété sans niaiserie, j'ai aimé les expressions des cochons en plus de leurs répliques rigolotes. Une belle rencontre !  (l'école des loisirs, 2011)

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Décidément, le cochon a la cote ! Ici, Ptit Cochon est mécontent car sa mère n'a pas le temps de jouer avec lui. Il s'isole dans le jardin, en tapant du pied et en râlant. Il est tout seul, ce n'est pas marrant. Et là, il rencontre un escargot. Un escargot qui suit son bonhomme de chemin. Tranquillement. Ptit Cochon est intrigué. Il court récupérer sa loupe, observe la bestiole ... ce n'est sans doute pas l'activité la plus palpitante car Ptit Cochon finit par s'endormir. Mais dès qu'il se réveille, il reprend aussitôt son enquête. Il faut voir cette scène de la sieste - j'ai adoré ! C'est un petit album chic et craquant, où l'on réalise que tous les enfants sont les mêmes, boudeurs mais pas rancuniers, instables et puis soudainement hors-service, passionnés, impatients, virevoltants et enthousiastes, et toujours avec le chiffon à la main (lui, on ne l'oublie pas !). Un Escargot à la porte, par Lo Gruhier (L'école des loisirs, 2011)

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Magnifique album que voilà ! Adrien Albert, à chaque fois, me surprend, m'étonne, me ravit. Beaucoup de pureté, un total dépaysement, ici, avec Cousa, une petite fille en vacances chez sa grand-mère. Comme les garçons ne veulent pas jouer avec elle, elle se réfugie dans le jardin, se rend jusqu'à la rivière et là ... quelle rencontre ! Un ours sort des buissons et vient coller son museau sur la fillette au bord de l'apoplexie. Cousa n'aime pas trop raconter, ce qui me fait doucement sourire, parce que Waouh ! comme elle dit. (L'école des loisirs, 2011)

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Le dîner, par Michel Van Zeveren, c'est tout de même quelque chose ! Le lapin désobéissant tombe dans la gueule du loup, Petit Loup trépigne d'impatience car son estomac crie famine et n'écoute pas plus les consignes de l'adulte, et ainsi de suite... La preuve qu'il faut toujours écouter les plus grands et leurs sages conseils (ahem) et toujours tirer des leçons de ses erreurs. Yalla. Tout ça pour dire que c'était une lecture croustillante et au ton farceur, avec un petit Lapin qui friserait presque l'insolence et qui pourrait avoir le don de m'exaspérer ! Mais je lui pardonne. (Pastel, 2011) 

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Et un petit dernier pour la route : Coulico dont l'univers m'a étrangement fait penser aux Pozzis de Brigitte Smadja. Coulico est un drôle de petit oiseau. Il est né avec un chapeau sur la tête. Mais son chapeau ne s’ouvre pas comme celui de ses frères. Alors Coulico préfère dormir. Pendant ce temps les autres oiseaux sont partis. Il se retrouve tout seul, cherchant sa route, et c’est là que son chapeau se remplit de rencontres, d’émotions et de rêves. Il m'est difficile de décrire ce que cet album m'a fait ressentir, mais j'ai beaucoup aimé. On y découvre un univers imaginaire et poétique, à travers un magnifique voyage empreint de couleurs et qui invite aux découvertes enchanteresses. C'est un vrai jeu de séduction, sensible et délicat. Par Marie Assénat (Pastel, 2011) 

challengealbumbig1 Challenge Je lis aussi des albums (édition 2011) - 8

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12 mars 2011

Si le punk rock était un sport, ce serait le roller derby.

IMG_3013Bliss Cavendar, seize ans, vit dans la petite ville de Bodeen dans le Texas. Le trou du c** du monde, selon elle. Lycée minable, camarades analphabètes, misère culturelle, ennui abyssal... bref Bliss traîne son spleen, avec sa meilleure amie Pash, en attendant des jours meilleurs.
Et un jour, à Austin, Bliss rencontre des filles canons sur des rollers. Elles font le show, elles assurent et Bliss y voit là son issue de secours. Elle se lance dans cette aventure avec une énergie folle, devient le petit bolide de la bande du roller derby, elle se sent enfin vivre !
Elle est, de plus, tombée amoureuse. C'est tout nouveau, complètement fascinant, et ça la scie sur place, mais elle n'hésite plus un seul instant. Au diable la vie de Bodeen, les ambitions ridicules de sa mère qui l'inscrit à tous les concours de beauté... Elle n'existe plus que pour le roller ET Oliver.
Les mensonges n'ont toutefois pas une espérance de vie très longue, et lorsque la réalité se rappelle à elle, Bliss voit son monde s'écrouler. Et c'est avec une facilité déconcertante qu'on s'identifie à sa métamorphose - à sa soif d'indépendance, à ses goûts du risque, à sa vie rock'n roll et à sa chute libre.
Les émotions dans ce livre sont très fortes, le vertige nous chope de façon imprévisible, et autant on se délecte des révélations musicales ou amoureuses de l'héroïne, autant on a le coeur en vrille lorsqu'elle aime, se donne et se brise dans la même foulée.
Le roman a fait l'objet d'une adaptation cinématographique, le premier film réalisé par Drew Barrymore en fait, toutefois le roman est mille fois meilleur car l'humour et les sarcasmes de Bliss y prennent leur pied et c'est un pur régal. Et toutes les références à la musique m'ont comblée - d'ailleurs, la bande originale du film est également excellente !

Bliss (Métamorphose d'une fille ordinaire) - Shauna Cross  smileyc002
Milan, coll. Macadam (2011) - 240 pages - 10,50€
traduit de l'anglais (USA) par Marie Cambolieu

Bliss3  extrait :

Je passe en revue la collection musicale de Rocktavie, cherchant l'inspiration quand l'album du Velvet Underground & Nico m'attire l'oeil. J'ai souvent entendu parler de ce disque sans jamais avoir eu l'occasion de l'écouter. A tous les mélomanes snobs : je n'ai que seize ans et voilà seulement deux ans que je découvre la vraie musique. Laissez-moi le temps de me rattraper !
Je place le vinyle sur la platine, curieuse de comprendre pourquoi on fait tout un plat de ce Velvet. Le diamant gratte le sillon et oh-mon-dieu, je suis renversée.
Ce n'est pas du tout le rock punk hybride et bruyant auquel je m'attendais. Le son qui sort de la stéréo est un genre à lui tout seul, une sorte de conte de fées tordu et enchanteur qui me fend le coeur, au bon sens du terme. Je m'étale sur le sol, l'oreille collée au haut-parleur, en transe. Je pose la pochette sur mon visage, pour mieux étouffer le brouhaha ambiant, tandis qu' I'll Be Your Mirror m'envoûte. J'ajoute mentalement ce titre à ma liste des dix meilleurs morceaux de tous les temps.

N'hésitez pas à découvrir TEEN SONG de Claudine Desmarteau si vous avez apprécié cette lecture !

19 janvier 2011

Pêle-Mêle Clarabel #18

Nous en avons lu, des albums, ces derniers temps. Et certains méritent notre clin d'oeil, voici :

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L'homme extraordinairement fort, par Magali Le Huche (Didier jeunesse, 2008)

Hector est, certes, un homme extraordinairement fort... et viril. Il a aussi ses petits secrets. Il est amoureux et il nourrit une passion folle pour le tricot. Il n'a pas du tout envie que cela se sache, alors il se cache. Mais quand sa collection est révélée, puis quand frappe la tempête qui emporte tout sur son passage, ma foi, Hector sait reprendre du poil de la bête ! 

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Mes parents adorent les animaux, par Tino & Magali Le Huche (Milan jeunesse, 2010)

Léonie voudrait une souris comme animal de compagnie, ses parents sont contre. Qu'à cela ne tienne... Ils lui présentent une farandole d'animaux qui vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Sauf qu'on a toujours besoin d'un plus petit que soi !

J'ADORE LES ILLUSTRATIONS DE MAGALI LE HUCHE !!!

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Mon pote Zéphyrin, par Claire Frappé & Julien Martinière (Didier jeunesse, 2010)

Margot voulait un chien, à la place ses parents lui ont ramené Zéphyrin... c'est adorable comme tout ! Ceux qui ont à la maison un fidèle compagnon sous n'importe quelle forme animale comprendront.

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Asticots, une histoire pressée de Bernard Friot & illustrée par Aurélie Guillerey (Milan jeunesse, 2010)

C'est super DRÔLE et les illustrations d'Aurélie G. sont adorables - j'aime beaucoup !

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Juste un jour, de Laura Leuck & illustrations de Marc Boutavant (P'tit Glénat, 2009)

La meilleure personne qu'on peut rêver d'être, c'est exactement et précisément QUI l'on est…

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Mille milliards de familles, par Mary-Ann Hoberman & Marc Boutavant (Gautier Languereau, 2009)

J'ADORE LES ILLUSTRATIONS DE MARC BOUTAVANT !

A noter que cet album porte un regard tendre et touchant (et poétique !) sur la famille et notre place au sein de celle-ci. Un album qui invite aussi à regarder plus loin que son nombril. C'est drôlement bon !

A bientôt, pour un prochain pêle-mêle (où l'on parlera de western et de crèpes - slurp !)

28 décembre 2010

But then I met you...

Voilà mes dernières lectures !

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Les deux titres conviennent mieux à des jeunes lecteurs. J'ai beaucoup aimé le packaging du roman Un Flingue et du chocolat. L'histoire, elle, est un croisement entre Sherlock Holmes, Arsène Lupin et le mystérieux docteur Fu Manchu. (Gaëlle en a déjà parlé !) Le deuxième, Ce livre cache un très grand secret, mise sur l'humour et le suspense. La mise en scène est intéressante, et stimulante (mine de rien). Et comme j'ai la flemme, je vous suggère le billet chez Mobylivres. ;o)

Bleh. Mauvaise pioche avec Care Santos, L'Amour au-delà de la mort.

IMG_1379 Vous connaissez le film Ghost avec Patrick Swayze, Demi Moore et Whoopi Goldberg ? C'est strictement pareil ! ! !

Quelle déception ! C'est l'histoire de Bel, seize ans, qui réalise qu'elle est morte un 22 décembre. Son petit copain est dans le coma. Et elle est revenue sur Terre en tant que fantôme. Pourquoi ? Elle l'ignore totalement. Ses parents sont complètement déprimés, sa meilleure amie Amanda est inconsolable, elle ne se rappelle pas du tout les circonstances de son accident, elle décide alors de mener son enquête. Et vous savez quoi ? J'avais deviné le scénario, le coupable, le pourquoi, le comment, etc. Pff. C'est du vu, du revu et du archi vu et revu. On passe. Ou sauf si vous aimez le trip mélo poignant et dramatique, avec une fin qui vous sort les violons (en pompant généreusement sur Rose et Jake dans Titanic, on n'en est pas à une référence cinématographique près...) : "Je t'attendrai, le temps qu'il faudra, mais pendant ce temps, tu dois me promettre que tu seras heureux" ...

Huh ?! smileyc017bis

A venir :  Brightly Woven, par Alexandra Bracken - un premier roman pétri de magie, d'aventure, de romance et de mystère. C'est 100% divertissant. Mais aussi truculent, savoureux, drôle et bourré d'action. Le couple de Sydelle et North n'est pas sans me rappeller Elena et Valek !!!   

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Un extrait ?   

Genet raised his hand, and I squeezed my eyes shut, sure I would be receiving the worst backhanded slap of my life.
Genet froze ans whimpered, but didn't back away.
"Oh, ho," said a familiar voice. "That was close !" I opened my eyes as North's free hand - the one that hadn't caught Genet's wrist - gently pulled my arm free. I pushed myself away from both of them.
"You interrupt my business ?" Genet sputtered. "Do you know what this wench just accused me of being ?"
"A filthy pig," North said good-naturedly. "But there's only one filthy pig allowed in her life, and the position's been filled."

(La scène se passe dans une taverne. Sydelle et North viennent de marcher pendant des heures, ils sont sales et crevés. Après avoir avalé plusieurs bières, North est en forme et fait le fanfaron en titillant Sydelle, qui est profondément agacée. En voulant rejoindre sa chambre, elle tombe sur un individu qui lui sort le grand jeu, mais la demoiselle n'est pas d'humeur et le lui fait comprendre. Le monsieur est vexé comme un pou, il compte bien montrer à Sydelle qui est le maître, c'est alors que surgit North ... ouarf !!!!! C'est génial.) ♥

But then I met you
You took away my blues
But I don’t want to fall in love with you

11 décembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #15

Attention, elle est de retour ... nous annonce Gwendoline Raisson sur son blog.

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Les sports d'hiver, c'est froid, il faut se couvrir de plusieurs couches de vêtements, il ne faut pas oublier ses skis, il faut manger comme des ogres pour prendre des forces avant de dévaler les pistes, il faudrait aussi éviter de se perdre mais ce serait anecdotique. En bref, le ski : ma mère adore ça ! Elle aime aussi la campagne, la nature, s'éloigner du stress de la ville et de la pollution. Elle aime respirer le bon air campagnard (celui du crottin de vaches), marcher pieds nus au milieu des pissenlits, se reposer à l'ombre d'un vieux châtaignier, sauf que ...

les moustiques, les fourmis volantes, les grenouilles, tout ce qui pique, tout ce qui rampe, tout ce qui grouille, ça la panique, ça la hante, ça lui fiche la trouille.

Le portrait de 'ma mère' est absolument hilarant. Non, on ne se moque pas. On constate, c'est différent. Et très franchement, ça se passe de commentaires car tout est là, sous notre nez, le garçon ne fait que raconter les formidables contradictions de sa mère en vacances, c'est tout simplement confondant et exquis.

Ma mère en vacances, Gwendoline Raisson & Magali Bardos, L'école des Loisirs, coll. Off-Pastel (2010).

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(EdL, coll. Pastel, 2010)

La Grande Ourse s'est fait la malle, les étoiles ont filé en douce, le soleil s'est mis en grève et la planète boude et refuse de tourner sur elle-même. Quelle pagaille ! Les humains sont déboussolés et mettent tout en oeuvre pour renvoyer la Grande Ourse à son service. Oui, mais non. L'ourse continue de prendre du bon temps, elle découvre le désert et discute avec un voyageur en déroute. Elle était leur repère dans le ciel, leur meilleure boussole, et sans elle ils sont des milliers de voyageurs à errer comme des âmes en peine. Une grosse tempête se met alors à souffler pour remettre tout le monde à sa place. La Grande Ourse, en passant, a emporté un gros stock de sable dont elle choisit de s'alléger un peu tous les soirs, afin de permettre aux enfants de dormir et faire de beaux rêves.

L'histoire est de Carl Norac (j'ai apprécié son habileté à suggérer l'origine du marchand de sable), les illustrations de Kitty Crowther (bizarre, j'ai eu un peu de mal à retrouver sa patte), bref j'ai été séduite. Oui, c'est le terme... (pas conquise). C'est le sentiment aussi que m'inspire l'album de Céline Sorin et Célia Chauffrey, Hibiscus.

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Les illustrations sont de toute beauté et se mettent au service de l'histoire de façon admirable. On y rencontre un kangourou qui observe avec envie ses copines avoir des bébés alors qu'elle reste désespérement seule et le ventre vide. A bien y regarder, Hibiscus a quelque chose de différent, elle est à part et c'est ce qui la rend unique, tente de lui expliquer sa mère. Son secret lui sera alors révélé, ce qui lui permettra de se sentir mieux dans sa peau et de vivre une histoire d'amour qui ne ressemblera à aucune autre.

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Un joli texte, d'une grande sensibilité, qui évoque la différence, l'adoption et l'épanouissement. Une lecture pétrie de douceur et d'émotion. A contempler, à chuchoter, à méditer.

(Pastel, 2010)

Et pour finir, cette note musicale d'Agnes Obel qui touche à la grâce :

 

L'album entier fait résonner cette simplicité désarmante, j'aime beaucoup.

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5 octobre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #8

Nous avons lu et aimé :

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Cet album est tellement silencieux et beau à admirer qu'il est assez difficile d'en parler, de trouver des mots qui colleraient à son talent. Donc, je vous conseille de suivre votre instinct, de rencontrer cette petite fille qui recueille des bouts de vie dans le creux de sa main et en observe les transformations possibles : un flocon de neige, il a fondu ; un oiseau blessé, je l'ai soigné ; un petit têtard, il est devenu grenouille ; une luciole, puis je l'ai relâchée ... et ainsi de suite jusqu'à la page finale qui annonce la naissance d'un petit frère ou d'une petite soeur. C'est très, très beau ! Beaucoup de douceur et de poésie s'en dégagent. Comme une berceuse.

Dans le creux de ma main, Laëtitia Bourget / Alice Gravier (Sarbacane, 2010)

 

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J'ai mis du sable dans mon cartable
Comme d'autres en mettent dans leurs chaussures.

La fin de l'été et des vacances rend toujours un enfant nostalgique, le petit narrateur ne veut pas rentrer, ne veut pas s'encombrer d'un cartable trop lourd, se noyer dans des histoires avec des dates, des rois et des guerres. Il fait durer le souvenir de la plage, du château de sable, des bons moments passés avec sa grand-mère. Et ainsi, chaque jour, il lui écrit un petit mot ...

Et le temps passe plus vite ainsi, me semble plus doux
En attendant les prochaines vacances

Cet album met du baume au coeur, grâce à lui la nostalgie nous paraît plus douce et le retour au quotidien nous semble moins amer. La sensibilité de Christine Beigel s'associe merveilleusement avec la fantaisie des illustrations de Clotilde Perrin !

J'ai mis du sable dans mon cartable, Christine Beigel / Clotilde Perrin (Sarbacane, 2010)

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Dans la vie, on nous apprend à suivre la ligne, à regarder droit devant, à filer doux. Mais un jour, Léa a eu envie de regarder à côté. De s'échapper, de s'envoler. Et ce qu'elle découvre ne cesse de la surprendre et la séduire. Il y a notamment le nouvel élève qui vient s'asseoir à ses côtés, qui lui glisse un sourire et un regard très complice. Un fil invisible s'est tissé entre eux. Sans un mot. Le maître peut lui seriner, C'est devant que ça se passe ...

Non, monsieur, la vie, c'est pas droit devant
... c'est juste à côté !

C'est un formidable hymne à la liberté, au rêve et à l'imagination. C'est une petite révolution de sortir du rang, de laisser son regard s'échapper, ses esprits divaguer, de lever son nez et de moins regarder son nombril, de s'extasier sur ce qui nous entoure, d'aimer ça et d'en redemander ! Cet album ravira petits et grands lecteurs.

La vie juste à côté, Anne Mulpas / Marjorie Pourchet (Sarbacane, 2010) 

30 septembre 2010

Pêle-Mêle Clarabel #7

Un petit tour de lecture ?

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Un superbe écrin pour les contes de garnements et galopins de Beatrix Potter : indispensable, indémodable, regroupant 11 contes classiques dont Pierre Lapin, la famille Flopsaut, Sophie Canétang... (chez Gallimard jeunesse). Un régal !

Dans un autre genre, mais tout aussi classique :

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La belle lisse poire du prince de Motordu fête ses 30 ans ! Il était un prince de Motordu qui menait la belle vie et habitait un chapeau magnifique au-dessus duquel, le dimanche, flottaient des crapauds bleu blanc rouge. Le prince aimait beaucoup lancer des poules de neige ou mener paître son troupeau de boutons. Il ne s'ennuyait jamais. Un jour, ses parents lui conseillent de se marier (s'il venait à tomber salade, qui lui repasserait son singe ?!) et le prince monte dans sa toiture de course pour se mettre en quête d'une fiancée. En chemin, il rencontre la princesse Dézécolle, en train de cueillir des braises des bois, également  institutrice dans une école publique, gratuite et obligatoire, qui le prend sous son aile afin de le guérir de ses mots de tête. Et ainsi de suite... L'histoire est un festival de liberté et d'impertinence pour l'exercice de l'apprentissage de la langue. C'est drôle, oui, car aux yeux des enfants cette histoire brise tous les interdits, avec intelligence !

(La nouvelle aventure, intitulée Motordu et Rikikie, manque un peu de peps et de charme, mais elle fait la part belle à tous les héros de l'imaginaire, tous les héros issus de la littérature de jeunesse qui trouvent refuge dans l'imagination des lecteurs, lesquels s'en nourrissent pour mieux grandir. C'est donnant-donnant !)

Nous avons aussi écouté de la musique indienne,

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La culture indienne me fascinant toujours, j'apprécie de lire des histoires se passant en Inde ou écouter de la musique typique, comme celle que nous offre cette danse du démon, fortement enrichie de couleurs chatoyantes, dans un grand tourbillon de sons d'instruments traditionnels indiens, comme la flûte bansuri, le sitar, les grelots ghungru, le tambour dhol, les cymbales krotales, et les voix de chanteurs en bengali. A la fin de l'ouvrage, tout est bien expliqué, c'est toujours utile.

La danse du démon est une histoire de Muriel Bloch, illustrée par Allegra Agliardi, qui raconte la ruse d'un garçon très paresseux, nommé Devdas, qui croise sur son chemin un vilain démon, prêt à le dévorer. Le garçon sort alors de sa poche un miroir et lui déclare qu'il est un redoutable chasseur de démons et qu'il vient de capturer son visage. La ruse fonctionne à merveille, le démon se plie en quatre pour satisfaire tous les caprices de Devdas et lui crée aussi sa richesse.

Et pour finir, deux sorties en FOLIO JUNIOR absolument épatantes :

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Le troisième tome de la série Le Livre du Temps de Guillaume Prévost, non ce n'est pas mon préféré, mais il a le grand honneur de boucler cette saga passionnante, riche en rebondissements, pleine d'élégance et de détails historiques qui apportent un intérêt pédagogique à cette lecture (en plus du reste, c'est bien compris ?). C'est une série que je recommande fortement, j'avais été bluffée par les deux premiers tomes, le dernier est juste un peu plus ... frustrant, car c'est le dernier, le plus attendu, il a beaucoup à faire, et il s'acquitte admirablement de toutes ses missions, apportant toutes les solutions, même les plus surprenantes, mais fait sentir que c'est fini, qu'il faut tourner la dernière page, et non, vraiment, je n'aime pas ça, je suis trop nostalgique...

Tobie Lolness, vous connaissez ? C'est ma série fétiche, chouchou, d'amour et tout ce que vous voulez. C'est du bonheur en barre, une combinaison d'amitié, d'amour, de respect et de tolérance, d'intérêt pour la planète, du mystère des arbres, etc.  "Les Yeux d'Elisha" suit "La vie suspendue (tome1) et signe la fin de l'aventure, snif. C'est à la fois un enchantement et un déchirement, car c'est toujours difficile de quitter un monde, des personnages, mais il n'en reste pas moins un souvenir ébloui et inoubliable. Tobie Lolness est une série INDISPENSABLE, à mes yeux, qui sait raconter une histoire authentique, captivante et très intelligente, le tout enrobé dans une ambiance poétique et romantique (merci François Place). Bref, il FAUT lire Tobie Lolness !  Timothée de Fombelle est un GRAND auteur, lisez VANGO, aussi, pour vous en convaincre !

9 janvier 2010

aux jeunes aventuriers...

Plusieurs romans lus avec ou sans la complicité de ma fille ont accompagné mes dernières soirées de lecture... Au choix, le premier tome des Chasseurs de Lumière par Magali Herbert. Oui, c'est français et c'est très, très bien écrit. L'histoire raconte l'étrange destinée de Grégoire, un collégien de treize ans, qui reçoit par la poste un colis contenant une vieille lanterne, et cette lanterne, qu'il cache dans son placard au lieu d'en parler à ses parents ou à son meilleur ami Romain, va peu à peu bouleverser sa vie. Avant de découvrir qu'elle possède des pouvoirs magiques, il se rend compte de petits détails qui surgissent brutalement dans son quotidien et viennent chambouler sa routine. Grégoire se brouille avec son copain, il est collé le jour même où il a un match important de handball, il se lie d'amitié avec une camarade de classe qu'il jugeait trop discrète, mais Concepcion a en point commun d'avoir elle aussi une lanterne, héritée de sa grand-mère. Leur duo viendra accueillir un troisième larron, et ensemble ils vont percer le secret des lanternes et partir à la recherche des 12 lanternes de Melkabor.
les_chasseurs_de_lumiere_1Beaucoup d'aventure et de suspense accompagnent ce récit, il est foncièrement captivant, écrit pour séduire les curieux dès 10-11 ans, les personnages sont bien brossés, l'action trépidante, le cadre à la fois simple, réaliste et très proche du lecteur. Vraiment c'est une série intelligente à conseiller aux jeunes aventuriers, le tome 2 La légende sacrée est déjà disponible en librairie.
A paraître : La menace des ombres.

Les Chasseurs de Lumière, tome 1 : Les 12 lanternes de Melkabor par Magali Herbert
Milan poche, coll. junior aventure, 2009 - 250 pages - 6,50€
illustration de couverture : Aline Bureau

Le site de l'auteur : http://www.magaliherbert.com/

 

 

 

*

 

Vous en voulez plus ? Des histoires de chevaliers, de graal et de croisade ? Je vous conseille cette série de l'américain Michael Spradlin : Le plus jeune des Templiers. Tome 1 : Le gardien du Graal. L'histoire nous transporte dans l'Angleterre du XII° siècle. Tristan est un jeune orphelin recueilli par les moines de l'abbaye de Saint Alban. On ignore tout de sa naissance, mais un billet confie que cet enfant nécessite un soin attentif car sa vie représente une menace. A quinze ans, son chemin croise une poignée de Templiers prêts à s'embarquer aux côtés du roi Richard vers l'Outremer (ainsi se nomme la terre des Sarrasins) et Tristan accepte d'être l'écuyer de sir Thomas, un homme bon et puissant, qui ne semble pas ignorer les secrets des origines du garçon. Mais en gagnant un ami, Tristan subit aussi les foudres de la colère d'un autre homme, sir Hugh. Les complots et la trahison seront de la partie, en plus des violentes confrontations à la forteresse d'Acre. Je vous épargne les détails de cette passionnante épopée, mais les aventures vont en passionner plus d'un.
le_gardien_du_graalIl s'agit d'un roman historique riche en aventures, mêlant des faits authentiques à des figures légendaires du folkore britannique (frère Tuck, le forgeron Jean Petit, ou Robard Hode, archer de la forêt de Sherwood). Ce premier tome annonce d'autres péripéties inattendues et agréablement surprenantes.
A suivre : La Trace du destin.

Le plus jeune des Templiers - tome 1 : Le Gardien du Graal par Michael P. Spradlin
Tourbillon, 2009 - 345 pages - 12,95€
traduit de l'anglais par Stan Barets

 

 

 

*

 

Et enfin : Les secrets de l'immortel Nicholas Flamel, tome 1 : L'alchimiste.
Michael Scott signe là une saga tout simplement passionnante où se mêlent les courses-poursuites, les disparitions, l'immortalité, les créatures mythiques et la magie en un tour de main. Au coeur de cette aventure, on trouve Josh et Sophie, des jumeaux de quinze ans, témoins malgré eux du kidnapping de Pernelle Fleming, l'épouse du libraire Nick, chez qui travaille Josh durant l'été. Le couple (les Flamel, leur véritable identité) est en fait immortel grâce à un manuscrit rare - le Codex. Or, celui-ci est également convoité par leur ennemi juré, John Dee, qui est prêt à user de tous ses pouvoirs pour parvenir à son but. Lorsqu'il y parvient, c'est sans se douter qu'il lui manque deux pages précieuses. Sa colère, alors, risque de s'abattre sur Sophie et Josh, propulsés contre leur gré dans cette chasse à l'homme et au Codex au péril de leur vie. Il leur faut accompagner Nick dans sa mission, affronter les pires ennemis, croiser des légendes vivantes et même découvrir une prophétie qui pourrait leur conférer une importance cruciale. Et le temps est compté, car au fil des jours Nicholas et Pernelle vieillissent et peuvent mourir au bout d'un mois.
C'est un bon roman d’aventure fantastique, divertissant, assez original. Les amateurs des mythes et légendes vont se régaler, l'action est bien dosée, menée tambour battant, les personnages ne sont pas ici que de simples êtres de papier, sortis de l'imagination de l'auteur puisqu'il s'est inspiré des maîtres de l'alchimie et des mathématiques, des chercheurs passionnés qui auraient percé le secret de la pierre philosophale, et d'autres créatures sorties de la mythologie mondiale. Bref ce sont toutes d'étonnantes surprises et découvertes, un bon point que le lecteur ne boudera pas !
Ensuite, en ce qui me concerne, j'ai longtemps pensé à une autre série, qui ne traite pas du même sujet mais qui propose aussi des voyages à travers les époques pour permettre au héros de parvenir à son but et de retrouver son père, j'ai nommé la trilogie de Guillaume Prévost, Le livre des Temps. C'est idiot à rapprocher, car ce sont deux univers différents, néanmoins et malgré moi, je n'ai pu m'ôter cette idée de la tête et j'espérais implicitement retrouver le même souffle romanesque et passionnant dans la saga de Michael Scott.
Attention, je ne prétends pas que Les secrets de l'immortel ne méritent pas qu'on s'y attarde, bien au contraire, mais je classe la série de G. Prévost en première position.
Merci Mle Jteferaidire pour la découverte !

secrets_de_l_immortel_nicolas_flamelLes secrets de l'immortel Nicholas Flamel - tome 1 : L'alchimiste par Michael Scott
Pocket jeunesse, 2008 - 360 pages - 19€
traduit de l'anglais par Frérérique Fraisse

A suivre : Livre II Le Magicien.

7 mars 2023

La Carte des confins, de Marie Reppelin

🍃🤗 Frais, charmant, délicieusement niais et maladroit, mais distrayant à écouter !🍃🤗

La Carte des confins 1

Pour moi, ce premier roman est victime de ses qualités et défauts - il déborde d'enthousiasme, de passion et de rythme. Ça grouille à chaque coin de page, ça fait voler les chapitres et ça donne aux personnages du rose aux joues. Ce côté pimpant m'a beaucoup plu.

Si l'on se base sur une lecture légère, sans prétention, c'est très bien ainsi. Sans prétention. Une histoire romantique, avec de l'aventure, des pirates et de la magie noire.

Callie et Blake se rencontrent dans une taverne et loupent l'occasion de conclure un marché car tous deux sont redoutables en affaires. Entre eux, se tissent méfiance et admiration. Car malgré les coups fourrés, la jeune voleuse va suivre le chef des pirates dans une incroyable épopée.

Longtemps, ils vont se chercher par des défis, des taquineries, des allusions grivoises. Blake est un incorrigible séducteur. Une femme dans chaque port, on connaît la rengaine. Il a surtout un but ultime dans sa vie, en mémoire de son père. Un drôle d'héritage à honorer. D'ailleurs, rien ni personne ne pourrait le détourner de sa destinée.

La jolie Callie pourrait entraver son chemin tout tracé. D'accord, il a besoin d'elle et n'éprouve aucun état d'âme à se servir de ses connaissances et de son lignage. Certes, la demoiselle a également des secrets sous le manteau. Elle fuit son passé. Elle craint les sorciers. Et elle ne veut pas s'attacher à l'équipage de l'Avalon, même si elle tombe petit à petit dans leurs filets tellement ils sont désarmants.

L'histoire est mignonne, avec ses personnages et son humour. Cependant, elle reste trop à la surface. Pour un roman sur les pirates, les détails manquent à l'appel. C'est trop superficiel, svp. En outre, j'ai moins accroché au sens du mélodrame, aux coups de théâtre de dernière minute. J'ai franchement levé les yeux au ciel en devinant l'issue.

La relation du couple prime décidément sur tout. Je ne ressors pas de ma lecture en mode extatique, par contre j'ai été séduite par sa jeunesse, son côté spontané, généreux et exalté. C'était très distrayant, j'attends la suite en audio...

©2021 Éditions Pocket Jeunesse (P)2023 Lizzie 

⭐⭐⭐⭐

13 décembre 2022

La Reine de L'Air et des Ombres, Partie 1 (The Mortal Instruments: Renaissance #3) de Cassandra Clare

La Reine de L'Air et des Ombres

La fin du cycle Renaissance est proche. La famille Blackthorn vit des heures sombres et difficiles. Le deuil. La séparation. La quête. La tribu est éparpillée pour accomplir diverses missions. Mais les obstacles aussi s'enchaînent. Bref. Rien ne va plus.

Kit et Tiberius sont d'un côté. Mark, Cristina et Kieran, d'un autre. Emma et Julian ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. En effet, le garçon a pris une grave décision concernant son lien de Parabatai et ses émotions. Cela a transformé le jeune homme en une créature froide et inaccessible. C'est très troublant.

Cependant, on n'a pas le temps de s'apitoyer sur leur sort. L'action va vite, et tape fort. De nouveau les faes réclament vengeance. L'enclave veut raffermir son pouvoir. Meurtres et assassinats entraînent le chaos politique. Certains profitent de cette instabilité pour créer encore plus de désordre. Tension dramatique à tout casser. Et toi, tu lis ça en te demandant comment ne pas s'attacher à cette équipe si lourdement accablée par le destin...

Si ce chapitre de la saga des Shadowhunters ne sera pas mon préféré (cœur sur The Infernal Devices), la lecture est très sympa. Divertissante, entraînante et efficace. Ma tendresse n'en demeure pas moins sincère. Et profonde. Je trouve également regrettable d'avoir divisé ce dernier tome en deux :/

©2019 Pocket Jeunesse. Traduit de l'anglais par Julie Lafon et Aurore Alcayde (P)2022 Audible Studios

⭐⭐⭐⭐

4 février 2020

Encore et toujours des 📚 : Aaatchoum ! - L'Or bleu des Touaregs - Noël au printemps - La Maison de Madame M - Le lac de Singes

Aaatchoum

C'est de saison : le nez coule, ça tousse, ça éternue, ça éclabousse et ça se mouche ! (On n'oublie pas de se laver les mains aussi, merci.) Bref. C'est tout petit - petit par son format - l'album est tout cartonné et nous fait l'inventaire : des bébés, des souris, des serpents, des ours et des oiseaux... oui, tout ce monde est dans la panade.

Le nez chatouille... le A se répète... et plouf on arrose droit devant soi ! Entrez dans la ronde (ou pas).

C'est simple, c'est drôle et puis voilà ! Sous le pseudonyme de The Cabin Company, se cache le duo de créateurs japonais, Kentaro Abe et Saki Yoshioka.

AAATCHOUM ! par The Cabin Company

seuil jeunesse, 2020

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Un livre pour savoir à quoi ça ressemble

Cet album vous met au défi de ne pas craquer pour son histoire ! Yep. Pari tenu.

Son auteur, Henry Blackshaw, a un message important à passer : chaque adulte a un enfant qui vit à l'intérieur de lui. Oui, oui. C'est enfoui, profond, inaliénable. Mais cet enfant resurgit à des moments, pour danser ou pour désirer le dernier gadget à la mode par exemple. En tout cas, c'est cette âme d'enfant qui vous rend plus fort, plus sensible, plus gai, plus vaillant. Cherchez bien, cherchez l'enfant en vous, prenez-en soin surtout !

Avec ses illustrations pleines de facétie et de tendresse, le message passe crème. Cet album vous touche en plein cœur et vous rappelle que la vie d'adulte devient plus (facile) amusante quand on cajole l'enfant qui roupille en nous. Totalement vrai ! Ou comment concilier l'acte de grandir avec le puer aeternus sans devenir un handicap.

Un numéro d'équilibriste réussi et mâtiné de douce nostalgie... j'aime !!!

Un livre pour savoir à quoi ça ressemble d'être un adulte, par Henry Blackshaw

seuil jeunesse, 2020

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L'Or bleu des Touaregs

Amzin a sept ans et c'est le fils du chef des touaregs. La tribu a coutume de se déplacer dans le désert car ce sont des nomades. Ils voyagent à dos de dromadaires, sous un soleil écrasant et dans des conditions parfois très rudes. La sécheresse, puis la tempête de sable, finissent par contraindre les hommes à regagner la ville. Une autre vie les attend, moins épanouissante.

Amzin et sa famille doivent installer leur tente aux abords des maisons, vendre leur troupeau, faire la queue durant des heures pour puiser de l'eau dans le puits et surtout travailler sur des chantiers en se brisant le dos. Mais les solutions existent ! En réfléchissant bien, en récitant les anciennes fables, ils se mettent à creuser la terre pour un filet d'eau et parviennent à labourer les champs. Leurs efforts font ainsi renaître l'espoir.

Dans le désert, l'or bleu c'est l'eau... C'est ce que nous enseigne cette belle histoire, magnifiquement illustrée. Elle nous montre aussi les difficultés de la vie dans le désert, des traditions à préserver, de la vie des nomades, du courage et de la persévérance... Dans cet album engagé, on partage donc un bout de chemin auprès d'un enfant qui voue une admiration sans borne pour son père. Et c'est vrai que son travail est remarquable ! C'est une très belle lecture, qui fait réfléchir et qui est pleine d'espérance pour un avenir fort. Bravo.

L'or bleu des touaregs, de Donald Grant

seuil jeunesse, 2020

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Noel au printemps

C'est le quatrième titre de cette série que je suis avec des étoiles dans les yeux ! À la recherche du Père Noël, Les bonhommes de neige sont éternels, Un Noël pour le loup... chaque année, ce rendez-vous avec Monsieur Thierry Dedieu est incontournable. Pour ses illustrations magiques. Pour ses histoires enchanteresses. Vraiment, vraiment.

La chouette, le rouge-gorge, le mulot, le hérisson et l’écureuil sont cinq amis inséparables. Mais à l'approche de l'hiver, le hérisson doit se retirer dans son nid, se rouler en boule avant de dormir cinq longs mois. Son absence est un poids pour ses amis et pour lui aussi, car le hérisson loupe la plus belle fête au monde. Noël, bien entendu. Ils ont cherché par tous les moyens à le retenir, à compenser sa présence avec une marionnette, et puis non... ça ne prend pas. Le hérisson manque !

Alors, ils lancent une idée folle : organiser Noël au printemps, avec des cadeaux, de la neige, des décorations, des gourmandises... tout sera réuni pour rendre le 7 avril mémorable et formidable. Promis, c'est grandiose. ♥

Noël au printemps, par Thierry Dedieu

seuil jeunesse, 2019

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La Maison de madame M

Toc-toc-toc. Êtes-vous bien sûrs de pénétrer dans cette étrange demeure ? Attendez un instant, écoutez, chut !

Oui, vous pouvez faire le tour du propriétaire. Profitez-en pendant son absence (paraît-il). Ooooh, bizarre, vraiment. Le salon, la cuisine, la salle de bains, la chambre... c'est élégant, vraiment charmant. Quoi ? fouillez les placards, ouvrez les tiroirs, sniffez le bouillon sur le feu, observez bien... vous êtes observés ! Ouhlala. Quelle ambiance...

Mais une ambiance délicieusement glauque et frissonnante ! On se régale à découvrir les petites merveilles de Clotilde Perrin : ses flaps, ses tirettes, ses créations, ses inventions... Tout est sordide, fabuleusement excentrique. Pour se plonger dans notre sempiternel #challengehalloween, ceci est l'album PARFAIT ! Une mystérieuse maison (hantée), avec une tout aussi fascinante sorcière dans une mise en scène impressionnante. Moi je dis, bravo !!!

 La Maison de Madame M., par Clotilde Perrin

seuil jeunesse, 2019

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Le lac de singes

Les jours de fatigue, la maman de Pilou mélange souvent les mots, elle confond, elle inverse, elle réinvente un monde à part. Comme de ranger son chandail dans le lac de singes (au lieu du sac à linge !). Le soir venu, l'enfant s'endort sur ce malentendu cocasse et fait des rêves qui le transportent en terre inconnue...

Ainsi s'égare notre aventurier, dans une forêt aux couleurs chatoyantes, parmi des animaux fantômes. Ses pas le guident vers un lac couvert de brume. Or un gardien le prévient de ne pas s'approcher, attention aux singes, ils mordent ! En vérité, l'homme est un scélérat. Du moins, c'était avant d'avouer qu'il aimerait tant se baigner dans le brumage - « ce mot est si doux qu'il me rappelle ma mère ». Le garçon n'hésite plus et plonge en se bouchant le nez. Les tigres peuvent bien approcher... Pilou est joyeux (et un peu inquiet, mais chut). Au petit matin, une surprise attend notre ami. 

Une histoire tout en poésie qui raconte les extravagances du langage, avec parfois des dérapages étonnants qui font carburer l'imagination des enfants ! Cet album est stupéfiant... et fabuleusement illustré. 

Le lac des singes, d'Élise Turcotte & Marianne Ferrer

la martinière jeunesse, 2020

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25 avril 2009

Ma tante est épatante ~ Gladys Marciano

Illustrations de Thomas Gosselin

Les vacances aidant, nous lisons beaucoup de romans pour la jeunesse... et au soleil, s'il vous plaît. Sans dépenser un copec, vous voyageons aussi beaucoup, nous traversons les frontières, nous sommes ainsi allées à Londres, en Ecosse, quelque part dans des royaumes inconnus, peuplés de magie et de créatures fantastiques. C'est sûr que ça ne remplace pas l'expérience sur le terrain (snif snif), mais on se console comme on peut. Et puis on sait qu'on se vengera très bientôt, et on se rattrapera dignement !!! Gnak gnak gnak. Y'a pas de raison. En attendant, cette fois-ci nous partons en Espagne, à Barcelone !

tante_epatante

 

Clara passe quelques jours avec sa tante Zarie à Barcelone. La découverte de la ville ne manque pas d'étonner la fillette, entre les chambres avec la vista tant désirée, maître mot dans ce dédale touristique, ou les immeubles en forme de vague, la Sagrada Familia qui est une église pas terminée, belle, très belle avec des tours comme des immenses bougies qui seraient en train de fondre, le métro qui débouche sur la plage... A Barcelone, on goûte aux tapas, on se promène sur les Ramblas et on peut s'acheter une magnifique robe rouge avec de gros pois noirs, des volants et une traîne, comme les danseuses espagnoles.

Tante Zarie a aussi l'âme nostalgique, car Barcelone lui rappelle son amour perdu, Paco, qui était son mari espagnol. Entre eux, ce fut le coup de foudre et dès le début de leur rencontre, Zarie lui a dit : « Si tu m'aimes, ne me parle plus qu'en espagnol » et il m'a dit : « D'accord, mi querida, mi amor. » Et leur histoire d'amour a été comme une histoire au cinéma, sans les sous-titres (dixit la tante épatante).

Tante Zarie est aussi la meilleure pour expliquer ce qu'est la mort, pour ne plus en avoir peur et pour chasser les cauchemars, grâce à une petite cuillère avec du sucre à l'intérieur. « Les cauchemars sont amers, et ils sont attirés par ce qui est sucré. La nuit ils se colleront à ta cuillère, et pris comme une mouche sur du miel, ils ne pourront plus t'attaquer. »

Ce roman apprend à cultiver le bonheur, à saisir l'instant et à chasser les pensées tristes. L'histoire s'ouvre d'ailleurs sur la meilleure façon de bien préparer sa valise ! Ou comment emporter sa maison et les êtres qu'on aime le plus à l'autre bout de la planète.

J'ai bien aimé ce texte, qui propose un joyeux voyage à Barcelone, mais j'ai aussi trouvé qu'il était un peu fourre-tout. On évoque l'amour, la mort et les cauchemars en plus de présenter la cité espagnole, son architecture, sa culture, et son historique. C'est un roman à cent à l'heure. La figure de la tante épatante est admirablement brossée, d'ailleurs ma fille lance de grands appels pour que ses tantes chéries lui paient un voyage à Barcelone !
A bon entendeur...

Rouergue, coll. ZigZag, 2009 - 112 pages - 6,50€

le blog de thomas gosselin: http://rocambolebijou.over-blog.com/

30 mai 2007

Un arbre lecteur, une fée Baguette et un couple impossible

Autre pépite qui sommeille dans les Girafon poche des éditions Sarbacane : L'arbre lecteur ...

arbre_lecteurOu comment raconter à votre enfant l'histoire d'un livre.

C'est un petit garçon qui regarde par la fenêtre l'arbre qui pousse en prenant une forme biscornue. Pour cet enfant, c'est une niche pour se caler et lire ses albums préférés. D'ailleurs l'arbre lui-même semble très intéressé par ce qu'il feuillette, ses branches se courbent, son feuillage frémit et parfois on y retrouve ses histoires favorites !

Pour le garçon, c'est un arbre lecteur. Nul doute.

Or un soir de tempête, la foudre s'abat sur l'arbre. Son ami n'est plus. Mais maman lui apprend une nouvelle étonnante : avec les branches coupées et un peu d'eau de la rivière, le garçon va réaliser de la poudre d'arbre ... L'habileté venant, le petit garçon va découvrir que de belles feuilles de papier vont naître de son arbre défunt et qu'elles serviront à leur tour de livre !

La petite phrase finale : C'est ce livre que vous avez maintenant entre les mains. Lisez-le souvent, ça lui fera plaisir. Surtout si vous allez le lire à l'ombre d'un arbre, l'été. Qui sait, ce sera peut-être un arbre lecteur, lui aussi.

Simplement subtil et magique !

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Didier Lévy / Tiziana Romanin (Ed. Sarbacane, Girafon Poche)  4,70 euros

fee_baguette_1La Fée Baguette a une couverture irrésistible pour toutes les petites filles qui s'en tiennent à la magie de cette première approche d'un livre !

Imaginez une bouille craquante, des joues roses, une robe de fée, des paillettes et vous obtiendrez ce premier tome d'une série qui s'annonce plaisante.

Félicité est une adorable fillette qui grandit dans une boulangerie. Elle a un pêché mignon : croquer les croûtons des baguettes. Et un matin elle découvre une baguette ... magique ! Voici Félicité devenue Fée ! Il suffit d'une formule simplissime : Cric Crac Croc, je craque et je croque ... pour obtenir ce dont elle rêve et a envie.

Cette fantaisie de rose et de paillettes va émerveiller les jeunes lectrices. Dès 4-5 ans ! Ce tome 1 est l'ouverture, la présentation de Félicité qui devient une Fée Baguette un peu par gourmandise et curiosité. Très joli à lire, surtout pour les mamzelles hautes comme trois pommes !

Egalement disponibles : La fée Baguette et la sorcière Traknar / La fée Baguette est amoureuse / La fée Baguette et le loup qui parle.

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Fanny Joly / Marianne Barcilon (Ed. Lito)  7 euros

Et pour les "vilaines" petites lectrices ...

constance_et_miniatureFaites connaissance avec Constance et Miniature. Cette petite fille est horrible, terrible, insupportable et malfaisante ! Elle ne supporte plus la maison où elle vit, ni ses parents qui se plient en quatre pour satisfaire ses désirs. Elle a des jeux répréhensibles, elle est mauvaise avec tous ... sauf avec son chat Miniature.

Miniature est en fait un chat énorme, encombrant, qui casse, brise et fait des trous partout. Pourtant c'est son meilleur ami. Constance pense que ses parents ne l'aiment pas, elle décide alors de prendre la fuite et gagner leur liberté !

Mais une bande de brigands les rattrape et les reconduit chez sa famille...

En fait, il faut lire et regarder ce livre. C'est une constante contradiction entre le texte et constance_miniature_extraitles illustrations. Beaucoup d'ironie, d'humour décalé et des personnages ... imbuvables ? Non ! Miniature est un gros chat qui impose son charisme sans tergiverser, et Constance est impossible, affreuse, infernale. Pourtant on ne la déteste pas du tout !

Avec Laure, j'avais pensé à une réplique des Rita et Machin mais je reconnais que c'est tout de même fort différent. On retrouve la paire inséparable d'une petite fille et son animal, le tout servi par des illustrations épurées et un texte comique. Mais cette Constance cultive une ironie cruelle mais irrésistible !

Comme nous, il est temps de craquer !

Pierre Le Gall / Eric Héliot (Hachette jeunesse)  8,50 euros.

 

Et n'oubliez pas les petites idées pour la Fête des Mères ! ...

24 avril 2018

Pêle-Mêle : J'ai perdu ma langue - À qui ressembles-tu ? - Fruits et légumes - Petit manuel pour voyager tranquille

j'ai perdu ma lange

C'est l'histoire d'un enfant qui a perdu sa langue en mangeant une glace. Ohlala... Le policier mène l'enquête. Ensemble ils vont fouiller la pâtisserie, interroger les passants, fouiller les herbes folles et les plates-bandes, héler les petits canards, scruter les fonds marins, se demander si ce ne serait pas un coup de la sorcière ou des extraterrestres... Après tout ! 

Quelle joyeuse lecture ! Album tout-carton, texte rigolo et illustrations neutres : fond blanc, écriture cursive et couleur bleue. Au milieu de tout ça, crâne fièrement une langue rouge qui se fait la malle d'une page à l'autre, en bondissant de la tête du policeman au parapluie d'une passante, de la baignoire du crocodile à la méduse qui file comme l'éclair. 

C'est ingénieux et étonnant ! On en prend plein les mirettes au fil de la lecture. TOP !

J'ai perdu ma langue, de Michaël Escoffier & Sébastien Mourrain

seuil jeunesse, 2018

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A qui ressembles tu

Comment distinguer un hibou d'une chouette, un chameau d'un dromadaire ?
Quelles différences y a-t-il entre un lièvre et un lapin, un rat et une souris ?
Quid de la vipère et la couleuvre, du crocodile et de l'alligator ?

Ce ravissant album nous entraîne dans sa ronde et propose de répondre au casse-tête de façon ludique et colorée. On découvre ainsi un tout-carton à découpes, où les illustrations sont savoureuses et pimpantes, et où les animaux défilent en une petite procession distinguée.

On y retrouve aussi des indices, de la poésie et des clins d'œil. L'exotisme est au rendez-vous, mais pas seulement, le tout est un régal pour les yeux ! Accessible pour les plus jeunes.

À qui ressembles-tu ? d'Olivia Cosneau

seuil jeunesse, 2018

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fruits et légumes imagier photo seroux

La photographe Nathalie Seroux publie un très bel imagier des fruits et légumes pour les jeunes lecteurs qui pourront ainsi se familiariser avec les stars du potager en toute simplicité ! L'approche est personnelle et sensible - chaque photo, page après page, attire l'œil et éveille les sens (image, son, forme et couleur). On ne triche pas, le clic est efficace.

Et le résultat est impressionnant, autant pour le choix de la lumière et de la mise en scène, mais aussi pour l'harmonie qui règne au sein de cette brigade ensoleillée et lumineuse. Les plus jeunes retiendront au mieux les différentes variétés des fruits et légumes ou se régaleront de découvrir cette fabuleuse orchestration de goût et d'odeur (oui, on imagine bien) dans un petit format malléable et original.

Voilà un beau portrait de famille à contempler sous toutes les coutures ! Et un premier pas pour les enfants vers l'art de la photographie, très important aussi ! 

Fruits et légumes : mon premier imagier photo, de Nathalie Seroux

de la martinière jeunesse, 2018

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petit manuel pour voyager tranquille

Pour finir, on se retrouve autour d'une bonne séance de fou rire avec ce dernier né du duo Paule Battault & Anouk Ricard ! On rappelle vite fait le succès des trois premiers : Petit manuel pour aller sur le pot, Petit manuel pour aller au lit & Petit manuel pour passer à table ; et on accueille avec effusion ce nouveau Petit manuel toujours aussi décalé et plein d'humour ! 

Cette fois, le tandem nous explique comment affronter de nouvelles situations de crise - à savoir comment supporter nos sales mômes, qui deviennent de vrais monstres, dès lors qu'ils posent leurs fesses en voiture, en avion, en train ou dans le métro. Chaque occasion est bonne pour user votre maigre patience et tester vos limites avant de fondre en public avec une bonne crise de nerfs ! Ha ha. 

On ne remerciera jamais assez Paule & Anouk pour les bons tuyaux qui jalonnent cette lecture ! Ils permettent d'aborder avec bonne humeur et sérénité les voyages à venir. À glisser dans son cabas en toute confiance. Paix sur la terre et dans vos cœurs.

Petit manuel pour voyager tranquille, Paule Battault & Anouk Ricard

seuil jeunesse, 2018

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25 septembre 2014

Hunger Games II - L'Embrasement, de Suzanne Collins

La suite, toujours aussi choquante et bouleversante ! 

Hunger Games II

Katniss a survécu aux Jeux mais doit affronter la colère du Capitole. La riposte, forcément, sera brutale, violente et sans pitié. En cause, la rescapée du District 12 a allumé la flamme de l'espoir. Celui d'un monde nouveau, libéré de ses chaînes. Katniss a cependant mis le feu aux poudres, sans intention de nuire au pouvoir en place. C'est trop tard pour s'en défendre. Désormais non seulement sa vie ne tient plus qu'à un fil, mais ses proches aussi sont menacés - le président Snow lui en a fait la promesse.

J'avais oublié à quel point ce livre était prenant et capable de vous mettre la tête à l'envers. Il est en effet très difficile de résister à la tension dramatique et l'impact émotionnel qui règnent tout du long. La mise en place est assez lente, alourdie par les interrogations de l'héroïne (Katniss ne brille pas par son discernement, hélas !!), ses atermoiements amoureux tellement puérils et secondaires, au vu de la colère en marche. Les peuples se rebiffent, le mécontentement gronde mais elle ne capte rien. C'est sa façon d'être, se barricader derrière une façade d'indifférence, afin de se préserver pour ne pas souffrir etc. Katniss ignore encore qu'elle est devenue un Symbole pour toute une nation... Bref, les enjeux politiques prennent ici une forme plus conséquente, même s'ils sont élaborés de manière plus pernicieuse et intestine.

C'est terriblement excitant, un peu rageant, mais palpitant. Dès l'annonce des prochains Jeux d'expiation (aux règles tordues), l'histoire s'emballe et les émotions sont fortes, ça vous noue l'estomac, vous colle une boule dans la gorge, vous prend aux tripes... dès lors, on retient son souffle jusqu'au point final. Re-dou-ta-ble. Carrément. L'immersion est totale, encore une fois j'étais à fond dans l'histoire. J'ai tout vécu, sans retenue. J'en suis sortie k-o. C'est fort, puissant et bouleversant. Mais tellement bon.

Bravo à Kelly Marot, la voix française de Jennifer Lawrence dans les films, de savoir entretenir le mythe et de participer à sa façon au phénomène de cette saga. L'une des meilleures sur le marché, n'hésitez pas !!

Audiolib, septembre 2014 ♦ texte intégral lu par Kelly Marot (durée d'écoute : 12h 02) ♦ traduit par Guillaume Fournier pour les éditions Pocket jeunesse

Le 3ème volet sort en Audiolib à la mi-Octobre !  

25 février 2013

Quand les fantasmes tournent au vinaigre

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Le roman démarre sur les chapeaux de roue, avec un weekend en Ecosse, chez le couple royal, qui n'offrira pas à Calypso les lauriers escomptés. Pour échapper à la traditionnelle partie de chasse en famille, la jeune Américaine a prétendu être enrhumée et a passé son temps à boire du sherry avec la mamie de Fred. (Un sacré personnage !) Résultat, sa réputation en a pris un coup, elle a été taxée de "morveuse et souffreteuse" et son petit copain a semblé très déçu de sa prestation.

Retour dans les murs du pensionnat Saint-Augustin. Calypso subit une pression démentielle de la part de ses copines, qui ont toute décidé de quitter leurs amoureux, pour se consacrer à leurs études, paraît-il. Elle aussi doit se mettre au diapason, en mettant un terme à sa relation avec le prince Freddie, mais la demoiselle est vaniteuse, elle refuse. Et puis, plouf ! elle reçoit un SMS de son prétendant lui annonçant qu'ils devraient faire un break. L'horreur absolue.

Calypso est effondrée. Toutes ses copines décident de l'épauler et vont organiser un plan de contre-attaque, car jamais auparavant une fille de Saint-Augustin ne s'était fait larguer par un mec ! Prince ou pas, Fred doit trinquer. Les filles optent pour la solution vieille comme le monde parce qu'elle est la plus efficace : le rendre affreusement jaloux. Et toc, le plan va fonctionner ... à merveille. Mais soudainement l'avenir sentimental de Calypso laisse présager une autre issue. Tiens, tiens.

Qui pourrait se douter qu'il s'agit du dernier tome de la série des Confidences de Calypso ? La fin du livre est effectivement très ouverte et laisse planer le doute, ce qui n'est pas pour me déplaire. Si vous avez apprécié le ton humoristique des trois premiers tomes, qu'il est indispensable de lire avant celui-ci, vous passerez encore un bon moment aux côtés de Calypso, de ses copines et de leurs affaires sentimentales. Cette fois, les frasques des parents de la jeune fille, qui vivent une deuxième lune de miel et sont plus déjantés que jamais, n'ont pas manqué de me faire sourire. Bref, c'est une petite série sympathique, légère comme une bulle.

Les Confidences de Calypso, tome 4 : Rupture princière - par Tyne O'Connell
Gallimard jeunesse, coll. Pôle Fiction, 2013 - traduit par Julie Lopez

Extrait  Dinguatus, dinguatum, dinguarama

Cette fois, je me suis vraiment évanouie et je me suis effondrée aux pieds de Malcolm. J'avais l'impression d'être une héroïne de l'époque géorgienne - vous savez, ces prudes demoiselles que Miss Austen évoque avec une infinité de détails soporifiques. Il suffit qu'une donzelle corsetée tombe en pâmoison pour qu'un Darcy ou un autre abruti du même acabit se démène comme un fou furieux pour la ramener à elle.
Retour au XXIe siècle. Quand je suis revenue à moi, j'ai levé les yeux sur un Malcolm plus intrigué qu'alarmé, occupé à déboucher ma mignonnette de champagne.

22 décembre 2019

Le Wundereur (Nevermoor 2), de Jessica Townsend

Nevermoor WundereurMorrigane Crow a vaincu la malédiction et rejoint la Société magique Wundrous. Néanmoins, la découverte de Nevermoor n'est pas sans heurt : alors qu'on lui avait promis amitié, éducation et protection, Morrigane ne rencontre que méfiance et hostilité.

Pour rappel, ma lecture du tome 1 et blablabla.

Évidemment cette suite confirme le potentiel de la série. Cependant, celle-ci me fait vraiment trop penser à Harry Potter. C'est gênant dans le sens où... oui, on aime l'univers de Morrigane qui se rend cette fois dans une école pour jeunes talents. Elle prend même un train exprès pour s'y rendre et suit toute une procession qui rappelle les cérémonies d'accueil à Poudlard. Oui, oui, oui : ne dites pas le contraire, on pense très fort à vous-savez-qui.

Et puis Morrigane a un secret qu'elle doit protéger avec ses nouveaux camarades. Cela leur coûte aussi car ils sont soumis à un chantage odieux et doivent se plier à des exercices humiliants ou rageants. Parce que l'esprit d'équipe compte plus que tout. Pourtant, Morrigane a le moral dans les chaussettes car on lui a supprimé tous ses cours (à l'exception d'un seul). Il y a tant de non-dits autour d'elle que la fillette est paumée et qu'elle opte souvent pour les mauvaises décisions.

Il y a tant et tant de petits exemples qui font penser au petit sorcier... (oui, oui, oui, on y revient sans cesse) si bien que ça finit par enlever toute surprise à la lecture ! On ne doute plus, on sait, on attend et on se dit bah voyons... C'est vraiment ce que j'ai ressenti tout du long, même si j'apprécie beaucoup cette série que je trouve CHARMANTE et SYMPATHIQUE. L'influence HP reste tout de même trop marquante. Elle nous prive de cette excitation de nouveauté, cette envie d'extase et d'ébahissement. On a tout ça, c'est bien... c'est sûr mais ce n'est pas nouveau non plus, et ça me titille un petit peu.

Mais je lirai sans aucun problème la suite ! Hahaha.

©2019 éditions Pocket Jeunesse / Lizzie. Traduit par Juliette Lê (P)2019 Lizzie

Excellente lecture audio : performance de Helena Coppejans parfaite ! Univers fabuleux, imaginaire foisonnant... on vit une expérience riche et excitante. Sur ce plan, c'est très réussi ! 

⭐⭐⭐⭐

26 juin 2019

Pêle-mêle : L'été de l'indien - Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement - La mouette et le goéland - Francisco

l'été de l'indien

Pendant que leurs parents partent faire des courses, six enfants sur une île promettent d'attendre sagement leur retour. Mais la faim se fait rapidement sentir. Allons pêcher ! s'exclame Maxime le chef indien. Le garçon connaît le meilleur coin pour attraper des poissons... sauf que la patience encore une fois n'est pas l'apanage de nos bambins.

Maxime se fâche et part bouder dans son coin. Allongé dans l'herbe, contemplant les nuages, sous une brise fraîche, c'est le cadre idéal pour piquer un petit roupillon. Bientôt sa marmaille se joint à lui... la nuit tombe et les étoiles s'amusent dans le ciel. La Grande Ourse fait des crêpes pour Petite Ourse ! Quel spectacle... Cela leur rappelle qu'il est l'heure de rentrer car les parents sont à la maison.

Une douce ambiance, un air vivifiant, un appel au large et une envie de prendre l'air pour rêvasser... voilà ce que cet album nous réserve ! Du charme du charme et encore du charme. C'est merveilleux.

L'été de l'indien, par Jean-Luc Englebert

Pastel de l'École des Loisirs, 2019

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Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement

Colette et Mo ont du pain sur la planche : leur chambre est sens dessus dessous à cause des jouets éparpillés. Mais le petit robot de rangement n'est pas content et donne l'ordre de tout ranger. Sans barguigner. Alors, une semaine pour atteindre cet objectif, ça donne... lundi on trie, mardi on se bagarre, mercredi on rétrécit, jeudi tout passe par la fenêtre, vendredi on aspire, samedi on s'ennuie... Et dimanche ? On mange des crêpes !

Cet album est joyeux, fabuleux, rigolo, brouillon, coloré, pétillant. Vraiment, on s'amuse tout du long à découvrir les nouvelles idées de Colette et Mo pour échapper à la corvée du rangement. Les petits lecteurs vont adorer cette complicité et l'éventail de leur imagination ! Une lecture AU TOP.

Comment ranger sa chambre en 7 jours seulement, par Audrey Poussier

l'école des loisirs, 2019

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Francisco

Francisco est un chat sauvage, vivant seul dans la vallée déserte et appréciant fortement sa solitude. Il tient une station-essence et croise parfois quelques clients sans jamais entrer dans la discussion. Jusqu'au jour où la famille Lapin cale sous son nez. Tous sont bien embêtés. Francisco les trouve importuns, Madame Lapin le juge grossier. Ça part en clash et les portes claquent.

Tombe la nuit, Francisco rumine dans sa tannière, la famille Lapin grelotte dans la voiture. Bon. Après tout, on peut effacer les vieilles rancunes et ouvrir la porte de la caverne d'Ali Baba. Les enfants Lapin vont être enchantés de leur soirée ! Oui, oui. Francisco va se révéler un hôte exceptionnel.

On sourit à la lecture de ce chat sauvage et bougon, dont la tranquillité est bousculée par une famille encombrante. Une cohabitation forcée va finalement rappeler les règles de la sociabilité... et ainsi offrir à cette chère solitude de bonnes vacances bien méritées ! C'est très drôle et inattendu. Un chouette album plein de bonnes ondes positives. 

Francisco, par Perceval Barrier

l'école des loisirs, 2019

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Apprenti sorcier

Le poème de Goethe n’a cessé d’inspirer d’autres artistes : Paul Dukas pour une musique, Walt Disney pour un dessin animé, Tomi Ungerer et aujourd’hui Gerda Muller pour un livre illustré auquel elle offre sa minutie et son humanisme.

Un album d'un classicisme rare et élégant.

L'apprenti sorcier, par Gerda Muller

l'école des loisirs, 2019

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la Mouette et le goéland

Une mouette et un goéland ont rendez-vous sur la plage pour jouer à cache-cache. Qui se planque derrière les rochers ? dans le château de sable ? sous la serviette ? derrière le parasol ? dans la glacière ? Ah-ah. La partie est corsée et réserve de bonnes trouvailles (a-t-on déjà vu un phoque qui téléphone ? eh bien... venez voir !).

Cette partie de plaisir se boucle par un tour de roue en train de croquer un cornichon loin des regards indiscrets. C'est très sympa comme petite lecture et ça fait déjà penser aux vacances...

La mouette et le goéland, par Jeanne Boyer

loulou & cie chez l'école des loisirs, 2019

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CLAUDE ET MORINO 2 JOYEUX ANNIVERSAIRE

On retrouve le duo impayable de Claude (le squelette) et son ami Morino (le taureau) pour une journée mémorable ! J'ai ri, mais j'ai ri tout du long. Cette série me ravit pour son humour et son audace. On se marre franchement.

C'est donc l'anniversaire de Morino (tarte aux fraises à l'horizon). Dès le réveil, nos deux amis se livrent à leur traditionnelle compète au bord de la mer... Sauf que cette fois, la situation leur échappe et le pied de Claude est avalé par un gros poisson. Vite, direction le port de pêche pour dépanner notre créature verte. L'aventure s'annonce mouvementée. Au passage, ils devront affronter une horde de nudistes pas commodes, marchander avec une mémé sorcière et découvrir qu'un abri à balais peut servir d'antichambre vers le royaume des morts ! Oh oui, que de surprises.

C'est ingénieux, farfelu et tellement drôle. J'attends d'autres épisodes aussi fous et déjantés. Merci Adrien Albert. ♥

Claude & Morino : Joyeux Anniversaire ! par Adrien Albert

l'école des Loisirs, 2019

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15 mai 2019

Pêle-mêle: Fantomelette - Le grand voyage - Massamba - Capitaine Rosalie - Le Grand livre des licornes

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Fantomelette a un problème : elle ne fait peur à personne. Sa famille se moque, son médecin lui conseille la patience mais le temps passe et ses nombreuses tentatives se soldent sur des échecs. Vexée. Dépitée. Inquiète. Finalement, Fantomelette est paumée. Son destin de fantôme est fichu. Alors elle part vivre dans un manoir abandonné, planqué sous un drap gris. Elle ignore que ses proches sont morts de trouille car ils sont sans nouvelles ! Bingo. Fantomelette jubile de bonheur. En plus de ça, elle est désormais capable de faire mourir de rire ! Et c'est un talent bien plus rare.

On craque pour cette adorable héroïne jaune - surtout, évitez les sobriquets... la demoiselle est farouche ! C'est plein d'humour et de tendresse. Ou comment apprendre à s'accepter avec ses qualités et ses défauts. S"assumer sans vouloir rentrer dans le moule à tout prix. Une lecture gaie et pimpante ! On adore.

Fantomelette, par Charlotte Erlich & Marjolaine Leroy

Gallimard Jeunesse, 2019

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Une petite fille ne quitte plus sa belle robe à fleurs que sa mère lui a confectionnée exprès pour elle. Ensemble, elles jouent, vont à l'école et rêvent d'une vraie aventure. Un jour, elles embarquent à bord d'un bateau en direction du nouveau continent. Mais dans la cohue générale, la fillette va perdre sa belle robe oubliée au fond d'une malle. Malheureusement, le temps va passer... La robe, pourtant, n'oubliera pas son amie et attendra patiemment son retour.

On applaudit fort cette lecture bouleversante, qui nous transporte dans un univers très loin du nôtre. L'histoire raconte comment la vie est un éternel recommencement avec ses promesses, ses rêves et ses espoirs. Il y a aussi une histoire de transmission familiale avec la robe offerte en cadeau entre mère et fille. C'est très doux, poétique et attendrissant. Un très bel album, au message précieux qu'on découvre avec émotion.

Le grand voyage, par Camille Andros & Julie Morstad

Gallimard Jeunesse, 2019

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Massamba a quitté son pays à bord d'une embarcation de fortune, bravé les dangers, la mer déchaînée, les tempêtes, et a échoué sur une plage avant d'être interné dans un camp entouré de barbelés. Le garçon rêve de Paris où l'attend une nouvelle vie. Pourtant la réalité aussi est plus amère : vendre sa marchandise à trois francs six sous sur le parvis de la Dame de Fer, éviter la police et les bandes. Bref. Le quotidien de Massamba n'est pas de tout repos. Jusqu'au jour où il voit un enfant traverser la rue alors qu'un bus roule droit sur lui. Massamba n'écoute que son courage et bondit pour sauver le bambin. De pauvre réfugié traqué et apeuré, il deviendra ange héroïque et admiré par tous. Comme quoi...

Amnesty International a salué cet album « magnifique et sensible » qui donne un nom et un visage aux exilés d'ici et d'ailleurs. Le travail d'Alexandra Huard est remarquable. Cf la vidéo : Massamba le marchand de tours Eiffel

Massamba le Marchand de tours Eiffel, par Béatrice Fontanel & Alexandra Huard

Gallimard Jeunesse, 2018

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Admirez cette beauté. Ceci est en fait un album riche et complet, pour découvrir l'univers fabuleux des licornes (grâce à la Confrérie des Licornes Magiques SVP).

Il est donc question de légendes, de guides, d'infos indispensables, de folklores et j'en oublie. On peut même passer des tests pour connaitre son licorne-totem. Pour les accros du genre, c'est du pain beurré. Les illustrations sont également magnifiques - c'est d'ailleurs son esthétisme qui a attiré mon œil. Le contenu m'a semblé plus compact et moins attrayant en y regardant de plus près. 

Enfin bref. Tout sur les licornes ! Demandez LE livre incontournable des petits amateurs de licornes.

Le Grand Livre des Licornes (Manuel Officiel) Selwyn E. Phipps & Helen Dardik &  Harry et Zanna Goldhawk

Gallimard Jeunesse, 2019

Vient de paraître : Le grand livre des licornes L’album à colorier 

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Hiver 1917. Rosalie a cinq ans et vit seule avec sa maman. Tous les matins, Rosalie se rend à l'école tandis que sa mère va à l'usine. La fillette attend sagement, au fond de la salle, parmi les manteaux et dans l'indifférence générale. Elle ne parle pas et se contente de dessiner dans son cahier tandis que le maître fait cours aux garçons. Le soir, elle rentre dans leur petite maison et écoute les lettres écrites par son papa, envoyé au front, que sa mère lit à voix haute. Ce sont des lettres qui racontent le printemps, le ruisseau et les truites. Des lettres pleines d'espérance et qui font écho à un jour lointain. La fillette ne dit rien. En fait, elle est investie d'une mission secrète. Appelez-la Capitaine Rosalie. Courageuse et déterminée, elle prépare en silence son plan d'action. Rien, absolument rien, ne devra la détourner de son objectif.

Timothée de Fombelle évoque l'enfance et ses combats avec une grâce qui n'appartient qu'à lui. D'où ce petit album pudique, sensible et bouleversant. Comment ne pas succomber à son atmosphère ouatée ? à son silence pesant ? au drame annoncé ? aux larmes qui viennent éclater cette bulle fragile ? J'ai tout reçu en plein cœur. C'est incroyable. Les illustrations d'Isabelle Arsenault apportent naturellement force et délicatesse à cette histoire qui rappelle aussi le devoir de mémoire et le sacrifice des soldats. Magnifique ! Poignant ! Indispensable.

Capitaine Rosalie, par Timothée de Fombelle & Isabelle Arsenault

Gallimard Jeunesse, 2018

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23 avril 2019

Pêle-mêle : La Cité sans nom - Le fils de l'Ursari - La Romance de l'ogre Yosipovitch

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La Cité sans nom est une série palpitante et riche en émotions !

L'histoire se déroule dans une cité déchirée par des années de guerre, de convoitise et de conquête. Désormais, tout semble assez paisible et stable sous la coupe de l'Empire des Lames sauf que le calme n'est qu'apparent. Encore des complots, encore des trahisons, encore des vengeances... Au cœur de l'action, nous découvrons Kaidu et son amie Rat qui parcourent les ruelles et les toits de la ville loin des regards indiscrets. Ils ont noué une relation de confiance à force de se lancer des défis et sont maintenant inséparables. C'est ensemble qu'ils ont aussi décroché le respect de leurs aînés en déjouant un attentat même si le chaos n'a pas dit son dernier mot et entend déchaîner sa puissance pour renverser la politique en place.

Cette lecture est animée par un souffle d'aventure et d'émotion qui nous embarque tout de go. On ne voit plus les pages défiler, on est pris dans le rythme et on a envie de connaître la suite sans plus tarder. C'est aussi une belle aventure humaine, avec une amitié forte entre Kaidu et Rat, dont on connaît les racines et les souffrances intimes, les secrets de famille et les sacrifices. Faith Erin Hicks a donc réussi à combiner les genres pour une immersion spectaculaire dans son univers : rebondissements, suspense, action, tendresse, émotion et humour sont du nombre. Elle ne déçoit pas non plus sur la durée (contrairement à 5 Mondes) et nous offre un divertissement de haut vol qui fait toujours plaisir à découvrir. C'est fort !

La Cité Sans Nom, par Faith Erin Hicks

-SÉRIE EN 3 TOMES-

Rue de Sèvres (2018, 2019)

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LE FILS DE L'URSARI

Cette adaptation du roman de Xavier-Laurent Petit exploite toujours et encore des sujets sensibles et d'actualité (sur la situation des réfugiés et leurs conditions d'accueil). On suit donc le destin d'une famille de Roms qui doit son voyage en France à une crapule et qui va vivre de misère et de galères pour le rembourser. On comprend de suite que la lecture ne sera pas légère et insouciante. Et on plonge dans une ambiance sombre et poignante. La famille partage un cabanon insalubre, aux abords de Paris. Pas de papier, pas d'argent. C'est système D pour survivre.

Au milieu, le jeune Ciprian porte un regard candide sur son entourage (on devient mendiant professionnel ou emprunteur de portefeuilles) mais le môme n'est pas non plus ignorant de la précarité qui les entoure. Outre le chantage, la police est présente. Il faut souvent louvoyer ou se planquer. Aucun détour possible. Une journée sans travail, c'est un lendemain qui déchante. Enfin, la spirale est infernale : à lire, c'est dur. Heureusement l'histoire laisse poindre une lueur d'espoir quand Ciprian surprend des joueurs d'échecs au Luxembourg. Et le garçon analphabète perçoit plus qu'il ne comprend ce qui se trame sous ses yeux. En plus, l'enfant pensait être discret mais c'est loupé ! ... De là, commence donc un autre apprentissage pour Ciprian. Celui de la confiance, du respect, du cadre et de l'avenir.

Mis en scène par Cyrille Pomès et Isabelle Merlet, ce parcours est sans fard, sans glamour. C'est assez rude aussi même si ça raconte la vie réelle et hélas actuelle. Une BD instructive et efficace pour sensibiliser les plus jeunes. 

Le Fils de l'Ursari, de Cyrille Pomès & Isabelle Merlet

D'après le roman de Xavier-Laurent Petit

Rue de Sèvres, 2019

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ROMANCE DE L'OGRE YOSIPOVITCH

Dans les Noires Forêts de l'Oural, vit un ogre solitaire et à l'appétit particulièrement vorace. Mais lorsqu'il croise la douce et ravissante Bella, cyclope de son état, son cœur s'emballe, ses yeux voient trouble, sa langue devient bête et ses mains baladeuses. Vlan, la Bella ne s'en laisse pas conter et lui colle une torgnole en pleine poire. Ce malatru doit apprendre les bonnes manières s'il souhaite lui conter fleurette. Devenir un vrai gentleman, pour un ogre rustaud, le challenge est de taille. Et le rendez-vous posé : s'il ne montre pas patte blanche d'ici vingt-quatre heures, notre Édouard sera dévoré tout cru par sa dulcinée !

Dans cette fable, on croise aussi un blaireau et deux jeunes loups en sortie botanique - pris en otages par notre ogre aux abois. Commence ainsi une leçon de vie loufoque et saugrenue... avec des acteurs pour le moins effrayants. Ici, on ne badine pas avec l'amour. On le tartine comme Cyrano sous les yeux exorbités de trolls en délire. C'est complètement dingue - un peu rebutant aussi car les illustrations n'adoucissent pas les traits des personnages. Qu'importe, c'est une lecture rapide et juvénile qui aura tout loisir d'égayer l'heure du coucher ! 

La Romance de l'Ogre Yosipovitch, de Matthieu Sylvander & Anaïs Vaugelade (illustrations)

Neuf de l'école des loisirs, 2019

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11 juin 2018

Pêle-Mêle : Bob & Marley - Les bottes - L'école, maman & moi - Arthur le bandit - Celui des ours

Bob et Marley un métier

Bob l'ourson s'interroge sur son avenir : il cherche un métier à faire pour quand il sera grand. Il hésite entre chien policier, cheval de course ou pigeon voyageur. Tout ça, tout ça. Et pourquoi pas ourson ? lui propose Marley. Après tout, il adore le miel, il aime se gratter frénétiquement contre les arbres et il dort tout l'hiver. C'est bon, Bob est l'ourson idéal. Avec un coach comme Marley, il va faire un malheur ! 

Très chouette série à découvrir : on a de l'humour, de la tendresse, des anecdotes pertinentes et un tandem touchant & attachant. C'est déjà le 9ème tome et c'est toujours aussi rigolo. 

Bob & Marley : Un métier, de Frédéric Marais & Thierry Dedieu

seuil jeunesse, 2018

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les bottes antonin louchard  la piscine

Autre bidonnade assurée : les histoires du petit lapin d'Antonin Louchard. Chaque lecture se déroule en fait comme un tête-à-tête entre notre jeune ami. Il y a d'abord le souci des bottes à enfiler parce qu'il pleut et qu'il faut sortir en récréation. Mais rien ne va : elles sont pleines d'eau, elles sont trop justes, elles sont mises à l'envers, elles ne sont pas à lui... Heureusement, la maîtresse a “dix ans de yoga derrière elle” pour gérer cette situation de crise.

Puis vient le complexe de la piscine. Notre cher lapin est formel : le docteur Migeot déconseille cette activité. Trop de verrues, d'otites ou de bactéries... sans oublier les requins ! C'est beaucoup trop dangereux. Le docteur a même rédigé un petit mot d'excuse.

Cette série est désopilante dans sa façon d'aborder, mine de rien, les casse-têtes de la vie quotidienne : comment faire enfiler des chaussures à un enfant de maternelle, se rendre à la piscine sans rechigner ou parler de l'apprentissage avec décalage. C'est drôle, drôle, drôle. La figure du lapin est impayable et les répliques font mouche ! Foncez.

Les bottes ou La piscine, d'Antonin Louchard

seuil jeunesse, 2018

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l'école maman et moi

Dans cette autre famille Lapin, je demande la mère et la fille. Cette dernière n'aime pas beaucoup l'école : les leçons, les récréations, les copains, la cantine, les devoirs. Bref. Ça ne la fait pas rêver du tout. Et le pire, c'est qu'il faut s'y rendre tous les jours. Enfer et damnation.

Cet album croque avec humour et tendresse la relation entre une mère et sa fille, faite de complicité, mais raconte aussi les souvenirs d'école entre bonheur et malheur. On sourit tout du long, parfois on s'y retrouve, en somme c'est une lecture géniale ! Vivement recommandée aussi.

 

L'école, maman & moi, de Clothilde Delacroix

seuil jeunesse, 2018

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Arthur le bandit

Déjà quand il était enfant, Arthur aimait terroriser son entourage et n'en faire qu'à sa tête. Des bêtises, encore des bêtises, toujours des bêtises. En grandissant, celles-ci sont également devenues plus grosses. Et notre Arthur a boudé l'école pour épouser la fabuleuse carrière de bandit des grands chemins. Bim, il a ainsi amassé une fortune, mais hélas vit seul dans son immense château. Comme il s'embête, il se prépare des desserts somptueux... sauf qu'il est toujours tout seul pour passer à table et avaler tout ça.

Un jour, suite à un accident de cheval, Arthur se réveille dans le lit d'une vieille dame, Marie-Rose, qui n'a pas peur de lui et le force au repos. Pendant ce temps, elle lui fait la lecture, jour après jour. Elle lui raconte des histoires qui vont piquer sa curiosité. Notre bandit décide même d'apprendre à lire et à écrire (pour composer ses propres histoires car il a déjà tout lu). Il ne se lasse pas de cette nouvelle existence et décide de se racheter une conduite !

Quelle belle aventure ! Elle nous donne à lire une morale formidable : il n'existe rien de plus beau à partager qu'une belle histoire. Cet album, avec son grand format, évoque ainsi, et de façon admirable, le pouvoir des livres capables de transformer les pires bandits en conteurs au grand cœur. Un clin d'œil certain à Tomi Ungerer. Top !

Arthur le bandit, de Benoît Debecker

seuil jeunesse, 2018

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celui des ours

Pour conclure, place à un album MAGNIFIQUE. Je l'ai adoré du début à la fin. C'est un vrai coup de cœur.

Marfa est une jolie rousse qui vit seule dans la forêt et qui adore sa maison entourée de lanternes. Elle aime aussi recevoir ses amis pour prendre le thé. Et discuter jusqu'au bout de la nuit. Un jour d'hiver, elle les entend évoquer Celui des ours qui vit loin, dans les montagnes, mais qui souffre de mélancolie. Résultat, les ours ne dansent plus. Et c'est la catastrophe.

Si les ours ne dansent plus, la Terre ne peut pas tourner rond ! C'est connu. Le printemps venant, Marfa part avec son baluchon et marche droit devant pour trouver Celui des ours. La route est longue et périlleuse. Mais offre aussi de belles perspectives. Car Marfa va croiser Celle des oiseaux, Celle des loups, puis Celui des abeilles. C'est donc forte de jolies chansons, d'un courage de lion et d'un gâteau sucré comme un bonbon qu'elle se présente à Celui des ours.

Quelle histoire éblouissante, racontée avec beaucoup de poésie, merveilleusement illustrée, avec une belle héroïne, frondeuse et téméraire, qui rappelle aussi qu'à cœur joyeux et courageux, rien n'est impossible ! Cela se passe de commentaire. Mais c'est à découvrir sans attendre. Gros, gros, coup de cœur. ♥

Celui des ours, de Céline Vernozy & Delphine Renon

seuil jeunesse, 2018

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13 juin 2018

La ferme du bout du monde, de Sarah Vaughan

la ferme du bout du mondeDéprimée par la trahison de son compagnon, Lucy rentre à Skylark pour se ressourcer dans la ferme de son enfance. Elle y découvre pourtant une autre ambiance, moins insouciante, les dettes s'accumulent et l'oncle de Lucy aimerait vendre pour se lancer dans un grand projet immobilier. Maggie, sa grand-mère, y est formellement opposée. Elle refuse de quitter sa maison, pour une raison très personnelle. Des années plus tôt, en pleine guerre, la ferme a accueilli des enfants réfugiés, dont le jeune Will et sa sœur Alice. Bercés par la beauté de la lande, isolés du reste du monde, Maggie et le garçon sont tombés amoureux et ont nourri des rêves de bonheur éternel. Soixante-dix ans ont passé, les souvenirs commencent à affleurer et charrient leur lot d'amertume. Maggie est recroquevillée sur son passé, meurtrie dans sa chair, n'osant livrer à ses proches de lourds secrets de famille. Mais Lucy se sent proche d'elle, également à un carrefour des chemins, elle sonde ses attentes et ses désirs dans sa vie de couple. Leurs histoires ne peuvent que se toucher, se croiser ou se télescoper. Et on reste à l'écoute, sans perdre le fil. Car c'est un doux roman, absolument tendre et chaleureux ! Sincèrement, j'ai savouré chaque minute de la lecture, aussi bien pour la promesse d'évasion qu'elle offre, mais aussi pour son histoire empreinte d'émotion et de sensibilité. J'ai eu la sensation de voyager, j'ai pris un plaisir fou à plonger dans le cadre sauvage et fascinant des Cornouailles, j'ai aimé partager le quotidien de la ferme, où j'ai pris le temps de panser les plaies et les peines de cœur. Rien que la couverture du roman m'invitait déjà à l'évasion, je n'ai donc pas regretté mon escapade. C'est tout simplement dépaysant, à première vue l'histoire sonne assez ordinaire puis se révèle attachante. J'ai vécu au rythme des passions et des drames en fermant les yeux (merci le livre audio). C'était pile le rendez-vous que je n'aurais pu espérer - un très bon roman, attendrissant et captivant ! ☺

©2017 Préludes / un département de la Librairie Générale Française. Traduit par Alice Delarbre

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Julie Pouillon (durée : 12h env.)

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Après des études d'anglais à Oxford, Sarah Vaughan s'est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d'entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge avec son époux et leurs deux jeunes enfants.

Lectrice pour Le train des écrivains - Blaise Cendrars, Julie Pouillon est aussi l’interprète de fictions et de nombreuses lectures radiophoniques pour France Culture.

 

3 novembre 2014

Peau d'Âne, de Jacques Demy, Rosalie Varda-Demy, Charles Perrault et Michel Lavoix

Parce qu'une princesse refuse d'épouser son père. 
Parce qu'un âne fait bêtement des crottes d'or. 
Parce qu'une rose qui parle vous regarde 
Toujours dans les yeux.
Parce qu'une fée tombe amoureuse et que cela ne se fait pas.

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Parmi les nombreux films vus dès l'enfance, aussitôt idolâtrés et supportant vaillamment les aléas du temps qui passe, se trouve Peau d'Âne de Jacques Demy. Un intemporel, classique, incroyable film, qui a su élever le kitch à un art visuel absolument magnifique (si, si, je vous  jure !). 

À l'occasion de la sortie du film restauré, paraît donc cet album du scénario original écrit sous forme de conte et illustré de photographies du film.

L'histoire : Sur son lit de mort, la reine a fait promettre au roi (Jean Marais) de n'épouser qu'une femme plus belle qu'elle. Dans tout le royaume, une seule personne peut se prévaloir d'une telle beauté, sa propre fille (Catherine Deneuve). La princesse va tenter de ruser, commandant un bouquet de robes toutes plus improbables les unes que les autres, cherchant la petite bête pour échapper à cette union saugrenue (elle va même jusqu'à réclamer le sacrifice de l'âne qui a fait la fortune du roi), mais le piège se referme sur elle.

Désespéré, la princesse préfère s'enfuir dans la forêt, reçoit l'aide de sa marraine la Fée des Lilas (Delphine Seyrig) et se retrouve dans un cabanon en bois à confectionner des cakes d'amour ! :-) Sa beauté, sa grâce, sa voix mélodieuse vont étourdir un autre prétendant (Jacques Perrin) qui va convoquer tout le royaume pour retrouver cette mystérieuse enchanteresse qui lui a envoyé un gâteau dans lequel elle avait caché sa bague. 

Gniiii... c'est tout comme j'aime ! Magique, ensorcelant, kitch, maniéré et cocasse... en gros, tout ce qui fait son charme et rend cette œuvre si particulière à mes yeux.

De la Martinière jeunesse, octobre 2014 

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23 mai 2013

Le prix amer des rêves. (Purge)

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1992, quelque part en Estonie occidentale. Seule dans sa ferme, Aliide Truu découvre une jeune femme en piteux état mais hésite avant de lui offrir le gite. C'est peut-être une ruse pour tenter de l'abattre ? Que craint-elle donc ? Après tout, Zara n'est qu'une paumée. Son histoire, elle n'ose pas la confesser, plus par honte que par mesquinerie. A la place, elle préfère raconter qu'elle se cache pour fuir son mari, en attendant de pouvoir rejoindre la Finlande.

Mais Aliide Truu est une vieille dame méfiante, sévère, froide et sans cœur. C'est ce qu'on croit, c'est ce qu'on découvre aussi, à travers son histoire qui commence à la fin des années 30, où elle était jeune, belle et insouciante, avec son sœur Ingel. Aliide Truu rêvait du grand amour, pour lui elle aurait été prête à tout, quitte à subir l'humiliation des arrestations abusives, des interrogatoires musclés et des tentatives d'intimidations. Aliide Truu a su se forger une carapace, tout en continuant de nourrir une passion obsessionnelle pour cet homme qui en a préféré une autre.

Comment la jalousie, la rancune et la rancœur ont pu aiguiser ce cœur meurtri ?! C'est ce qu'on ne cesse d'apprendre, de suivre, au fil du temps qui passe, à travers l'histoire d'un pays aussi, l'Estonie et ses trente années d'invasion, d'oppression, de propagande, d'exil et de déchirure. La vie d'Aliide Truu est jalonnée de souffrances et d'amertume, ce qu'on ressent pour elle est aussi un mélange de pitié, d'écœurement et de tristesse. La rencontre avec Zara va encore la déstabiliser, puisque cette jeune femme abusée, enlevée pour travailler à Berlin, en tant que prostituée, a vu ses rêves briser, à l'instar d'autres incrédules pensant trouver la richesse à l'Ouest...

Certes, ce roman est sinistre, âpre, douloureux et violent. Mais ses non-dits et ses mensonges rendent la lecture intense et captivante, car elle nous attire dans sa bulle pour nous chuchoter des mots durs et cinglants, pour dévoiler des secrets de famille et autres drames intimes. On se sent le cœur comprimé, à plusieurs reprises, et pourtant à aucun moment je n'ai eu envie d'aller voir ailleurs, de me sortir de cette emprise, car j'avais vraiment envie d'en savoir plus, je m'étais attachée à l'histoire, à ses personnages brisés. J'ai aimé cette lecture, lue par Marianne Épin, sur des accents graves, proches de la panique ou de la folie, comme pour mieux souligner toute la démence qu'ont hélas traversée les deux femmes. 

Purge, par Sofi Oksanen
Audiolib / Stock, coll. La Cosmopolite (2010) - traduit par Sébastien Cagnoli
Texte intégral lu par Marianne Épin (10h08 d'écoute)

Prix Fémina Étranger 2010 - Prix Roman Fnac 2010
existe en format poche

17 octobre 2011

Pêle-mêle Clarabel #43

 Lumignons

Les Lumignons, ce sont 10 poèmes à tire d'aile, autour de 10 enfants dont les prénoms commencent par L. La composition de l'album est simple : à gauche, les poèmes de Guy Goffette (légers, sautillants). A droite, l'interprétation joyeuse, colorée et fourmillante de détails d'Aurore Callias. Quel régal ! Ce sont des illustrations lumineuses, qui ne sont pas sans me rappeler l'univers doux-dingue de Papyrus (le personnage d'Isabelle Jarry auquel Aurore Callias a donné forme). La plongée dans le pays des rêves est surprenante et admirable (dévoilé sous une page à rabat), la lecture invite à rêver, de plus elle donne une autre idée de ce qu'est la poésie avec une approche simple pour un effet charmant. 

Lumignons, par Guy Goffette & Aurore Callias (Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2011)

couv_Noemie

Noémie, Princesse fourmi est la nouvelle histoire d'Antoon Krings. Une histoire qui n'est pas sans rappeler celle de Cendrillon, la princesse en loques, qui parviendra à conquérir la cour royale grâce à sa marraine la fée. Noémie est une petite fourmi insignifiante, qui rêve d'assister à la fête d'anniversaire de la reine des abeilles. Avec ses vieilles fripes sur le dos, il est hors de question de se se présenter de la sorte devant la souveraine (qui ne supporte pas les fourmis). Son amie Mireille va lui confectionner une parure de princesse (de pacotille) faite de feuilles et de pétales de rose. Ce ne seront pas les douze coups de minuit qui ruineront les espoirs de Noémie, mais l'empressement de la foule. Se présente alors Carole la fée, qui ne supporte pas les injustices et qui compte bien consacrer la petite fourmi en vraie princesse d'un soir.

C'est ravissant ! Un vrai conte de fée ! Même Cendrillon est évoquée, comme quoi je n'ai pas rêvé non plus... 

Noémie Princesse fourmi, par Antoon Krings (Gallimard, coll. Giboulées, 2011)

Takiji

Takiji l'audacieux, sous-titré petit conte zen, ne déçoit pas ! Sous cette couverture, qui promet aventures et héros courageux, nous avons une histoire à la hauteur des espérances : Takiji ne peut supporter qu'une créature légendaire nommée le Gomi terrorise les animaux de la forêt et saccage les fleurs et les arbres. Brandissant son katana, le garçon tente de réduire le géant en petits morceaux mais rien n'y fait. Heureusement le vieil arbre fait sortir de son feuillage des milliers de petites baies pour soutenir les efforts du héros. Le Gomi est presque réduit à néant, il se repent et devient alors le compagnon de route de Takiji. (Oui, je sais, avec moi, point de surprise !)

Pourquoi cet album, et pas un autre ? Parce que les traits purs et raffinés d'Antoine Guilloppé valent le coup d'oeil, bien évidemment. Ou quand la sobriété se met au service de l'élégance et produit un effet saisissant ! 

Takiji l'audacieux, par Antoine Guilloppé (Picquier jeunesse, 2011)

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