29/07/09

La mystérieuse affaire d'Echo Falls ~ Peter Abrahams

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 347 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny

la_mysterieuse_affaire_echo_fallsIngrid, l'héroïne de L'Etrange Cas de l'assassinat de Katie la Fêlée, est de retour. A Echo Falls, paisible ville américaine, l'adolescente s'aperçoit de quelques faits troublants qui touchent sa famille : la manie de son père de jeter chaque matin le journal à la poubelle, l'addiction soudaine de son frère pour l'haltérophilie, la valeur grimpante de la ferme de son grand-père pour une vente prochaine. Et puis, arrive le kidnapping d'Ingrid. L'adolescente, qui parvient à s'échapper, se confie à la police qui reste dubitative. Pas de problème pour Ingrid, l'apprentie détective va reprendre du service, car, si vous l'ignoriez, l'adolescente est une fervente admiratrice de Sherlock Holmes, elle collectionne tous les épisodes de la série en DVD, qu'elle connaît par coeur, et elle n'hésite pas à citer tout haut les répliques de son personnage fétiche pour activer ses neurones !
J'ai beaucoup apprécié l'ambiance de ce roman, du fait des personnages originaux, de la personnalité attachante d'Ingrid, jeune héroïne de treize ans (qui tient son prénom d'Ingrid Bergman, l'actrice de Casablanca, le film préféré de sa mère) adepte de foot et de théâtre, grande buveuse de soda à la fraise, et des anecdotes tendrement saugrenues qui surviennent dans cette ville, laquelle est aussi décrite de façon cocasse, au point de la rendre atypique et conviviale.
Je n'ai pas été particulièrement sensible ou embarquée dans l'intrigue policière, j'ai passé l'âge, mais je comprends qu'un lecteur niveau fin de primaire / collège trouve son compte, et se passionnera pour les aventures de cette jeune détective, dans la veine des Nancy Drew + Veronica Mars + Enola Holmes. La couverture tendrement déjantée signale l'idée approximative du monde dans lequel pénètre le lecteur. Un monde décalé, avec des mystères, pas méchant non plus, un peu dingue dans le fond, et plan-plan parfois, la vie coule paisible entre quelques bizarreries, bref c'est un vrai souk. Ou un joyeux bordel.

La chronique de Sophie Pilaire sur Ricochet 

 

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28/07/09

Le voleur de foudre ~ Rick Riordan

Albin Michel, coll. Wiz, 2006 - 425 pages - 15€
Traduit de l'anglais (USA) par Mona de Pracontal

le_voleur_de_foudre_1Présentation : Percy Jackson est un adolescent turbulent, atteint de dyslexie et de troubles d'hyperactivité. En six ans, il a changé six fois d'établissement scolaire. Son entrée à Yancy ne fait pas exception à la règle : lors d'une banale sortie au musée des Beaux-Arts, département des antiquités grecques et romaines, Percy découvre que sous la figure peu aimable de son professeur de maths, Mme Dodds, se cache un monstre qui veut lui faire la peau. Hélas, personne ne semble croire son histoire, ni son meilleur ami Grover, dont l'attitude fuyante éveille de plus en plus les soupçons de Percy.
Finalement, le garçon va découvrir, en catastrophe, qu'il est un sang-mêlé, soit le fils d'une mortelle et d'un dieu grec. Sa mère a longtemps préservé ce secret pour protéger son fils, qui court aujourd'hui un grave danger. Il n'a plus le choix, au dépit de sa mère, il doit se rendre sur la Colline des sang-mêlés et intégrer le pensionnat qui n'accueille que les enfants de son espèce.

L'aventure et les rebondissements ne manquent pas dans ce roman, premier tome d'une série, au désavantage de placer les personnages, le décor, le contexte, etc. C'est le seul inconvénient que je lui trouve, prendre le temps, dire les choses, ne pas sauter de suite dans le feu de l'action (je suis d'un tempérament impatient, hélas). Pourtant, l'intrigue fourmille de détails importants, d'événements extraordinaires et de pointes d'humour fort appréciables.
Dans ce roman, par exemple, on découvre des créatures mythologiques sous les apparences humaines ordinaires, il leur suffit juste de cacher leur particularité sous un subterfuge, comme un fauteuil roulant, et ainsi se fondre dans la masse. C'est judicieux, moderne, totalement crédible. L'histoire ne manque pas d'inventions pertinentes, les allusions à la mythologie sont passionnantes, pas du tout barbantes, et les piqûres de rappel sont même fort appréciables !
J'ai aimé ce nouvel  univers créé par Rick Riordan, auteur d'une série en 5 tomes, qui n'a pas manqué me rappeler un autre monde peuplé de sorciers... car Percy Jackson et Harry Potter ont beaucoup de points communs. Cependant, cette série s'annonce à part et toute personnelle, riche en promesses et pirouettes en tout genre. Que j'aime ça ! 

 

 

d'autres avis : Mélanie, qui la première a su me donner envie, et Leiloona

Et je découvre, par la même occasion, qu'un film va sortir aux USA en février 2010, réalisé par Chris Columbus (coupable des deux premiers films d'Harry Potter... m'étonne plus du tout !)

Bande-annonce :

 

Existe également avec une nouvelle couverture, version 2008 le_voleur_de_foudre_2

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20/07/09

Un ticket pour la lune ~ Frank Cottrell Boyce

un_ticket_pour_la_luneLiam Digby a un problème : il connaît une croissance exceptionnelle, avec poussée hormonale en conséquence. Résultat, à onze ans, il en paraît le triple ! C'est loin de l'indisposer, le garçon a pris le parti d'exploiter ce subterfuge et joue avec une camarade d'école, Florida Kirby, en se faisant passer pour un père et sa fille.
Ensemble ils parcourent les allées des centres commerciaux, se rendent dans des concessions automobiles de luxe ou vont dans des manèges à sensation interdits aux plus jeunes. Liam s'amuse, mais son père voit rouge.
Toutefois ce dernier ne prend pas conscience du fait que le garçon agit exprès pour attirer son attention, comme l'idée de ce nouveau jeu réservé au père et sa progéniture. Il faut remporter le titre de meilleur papa, pour s'offrir un voyage en Chine et tester un nouveau parc à thème... très cosmique.
Ambitieux projet, Liam trépigne d'y participer mais son père dit non.
Loin de se démonter, l'adolescent fait appel à sa fidèle complice et tous deux vont vivre une série d'épreuves, toutes plus délirantes les unes que les autres, pour décrocher les honneurs !
Finalement le suspense n'est pas de savoir s'il va vivre à fond son aventure et voyager dans l'espace, on est déjà au courant. Le roman s'ouvre sur sa confidence, il est seul au monde, perdu dans l'immensité intersidérale, à bord d'une fusée.
On se demande alors comment cette épopée hallucinante va trouver sa fin, et si le père de Liam va accourir tel Zorro sur son fidèle destrier pour sauver son fils. Car, après tout, c'est un livre sur les papas et sur les relations entre père et enfant, derrière ce côté farce, comique et farfelu de l'histoire. Les anecdotes sont vraiment très drôles.
De plus, notre monde d'adultes est vu à travers le regard d'un enfant / adolescent, ce qui créera une connivence sympathique avec le lecteur - niveau collège, selon moi, car j'hésite pour les plus jeunes, le roman fait tout de même 300 pages !

Gallimard jeunesse, 2009 - 320 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais par Catherine Gibert

L'avis de Reno qui le rapproche très justement à Roald Dahl.

extrait :

- Docteur Drax, vous me prenez pour un adulte responsable, or je ne le suis pas. Je ne suis qu'un adolescent. Un adolescent anormalement grand et barbu, mais un adolescent.
J'ai ressenti un soulagement immédiat. Comme si la gravité avait soudain relâché son emprise, me faisant en quelque sorte flotter. Voilà. C'était terminé. Plus de comédie. Plus de responsabilité. Peu m'importait la réaction qu'aurait le docteur Drax.
Elle a souri.
- Cela résume parfaitement mon opinion sur vous, a-t-elle répliqué, en me touchant la main. Vous avez la qualité requise. Intérieurement, vous vous sentez comme un enfant. A l'exemple d'Einstein, qui a prétendu toute sa vie n'avoir jamais cessé de penser en enfant. Ce qui explique qu'il ait fait ces découvertes exceptionnelles...
- Non, ai-je répliqué. Je ne me sens pas comme un enfant. Je ne suis pas un adulte.
- Parfait. Dans le mille. Ceux qui se considèrent comme des adultes accomplis n'ont pas leur utilité dans ce projet. Ce sont des gens qui pensent n'avoir plus rien à apprendre...
- Voilà. Je n'ai pas terminé l'école. J'ai même à peine commencé.
- Je ressens la même chose que vous. L'univers est tellement immense. Nous n'en avons qu'un mince aperçu. Entre quelqu'un qui croit tout savoir et quelqu'un qui reconnaît son ignorance, je choisi le second sans hésiter.
- Mais...

**********

Et un peu de musique, dont la très belle chanson interprétée par Vanessa Paradis pour la BO du film d'Olivier Dahan, Le petit poucet.

 

 

 

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17/07/09

L'homme qui plantait des arbres ~ Jean Giono

lhomme_qui_plantait_utovieIl s'appelait Elzéard Bouffier. Cinquante-cinq ans. Il avait possédé une ferme dans les plaines. Il y avait réalisé sa vie. Il avait perdu son fils unique, puis sa femme. Il s'était retiré dans la solitude où il prenait plaisir à vivre lentement, avec ses brebis et son chien. Il avait jugé que ce pays mourait par manque d'arbres. N'ayant pas d'occupations très importantes, il avait résolu de remédier à cet état de choses.

Ce texte raconte l'aventure tranquille d'un berger solitaire, en Provence, qui passe la fin de sa longue vie, à semer et planter des arbres dans des collines où l'exploitation humaine incontrôlée avait créé le désert. Les années passent, deux guerres éclatent, mais Elzéard poursuit son bonhomme de chemin. Un pays se transforme, la ruine et le vide font place à la joie de vivre, au souffle gai et enchanteur, à la jeunesse qui apporte l'énergie.

Le narrateur est spectateur du prodige créé par Elzéard, qui n'en tire aucune gloire, ce qui rend sa mission plus honorable et admirable. Jean Giono raconte l'histoire d'un symbole, car cet Elzéard Bouffier n'a jamais existé, mais cette histoire fait envie, donne des idées en se voulant superbe leçon d'écologie et de sagesse.

Les droits d'auteur que Jean Giono n'a jamais voulu toucher sur ce texte sont reversés à l'association de protection de l'environnement Robin des Bois.

Utovie jeunesse, 2006 pour cette édition et les illustrations (par Nicole Pommaux) - 32 pages - 6€

Existe aussi en édition Folio cadet chez Gallimard jeunesse, illustré par Willi Glasauerlhomme_qui_plantait

A lire aussi : Le petit garçon qui avait envie d'espace, écrit par Jean Giono

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Le temps des mots à voix basse ~ Anne Lise Grobéty

les_temps_des_motsC'était le temps des mots à voix basse, le temps de la Voix qui parlait plus haut que les autres, le temps de l'araignée noire avec ses pattes tordues, posée sur le fond rouge sang des drapeaux...
Le narrateur n'est qu'un enfant, son meilleur ami s'appelle Oskar. C'est une amitié transmise de génération en génération, sans faire exprès, puisque les pères des deux enfants sont également inséparables, deux grands poètes, amoureux des mots, des brodeurs de dentelle heureux et confiants, insouciants malgré la menace qui gronde.
Le temps des mots à voix basse raconte une histoire d'amitié sur fond de haine raciale, une histoire d'amour et de confiance, une histoire de lâcheté et de résignation, "accepter que dans toute graine d'humain le meilleur et le pire vivent ensemble comme un vieux couple désuni, et continuer de croire que l'amour n'abandonne pas la partie pour autant, même quand la haine prend toute la place".
C'est une histoire qui remonte à plusieurs années maintenant, mais le narrateur n'a pas oublié le son des voix ni les mots qui se sont enfoncés dans son crâne d'enfant : danger, douleur, lâcheté, le meilleur et le pire, l'amour, la haine, une perte irréparable.
C'est le temps aussi des questions, à quel moment tout ça a vraiment commencé et comment ils ont fait pour se méfier si peu, est-ce que tout a réellement commencé par la fureur allumée dans la pupille d'un seul homme, et cette fureur, comment est-ce qu'elle a pu finir par mettre le feu à tout un peuple, quand les mots se sont-ils mis à boire plus que de raison dans les rues, à tituber sur les trottoirs, à se tromper de colère ?
Un magnifique roman, hélas trop court de 70 pages, porté par une écriture stylisée, fort d'un message important et fondamental, à saisir entre les lignes pour les plus jeunes, mais finement amené sur le tapis, pour permettre à quiconque de réfléchir, de comprendre et de ne pas s'endormir sur ses lauriers. Pour toujours réagir avant qu'il ne soit trop tard. "Est-ce qu'on sera toujours condamné à comprendre trop tard, quand il n'y a plus rien d'autre à faire qu'à se résigner au pire ?"
Un roman qui mérite amplement ses récompenses (prix Saint Exupéry 2001 & prix Sorcière 2002) et qui se targue d'être déjà à sa 8ème édition.

La Joie de Lire, 2001 - 72 pages - 7€

Catégorie d'âge : Chaque lecteur est unique.
Si vous avez un doute, demandez conseil à votre libraire.

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16/07/09

Kurt et le poisson ~ Erlend Loe

kurt_et_le_poissonKurt conduit un chariot élévateur et adore son travail. Pour le récompenser de son zèle, son patron lui fait cadeau d'un poisson découvert sur le quai. Il s'agit d'une carcasse de poisson énorme, dont la chair succulente ravit les papilles de Kurt et sa famille. C'est un signe pour tous, et ils décident de prendre le large pour parcourir le monde.
L'aventure de Kurt sur les flots, dans le désert ou en plein froid polaire est une succession truculente d'aventures burlesques et déjantées. Mais tant d'aberrances peut également dérouter. Moi, la première.
Le ton d'Erlend Loe est un régal d'humour fou, de petites répliques savantes, faussement naïves. Mais le manque de crédibilité de cette histoire prime, et je ne suis pas sûre de me plonger dans la suite des aventures de Kurt et sa ravissante famille.
Première belle rencontre enthousiasmante, néanmoins cela me suffit !

La joie de lire, 2006 - 92 pages - 7€

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

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12/07/09

L'Arche part à 8 heures ~ Ulrich Hub

arche_partTrois pingouins, sur la banquise, s'interrogent sur Dieu, le bien, le mal, l'existence, quand un papillon jaune vole autour d'eux et suscite un grand débat. Le plus petit des pingouins, colérique, se fâche d'être incompris par ses camarades. Il décide de s'en aller plus loin, vers la plus glaciale et plus neigeuse contrée.
Les deux autres pingouins discutent du bout de gras et accueillent une colombe dodue qui leur remet une invitation. Rendez-vous sur l'Arche de Noé, conçue avec la complicité de Dieu himself, ce dernier très en colère après les hommes a juré de leur en faire baver et leur colle un déluge sur le dos. Il faut sauver les animaux grâce à l'Arche de Noé qui ne peut accueillir qu'un couple de chaque espèce. Cruel dilemme que voilà pour nos pingouins qui n'oublient pas leur petit ami, au caractère belliqueux, certes, mais c'est leur ami aussi.
Tant pis pour les règles établies, les pingouins outrepassent la consigne et camouflent le petit pingouin, assommé sans avoir eu le temps de dire ouf, dans une grosse valise.
La colombe dodue, un rien tête en l'air, se fera-t-elle duper ? Ou prise dans le feu de l'action, elle pressera nos pingouins de se coincer dans le fond de cale où ça sent horriblement mauvais - même eux, les pingouins qui empestent le poisson, ont le coeur au bord des lèvres.
Cependant, il n'est pas de bon ton de créer des vagues... restons discrets, amadouons la colombe survoltée et attendons le déluge.
Dialogues savoureux, des réparties bien troussées et des pingouins qui n'en loupent pas une, avec leurs questions, leurs interrogations et leur façon de pointer du doigt, ou du bec, ce qui cloche.
Ce petit roman qui a obtenu tous les éloges - du prix Tam-Tam J'aime Lire 2008 au prix Sorcières 2009 - est précédé d'une réputation à double tranchant. Parce qu'on est en droit de s'attendre à un roman excellent, pardi !
L'est-il vraiment ? Oui, il est mignon, adorable, craquant et désopilant. Plus encore, ce sont les illustrations de Jörg Mühle qui valent le coup d'oeil. Je n'imaginais pas que parler de dieu et de l'arche de Noé pouvait se révéler si enthousiasmant, je craignais que cela reste barbant, avec risque de piste glissante. Finalement, non. La pirouette est absolument prodigieuse, et on rigole le plus souvent, sans jamais se prendre la tête.
Entre les pingouins et la colombe, c'est affaire de coeur qui bat très fort.
Pour le lecteur, aussi.

Alice jeunesse, coll. les romans, 2008 - 93 pages - 8,00€

Traduit de l'allemand par Emmanuèle Sandron (auteur d'une lettre pleine de pêche, en fin de roman)

C’est un miracle qui n’arrive qu’une fois tous les dix siècles environ : un livre qu’on aime d’amour, un livre qu’on est prêt à défendre bec et griffes, que même, on pourrait mourir pour lui. Graînes de mômes

En savoir plus sur la page de l'éditeur Alice éditions 

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04/07/09

Mes vacances sans Edgar ~ Claire Julliard

mes_vacances_sans_edgarLes vacances aux Mansardes, la maison de campagne de la famille Maladier, s'annoncent mal, très mal. Atroces, comme disent les soeurs Alice et Mélanie. Accusées de trop manger, elles affichent des kilos en trop qui dégoûtent Annabelle, longiligne et rigoureuse, mais au tempérament mal trempé dans l'acide. Charlotte a suivi la petite troupe, s'est greffée au noyau familial qui compte également Emilien et Julius. Or, tous les cinq ont le mal d'Edgar, le cousin qui vit une success story entre Paris et Saint Tropez, heureux chanteur à la mode, détenteur du fameux tube de l'été. Edgar n'a donc pas tenu sa promesse, il ne se joindra pas au groupe pour l'été et son absence pèse sur l'atmosphère rendue électrique.
Charlotte, la narratrice, est mélancolique malgré elle. Elle avait une histoire secrète avec Edgar, une amourette qui n'a pas supporté le monde du showbiz, néanmoins elle préfère taire ses frustrations et jongle entre les cousins pour calmer les chaudes humeurs et les échanges de noms d'oiseaux.
Et puis Edgar débarque, et avec lui un mini cyclone qui va tout mettre sens dessus dessous.
L'histoire montre un groupe en souffrance, enfermé dans sa fascination pour un garçon en apparence formidable, mais en dedans moins extraordinaire. Son arrivée à l'improviste va propulser des émotions trop longtemps enfouies, va aussi permettre d'ôter des oeillères chez ces adolescents dégingandés et indolents. Le rythme du roman m'est apparu mou, dans le bon sens. Tous s'ennuient, guettent, épient et tendent l'oreille vers le retour du guerrier. A un moment la narratrice évoque sa lecture d'un roman de Françoise Sagan, Le garde du coeur, et justement je me faisais la réflexion que la prose de Claire Julliard s'y approchait magnifiquement.
Hélas, dès lors que le bel Edgar fait son apparition, l'histoire devient beaucoup moins intéressante. Tout y passe : la célébrité soudaine, la musique commerciale, le star-system, les dérives... L'ensemble m'a semblé trop cousu de clichés. J'ai beaucoup moins apprécié et j'ai préféré vite boucler ma lecture qui ne me correspondait plus du tout. Plus dans la bonne tranche d'âge, dirons-nous.
A conseiller aux ados, dès 12-13 ans. Ou plus. Ou moins. Je ne sais pas ! ;)

Medium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 146 pages - 9,00€

illustration de couverture : Franck Juery      

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01/07/09

Mesdemoiselles de la Vengeance ~ Florence Thinard

mesdemoiselles_de_la_vengeanceRien ne prédestinait ces quatre femmes à se rencontrer et à unir leurs ambitions, si ce n'est cette commune soif de vengeance envers le même individu. Olympe d'Avremont est une baronne kidnappée qui ruse de mille roueries pour échapper aux convoitises du Commodore. Sylvine La Violette, la cuisinière, a choisi d'entrer au service du pirate pour lui faire payer les vies volées de son époux et de ses enfants. Agathe La Boissière, fière et redoutable fine lame, a juré de venger l'honneur de son père, quitte à perdre un peu plus de sa réputation en se comportant comme un garçon manqué. Nagîna, princesse du désert, porte un voile pour cacher son visage défiguré et compte bien remettre la main sur le diamant que lui a volé son ennemi. Le Commodore, donc, est l'homme à abattre. C'est un pirate rustre et violent, qui vit actuellement caché dans des grottes au pied des falaises de la Gironde, avec sa bande de malfrats stupides. Et c'est un revigorant roman d'aventures que nous propose Florence Thinard, un roman où se mêle le souffle de la piraterie dans un décor soigné, finement travaillé à force de recherches scrupuleuses pour mieux dépeindre l'époque et les lieux qui dépayseront le lecteur. Ambition hautement réussie ! C'est un roman historique luxuriant de détails, l'auteur nous renvoie à une adresse internet pour découvrir l'Hermione par exemple. A noter également que les personnages endossent ici des personnalités atypiques, qui se distinguent bien les unes des autres. En tête, le quatuor des femmes. Et même l'horrible Commodore montre un visage de pirate bien plus réaliste qu'un Jack Sparrow séduisant et sympathique.
Ce roman captivera les lecteurs dès 14 ans qui apprécient les récits historiques truffés d'action, avec une pincée de mer et d'amitié pour pimenter le tout.
Les illustrations sont signées François Place.

Gallimard jeunesse, 2009 - 270 pages - 15€

Colleen (14 ans) communique son enthousiasme sur le blog de La Soupe de l'espace.

Le site de l'auteur : http://www.florencethinard.fr/Mesdemoiselles_de_la_Vengeance.html

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16/06/09

Tout amour est extraterrestre ~ Susie Morgenstern & Alain Grousset

tout_amour_est_extraterrestreCe roman est, comme l'indique la couverture, un ovni ! C'est d'abord l'histoire de Pauline, quinze ans, qui appartient à la quatrième génération de femmes. Car dans sa famille, de mère en fille, on donne naissance au sexe féminin. Les hommes n'ont pas droit de cité. Et cette aversion commune finit par déranger l'adolescente qui, a contrario, est fascinée par le sexe opposé. Son flirt avec Oliver est très poussé, son obsession pour le dessous de la ceinture aussi.

Et puis Pauline se découvre une poussée hormonale anormale, elle commence à se poser des questions, quand tombe le couperet. Autour de la tablée familiale, le secret des origines de Pauline est annoncé clairement. C'est la stupéfaction. Même chez le lecteur !

Un roman qui s'annonçait chronique d'une adolescente d'aujourd'hui, en quête de son identité sexuelle, curieuse de l'autre et scrupuleuse des détails corporels, devient d'un coup d'un seul un vrai roman d'aventures et de science-fiction ! Je dis ça, je n'en dis pas davantage. Il faut pousser la porte de la curiosité pour apprécier ce que Susie Morgenstern et Alain Grousset ont imaginé de concert. Et c'est franchement ahurissant. Le ton est donné, les descriptions jolies et coquines, on se met dans la peau d'une fille ou d'un garçon sans rougir, point de tralalas sur la chose, on flirte avec l'identité sexuelle en même temps qu'on recherche d'où l'on vient et qui l'on est. C'est fin, mené de façon intelligente et ce n'est jamais vulgaire ou voyeur. Et le fait que ce roman ouvre ses tiroirs pour rebondir sur d'autres intrigues en étonnera plus d'un, puisque c'est drôlement bien pensé, bien écrit, bien servi sur un plateau.
J'ai beaucoup aimé.

Medium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 137 pages - 9,00€

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