05/03/16

Dix petits nègres, d'Agatha Christie

Dix petits nègres 2013

Dix personnes sont conviées par un hôte mystérieux à séjourner sur l'île du Nègre. On trouve ainsi le docteur Armstrong, le détective Blore, Miss Emily Brent, la jeune Vera Claythorne, le capitaine Lombard, le général Macarthur, le sarcastique Anthony Marston, le juge Wargrave, désormais à la retraite, et le couple Rogers, qui sont les employés de maison. Seul manque à l'appel le maître des lieux, un certain U.N. Owen, qui tarde à arriver. Tous ont accepté son invitation à l'aveugle pour plusieurs raisons, beaucoup par curiosité, un peu pour se reposer, souvent par appât du gain, soit pour décrocher un job ou pour s'affilier à un généreux mécène. Mais à peine ont-ils mis un pied sur l'île qu'ils vont réaliser leur erreur. La sanction ne se fait pas attendre et tombe à l'heure du souper : une bande-son sortie de nulle part se déclenche, les accusant d'avoir tous quelque chose à cacher et à craindre. Serait-ce une plaisanterie qu'elle serait du plus mauvais goût ! songent-ils amèrement. Osant à peine se regarder dans le blanc des yeux, tous décident de quitter l'île sans plus attendre. Hélas, la navette a disparu et les contraint à demeurer sur leur rocher, coupé du monde.

C'est donc dans un climat tendu que va se dessiner l'une des intrigues les plus diaboliques de la littérature policière, et qui a depuis inspiré de nombreuses copies. Mais, comme on dit, souvent imitée, jamais égalée. Agatha Christie était une technicienne hors pair, capable de vous retourner prestement les clichés et les codes du genre. Avec son histoire des Dix Petits Nègres, elle impose là une signature devenue culte. Car sur l'île, l'ambiance entre les convives vire à la soupe à la grimace. Comprenant que leur vie dépend d'une vulgaire comptine, ils frémissent d'effroi en voyant leurs comparses s'effondrer les uns après les autres, se regardant en chien de faïence, certifiant que l'instigateur de cette mascarade vengeresse se trouve parmi eux. Leurs plus sombres secrets s'en trouvent révélés. Le climat en devient plus qu'oppressant, et c'est carrément flippant à lire. Même si on connaît déjà les ressorts de l'intrigue, pour avoir lu le livre dans le passé, on se tient à carreau et on se délecte de l'incroyable supercherie qui se trame sous nos yeux.  C'est incontestablement le plus redoutable des romans d'Agatha Christie. 

Le Masque / Bibliothèque idéale d'A.Christie (Novembre 2013) ♦ Couverture par Martin Parr 

Traduit par Gérard de Chergé (Ten Little Niggers, 1939)

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un chapeau


04/03/16

Dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters

DERNIER MEURTRE AVANT LA FIN DU MONDE

Le monde est devenu fou, depuis que les scientifiques ont annoncé l'impact de l'astéroïde Maïa sur la planète, sans espoir d'y échapper, l'humanité a compris qu'il lui restait moins d'un an à vivre. Pourquoi s'embêter dans sa routine si l'on peut enfin accomplir de vieux rêves et lâcher prise pour de bon ? C'est du moins ce que pense une grande majorité d'individus, à l'exception d'une poignée d'irréductibles, dont Hank Palace, flic à Concord, New Hampshire.

Alors qu'il se rend dans un vieux McDo pour constater un nouveau cas de suicide - un chargé en assurances, Peter Zell, qui a choisi de déposer les armes en avance - Hank a l'intime conviction que les apparences sont trompeuses et que la mort du type a été déguisée pour masquer un crime. Globalement, les services d'ordre bénéficient d'une réglementation plus stricte pour dissuader toute flambée de violence, mais nombre de policiers ne se donnent plus la peine de mener à bien leurs enquêtes et laissent trop souvent courir les affaires impunies. Aussi, l'obstination de Palace, à réfuter l'évidence et creuser une piste aléatoire, fait doucement glousser ses collègues. 

L'intrigue policière est en apparence conventionnelle et assez basique, dans le sens où on a là un pur roman noir, au déroulement classique et sans esbroufe. Ce qui le distingue du lot, finalement, c'est son contexte de fin du monde. Alors, là, chapeau pour la description de l'ambiance pré-apocalyptique, réaliste et poignante. On a franchement l'impression d'y être, de sentir la chape de plomb, prête à s'abattre, et d'éprouver un mélange d'impuissance, de colère et de désarroi. On baigne dans un climat pesant, limite démoralisant, mais on s'y habitue aussi, et c'est d'ailleurs en relevant le nez du livre qu'on se sent étourdi et plein de confusion. Quelles sont les limites de la réalité et de la fiction ?

Rien que pour ça, je trouve ce roman très réussi et je le recommande chaudement. Il sera suivi de deux autres livres, et vu le compte à rebours (l'histoire se déroule en mars, la fin du monde est prévue en octobre) cela présage des frissons d'angoisse et d'excitation ! 

10/18 / Février 2016 

Traduit par Valérie Le Plouhinec (The Last Policeman) pour les éditions Super 8.

Les Monstres, de Lauren Beukes

Les Monstres

La police de Detroit vient de découvrir le corps mutilé d'un jeune garçon, dans une mise en scène sordide et révoltante (une bouillie de membres humains associés à des restes de cerf). L'inspectrice Gabriella Versado, chargée de l'enquête, est horrifiée par tant de perversité et ne va plus compter plus ses heures au boulot, délaissant malgré elle sa fille de seize ans, Layla, une adolescente solitaire et mal dans sa peau, qui va également occuper son temps libre de façon irréfléchie, en traquant les prédateurs sexuels sur le net (une idée de sa copine Cass, qui cherche à masquer sa fragilité derrière son insolence). D'autres personnages viennent compléter le tableau, dont Jonno, un pauvre type en quête de scoop pour son blog, ou Clayton Broom, au profil psychologique particulièrement instable. De toute manière, dans ce livre, rien n'est clair, tout fonctionne de travers. On y trouve une palette d'individus affligeants, dont les destinées semblent avoir été brassées grossièrement, dans un récipient vide et creux. Et puis ça sent très fort la fatalité, coincé dans un décor lugubre et morose. L'ambiance générale tend carrément à la déprime, à la désolation, au misérabilisme. L'histoire, enfin, est lourde, pesante et trop bizarre... pas du tout palpitante. Même le dénouement poussif tourne au ridicule les plus grandes scènes de suspense haletant. Là, sans rire, c'est pitoyable. Honnêtement, j'attendais plus de frissons. Au lieu de ça, cette première approche de l'univers, réputé sulfureux, de Lauren Beukes n'a été que déception et amertume. Sa vision trop noire et dérangeante du roman policier, conjuguée aux codes du fantastique, n'a pas su me convaincre.

Presses de la Cité / Coll. Sang d'encre ♦ Juin 2015

Traduit par Laurent Philibert-Caillat (Broken Monsters)

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible, 
uniquement disponible en téléchargement.

Les monstres | Livre audio

Lu par : Gaëlle Savary / Durée : 14 h 15   (P)2015 Audible FR

03/03/16

Une année particulière, de Thomas Montasser

Une Année Particulière

Par une froide soirée d'hiver, Tante Charlotte quitte sa librairie, tourne la clef dans la serrure, serre son sac à main contre elle et trace sa route sans se retourner. Sans nouvelles de celle-ci, sa famille envoie la jeune Valérie, étudiante en économie et gestion d'entreprise, pour liquider son commerce poussiéreux et croulant sous les dettes. Notre ambitieuse et pragmatique héroïne ne s'avoue pas vaincue, même si l'ampleur de la tâche est conséquente. À peine débarquée dans l'antique librairie, Valérie s'effondre dans le fauteuil usé de sa tante et pousse un profond soupir. Elle songe alors qu'une bonne tasse de thé, préparé dans le précieux samovar, lui redonnera un coup de pep's avant de plonger son nez dans les registres et les catalogues. Attendant que le liquide infuse dans les bonnes proportions, Valérie patiente en prenant un livre au hasard et retourne s'installer dans son fauteuil... pour seulement s'en extraire en fin de journée, 248 pages lues, la goutte au nez, un sourire hébété sur les lèvres. ;-)

Pour Valérie, qui entretient un rapport très éloigné avec les livres, la littérature, l'imagination, les rêves, la poésie etc, cette plongée dans l'univers de sa tante, libraire par vocation, par goût et par envie, est un choc culturel d'amplitude considérable. Et pourtant, la magie a déjà fait son chemin. Au fil des jours, la jeune femme s'installe dans une routine, thé, fauteuil, lecture, et revoit progressivement sa perception des lieux. La librairie a fait son temps, perdu de nombreuses batailles, loupé le coche de la modernité et se débat désespérément contre la fatalité. Pour Valérie, pourtant, l'aventure ne fait que commencer. Un soir, un jeune homme déboule à l'improviste, cheveux en pétard, imperméable chiffonné, l'air pensif et recueilli devant les rayons. Et tout se scelle autour d'un petit bouquin, jugé défectueux, écrit par un auteur inconnu, avec pour titre Une année particulière... 

Alléchée par le résumé, j'ai dévoré ce roman en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et si le contenu n'a pas su me séduire totalement (l'écriture est peu folichonne, l'histoire assez creuse), j'ai totalement succombé au charme du lieu, la librairie désuète et oubliée de tous, où on imagine s'y perdre, prendre un bouquin et s'affaler dans le fauteuil usé durant des heures, à boire du thé, croiser des figures aimables, des personnalités excentriques et attachantes (le môme Timmi qui ne craque que pour les BEAUX livres, le grand acteur Noé ou l'ouvrier du bâtiment, venu d'Iran, qui voue à la poésie perse une vénération sans borne). Autant de rencontres colorées, dans un endroit apparemment mis sur pause.

C'est un peu ça, finalement, qu'il faudra espérer du roman, une lecture hors du temps et des considérations sur la vie qui font réfléchir, une foule de livres à noter, une touche de fantaisie, pas mal de sensibilité, et un roman qui fait la part belle à cette passion de lire et de la lecture en général. 

Presses de la Cité / Mars 2016 ♦ Traduit par Leïla Pellissier (Ein ganz besonderes Jahr)

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02/03/16

La Blonde en béton, de Michael Connelly

La Blonde en béton CL

Quatre ans après avoir tué Norman Church, le principal suspect dans l'affaire du Dollmaker, Harry Bosch doit rendre des comptes devant les tribunaux, accusé par la famille du défunt de grave erreur policière. Notre inspecteur tient bon la barre, contre vents et marées, affrontant les foudres de l'avocate Money Chandler, dont la spécialité consiste à épingler les dérapages des forces de l'ordre. La position de Bosch reste inflexible, jusqu'au jour où ses collègues sont prévenus de la présence d'un corps, coulé dans le béton, qui porte toutes les traces du serial killer, alors que celui-ci avait déjà été tué. Cette nouvelle découverte ébranle les certitudes de notre super-flic, qui doit agir vite et bien, et ce dans la plus grande discrétion, pour ne pas alerter l'accusation ni la presse. Mais l'étau se resserre et la paranoïa gagne du terrain. Bosch pointe du doigt l'éventualité d'un copieur et l'existence d'autres corps. Son enquête vole en éclats par la faute d'une taupe au sein de son équipe. Harry se sent acculé mais tente de cerner au mieux la personnalité du criminel et multiplie les suspects. Le dénouement est ainsi une succession de rebondissements après maintes déductions et tentatives d'approcher le coupable. Et c'est super bien rendu. Le scénario, haletant et habile, nous cueille par le nez pour nous guider là où il faut, quand il faut.

Ce roman est aussi pour moi la conversion ultime à la série Harry Bosch dont les deux premiers tomes (Les égouts de Los Angeles et La Glace noire) n'avaient pas su me charmer au-delà du possible. Cette fois, l'alchimie a opéré et je suis fatalement conquise. Bosch est un flic teigneux, pas sympa, mais sa force et sa détermination sont aussi la dynamique de la lecture, qui jongle entre la procédure judiciaire et la quête du serial killer, deux directions fort palpitantes pour l'intrigue. J'ai entrepris de suivre la série par ordre chronologique et vais découvrir ça avec grand plaisir dorénavant ! 

Calmann Levy / Robert Pépin présente (Mai 2014)

Lire le premier chapitre de "La Blonde en béton"

 

La blonde en béton   La blonde en béton LdP 2015

Points Policier (Mai 2012) / Le Livre de Poche (Mai 2015)

Traduit par Jean Esch (The Concrete Blonde, 1994)

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01/03/16

Les Mondes de Philip K. Dick

mercredi 02 mars à 22h40 (56 min) sur ARTE

LES MONDES DE PHILIP K

 Rediffusion mardi 29.03 à 3h25

Le nom de Philip K Dick vous évoque probablement l'univers abstrait de la science-fiction, que je considérais stupidement inaccessible, ou peu à mon goût, jusqu'à ce que j'apprenne que Minority Report, Blade Runner, Paycheck, L'Agence ou Total Recall, avant d'être les adaptations hollywoodiennes à succès, étaient tous des romans (ou nouvelles) de l'auteur. Et cela change tout. J'ai eu soudain envie d'en savoir plus, et bingo, le film, diffusé sur Arte, écrit par Yann Coquart et Ariel Kyrou, vous invite à mieux découvrir la personnalité, le parcours et les écrits de l'auteur. 

En moins d'une heure, on découvre un véritable personnage de fiction : l'homme, de nature paranoïaque, à tendance obsessionnelle, ne sortait jamais de chez lui, recherchait l'éternelle fille aux cheveux noirs ou vivait dans le souvenir de sa jumelle décédée, il croyait aussi en la théorie du complot, voyait le danger partout, imaginait notre société du futur sous le contrôle des machines et des nouvelles technologies, notre humanité effacée par la rencontre du 3e type, le martien n'étant plus un mythe etc. C'est aussi tordant que décalé, torturé que tourmenté, un esprit génial, en surchauffe perpétuelle, dopé aux amphétamines ou visionnaire défaitiste... Les spéculations ne manquent pas. Mais le plus perturbant revient à lire ou relire ses œuvres, aujourd'hui, en plein XXIe siècle blasé par l'évolution perpétuelle de notre mode de vie. On plonge dans ses histoires avec le même trouble et la même fascination, réalisant surtout que tout avait déjà été écrit, pensé, annoncé. Philip K Dick avait réellement anticipé notre monde actuel - par pur génie ou simple fantasme délirant ?

Pour le savoir, laissez-vous porter par ce portrait dressé d'après de nombreux témoignages (dont sa veuve, son thérapeute et son biographe), des clichés personnels et, surtout, des passages de ses récits lus à voix haute. Et si l'envie de tout noter pour en lire davantage et prolonger cette immersion "dickienne" ne vous effleure pas, je n'y comprends rien ! ;-) Pour ma part, j'ai commencé la lecture de son roman uchronique, Le Maître du Haut Château. Et je me régale. 

Les Mondes de Philip K. Dick (1928-1982), réalisé par Yann Coquart, produit par Thibaut de Corday (2015).

 

SOURCE : Arte  © Nova Production

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Opération Sweet Tooth, par Ian McEwan

Opération sweet tooth

Au début des années 1970, Serena Frome, une jeune anglaise, fille de pasteur, étudiante en mathématiques à Cambridge, fait la rencontre d'un éminent professeur, qui va la modeler intellectuellement, avant de la recommander aux services secrets du MI5. Son idylle se termine douloureusement et, pour oublier son chagrin, Serena travaille d'arrache-pied pour décrocher sa première mission : l'opération Sweet Tooth, qui consiste à encourager de jeunes écrivains, en subvenant à leurs besoins financiers, pour qu'ils publient des écrits dont les idéologies concordent avec celles du gouvernement britannique. Tout ceci dans la plus grande discrétion, naturellement. La cible de Serena s'appelle Tom Haley, une plume prometteuse et pleine de talent, mais à l'univers assez sombre et torturé. La jeune femme tombe néanmoins amoureuse de ses nouvelles, avant de connaître le personnage... et de succomber de nouveau au charme de l'intellectuel. C'est une récurrence chez cette héroïne, belle et vaniteuse, qui reconnaît son attirance pour la même figure masculine dominatrice. Et fatalement, en tombant amoureuse de son client, la jeune femme compromet sa mission et s'attire le courroux de son superviseur fou de jalousie...

Serena n'étant toutefois pas une figure très attachante, son histoire ne nous touche pas davantage, aussi admirablement écrite et fascinante soit-elle. Dans ce roman d'amour, sur fond d'espionnage, l'auteur tente d'exploiter une nouvelle palette de sensations, où les relations semblent plus douces, plus délicates et à la sensualité plus nuancée, mais l'ensemble sonne faux, froid, imperméable aux émotions. L'auteur se sert aussi de la littérature comme un outil de manipulation - l'univers sulfureux de Haley rappelle celui de McEwan - la cruauté et la perversité s'étalant dans toute leur splendeur. Les femmes, aussi, sont traitées comme de simples objets jetables, dans une société qu'on devine désœuvrée, en quête de nouveaux ennemis (la guerre froide s'étiole, mais les premières frictions en Irlande du Nord apparaissent). C'est donc un roman pour le moins troublant et poignant... mais tellement déconcertant. J'en sors quelque peu perplexe. 

Folio / Octobre 2015 ♦ Traduit par France Camus-Pichon pour les éditions Gallimard

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Expo 58, de Jonathan Coe

Expo 58

Thomas Foley, du Bureau de l’Information, se voit confier la mission de superviser la construction du Pavillon britannique, lors de la prochaine Exposition universelle qui aura lieu à Bruxelles. Nous sommes en 1958. Il doit ainsi partir six mois en Belgique pour administrer le fameux pub anglais, le Britannia, un fac-similé qui deviendra rapidement le bastion d'individus pittoresques. On y retrouve notamment son camarade de chambrée, Tony Buttress, un scientifique anglais responsable d’une machine susceptible de bouleverser la technologie nucléaire, Anneke, la jolie hôtesse belge, son amie Clara, Jamie la barmaid et Emily l'américaine volubile, sans oublier Andrey Chersky, un journaliste russe, peu gêné aux entournures de brandir sa fierté patriotique, même s'il craque copieusement pour les nouvelles chips anglaises. Cette joyeuse bande passe donc de longues soirées animées, à boire de la bière, flirter, danser et refaire le monde. Thomas, tout absorbé par cette ambiance de fête, en oublie même son épouse Sylvia, restée à Tooting, en banlieue londonienne, avec leur bébé sur les bras ! Totalement sous le charme de la blonde Anneke, il vient également de basculer dans une dimension surréaliste - impliquant un kidnapping dans les règles de l'art et une mission d'espionnage à la James Bond - et est clairement dépassé par la situation.

N'en doutez pas, c'est un roman tout simplement exquis. L'histoire au départ ne laisse absolument pas présager la tournure qu'elle va prendre, alors accrochez-vous ! Thomas est un type affreusement guindé, pas taillé pour le rôle de l'agent secret, mais son entourage et leurs péripéties valent franchement le détour. Résultat, on ricane beaucoup à la lecture des aventures folkloriques et truculentes de cet anti-héros qui marche sur les plates-bandes de l'agent 007 comme un automate dégingandé. On redécouvre aussi l'époque de la guerre froide dans une représentation complètement dingue et aberrante, très caricaturale aussi, mais tout ça est fait exprès. L'ensemble peut sembler inattendu, mais c'est absolument désopilant à lire. Frais et enlevé. Un vrai roman anglais qui se moque des codes et du genre.

Folio / Juin 2015 ♦ Traduit par Josée Kamoun pour les éditions Gallimard

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29/02/16

Bilan du mois : Février 2016 ♪♫•*¨*•...•*¨*•♫♪

Line10

Février... Les jours rallongent peu à peu,
On se lève assez tard, Les yeux pleins de brouillard...

En attendant une météo plus douce, ont été lus :

♣ Sidney Chambres et l'ombre de la mort, de James Runcie ♥♥♥♥

♣ Parce que c'était nous, de Mhairi McFarlane  ♥♥♥♥

♣ Le crime de l'Orient-Express, d'Agatha Christie  ♥♥♥♥

♣ Dossier 64, de Jussi Adler-Olsen  ♥♥♥½

♣ Nymphéas Noirs, de Michel Bussi  ♥♥♥½

♣ Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman ♥♥♥½

♣ Le charme discret de l'intestin, de Giulia Enders  ♥♥♥½

♣ Gel nocturne, de Knut Faldbakken ♥♥♥

♣ Le Détroit du loup, d'Olivier Truc ♥♥½

 

♣ Le grand roman de ma petite vie, de Susie Morgenstern  ♥♥♥♥½

♣ Jonas, le requin mécanique de Bertrand Santini  ♥♥♥♥½

♣ Mentine T.3 : Pas de cadeau ! de Jo Witek  ♥♥♥♥

♣ Naufragés, de Siobhan Curham  ♥♥♥♥

♣ Les nouvelles aventures extraordinaires de Monsieur Cochon, d'Emer Stamp  ♥♥♥♥

♣ L'accélérateur d'amour, d'Arnaud Tiercelin   ♥♥♥½  

♣ Pinocchio raconté par Pinocchio, de Michael Morpurgo  ♥♥♥

♣ Fantoccio, de Gilles Barraqué   ♥♥♥

♣ Journal d'une ado déjantée, de Candy Harper  ♥♥♥

♣ Girl Online en tournée, de Zoe Sugg  ♥♥♥

 

3 Abandons :

Le seul et unique Ivan, de Katherine Applegate / Si c'est la fin du monde, de Tommy Wallach / Transfert, de Rémi Stefani

 

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Séries TV : 

The Good Wife (Saison 5, sept. 2013 - mai 2014 / CBS) série créée par Robert King & Michelle King

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Cette cinquième saison a été riche en rebondissements et en émotions ! Alicia accepte enfin de sauter le pas et s'embarque dans une nouvelle aventure avec Cary Agos. Une décision lourde de conséquences, pour sa carrière et pour sa relation avec Will, qui ne va pas être content du tout. Le type explose, de colère et de frustration. Et la guerre est déclarée. Nos deux anciens amants vont s'entre-déchirer, pas seulement au tribunal, mais en coulisses, dans la vie, en amitié etc. Rien ne va plus. C'est super intense et machiavélique jusqu'au boutisme. Des personnages comme Kalinda sont encore plus troublants, et Will est détestable. Et puis, bam, LE CHOC DE MA VIE. Je n'ai rien vu venir et l'effet de surprise m'a carrément fait craquer (= j'ai pleuré comme une madeleine). Mais c'était bon, très très bon. Je jubilais, après coup. Rhalala. Vivement la suite, tiens... même si Alicia, qui gagne en confiance, se permet de franchir des limites qu'elle n'aurait sans doute jamais calculées auparavant ! -^- 

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Whoooo !!! 

 Et là, j'ai pleuré, pleuré, pleuré. J'adore Diane. ♥

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Grantchester (ITV, 2014) série écrite par Daisy Coulam, réalisée par Harry Bradbeer
D'après les romans de James Runcie

Photo James Norton

J'avais repéré cette série depuis un petit bout de temps, mais l'avais mise de côté pour découvrir avant tout le roman de James Runcie (qui m'a follement séduite). Cette adaptation a donc été ... surprenante, dans le sens où les scénaristes y ont finalement puisé une simple source d'inspiration pour raconter la vie d'un jeune pasteur officiant près de Cambridge, passionné d'intrigues policières et résolu à apporter sa contribution spirituelle aux enquêtes de l'inspecteur Keating, qu'il rencontre pour la première fois dans l'affaire du suicide déguisé (première histoire du roman). On découvre aussi un homme torturé par le passé et la guerre, par son amitié amoureuse avec la jolie Amanda, qui doit en épouser un autre. Sidney boit beaucoup pour oublier ses démons, ou écoute du jazz à plein volume, au grand mécontentement de sa gouvernante. C'est une série intéressante à découvrir, pour son ambiance des années 50, pour sa brochette des personnages et pour la personnalité pleine d'aspérités de Sidney Chambers. À lire d'abord, ou à regarder avant tout ... le mélange des deux supports est assez enrichissant. 

Photo James Norton, Morven Christie

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27/02/16

Émile et la danse de boxe, de Vincent Cuvellier & Ronan Badel

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Il est temps pour Émile de nous présenter sa nouvelle activité (une lubie de sa maman qui souhaitait à tout prix l'inscrire quelque part, pour faire des choses, pour l'occuper, ou pour faire comme tout le monde). Bref. Émile a donc choisi la danse. Il enfile son collant rose, non sans mal, tandis que sa maman cherche à l'en dissuader, voyons, voyons, c'est un sport de filles, et pis tout ça... Pourquoi pas yoga ou découpe papier-carton, hein ? Naaaan... Émile est inflexible : ce sera danse, mais danse de boxe. Oh yeah. Émile est déterminé, avec ses Ouch ouch, et ses déhanchés hyper craquants... Ce sont les filles du club qui vont glousser de bonheur !

Et donc Émile, c'est ça : du fun, de la morgue, de l'humour et de la dérision. La coqueluche des histoires du soir, courtes, amusantes et décalées. Une série très, très drôle, forcément indispensable ! ♥

Gallimard Jeunesse / Coll. Giboulées ♦ Février 2016

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