17/02/16

L'Accélérateur d'Amour, d'Arnaud Tiercelin

Avec un titre pareil, la curiosité est titillée à fond ! 💚

L'accélérateur d'amour

Clément est tombé raide dingue amoureux de Kenza, le 2 septembre au matin, dès qu'elle a franchi la porte de sa classe de CM2. Depuis, il plane sur son petit nuage... mais souffre aussi le martyr car il se sent transparent aux yeux de sa douce. Invisible. Inexistant. La fille ne le calcule pas, ignore même son prénom ! Clément est effondré. Il se confie alors à sa “nouvelle sœur” Solenn qui déclare détenir LA solution. Une formule magique, Amoradabra, quelques infusions à avaler, des poèmes à déclamer, un chat à sauver, du gingembre à ingurgiter... Nul doute qu'après tout ça, la femme de sa vie lui tombera dans les bras ! ;-)

Mais alors que tout semble se goupiller au mieux pour notre Roméo de dix ans, ses certitudes s'effritent et le plongent de nouveau dans un profond désarroi. Clément est fou amoureux de Kenza, mais pense de plus en plus à Solenn. Il ferme les yeux, et ce sont ses yeux, ses dents, son sourire qui s'impriment dans son esprit. Quelle confusion. Est-ce seulement envisageable de penser si fort à la fille de la nouvelle amoureuse de son papa ? Et peut-on tomber amoureux de deux filles à la fois ? Notre pauvre Clément est carrément paumé. 

En voilà un chouette roman qui traite d'amour et des émotions avec légèreté, tendresse et humour ! Nos jeunes héros tourmentés ont à peine dix ans, mais connaissent déjà les cœurs qui palpitent, les affres de l'incertitude et la confusion des sentiments. L'histoire est naturellement racontée en toute simplicité, sans chichis, mais avec justesse et bienveillance. Les tergiversations romantiques de Clément se frottent aussi à des situations cocasses, dont le fameux accélérateur d'amour, et plantent un portrait de famille recomposée attachant, et celui d'un papa écrivain, doux-rêveur, résolument craquant ! 

Rouergue Jeunesse / Novembre 2015 ♦ Illustration de couverture : Thomas Rouzière / Olivier Douzou pour le graphisme

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16/02/16

Le Grand roman de ma Petite vie, par Susie Morgenstern & ill. par Albertine

Le grand roman de ma petite vie

Bonnie est une adolescente de 13 ans, qui vit à Paris dans un petit appartement exclusivement féminin. Sous le même toit, cohabitent donc la grand-mère Omama, la mère surbookée par son boulot et notre héroïne dont la tête grouille de questions existentielles, du genre : se réveiller ou rester au lit, routine ou aventure, sociable ou sauvage, jeans ou jupe, se marier ou rester célibataire, divorce ou famille unie, accepter ou se battre, mon histoire ou la tienne... Enfin bref, après un début assez hésitant, très ancré dans les préoccupations adolescentes, le roman finit par proposer une perspective de lecture tout à fait délirante ! Car notre jeune narratrice est drôle et talentueuse, à cultiver un humour mordant et voir la vie autrement. Son approche est féministe, résolument. Car elle doit aux femmes de sa vie le choix de conduire son destin de manière décomplexée, du moins c'était avant de se trouver empruntée, figée dans un corps dont on ne contrôle plus les odeurs, affublée d'une chevelure improbable, avec le sentiment de paraître perpétuellement dégingandée. Treize ans, ça use. Aussi Bonnie affronte ses propres tempêtes avec un sens de l'autodérision absolument jouissif. Il faut la suivre dans ses aventures, quand par exemple elle décroche sa participation à un concours d'écriture et qu'elle doit se rendre à Deauville, avec Carl, l'autre candidat qualifié, dont elle est secrètement amoureuse, et quand la grève des trains menace leur voyage, ils décident tous deux de louer un tandem et de pédaler jusqu'en Normandie ! Et ça continue de tourbillonner dans tous les sens, entre une vie familiale turbulente, un papa absent qui réapparaît par magie, une meilleure amie qui voit son monde s'écrouler, une grand-mère secrète qui dévoile peu à peu une vieille histoire de famille, une montre Patek Philippe qu'on dote de tous les honneurs, une mamie richissime qui s'ennuie au Bristol, un job décroché en douce pour s'offrir une chambre à soi, et un appartement de plus en plus riquiqui pour accueillir une joyeuse smala ! Le roman est ainsi riche d'une ambiance colorée, pétulante et chaleureuse et peut s'enorgueillir d'offrir un moment de lecture à la fois tendre et désopilant, où viennent s'y faufiler les illustrations facétieuses d'Albertine qui apportent un charme supplémentaire à cette délicieuse surprise de début d'année ! À découvrir.  

La Martinière J. / Janvier 2016

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15/02/16

Pinocchio raconte Pinocchio, de Michael Morpurgo & ill. par Emma Chichester Clark

Pinocchio raconte Pinocchio

Pinocchio est loin d'être mon conte préféré, pourtant il m'a été impossible de résister à cette adaptation de Michael Morpurgo. Parce que, Michael Morpurgo. En duo avec Emma Chichester Clark, dont les illustrations pleines de charme ont su apporter de la fraîcheur à cette histoire d'un grand classicisme. Un vent de folie souffle donc sur cette version, et ça fait du bien.

C'est donc l'histoire d'un petit bout de bois, sculpté pour en faire un pantin, que quelques larmes de détresse ont su animer par magie. Ainsi naquit Pinocchio. Ses parents, fous de joie, se plient en quatre pour combler tous ses désirs, à tel point que ce fils trop gâté agit souvent sans réfléchir et leur cause beaucoup de chagrin. Pinocchio a soif de liberté, d'aventure et de découverte, aussi court-il droit devant, sans s'arrêter, zigouillant sans vergogne un Grillon Parlant, avant d'être rongé de remords, ou suivant naïvement un duo improbable, constitué d'un renard boîteux et d'un chat aveugle, avec la promesse d'une future grande fortune. Pinocchio est un benêt, mais un benêt attachant. Après tout, « grandir est une période passionnante et difficile ». Son apprentissage est une mise à l'épreuve de chaque instant, une série de tentations, un lot de souffrances, une suite de dangers et de catastrophes, d'erreurs et de malheurs, d'espoir et de bonheur. De vraies montagnes russes. Cette lecture pleine de dynamisme est ainsi touchante dans son approche, en donnant la parole à Pinocchio lui-même, qui livre sa propre version de son histoire légendaire. Morpurgo a puisé l'inspiration dans l'œuvre de Carlo Collodi, mais en apportant sa touche personnelle, beaucoup plus actuelle. Le roman n'en est que plus innocent et malicieux, surprenant et drôle.

Gallimard Jeunesse / Octobre 2015 ♦ Traduit par Diane Ménard (Pinocchio)

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SOURCE : Emma Chichester Clark

 

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Et pour les amateurs du genre, n'hésitez pas à vous pencher sur le roman de Gilles Barraqué, Fantoccio (L'École des Loisirs, 2015) dans cette version tout aussi originale et inattendue. 

Fantoccio par Barraqué

Une nuit, dans la campagne de Toscane, sur la table d'une demeure crasseuse, un grand pantin de bois s'éveille à la vie, aidé par de puissantes incantations de sorcellerie. Fantoccio, doté des facultés de penser, de ressentir et d'agir, conçoit aussitôt sa naissance comme un vrai miracle. Geppetto, son maître marionnettiste, a de grands projets pour lui mais ce destin tout tracé va de moins en moins enchanter notre créature, qui ne supporte plus les faux-semblants. Sa rencontre avec la jolie Livia, dont il tombe amoureux, lui donnera aussi l'envie de voir plus loin, de briser ses chaînes et de satisfaire ses rêves insensés.

C'est un douloureux apprentissage de la vie, raconté avec beaucoup de tendresse et d'émotion. Le personnage de Fantoccio rappelle évidemment celui de Pinocchio dans sa perception naïve des choses et la grande désillusion qui succède ses découvertes, sauf que le héros de Gilles Barraqué est davantage un adolescent, qui porte sur son entourage un avis teinté d'amertume et de déception (j'ai parfois pensé au mythe de Prométhée & Frankenstein). Fantoccio est un garçon avec des pulsions et des interrogations, et tout ça fait que ça grouille dans sa tête, au risque de déborder. Il n'accepte plus d'être une “marionnette” entre les mains de son créateur et aspire à s'émanciper. Ce saut dans le vide fait écho au passage à l'âge adulte, un cap délicat, qui ne se déroule pas sans heurt. Ce roman d'une grande sensibilité n'est pas à mettre entre toutes les mains, d'autant plus que son style abattu est à mille lieux de la plume poétique et enchanteresse que j'avais savourée dans Au Ventre du Monde. Une impression plus mitigée, donc. 

 

Jonas Le Requin mécanique, de Bertrand Santini & ill. de Paul Mager

Jonas le requin mécanique

Ancienne vedette d'une série de films à succès (Les Dents de la mort), Jonas, le requin blanc, coule une retraite paisible à MonsterLand, un parc d'animations réunissant les monstres du cinéma. Il tente ainsi de distraire un public désabusé en singeant ses anciennes prouesses, mais notre mangeur d'hommes accuse les années et une mécanique rouillée. Résultat, le spectacle est constamment annulé, à force de pannes répétées. Le directeur est à bout de patience et décide d'envoyer Jonas à la casse.

Seulement, cette discussion n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd et le vieux Krokzilla veut avertir son pote de prendre la poudre d'escampette. Pourquoi ne pas saisir la chance de vivre son rêve en goûtant à la vie sauvage et aux courants de l'océan ? Mais Jonas en frissonne d'effroi. Il refuse de quitter son nid douillet, persuadé de la bonté des humains, auxquels il a dédié sa vie en tentant de les divertir du mieux possible. Ha, ha. Quel utopiste. 

C'est donc contraint et forcé que le cauchemar des stations balnéaires de Californie s'aventure vers le grand large, croisant en chemin un manchot rigolo, pris au piège d'un filet de pêche. Lui, Jonas, est enchanté de se faire un nouveau copain, sans toutefois oser lui avouer qu'il est fait de boulons et d'huile, de peur d'être ridicule. Loopy tombe dans le panneau et pactise avec le diable pour assurer ses arrières. 

Leur équipée folle et incongrue donne lieu à une lecture absolument désopilante ! 😉 On rit, on frémit, on sourit, on soupire, on râle, on beugle et on pousse des cris... de joie et de bonheur. Franchement, ce sont 110 pages de plaisir, pigmentées d'illustrations semblant tout droit tirées d'un film d'animation -quelle coïncidence - et forte d'une histoire délirante, racontée avec verve et humour, pour un festival de sensations.  

Après le succès du Yark, Bertrand Santini propose un autre héros littéraire à la fois touchant et délicieusement naïf (datant de 2014, depuis l'auteur a aussi raconté les aventures du chien Gurty). Jonas est une créature précédée de sa réputation monstrueuse, alors qu'il est finalement tout sucre tout miel au fond de lui, confronté à un apprentissage de la vraie vie, tantôt brutal, tantôt cocasse.

On croise aussi une belle brochette d'énergumènes dans cette épopée, dont le coriace capitaine Grisby ou le très avide Gavin Payet, plus tous les habitants de Wampanig Island qui lancent une pêche au trésor contre le squale. Les humains sont des idiots. Et Jonas, un doux rêveur. Lui avait pour désir profond de rencontrer sa maman et d'être vivant “pour renifler le froid, le chaud, la faim, sentir la flamme brûler, le vent caresser et renifler les odeurs, même les mauvaises” ! 

Quelle tristesse. On pense aussi à Pinocchio en lisant la fin émouvante, quelque peu précipitée, tout en refermant ce petit bouquin et en soupirant fort, fort, fort... de bonheur. Voilà une lecture exquise, merveilleusement drôle et légèrement attendrissante, conduite avec panache et tendresse. On passe un fabuleux moment en compagnie de Jonas, à terrifier les foules et à braver les tempêtes ! Je recommande.

Grasset Jeunesse / Octobre 2014

J'avoue que j'ai beaucoup aimé la représentation du pirate et de son singe...

SOURCE : Paul Mager

 

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13/02/16

Je t'aime gros comme ça, de Paul Martin & Delphine Chedru

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Pour dire « je t'aime » avec humour et poésie !

Parce que Je t'aime, avec le calme d'un ouragan, la grâce d'un éléphant, un grand rire de crocodile.

Parce qu'un Je t'aime peut être, aussi doudou qu'un toutou, solide comme un fil d'araignée,
avec l'appétit d'un oiseau et la force d'une fourmi.

On trouve des tonnes de Je t'aime dans ce petit album, tout cartonné, au petit format (15 x 15) idéal pour glisser dans son sac, et aux illustrations de Delphine Chedru absolument adorables.

C'est la parfaite combinaison de jeux de mots et de dessins enchanteurs, qui convie à réciter l'amour sous toutes les formes et avec des formules très rigolotes. Une déclaration musicale et imagée qui plaira aux petits et aux plus grands ! ;-)

Tourbillon / Novembre 2015

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Audiolib célèbre les amoureux ! 💘 💘

Quand on est comme moi accro aux livres audio, on ne peut que saluer l'initiative de l'éditeur Audiolib qui sort, cette année encore, son célèbre jukebox rempli d'extraits de ses récentes parutions, consacrant le sujet du jour. L'amour. Passez du rire aux larmes, des fadaises aux élucubrations enlevées et philosophiques, rêvez, évadez-vous, soupirez, grondez... il y en a pour tous les goûts ! ;-) 

La « love » sélection Audiolib est disponible en cliquant sur le logo ci-dessous :

Audiolib

Il paraît que l'amour rend bête... 
Dans cette comédie au fin fond de l'arctique qui réchauffe les coeurs (Ma vie de pingouin)

Quand l'amour d'une mère disparue vous permet de réaliser vos rêves de jeunesse (Demain est un autre jour)

Quand l'amour passion se confronte à l'amour raison...
Sara Lindqvist, jusque-là amoureuse des livres, va découvrir un autre amour... (La Bibliothèque des cœurs cabossés)

Chez Roland Barthes, l'amour se célèbre comme une fête,
laissez-vous le conter par Fabrice Luchini. (Fragments d’un discours amoureux)

Entre deux océans, quand l'amour provoque un dilemme entre un couple et le désir d'avoir un enfant.
Et si le destin s'en mêlait ? (Une vie entre deux océans)

Entre Elle & Lui, un baiser est un tremblement de terre...

Quand le temps semble s'arrêter alors qu'il est compté...
Un amour atemporel à écouter et à partager à deux. (Nos étoiles contraires)

Les amours mythiques et pimentés d'Héloïse et Abélard servis par Dominique Pinon... 
A ne pas mettre entre toutes les oreilles ! (Héloïse, ouille !)

L'amour entre Scout et Henry sera t-il plus fort que leurs visions de la société qui ne cessent de s’éloigner ?
(Va et poste une sentinelle)

On aimerait parfois que l'instant présent dure une éternité... (L’instant présent)


St Valentin site-Récupéré

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Mon chagrin éléphant, de Cécile Roumiguière & Madalena Matoso

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Après la perte de sa grand-père, l'enfant éprouve beaucoup de chagrin. Un chagrin énorme et encombrant, comme un éléphant. Ce dernier est bleu et vient de surgir sans crier gare dans la voiture, assis confortablement à côté du garçon. Il lui demande même de chanter une chanson... Ses parents ne voient rien, mais lui reprochent de ne pas respecter leur chagrin et réclament du silence.

L'enfant est contrarié. D'abord, il y a cet éléphant qui ne le quitte plus. Il incarne son chagrin, dit-il. C'est lourd, ça ne s'oublie pas, ça vous colle partout. Et l'absence de Mamiette aussi pèse lourd dans la balance. C'est douloureux de penser à elle, de songer à son jardin et à ses fleurs qui vont faner. Aussi, le temps passe et l'éléphant ne part pas.

La tristesse est là, tenace et entêtante. Mais elle s'amenuise tout doucement. D'ailleurs, la taille de l'éléphant aussi se réduit. Il prend de moins en moins de place, se fait discret. L'enfant peut même chanter à tue-tête dans la voiture, ses parents reprennent le refrain en chœur. Le temps de l'éléphant est compté...

Cette belle image du deuil, du chagrin, de la tristesse, représentée par un gros éléphant bleu, est ingénieuse et adorable dans sa façon de faire éclater les couleurs, les rondeurs, les volumes, les chansons. Quand le chagrin vous imprègne des pieds à la tête, il finit par vous obséder et vous accabler. Seulement, l'amour ne se mesure pas, n'est pas non plus affaire de souffrance.

On n'oublie jamais un être cher, on peut y penser souvent, en humant une fraise des bois, un hortensia ou une tarte aux pommes. Un chagrin éléphant ne se cramponne pas, il sert à vous accompagner, à vous guider vers la gaieté. À soulager les mines tristes, les larmes, les moues boudeuses, le cœur trop gros, trop lourd.

Beaucoup de tendresse, de sagesse et de poésie dans ce magnifique texte de Cécile Roumiguière, à travers un album émouvant que les illustrations rayonnantes de Madalena Matoso détournent pour incarner la joie, les sourires, la vie. Une belle lecture, nécessaire pour contrer les petits bobos de la vie et tacler les coups de blues.

Thierry Magnier, août 2015

 

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Les Dents de la jungle, de Jarvis

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Ali est un alligator terrifiant et, comme tous ses ancêtres, il règne sur la jungle en maintenant un climat de terreur. Tous les matins, il procède à son rituel en effectuant une toilette minutieuse, depuis ses écailles brillantes, à ses griffes aiguisées et aux dents longuement brossées. Puis, il parcourt les alentours en poussant des cris effrayants et en faisant claquer sa mâchoire. L'effet est radical, les grenouilles, les singes et les perroquets se planquent en hurlant comme des malades.

Ali est ravi de l'effet qu'il produit, fier d'inspirer de la crainte. Sauf que l'histoire ne dit pas tout : chaque soir, à l'abri des regards indiscrets, Ali ôte son dentier. Eh oui, un dentier ! Notre grosse bestiole terrifiante est finalement aussi inoffensive qu'un agneau, mais chut ! surtout n'ébruitez pas son secret. Ali serait malheureux sans ce sentiment de puissance, après tout il ne sait rien faire d'autre qu'effrayer les habitants de la jungle.

Et puis, un matin, Bertrand le castor découvre malencontreusement le dentier d'Ali, tandis que celui-ci est encore en train de roupiller un petit somme dans son marais. Quelle aubaine. La révolution peut commencer ! Bertrand et ses camarades prennent le pouvoir et décident d'en faire baver à leur tortionnaire. Du moins, ils vont le faire marcher une bonne journée, avant de se ressaisir face à sa détresse et ses gros sanglots.

Il faut croire que même les brutes ne méritent pas d'être humiliées indéfiniment, surtout si la leçon a été bien apprise. Tous conviennent donc d'un pacte de cohabitation en bonne et due forme. Ali l'alligator va se trouver une nouvelle vocation en s'improvisant jardinier, coiffeur, dentiste et même conteur d'histoires à faire peur ! C'est tout de même son point fort, ne l'oublions pas ! ;-)

Bref. Cette histoire espiègle et drôle est extraordinairement mise en scène par les illustrations colorées et cocasses de Jarvis. Le ton humoristique s'étale à chaque page - même Ali l'alligator ne fait pas peur du tout ! Sa tronche et son sourire canaille font franchement sourire. Cela donne à la lecture une tonalité pleine de pep's et de jovialité, qui plaît beaucoup aux enfants... qui en redemandent. Un album très, très sympa, à découvrir. 

Milan / Février 2016 ♦ Adaptation française de Mim

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La Petite maison de bois, de Christopher Corr

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Il était une fois, cachée dans la forêt, une petite maison de bois, avec des murs tout blancs, neuf jolies fenêtres et une belle porte rouge. C'était un amour de maisonnette, sauf qu'elle était vide, triste et glacée. Tout change lorsque débarque une souricette, qui accueille à son tour une grenouille, puis un lapin, un castor, un renard, un coq, un cerf et un écureuil roux. 

Et la maison ne cesse de s'éveiller, de palpiter, de vivre en grand et de partager son cocon douillet. Une chouette toque à la porte et s'invite à la fête, deux pies font de même, et aussi un pic-vert. Quelle joyeuse ménagerie ! Cela vaut bien quelques chants et quelques danses... Tout ce tintamarre finit par alerter un gros ours brun, qui s'approche de la petite maison de bois.

Lui aussi souhaiterait se joindre à cette joyeuse bande, sauf qu'il n'y a plus de place. La maison est trop petite pour l'ours, lequel s'entête et veut prouver le contraire. Quelle catastrophe. L'animal va détruire la maisonnette et briser les rêves de ses camarades. Les larmes coulent dans la forêt. La fête est finie. :((

Cette histoire, adaptée d'après un conte populaire russe, est une belle leçon d'amitié, de partage et de solidarité, qui se termine évidemment sur une note positive. Ceci dit, ce qui retient surtout l'attention du lecteur, c'est l'extraordinaire luminosité qui se dégage des pages du livre ! Whaou... c'est flashant, pétant, iridescent, limite fluorescent. On en prend plein les mirettes ! Ce style naïf, acoquiné aux couleurs éblouissantes, séduit fortement les enfants... immédiatement attirés par le ton moderne de l'ouvrage. Une découverte attrayante. 

Gallimard Jeunesse ♦ Janvier 2016

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Mon chat Boudin, de Christine Roussey

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Ah, quel album ! Il réunit le talent, l'humour, l'élégance, le délire et le cocasse. C'est drôle, tout le temps. C'est écrit avec une vivacité éclatante, et qui fait un bien fou. C'est illustré avec tendresse et simplicité... miam, ça me plaît.

C'est donc l'histoire d'une fillette hyperactive, au planning chargé du matin au soir, pas le temps de souffler, c'est la course tous les jours, pas une minute à perdre, sous peine d'être en retard. Son chat Boudin, c'est tout le contraire. C'est le roi des flemmards. Il excelle dans l'art de la paresse et cultive avec génie le droit de glander, de se prélasser, de paresser.

À sa façon, il va envoyer voltiger l'empressement hystérique de sa jeune maîtresse pour la conduire au jardin, près de l'étang ou sous le grand sapin, et ainsi la surprendre. Tous deux vont ronronner de plaisir, juste regarder les coccinelles, écouter le vent ou le bloup des carpes dans l'eau. On oublie trop souvent que l'eau qui claquette et clapotte, c'est si chouette ! ;-)

Cette lecture facétieuse est quelque part une ode au farniente ou rappelle simplement l'importance de profiter du moment présent, de savoir ne rien faire, juste prendre le temps de s'asseoir, de regarder la vie autour et et de sourire juste pour le plaisir. Une lecture FORMIDABLE et craquante sous toutes les formes. Je recommande, chaleurement. ♥

De la Martinière Jeunesse ♦ Janvier 2016

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