18/03/13

“There's a difference between really loving someone and loving the idea of her.”

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Nick et Amy sont mariés depuis cinq ans. Comme chaque année, la jeune femme organise une chasse aux trésors pour fêter leur anniversaire de mariage. Or, ce jour-là, Nick rentre chez lui et découvre sa maison saccagée. Sa femme, elle, a disparu. Aussitôt l'enquête pèse sur le mari dont le stoïcisme affiché attise les foudres de la vindicte populaire. En filigrane, nous découvrons le journal intime d'Amy, et soudainement l'histoire prend une vilaine tournure.

Les doutes s'installent, bien ancrés, poisseux et dérangeants. Puis, résonne le gong de la deuxième partie, nos certitudes de nouveau vacillent et l'histoire revêt un voile trouble qui finit de nous rendre complètement dingue. Qu'est-ce que j'ai pu aimer ce livre ! Le scénario est machiavélique, avec une mise en scène sophistiquée et au suspense saisissant. L'auteur nous raconte l'idée qu'on se fait d'une histoire d'amour, selon le principe qu'on aime plus souvent l'idée qu'on se fait d'une personne, plutôt que la personne elle-même. Et ainsi, elle nous déroule son intrigue avec un aplomb incroyable, une finesse exemplaire, le tout ponctué de coups de théâtre retentissants.

J'ai été bluffée. La version Audiolib nous propose deux lecteurs, Julien Chatelet pour les passages concernant Nick, et Odile Cohen (la voix française d'Uma Thurman) pour toutes les parties d'Amy. Ces deux voix racontent chacune leur histoire, elles se font écho, proposent une version, puis une autre, et nous, au milieu, nous avons le tournis. Mais c'est grandiose ! Singulièrement prenant, stupéfiant et bien campé. J'adopte définitivement les romans de cet auteur, que je vais découvrir sans plus attendre.

Les apparences, par Gillian Flynn
Sonatine, 2012 / Audiolib, 2013 - traduit par Héloïse Esquié
Livre audio 2 CD MP3 - durée : 18 heures


13/03/13

“You wanted hearts and flowers,” he murmurs.

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Nous avions abandonné une Anastasia en pleine reprise de ses moyens, choisissant de fuir sa relation malsaine avec Christian, et j'avais grandement applaudi ce choix. Clap clap clap. Hélas, la résistance de la demoiselle aura duré ... 20 pages. Quelle désolation ! Ana a donc commencé son boulot, elle est assistante auprès d'un éditeur indépendant, lequel semble lui porter une attention bien pressante. Hmm, c'est alors que Christian réapparaît avec ses cadeaux, ses virées en hélicoptère et ses tons graves et impétueux, tout ça parce qu'il n'est pas content de la mine de déterrée de sa petite copine, qui a aussi perdu quelques kilos, le comble du comble, car ... à quand date son dernier repas ?! (pff)

Eh oui, c'est toujours, toujours la même rengaine. Christian se pose en mâle dominateur, mais c'est ridicule, Ana est naïve et ne cesse de minauder. Au secours. Dès lors qu'il lui propose de revoir les bases de leur relation (encore un contrat ?), elle frétille d'excitation. Enfin une relation avec des fleurs et du chocolat ? Naaan... Je sature.  Autant j'avais pu rigoler avec les débuts de cette série olé-olé, autant cette fois je m'escrime et je jure que la plaisanterie a assez duré.

Et cette farce dure trois tomes, pitié STOP. C'est chiant et y'en a marre de ces fadaises et autres niaiseries. Le pire, c'est qu'il y a maintenant des tonnes de bouquins qui ont pris le relais et qu'on ne trouve plus que ça (de la médiocrité et du porno vulgaire). Que passe cette mode au plus vite et qu'on retrouve des histoires plus croustillantes, drôles et écrites avec une vraie plume.

Rien à redire sur l'interprétation de Séverine Cayron, juste et stoïque quand on songe aux singeries qu'elle doit débiter, c'est le seul bon point à sauver de ce livre à écouter.

Cinquante nuances plus sombres, par E.L. James
JC Lattès / Audiolib, 2013 - traduit par Aurélie Tronchet
Texte intégral lu par Séverine Cayron, avec la participation de Julien Bocher

“Things denied, things untold, things hidden and disguised.”

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J'ai attendu que le buzz autour du nouveau roman de JK Rowling s'essouffle pour enfin saisir l'occasion de découvrir ce qu'il recelait. Et ma foi, je n'ai pas du tout été déçue ! C'est franchement une lecture brillante, captivante et très amère que l'auteur nous propose, chacun jugera selon sa sensibilité, pour ma part j'ai été embarquée dès les premières pages.

Tout commence par le décès brutal de Barry Fairbrother, la quarantaine, époux et père de famille comblé. Il était également membre du conseil paroissial, c'est d'ailleurs le petit détail qui fera toute la différence, car à l'occasion de l'élection du nouveau membre, une série de passions intimes va se déchaîner.

Les chapitres sont dans l'ensemble assez courts, car ils permettent un tour d'horizon pointilleux sur la communauté de Pagford, une bourgade charmante, qui se veut chic et noble, mais qui souffre d'une épine dans le pied avec l'implantation d'une cité et une clinique de désintoxication. Une partie de la société rétrograde trouve que cela fait désordre dans le paysage, et voudrait refourguer le paquet à la commune voisine, Yarvil.

Evidemment, Barry Fairbrother était un partisan de cette cité nommé Les Champs, dont il était originaire et avait su s'élever en devenant un membre respectable et respecté de la petite ville. Il avait d'ailleurs pris sous son aile la jeune Krystal Weedon dans son équipe d'aviron, afin de l'éloigner de son milieu désœuvré avec sa mère junkie, son petit frère surveillé par les services sociaux, tout ça sans père ni boulot.

On découvre tout un petit noyau de personnalités assez caractéristiques, la veuve éplorée et rancunière, le meilleur ami sentimentalement instable, le grand manitou qui pousse son fils à se lancer en politique, l'épouse de celui-ci qui noie son ennui dans l'alcool, la femme médecin aux nerfs fragiles, l'assistante sociale qui a cru avoir droit à sa part de bonheur, le type aigri qui se défoule en tabassant ses proches, sans oublier les adolescents, autres éléments déclencheurs, car ils sont les spectateurs désabusés de cette foire aux monstres, et eux aussi ont leurs comptes à régler.

Ce regard posé sur notre société est cynique, sans concession et sans équivoque. Pour ceux qui en seraient restés à une vision magique et enchanteresse de l'univers de Harry Potter, ils trouveront matière à être bousculés et à regretter ce changement de registre. En ce qui me concerne, j'ai été bluffée. J'ai opté pour l'écoute en Audiolib de cet épais roman de plus de 600 pages, du coup cela représente pas loin de 21 heures de lecture attentive. C'est impressionnant, mais honnêtement je n'ai pas vu le temps passer et j'ai été captivée par cette magistrale orchestration, qui a bien su souligner l'intensité dramatique au fil des chapitres.

Une place à prendre, par J.K. Rowling
Texte intégral lu par Philippe Résimont / Traduit de l'anglais par Pierre Demarty
Grasset, 2012 - Audiolib, 2013

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11/02/13

"Je sais à ce moment-là que je ferais n'importe quoi pour cet homme. Je lui appartiens."

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Ana est étudiante, en dernière année. C'est une jeune femme amoureuse de littérature romantique, qui n'a jamais connu le grand frisson et qui entend se préserver pour LE candidat idéal. Et elle le rencontre au cours d'une interview pour le journal de la fac, il s'agit de Christian Grey, multimillionnaire, attirant et célibataire. Aussitôt son cœur fait boum.

Le problème d'Anastasia, c'est qu'elle se dévalorise constamment : physique ordinaire, maladresse légendaire, d'une naïveté et d'une innocence déconcertantes... Et la gourde confie son destin amoureux à un type qui lui propose tout le contraire, du sexe, sous contrat et avec des clauses particulières. Toute autre jeune fille (in)expérimentée prendrait ses jambes à son cou, mais pas notre mademoiselle Steele !

Alors, je dois avouer m'être beaucoup amusée à l'écoute des premiers chapitres, avec la conscience aigüe que ce n'était peut-être pas normal, sauf qu'il faut reconnaître que l'héroïne, dont la première entrée en scène se solde par une chute à quatre pattes sur le seuil du bureau de Christian Grey (oui franchement j'ai ricané comme une bécasse), est pathétique à souhait.

Pendant longtemps j'ai trouvé que c'était comique et divertissant, avec des défauts à la pelle (diantre, ce niveau d'écriture). Je reste, cependant, intimement convaincue que cette version Audiolib a pu jouer en faveur de mon appréciation générale (S. Cayron est troublante, ironique, coquine et sans complexe). Bon, dès le moment où on entre dans le vif du sujet, avec l'étalage graveleux de scènes sexuelles pas du tout sensuelles, j'ai commencé à faire la fine bouche.

Voilà, c'est de la lecture de distraction, qui comporte une lourdeur de style, des personnages têtes à claques, une histoire quelque peu grivoise, avec des descriptions sans charme, d'un érotisme plat, mais j'ai tenu jusqu'au bout, 16 heures d'écoute tout de même, car l'interprétation du livre audio est agréable et pertinente. 

Cinquante nuances de Grey, par E.L. James
JC Lattès / Audiolib, 2012 - traduit par Denyse Beaulieu
Texte intégral lu par Séverine Cayron

28/01/13

"Ove son? Chi m'aita? In mezzo all'ombre...Dal mio petto"

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J'ai été probablement induite en erreur en voyant le nom de Donna Leon sur la couverture, anticipant un récit d'ordre criminel ou policier, ce qui est finalement loin d'être le cas. Quand on jette un coup d'œil à la quatrième de couverture (ce que je fais rarement), on découvre alors que cette œuvre est à l'initiative de Cécilia Bartoli, la chanteuse lyrique, qui souhaitait partager sa découverte d'un compositeur baroque du XVIIème siècle. Ni plus, ni moins. On est presque en droit de regretter son empressement, mais tout n'est pas mauvais non plus.

Caterina Pellegrini est une musicologue passionnée, qui s'ennuie à Manchester où elle travaille. Elle profite de l'occasion qu'on lui offre de retourner à Venise, sa ville natale, pour le compte de deux cousins qui se disputent un héritage et qui souhaitent l'avis d'un expert pour délivrer les clauses testamentaires. Deux malles appartenant à Agostino Steffani, un compositeur baroque tombé dans l'oubli, auraient en effet refait surface. Le travail de Caterina consisterait à analyser leur contenu, sans s'embarrasser des détails, lui souligne-t-on.

La rencontre avec ses employeurs et leur avocat rend la jeune femme mal à l'aise, ces hommes sont cupides et croient en l'existence d'un trésor, ils n'en ont que faire du potentiel historique et culturel des malles. Malgré tout, Caterina se dévoue à sa besogne avec un esprit consciencieux et méticuleux. Elle réalise assez rapidement que le parcours de vie de Steffani était plus que mystérieux, l'homme aurait multiplié les vocations (compositeur, castrat, évêque, émissaire diplomatique, peut-être aussi espion et complice de crime).

Plus elle va éplucher sa correspondance, se plonger dans les ouvrages annexes et solliciter sa sœur Cristina, aussi une chercheuse de grande renommée, qui est en train de remettre en question sa vocation religieuse, et plus Caterina va s'enthousiasmer pour son projet et oublier la pression des cousins. Elle s'offre même un interlude romantique avec le séduisant avocat, se promène le soir dans les rues de Venise et frise la crise de panique lorsqu'un individu la piste. Autant dire que l'ensemble est coquet, saupoudré d'un nuage de suspense, mais très léger aussi, car on s'interroge sur la vie du compositeur baroque, mais aussi sur ce que va découvrir Caterina en fouillant les archives.

L'histoire emprunte quelques pistes pour enflammer l'éveil du lecteur, mais sans toutefois le maintenir en ébullition. C'est un peu ce que je reprocherai à cette intrigue, d'avoir tenté... pour faillir piteusement. Car l'ensemble est plat, pas franchement émoustillant, même si j'ai tenu à aller jusqu'au bout du récit pour connaître le fin mot de l'histoire. Mais je pense que j'oublierai très vite tout ça ! Par contre, ce qui a permis d'embellir la lecture, pour moi, c'est d'avoir privilégié la version Audiolib avec Sabrina Marchese en narratrice. Avec son léger accent italien, très mélodieux, elle rend la lecture séduisante et dépaysante.

Les Joyaux du paradis, par Donna Leon
Audiolib / Calmann-Lévy, 2012 - traduit par William Olivier Desmond
texte intégral lu par Sabrina Marchese - durée 9h20

Écoutez l'extrait lu par Sabrina Marchese

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17/01/13

"Ne pensons plus au passé que lorsqu'il nous apporte du plaisir, et contemplons l'avenir avec confiance et espoir."

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L'histoire se passe quelques années après le mariage des filles Bennet, en 1803. Nous sommes sur le domaine de Pemberley, où Darcy et Elizabeth coulent des jours heureux. Leur seule préoccupation consiste à organiser, dans la plus stricte tradition familiale, le bal de Lady Anne, avec peut-être l'annonce des fiançailles de Georgiana, qui semble entourée de deux prétendants. Et puis c'est le drame, un corps est découvert dans les bois, le couple Wickham fait une entrée fracassante et l'on comprend vite que le mari de Lydia est désormais le suspect idéal. La famille Bennet est effondrée, Liz et Jane se serrent les coudes, leurs époux font également preuve de patience, mais tout ce petit monde est clairement abattu. Plus on avance dans la lecture, plus on plonge dans un profond désarroi. L'ambiance devient sinistre, lourde, déprimante.

Il ne faut donc pas s'attendre à beaucoup d'action dans cette histoire, essentiellement alimentée de bavardages et composée d'introspection. P.D. James a privilégié une étude des sentiments et une analyse psychologique de la situation, revenant sans cesse sur des événements connus par les lecteurs de Jane Austen. Celle-ci était réputée pour sa finesse et son bon esprit, mais n'est pas Jane Austen qui veut ! Le style de Mrs James est plus classique, nettement peu mordant ou espiègle. C'est même parfois répétitif, on a l'impression de tourner en rond quand les mêmes faits et pensées sont rappelés d'une façon puis d'une autre. J'ai toutefois savouré cette ambiance, Pemberley occupe une place de choix dans le livre, mais aussi dans le cœur de ses occupants. Même les domestiques lui vouent un sens du devoir et du sacrifice qui peut paraître sidérant ! Et puis c'est toujours un plaisir de retrouver des personnages aussi chers, les sœurs Bennet ont fait du chemin et sont globalement heureuses, seul le couple Wickham fait preuve de sottise et d'inconséquence, comme d'habitude, ces deux-là n'ont vraiment pas changé. Quelle plaie ! Le petit clin d'œil à Emma a été également très fin, très délicat, je n'ai pas manqué de sourire à la fin.

Lecture hivernale par excellence, ce livre aura été un moment agréable et peu conséquent. Prévoir un peu plus de 10 heures d'écoute en Audiolib. Texte intégral lu par Guila Clara Kessous.

La mort s'invite à Pemberley, par P.D. James
Fayard, 2012 / Audiolib, 2013  - traduit par Odile Demange

Écoutez l'extrait lu par Guila Clara Kessous

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22/12/12

Cold Case danois

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Carl Morck est un enquêteur hors pair, mais une récente affaire l'a fait tomber dans une fusillade qui a coûté la vie à un collègue et scotché un autre sur un lit d'hôpital. Profondément meurtri et traumatisé, Carl tente de reprendre le boulot, où l'attend une étrange promotion. Un nouveau service vient en effet d'être créé, le Département V, qui consiste à traiter les affaires classées et jamais résolues. Une bonne planque, selon Carl. Or, on lui colle un drôle de zèbre comme assistant, un réfugié syrien du nom d'Assad, qui aime les boissons et pâtisseries trop sucrées et fait preuve d'un esprit particulièrement aiguisé en dépit de son apparente bonhomie.

C'est ainsi que Carl et Assad vont s'acharner sur le dossier d'une jeune et brillante politicienne, Merete Lyyngaard, disparue cinq ans plus tôt alors qu'elle était sur un ferry avec son frère. La construction du roman est plutôt habile, puisqu'elle nous propose une autre histoire en parallèle, au cours de laquelle nous suivons la jeune femme avant et pendant son kidnapping. Ambiance glauque, stressante et angoissante à souhait.

Même si au départ, Carl Morck nous apparaît comme un flic antipathique, avec un sens de l'ironie très prononcé et un caractère de mauvais cabot qui finit de le crucifier, j'ai tout de suite accroché au portrait de ce mauvais bougre, dont la petite vie personnelle n'est guère transcendante non plus. De toute façon, jamais l'auteur ne cherche à nous vendre du rêve et c'est ce qui a fini de me charmer ! Et comme je suis une inconditionnelle de la série Cold Case, avec Lilly Rush, j'avais donc de grandes chances pour mordre à l'hameçon. Certes, j'ai rapidement deviné l'issue de cette intrigue retorse et malsaine, et pourtant je n'ai jamais poussé le moindre soupir, d'ennui et de dépit, j'étais alpaguée, un peu à cran aussi et définitivement dépaysée. Les polars nordiques sont désormais ma nouvelle marotte !

Expérience de lecture en Audiolib : la voix de James Bond (version Daniel Craig) et 14 heures 34 de lecture / patience. :)

Miséricorde, par Jussi Adler-Olsen
Texte intégral lu par Eric Herson-Macarel - traduit du danois par Monique Christiansen
Albin Michel, 2011 / Audiolib, 2012

Grand prix des lectrices de ELLE policier - Prix du meilleur polar scandinave

Écoutez l'extrait lu par Eric Herson-Macarel

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14/12/12

Le Muraille de Lave

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Le commissaire Erlendur est en vacances prolongées et a coupé tout contact avec ses collègues. Voilà qui donne un peu de champ libre à Sigurdur Oli, dont on va découvrir la véritable personnalité, lui qui est décrit comme un type froid, très snob et un mauvais mari, l'occasion lui est donné de se présenter sous un jour nouveau. Et effectivement, la recette est miraculeuse. J'ai pris plaisir à mieux cerner ce personnage torturé, à travers ses relations avec sa mère, mais aussi avec son père, à travers leur histoire de couple notamment, puis leur séparation. Inévitablement on pense à sa propre histoire avec Bergthora et certaines fêlures trouvent enfin leurs explications.

N'oublions pas que Sigurdur est flic et qu'il doit tremper dans la gadoue pour aider un ancien camarade d'école. Le beau-frère de celui-ci s'est fait pincer dans une soirée *entrecôtes* et depuis il est victime de chantage. Une petite intervention anodine de Sigurdur pourrait impressionner la jeune femme et calmer le jeu. Hélas, cette dernière est rouée de coups par un individu. Seul témoin sur les lieux, le policier est alors dans l'embarras.

L'enquête va également nous conduire auprès d'investisseurs banquiers, déterrer de vieux dossiers mêlant le sexe, le fric et le crime crapuleux. Ambiance poisseuse, mais ambiance pesante. A ceci s'ajoute un revenant du passé, un clochard qui veut raconter à Erlendur son enfance dévastée par la faute d'un pédophile. Bon, on ne se marre pas à tous les coins de page, c'est sûr, mais on ne moufte pas non plus. Il faut suivre cette histoire dans un silence religieux et angoissant, qui ne laisse rien filtrer. Lorsque les masques tombent, forcément on en prend un coup au moral.

Insoupçonnable et pourtant élémentaire, cette histoire nous plonge dans des abîmes profonds. C'est amer, mais c'est bon comme un café sans crème. Par contre, j'ai souri malgré moi en replongeant dans cette Islande en pleine croissance économique, c'était une époque pas si ancienne, mais qui nous semble tellement surréaliste aujourd'hui... Prévoir pas moins de 10 heures d'écoute en version Audiolib.

La muraille de lave, par Arnaldur Indridason
éditions Métailié, 2012 et Audiolib 2012  -  traduit de l'islandais par Eric Boury

Jean-Marc Delhausse excelle à mettre son interprétation au juste ton de ce sombre constat d'un monde qui renie ses valeurs.

Écoutez l'extrait lu par Jean-Marc Delhausse

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13/12/12

Le temps du châtiment et des anges aux mains pures.

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Flic à la retraite, Lionel Kasdan reprend du service en découvrant le cadavre de l'organiste dans sa paroisse. Son collègue improvisé, Cédric Volokine, est un jeune inspecteur brillant, mais junkie en cure de désintoxication, venant tout juste de surgir du fond de sa cellule. A eux deux, ils forment une équipe de bras cassés, particulièrement cocasse, car l'un est désabusé et l'autre tout aussi cynique sur la condition humaine, l'esprit de noël, les crimes commis sur les enfants, les injustices etc. Face à eux, une sombre histoire mêlant une chorale d'enfants, un chant lyrique d'une pureté absolue, un contexte politique ahurissant, et je n'ose m'avancer davantage. Au fil des chapitres, j'étais interpellée par les nouvelles pistes, les révélations et les constats tous plus aberrants les uns que les autres. Il est vrai que parfois, la vérité est encore plus dérangeante ! C'était le premier roman de JC Grangé que je découvrais et je n'ai pas été déçue ! C'est une histoire noire, terriblement amère et désolante. Le narrateur qu'est Jacques Chaussepied a d'ailleurs tout saisi du moral abattu de nos protagonistes, le ton est accablant, le rythme glaçant... c'est carrément bluffant. Tout le monde est las des vicissitudes de l'espèce humaine, même l'issue nous met sommairement k-o. C'est probablement glauque, mais alléchant, et je renouerai bien vite avec cet univers obscur, notamment avec Kaïken

Miserere, par Jean-Christophe Grangé
éditions Albin Michel, 2008 / Audiolib, 2008
Livre audio 2CD MP3 638 Mo + 623 Mo -  Temps d'écoute : 17 heures 30

Écoutez l'extrait lu par Jacques Chaussepied

18/10/12

« Le bonheur forcé est un cauchemar. »

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Discret et pudique, Spencer Ashby n'imaginait pas que son existence allait basculer dans un tel cauchemar, après une simple soirée à bosser chez lui, tandis que son épouse Christine était sortie pour jouer au bridge avec des amis. Le lendemain matin, Belle, la fille d'une copine de fac de Christine, hébergée chez eux depuis un mois, est retrouvée morte dans sa chambre. Et comme Spencer était seul dans la maison, sans alibi sinon sa parole d'honneur, le voilà désigné suspect idéal !

Aussitôt il refuse cette fatalité mais commet de nombreuses maladresses pour sa défense. Les enquêteurs le cuisinent, même Christine semble soucieuse, puis toute la petite communauté du Maine où ils habitent chuchote dans son dos, des appels téléphoniques anonymes abrutissent leur quotidien, la pression se fait de plus en plus insupportable. Spencer perd pied.

A force d'être passé à la moulinette, de subir des interrogatoires humiliants, de ressasser des faits, des gestes, d'être étudié sur un plan psychologique, Spencer endosse un sens tragique qui le dépasse. Il serait un meurtrier en puissance ? Alors, soit. Cet homme aux abois va craquer.

Dans une atmosphère pesante, chargée par la suspicion générale, on découvre un homme accablé. Et c'est sur cette corde, un mélange de fragilité, de gravité et d'affliction, que se place la narration de François Marthouret (son visage est familier, moins son nom). C'est tout à fait admirable ! La lecture révèle les angoisses, les failles, les mises en abîme. On réalise aussi qu'on ne sait plus ce qu'il faut croire, on est pris au piège de ce delirium et on attend la délivrance ... qui arrive, mais non sans nous frustrer ! Un saisissant Simenon !

Écoutez l'extrait lu par François Marthouret

La mort de Belle, par Georges Simenon
Audiolib, 2009 - Livre audio 1CD MP3 - 625 Mo / Durée : 4h30

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