21/06/18

La Chanson d’Orphée, de David Almond

La chanson d'Orphée

David Almond est un enchanteur. Il peut me raconter toutes les histoires du monde, je suis bouche bée, yeux écarquillés, incrédule et fascinée. C'est dit. Dans ce roman, nous faisons connaissance avec Claire, 17 ans, son amie Ella et leur bande de potes avides de croquer la vie à pleines dents. « Nous étions libres, sans attaches, sûrs de ne jamais devenir vieux ni ennuyeux. » 
Pendant les vacances de Pâques, le groupe part camper dans le Northumberland et fait la rencontre d'un étrange garçon, très beau, en train de jouer de la lyre. Sa chanson les ensorcelle, si bien que Claire téléphone à son amie Ella, restée à la maison, pour partager cet instant de grâce. À l'autre bout de la ligne, la jeune fille a le coup de foudre. Dès leur retour, Ella est intarissable. Il lui faut Orphée. Elle brûle d'envie de le rencontrer, elle pressent une grande, une belle, une puissante histoire d'amour, un lien fort et inaltérable. Et bim, Orphée débarque en ville. Ella tombe dans ses bras. Spectatrice envieuse et jalouse, Claire raconte cette passion foudroyante.
La lecture nous emporte loin dans un univers lyrique et follement romantique, où les mots fusent et font des claquettes sur la route de brique jaune. C'est magnifique. David Almond m'ensorcelle avec son style, son imaginaire et sa précision d'orfèvre. On plonge dans une histoire fabuleuse, aux inspirations très prononcées, mais qui se déroule dans une Angleterre actuelle. Cette aventure fait aussi la part belle à la jeunesse, à la musique et à la littérature. Les passions sont disproportionnées, les émotions fortes, les chants poignants et les sacrifices bouleversants. Cela peut se lire comme un conte, moderne et poétique, ou comme un formidable hommage à l'amour.
La qualité esthétique est également au rendez-vous : quand Orphée se rend en Enfer, les pages deviennent alors toutes noires et la police de caractères se met à danser et projeter des ombres sur les murs. C'est surprenant, impeccable. Parfait pour une lecture unique en son genre. 

Gallimard jeunesse (2018) - traduit par Diane Ménard 

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David Almond a d'abord été postier, vendeur de balais, éditeur et enseignant. Un beau jour, il quitte son travail, vend sa maison et rejoint une communauté d'artistes pour se consacrer entièrement à l'écriture. Skellig, son premier roman pour la jeunesse, remporte un grand succès et reçoit la Carnegie Medal. Le style de David Almond consiste à allier réalité et imaginaire, créant un mélange excitant et original, composé de drames humains, d'allégories et d'épisodes surréalistes. Il est l'un des écrivains préférés de J. K. Rowling et a reçu le prix Hans Christian Andersen (surnommé le petit prix Nobel de littérature) à Bologne en 2010.

 

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18/06/18

Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens, de Becky Albertalli

moi simon

Simon Spier est un lycéen de 16 ans tout à fait ordinaire, avec une bande de potes, une famille accro à la télé (qui pourrait discuter des heures du dernier épisode de The Bachelor), une passion inébranlable pour le théâtre, pour Harry Potter et pour les Oreos, également doté d'un humour ravageur et un gros, gros secret. Car Simon est attiré par les garçons mais n'ose pas l'avouer à son entourage. Sa relation avec Blue - son correspondant anonyme rencontré sur internet - est d'ailleurs pour lui un rêve éveillé. Pour la première fois de sa vie, il se sent libre, vivre et entier. Mais un camarade de lycée va prendre connaissance de ses mails et s'en servir pour lui faire du chantage - il balancera tout s'il ne décroche pas un rendez-vous avec sa meilleure amie Abby. Écœuré d'avoir à précipiter le moment de révéler qu'il est homo, Simon cherche également à percer le mystère qui se cache derrière Blue. 

J'ai complètement craqué pour cette histoire, aussi banale soit-elle, elle se révèle franchement adorable au fil des chapitres. Il faut dire que Simon Spier est un narrateur extraordinaire, qui nous fait rire et qui donne envie de s'incruster dans sa vie. J'ai adoré son humour, ses copains et sa famille. On se sent comme dans une petite bulle protectrice, chaleureuse et bienveillante, mais on reste lucide aussi quant à la difficulté de vivre sa différence dans un monde qui n'accepte pas le moindre pas de côté. Autre bon point, la lecture faite par Gauthier Battoue est parfaite. Lui-même est déjà connu pour être la voix française de Dylan Minnette (13 Reasons Why) et Nick Robinson (qui incarne le personnage de Simon dans l'adaptation au ciné), donc on a l'impression d'écouter son meilleur copain nous raconter ses petites histoires (comptez à peu près 6 heures pour tout connaître de A à Z). Une vraie complicité s'installe et c'est du bonheur sur toute la ligne. À tenter sans hésitation - j'avoue que le buzz me faisait un peu peur jusqu'à présent - j'ai cédé aux chants des sirènes et j'ai vraiment, vraiment passé un super moment avec Simon ! Six bonnes heures pour apprécier pleinement cette chronique savoureuse et irrésistible. 

©2015 Hachette Livre. Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon

(P)2018 Audiolib. Texte lu par Gauthier Battoue

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30/05/18

La cité des cendres (The Mortal Instruments 2) de Cassandra Clare

La cité des cendres The Mortal Instruments 2

Je poursuis ma relecture de la série de Cassandra Clare en format audio - une exclusivité Audible Studios - renouant ainsi avec le souvenir d'une plongée en apnée dans cet univers foisonnant. Confrontés à leur pire cauchemar, Jace et Clary se dépatouillent avec leurs sentiments et leurs hormones en ébullition à grands renforts de simagrées et autres geignements insupportables. J'avais oublié le fossé générationnel - j'inspire, j'expire - c'est usant mais l'auteur pose heureusement des bases solides dans la construction de son univers, et pour le coup on ne s'ennuie pas. Le retour de Valentin agite le Monde Obscur - le type assassine à tour de bras, créant la pagaille parmi les vampires, lycanthropes, magiciens et fées, tous peu solidaires mais conscients d'obéir à l'Enclave pour cesser le massacre. Ainsi, Clary et Simon progressent dans leurs découvertes des forces démoniaques et deviennent des pantins moqués et désarticulés dans les cours royales. Autre phénomène bondissant hors de sa boîte comme un diable enragé : l'Inquisitrice Imogene. Cette dernière a placé Jace dans sa ligne de mire. Elle veut sa peau, elle veut le briser et elle y parvient très bien. Notre blondinet préféré n'est plus qu'une loque de déprime et de tourments... Sa brutale révélation sur son histoire familiale a achevé toute promesse de bonheur et éteint ses maigres espoirs en un avenir radieux. Sortez les violons, sonnez les trompettes, la sérénade plombe l'ambiance. De son côté, Clary n'est guère finaude et se console dans les bras de son meilleur ami. Ouh, la vilaine... À plusieurs reprises, la jeune fille ne brillera pas par ses initiatives et donnera le sentiment d'être une girouette flamboyante. Trop, c'est trop. Qu'on cesse les atermoiements adolescents pour plonger dans l'action ! Bim bam boum, ça se bouscule dans les rangs, et ça cogne, et ça dégaine les stèles, et ça barbouille de runes... pour une sortie de piste électrisante et qui nous laisse à bout de souffle. J'en profite pour saluer le travail de Audible Studios qui propose une parution rapprochée des tomes de la série (la Cité de Verre est disponible le 31/05), ce qui sustente la lectrice fébrile que je suis. J'ai beau avoir conscience des défauts - et être coupable d'avoir franchi l'âge légal - je reste envers et contre tout addict à l'univers fascinant de Cassandra Clare. Mordue un jour, mordue toujours. 

©2008 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit de l'anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios. Version intégrale lue par Bénédicte Charton. Durée d'écoute : 12h 28

La lecture faite par Bénédicte Charton est agréable et réussie - elle nous entraîne illico dans les 12 heures d'un marathon d'exploits et de péripéties en tous genres. Par contre, gare à la prononciation du titre anglais (pitié pas Ze mortal instruments) et à l'intonation un poil trop maniérée pour la voix de Valentin. Je chipote, ce sont des détails insignifiants car je reste séduite sur la conduite générale ! ☺

 

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24/05/18

En poche ! Nous les menteurs, de E. Lockhart

Nous les menteursL'été de ses 15 ans, Cady passe ses vacances sur l'île de la famille Sinclair quand elle manque de se noyer et finit aux urgences avec un traumatisme crânien. Depuis, la jeune fille a la mémoire en vrac et souffre de migraines foudroyantes.

Éloignée du giron familial pendant deux ans, Cady y retourne dans l'espoir de raviver ses souvenirs. L'adolescente n'en peut plus de retrouver ses cousins, Mirren et Johnny, ainsi que Gab, son grand amour. Or, l'ambiance à Beechwood n'est plus la même - les silences sont lourds et les secrets pesants, faisant poindre une vérité cruelle et amère.

Prenez garde, en effet, à cette fausse lecture estivale ! On s'imagine partager un moment de calme et de douceur dans un cadre enchanteur avant de réaliser les fissures et les fêlures. En attendant, on gobe tout, sans réfléchir. On se laisse bercer par le ronron des vagues, on hume les bonnes odeurs de cuisine, on s'étourdit des parfums du jardin, on se prélasse au soleil, on bouquine paresseusement, on rit et on joue en toute innocence...

Prenez garde (bis) - les apparences sont trompeuses. On le devine au ton grave et cérémonieux de Cady, dépossédée d'une histoire dont elle redessine les contours avec parcimonie. On la suit méthodiquement, tout en guettant les signes du faux-semblant et en échafaudant toutes sortes de théories. Au final, on ne voit rien venir. Et la réalité pulvérise les limites de votre imagination ! 

Le roman réussit à combiner une ambiance hors du temps, des personnages attachants, une intrigue envoûtante, des secrets à la pelle et des rebondissements inattendus. Le cocktail est goûteux et explosif. Très bon !

Pôle Fiction (2018) - traduit par Nathalie Peronny pour Gallimard Jeunesse

 

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09/04/18

Boys Band Killeuses, de Goldy Moldavsky

Boys band killeusesErin, Pomme, Isabel et la narratrice (alias Sloane Peterson, ou Bright Lights, Big City, selon ses humeurs) se connaissent à travers leur passion commune pour le groupe des Ruperts. En apprenant que les garçons sont descendus dans un hôtel en ville, nos fans hystériques décident de réserver une chambre au même endroit et arpentent ainsi les couloirs pour les rencontrer. Bingo, Pomme croise le moins sexy du lot près de la machine à glaçons et passe à l'action en bondissant sur lui. Le type est mis k-o, traîné par la jambe jusqu'à la chambrée des nanas qui piaillent d'excitation. Hop, elles le saucissonnent sur une chaise, le bâillonnent, lui posent un bandeau sur les yeux. Et puis quoi, après ? Exit le self-control. Les filles sont ingérables et ont perdu tout sens commun, elles n'écoutent que leurs pulsions et vont au bout de leurs fantasmes.

Ce qui était, au départ, un simple délire de nanas déjantées va finalement dégénérer et laisser place à un truc glauque et malsain ! Mais tenez-vous bien, c'est sacrément drôle. Oh là là, ces filles sont de vraies tarées. Elles sont carrément flippantes, voire un peu pathétiques. Toutefois, leur obsession maladive va également révéler une introspection mortifiante (folie vengeresse, ambition dévorante, trouble paranoïaque et j'en passe). Le ton est acide, cruel et amer. L'humour est noir et implacable. Et pourtant, c'est jubilatoire. On bascule dans la dérision avec facilité et ahurissement, l'enchaînement des événements est inattendu et parfois grotesque. En clair, j'ai trouvé ça bon et redoutable. Pour un premier roman, c'est diablement prometteur. ☺

La Martinière J. (2018) - Traduction d'Yves Sarda

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Phobos#4: Il est trop tôt pour respirer, de Victor Dixen

phobos4

De retour de leur mission, les derniers survivants du programme Genesis doivent répondre de leurs choix au cours d'un procès aux nombreuses retombées médiatiques. Léonor, plus particulièrement, est dans le viseur. Son bras de fer avec Serena McBee est encore dans toutes les mémoires. Qu'on aime ou pas, la jeune fille continue de diviser. Mais Léo tient bon et accuse les coups. Elle a d'ailleurs d'autres projets en tête et veut fouiller son passé pour percer le secret de ses origines. Elle n'oublie pas non plus son grand amour perdu, crie justice, affronte la pègre brésilienne et se lance dans le combat écologique pour préserver la planète et alerter l'opinion publique sur le drame des “errants climatiques”. Léonor est la pasionaria par excellence, même si elle saoule grandement. Autour d'elle, ses amis se consacrent à leurs carrières respectives (danse ou médecine) tandis que d'autres mordent la poussière ou luttent pour leur survie.

Mon appréciation globale de la série a toujours été en dents de scie - des personnages creux, des atermoiements interminables, des amourettes risibles et une expédition scientifique en dessous des normes. Pourtant, Phobos suscite un vrai engouement, une addiction palpable, qui fait qu'on y retourne, en dépit des défauts pointés du doigt. C'est assez spectaculaire et ingénieux pour le souligner ! Ce dernier volume ne déroge pas à la règle. Il va combler les nombreuses questions ouvertes, laissées en suspens, mais va procéder de façon convenue et longuette, avec une fin hollywoodienne à faire rouler des yeux. En puisant son inspiration dans les courants actuels (cinéma, jeux vidéo et internet), l'auteur produit ainsi des scènes sensationnelles, qui font leur petit effet auprès d'un public adolescent, avide d'émotions fortes. 

Lors de sa parution fin 2017, je pensais y plonger assez rapidement, intriguée mais lucide, car j'étais refroidie par les 17 heures d'écoute annoncées. Cet épisode 4 s'est néanmoins avéré distrayant et plaisant à écouter. Maud Rudigoz est une narratrice parfaite (joli timbre de voix, intonations cohérentes, aucune surenchère, nulle caricature, débit fluide et agréable). Et puis l'histoire offre son lot de bonnes surprises. En somme, la lecture n'est certes pas révolutionnaire, mais sympathique dans le genre.

 

©2017 Robert Laffont (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Maud Rudigoz (durée : 17h 23)

 

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06/04/18

Qui ment ? de Karen M. McManus

qui ment karen mcmanusCinq lycéens, partageant la même heure de colle, découvrent qu'ils ont été piégés exprès pour être réunis tous ensemble au même endroit. Un carambolage sur le parking détourne l'attention de leur surveillant, lequel s'absente un bref instant, les abandonnant à leur sort. L'un des jeunes va décéder. Que s'est-il passé ?

À première vue, la victime ne comptait plus ses détracteurs -  colportant tous les potins possibles sur internet et n'inspirant guère une grande sympathie chez ses camarades, car tous redoutaient d'être un jour touchés par son fiel. Bronwyn, Addy, Nate et Cooper font partie du nombre. Eux aussi ont leurs petits secrets qu'ils ne voudraient pas étaler au grand jour. Or, la police va mettre le doigt dessus et s'en servir pour les livrer à la vindicte populaire... espérant ainsi faire tomber les masques. Étrange, très étrange.

Le scénario est pourtant redoutable et diablement rusé. Le suspense est constant et bien ficelé, le roman n'en est que plus haletant ! Entre faux-semblants et non-dits, l'intrigue trace sa route avec une apparente sagesse mais égraine ses petites révélations comme un lâcher de bombes. Cela peut surprendre, même si cela reste attendu dans ce domaine. Les personnages étant tous stéréotypés, ils incarnent au choix la bonne élève, le bad boy, la reine du bal ou le sportif top niveau. Mais leur image va souffrir et s'effriter au cours de l'enquête, laissant apparaître d'autres facettes de leurs caractères. Au final, l'histoire s'en sort sur une pirouette inattendue... je ne suis pas sûre d'en apprécier tous les rouages et regrette certains détails nunuches. Cependant, la lecture a offert de bonnes heures de tension et de stress, invitant souvent le lecteur à partager ses spéculations et échafauder toutes sortes de théories ! Pas mal du tout.

Bémol sur la narration faite par Leïlou Bellisa pour Audible Studios : une écoute crispante et agaçante, du fait d'avoir choisi d'accentuer les voix en les singeant au possible. Le rendu est niaiseux et parfois insupportable. C'est franchement dommage.

©2017 / 2018 Pour l'édition originale publiée sous le titre "One of Us Is Lying"  / Pour la traduction française par Anne Delcourt pour les Éditions Nathan

(P)2018 Audible Studios. Texte lu par Leïlou Bellisa. Durée : 10h env. En exclu pour Audible Studios  

 

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03/04/18

La Cité des Ténèbres (The Mortal Instruments #1), de Cassandra Clare & lu par Bénédicte Charton

La Cité des ténèbres TMI 1Fan de la première heure, je retrouve cette série chère à mon cœur dans son format audio disponible en exclu sur Audible. J'ai eu comme une envie de titiller mes souvenirs et j'ai bien fait. C'est une performance pleine de dynamisme et de fougue que Bénédicte Charton propose, pour une lecture 100% distrayante !

L'histoire se passe à New York. Clary et son meilleur ami Simon se rendent dans un club underground quand celle-ci surprend trois jeunes de son âge assassiner un type en toute impunité. Choquée, Clary réalise que son monde n'est qu'illusion. Son appartement a été dévasté. Sa mère a disparu. Leur ami de longue date, Luke, coupe tout contact. Sa voisine Dorothea lui confirme l'existence du Monde Obscur. Ne reste plus que les Chasseurs d'Ombres pour l'héberger dans leur institut. Jace, Alex et Isabelle sont intrigués par cette Terrestre, en apparence, qui possède le don de Double Vue et semble être le maillon improbable dans leur combat contre les forces démoniaques.

Une bonne dizaine d'heures plus tard, j'ai appuyé sur le bouton stop en poussant un soupir d'aise. C'était une lecture extra. Simple mais efficace. J'ai retrouvé avec grand plaisir l'écriture addictive de Cassandra Clare, son univers foisonnant, ses personnages attachants, et même caricaturaux ou un peu godiches du fait de leur jeunesse. Mais l'énergie est électrique et communicative, l'aventure excitante et pleine de sensations. J'ai dit banco et pris un aller simple car le rendez-vous ne manque pas de piquant ! Pour qui aime le fantastique, les réparties rigolotes, l'action et les rebondissements, yapluka. ☺

 

©2007 Cassandra Clare / Univers Poche. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Lafon

(P)2018 Audible Studios. Version intégrale lue par Bénédicte Charton. Durée : 13h env.  (Série netflix)

Description de cette image, également commentée ci-après

 

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16/03/18

La course au bonheur, de Maggie Lehrman

La course au bonheurTraumatisée par la mort tragique de ses parents, dans l'incendie de leur maison, la jeune Ari Madrigal a recours à un sort d'oubli, prodigué par une hékamiste. Dix ans plus tard, c'est son petit ami, Win, qu'elle perd dans un accident de voiture. Anéantie par la douleur, elle fait encore appel aux sorts de l'hékamiste sans avertir ses proches. Le charme opère, mais Ari ne veut pas paraître insensible et donne le change en faisant semblant d'être meurtrie dans sa chair, donc muette et désirant vivre dans sa bulle, loin de tous. Toutefois, pratiquer un sort d'hékamiste engage aussi des effets secondaires. Pour Ari, c'est son corps qui ne répond plus. Quand on est une grande danseuse, admise à une académie prestigieuse de New York, c'est le ciel qui s'effondre sur la tête. À Cape Cod, tous se connaissent depuis l'enfance mais se drapent dans des secrets qui distillent un poison invisible et propagent un mal sournois, hélas à l'origine d'une série de conséquences dramatiques. Avant de mourir, Win avait un urgent besoin d'argent liquide, son meilleur ami Markos a surpris le commerce douteux de sa mère, Kay a fait appel à un sort d'ancrage pour s'attacher ses copines, Diana et Ari ne peuvent plus quitter l'île sans courir un danger, Echo fait du chantage par désespoir, Cal Waters est fidèle à sa réputation de don juan... Tous sont donc enrôlés dans un feuilleton tragique, au charme hypnotisant et vénéneux. Dès les premières pages, j'ai été envoûtée par l'ambiance pleine de mystères et de suspense. On sent le poids des larmes, des événements graves, des non-dits, des remords et des regrets. Cela peut paraître lourd et étouffant, alors qu'en fait c'est captivant. L'auteur a réussi à orchestrer son histoire en faisant planer le doute mais en alimentant constamment la donne par des détails infimes et néanmoins percutants. J'ai plongé mon nez dans les 420 pages du roman, intriguée par les révélations qui allaient en découdre. D'ailleurs, la surprise est totale jusqu'à la toute dernière page ! Un premier roman très habile, passionnant et bouleversant. 

Casterman, 2018  - traduit par Antoine Pinchot {The cost of all things}

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13/03/18

Le sel de nos larmes, de Ruta Sepetys

Le sel de nos larmes Pole fictionHiver 1945, sur les routes de l'Europe de l'Est. Des milliers de réfugiés fuient les troupes soviétiques et remontent jusqu'à la côte Baltique pour rejoindre un énorme navire, le Wilhem Gustloff, à bord duquel civils et militaires espèrent s'échapper. Tous fuient les bombes, les soldats, la haine, la vengeance aveugle, la folie, le chaos. Tous sont épuisés, affamés, blessés, frigorifiés. Ils ont abandonné des maisons, des familles et perdu leurs maigres illusions. Leur avenir n'est plus qu'une ligne lointaine et floue, entre les mains de Hitler ou Staline. Mais tous luttent avec l'énergie du désespoir.

L'histoire s'attache à retracer le parcours de quatre adolescents, chacun né dans un pays différent et armé d'un lourd secret, tous poursuivis par la culpabilité, le destin, la honte ou la peur, mais liés par le même sauve-qui-peut. Il y a la lituanienne Joana, une jolie infirmière dévouée, Florian, un  prussien farouche, grièvement blessé, mais qui refuse qu'on s'approche de lui, Emilia, une polonaise de quinze ans, avec son bonnet rose et ses grands yeux de biche aux abois, accrochée aux basques de son chevalier qui la fuit, et enfin Alfred, un jeune matelot allemand, qui écrit de longues lettres à son amoureuse, sans avouer la vraie nature de sa mission...

Les chapitres sont courts mais dégagent une force romanesque inégalable. Cela accentue également l'intensité dramatique, à laquelle s'ajoute le poids des informations, car tout ce que nous renseigne l'auteur est méconnu ou oublié, d'où son impact et sa valeur. Émotionnellement, ça vous pulvérise et vous foudroie sur place. L'histoire est romancée, et malgré tout ancrée dans une réalité historique poignante. L'Europe est en pleine débâcle, sillonnée par l'exode en masse de populations hagardes, ne sachant plus où se tourner pour un semblant de liberté. Les militaires livrent leurs derniers combats acharnés, ils torpillent à tout-va, d'où le naufrage du Wilhelm Gustloff, une catastrophe maritime insouçonnée, qui a pourtant fait six fois plus de victimes que le Titanic ! C'est dans la lecture des souvenirs de Joana, Emilia, Florian ou Alfred, qu'on découvre des nouveaux visages de la guerre, mais c'est aussi en suivant leurs incroyables destinées, entre amitié, courage et amour, qu'on réalise le sordide et l'horreur, l'éclat et l'inextricable. Cela vous donne des frissons partout. Effet coup de poing assuré.

Gallimard Jeunesse, coll. Pôle Fiction (2018)

Traduit par Bee Formentelli . Titre original : Salt to the Sea

 

Carnegie Medal du meilleur roman jeunesse 2017

 

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« Je suis devenue très habile à faire semblant. Si habile que la frontière entre vérité et fiction s'est brouillée, effacée. Et quelquefois, quand je me montre particulièrement habile à ce jeu, je me leurre moi-même. »

 

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