04/11/11

“Breaking rules isn't bad when what you're doing is more important than the rule itself.”

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L'histoire fait suite à la nouvelle publiée dans le recueil Prom Nights from Hell au cours de laquelle nous faisions connaissance avec Madison Avery, fauchée le soir du bal par un Ange impitoyable, lequel va perdre son amulette dans la bataille, ce qui permettra à la jeune fille de revenir sur Terre sous une apparence humaine. Ce qu'on continue de découvrir, dans ce livre, c'est le pourquoi de cette attaque et la réelle identité de son agresseur. A partir de là, le destin de Madison est lié. Marqué d'une croix blanche. 
Son tuteur désigné, Barnabas, est convoqué par son supérieur pour répondre des actes loupés de la demoiselle, puisque celle-ci ne fait toujours pas preuve d'efficacité et s'attire bévues et autres imprévus partout où elle passe ! En attendant, un ange gardien de première sphère lui est attribué (irrésistible petite Calice, qui s'époumone avec des comptines ridicules !), dans l'espoir que Madison demeurera tranquille et discrète l'espace de quelques heures. 
Mission impossible, on s'en doute ! Madison se rapproche de Josh, son rendez-vous arrangé le soir du bal de la promo, et découvre qu'il court un grave danger. Elle décide alors de le coller aux basques, quitte à griller sa couverture et passer pour plus débile qu'elle ne l'est. De toute façon, l'adolescente de 17 ans ne fait jamais rien comme tout le monde et possède un don particulier pour s'attirer les foudres de ceux qui tentent de l'aider, la protéger ou la guider. 
Résultat, elle échafaude un plan tiré par les cheveux pour régler le compte du Gardien qui a volé son corps mais doit d'abord se frotter à un Faucheur tenace et rancunier... Tout ceci n'est qu'un aperçu, car ça voltige à tous les étages. Il se passe effectivement beaucoup de choses au cours de cette lecture, et pourtant j'ai parfois eu le sentiment que ça demeurait confus. Les explications et autres scènes introductives ont tendance à s'enliser dans du blabla, parce qu'il y a tant à expliquer et parce qu'il faut placer tous les pions, et tout ça en un temps record (le livre n'étant pas bien épais), je vous laisse deviner l'impression de stress et de désordre qu'il règne. 
Ceci étant dit, j'ai été totalement séduite par les personnages et par l'humour dans le récit. J'attends beaucoup de la suite !

Madison Avery, tome 1 : Ange Gardien, par Kim Harrison
Castelmore, 2011 - 285 pages - 12,90€
traduir de l'anglais (USA) par Arnaud Demaegd 

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03/11/11

“And I am more alone than ever before.”

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Deux silhouettes féminines, enveloppées dans des capes rouges, se baladent dans la forêt, armées d'une hache et de couteaux aiguisés. Elles guettent les Fenris, ces créatures humaines qui se métamorphosent en loups dès que le désir pour la chair fraîche les tenaille. Scarlett et Rosie March sont soeurs, l'aînée a été défigurée sept ans plus tôt en voulant protéger sa famille, elles sont seules au monde, entraînées pour livrer un combat acharné contre leurs ennemis. 
Silas, leur ami d'enfance, est de retour dans leur petite ville de Géorgie. Il a longtemps été le partenaire de Scarlett jusqu'à ce qu'il décide de prendre l'air pour profiter un peu de la vie. C'est ce qu'il tente de suggérer aux soeurs March, de souffler, de ne pas se consacrer entièrement à la chasse. Rosie, plus sensible, se laisse séduire par les discours du garçon et tombe sous son charme. Scarlett, par contre, refuse de se laisser attendrir et sent un fossé se creuser entre elle et sa cadette. 
Parce que les évènements à Ellison deviennent plus douloureux à gérer, les trois camarades comprennent qu'il faut bouger et emménager à Atlanta pour poursuivre leur traque. Ils ont en effet eu connaissance de l'existence d'un Potentiel, le seul et véritable appât qui captive les Fenris. Trouver celui-ci permettrait aux March et à Silas de remporter un avantage considérable. 
Mais Atlanta est une ville impressionnante, où Scarlett perd pied et considère ses repères habituels complètement inexistants et inefficaces. De son côté, Rosie devient libellule et s'éloigne de plus en plus de sa soeur. 

D'une part, la complicité entre Scarlett et Rosie est très, très importante dans le roman. C'est le ciment de l'histoire, au-delà des scènes d'action (nombreuses) et du climat d'ensemble (lourd et oppressant). La relation des soeurs est forte et fragile à la fois, teintée de sentiments multiples comme la reconnaissance, l'amour, la culpabilité et les non-dits. Le désir d'indépendance de l'une est très mal vécu par l'autre, laquelle refuse d'admettre sa propre fragilité et son besoin de pouvoir compter sur son socle familier (sa soeur et son ami d'enfance). Silas, à sa façon, devient le petit grain de sable qui affecte l'équilibre désormais précaire puisque sa présence fait battre le coeur d'une demoiselle March, et on voit bien que cette prise de conscience la perturbe énormément, ça l'attire et l'effraie, cela implique un brusque changement qu'elle n'est pas encore capable d'assumer. 
Globalement, le roman se lit vite et bien. Son aspect sombre et implacable n'est pas sans charme, il s'agit bel et bien d'un conte cruel, où des filles sont harcelées, pourchassées, agressées et tuées. Beaucoup de violence, donc. Le sens de la justice de Scarlett est très prononcé, en parallèle la personnalité de Rosie est au stade de l'épanouissement (et personnellement, j'ai trouvé qu'elle était plus intéressante à suivre). C'est naïf, et pourtant chargé de sous-entendus sexuels (le cours de dessin, par exemple... un grand moment !). 
Dans l'ensemble, j'ai bien aimé mais j'ai trouvé l'intrigue sans surprise. J'avais tout deviné avant la fin, et j'aurais apprécié que l'auteur aille jusqu'au bout de ses idées. 
La couverture est très jolie !  

Sisters Red, par Jackson Pearson
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 425 pages - 15€
traduit de l'anglais (USA) par Patricia Reznikov 

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02/11/11

“Remember all fairy tales end at some point.”

Voici l'avant-dernier tome de la série des Vampires de Manhattan

La Promesse

Direction Le Caire ! Theo et Jack veulent sauver leur amour, retrouver Catherine de Sienne et protéger l'héritage des Van Alen, mais les rues sont dangereuses et les rencontres parfois impromptues. Les Venator tombent comme des mouches, l'ancienne équipe de Kingsley Martin est sur les dents, c'est ainsi qu'on retrouve Deming Chen et sa soeur jumelle, assorties des frères Lennox, en mission pour contrer le couple chouchou. De son côté, Mimi Force, accompagnée d'Oliver, s'est jurée de sortir son amant des griffes de l'Enfer et plonge ainsi dans le Monde des Abîmes sans le moindre remords. Son histoire de lien avec Abaddon n'est pas terminée pour autant, il faut en finir même si cela demande de passer par un sacrifice ultime.
Sans en révéler davantage, les troupes de l'Ennemi se rassemblent (sur et SOUS Terre !), la menace se précise. Theodora commence à prendre conscience de son rôle à jouer. De plus, l'histoire de sa mère, Allegra, est dévoilée par petites touches, son lien avec Charles et sa romance avec Ben ne paraissent plus si anodins, les indices sont encore maigres mais les éléments ici présentés font comprendre qu'ils seront déclencheurs d'autres bouleversantes découvertes dans le prochain tome.
Rendez-vous est donc pris à Londres ... Le très attendu tome 7, The Gates of Heaven en VO, sortira en janvier 2013 - ouch pour les nerfs ! Pour celles qui hésitent encore, cette série a su déjouer les pièges de la superficialité entrevue dans les premiers tomes pour installer une vraie et étonnante intrigue au fil des tomes. Cela n'a franchement plus rien à voir avec les débuts, la mythologie est judicieusement exploitée (des vampires, oui... mais des anges avant tout !). C'est une lecture habile, addictive, faussement glamour parce que les dessous de l'intrigue sont retors et difficiles à percer. Bienheureux qui pourra deviner le final de cette saga ! 

La Promesse des Immortels - Melissa de la Cruz
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2011 - 385 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec 

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28/10/11

« FUGIT IRREPARABLE TEMPUS »

Stressant et tiré par les cheveux, mais qu'est-ce qu'il tient en haleine !

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Jackson a dix-neuf ans, une petite copine sérieuse et la particularité de sauter dans le temps. Au départ, avec son copain Adam, c'est sujet à une série d'expériences pour savoir, comprendre, tester. Et puis, tout dérape le jour où deux types font irruption dans la chambre où Jackson se trouve avec Holly et lorsque celle-ci se fait tirer dessus. En réaction, le garçon fait un bond deux ans en arrière et n'a plus moyen de retourner à sa "home base".
C'est le début du schmilblick qui plonge le héros et le lecteur en plein brouillard. Il faut s'accrocher pour saisir les subtilités de l'enquête, à laquelle viennent s'ajouter des secrets de famille. De révélations en déconfitures, la traque infernale vers la vérité est haletante, fichtrement complexe, on croirait un vrai film d'espionnage. C'est bien fichu, mais assez touffu. On en sort essouflé, même si c'est franchement palpitant !

Tempest : Les Ennemis du Temps par Julie Cross
Seuil jeunesse, 2011. Traduit de l'anglais (USA) par Julie Perrin. 

14/10/11

Blood and earth, hear my appeal : through skin and flesh, readily heal.

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Ce roman est une vraie réussite, pas tout à fait perceptible dans les premiers chapitres, mais lorsque le lecteur se sent à l'aise et a tout saisi de l'ambiance gothique, il ne peut que suivre l'héroïne, Silla, une adolescente complètement paumée depuis la mort brutale de ses parents, et attendre le sombre dénouement avec angoisse. 
Direction la petite ville de Yaleylah, dans le Missouri. Les parents Kennicot ont été retrouvés dans un bain de sang, tout le monde accuse le père, prof de latin, d'avoir pété un câble, mais la jeune fille n'y croit pas une seconde et pense que la menace est venue de l'extérieur. C'est comme ça qu'elle trouve le livre des sortilèges de son père, comme ça qu'elle comprend qu'un monde nouveau s'offre à elle, un monde teinté de magie et de sang, comme ça qu'elle ouvre sa boîte de Pandore. C'est fatal, à partir du moment où Silla se rend dans le cimetière, sur la tombe de ses parents, en feuilletant l'ouvrage, elle entre dans la ronde et ne pourra plus en sortir !  
L'histoire surprend sur plusieurs plans, d'abord parce que l'auteur n'épargne pas ses personnages, souvent confrontés à des situations violentes et douloureuses, avec force détails et descriptions dégoûtantes. C'est l'un ou l'autre - captivant ou rédhibitoire. Et puis, il y a la magie du sang, dans le genre poisseux et dégoulinant, avec ses rituels, ses masques, ses sacrifices... Il ne faut pas songer ouvrir ce livre si on tourne de l'oeil à la moindre goutte de sang, ce n'est même pas la peine ! 
Et pourtant j'ai aimé ça !!! L'histoire est ce qu'elle est : ténébreuse, inquiétante, bizarre, effrayante, romantique et tragique. Le cocktail est très curieux, mais produit une effet magique ! (Je me répète, je sais.) C'est une lecture qui imprègne le lecteur, littéralement, et c'est à cheval entre la fascination et l'appréhension qu'on avale les 490 pages du roman. Un bon gros livre, oui, avec ses scènes sinistres et son décor improbable, mais qui offre aussi de jolis moments de poésie et de théâtre (l'influence de Shakespeare est grande !). 
Une lecture un brin originale, et à l'atmosphère particulièrement envoûtante.

Blood Magic : Le sang ne ment jamais, par Tessa Gratton smileyc002
La Martinière J. 2011 - 490 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Anne-Judith Descombey 

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11/10/11

“Please, ground, just open up and let me fall into an endless crevasse till I hit the center of the earth and combust. Please.”

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Nastasya a 459 ans et une vie de débauche derrière elle. Sur un coup de tête, elle choisit de prendre un nouveau départ et se réfugie dans une ferme bio ambiance familiale pour suivre un programme de choc (manger sainement, s'astreindre à un rythme de vie abêtissant, vivre en communauté). C'est plus qu'un retour aux sources, c'est une redécouverte des vraies valeurs, une façon de comprendre ses erreurs, de faire le tri dans ses souvenirs, de se débarrasser des poids morts, de faire la paix avec soi-même. 
La miss a vécu mille vies, mais n'a pas su percer le secret de ses origines, jusqu'à ce qu'on comprenne qu'elle a tout enfoui exprès pour étouffer la souffrance, mais sa vie à River's Edge fragilise les remparts derrière lesquels elle se planquait, et quand le passé commence à ressurgir, tel un coup de fouet vivifiant mais aussi cinglant, la fille est prise de panique. 
Nastasya est une héroïne rebelle et farouche, qui refuse de s'épancher et qui s'accroche à ses secrets, de peur de paraître trop vulnérable. C'est tout le propos du roman, d'ailleurs, qui s'intéresse sincèrement aux personnages, à l'apprentissage difficile et douloureux par lequel il faut passer pour s'accorder une seconde chance et oublier les anciennes vies, souvent marquées d'actes horribles et impardonnables. C'est donc une quête de soi-même avec ses hauts et ses bas, et principalement le parcours d'une héroïne tendance psychopathe mais drôle à sa façon, avec la révélation progressive de son histoire, de son attirance pour le dieu Viking de River's Edge et son attachement à cette famille d'allumés, aux allures de hippies, qui enseignent les mystères cachés des plantes médicinales, des cristaux, des huiles essentielles, mais aussi des sortilèges, de l'art magique, des étoiles, des runes etc. 
Une lecture singulière, entraînante et très habile pour nous attirer dans ses filets ! 

Immortels, tome 1 par Cate Tiernan
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011 - 353 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Blandine Longre 

Voyons voir. Mon existence d'avant - fringues de haute couture, fêtes géniales, amis super, drôles, excitants, voyages à gogo, toujours plus d'amusement. Ou bien ma vie présente - chemises de flanelle, grosses bottes et jeans, boulot de subalterne dans un drugstore proche de la faillite, réveils à l'aube... Aucune raison que ma vie me paraisse meilleure. C'était pourtant le cas.

Le tome 2 est déjà disponible !

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On renoue avec le parcours en dents de scie de Nastasya, toujours aux prises avec ses démons. A force de se sentir la cible des forces obscures, elle va inévitablement agir en grande trouillarde qui se respecte et prendre une décision lourde de conséquences. 
Le ton est ici plus sombre, du fait de la déprime profonde de l'héroïne, et semi-tragique aussi, car les derniers chapitres donnent des bouffées d'angoisse et d'agacement. Le récit est également ponctué de scènes rigolotes liées à l'humour sarcastique de Nastasya (son imbroglio sentimental y est pour beaucoup !). 
La série a trouvé son rythme de croisière et nous prépare sur le chemin d'un troisième tome qui assurera le rôle de dégoter toutes les issues possibles pour calmer les angoisses de notre demoiselle immortelle. Et j'aime toujours son caractère insupportable, même si la miss en question ne sait pas faire la distinction entre le bien et le mal dans sa vie !

Immortels, tome 2 : La Traque.
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Avec une excellente traduction de Blandine Longre ! 

** Un mètre quatre-vingts de désastre viking - lumineux, comme il se devait. **

06/10/11

“A hunter in love with his prey.”

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Attention, lecture purement addictive ! Une fois entre les mains, le roman laisse ses pages filer à une vitesse inquiétante. C'est dire le potentiel d'accoutumance qu'il renferme (du moins, en ce qui me concerne, l'effet a été immédiat !). 
L'histoire de Jacinda, une draki, descendante des dragons, pourrait se résumer très classiquement. La jeune fille, qui croyait étouffer au sein de son clan, va tout quitter pour suivre sa mère et sa soeur jumelle dans une ville en plein milieu du désert afin d'y mener une existence nouvelle et plus ordinaire. En l'éloignant des autres drakis, sa mère cherche à tuer celui qui est en Jacinda, une décision que celle-ci subit avec impuissance et douleur. 
Contrairement à Tamra, qui ne s'est jamais manifestée et qui était malheureuse comme les pierres dans les montagnes, Jacinda parvient difficilement à s'adapter à la vie du lycée et aux camaraderies forcées. Seule la rencontre avec Will - le beau Will Rutledge - fait ressurgir chez la jeune fille des émotions fortes, des sensations éteintes. Au contact du garçon, le draki de Jacinda se réveille et lutte contre sa mort programmée. 
Très attirée physiquement, Jacinda se contraint de ne pas succomber à la tentation car Will ... est un chasseur. Elle l'avait rencontré lors d'une traque, au cours de laquelle il lui avait sauvé la peau inexplicablement. Mais il ignore que c'est son secret, et celui jalousement gardé de son clan, et veut pousser plus loin sa relation avec Jacinda. 
Ce premier tome s'attache sommairement à présenter l'univers surnaturel, puisqu'il est principalement dédié à décrire l'histoire d'amour belle mais contrariée des deux protagonistes. En digne midinette qui se respecte, j'ai totalement succombé à cette bluette. Cela peut paraître facile et banal comme intrigue, mais qui bouderait l'effet "papillons dans le ventre" ?! Pas moi. Toutes les scènes entre Will et Jacinda sont émoustillantes, ces deux-là dégagent un flot de sensualité, j'avais le sourire banane rien qu'à les lire. J'ai un coeur de guimauve, que voulez-vous ?! 
Ceci dit, l'histoire est également prenante, avec des événements démentiels qui surviennent à la fin de ce 1er tome, j'avoue que j'ai vraiment hâte de découvrir la suite (la parution française est annoncée pour le printemps 2012, reste la VO déjà disponible).

Lueur de Feu, par Sophie Jordan 
Gallimard jeunesse, 2011 - smileyc002traduit de l'anglais (USA) par Alice Marchand 

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28/09/11

"Commence à te souvenir."

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Voilà un très bon roman sur la manipulation mentale, les faux-semblants, les limites à franchir et le premier véritable amour. Un roman passionnant, glaçant et stupéfiant.
Nous sommes à Candor, une ville créée de toutes pièces par Campbell Banks suite à un drame familial. Son but est de proposer un monde parfait, et illusoire, où les soucis et problèmes n'ont pas droit de cité. Pour y parvenir, l'homme bidouille des messages subliminaux diffusés dans une musique d'ambiance qui passe en boucle afin de modeler la jeunesse de ces familles richissimes, souvent poussés à bout et voulant le meilleur pour leur progéniture. 
Seul le fils de Banks, Oscar, n'est pas dupe de ce manège. En apparence, ce fiston est parfait et ne déçoit pas son père. En douce, Oscar gère un marché secondaire en proposant des messages à contre-emploi pour ceux qui veulent s'échapper de Candor, en échange de fortes sommes d'argent bien entendu. Il a aussi une petite amie parfaite, Mandi, mais cette existence lisse et insipide connaît soudain un grand bouleversement avec l'arrivée de Nia. 
Elle vient d'emménager à Candor avec sa famille, et c'est la jeune fille rebelle par excellence. Elle porte du noir, aime l'art et se promène en skate. Elle dit haut et fort ce qu'elle pense, se moque des autres et ne supporte pas l'atmosphère mielleuse de Candor. Lors de leur première rencontre, Oscar est dicté par un désir de désobéissance incontrôlable et bombe de peinture orange un poteau de la ville. Il ne sait pas encore qu'il vient de mettre le pied dans un engrenage infernal. Il a juste conscience que la personnalité de Nia le fascine et qu'il refuse qu'elle change, alors lui glisse-t-il ses propres musiques avec ses contre-messages, sa manière à lui de la garder telle quelle le plus longtemps possible. Car Nia ignore, comme tous les gamins de cette ville, qu'elle est manipulée par des messages. Oscar n'ose pas encore le lui révéler, mais une épine dans le pied va lui arracher les pires grimaces. Sherman Golub, un cas difficile, a payé Oscar pour échapper de cet enfer mais l'opération a été un échec. Il est devenu un électron libre imprévisible. Chaque geste, chaque parole peuvent condamner Oscar d'un instant à l'autre.
Le temps est compté.  
La deuxième partie du roman est plus riche et angoissante. La tension psychologique du roman est exacerbée, les évènements se précipitent et les issues sont incertaines. La fausse ambiance de calme et d'apaisement de Candor coule le long des pages et des chapitres, l'exercice d'intoxication est cruellement efficace et pendant un bon bout de temps on a l'impression de ne plus savoir ce qu'il faut penser ou accepter. La rébellion est insidieuse, Oscar Banks n'a plus aucun secret pour nous et ça devient difficile de s'attacher à lui ou de lui faire confiance. Et c'est parce qu'il tombe dans le piège de l'amour qu'il devient, véritablement et enfin, lui-même, qu'il ôte son masque et se rend vulnérable, là, oui je suis de tout coeur à ses côtés, désireuse de voir réussir ses projets de fils désabusé et d'amoureux désespéré. 
En somme, après 380 pages de tours et détours sournois, haletants et carrément flippants, je pense que cette lecture demande du temps pour qu'elle fasse son bout de chemin, mais elle vaut le coup d'oeil en tout cas !

Candor, par Pam Bachorz
Editions Thierry Magnier, 2011 - 380 pages - 17€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Dayre 

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14/09/11

Terrible Angels

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Non mais quel roman ! Il est violent, sombre, révoltant, injuste, douloureux. Vous y absorbez le désespoir du narrateur, Dam, bientôt seize ans, vous vous dites que ce n'est pas possible d'avoir une telle famille, aveugle, intransigeante. Le pauvre gamin, il n'est pas aidé ! Alors que cela devrait être le contraire, Dam est en effet décrit comme un garçon timide et effacé, peureux et sensible, trop sensible, au goût de certains. Forcément. Ce n'est pas un caïd, il se fait souvent taper dessus par les crétins de passage, il se sent plus bas que terre, il n'a strictement aucune confiance en lui. 
Et puis, il rencontre Samy et sa bande. Des êtres marginaux, libres d'être ce qu'ils ont envie d'afficher. Ils portent un look gothique, ils manifestent un intérêt profond et sincère les uns envers les autres, ils ne jugent pas, ils écoutent, encouragent et apportent tout ce qui manque à Dam. Très vite, il s'identifie à eux, ne lâche plus Samy, tombe amoureux, mais en même temps il doit supporter les sarcasmes de sa famille et les nombreuses interdictions de son père, qui ne décolère pas. Son fils n'est pas une "lopette sataniste" ! 
Les mots sont durs, mais c'est le désespoir du garçon qui fait vraiment mal. Dam est à fleur de peau. Il encaisse sans réagir. Ou il se taille la peau, pour faire évacuer tout ce sang qu'il juge de trop dans son corps. Car c'est à l'intérieur que l'essentiel se passe, la boule de rage qui grossit et grossit encore, la sensation d'impureté et le besoin de s'infliger des marques.
Arrive alors son anniversaire, et tout va basculer. 
Le faire... ou mourir. Un titre énigmatique, mais quel choc.
Pendant 95 pages, je n'ai fait que couler, couler dans le récit. C'est très fort, et ça interpelle. Il est difficile de prendre le moindre recul. Mais le texte possède cette justesse de savoir décrire et partager ce qu'est le désarroi adolescent. Tout est vrai, et tant pis si ça fait mal. Plus je lisais, et plus je me disais qu'il fallait que je m'en sorte pour lire un truc plus léger. Pour décompresser. Et puis, il y a les cinq dernières pages. Les cinq dernières minutes, en somme. Là, je ne vous cache pas ma surprise. (J'avais même un peu de mal à comprendre ce qu'il se passait.) 
Heureusement que cela se termine ainsi. Cela m'a permis de me sentir en paix, et même pour Dam... ce n'était plus possible autrement. En bref, c'est un roman étonnant, bluffant et à recommander pour tout ce qu'il provoque et donne envie de ressentir ou partager. Les mots sont vrais, le vague à l'âme est extrêmement bien traduit, c'est un livre qui fait résonner en nous de vives émotions, c'est franchement réussi.

Le faire ou mourir, par Claire-Lise Marguier (Rouergue, 2011)

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08/09/11

Les Chemins de Poussière #1

Tu es mon sang, Saba.Tu es mon esprit. Tu es mon souffle, tu es mes os... tu es partout en moi. Tu y es depuis le premier jour où je t'ai vue.

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SABA est un roman fort, bouleversant et captivant, avec une héroïne décidée, qui n'écoute que son coeur et se moque du reste, et qui a assisté impuissante à l'enlèvement de son frère et à l'assassinat de son père. Dès lors, elle s'est jurée de tout quitter pour le retrouver. Qu'importe le prix à payer. 

En première ligne des sacrifices, il y a la petite soeur, encombrante et ennuyeuse, qui n'écoute jamais ce qu'on lui demande de faire, et qui voudrait tout le temps prouver ce dont elle est capable. Et il y a les rencontres, opportunes ou malheureuses, qui détournent du droit chemin, et qui plongent l'histoire dans le sombre, la violence et le sang. 

L'histoire se passe au coeur d'un paysage aride, hanté par des cavaliers noirs, où règne un monarque fou dangereux. Au sein du chaos, survient sans prévenir une histoire d'amour, et quel amour ! Un amour brut et sans chichis, où la confiance doit se gagner en douceur, et c'est tout simplement miraculeux. 

Il est difficile, enfin, de ne pas s'attacher aux personnages, ils sont généreux et vrais, apportent à Saba un semblant d'équilibre et lui offrent ainsi une nouvelle famille à laquelle s'accrocher. Bon, il lui faudra du temps pour accepter cette main tendue, la jeune fille est une sauvageonne qui n'a jamais appris à lire et écrire. Je le précise, car c'est sa voix qui nous guide dans le roman, une langue brute qui se moque des belles tournures, mais c'est ce qui "tient" le livre aussi. C'est un style qui peut déconcerter, mais très vite le ton nous emporte et il devient difficile de poser son roman. Cela colle aux doigts et on en redemande. 

Moira Young, SABA.

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Mon avis, plus détaillé ICI.
Saba, Ange de la Mort - Moira Young  
Gallimard jeunesse, 2011 - 348 pages. 16€
Traduit par Laetitia Devaux.
 

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