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Chez Clarabel

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15 juin 2019

Les Sales Gosses, de Charlye Ménétrier McGrath

Les sales gosses

Pimpante octogénaire, Jeanne ne décolère pas contre ses enfants qui ont jugé bon de la placer en maison de retraite sans son avis ! Elle dégaine ses premières armes en leur menant la vie impossible puis se ravise quand elle se découvre une bande d'amis dans cette résidence de la seconde chance.
En effet, nos petits vieux ont du temps à rattraper en matière d'amitié, d'amour et de rêvé inachevé (comme monter sur scène et pousser la chansonnette, gommer les actes manqués ou raccommoder les rendez-vous loupés). Le groupe s'entraide et fait aussi les 400 coups au grand dam de leur descendance. Jeanne a mis les points sur les i mais va également aplanir les relations conflictuelles entre tous. 
Au fil des pages, une formidable harmonie s'installe et vient rayonner sur le lecteur ébahi. Car cette histoire est attachante et bienfaisante. On se sent bien entre ses lignes et parmi cette bande de joyeux lurons délurés. Jeanne devient malgré elle la locomotive du groupe et va inspirer ce souffle de rébellion au sein des retraités. 
Il y a aussi des passages plus doux, plus graves sur le temps qui passe et les regrets qui restent. En les évoquant, notre troisième âge prend aussi conscience du sursis accordé et de l'occasion à saisir pour retrouver un grand amour perdu ou vivre à nouveau une belle histoire. En somme, c'est tout plein de sentiments affectueux, généreux et sincères. C'est émouvant - argh, cet épilogue ! - mais il n'empêche que le message de vie et d'espoir passe comme une lettre à la poste. On adore cette sensation que le roman procure. Ça vous noue l'estomac et ça vous rend gaga d'admiration. On se sent comme dans un cocon douillet - c'est chaleureux et réconfortant.
Pour un premier roman, c'est un joli essai. Réussi !

©2019 Fleuve Éditions (P)2019 Lizzie

Couverture de Les Sales Gosses

Excellente interprétation par Marie-Christine Barrault ! Une véritable aubaine pour ce roman d'avoir une comédienne aussi talentueuse... Il y a de l'élégance, de la majesté et de la maturité dans cette lecture audio. C'est pour moi un vrai cadeau qui donne du poids et de la noblesse à cette belle histoire de pensionnaires hors du commun ! Bravo.

 

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13 juin 2019

En poche ! La Nouvelle Vie de Kate Reddy, de Allison Pearson

La Nouvelle Vie de Kate Reddy Poche

Pour Kate Reddy, bientôt 50 ans, mariée et mère de famille, la roue tourne comme marée en carême. Entre ses deux adolescents plongés dans les affres de la puberté (popularité, réseaux sociaux, apparence, clan, défis idiots, jeux vidéo) et son mari en pleine reconversion professionnelle, Kate surnage.
Contrainte de reprendre le boulot pour maintenir le navire à flot, elle fait alors face à un gouffre immense. On fait comment pour revenir sur le marché quand on a tout plaqué pour torcher les mômes et les parents séniles ? On rejoint une association de Revenantes. On ment sur son âge. On redouble d'efforts pour ne pas vendre la mèche. On jongle entre rendez-vous et autres joyeusetés, en espérant aussi ne pas sombrer dans la folie. On analyse avec amertume et acuité le monde qui nous entoure, la compétitivité acharnée, la phallocratie ambiante, le corps qui lâche, les bouleversements hormonaux, les désordres amoureux, le retour du grand amour et le rappel à la raison. Argh.
Tout, mais vraiment TOUT, dans ce roman sent le vécu, le concret, le juste, le conforme au réel. C'est même parfois flippant... D'un autre côté, il y a une telle énergie chez Kate Reddy, une volonté de fer et un humour caustique, si bien qu'on sourit pas mal en oubliant les tracas.
La vie de Kate est bien remplie et on peste comme elle contre cette sensation d'être toujours le pivot central (ras-le-bol parfois). Du coup, on se défoule et on adore râler contre les coachs de vie qui prônent le foie gras végétal, contre les jeunes loups aux dents longues qui se moquent de Madonna, contre les belfies, contre les services clientèle tatillons, contre les démons de minuit ou contre les tapis de yoga qui ne servent à rien.
En tout cas, on a tous en nous quelque chose de Kate Reddy... ce n'est pas notre ami Johnny qui dirait le contraire ! Voilà une lecture qui vous booste et vous donne envie d'enfiler les cuissardes pour jouer la choré de Beyoncé en hurlant ♫♪ Who run the world ? ♪♫

POCKET (2019) - 640 pages / Traduction de Julie Sibony

Originaire du Pays de Galles, Allison Pearson est journaliste au Daily Telegraph. Son premier roman, Je ne sais pas comment elle fait, paru en 2002, a été adapté au cinéma en 2011 avec Sarah Jessica Parker. En 2018 a paru La Nouvelle vie de Kate Reddy aux éditions du Cherche Midi, reprenant le personnage de Kate Reddy déjà présent dans son premier livre. Allison Pearson vit à Cambridge avec ses deux filles.

 

13 juin 2019

En attendant le jour, de Michael Connelly

En attendant le jourLieutenant de police dans la brigade de nuit, quartier Hollywood, Renée Ballard a coutume de transférer ses dossiers à la fin de son service car l'enquête ne lui appartient plus. Cette fois, elle ne se résout pas à abandonner aussi facilement sa double affaire de fusillade et d'agression mais obtient un sursis pour approfondir le dossier.
Cette partie de l'histoire n'est pas très originale dès lors qu'on lit souvent du Connelly car on retrouve grosso modo ses bonnes vieilles ficelles usées.

Par contre, LA nouvelle héroïne de l'auteur n'est franchement pas sympathique. Elle vit seule avec son chien. Elle a grandi à Hawaï sur une planche de surf jusqu'au jour où son père a disparu en mer. Elle n'a plus que sa grand-mère pour se soucier d'elle. Elle a d'abord été journaliste avant de s'engager dans la police. Ses rapports avec ses collègues sont également problématiques (son poste serait d'ailleurs une punition).
Par contre, Ballard est un produit 100% Connelly - un personnage de flic entier et sans concession, buté et farouche, défiant sa hiérarchie et les conclusions hâtives. Mais elle demeure trop inaccessible et froide. Juste un nom, même pas un prénom. Car l'auteur insiste sur du Ballard tout du long... jamais Renée. C'est saoulant et l'écart se creuse.
Non vraiment j'ai été moyennement conquise par cette lecture. L'enquête criminelle est plate et factuelle. Bien sûr l'auteur adresse un clin d'œil à son personnage iconique et sous-entend qu'il va faire une apparition dans le prochain roman. En attendant, cette nouvelle série n'a pas été à la hauteur de mes espérances.

©2017 / 2019 Titre original (États-Unis) : The Late Show / Traduction de Robert Pépin pour Calmann-Lévy (P)2019 Audiolib

Très bonne écoute grâce à une interprétation pondérée de la lectrice. Du rythme, de la tenue, de l'intrigue. Un format audio tout à fait convaincant !

11 juin 2019

Le Manuscrit perdu de Jane Austen, de Syrie James

Le manuscrit perdu de jane austen

En visite dans la région d'Oxford, Samantha déniche un recueil de poésie dans une librairie d'occasion d'où s'échappe une lettre... qui proviendrait de la correspondance de Jane Austen ! Intarissable sur le sujet, Samantha comprend que son écrivain préféré aurait égaré un manuscrit au cours d'un séjour dans le Devon et décide de s'y rendre illico pour rencontrer le propriétaire du manoir. 
Sur place, elle tombe sur son héritier - Anthony Whitaker - qui se laisse convaincre pour fouiller la bibliothèque de fond en comble. Leurs efforts seront récompensés. D'où Les Stanhope. Place alors au roman dans le roman !
Une certaine Rebecca et son père pasteur doivent quitter leur maison avec un scandale aux fesses et se réfugient chez la sœur aînée pour se refaire une santé. Notre demoiselle va également rencontrer deux gentilshommes - l'un qu'elle va détester, l'autre qui va la séduire. On connaît la ritournelle (et le club des filous en W !). Pour notre spécialiste, le doute n'est plus permis car ce sont tous les thèmes fétiches de Jane Austen qui sont réunis dans ces 300 pages. Cette découverte va révolutionner la communauté des fans.
Pour ma part, j'ai nettement préféré l'histoire dans l'histoire - même si on est loin du style de la femme de lettres - par contre l'intrigue est largement plus captivante que la partie contemporaine. J'ai adoré l'histoire des Stanhope, a contrario Samantha et Anthony sont fades, leurs interludes sonnent creux et ça augure la romance platonique à la ronde. Bref. Ça m'a fait le même effet que dans le roman de Lucinda Riley - un retour au présent qui est trop frustrant.
Ceci dit, on sent vraiment tout l'amour et la vénération qu'inspire Jane Austen sur cette lecture donc le résultat ne peut pas être foncièrement mauvais. C'est comme une petite récréation appréciable - légère et charmante. Plutôt sympa pour une austenerie.

Milady (2015) - Traduit par Luc Rigoureau pour les éditions Hachette

 

11 juin 2019

Cache-cache à l'hôtel (Agatha Raisin #17), de M. C. Beaton

Cache-cache à l'hôtel Agatha Raisin 17Dans ce 17ème épisode, on s'intéresse moins à l'enquête criminelle (une sombre histoire de meurtres en série dans un hôtel défraîchi du bord de mer) mais davantage aux déboires sentimentaux de notre chère Agatha !

Comment va-t-elle gérer le retour de James ? Va-t-elle retomber dans son obsession ? Ou aura-t-elle retenu la leçon en se montrant forte et détachée ? Parviendra-t-elle à déstabiliser son ex et le pousser hors de son piédestal... lui qui a coutume de régner sur sa cour d'admiratrices sans lever le petit doigt. Le suspense est à son comble. 

Humour, dérision, cavalcades et supercheries... du bon Raisin, comme toujours ! Notre chère Agatha va se montrer digne et sans équivoque ! Fidèle à sa réputation.

description

Son public applaudit à tout rompre. 

Lu par la talentueuse Françoise Carrière qui surjoue le caractère ronchon de notre anglaise fétiche. 
En bref, on est fan ou on passe son chemin.

©2019 Albin Michel (P)2019 Audible Studios

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8 juin 2019

Orgueil et préjugés, par Jane Austen

ORGUEIL ET PRÉJUGÉSMiam miam miam. Que c'était bon.
Une relecture pleine d'esprit et d'humour, pour un roman qui raconte si bien la chasse aux maris au sein d'une famille tumultueuse et ô combien capricieuse.
Cette fois, on a une ambiance beaucoup moins mélancolique que Persuasion et tellement plus primesautière que Raison et Sentiments. L'histoire se résume simplement : Elizabeth et Darcy ne s'apprécient guère lors de leur première rencontre et n'auront de cesse de démontrer l'étendue de leurs tiraillements. En fait, ils ne sont jamais sur la même longueur d'ondes. Soit c'est trop tôt, soit c'est trop tard. Et jamais ils n'éprouvent les bons sentiments aux bons moment. Ils parlent souvent avant de réfléchir ou bien réfléchissent trop, à tel point que leurs supputations, leurs inclinations et leurs déclarations tombent à plat.
Quels idiots... Du moins, dois-je avouer qu'Elizabeth n'est pas mon héroïne fétiche. Depuis toujours elle m'insupporte. C'est une donneuse de leçons qui s'ignore mais son attitude hautaine ne trompe personne (pas moi, en tout cas). A contrario de Darcy, magnifiquement taciturne et terriblement gentleman. Soupirs extatiques à profusion. Cette fois, je remettrai la palme du potentiel insoupçonné à Mr Collins. Yep. Ce bougre d'âne est franchement risible ! Sans lui, le roman n'aurait sans doute pas la même saveur.
Ce cousin des Bennet ne doute pas de son sex-appeal. Sa convoitise est forcément un cadeau du ciel. Recevoir une demande de sa part n'est bien évidemment qu'évidence et gratitude profonde. Amen !
Sur ce, je rassemble mes impressions et mes souvenirs. J'emballe tout ça avec un joli ruban. Hop, c'était au niveau de mes espérances. Moins long, plus piquant, assez sensuel et néanmoins mystérieux. C'était miam, quoi !

©Editions Christian Bourgois pour la traduction par V. Leconte et Ch. Pressoir - Repris en poche chez 10x18 dans de magnifiques couvertures

Il existe une version audio des Brumes de Mars avec Évelyne Lecucq en narratrice. Et c'est excellent ! 11 heures d'écoute virevoltante et enjouée avec une réalisation sonore musicale qui nous plonge dans l'ambiance. Je ne peux que recommander.

Orgueil et préjugés brumes de mars

 

7 juin 2019

Crazy London, de Sarra Manning

Crazy LondonCette lecture est complètement dingue.
C'est l'histoire d'une nuit interminable au cours de laquelle Sunny cherche son petit copain qui a été surpris en train d'embrasser une autre fille. En compagnie de deux pâtissiers français (très sexy), elle arpente les rues de Londres pour sermonner le goujat.

Ce qui déroute, au début, c'est la totale désinhibition du récit et du personnage. Car Sunny va passer de la nana en pleine crise existentielle à la badass qui s'ignore et défonce tout. 
Mais c'est vachement drôle car on vit des expériences incroyables, on fait des rencontres insolites, on tente l'impossible, on rit, on pleure, on aime, on quitte, on trahit et on reprend tout à zéro. On trimballe aussi un balai avec le plus grand naturel. Bref. On voudrait suivre la cadence, toutefois ça part vite dans tous les sens.

En bonus, nous parcourons la ville de Londres qu'on explore de long en large et en travers. Ça vaut tous les guides touristiques du monde et c'est simplement extra (même si le dénouement fait pâle figure). On aimerait que ça ne se termine jamais... que l'aube ne pointe jamais son nez. Enfin, quelle sacrée aventure ! De toute façon, j'aime beaucoup le ton désinvolte et sans filtre de Sarra Manning. Je partais donc conquise d'avance !

(NB : C'est l'occasion également d'y recroiser l'inénarrable héroïne d'Attachiante... TOP !)

Castelmore (2018) - traduit par Nicolas Jaillet

 

6 juin 2019

Persuasion, de Jane Austen

PERSUASIONAnne Elliot est une beauté fanée de 27 ans. Éternelle célibataire. Son père, trop orgueilleux et dépensier, doit céder son domaine à un couple de locataires qui ramène dans son sillage une vieille connaissance.
Huit ans plus tôt, Anne a rompu ses fiançailles avec Frederick Wentworth, alors jeune lieutenant sans le sou. Son amie et bienfaitrice l'avait en effet persuadée de ne pas s'engager aussi hâtivement dans un avenir trop incertain.
Les années passant, Anne s'est donc éteinte. Mais son aura n'en demeure pas moins attrayante aux yeux de ses proches qui voient en elle une demoiselle discrète et compatissante. Sa compagnie est ainsi prisée... comme atteste la prévénance de son cousin, qui ne masque pas son intrigue.
Le retour de Frederick embrouille néanmoins l'esprit de notre héroïne, pas seulement parce qu'il est toujours d'une grande beauté et possède désormais de l'aisance. Plutôt parce qu'il se montre distant et rancunier. On l'acoquine même avec une demoiselle de leur cercle, après sa chute accidentelle sur la jetée.
Le lecteur ne peut que retenir son souffle car ce roman est excellent !
Avec un sens de la dramaturgie inégalable. Des regards et des silences insondables. Sans parler de sa tension insoutenable lors de deux épisodes clefs - la promenade tragique à Lyme et le soir du concert aux Rooms. Et cette lettre finale dont la seule réponse implique de censurer toute bienséance. Cours Anne, cours !
J'avais (presque) oublié le tourbillon romanesque de cette lecture... Que d'émotions, que de frissons. C'est super bon. J'en sors conquise et émoustillée.
Maintenant, imaginez Rupert Penry-Jones dans la peau du capitaine Frederick Wentworth et vous soupirez d'aise. C'est épique, vraiment !

©1980 Christian Bourgois éditeur. Traduction d'André Belamich ©1996 pour la présente édition 10x18

Il existe une version audio parue aux éditions Thélème.

Par contre, il s'agit d'un texte adapté & lu par Camille Cobbi (durée : 5 h env.)

Couverture de Persuasion

 

4 juin 2019

Raison et sentiments, de Jane Austen

Raison et sentimentsMes souvenirs de lecture ayant été embrumés par le film d'Ang Lee, j'avais l'impression de redécouvrir le roman de Jane Austen pour la toute première fois. D'où une certaine tiédeur dans les premiers chapitres car je trouvais les sœurs Dashwood beaucoup moins sympathiques.
Célibataires sans le sou, Elinor et Marianne doivent quitter leur domaine pour un cottage plus modeste en perdant tout espoir d'un avenir radieux... mais vont adroitement retomber sur leurs pieds. Ceci dit, leur prospérité ne sera acquise qu'après quelques déboires puisqu'elles s'entichent de prétendants qui vont aussi leur échapper. La première s'incline, en toute humilité. La bonne âme. Par contre la deuxième, plus expansive, frise l'indécence en bombardant l'élu de son cœur avec des petits mots doux qui ne trouvent pas écho. 
Cette Marianne... J'ai longtemps cru partager les mêmes passions et soutenir ses excès. Vingt ans ont passé. Et là, me dis-je, que fait sa mère ?! Ce serait néanmoins trop réducteur de résumer Jane Austen à de simples badinages amoureux. Les émotions sont en effet plus profondes et subtiles. Point de séquences théâtrales. Place à une société oisive, qui babille en toute insouciance et qui colporte d'incessantes rumeurs sur le voisinage, tout en mariant les uns et les autres pour occuper de longues heures creuses. 
Les héroïnes de Jane Austen apparaissent toujours un peu superficielles et sottes au premier abord. Je tiens d'ailleurs à souligner le potentiel insoupçonné de Lucy Steele (et le plaisir manifeste de l'auteure à tailler son portrait et épingler ses travers). C'est caustique à souhait. On adore.
Car il y a de l'humour derrière tout ça... Lorsque Marianne rencontre le Colonel Brandon, celui-ci évoque sans complexe ses rhumatismes et ses gilets en flanelle ! OMG. Oubliez le remarquable Alan Rickman... (et sa sublime mission de sauvetage). Las, les hommes n'ont probablement pas le plus beau rôle dans notre affaire. Et tous ces Edward, Willoughby ou autres spécimens ont finalement bien peu de valeurs. L'auteure les utilise comme des pions, jouant de leur vie et de leurs sentiments, avec une somptueuse malice.
C'est la leçon à retenir. Ou du moins, la perspective réjouissante d'une relecture sans accroc et la garantie d'une admiration sans borne.

©1979 Christian Bourgois Éditeur. Traduction de Jean Privat ©2012 pour la présente couverture chez 10x18

(P)2017 Audiolib lu par Cachou Kirsch (durée : 12h env.)

Couverture de Raison et sentiments

 

4 juin 2019

Les Mystères de Larispem : Les Jeux du Siècle, de Lucie Pierrat-Pajot

J00248La suite audacieuse du livre qui a remporté la 2e édition du concours du premier roman jeunesse.

Le sang jamais n'oublie était alléchant.
Les Jeux du Siècle confirme son talent !

Liberté, Carmine et Nathanaël sont toujours au cœur d'aventures palpitantes mais sont surtout les pions des enjeux politiques qui ourdissent en coulisses. Ainsi, nos trois amis sont appelés à tromper, mentir, corrompre et trahir dans des sphères inimaginables.
Résultat, ça tourbillonne, ça papillonne et ça secoue pas mal, surtout dans les derniers chapitres... 
L'ambiance de Larispem est toujours fascinante. Les personnages sont tous attachants. Et l'histoire ne manque ni de souffle ni de suspense.
Mais que de zones d'ombres... de flous... de fuites en avant dans cette intrigue qui fait voltiger les sensations. C'est tellement bon.

Lucie Pierrat-Pajot réussit à m'embarquer dans son monde avec une parfaite dextérité.

Je suis complètement fan de cette série ! ♥♥♥♥♥

Dans ce deuxième tome, les jeux de Larispem sont lancés. Carmine, la fougueuse louchébem, Nathanaël, nouvellement apprenti au Cochon Volant, et Liberté, la talentueuse mécanicienne de la tour Verne, forment l'une des six équipes de ce Jeu de l'oie à échelle humaine.

Pendant ce temps, la comtesse Vérité œuvre dans l'ombre pour s'emparer de la Cité-État. Sylvestre, son sombre émissaire, est sur la piste... tandis que la Présidente Lancien et son conseiller Fiori sont à couteaux tirés quant aux mesures à prendre.

Le Livre de Louis d'Ombreville est également au cœur de toutes les convoitises. Son contenu en logogriphes suscite moult interrogations que notre subtile technicienne risque peut-être de déjouer. Mais le climat est lourd, pesant et menaçant à Larispem. L'Esprit de la Commune doit marquer un grand coup ... ou réduire les espoirs à néant.

Course poursuite dans le cimetière Lachaise ou chevauchée sauvage d'un taureau mécanique... les épreuves se succèdent et le danger grandit. Ce décor planté, le lecteur n'a plus qu'à suivre la cadence imposée. Et c'est juste bluffant. Franchement exaltant. On vit des heures fabuleuses en bouquinant cette série dont je suis tombée amoureuse, purement et simplement. Encore un tome avant la fin ! Yup.

Gallimard jeunesse (2017) - magnifiques illustrations de Donatien Mary

 

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