Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Chez Clarabel

Publicité
22 février 2007

Une femme à sa fenêtre (1976)

une_femme_a_sa_fenetreRico et Margot Santorini ne s'aiment plus. Lui, play-boy vaguement diplomate, collectionne les aventures féminines; Margot, belle, riche, courtisée, est dans l'attente d'un grand amour. En cette année 1936, le monde décadent et sans âme de la grande bourgeoisie grecque n'offre guère d'occasions de vivre intensément comme le souhaiterait la romanesque Margot, qui cache sa véritable nature sous un masque de cynisme et de frivolité. Cette chaude nuit d'août au cours de laquelle, de sa fenêtre, Margot est le témoin d'une chasse à l'homme, va bouleverser la destinée de la jeune femme.

Adapté du roman de Pierre Drieu de La Rochelle, avec des dialogues signés de Jorge Semprun, "Une femme à sa fenêtre" est incontestablement un film "classique" dans le sens strict du terme. Ambiance, jeu des acteurs, histoire nonchalante, etc. Romy Schneider y balade sa silhouette gracile et non dénuée de sensualité, toujours impeccable et élégante, mais lointaine. Elle interprète une riche bourgeoise qui plonge dans la tourmente de l'Histoire pour suivre l'homme qu'elle aime, un révolutionnaire pétri du dogme marxiste (incarné par Victor Lanoux, trop bourru pour la circonstance).

Une nouvelle fois, Romy est très proche de son personnage de Margot. Les deux femmes se ressemblent jusqu'à parfois se confondre. Même caractère entier, même soif d'absolu, mêmes cicatrices indélébiles... Les paroles de Margot résonnent tel un écho chez Romy Schneider, seune_femme_a_sa_fenetre_2s rêves appellent son propre destin. Dans ce film, elle interprète également la fille de Margot qui retourne en Grèce sur les traces de ses parents pour connaître leur histoire. A ce propos, la mise en scène est impeccable, il y a des flash-backs, des allées et venues entre le passé et le présent. On comprend peu à peu ce qui pousse Romy Schneider à délaisser son mari, interprété par Umberto Orsini, pour tomber dans les bras de Victor Lanoux. La fin apporte vraiment une touche essentielle à l'histoire, lui donnant une profondeur qui avait tendance à faire défaut.

Car hélas, même si l'histoire sur le papier est terriblement passionnante, attirante et intriguante, sur la pellicule l'atmosphère manque un peu de cette flamboyance. Il y a un côté un peu trop précieux qui rend le film froid et statique. Voir, parfois embrouillé. Tout était pourtant réuni pour un film envoûtant, l'effet obtenu tient toujours par le jeu et la présence de Romy Schneider. Mais "Une femme à sa fenêtre" a des qualités et des défauts, heureusement les dernières notes du film s'emballent et raccrochent l'intérêt du spectateur. A noter aussi un pilier de choix, Philippe Noiret, à qui on ne peut décidément rien reprocher !

Une femme à sa fenêtre, film de Pierre Granier-Deferre (1976) avec Romy Schneider, Philippe Noiret, Victor Lanoux & Umberto Orsini.

Publicité
22 février 2007

J'aide les taupes à traverser - Jean Louis Ughetto

j_aide_les_taupes_a_traverserJe ne me souviens plus pourquoi j'ai voulu lire ce livre, même si je reconnais au titre une accroche porteuse et qui invite à ouvrir cette galette brune sur le champ... Que peut cacher "J'aide les taupes à traverser" ? Des séquelles, pourquoi pas des nouvelles ?
J'aime beaucoup la définition de l'auteur : "Pour moi, la nouvelle est un genre littéraire à part entière pas un marchepied permettant d'accéder au roman. Le fait d'écrire des textes courts est un choix, la concision me paraît une vertu, d'ailleurs je ne sais pas faire long même pour une dédicace." Cela permet de rendre quelques lettres de noblesse à ce genre trop souvent boudé et à qui on reproche une légitime frustration !

Il y a donc 12 textes qui "traitent de l'adolescence ou de la maturité, des inventions du désir et ses multiples dérapages. Des personnages passent, hésitent, désorientés par la rudesse des rencontres et leur propre incapacité à décoder le regard d'autrui. Entre plaisir de la causticité et art de la concision, on retrouve les acteurs - sceptiques et crédules, cyniques et sentimentaux - de ces mini-drames, à jamais ancrés dans leurs contradictions." (4ème de couverture)

Il y a un petit goût fumeux derrière ces séquelles, une tendance à plonger dans le borderline, à filer un petit goût de bile au fond du palais. J'avoue, j'ai eu des doutes. J'ai aimé le style tonique, l'imagination fébrile et les coups de théâtre percutants, mais d'un autre côté quelques passages me donnaient la nausée... Un peu suspect, tout ça. Mais bon, c'est aussi une griffe qui fait son effet donc ce n'est pas mauvais dans le fond. Et ça promet même de susciter la curiosité !

La chambre d'échos

22 février 2007

Un bras dedans, un bras dehors - Emmanuelle Peslerbe

un_bras_dedansDans l'appartement d'Elisa Pratte, sévit un dégât des eaux. Elle attend la visite d'un expert en assurances, qui se présente sous le nom de Philippe Dumont. Or, la personne en face d'Elisa a les traits d'une femme, porte une jupe, bref la confusion n'est pas possible et éveille le trouble chez Elisa.
Elle décide d'adresser un courrier à ce Monsieur Dumont pour partager son émotion et sa solidarité vers l'envie de transformation, mais ce dernier lui répond qu'elle est cinglée, qu'elle se trompe haut et fort.
Toutefois l'idée a fait son chemin, dans la tête et l'imagination des deux personnages. La suite du roman prend la tournure d'une campagne de conquête de l'autre et de soi, "réfléchir, se réfléchir tel qu'on se voit dans son miroir intérieur, être au plus près possible d'une réalité ressentie, voilà ce qui me semble être la quête de tous ceux qui ne se ressemblent pas, de tous ceux qui pensent qu'il est une évidence : le miroir ment".

"Un bras dedans, un bras dehors" est le 1er roman d'Emmanuelle Peslerbe, un roman déconcertant. Je n'ai pas foncièrement adhéré à l'histoire en général, mais l'idée d'un mirage acoquinée à une situation de quiproquo était séduisante.
Le thème de l'androgynie rappelle le roman de Virginia Woolf, "Orlando", même si Emmanuelle Peslerbe adopte d'emblée un ton et un univers bien à elle. On suit à la fois son héroïne, Elisa Pratte, jeune femme insaisissable, peintre à ses heures et à l'imagination débordante, et d'un autre côté Philippe Dumont, employé modèle, marié, des activités à la pelle pour remplir ses journées... Or, il faut croire que l'ennui pointe son nez car le courrier d'Elisa lui donne la clé des champs, l'invite à déborder de ses sentiers battus et emprunte la voie du fantasme.
Emmanuelle Peslerbe a une très jolie écriture qui laisse planer le doute. Son choix d'être concise et de laisser la porte ouverte aux pointillés renforce le sentiment de polir les angles, de ne donner aucune solution, d'introduire le doute... L'imagination mérite son appellation de "folle du logis" dans cette histoire pour adultes qui s'ennuient.
Ce 1er roman en appelle d'autres, car même si j'ai trouvé l'histoire nébuleuse, avec des passages abscons, le style et l'univers de l'auteur gagnent à être retrouvés, redécouverts. A suivre...

Editions du Rouergue

21 février 2007

César et Rosalie (1972)

romy_cesar_rosalie_3Rosalie vit avec César, un self-made man, un type retentissant, bon vivant et fou amoureux de sa belle. Elle a une petite fille, Catherine, de son précédent divorce. Leur vie repose sur un confort simple et heureux. Mais un vent de panique souffle avec le retour de David, que Rosalie a passionnément aimé avant d'épouser son meilleur ami, Antoine.
Incapable de dompter la jalousie qui le ronge, César va commettre l'irréparable (mentir, faire du chantage, être violent, etc.). Résultat, Rosalie va le quitter. Elle n'est pas sa chose, elle n'accepte pas sa volonté de domination, elle court rejoindre David dans l'espoir de jours meilleurs.
Mais l'harmonie passe comme les nuages... Il manque à Rosalie son équilibre, d'un côté David, d'un autre César, mais les deux ensemble, non ce n'est pas supportable, elle étouffe.

romy_cesar_et_rosalie"César et Rosalie" n'est pas qu'un film sur la relation amoureuse à trois, ce film de Claude Sautet pousse la complexité à analyser les sentiments d'un homme entre 40 et 50 ans, miné par l'amour exclusif et qui ne comprend pas qu'on puisse se détacher sans crier gare.
C'est aussi un portrait de femme émouvant. Romy Schneider incarne Rosalie, une créature légère, sensuelle et qui aime sans faux-semblants, n'acceptant pas qu'on lui dicte sa conduite, ni à qui donner son coeur... bref ce film offre encore une fois à Romy la possibilité d'affirmer son talent de grande actrice et sa beauté illumine la pellicule du début à la fin.
C'est à vous couper le souffle. Les dialogues sont étonnament simples, mais il ne faut pas s'y tromper, leurs propos sont bien souvent percutants et touchants.
Samy Frey interprète l'homme dangereux, au charme mystérieux et inquiétant, c'est lui le pôle nord vers qui l'aiguille de la boussole de Rosalie s'aimante instinctivement. Yves Montand, qui joue avec panache César, a obtenu le rôle par chance, après le refus de Vittorio Gassman. Claude Sautet romy_cesar_rosalie_2ne sait pas tromper, il est définitivement l'homme de la situation, où son art de vivre rabelaisien se susbtitue à ses angoisses, ses démons intérieurs, où le petit garçon se chamaille avec l'amoureux éploré.

C'est très beau et filmé avec la maestria habituelle de Sautet, l'expert à analyser l'époque contemporaine dans les rapports humains, à rendre juste et faussement simple les sentiments des quadras. De duo amoureux en grande tablée familiale, le bonheur de vivre s'y respire à grandes bouffées. Le film sorti en 1972 est un succès triomphal, Romy Schneider a imposé son nom dans le cinéma français et son visage, sa voix ont conquis le public.

César et Rosalie (1972) - film de Claude Sautet avec Yves Montand, Romy Schneider et Sami Frey.

21 février 2007

Mercredi, jour des enfants

maison_toute_de_traversLa maison toute de travers se penche en avant comme pour saluer les passants, mais il fut un temps où la maison se tenait droite et fière... C'était avant l'histoire du chapeau. Quelle histoire ?  Un soir de printemps, la femme du père Albert lui dit qu'elle a croisé sa cousine Jeannette avec une jolie robe et un chapeau tout neuf. "Elle a bien de la chance d'avoir un mari aussi riche !"  Piqué, le père Albert quitte la cuisine (où il venait de se régaler d'une omelette aux pommes de terre) et va s'asseoir sur le banc devant sa maison.

Le lendemain, sa femme le surprend en train d'arracher une à une les planches du parquet de leur chambre. "Que fais-tu là malheureux ? Tu as perdu la tête ?"  Que nenni. Le père lui rapporte l'histoire extraordinaire de son grand-père qui avait caché un magot avant de partir à la guerre. Quand il rentra, le brave homme ne savait plus où il l'avait mis. "Je crois qu'il est caché sous ce plancher. Quand je l'aurai trouvé, ton armoire débordera de chapeaux."

La femme d'Albert réfléchit, puis sourit. Elle s'y voit déjà, avec ses chapeaux de paille, de feutre, en soie, de toutes les couleurs ou pour toutes les saisons... oui, elle y croit, elle en rêve. Trois jours plus tard, il n'y a plus de plancher dans la maison et pas de magot. Qu'à cela ne tienne, le père Albert décide d'ôter les tuiles du toit. Sa femme tente de l'arrêter, mais il insiste. "Quand je l'aurai trouvé, il te faudra une seconde armoire pour ranger tes chapeaux."  Mais a-t-elle besoin de tous ses chapeaux ? la femme du père Albert commence à se poser des questions.

L'histoire n'en finit pas là. Après le plancher et le toit, le père Albert décide de décortiquer les murs de la maison. La coupe est pleine pour sa femme, elle file le nez en l'air sur sa bicyclette. Elle ne veut plus de chapeaux, et encore moins du trésor. Mais le trésor existe-t-il ou pas ? Le sort de la maison toute de travers se dessine ... en doutez-vous encore ?

Vous pouvez vous ruer dans votre librairie et acheter ce livre (il coûte moins de 4 euros) pour connaître la suite. Vos enfants vont adorer ! C'est une histoire à la fois tendre, drôle et décalée. Les petits détails de Magali Le Huche font toute la différence. De toute façon, à la maison nous sommes de plus en plus conquises par ses illustrations (cf. Bertille Bonnepoire a le cafard). L'histoire racontée par Sylvie Misslin ne manque pas de panache et sait attraper le jeune lecteur. Miss C. était scotchée ! Autant ses yeux roulaient comme des billes pour regarder les moindres recoins des pages qu'elle tournait, autant elle se demandait où se cachait le trésor du père Albert, combien de chapeaux allait acheter sa femme ... et surtout se dire que le bonheur est dans le pré ? non... Le bonheur a le goût d'une omelette aux pommes de terre !

La maison toute de travers - racontée par Sylvie Misslin, illustrée par Magali Le Huche

Les classiques du Père Castor chez Flammarion

Publicité
20 février 2007

Les choses de la vie (1969)

piccoli_choses_vieUn grave accident de voiture vient d'avoir lieu. Un homme se trouve entre la vie et la mort. Plongé dans son semi-coma, Pierre pense et revoit par flashes successifs les plus belles séquences de sa vie.
Tout commence par son histoire d'amour avec la ravissante Hélène, avec laquelle il a décidé de tout quitter pour partir en Tunisie. Mais Hélène est entière, elle veut son homme pour elle toute seule, elle attend de son amour qu'il lui soit totalement dédié.
Pourtant, c'est difficile car Pierre a une autre vie, une autre femme, Catherine, avec qui il a eu un fils. Leur vie conjugale coulait sans heurts, avec des vacances idylliques dans leur maison sur l'île de Ré. Et puis, il y a eu la rencontre avec Hélène...

Tout au long du film, on sent cet homme accablé, oppressé par sa vie dans lequel il semble largué. Regrette-t-il sa vie auprès de Catherine ? Pense-t-il passer à côté de l'éducation de son fils, aujourd'hui jeune homme brillant et inventif ? Et Hélène, l'aime-t-il encore passionnément, après leur coup de foudre ? Est-il prêt à quitter la France pour une nouvelle vie en Tunisie ? Tient-il rancune à son père d'avoir abandonné la maison alors qu'il n'était qu'un enfant ? ... Ces chapitres sont alternés par la scène de l'accident, un moment violent, fracassant, que la caméra a filmé avec lenteur, mais sans voyeurisme déplacé.

romy_choses_de_la_vieLa vie de Pierre est faite de ces petites "choses de la vie" qui font décidément un tout, un poids lourd et accablant. Le film de Claude Sautet trace le portrait d'un homme ordinaire, pris entre mille feux. C'est Michel Piccoli qui interprète Pierre avec une sensibilité rare, une exactitude confondante. Il retrouve sur ce tournage son amie Romy Schneider, avec laquelle une grande complicité existe depuis quatre ans.

Romy sort d'un gros succès ("La piscine") qui a eu l'effet de relancer sa carrière dans un registre neuf, révélant sa réelle capacité dramatique. En 1969, Sautet rencontre l'actrice et décide de la mettre en valeur comme jamais : il lui conseille de tirer ses cheveux en arrière afin de mettre en pleine lumière l'expression de son visage et aussi de parler plus bas pour mieux moduler la musique de sa voix. L'osmose entre Romy et le réalisateur est magique, le souci de perfection étant un de leurs points communs, tout deux se comprennent aussitôt. (Deux ans plus tard, ils se retrouvent pour le film "Max et les ferrailleurs", et trois autres films suivront.)

romy_choses_de_la_vie_4"Les Choses de la vie" imposera définitivement Romy Schneider comme l'égérie radieuse des seventies naissantes. Son personnage d'Hélène demeurera l'un des rôles les plus marquants, le public assimilant rapidement cette femme amoureuse, volontaire et indépendante à la figure de Romy (hélas, au moment du tournage, son couple battait de l'aile et Romy noyait son chagrin dans l'alcool, mais c'est une anedocte qui sera connue plus tard, pour l'heure Romy incarnait la grâce et l'élégance, un caractère trempé, un soupçon romantique, bref une passionnée !).

Il ne faut pas oublier de voir et revoir ce film, absolument poignant, émouvant, où les acteurs sont troublants de sincérité, dont l'italienne Léa Massari que j'ai trouvée époustouflante. Inoubliable aussi, la musique de Philippe Sarde... (Un détail m'a toutefois marquée : la grande consommation de cigarettes au cours de ces 80 minutes de film ! C'est impressionnant.)

Les Choses de la Vie, film de Claude Sautet (1969) - avec Michel Piccoli et Romy Schneider

20 février 2007

La biographe - Evelyne Bloch-Dano

la_biographeL'idée est partie du film "La passante du Sans-Souci" avec Romy Schneider qui interprète une allemande qui sauve un enfant juif, puis l'épouse de ce rescapé. C'est un film qui fut important pour l'actrice, une autre façon pour elle de régler ses vieux démons et la réponse à une grande question : "comment peut-on être allemande ?".
En fait, Romy Schneider appartient à cette génération née trop tard ou trop tôt et qui doit se dépatouiller des agissements de leurs parents (qui, eux, ont pris le parti de se laver les mains et cultiver le silence pour aller de l'avant). La mère de Romy, particulièrement, a été une courtisane d'Hitler, soupçonnée même d'en avoir été la maîtresse, mais ceci ne sera découvert que tardivement et un peu abruptement par l'actrice.
Normal de se sentir estomaquée, oppressée et soucieuse de bien faire pour effacer l'ardoise.

Evelyne Bloch-Dano nous raconte ce parcours du combattant dans "La biographe". C'est elle, cette biographe, grande enquêtrice des âmes féminines comme Madame Zola, Flora Tristan et Madame Proust. Avec ce film, elle s'aperçoit d'un seul coup qu'elle se sent plus proche de Romy Schneider qu'elle ne s'était imaginée. Le rôle, la vie, le parcours de l'actrice la renvoient à un passé plus intime, plus vibrant de sa propre famille, allemande et juive. A son tour de se poser la question : "Comment peut-on être juive allemande ?".

C'est un constat qui lui donne le frisson. Avec pudeur, comme pour marcher sur des coquilles d'oeufs, Evelyne Bloch-Dano remonte le fil de l'Histoire, la petite et la grande, celle de sa famille, celle de Romy Schneider. Et ce portrait enchâssé donne une lecture prenante de femmes et de familles empêtrées dans des affaires d'identité, de construction de soi (ou de reconstruction), et fatalement d'auto-destruction pour l'une et de dévoilement pour l'autre. "Cet indicible qui nous lie", écrit-elle. Honnêtement, "La biographe" délivre un message déchirant et sans pathos exacerbé. Simplement sublime.

Grasset

19 février 2007

L'appartement témoin ~ Tatiana de Rosnay

Premier roman de Tatiana de Rosnay: L'appartement témoin annonce ce qui sera un grand succès dans "la mémoire des murs". Le sujet parle d'un lieu imprégné du passé et qui obsède la personne qui y vit.
Ici, le personnage central est un homme qui a raté son mariage, il vient de divorcer, son travail ne l'a pas comblé non plus.. toute sa vie a été une suite de tromperies et de leurres. Et c'est à 55 ans qu'il s'en rend compte et décide de faire le bilan de son existence.
Installé dans son nouvel appartement, il ressent très vite des ondes mystérieuses, perçoit un piano, une voix mélodieuse, et entrevoit une jeune femme blonde jouant du piano avec une petite fille qui joue à ses pieds...
Obsédé par cette vision, il décide de partir sur les traces de cette énigmatique jeune femme. Paris, New York, Londres, Venise.. on suit cet homme débonnaire dans son périple. On est pris en haleine, on soutient sa quête.. et puis la passion s'essouffle, dommage. A dépeindre un personnage trop bancal, l'auteur nous a coupé l'envie d'avoir de la sympathie pour lui. Du coup on souhaiterait hâter la fin..
Aaaahhh !! la fin : déroutante, invraisemblable, sans queue ni tête !!! La signature de Madame de Rosnay, en somme.

février 2004

19 février 2007

Les candidats ~ Yun Sun Limet

"Les candidats" est un roman à remettre entre toutes les mains ! Cela parle d'une chose tellement tragique mais concrète: un couple meurt brutalement dans un accident de voiture, laissant deux jeunes enfants orphelins, et dans une lettre testament ce couple demande à leurs amis de recueillir les deux enfants, de les prendre en charge, de les élever et les éduquer à leur place, à leur tour... Une liste d'amis est dressée et chacun a un mois pour réfléchir et donner sa réponse. Au départ, pour tous ces couples, la réponse semble couler de source: ce sera inévitablement oui, voyons... Mais les choses ne sont pas aussi simples et l'auteur pose des questions sérieuses à travers le regard de chacun de ces couples. Un couple à la dérive, une situation financière précaire, la 'vraie famille de sang' qui se sent bafouer et rejeter... bref rien n'est épargné, tout est traité de façon terriblement délicate, lucide et vraisemblable. On accompagne ces couples, ces enfants, cette grand-mère, ce grand-père et cette tante et on se pose aussi la question: et si ça nous arrivait à nous?.. que ferions-nous? comment réagirions-nous?.. Nous, lecteur, nous sentons proches de tous ces protagonistes, coeur serré, et nous refermons ce livre dans un gros soupir.
Ce livre est un très bon moment de lecture, très poignant, sans prétention, mais d'une écriture si vivante pour un sujet si grave.

février 2004

19 février 2007

Corpus Christine - Max Monnehay

corpus_christineUn homme séquestré par son épouse à la peau douce, mais devenue obèse, tandis qu'elle affame le mari incapable de se tenir debout..., vous n'y croyez pas ? Pourtant c'est l'idée foncièrement sadique qu'a imaginée Max Monnehay pour son 1er roman "Corpus Christine", fatalement inspiré d'une autre redoutable Kathy Bates, interprète d'Annie Wilkes, héroïne de Misery de Stephen King.
J'étais curieuse de lire ce livre, les critiques ne tarissaient pas d'éloges à son sujet, et c'est vrai que l'intrigue semblait attirante et effrayante à la fois. Bah, j'aurais préféré continuer sur cette lancée, vanter son mérite et ses promesses, mais non.
J'avoue m'être ennuyée, ne pas avoir accrocher, avoir ressenti une fascination glaciale, c'est vrai, mais pas suffisante pour adhérer jusqu'au bout. Ou juste pour le souci de connaître la fin de ce calvaire.
L'auteur cultive un certain humour (noir, implacable et irréductible) doublé d'un cynisme en béton ("la calamité du siècle", comme l'écrit le personnage). Il y a un sincère détachement chez elle, un besoin de mettre le feu aux poudres et se frotter les mains du carnage. Un peu comme Amélie Nothomb, il faut l'admettre. Or, je ne suis pas non plus "fan" de cette dernière... L'expérience de ce genre d'univers ne me convient définitivement pas !
Désolée.

Albin Michel / Prix du Premier Roman 2006 !

  • L'avis de Laure ... Parmi tant d'autres ! J'ai pu constater, en fouinant dans Google Blog, que vous étiez nombreux à avoir lu ce roman où la même impression de flottement, d'incompréhension et de manque se dégageait... Par contre, j'ai pu remarquer le clivage entre les avis des lecteurs et ceux des "pros" - ça vous étonne encore ??? 
Publicité
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité