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Chez Clarabel

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26 août 2007

Ceinture jaune - Philippe Fréling

Ceinture_jaune"Au judo, on est toujours, tour à tour, soit uké, soit tori. Tori est celui qui engage l'action, uké est celui qui la reçoit."
Ainsi commence ce récit délicieusement subtil de Philippe Fréling qui n'est pas à proprement parler un roman sur le judo, loin de là ! Ceinture Jaune donne la parole à un jeune garçon d'une dizaine d'années, silencieux et presque taciturne (c'est pour mieux masquer sa timidité, naturellement !). Il se rend deux fois par semaine à ses cours de judo où il retrouve "lui", cet autre, son double en plus brillant.
Tous deux se parlent sur le chemin du retour, mais cela ne va jamais plus loin. On ne sort pas des sentiers limités de la cité, lui de son côté plus chic et le narrateur du côté populaire.
Sa famille appartient à la commune mesure : son père est militaire, il a fait la guerre, en Algérie. Sa mère vient du Berry où l'enfant se rend durant l'été. Nous sommes dans les années 60. Ici, dans ce texte, tout semble sur la corde raide, en équilibre constant, dessinant une enfance ordinaire aux accents d'apprentissage.
Comme le souligne l'éditeur, "l'enfance est réinventée au travers de mille fragments sensuels et romanesques, et les comptes à régler se soldent peut-être moins gentiment qu'il n'y paraît".
Le roman a effectivement plus d'un tour dans son sac et nous en démontre les ficelles jusqu'à la toute dernière ligne. Les paragraphes, courts dans l'ensemble, se suivent et prennent le lecteur dans leurs filets. C'est superbement captivant, très bien écrit et prometteur pour la suite !
A tenter !

Arléa, coll. 1er Mille - 226 pages - En librairie le 23 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

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26 août 2007

Ce que dit Lili - Sophie Avon

Ce_que_dit_LiliA travers les yeux d'un enfant, "Ce que dit Lili" va nous conter le déracinement. En écrivant l'histoire de cette famille, Sophie Avon parvient à toucher son lecteur, à rendre son propos subtil, émouvant et merveilleux.
Gabriel et Mona ont quitté l'Algérie durant l'année 1962. Ils emménagent à Vaubaye, près de Bordeaux, dans un manoir austère. Leurs enfants, Paul, 9 ans, et Lili, 5 ans, explorent les alentours, dont l'école voisine, avec son préau, qui est abandonnée.
La petite fille est scotchée à son frère, elle est encore trop petite pour comprendre ce que signifient les silences de sa mère, ses larmes et ses séjours à Paris, les disputes avec Gabriel, son père professeur de dessin, sans cesse débordant d'idées et d'enthousiasme.
Pleurer un pays, celui de l'enfance, celui qui porte les défunts. Le roman en souligne toute la complexité, toute la difficulté de s'arracher d'un chez-soi, d'y laisser ses souvenirs.
Au début, la lecture est délicate car la narration par le biais de la petite Lili, 5 ans, en rend la portée plus sensible et légère. Peu à peu on comprend mieux ce que dissimulent les adultes, ce que veulent dire les mots chuchotés de l'enfant. Et soudainement, on succombe, on a le coeur serré et on en sort complètement bouleversée !
J'avais déjà lu de Sophie Avon "La bibliothécaire ", un roman qui m'avait laissé un sentiment étrange. Avec "Ce que dit Lili " je suis définitivement conquise par la richesse de l'auteur, par sa compassion et la générosité de son histoire.
Dernière chose : ce roman n'est pas du tout amer, même s'il parle avec pudeur de l'exil, de la perte et du deuil. La revanche contre la tristesse vient de cette formidable tendresse familiale, par "ce que dit Lili". C'est un beau, un très beau moment de lecture !

Arléa - 160 pages - Couverture : Félix Vallotton, Le Ballon.  * En librairie le 23 Août 2007 *

** Rentrée Littéraire 2007 **

Mon avis sur "La Bibliothécaire"

25 août 2007

C'est la rentrée (aussi) pour les loupiots * !

beeetesVoici le nouveau livre de Christian Voltz (La caresse du papillon, Vous voulez rire ? , Un aigle dans le dos, C'est pas ma faute, Globi boulga, Patates, Stromboli, Comme chaque matin ...) : BêêÊtes !

L'histoire : Un paysan pique un petit roupillon dans son champ. Soudainement, l'homme se réveille en sursaut et s'en prend à la faune alentour. Sauvagement, il les chasse et hurle de déguerpir. Ce spectacle pitoyable se passe sous le regard courroucé du chien et celui goguenard du mouton. Mais ces deux compères vont lui clouer le bec à ce malotru !

Notre avis : Fort de l'idée « Kicékébête », l'auteur s'amuse à cultiver humour et ambiguité autour du mot « bête ». La bête, c'est l'animal. Le bête, c'est le type idiot. En bref, le plus bête n'est pas forcément la bête. Et ainsi de suite. L'histoire savante nous propose un exercice cocasse autour des mots et de leur sens. Beaucoup d'esprit, de finesse sur la façon de jouer avec les mots et les idées reçues !

A découvrir ! C'est très drôle et se destine à tout âge ! ! !

Editions du Rouergue - Texte et illustrations de Christian Voltz.  - Coll. Varia. 40 pages. Format 17 x 21.  Prix  : 12 € .

Cet ouvrage a été inspiré et réalisé à partir de l'exposition Bêtes et Hommes produite par le Parc de la Villette et présentée à la Grande Halle du 12 septembre 2007 au 20 janvier 2008.

* terme qui est cher à Melanie du Book'in !

 

 

 

L'histoire en 3 images :

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Le ton est donné !

24 août 2007

... Dilettante et fière de l'être ! Aujourd'hui,

logo_le_dilettante_2... Dilettante et fière de l'être !

Aujourd'hui, deux billets pour deux romans très originaux et qui gagnent à être lus !

Bonnes (pioches de) lectures !

24 août 2007

Hors Jeu - Bertrand Guillot

Hors_JeuJean-Victor Assalti est un conquérant, un vainqueur, un Dominant. Diplômé de sa grande Ecole, il a connu une ascension fulgurante dans une boîte de com avant la chute libre en Septembre 2001. Depuis, le jeune loup pointe au chômage, renâcle et préserve un sourire Colgate auprès de ses amis tous plus brillants les uns que les autres, mais sentant bien la distance se tracer.

Par l'entremise d'un camarade, JV répond à une annonce pour un casting de jeu télé. C'est une idée sordide, un chapitre vu et corrigé du Dominant parmi les Dominés, ainsi considère-t-il sa position au coeur de la culture "populaire", la "culture plouc" !
Mais plus qu'une blague, ce pari va devenir un challenge crucial pour la carrière de JV. Collectionnant les entretiens avec les DRH, les chasseurs de têtes, épluchant toutes les annonces de job mais ne glanant toujours rien de concret, notre Jean-Victor commence à se ramollir, se voit expulser du Cercle d'Or et s'essoufle dans les soirées VIP où les conquêtes sans lendemain lui donnent la nausée. Notre loup se blinde, s'arme du Quid et du Petit Larousse et bûche comme un fou pour le face-à-face de SA vie !

Risible ? Ridicule ? Curieux ? « Hors Jeu » est le premier roman qui va vous convier dans les coulisses des jeux télé (Rappelez-vous « La Cible » qui a remplacé la cultissime « Pyramide » sur France 2 !), et ce faisant, suivre l'entreprise d'un Rastignac des temps modernes, chassé de son sérail, et farouchement déterminé à reconquérir sa place au soleil.
L'aventure est très, très drôle. Cependant, si l'attitude branchouille vous horripile, mieux vaut vous avertir du potentiel conflit se profilant à votre horizon de lecteur.
« Hors Jeu » met en scène un fier spadassin au comportement lamentable. Son regard dans l'arène du jeu télé est aussi cinglant que dans la position du quémandeur d'emploi, du séducteur à charge d'esbroufe ou du petit-jeune-qui-en-veut.
Méchant mais irrésistible, « Hors Jeu » est à l'image de son Jean-Victor Assalti. Insultant, mais angoissé. Intriguant, mais pathétique. Ce n'est pas le énième roman d'un trentenaire qui débarque dans l'édition et use des artifices d'usage pour attirer les spotlights, non ! C'est une lecture convaincante et pétillante, de même qu'elle n'hésite pas à irriter. Cerise sur le gâteau : l'auteur (Bertrand Guillot) nous dote d'humour acerbe et de cabotinage pour une autre idée de romance.
A suivre !

Le Dilettante - 280 pages - En librairie le 24 Août 2007 -  En savoir plus - Couverture : Atelier Civard .

{ Et derrière ... on découvre : Second Flore ! Félicitations à lui ! Et bon vent pour la suite des aventures ! ;o) }

** Rentrée Littéraire 2007 **

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24 août 2007

Il ne vous reste qu'une photo à prendre - Laurent Graff

Il_ne_vous_resteDepuis la mort de la mystérieuse M., Alain Neigel n'a plus touché à son appareil photo, un Mamiya 35 mm de bonne tenue. Cela fait maintenant vingt ans.
Alain partage aujourd'hui sa vie avec Clara et accepte de l'emmener en week-end à Rome où ils descendent à l'hôtel Fontana, en face de la fontaine de Trevi. Fait exceptionnel, mais qui s'explique (cf. le roman), Alain a ressorti son Mamiya de ses placards et le porte en bandoulière dans les rues romaines.
Un jour, un homme en imperméable beige l'aborde, lui prend son appareil et le fixe droit dans les yeux au moment de le lui rendre. Gravement il lui dit : « Il ne vous reste qu'une photo à prendre » et lui tend sa carte avant de s'éclipser.
Perplexe et chamboulé, Alain va décider de rester à Rome pour dénouer cette étrange affaire.

Car si l'histoire au début paraissait simple et claire, elle va vite devenir étrange, improbable et captivante. « Il ne vous reste qu'une photo à prendre » est un jeu qu'on croirait grotesque, mais qui réunit en fin de compte cinq personnages dans une « réalité théorique, constituée d'échantillons représentatifs, de signifiants génériques ». Livrés à eux-mêmes, ces hommes et femmes doivent prendre LA dernière photo, celle qui compte, celle qui solde.
« Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis ne plus voir, vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n'en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible ; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort. »  (...)
« Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment. »

Ce roman semi-étrange aux accents fantomatiques n'est pas une hallucinante aventure aux confins de la quatrième dimension ! Cela pourrait simplement s'apparenter au parcours initiatique d'un homme qui porte le deuil depuis des années et qu'un jeu fantasque va ramener vers la lumière éclatante du flash. (Jouons avec les mots ! ...)
Avant d'en savoir un peu plus, il est très, très bon de fabuler sur cette rencontre avec l'homme à l'imper beige - Méphisto dans sa tenue de camouflage, en opération de « repérage ». Car, comme sous l'effet d'une baguette magique, l'histoire prend un tour plus sombre, un peu inquiétant.
On pensait suivre la logorrhée d'un type ironique et au sens de l'humour décadent. On se plantait ! Finalement Laurent Graff est un virtuose qui manie à sa guise la crédulité de ses personnages et de son lecteur. Tous dans le même sac, à bord d'un minibus de couleur marron. (Les participants de ce jeu ont tous des rôles atypiques !)
Ce dilemme de la dernière photo devient un challenge de « sauve-qui-peut » pour ces héros malgré eux. Ils vont comprendre que derrière ce geste faussement anodin se trouve une vérité plus amère et terrible.
Vous désirez en savoir plus ? Car oui, la lecture en vaut vraiment le coup ! N'hésitez donc pas à franchir la frontière de cette couverture aux allures de yin et de yang !

Le Dilettante - 155 pages - Août 2007 - Couverture : Atelier Civard.

** Rentrée Littéraire 2007 **

23 août 2007

A l'abri de rien - Olivier Adam

Abri_de_rienMarie est maman de deux enfants, Lise et Lucas, mariée à Stéphane, chauffeur de bus. C'est son amour de jeune fille, à deux la vie n'a pas toujours été rose mais ils ont réussi à se construire un petit nid douillet, avec cette envie d'y croire.
Ils ont choisi ce pavillon dans un lotissement entouré de voisins, jeunes comme eux, menant la même existence. Un bon départ, pense-t-elle. Mais très vite Marie est anéantie par le néant de son existence. Elle ne travaille plus, elle a perdu son job de caissière au supermarché, elle sombre dans la neurasthénie, n'a plus le goût de son quotidien, tout juste conduit-elle ses enfants à l'école.
Tout glisse, tout lui est insensible.
Et puis un jour, elle est face à la misère des "kosovars", les réfugiés pétris de froid, de faim et de peur dans les rues de la ville, attendant un sauf-conduit pour s'échapper et rejoindre l'Angleterre. Marie s'engage auprès de bénévoles pour leur venir en aide, prenant de plus en plus d'implication dans cette voie.
A tel point que Marie finit par délaisser sa famille. Elle la met de côté, oublie ses enfants, rentre tard dans la nuit. Ce qu'elle vit auprès des clandestins lui noue le ventre, ce qu'elle comprend des autres volontaires la touche également.
Ce qui va suivre a du mal à trouver son cheminement, parce que c'est une suite précipitée de cataclysmes à petite échelle. Une chose est sûre : Marie est complètement perdue.

Parce que c'est un roman écrit par Olivier Adam, lui seul capable de me faire lire le bottin, j'ai plongé tête baissée dans ce livre. Car à vrai dire, le thème ne me plaisait pas du tout.
Mes craintes se sont confirmées au fil des pages, tant l'ambiance redoutée est là, poisseuse, encombrante, flippante et insupportable. Ce qui sauve le récit de tout abandon, c'est bien entendu qu'il soit si bien écrit. Olivier Adam a ce don pour écrire la misère, le moral à zéro, la dépression, la folie émergente et la noirceur absolue ... tout en restant saisissant. Etrangement captivant.
Lectrice inconditionnelle de l'auteur depuis des lustres, j'avais de plus une certaine curiosité de le lire dépeindre la ville où j'ai grandi. Mais quelque chose pêche. J'ai trop ressenti le dénuement et les souffrances amères des êtres qui tentent de garder la tête hors de l'eau. C'est sinistre, oui. Le reflet d'une réalité affligeante ? Plus délicat.
Je sais bien que l'auteur s'est rendu trois ans dans cette ville côtière aux portes de l'Angleterre et a pu capturer la dimension à sa juste mesure. Alors pourquoi je ne retrouve pas dans ce livre ce que je pensais connaître comme ma poche ? Du moins, ce n'est pas bien grave non plus.

L'histoire me touche, mais elle me dérange aussi. Marie et son malaise n'ont pas su m'émouvoir, pas comme j'aurais aimé. Mais le rapport est plus vicieux, car malgré le détachement et l'agacement qu'il inspire, le monologue de Marie m'a envoûtée. J'ai été hypnotisée par son aventure, exaspérée et malmenée, pourtant la fin m'a chavirée.
Ce n'est donc pas pour moi le meilleur roman d'Olivier Adam, mais on ne peut être aveugle et sourd à ce qu'il nous raconte. Parce qu'il a le talent pour l'écrire aussi.
A voir, donc.

Editions de L'Oliver - 218 pages - En librairie le 23 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

22 août 2007

Le contemplateur - Stéphane Héaume

le_contemplateurMonsieur Combes est un libraire âgé, maniaque et mystérieux. Son crime est d'aimer les garçons, jeunes et beaux, et de les employer comme commis dans sa boutique.
Depuis quelques semaines, on n'a plus de nouvelles de Théo qui travaillait pour lui. Il a disparu du jour au lendemain, l'enquête de la police n'a rien conclu. Pour le remplacer, Combes a donc ouvert sa porte à Anton, un autre jeune garçon à la beauté saisissante.
Mais un impératif s'impose : il faut qu'il porte une salopette de couleur bleue, comme son prédécesseur. N'en déplaise à la mercière Evangéline Agrobis.
La frustration aidant, les rumeurs les plus folles vont courir. A Morghor, petit village noyé par la neige, il n'y a pas que le froid qui soit redoutable.
"Le contemplateur" avec son allure baroque est un roman envoûtant, au charme puissant, aidé par la figure énigmatique du libraire Combes. Le monde des livres est ici un peu en retrait, car c'est surtout autour du vieil homme que l'intrigue se creuse.
A-t-il des intentions pernicieuses ? Est-il l'homme qu'on prétend qu'il est ? Est-il coupable du crime dont on l'accuse ? Car effectivement un garçon est mort, la nuque brisée, et Combes a agi au plus vite, sans réfléchir, en cachant le corps dans sa cave.
Etrange, vraiment...
L'atmosphère hors du temps apporte un attrait particulier à la lecture, encore plus que la découverte du crime. Et puis, le style de Stéphane Héaume est toujours sombre et inquiétant, il captive littéralement. C'est juste regrettable que la fin soit précipitée et plonge le lecteur dans les abysses du doute.
A découvrir !

Anne Carrière - 182 pages - En librairie le 22 Août 2007.

Couverture : passemoilesel.com

** Rentrée Littéraire 2007 **

Mon avis sur "Le fou de Printzberg" , roman du même auteur (bientôt disponible en poche)

Extrait :   

«  Il y a un mois qu'Anton est là, avec ses yeux d'argent où brillent ses vingt ans, un mois que sa présence, son silence, ses absences, libèrent le pénitent d'une souffrance ardente. Car Combes ne gémit plus ; ses désirs l'ont quitté avec délicatesse, discrètement, ne laissant au vieil homme que la grâce naissante d'une fascination. Oui, il aime. Mais c'est une âme qu'il aime, au lieu d'aimer un corps. Il n'aura fallu que quelques nuits pour que s'opère l'impossible glissement. Pas de révélation. Simple constatation. Il y a là comme une plénitude de vie : l'abondance d'un bonheur repentant, d'un bonheur qui a mauvaise conscience d'avoir papillonné et qui revient le soir pour se faire pardonner.  »

20 août 2007

Le chat dans la gorge - Colette Pellissier

le_chat_dans_la_gorgeSublime premier roman !
Colette Pellissier trace le portrait d'une famille, un couple avec trois enfants, dont la vie semble ordinaire.
Il y a cet homme, affairé et tête en l'air, qui se rue chez une fleuriste pour l'anniversaire de son épouse et sent le trouble gagner toutes les parcelles de son corps devant le sourire constellé d'une miette de chocolat de la vendeuse.
Les deux garçons font du judo, cérémonieusement. Mais l'aîné se lasse et exige du cadet de mentir au moniteur pour excuser ses absences. Un mot de trop et l'orage gronde dans la cuisine...
La petite dernière, Mouna, n'aime pas rester seule dans sa chambre. Et puis, elle veut un chat à tout prix. Ses parents refusent et même le Père Noël lui offre un ... hamster !
Un chat, c'est mauvais pour Maman si elle attend un bébé dans son ventre. Car l'homme en voudrait un quatrième, un tout petit minuscule bébé, comme il dit.
Elle hésite, puis consent. Mais dans le même intervalle, elle découvre l'impensable et la petite famille sombre.

Chronique familiale, douce-amère et ensorcellante. Ce roman est bref, seulement 80 pages, décoré de chapitres aussi subtils qu'un recueil de nouvelles à parcourir.
On découvre dans « Le chat dans la gorge » une formidable aisance à parler du commun, sans sombrer dans l'ennui. La plume est belle, émouvante. On ne se lasse pas de tourner les pages de cette petite perle, découvrant sans cesse un éclairage nouveau sur tel ou tel personnage.
Au coeur de cette comédie, les protagonistes ne sont ni plus ni moins familiers. Leurs émotions nous touchent, leurs mensonges, leurs silences et leurs larmes aussi.
« Comment réchauffer les mots et les caresses, comment réconcilier l'élan qui la pousse à nouveau vers lui, et la morsure encore vive de la cicatrice qu'il a laissée en elle ? »
Très habilement, Colette Pellissier nous évoque ce sentiment de trahison, souvent difficile à panser, et qui bouleverse tout un foyer. Mais comme le souligne la quatrième de couverture, « d'accrocs en ravaudages, l'étoffe familiale se réinvente sans cesse ».
Et l'idée du titre est également un puits d'intelligence, et il faudra au lecteur un peu d'intuition pour en comprendre le magnifique sens !
A découvrir !!!

Editions Delphine Montalant - 80 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

17 août 2007

Poids léger ~ Olivier Adam

Progressivement je lis tous les livres d'Olivier Adam et je ne cesse d'être séduite et touchée par l'auteur et son style imparable. Sûr, ça fait mal, ça casse, ça blesse et c'est d'une infinie tristesse, d'un profond désarroi. Dans "Poids léger", Antoine, le narrateur, est un paumé de première classe : au bout du rouleau, à bout de nerfs, à fleur de peau, pour ne pas dire au bord de la dépression. Antoine vit dans un présent qui ne lui donne plus du tout le moral et l'abat de jour en jour. Lui se souvient avec douleur des jours heureux avec ses parents et sa soeur qu'il a adorée. Aujourd'hui, ses parents sont décédés, il doit d'ailleurs vider la maison du père avant la remise des clefs aux nouveaux propriétaires, il vivote auprès d'une société de pompes funèbres et broie du noir à enterrer des inconnus. Sa soeur s'éloigne de plus en plus. Lui se défoule à la boxe. Et la tension du roman va crescendo : on accompagne Antoine au plus profond de son désarroi, on assiste à sa débâcle et on aimerait qu'il s'en sorte, mais bon ...
C'est encore un très bon livre, que voilà. L'auteur m'enchante, livre après livre. Jamais déçue. Tout le temps bouleversée. J'apprécie toute la poigne que dégage son écriture, son coup de griffe et ses coups au coeur. Du bon boulot !

août 2004

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Chez Clarabel
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2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
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Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
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Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
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