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Chez Clarabel

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7 septembre 2007

16, rue d'Avelghem ~ Xavier Houssin

Quel merveilleux écrivain, ce Xavier Houssin ! Déjà j'étais sous le charme avec "La ballade de Lola", premier roman bouleversant sur la disparition d'une fillette sur le chemin d'école. Avec "16 rue d'Avelghem" l'auteur renoue avec la sensibilité. Suite à la destruction du quartier de son enfance, le narrateur fait revivre cette maison d'un quartier de Roubaix, là où ses parents et leurs nombreux enfants ont emménagé jusqu'à la fin. La fin d'une vie, merveilleusement et à juste dose racontée. Beaucoup de pudeur, d'émotion fine. En des phrases courtes, presque lancées à la mitraillette, l'histoire découle son tapis rouge et met en scène un couple de gens ordinaires dans un quartier des corons près des usines de textile. C'est tout un pan de vie, toute une époque qui revoit jour. La vie de cette famille, les Lapierre, est bouleversante par ses petits riens et ses ordinaires qui font un grand tout. On tourne les pages, avide de connaître davantage de leurs vies. Les joies, les peines, les doutes, les peurs.
C'est très beau. C'est hélas très court mais ce livre s'inscrit dans la lignée des beaux petits romans inoubliables.

septembre 2004

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7 septembre 2007

Cette nuit-là ~ Isabelle Minière

La très grande particularité de "Cette nuit-là" est la narration en " Tu " de bout en bout du roman. Grande audace ! L'auteur use cette forme pour interpeller l'héroïne, Lisa, victime d'un mari violent. Car Lisa est mariée à Clément, un homme charmant, aux boucles dorées, un homme très intelligent, aimé et respecté de tous. Un homme irréprochable. Sauf que cet homme-là a deux faces : un côté pile pour la ville, et un côté face pour son foyer. Clément n'est plus Clément, il devient un individu au regard noir, qui jette des éclairs et annonce l'orage. Un homme redoutable. Qui ne lève pas la main sur Lisa, non. Sa perversion va plus loin : il use des mots, il retourne les accusations, il insinue que c'est sa faute à elle, qu'elle le rend aggressif par sa faute. Lui est juste un peu coléreux. Sans plus. Alors, Lisa ? Coupable, responsable, victime consentante ?..
Isabelle Minière en dénoue tous les rouages, livre une spirale infernale. L'homme marié ne peut disposer de son épouse comme d'un objet. Abuser d'elle sans son consentement. C'est voler. C'est violer ! L'auteur fait mouche en déployant l'esprit retors du pervers contre la vulnérabilité de la jeune femme. Se taire, c'est consentir. La coupable, c'est elle. Elle ne peut priver d'un père à son enfant. Etc...
"Cette nuit-là" est remarquable : la mécanique de la manipulation mentale est saisissante d'effroi. C'est écoeurant, mais hélas si réel. Cette lecture est dérangeante, certes, mais ça existe. Et pis voilà.

septembre 2004

7 septembre 2007

Le jeûne et le festin ~ Anita Desai

C'est un roman d'Anita Desai que j'avais beaucoup apprécié au moment où je l'avais lu (il y a deux ans). L'histoire d'une Inde enfermée dans ses traditions et ses castes, ses rêves de mariages, seules issues pour les filles, surtout si elles sont belles et gracieuses. Mais cela ne surpassera jamais la suprématie masculine, surtout si l'héritier mâle, tant désiré, arrive enfin dans la famille ! Tout lui est servi sur un plateau d'argent : caprices, cadeaux et ouverture sur le monde. Le roman se compose donc en deux parties : la première où l'on voit la difficulté des filles, les traditions pour marier celles-ci et la préférence aux garçons.. Dans la deuxième, on se retrouve en Amérique, le fils est parti étudier mais l'auteur, à travers sa merveilleuse plume, laisse transparaître son mal d'être, sa déprime et sa mélancolie. Aussi sa conviction intime d'être dépaysé, inadapté et déraciné. C'est un très bon roman, "Le jeûne et le festin", l'un des meilleurs de cette auteur, Anita Desai. Elle possède ce talent rare d'être dérisoire dans son récit, même si celui-ci est dramatique et pathétique. Anita Desai mêle l'humour à la dérision et n'hésite pas à parquer ses personnages dans des situations aberrantes. Une très belle plume.

lu en septembre 2004

7 septembre 2007

Le cimetière des poupées - Mazarine Pingeot

cimetiere_des_poupees« ... mais qu'est-ce que vous savez des enfants, qu'est-ce que vous savez d'un ventre qui nourrit un foetus, qui le couvre, le cache, le protège, qu'est-ce que vous savez de la douleur de l'enfantement, quand les contractions t'empêchent de respirer mais que tu ne peux crier, sous peine d'attirer l'attention, et que tu es violette, cyanosée, que tes vaisseaux éclatent autour de tes yeux, sur ton front, que tes cheveux tombent, que le corps déchire ton vagin, que le sang se mêle à d'autres liquides plus laiteux, visqueux, mais que cette misère physique se mue en une joie limpide. Même si la joie doit s'arrêter là. Même si la douleur doit suivre. Neuf mois, un an presque, des semaines, des jours, sans que cette présence une seule fois ne se fasse oublier, ton corps responsable pour un autre, que tu ne dois plus malmener, que tu dois aimer pour que l'autre vive, croisse, dans le confort, cette confiance que tu es obligée, momentanément, de t'accorder, parce qu'il n'y a que toi, et lui, dans cette solitude enfermée des cocons à deux, d'où le monde est exclu. Comment voulez-vous après cela qu'il y ait séparation, que l'absence soudaine d'avenir pour l'un ne soit pas la perte de l'autre, qu'on ne meure pas à deux. Que cette mort ne soit pas pire que le suicide.
Infanticide. Votre mot, clinique, juridique, il ne m'est rien, ne décrit aucune réalité que j'ai vécue, ne concerne que vous, et mon deuil est infini quand le vôtre ne peut pas même commencer.
En moi il vivra toujours, pour vous il ne vivra jamais, et c'est mon privilège, mon unique privilège, que vous ne m'enlèverez pas. »


J'ai choisi cet extrait car il parvient à tracer les contours de la narratrice, accusée d'un crime, enfermée dans le bâtiment des femmes, et qui a commencé l'écriture d'un journal qu'elle adresse dans le vide, utilisant le "tu" pour citer son époux (qui aura peu de chances de lire cette confession).
Cet extrait dessine donc une femme sensée, accablée mais qui assume son acte. Il laisse apercevoir aussi la rage contenue, l'amertume et la volonté. Je pourrais encore citer d'autres passages tout aussi évocateurs, mais celui-ci ancre une vérité crue. Et bien entendu, sa lecture procure des frissons.
Sentiments de malaise, d'incertitude, de miséricorde, de pitié ou d'horreur. L'histoire, qui rappelle un fait d'actualités, est douloureuse. Elle n'explique pas ce qu'il s'est passé, ni comment. Le livre s'intéresse plutôt à dessiner la misère sentimentale du couple, à cerner la perpétuelle fustigation de la femme, mal dans sa peau, manquant d'amour dès l'enfance, bref déjà handicapée et assoiffée de reconnaissance.
Il y a donc des passages déplaisants, très secs et désarmants. La lucidité de la narratrice résonne comme une voix qu'on ne voudrait pas entendre, une parole dérangeante mais qui supplie qu'on l'écoute.
Ce livre ne cherche pas à comprendre, ni à donner d'explications. Il ne cherche pas à excuser, ni à pardonner. Il peut choquer, susciter un tolé de protestations. Justifié, ou pas ?
Le mieux est de faire sa propre opinion en le lisant. Non, ce n'est pas un intérêt malsain. Autant être au courant, "Le cimetière des poupées" ne livre aucun détail glauque ou étouffant. Par contre, le récit n'est pas exempt de chapitres plutôt répugnants, avec des paroles discutables.
Au coeur de son livre, Mazarine Pingeot n'en fait pas trop, avec simplement 155 pages, c'est tout à fait honorable. Toutefois, dans le même registre, j'ai préféré "Entre mes mains" d'Anne-Constance Vigier.

Julliard - 155 pages - Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

6 septembre 2007

Aujourd'hui ~ Colette Fellous

La narratrice a décidé de prendre son temps, assise à sa table jaune, laissant les souvenirs guider sa plume, des moments précieux lui revenir en toute intimité, par vagues de douceur. Colette Fellous se rappelle ses 17 ans, en Tunisie, dans une grande maison blanche. A la veille de passer son Bac, elle se réveille et entend les cris et les tirs dans la rue, c'est le début d'une émeute, nous sommes en 1967. Suite à ces évènements, toute la famille de Colette va partir en France et s'y installer, un peu sous la loi du silence, de la soumission, de la passivité, comme pour son père. Quelques chapitres sont consacrés à la disparition de celui-ci, des moments forts et émouvants, qui s'accompagnent avec la parution d'un premier roman, l'entrée en écriture de la jeune fille. "Aujourd'hui" se veut un texte à fleur de peau, où la langue est belle, merveilleuse et auréolée d'une poésie raffinée. On y respire les odeurs de mimosa, on y goûte le thé à la menthe, le soleil, la nostalgie, et même quelques notes de Dalida et Jane Birkin... C'est magnifique !

septembre 2006

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6 septembre 2007

Arlington Park - Rachel Cusk

arlington_parkArlington Park est une petite banlieue anglaise, ni trop chic ni trop ringarde, c'est un quartier tout ce qu'il y a de plus ordinaire, avec ses habitants tout aussi quelconques.

C'est la nuit, les rares passants rentrent chez eux, affrontant sans ciller la pluie torrentielle, lorsque Juliet Randall se réveille d'un cauchemar. Ce cafard qui faisait son nid dans ses cheveux lui semble l'image fantasmée de sa vie devenue impossible. Ancienne étudiante brillante, désormais mariée et mère de deux enfants, Juliet a le sentiment d'être assassinée à petits feux par son semblant d'existence. L'inertie de sa petite vie grotesque, entre son boulot de prof dans une école privée et la routine domestique, lui saute au visage, lui criant sauve-qui-peut de s'échapper d'une telle atonie.

Mais le roman de Rachel Cusk nous ouvre la porte des autres foyers d'Arlington Park, découvrant combien les femmes se sentent tout aussi passives et horrifiées de leur train-train. Ces femmes et mères au foyer, pas loin d'être désespérées, mesurent l'étendue de leur agonie en se rendant au centre commercial, ou autour d'une tasse de café, dans une cabine d'essayage ou chez le coiffeur. La vérité devient flagrante lors d'une discussion du club littéraire à propos des Hauts de Hurlevent ou au cours d'un repas organisé pour huit personnes.

Pas "Desperate Housewives" dans l'âme, de loin en loin, le roman est surtout le cliché d'un jour sur les propos de mères et d'épouses qui révisent leurs sacerdoces, en sachant combien les jours passent et se ressemblent, qu'elles n'y changeront rien car elles acceptent ce sort ! Si certains discours peuvent apparaître amers, ils ne sont pas non plus révolutionnaires. On voudrait donner au lecteur un nouveau phénomène à découvrir en passant à la loupe les femmes au foyer. Mais l'anglaise Rachel Cusk réussit là une étude espiègle, déviant sans heurts la lassitude, et copiant la Mrs Dalloway de Virginia Woolf pour décrypter la journée du lever au coucher de ces habitantes d'Arlington Park.

Il y a dans ce livre des portraits plutôt frappants de la psychologie de cinq femmes de cette banlieue. On y trouve d'emblée de l'amitié mielleuse, et fielleuse, de l'acrimonie, de la jalousie rongée, de la frustration sans honte, de la vengeance muette et de l'incompréhension la plus pure ! Et pour finir, de l'acceptation dans toute sa splendeur hypocrite, de cette vie passablement rangée, mollement menée mais pas si mauvaise que ça dans le fond ! Pas drôle et un peu acerbe, "Arlington Park" ne s'embarque cependant jamais dans la désespérance facile, ne rappelle pas du tout le feuilleton US à succès mais photographie avec justesse les consciences, visite les pensées de femmes qui approchent de la quarantaine et se permettent d'analyser leurs petites vies. Parce que le lisse aussi, ça existe ! Et Rachel Cusk nous montre les dessous d'un trompe-l'oeil presque familier.

Editions de l'Olivier - 290 pages - Août 2007. Traduit de l'anglais par Justine de Mazères.

** Rentrée Littéraire 2007 **

5 septembre 2007

Mercredi, jour des enfants

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Oui promis !!!! Elle est de retour !!! :)))

Je ne savais pas que notre Miss C., 7 ans, des dents en moins et d'autres qui poussent, était autant acclamée par les lecteurs ! Je sens même de l'insurrection dans l'air. Alors, ok ... la Miss met en pause ses activités de l'après-midi pour vous retenir 2 livres.

juste_toi_et_moiIl y a d'abord Juste toi et moi, un livre que notre Miss C. voulait à tout prix il y a moins de deux ans, surtout après l'arrivée du chien noir dans la famille. C'est la démonstration très attachante de l'amitié entre une petite fille et son chien - admirable connivence, de la tendresse, des bisous, des câlins, des bêtises et des secrets. Enfin bref, c'était une histoire qui remportait son succès mais notre Miss de 7 ans a désormais décrété que c'était un peu ennuyeux maintenant "parce qu'il n'y a que des bouts de phrases et pas d'histoire à lire." C'est vrai... oups.

Cet album conviendra mieux aux plus jeunes, dès 3 ans.

Editions Lito - David Bedford & Ann James. Bon, la couverture est très mignonne !

Parce que sans doute avez-vous loupé le grand chamboulement qui frappe notre demoiselle depuis cet été ! ?

Miss C. a décidé qu'elle voulait désormais lire de plus en plus de romans avec des histoires passionnantes (avec des fées et des princesses, ce serait l'idéal). Mais alors, nos albums ? - Ah non ! rassure-toi, maman ! J'aime encore les albums.  * Ouach ! quel soulagement ! ! ! *

En janvier dernier, nous avions fait la délicieuse découverte des Pâtes de Francesca . Au cours du printemps, une autre bonne nouvelle est arrivée avec la parution d'un autre titre de cette nouvelle collection (Marmitontaine et Tonton) des éditions Petit à Petit. Alors .. tadam, voici Le riz de Ly !

riz_de_liMot de l'éditeur

Cette collection a pour ambition de faire découvrir les cuisines du monde aux enfants, de façon ludique, grâce à un petit personnage « marmiton » servant de fil rouge aux albums - lesquels ne sont cependant pas narratifs à proprement parler. Les ouvrages sont en effet enrichis de nombreuses anecdotes illustrées, relatives à la culture, et surtout aux habitudes alimentaires du pays concerné, ou encore au plat dont il est question dans la recette proposée. Nous voulons ainsi à la fois chatouiller les papilles gustatives des enfants pour leur faire explorer des saveurs nouvelles, et titiller leur curiosité du monde qui les entoure.

Le livre
Saviez-vous qu'au Vietnam "prendre son repas" se dit "manger du riz" ? Et oui, en grains, en pâtes ou en galettes, il est le chouchou des cuisinières et des marchands ambulants. Ly et son petit singe Nem vous dévoileront 11 délicieuses recettes faciles et peu épicées, issues des diverses régions d'un pays où cuisiner est un art de vivre.

Nous avions craqué pour le premier livre, nous craquons aussi pour celui-ci ! ! !  Joli pour les yeux, alléchant pour le ventre, riche pour les neurones et pas très coûteux pour le porte-monnaie (10 € ! ), voici donc un bel investissement. Non seulement c'est un livre à picorer mais il invite aussi l'enfant à prendre possession de la cuisine (et pour une Miss C. peu gourmande et difficile, croyez-moi que c'est une sacrée aubaine ! ).

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Cliquez sur les images pour les agrandir !

Editions Petit à Petit - Recettes de Sophie Cottin & Illustrations d'Amandine Piu.

Sur ce, nous retournons regarder "Veronica Mars" on the tv ! ... :))

5 septembre 2007

She's a Lady ...

« C'était une mélodie qui faisait... Une mélodie qui faisait comme ça... »

vanessa_4Voilà déjà 7 ans maintenant que la divine Vanessa n'avait pas chanté ou offert un petit disque, depuis Bliss, l'album de la béatitude, la déclaration d'amour d'une mère, d'une femme bien dans sa peau.

Divinidylle, titre tout aussi homérique, est sans doute le plus beau disque seul capable de résumer une personnalité, une aura, un parcours.  Vanessa Paradis, vingt ans de carrière, est une personne qui fascine. Blonde, frêle, faussement fragile, une voix cristalline et la vie rêvée des anges ...

Vanessa m'accompagne depuis l'adolescence. Toutefois, ce n'est pas une image qu'on pense calquer, c'est juste une figure qui existe, une idée de l'icône, pour de vrai. Pour moi, elle est la grâce incarnée, un autre goût du bonheur, le charme, l'enchantement.

Alors, ce disque ? ... Très, très bien. Mais c'est la fille non objective qui vous parle. N'empêche, je le trouve formidable, avec de la ressource, une séduction énorme et un bel esprit cabotin. Certains titres me rappellent sa participation déjantée avec The Little Rabbits, lors du film "Atomik Circus" des frères  Poiraud (2004, OVNI à voir absolument !!!).

** Ma pétroleuse **

Bref, la belle et fidèle équipe est réunie : entre un -M- définitivement conquis depuis la rencontre sur Bliss, un Franck Monnet parolier génial et jongleur avec les mots, Didier Golemanas le pilier, plus quelques invités sympathiques : Thomas Fersen, Alain Chamfort, Brigitte Fontaine ... Oui, oui ! Le monde de Vanessa est un petit cercle fermé, où l'on trie sur le volet à la recherche d'artistes ayant une authentique empreinte, et cela vous donne un univers musical féérique, tantôt ludique, tantôt mélancolique.

On sait que Vanessa est une amoureuse comblée, une maman épanouie, Bliss en est l'attestion (du bonheur). Divinidylle continue de plaire, d'étonner (Vanessa ose le grave ou apporte une note de reggae !). Mais c'est vrai qu'on y gratte toujours les petites traces de félicité qui donnent du baûme au coeur. « L'un sans l'autre c'est un incendie Un incident bien senti (...) Vous avez saisi c'est fusionnel L'un a ses idées et l'autre ses ailes Alors les séparer devient criminel ... ». A l'égale d'Axelle Red, Vanessa Paradis est une chanteuse qui me ravit sur ses déclarations qui touchent la mère, la femme, la vie faite de délices. C'est ce que j'aime retrouver chez ces deux artistes. La touche personnelle. (Jamais voyeuse !) 

Petit rituel incontournable, c'est le jeune Jack, âgé de 5 ans, qui fait l'ouverture de la chanson la plus "intime" de l'album... « Jackadi », texte et musique de Madame.

** zapping du bonheur ! **

Ok, il y a un léger problème avec ce disque : il est court, seulement 34 minutes. La belle s'appelle Désespérance, à ses heures... Qu'importe, j'ai rendez-vous en Novembre pour LE concert.

** Souvenirs d'instants magiques ... L'ouverture, au Zénith, mai 2001, avec L'eau et le Vin, chanson écrite par Monsieur Alain Bashung ... **

Divinidylle, à écouter ... en boucle !

@ photo : JB Mondino

4 septembre 2007

La Reine du silence ~ Marie Nimier

Contre toute attente, je suis tombée sous le charme de cette bouleversante confession de Marie Nimier. Dans "La Reine du silence" c'est tout un déballage d'amour, de pudeur et d'émotions feutrées qu'elle dévoile. Pour qui ? son père, Roger Nimier, l'écrivain connu pour "Le Hussard bleu" ou "Les enfants tristes", prématurément disparu dans un accident de voiture. Il avait 36 ans. Dans son livre, Marie Nimier ne fait pas l'apologie d'un père fabuleux, aimant, présent et fier de ses enfants. Non, c'est plus un constat déconfit, elle rétablit une vérité, redessine un portrait d'un homme qu'on connaissait intelligent, facétieux et charmeur en société. Dans son foyer, cet homme n'était qu'une ombre, qui s'enfermait dans sa chambre pour écrire, ou partait au bureau chez Gallimard. Le livre ne rend pas une image glorieuse du père. Loin de là. Pourtant on a du mal à en vouloir à l'écrivain disparu, à la jeune femme qui en parle désormais. Et pourquoi ce livre? Pas pour rétablir la vérité finalement, seulement pour se libérer elle-même. Elle ne dévoile pas des souvenirs de fond de tiroirs, juste des anecdotes de ci, de là. Elle n'avait que cinq ans à la mort de son père. Les souvenirs qu'elle glane aujourd'hui proviennent de la mémoire de ses proches, des gens qui ont traversé l'annonce du décès et le deuil en première ligne. Plus ou moins. Marie Nimier semble mettre en corrélation les événements de sa vie avec son passé lié à la disparition de son père : pourquoi aujourd'hui elle a tant de mal à obtenir son permis de conduire, qu'est-ce qui l'a amenée à l'écriture, quel est le poids de l'héritage, le degré de l'hérédité dans l'écriture... C'est tout un ensemble pointilleux, une sorte de journal de bord. Marie Nimier écrit les yeux fermés, dit-elle. Et son livre est un chuchotement, une préciosité que j'ai beaucoup apprécié. Ni impudique, ni caracoleur. Juste un souffle, un murmure qui donne envie de (re)plonger dans les oeuvres de Roger et Marie Nimier respectivement.

septembre 2004

4 septembre 2007

Pavillon noir - Thibaut de Saint Pol

Pavillon_noirCyril est un génie. Le pirate le plus aguerri des temps modernes. Depuis son repaire de Marchenoir, il sillonne nuit et jour un océan infini, pillant les ordinateurs désarmés, envoyant par le fond les programmes de ses rivaux. Sa course est une guerre impitoyable, mais Cyril, sûr de sa puissance, s'apprête à semer le chaos. A l'échelle planétaire.
Mais d'où viennent les voix qu'il entend derrière sa porte, cette impression d'être épié ? Et cette présence féminine ? Quelqu'un menacerait-il de faire échouer le grand projet qui est le sien ? (4ème de couverture)

Voilà les 60 premières pages du roman, le reste vous le découvrirez en lisant ce livre ! Car "Pavillon noir" est un thriller, français, élégant et froid. A l'image de son jeune héros, Cyril, le cyber-pirate. Insensible et calculateur, ce garçon de vingt ans n'en tient pas moins un monologue envoûtant. Le lecteur entre vite dans la confidence de son projet fou, de même qu'en reculant de quelques pas, il assiste à un autre étrange ballet.
Car en marge du flux insensé, un autre pion s'est glissé dans la toile. Je préfère réserver la surprise au lecteur sur son identité (toutefois, j'ai constaté que certains websites dévoilaient l'info, dommage je trouve !). En ne sachant rien, le lecteur pourra ainsi gagner beaucoup en duperie et séduction ! Progressivement, au coeur de l'histoire, un passionnant face-à-face entre l'observé et l'observant s'installe. Qui est qui ? ... Je persiste à croire que, moins on en sait, plus on peut apprécier ce roman ! La surprise est de taille. On plonge dans la folie d'un cyberpirate, on décrypte son combat, on regarde par-dessus son épaule ses vils agissements, récoltant une bonne couche de paranoia au passage. Puis, on assiste à un autre complot, à une mise en place tout aussi rusée et intelligente. A la fois, confusion et fascination se donnent la main pour enchanter le lecteur !  Et même si la fin est un peu prévisible, le roman est foncièrement captivant. Ambiance noire, délicieusement énigmatique, avec des personnages bien campés, et un scénario efficace.  Ça se lit très vite !
Intéressante découverte, pour ma part.

Plon - 222 pages - En librairie Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

Site de l'auteur : www.thibaut-desaintpol.fr

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2023 Reading Challenge
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