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Chez Clarabel

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11 septembre 2007

La mémoire fantôme - Franck Thilliez

la_memoire_fantomeQuand, cet été, j'ai découvert Franck Thilliez avec son roman « La chambre des morts », j'ai senti que je pénétrais un univers âpre et oppressant, où la misère humaine s'étalait dans toute sa noirceur. Mais au-delà de l'horreur, était introduit le personnage de Lucie Hennebelle, inspecteur de police, mêlée à cette sombre marmelade de restes humains. (...)
Apprendre qu'un nouveau Franck Thilliez allait donc paraître, remettant en scène la charismatique Lucie, est une information fort appréciable ! Trois années ont passé, Lucie a reçu une promotion, elle a déménagé à Lille et s'occupe de ses jumelles, Clara et Juliette, en prenant soin de ne pas sacrifier sa vie personnelle au profit de sa carrière.

Un soir de tempête, alors que Lucie est tranquille chez elle, un groupe d'étudiants lui demande de venir secourir une femme qui errait dans les rues du vieux-Lille. Elle s'appelle Manon Moinet et vient de se sauver d'une cabane où son kidnappeur la retenait prisonnière. Sur son corps, on retrouve des scarifications, dont « Pr de retour ».
Cette signature indique qu'un tueur en série, surnommé le Professeur, fait à nouveau parler de lui. Après avoir tué et violé post-mortem la soeur de Manon, l'homme semble désormais sur les traces de la jeune femme. Pourquoi ? Aujourd'hui Manon Moinet souffre d'une perte de mémoire d'un genre «spécial», suite à l'agression d'un cambrioleur dans son appartement, elle est capable de mémoriser les faits durant quatre minutes, ensuite tout s'efface.
Beaucoup trop de coincidences, d'incidences, de bizarreries !... La police cherche à regrouper les informations, mais assez péniblement, car Manon est farouche et difficile à cerner à cause de son traumatisme.

À Lucie Hennebelle de traquer un tueur fou et sadique. L'aide de Manon Moinet est primordiale, malgré son handicap des pertes de mémoire. Son savoir en mathématiques appliquées va en effet leur permettre de résoudre des énigmes tendues par le criminel, et les conduire d'un point à l'autre du pays.
Cette idée des énigmes est une manière intelligente d'épaissir l'intrigue du roman. Le sordide est beaucoup moins présent que dans La chambre des morts par exemple. La Mémoire fantôme annonce la couleur - une construction tortueuse, habile et captivante.
Et puis les personnages sont toujours cernés de zones d'ombre, en bien ou en mal. D'ailleurs, ce livre dévoile un mystère sur Lucie Hennebelle qui explique sa soif de traquer les monstres, en quelque sorte.
Pleine réussite pour ce roman, enrichi de longs détails sur la mémoire et son fonctionnement. J'ai également beaucoup apprécié les petits clins d'œil de l'auteur pour donner une forme d'humour caché dans son roman. ;-)

Le Passage - 428 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

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11 septembre 2007

Symptomatique ~ Danzy Senna

"Avez-vous jamais vu la fin d'une histoire avant même qu'elle commence ?" - C'est la question que se pose la narratrice de "Symptomatique", roman âpre et semi-latent d'une violence liée à la solitude et l'amertume de la mixité. La jeune new-yorkaise fraîchement débarquée de sa Californie natale commence un stage dans un magazine, un peu contre les principes new-age de ses parents baba cool. Elle rencontre Andrew mais leur aventure capote, un peu abruptement. Prise de court, la jeune femme recherche un appartement et c'est une collègue de bureau, Greta Hicks, qui lui trouve la solution. Suite à cela, cette femme de 43 ans va soudainement empiéter doucement dans la vie de la jeune femme. Toutes deux ont en commun d'avoir un père noir et une mère blanche, Greta pense qu'elles constituent à elles deux "une race à part". Car insidieusement Greta s'impose dans la vie de sa jeune camarade, laquelle subit de plus en plus cette "amitié". Le sentiment d'étouffement prend le pas, succède l'égarement combiné à la solitude. Les pas de la narratrice mènent la danse, guident le lecteur dans un New-York plombé par le froid hivernal. C'est la sinistrose, une lente plongée dans des profondeurs abyssales. Et avec ça, il y a une prise de conscience de la haine raciale, de la couleur de peau qui délimite les affinités dans cette Amérique bien tranchée. Ce deuxième roman de la new-yorkaise Danzy Senna est, pour le tout, bien captivant et flippant !

traduction de Serge Quadruppani / septembre 2006

11 septembre 2007

L'idiot de la Sorbonne - Frédéric Pagès

Idiot_de_la_sorbonneAu volant de son taxi, une DS noire parfaitement entretenue, Max de Kool a la surprise de prendre à son bord Oscar von Balthazar, professeur adulé qui s'était mystérieusement volatilisé quelques années plus tôt. L'homme est de retour pour l'assaut final et somme le taxi de prendre son temps pour mieux faire son entrée fracassante à vingt heures aux portes de la Sorbonne. La journée leur appartient.
L'aventure s'annonce fraîche et étourdissante, surtout aux premières heures (et durant les premières pages), puis les ennuis commencent et le saugrenu va apparaître.
Nos deux héros, embarqués à travers l'Europe en quête de sublime et d'une pompe à haute pression à sept pistons, vont résoudre plusieurs questions ardues (le mystère de l'Immaculée Conception et l'importance du placenta pour penser, notamment). Sous le patronage de Voltaire et de Coluche, et dans la lignée de "Candide", ce road movie métaphysique nous emmène vers des contrées imprévisibles où se répondent le génie et le clown, le penseur et l'idiot, le conte métaphysique et le compteur kilométrique.

Belle idée dans l'ensemble, proposant une approche originale et ludique de la philosophie, le roman a cependant tendance à s'émousser en cours de route et déboute un peu le lecteur, étourdi par la précipitation des événements.
A soutenir, car il s'agit d'un premier roman et qu'il faut bien un commencement à toutes choses !

Libella / Maren Sell - 264 pages - En librairie le 29 Août 2007.

** Rentrée Littéraire 2007 **

10 septembre 2007

Hmmm ...

Hmmm ...

10 septembre 2007

Ils s'en allaient faire des enfants ailleurs ~ Marie Ange Guillaume

La narratrice a une façon bien à elle de décrire la débandade des hommes de sa vie : "ils s'en allaient faire des enfants ailleurs". Ainsi soit-il ! Depuis sa petite enfance, cette jeune femme avoue un appétit d'ogresse pour les amourettes, cela lui a pris très jeune, pendant l'été, à la colo. Et son parcours n'a jamais cessé d'être parsemé de rencontres, d'envies d'y croire, de culbutades d'un soir, de tromperies et autres illusions sentimentales. Les hommes, c'est simple, n'ont jamais cessé d'être cette engeance indispensable dans son existence ordinaire, mais fuyante, lâche et fielleuse. "Les hommes avaient l'air vivants, forts, taillés dans une matière crédible (...) Ils m'aimaient à leur manière, ils en avaient les larmes aux yeux, mais ils ne pouvaient rien pour moi". Déjà la figure du père est égratignée, quel est-il cet homme qui part un matin avec la boulangère, en laissant ses livres et ses Mozart ?... Tous les mêmes, finalement.

En bref, le tableau de chasse de cette croqueuse d'hommes est impressionnant. Le livre est un court condensé de ses expériences en 110 pages, sur des chapitres filiformes et elliptiques. Cette boulimie d'aventures donne le tournis, mais c'est la conclusion de cette série qui fournit une tentative d'explication et clame l'indulgence. Cette jeune femme, donc, est une victime, une forcenée de l'amour, ni plus ni moins naïve : "je regarde cette agitée, cette affamée, avec toute l'affection qu'elle mérite. Elle m'amuse. Et c'est un peu grâce à elle, si je suis heureuse. Elle m'a fabriqué des souvenirs. Vu de loin, tout en vrac, il n'y a pas que du grandiose, mais l'essentiel y est, entre les lignes, entre les nuits : un bruit sourd, fragile et obstiné, comme un battement de coeur dans ta poitrine". Drôle et cocasse, ludique et coquine, cette narratrice a finalement su s'en tirer par une belle révérence. Et puis, si l'on revient à la dédicace du roman, elle l'a trouvé son amour : l'homme de la page 70 !

septembre 2006

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10 septembre 2007

Le lendemain, Gabrielle - Murielle Magellan

le_lendemain_gabrielleGabrielle tente de surmonter son chagrin après la mort de Gilles, son amant depuis 7 ans. Marié et père de famille, l'homme a vécu avec la jeune femme une relation quasi officielle. L'existence de leur couple n'était plus un secret pour leur entourage. Aussi, chacun comprend le deuil que s'impose Gabrielle et veut lui apporter son soutien.
La famille Alban, par exemple, est ravie de l'accueillir chez eux pour un dîner. Il y a David et Eli, leur fils Florian, âgé de 17 ans. Ils sont tous trois l'image du bonheur, de la vie simple et ordinaire. Gabrielle s'y fond sans le vouloir, attrapée par leur gentillesse.
Bientôt un pouvoir de séduction réciproque va s'opérer : Gabrielle et son chagrin fascinent, la jeune femme est elle-même de plus en plus attirée par les Alban. Un soir David l'embrasse, d'autres fois c'est Florian qui l'invite dans des concerts, et Eli lui demande sans cesse de déjeuner, d'être auprès d'elle, etc.
Murielle Magellan est en fait une plume de théâtre et on retrouve dans son premier roman "Le lendemain, Gabrielle" la mise en scène, les dialogues et l'intrigue dramatique empruntée à ce genre. Ici, la comédie est plus aigre-douce, avec des effets de style qui peuvent agacer. J'ai bien aimé le début, Murielle Magellan est très maternelle avec son héroïne et nous la rend attirante malgré sa profonde tristesse. Je crois ensuite avoir été très vite lassée par le procédé d'écriture qui possède un certain charme, mais qui ne me correspondait à l'instant où j'ai lu ce livre.
Tant pis.

Julliard - 186 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

9 septembre 2007

L'histoire de l'amour ~ Nicole Krauss

Au début, l'histoire est simple, c'est celle de Leo Gursky, vieil homme de 80 ans et qui attend sa mort mais fait tout ce qu'il peut pour qu'on ne l'oublie pas et qu'il évite de trouver la mort dans la solitude. C'est un réfugié polonais qui a migré à New York après avoir réussi à se cacher des nazis durant la guerre. S'il a rejoint les Etats-Unis, c'est aussi pour retrouver son amour de jeunesse, la belle Alma.
Autre histoire dans le roman : une jeune adolescente de quatorze ans, prénommée Alma, découvre qu'elle tient son prénom des héroïnes d'un roman intitulé "L'histoire de l'amour". Ce livre était un cadeau d'amour de son père à sa mère, celui-ci étant mort la mère d'Alma vit recluse et reste fidèle au souvenir de son amour. La jeune Alma est étonnée de découvrir qu'un anonyme a écrit à sa mère pour qu'elle traduise ce roman écrit en espagnol, car le roman semble également beaucoup compter pour cet homme, qui se nomme Jacob Marcus.

A partir de là, les destinées ne vont pas cesser de se croiser, se rencontrer et de dessiner L'Histoire de l'amour. C'est, dans le fond, l'histoire du roman dans le roman. Et Nicole Krauss emprunte la voie labyrinthique pour traverser les mémoires et les histoires d'amour. Oui, c'est un roman qui parle d'amour, assez fou d'ailleurs. Cela convient à ce vieillard qui est tombé amoureux et c'est là toute sa vie, ou à cette jeune veuve détruite par la mort de son compagnon et qui se noie à petites doses, à un père pour son fils qu'il n'a jamais connu, à une adolescente qui veut redonner le sourire à sa maman et qui creuse des tranchées et qui cherche mais sans savoir exactement quoi... C'est un livre entier sur le sentiment amoureux, sur le droit à la mémoire, à la fidélité au-delà de la mort, au respect de la création littéraire. Ce roman de la new-yorkaise Nicole Krauss fait couler beaucoup d'encre dans les articles de cette rentrée littéraire et c'est totalement justifié ! D'abord il est écrit avec une maîtrise étourdissante, puis il est dense, foisonnant, respectueux et d'une très grande élégance. C'est un roman puissant et intelligent, qui ne perd jamais le fil de son histoire et qui repêche son lecteur en toute simplicité. Et hop qu'il nous emmène du côté de la Shoah, à New-York, en Israël ou au Chili, dans le coeur d'une adolescente ou d'un vieillard, et surtout au coeur d'un roman dont l'histoire nourrit L'Histoire de l'amour du début à la fin. Cela paraît brouillon à lire comme ça, mais c'est un roman 5 étoiles et qui est, en toute honnêteté, EPATANT !

septembre 2006

8 septembre 2007

Y'a personne (pour le ouikend !) ... Mais je vous

Y'a personne (pour le ouikend !) ...

Mais je vous laisse entre de bonnes mains :

Is there a time for keeping a distance
A time to turn your eyes away
Is there a time for keeping your head down
For getting on with your day

Is there a time for kohl and lipstick
A time for cutting hair
Is there a time for high street shopping
To find the right dress to wear

Here she comes ...

[ Et une petite dernière pour la route ! ... ]

8 septembre 2007

On fait le point ?

Ok - cela fait déjà quelques semaines que la grande foire littéraire bat son plein, bombardant les rayons des librairies d'encore plus de propositions chaque jour. Toujours plus de tentations, désolée, je le sais et m'en excuse à peine (car après tout, c'est pas ma faute !) .  ;o))

Alors un p'tit bilan sur les livres déjà lus et présentés entre ces murs roses ...

A_l_abri_de_rienarlington_parkCe_que_dit_LiliCeinture_jaunecimetiere_des_poupeesentre_mes_mainset_toujours_en_eteEtherHors_JeuIl_ne_vous_restela_chienne_de_ma_viele_chat_dans_la_gorgele_contemplateurle_crocodile_rouilleLe_dernier_frereLes_bois_dormantsmatantemmaNo_et_moiOn_s_y_feraparadis_andalousPavillon_noirprivilege_des_reveursstagiaire_amoureuxthis_is_not_a_love_songTom_est_mort

Quel souk ! ... Et dire que ce n'est pas fini : encore de belles choses dans mes tiroirs pour vous servir !  ;o))

8 septembre 2007

La Pochothèque de la Rentrée ! En poche ! #7

A mettre dans son shaker :

(Noter La légende d'une servante de Paula Fox)

  • Chez J'ai Lu : La partie de cartes d'Adolf Shröder  (lu mais aimé moyen...)

(Noter Marie Antoinette d'Antonia Fraser  ;  Les grand-mères de Doris Lessing)

(Noter La nuit interdite de Thierry Serfaty ; Terre des oublis de Thu Huong Duong ; Une autobiographie d'Agatha Christie ; Nous sommes de Gila Lustiger ; Mes hommes de Malika Mokeddem)

(Noter La forêt des ombres de Franck Thilliez ; Les sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra ; La serveuse était nouvelle de Dominique Fabre)

(Noter : L'été du sureau de Marie Chaix)

Pas trop le courage de rapporter mes avis sur les livres ci-dessus, alors j'ai renvoyé à quelques liens ... N'hésitez pas à compléter, donner d'autres idées ou apporter vos liens !  ;o))

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