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Chez Clarabel

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17 septembre 2007

Avec ses moustaches ~ Thomas Paris

Marc et Jeanfrançois fêtent leurs retrouvailles dans un café. Ils se sont connus sur les bancs de l'université, Jeanfrançois (volonté absolue de sa mère de ne pas donner de prénom composé!) a séduit son camarade avec ses idées de jeune révolutionnaire, en lutte contre l'oppression de la société capitaliste. Quinze ans ont passé et les deux amis débordent à nouveau de projets contre les Morlocks, une souche d'opportunistes bien définie, les privilégiés, et qui horripile Jeanfrançois. Son chef de file, à ses yeux, est le pdg de Canal France : Hubert Lefur. Il faut l'anéantir, le kidnapper... lui raser sa moustache !

Car cet Hubert Lefur, finalement modeste et bonasse, est pourvu de belles moustaches à l'ancienne, "qui se déployaient avec discipline sous son nez fort, décollaient dans un début de looping et se désintégraient pour éviter une collision fracassante". Sa marque de fabrique, sa signature. Et quoi de plus vengeur que de s'en emparer, couic, d'un coup de ciseaux ?! Ainsi s'en vont trois compères (un certain Erwan va s'allier à cette vendetta contre l'oppresseur) dans une aventure ubuesque. On les prendrait pour des hussards, et Thomas Paris lui-même se porte en héritier de cette fougue intempestive. Il manie la plume avec panache, il envoie dans les roses tout semblant de gravité et sérieux. Comme il a su le prouver dans son premier roman ("Pissenlits et petits oignons"), Thomas Paris passe le cap du deuxième roman avec brio. Il tord le cou aux amourettes, aux révolutionnaires, aux dirigeants, aux bourgeoises, aux amants, aux étudiants, aux lympathiques, etc... Mais par contre, il rend hommage à LA figure de la Chrétienne, "au seul sens du terme", c'est-à-dire la grand-mère (d'Erwan), qui mérite sa place dans ce roman, et dans tous les romans d'ailleurs. C'est là toute la fantaisie de l'écrivain, son hommage, son adoration. Pour vous convaincre d'ouvrir son roman, n'attendez plus de le lire !

septembre 2006

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17 septembre 2007

Quelque chose à cacher - Dominique Barbéris

quelque_chose_a_cacherJ'ai été déçue par ma lecture, m'attendant à retrouver cette incroyable force psycho-dramatique aperçue dans un livre précédent « Les kangourous ». Dominique Barbéris ne renouvelle pas l'exploit, pourtant l'histoire avait de quoi séduire : une femme a été retrouvée morte dans l'ancienne propriété de sa famille où elle était revenue pour la nuit.
Le narrateur est le gardien du musée, chasseur et peintre à ses heures perdues, fils du docteur de la petite ville de N., il a passé son adolescence à admirer cette Marie-Hélène qui changeait d'amoureux comme de chemise et allait danser au Black and White.
Cela faisait des années qu'elle n'était pas revenue au pays, mais personne ne semblait l'avoir oubliée. Sa mort, aujourd'hui, délie les langues. Le gendarme Massonneau partage avec le narrateur le récit de cette nuit remplie de drames et de mystères.
« Quelque chose à cacher » a un petit quelque chose des Âmes Grises de Philippe Claudel : une mort peu commune, des notables visés, une localité renfermée et un esprit très morne, très mélancolique dans le texte. La comparaison s'arrête là, le livre de Claudel est plus grisant. Dominique Barbéris a une écriture très pointilleuse, mais peut-être cela endort-il son histoire qui m'est apparue indolente et morose.
A voir.

Gallimard - 160 pages  / Août 2007.

16 septembre 2007

Loin de soi ~ Anita Brookner

Londres, fin des années 70. Emma quitte sa mère avec laquelle elle vivait seule depuis la mort de son père. Elle part étudier à Paris l'art des jardins. En France, elle croit rencontrer son alter-ego en la personne de Françoise, jeune femme volubile qui travaille à la bibliothèque, et qui vit également seule avec sa mère veuve. Françoise est, cependant, plus extravertie et délurée, elle noue des contacts et des liaisons amoureuses. Emma a fait la connaissance de Michael, jeune écrivain qui réside dans la capitale française, et une relation amicale prend naissance.
Le temps passant, Emma est rappelée à la cruelle loi des séries noires en apprenant le décès de sa mère. Son existence oisive trouve son terme, et les rapports avec son amie Françoise vont lentement atteindre leur croisement de direction. La mère de Françoise a le projet de marier sa fille à un riche fiston d'une aimable fréquentation, un peu contre le principe de Françoise qui cherchera longtemps à louvoyer. Mais l'amour filial et la dévotion d'une fille pour sa mère pèseront finalement plus lourds dans la balance.

Il faut suivre son instinct : ce nouveau roman d'Anita Brookner, auteur prolixe parmi les romancières anglaises contemporaines, m'a incroyablement semblé caduc et fané. Comble de tout : le charme a été inopérant ! C'est difficile de cerner pourquoi la petite musique n'a pas été entraînante, pourquoi le charme anglais n'a pas opéré. J'y ai certainement détecté trop de sentimentalisme, trop de langueur dans les personnages comme celui d'Emma, beaucoup trop de convention à respecter, dans le style et dans le fond. Il me manque le piquant, l'audace franche et l'humour, ah ! cette pointe pince-sans-rire qui caractère l'écriture anglaise !.. Ah non honnêtement, Mrs Brookner a été bien trop guindée. Pas touchée, moi.

septembre 2006

15 septembre 2007

Celui d'en face ~ Gabrielle Ciam

Je suis une femme seule, j'ai quarante ans, je vis confortablement dans un appartement au coeur de Paris. Et j'en ai fini avec le sexe, pour de bon. C'est la parole de la narratrice, qui s'adresse à un homme, inconnu du lecteur. Elle lui raconte son expérience excitante d'avoir flirté avec son voisin d'en face, cet inconnu qui a introduit son intimité, sans jamais se dévoiler. Un jour, elle est apparue nue dans le salon et elle a bien senti qu'on l'observait, en face. Troublée, elle a eu le besoin de "se donner" à cet anonyme qui a su émoustiller son désir. Elle croyait en avoir fini, c'est tout autre chose qui commence : l'apprentissage du désir, les sens en éveil, l'attente du regard, le besoin de se livrer à l'inconnu. Il est "celui d'en face", celui qui compte pour elle, "ce que je voulais, c'est qu'il me regarde, qu'il pose les yeux sur moi, de loin, à l'affût, et qu'il me voie m'offrir".

Le jeu qu'elle joue est celui du chat et de la souris. Un homme et une femme se guettent, s'épient et se contemplent. Les préliminaires ont été absous, il y a une volonté explicite dans l'art d'être désiré, c'est cru dans les gestes, mais élégant dans les paroles. Car Gabrielle Ciam a renoué avec l'érotisme, comme dans son premier roman "Le train de 5h50", où il était question aussi d'observation et de fantasmes fous. "Celui d'en face" n'est pas obscène, et la narratrice parvient à attiser sa flamme par sa confession à son interlocuteur inconnu. La fin est charmante, on attend quelle suite l'affaire a donnée !... Ce 3ème roman de Gabrielle Ciam est capiteux, impudique, affriolant... enfin bref, ce sont les femmes qui en parlent le mieux ! Lisez-le !

septembre 2006

15 septembre 2007

... absente (encore !) pour le ouikend ... Je

... absente (encore !) pour le ouikend ...

Je traîne les pieds, j'traîne mes casseroles ...  (les proches comprendront ! )

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14 septembre 2007

Tombent les avions ~ Caroline Sers

"En famille, on ne dit pas ce qu'on pense." C'est le credo de cette famille qui vient chaque année passer un mois de vacances dans la maison de l'aïeule, Mounette. Des vacances qui n'en ont que le nom, car on distingue parfaitement que chacun s'y plie, telle une immuable habitude et exigence auxquelles personne ne semble y déroger. Donc les frères et soeurs, flanqués de leur conjoint et progéniture, s'y rendent et font comme si. Heureux d'être à nouveau réunis, de retrouver les mêmes choses inchangées, les bonnes vieilles habitudes cultivées avec obsession par Mounette. Cette grand-mère dont les commissures des lèvres se pincent à la moindre contrariété, au moindre déraillement et à la moindre entorse aux habitudes. Car sur cette famille plane le fantôme de Corinne, la disparue. Progressivement on en apprend sur cette cousine, cette fille ou soeur que chacun n'ose plus nommer ou évoquer. A peine sur les photographies. Silence, maître mot de cette colonie !
Bien entendu, tous sont au bord du précipice. La menace gronde. La colère couve sous la soupape de sécurité. Prête à exploser comme une cocote-minute. Et comme les avions, à trop les fixer, ils peuvent tomber !...
Bref, un premier roman écrit avec soin, d'une plume acérée, qui blesse sans heurter et qui se pare d'un air de vertu outragée et vengée. Un petit délice !

lu en septembre 2004

14 septembre 2007

Lectures pour la jeunesse : du drôle et du lourd

la_gloire_de_mon_frereJean-Luc Fernouilh, étudiant en école d'ingénierie, vient de publier son premier roman pour la jeunesse, « Les bilingues », qui connaît un succès retentissant. Son éditrice Brigitte se frotte les mains, applaudissant également les phrases éclatantes que Jean-Luc sert à la presse, genre « je voudrais être le Franck Ribery de la littérature ».
Mais derrière ce joli succès, il y a Hector, 12 ans, le frère de Jean-Luc Fernouilh. C'est en fait lui le véritable auteur des Bilingues, lui qui planifie l'opération marketing de grande envergure, lui qui opte pour l'option « coulisses » et qui orchestre les prochains textes du chouchou de la presse, en devenant "crasheur" pour la maison d'édition.
Dessous et travers du milieu ? ... Emmanuel Arnaud nous en donne un sacré aperçu, toujours avec un humour dévastateur. Il s'appuie sur sa propre expérience (en 2006, il publiait Les Trilingues) et propose aujourd'hui sa vision fantaisiste sur cette aventure rocambolesque. Pour mieux corser son histoire, il invente l'idée selon laquelle les adultes ne connaissent strictement rien à l'univers de la jeunesse, surtout dans l'édition. Et alors, doubles rôles et duperies sont attendus au tournant !
Un roman très drôle, cocasse et saugrenu !

Relire "Les trilingues" 

Ed. du Rouergue, 95 pages  / Septembre 2007.

trop_de_chance_couvC'est une fillette de dix ans qui s'estime chanceuse d'habiter près de la grande maison de Maurice Lepoivre. C'est le Maître de ses parents, celui qui les invite à faire un Travail sur eux. Tout le monde n'a pas la chance de franchir les grands murs qui entourent et protègent la maison, ceux qu'on nomme les gens ordinaires, par exemple, ne bénéficient pas de cette aubaine. Tant pis pour eux.
A l'école, la jeune fille n'a pas le droit de répéter ce qu'il se passe dans cette maison. « Les gens ordinaires, les autres, ils ne peuvent pas comprendre ce qu'on fait avec Maurice Lepoivre (...) Comme ils ne comprennent pas, ils ont peur, et ils prétendent que c'est une secte. »
Pendant tout le roman, le mot n'est jamais cité (sauf vers la fin) mais le lecteur devine très facilement de quoi il s'agit. Les allusions racontées par l'adolescente sont flippantes, parce qu'elles sont anodines. A sa façon, cela semble inoffensif, Maurice Lepoivre est un bonhomme sympathique et qui porte auprès des jeunes (filles) une attention particulière. Et à toutes les interrogations qu'elle pose, on lui dit juste qu'elle comprendra plus tard...
La jeune fille va commencer à porter un autre regard sur ce qui est normal et ordinaire, sur ce qui ne l'est pas, sur sa vie de plus en plus oppressante, entre les absences de ses parents, son poids (on lui reproche d'être trop grosse) et la crise d'adolescence de sa soeur aînée, etc.
Très bien écrit, le roman d'Hélène Vignal s'appuie sur des non-dits, plus pour forcer la réflexion et amener le jeune lecteur à poser lui-même les bonnes questions. L'histoire se termine en demi-teinte, encore une fois pour aider le lecteur à cogiter et mesurer toutes les pistes que la jeune narratrice lui tend. L'auteur s'est inspirée de son expérience personnelle et recrée avec beaucoup de force et d'émotion la souffrance d'une fillette et ses interrogations. Ce petit bouquin très intelligent pourra servir d'outil en classe pour sensibiliser le jeune public.

Ed. du Rouergue, 92 pages / Septembre 2007.

13 septembre 2007

Kamikaze Mozart - Daniel de Roulet

« On ne choisit pas ses Wolfgang. Ils vous tombent dessus l'un après l'autre, comme une guerre mondiale. Ou plutôt, comme une étoile filante. Personne n'est préparé aux météorites en plein jour. »
Fumika est japonaise, musicienne et étudiante au conservatoire de Berkeley avec son amie Shizuko. Attachée à sa passion pour Mozart, elle espère bousculer son destin qui l'a déjà fiancée à Tetsuo Tsutsui, soldat au service de Sa Majesté l'Empereur, suite aux habiles tractations des deux familles. Mais Fumika ne connaît son prétendant qu'à travers une photographie et quelques lettres, très conventionnelles.
Nous sommes en Avril 1942. Fumika et d'autres ressortissants japonais doivent rejoindre les camps de rassemblement, après l'attaque à Pearl Harbor. La jeune fille s'éloigne le coeur lourd en pensant à un jeune allemand qu'elle vient de rencontrer à Berkeley. Il s'appelle Wolfgang Steinamhirsch, c'est un fou de chimie que le gouvernement va recruter pour un projet confidentiel basé dans le désert de Los Alamos.
Déplacée de camps en camps, Fumika va croire en sa bonne étoile lorsqu'elle emprunte l'identité d'une indienne navajo pour faire le ménage à  « la fabrique des nuages », un site secret où bossent des scientifiques pour le compte du ministère de la Guerre. Elle y retrouve Wolfgang, devenu un ambitieux savant, et espère qu'il aidera Shizuko et elle dans leur projet d'évasion du camp de Santa Fe.
Hélas ! Le lecteur n'est pas dupe. Le projet de Los Alamos va frapper le Japon en Août 1945, avec deux bombes atomiques. Sur ce plan, l'issue du roman est toute tracée. Il devient alors intéressant de suivre quel triste sort vont connaître Fumika, son fiancé kamikaze et Wolfgang le fou de l'atome, tous estampillés par le sceau de la tragédie.
Entre fiction et réalité, le roman parle de la guerre et de destins brisés autour du fil rouge que constitue la construction de la Bombe atomique. Daniel de Roulet, dans un style très froid, presque sans âme et donc difficilement attachant, a peut-être souhaité cette sécheresse pour planter une distance raisonnable entre l'auteur et son histoire où se mélangent les faits réels et l'imaginaire.
Une petite accoutumance s'impose, puis l'histoire apparaît franchement émouvante et très prenante ! C'est surtout au travers du personnage de Fumika que la dimension humaine et émotionnelle s'exprime le mieux. Son parcours enchaîne l'injustice, l'incompréhension, la bêtise et la perfidie humaines. Longtemps elle trouvera dans la musique de Mozart une échappée pour survivre et affronter son destin. Mais la musique adoucit-elle les moeurs ? Est-elle capable d'achever une guerre, de sauver les âmes ? L'auteur offre une réflexion douce-amère à ce sujet, je ne suis pas sûre d'apporter la réponse qui semble évidente et triste dans ce roman. Mais la lecture de ce livre, pourtant pas emballante au début, résonnera longtemps en moi. Je le pense...

Buchet Chastel - 290 pages - Août 2007

** Rentrée Littéraire 2007 **

12 septembre 2007

Les autres ~ Alice Ferney

"Personnes susceptibles s'abstenir" était la règle préconisée par ce nouveau jeu de société qu'a offert Niels à son frère Théo, lors de sa soirée d'anniversaire. Sont réunis leur mère, les amis et fiancées. Tous s'engagent dans ce jeu brûlant qui a pour but de délier les langues et mettre à jour les vérités cachées. Que pensent les uns et les autres, les uns sur les autres, les uns des autres ?
Ce roman délie la parole, ouvre la boîte de Pandore. Il est décomposé en trois parties, d'abord on lit les pensées des protagonistes, puis on assiste à la joute verbale, puis on prend le pas du narrateur, de l'auteur qui décrit ce repas suicidaire avec toute l'élégance et la subtilité qui caractérise l'écriture d'Alice Ferney. C'est d'une poésie inqualifiable, tant sur la valeur des sentiments, sur le poids de la maternité et la féminité (thèmes abordés dans le roman).
Au cours de cette soirée, certaines paroles auront été lâchées et ne pourront plus être rattrapées. Les personnages ont tous bien conscience de cet enjeu mais ils foncent tête baissée. Un peu abasourdis, écoeurés, révoltés mais exaltés "d'être avec les mots comme des poissons dans l'eau". Ce roman donne enfin le pouvoir au langage, aux mots et à la langue éclatante et qui s'exprime, se libère. Il ne met pas en péril le sentiment de l'amitié car, après tout, un personnage le souligne : "Sans amitié, pas de confidences ni d'aveux ou de révélations, pas de critique profonde et transparente. En ce sens les amis, pour le bien qu'ils essaient de nous faire, sont aussi cruels que les ennemis qui nous souhaiteraient quelque mal.".
En un mot comme en cent, ce roman est magnifique, tout en grâce et dénuement, et dont le point final sera : "Qui peut croire que les mots servent la vérité ? Qui sait ce qu'ils tranforment vraiment en nous ? Quel est ce pouvoir qu'on leur prête ?". (La réponse est cachée dans ce livre !)

août 2006

12 septembre 2007

Jacques Prévert, pour les enfants !

Il y a 30 ans, le 11 avril 1977, décédait Jacques Prévert. Ce grand poète, connu pour son recueil  « Paroles » a laissé une oeuvre très riche et variée.

En 2007, les éditions Gallimard jeunesse rééditent quelques-uns des albums en proposant ainsi de revisiter l'oeuvre du poète, toujours d'actualité.

prevert_le_cancreVoici le célèbre poème de Jacques Prévert, illustré par Jacqueline Duhême, pour se rappeler toujours que l'essentiel c'est d'être heureux.

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
...

Un album accessible pour les plus jeunes, même si ce poème est inscrit dans le programme des cycles 2. Ma fille qui fait partie d'une classe à plusieurs niveaux avait déjà connaissance du poème. Ce fut donc un réel plaisir de découvrir cette lecture  - elle n'a d'ailleurs pas hésité à la faire partager avec sa classe. Les images de Jacqueline Duhême sont un atout encore plus réjouissant pour le plaisir de lire, apprendre et comprendre cet hymne du bonheur !

Avis aux enseignants, aux parents ... un titre indispensable, selon moi ! 

 


 

 

prevert_opera_de_la_luneUn grand classique insolent et magique de Jacques Prévert :  L'Opéra de la lune.

Extrait du livre :
Il y avait une autre fois un petit garçon qui souriait très souvent, la nuit, en dormant. C'était une autre fois mais c'était le même petit garçon. On l'appelait Michel Morin, le Petit garçon de la lune, parce que, lorsqu'il y avait la lune, il était content.
- Je la connais, disait-il, on est amis tous les deux et même quand elle ne vient pas le soir, je n'ai qu'à fermer les yeux et je la vois dans le noir de la nuit. Elle est toujours là pour moi et quand je dors, j'ouvre tout grand les yeux en dormant et je me promène avec elle et elle me montre des choses très belles dans mon sommeil.

Cet album est également admirable, mais moins abordable que le précédent. L'éditeur le conseille pour les enfants dès 5 ans, j'émets un doute à ce sujet car j'ai trouvé que la lecture n'était pas évidente au premier abord. Plus de texte, des illustrations charmantes mais une histoire plus parabolique ... bref il faut davantage d'assistance pour cette lecture. (Ceci est mon jugement par rapport à un lectorat de la jeunesse. Ensuite, je le conseille tout à fait pour les plus adultes d'entre nous ! )

Nota Bene : personnellement, j'aurais apprécié que cette édition s'accompagne d'un cd pour soutenir les passages musicaux.

 


 

prevert_baladarUne histoire inoubliable, pleine de poésie et d'humour : Lettres des Îles Baladar

Mot de l'éditeur

Il y avait autrefois, au beau milieu des quatre coins du monde, dans l'archipel des Baladar, une petite île de rien du tout où tout était calme et gai, où le bonheur se promenait parmi les pêcheurs et les enfants. Mais un jour, les habitants du Grand Continent s'aperçurent que de l'or brillait sur l'île...

Ce livre est la réédition "collector" de l'édition originale de 1952.

Vous ne connaissez pas ? N'hésitez plus ! Ce conte de Prévert est un enchantement ! Bien entendu, l'histoire couvre un message plus profond qui dénonce l'ambition de la colonisation et la menace de détruire la liberté et le bonheur individuel. C'est un peu sévère pour les enfants, croyez-vous, mais c'est tout le contraire. Pourquoi ? L'écriture, tout simplement ... N'oubliez pas que c'est du Prévert et donc ... *musique du bonheur*

Cela commence ainsi :   

« Autrefois, et cela fait déjà longtemps, au beau milieu des quatre coins du mondes, il y avait des îles protégées par la Mer.

C'étaient ses îles défendues, elle les appelait les Iles Préférées. De temps à autre, mais assez rarement, un hardi navigateur muni d'une longue-vue de haute précision voyait au loin surgir l'une d'elles, ensoleillée, mais à peine avait-il crié : Terre ! Qu'aussitôt elle disparaissait dans un brouillard instantané et tout aussi vite c'étaient déjà la tempête, les cyclones et les tornades, les typhons, les lames de fond.

Et comme les marins ont autre chose à faire en mer que de faire naufrage tous les jours ils n'allaient pas plus loin dans leur exploration.

Ils appelèrent ces îles les îles Baladar, parce que, disaient-ils, elles ne tenaient pas en place et se bornèrent à inscrire, au hasard des rencontres, quelques noms sur leurs cartes.

Et c'étaient l'île A Part, l'île Subito Presto ou l'île Incognito.

Suivant leur humeur du moment, suivant le bon ou le mauvais temps, ils les traitaient différemment. Un jour ils les appelaient les Défensives, les Méfiantes, les Redoutables, les Imprévues, les Intraitables, les Farouches, les Fugitives. »

(En cours de  lecture par Miss C., 7 ans)

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