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Chez Clarabel
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1 décembre 2015

La Pyramide de glace, de Jean-François Parot

LA PYRAMIDE DE GLACE

Première rencontre avec Nicolas Le Floch, premières impressions enthousiasmantes.

Quel raffinement ! Dès le début, le tableau est planté. Nous sommes dans un salon parisien, en plein hiver 1874. Il gèle à pierre fendre. Paris a froid, Paris a faim. On surprend alors quatre personnages en train de faire ripaille au coin du feu, tout en devisant de politique. La discussion s'éternise, en de passionnants et interminables bavardages. On en oublierait presque nos objectifs ! Puis, retour à la réalité : le corps dénudé d'une femme est retrouvé dans une pyramide de glace. Celle-ci ressemble étrangement à la reine Marie-Antoinette. Notre commissaire au Châtelet est aux cent coups, dopé par une enquête qui le conduira sur des terrains boueux (sorcellerie, vampirisme, vol et escroquerie) et lui fera côtoyer des figures illustres, comme le roi en personne, son cousin le duc de Chartres, le ministre Sartine, et même le jeune Louis-Philippe ! 

Cette lecture a été tout bonnement passionnante, écrite avec un souci du détail lexical et inspirée d'une grande recherche historique (parfois l'auteur en oublie d'ailleurs de rester simple romancier). Mais c'est tout à son honneur, du fait de l'évasion promise par ce livre, on s'imagine concrètement au XVIIIe siècle au milieu des intrigues qui tentent de souiller l'image du couple royal. Certains indices laissent présager du mécontentement ambiant et des idées révolutionnaires à la Voltaire qui fleurissent dans les esprits et les beaux discours, mais ceci est une autre histoire... Pour l'heure, j'ai été pleinement conquise ! J'en lirai d'autres. :)

10/18 Grands Détectives / Octobre 2015 ♦ Disponible en Audiolib (Mars 2015) / Texte lu par François d'Aubigny

LA PYRAMIDE DE GLACE CD

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20 avril 2012

A la rencontre de Tranche-Trognes & Akissi

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Déjà le retour d'Akissi (alors que je désespère après celui de Bienvenue...), ne nous privons pas d'un tel plaisir ! Akissi est une fillette rigolote et intrépide, à qui il arrive toujours de folles aventures. Cette fois, elle part en vacances avec son frère chez leurs grands-parents. Connaissant le tempérament hardi de l'héroïne, il faut s'attendre à une série de péripéties tumultueuses : ça commence d'ailleurs par un vol plané de mouton (le car transportant les vacanciers roule à toute berzingue et finit par crever un pneu, le mouton sur le toit est expédié dans la nature), et ça continue dans un cadre de vie charmant, à la campagne, mais où il n'y a pas de toilettes privées. Pour se soulager, il faut courir dans la nature, creuser un petit trou pour y déposer ses besoins... et éviter les sangliers qui raffolent de la bonne sauce graine de mémé.

Ce sont en tout sept histoires pétillantes et survitaminées, au cours desquelles mémé va tomber dans les pommes par la faute d'une coco et la cousine Fernande va récolter d'un cheveu flamboyant (Akissi, tu es trop petite pour jouer avec les bougies !). Akissi par ci, Akissi par là... ce sont des vacances qui promettent monts et merveilles pour l'entourage de la fillette (et aussi pour le lecteur, nous on rigole même si on plaint la famille devant l'ampleur des catastrophes). La lecture est toujours aussi amusante, les personnages sont sympathiques, les situations sont savoureuses et ne manquent pas de nous surprendre. Et parce qu'elle est la championne des bêtises, Akissi est une héroïne envers laquelle les jeunes lecteurs s'identifient facilement! 

Akissi, tome 3 : Vacances dangereuses, par Marguerite Abouet et Mathieu Sapin 
Gallimard, coll. Bayou, 2012 

Autre nouveauté, particulièrement rigolote :

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L'arrivée du nouveau bourreau ne bouleverse pas les foules au village (on le confond au départ avec le nouveau bouffon !), mais Tranche-Trognes a de l'ambition à revendre ... en plus d'un manque de jugeotte évident. Dès sa première mission, il tombe sous le charme de la sorcière Abigaëlle (cette dernière lui a jeté un sort et s'amuse désormais à allumer la flamme de l'espoir en chantant les louanges de l'amour courtois). Pauvre Tranche-Trognes, avec un nom pareil il était voué à son destin, et c'est finalement celui-là même qui lui joue des mauvais tours. Bourreau aveuglé par l'amour, il ne comprend pas que sa dulcinée interfère dans ses mandats pour sauver la peau des condamnés ou sauver la mise de ses soeurs les sorcières (la chasse est ouverte !). Tranche-Trognes est également assisté par son neveu, Crépin, troubadour de son état, au grand dam de la famille, d'où un petit séjour chez le tonton pour lui mettre du plomb dans la cervelle...  

J'avais déjà apprécié le tandem Christian Jolibois - Joëlle Passeron via sa série Lucy poids plume, je retrouve leur ton humoristique et déjanté à travers cette comédie burlesque, qui offre une incursion fantaisiste dans le folklore du Moyen-Âge. C'est une lecture tendrement décalée, mais vraiment divertissante. Je suis partante pour la suite ! 

Tranche-Trognes, tome 1 : Artisant bourreau par Christian Jolibois et Joëlle Passeron
Gallimard, coll. Bayou, 2012 
-) les 10 histoires ont été prépubliées dans le magazine Moi je lis !  

19 février 2009

Au couvent des Petites Fleurs - Indu Sundaresan

51mtJCkbv_L__SS500_Ce sont la grâce et l'élégance qui se reflètent principalement à la lecture des neuf nouvelles qui composent le livre d'Indu Sundaresan. L'exercice est toujours périlleux, en 30 pages l'auteur doit réussir à capter l'attention du lecteur sans louvoyer. Il faut éviter les pièges - les personnages plats, la voix insipide et l'intrigue molle. En postface, l'auteur donne d'ailleurs une très bonne définition de la nouvelle : « Une nouvelle s'accomode plus facilement de la folie et de l'excentricité qu'un roman - où ce serait épuisant. Les romans, en effet, ont besoin de pauses, de respirations. Dans une nouvelle, la pause survient après coup, une fois l'histoire lue et reléguée dans un coin de la mémoire, quand on a le temps d'y repenser. »

C'est tout à fait exact. J'ai pu une nouvelle fois constater avoir été sensible, sur le long terme, à certaines histoires de ce recueil. "Trois secondes et demie" raconte le drame d'un couple uni par un amour incomparable dont la vie sera bouleversée par la naissance d'un fils, mais cet enfant les déçoit car il se montre colérique et violent, qu'importe, le couple va tout lui donner, jusqu'à se saigner aux quatre veines, en seront-ils récompensés ?  "L'épouse fidèle" dénonce une pratique pourtant illégale, celle du sati, qui consiste à sacrifier la jeune épousée sur le bûcher de son mari défunt. L'histoire est rapportée d'après le témoignage d'un journaliste, qui tentera le tout pour le tout afin d'interférer dans cette décision. "Le feu" voit le retour d'une jeune femme de trente ans, partie depuis dix ans en Amérique, au chevet de sa grand-mère mourante. C'est l'occasion de régler une affaire de famille, un drame épouvantable qui n'appelle aucun pardon. "L'enfant non désiré" raconte la honte et la douleur d'un vieil homme, alors que sa fille cadette a eu un enfant hors mariage.

Toutes ces histoires montrent bien l'importance de la caste et du rang à respecter, des traditions et coutumes à suivre, et le fossé entre les générations. Huit textes sur neuf se passent en Inde, ils sont à la fois tragiques, drôles, cocasses, tendres et émouvants. Mais c'est une lecture forte, et qui touche instantanément. Le titre du livre fait référence à la première histoire, "A l'abri sous la pluie", la narratrice a grandi dans un orphelinat qui s'appelait le Couvent des Petites Fleurs, elle a été adoptée par un couple d'américains et vingt-trois ans plus tard la jeune femme reçoit une lettre de la directrice qui lui parle de sa propre mère, de sa maladie et du fait qu'elle ne l'a jamais oubliée... Pour moi, c'est la nouvelle qui dégage le moins d'étincelles.

Lisez également "Le Key Club", un texte étonnant, un peu grinçant. C'est l'Inde chez les riches, une génération qui roule sur l'or et travaille pour s'occuper, part en Amérique en attendant d'être en âge de prendre un poste à responsabilités dans la boîte familiale, donc cette jeunesse dorée ouvre un club très particulier pour tuer le temps. Il y a cela, mais pas seulement. Lisez, vous verrez. On attend le moment où le couperet va tomber, on croise les doigts, on l'espère, et là...  ah ?

C'est très bon, tout ça. Lecture fort plaisante !

Michel Lafon, 2009 - 220 pages - 18€
traduit de l'anglais (USA) par Sylvie Cohen

# L'odalisque - Claire DiTerzi

http://www.deezer.com/track/2714687

15 septembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #37

IMG_5359Le chic, en cette rentrée, c'est de pouvoir dire pouce et rigoler en ouvrant un petit bouquin de 38 pages et se consoler en pensant haut et fort que l'auteur, Colas Gutman, a vraiment tout compris. 
A quoi ça sert un enfant ?
A. RIEN. DU. TOUT.
J'aime, forcément.
Et il faut savourer les petites illustrations de Delphine Perret, c'est comme la cerise sur le gâteau avec une goutte de chantilly. 
Alors, de quoi ça cause ? C'est l'histoire d'un garçon qui déteste la campagne, qui se perd en forêt et qui tombe nez à nez avec un mouton, une vache et une poule. La discussion s'engage. Qui es-tu ? que fais-tu ? à quoi sers-tu ? A force de jurer son utilité dans la vie, l'enfant s'emporte et parvient à déjouer le plan machiavélique qui se concoctait derrière son dos (un loup était aux aguets, brrr !). 
Je ne suis peut-être pas très objective non plus, parce que j'aime et ne loupe aucun livre de Colas Gutman, mais force est de reconnaître que c'est drôlement bon et truculent. Alors, pourquoi se priver ?!

L'enfant, par Colas Gutman (Mouche de L'école des loisirs, 2011).
illustrations de Delphine Perret

IMG_5377Et dans la catégorie, je m'offre un plus grand format et je ne me classe dans aucune catégorie, laissant la fenêtre ouverte aux envies, parce que c'est tellement connu que les grands lecteurs aussi se perdent dans les éditions de jeunesse, je demande donc le nouveau roman d'Olivier Adam. 
Personne ne bouge.
Non ce n'est pas un western, ni un thriller. Cela ressemble à un roman fantastique (une première !), mais c'est surtout une manière détournée pour dénoncer le temps qui passe trop vite et qui nous fait passer à côté de belles choses, toutes simples, comme contempler la mer. Antoine est un gamin qui vit avec ses parents dans une ville en bord de mer, et selon lui, il trouve idiot d'habiter si près et de ne rien en connaître. Lui se passionne pour les marées, les poissons, les oiseaux, la mer n'a aucun secret pour lui. 
L'histoire d'Antoine débute un soir, dans la cuisine. Sa mère épluche des légumes, lui fait ses devoirs, et d'un seul coup, c'est le silence total. Plus rien ne bouge. La vie autour de lui s'est mise en arrêt sur images. Il est le seul à pouvoir se balader à sa guise. Bizarre, non ? Et pourquoi, et comment... ? Nul ne sait. Mais tout va rentrer dans l'ordre et le phénomène va même se reproduire. Il va d'ailleurs vivre une expérience mémorable avec son amoureuse secrète.
Sans quoi, il ne faut surtout pas chercher d'explication scientifique sous peine de frustration. Cela arrive, sans raison. Ne pas chercher plus loin. C'est en renfermant le livre que je me suis interrogée sur son propos: et si, tout simplement, on cherchait à se rappeler que la vie nous mène un train d'enfer et qu'on donnerait cher pour s'offrir du temps en plus, avec rien à faire en particulier.
Et pour les fans, on trouve une référence à La traversée du temps. Evidemment.

Personne ne bouge, par Olivier Adam (Ecole des loisirs, 2011)
Illustration de couverture : Gwen Le Gac 

28 décembre 2016

Un amour de tortue, par Roald Dahl & Lu par François Morel

Un amour de tortue

Ce fabuleux conte de Roald Dahl se voit ici gratifié d'une excellente réalisation par Isabelle Aboulker et l'Orchestre de chambre de Paris. Texte lu par François Morel. 

Monsieur Hoppy est secrètement amoureux de sa voisine Madame Silver, qui n'a d'yeux que pour sa tortue Alfred. Au détour d'une discussion, elle lui confie être inquiète car Alfred ne grossit pas. Monsieur Hoppy lui répond alors qu'elle a besoin d'une bonne vieille recette magique et lui fait réciter un chant incantatoire. Madame Silver trouve que cela ressemble à du charabia, mais constate assez vite son efficacité. Seulement, ce qu'elle ignore, c'est que Monsieur Hoppy a fait l'acquisition en cachette de plusieurs tortues, toutes ressemblant à Alfred. Chaque jour, il les nourrit en cachette dans son appartement, puis se faufile chez sa voisine pour les intervertir et faire croire à Madame Silver que son cher Alfred prend du poids. Quelle farce !

L'idée de mettre en musique le texte de Roald Dahl est excellente car l'écoute a été agréablement surprenante. L'histoire prend la tournure d'un opéra flamboyant, avec des instruments qui jouent et s'emballent en répondant aux voix d'Anne Baquet (Mme Silver, soprano), de Yann Toussaint (M. Hoppy, baryton) et d'Yves Coudray (ténor). Sous la direction de Pierre Dumoussaud. La composition est remarquable et impressionnante, elle transcende le plaisir de la lecture et nous fait passer un très bon moment. Un petit roman tendre et loufoque qui se révèle alléchant par sa mise en scène originale.
Une réussite.

Traduit par Henri Robillot - Gallimard Jeunesse, coll. Hors Série Musique / Octobre 2016
Illustrateur de couverture : Quentin Blake

Réunis dans ce coffret:
• Le livre de 72 pages avec ses illustrations en couleurs
• Un CD de 40 minutes avec le texte intégral mis en musique

10% de tous les droits d'auteur de Roald Dahl sont versés à nos partenaires de bienfaisance. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.roalddahl.com.

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27 novembre 2023

Gallant de V. E. Schwab, Lu par Lionel Monier

GallantEncore une lecture incroyable de V.E. Schwab !

“J'ai vécu à Gallant toute ma vie. Mais on est censé choisir l'endroit où on se sent chez soi. Je n'ai pas choisi ce manoir et j'en ai assez d'y être captive.”

Et quelle ambiance, mes aïeux ! J'ai été envoûtée. Ce n'est pourtant pas une histoire à écouter à la légère. Non seulement elle exhale un parfum étrange et étouffant, mais elle ne semble pas présager une issue heureuse non plus. 

C'est du moins ce que je ressentais alors que l'héroïne (Olivia) se présente. Mutique. Malheureuse. Désespérée. Après une enfance passée dans un orphelinat, elle reçoit un courrier l'invitant à rejoindre sa famille à Gallant, une grande demeure austère. Elle y reçoit également un accueil froid et hostile. Son cousin lui ordonne de quitter les lieux sans plus attendre. Mais Olivia est fascinée par ce qui l'entoure et trop curieuse de connaître l'histoire de sa mère pour envisager de s'en désintéresser maintenant qu'elle touche au but.

Il y a tant de mystères sur la famille Prior ! Il règne aussi un climat très lourd dans cette maison. Dans les jardins. On guette les secrets derrière un mur. Des voix qui chuchotent. Et un journal qui livre petit à petit sa vérité. L'esthétisme du roman est d'ailleurs remarquable.

J'ai complété cette expérience avec le format audio (la voix du comédien est très belle, à la fois grave et enjôleuse). C'était grandiose. Obsédant. Je n'exagère pas en qualifiant cette lecture d'ensorcelante. ✩°。⋆⸜ 🎧✮

©2022 Victoria Schwab (P)2023 W.F. Howes Ltd

  • De : V. E. Schwab
  • Lu par : Lionel Monier
  • Durée : 7 h 58 
  • Éditeur : Editions Theleme from W. F. Howes
  • V. E. Schwab met sa plume fascinante et son talent inimitable de l'intrigue au service d'un conte gothique à la fois glaçant et suprêmement émouvant. Les lecteurs de Neil Gaiman se plongeront avec délices dans cet ouvrage tissé d'ombre et de mystères.

⭐⭐⭐⭐

Gallant Audio

 

30 novembre 2023

Christmas Therapy, par Caro M. Leene

Christmas Therapy

Une comédie pour boucler la fin d’année, ça vous tente ? 💘

Maureen adore tellement Noël qu’elle doit suivre une thérapie pour calmer ses ardeurs ! Elle y fait la rencontre de Logan, qui doit au contraire montrer plus d'entrain pour les fêtes. Ces deux-là se retrouvent en tandem pour relever des défis qui vont tout doucement les rapprocher. Sans surprise. Mais ça fonctionne très bien ainsi, même si le type va jouer le blaireau pour satisfaire le drama incontournable.🥴

Ce roman est fidèle au style de l'autrice : deux personnages qui se chamaillent, puis qui croquent la pomme (à souligner : zéro détail sur la chose). C'en est presque troublant ! S'ils n'avaient pas évoqué avoir couché ensemble, je ne l'aurais guère deviné (°ロ°) ! Non que je regrette l'étalage des exploits acrobatiques, mais pour le coup c'est complètement éludé. Vraiment, totalement. 🤣❤😂🤣

J'ai bien aimé la dynamique du couple. Mmmaaais, encore une fois, je déteste le passage obligatoire du troisième acte avec la rupture, l'attitude de Logan n'est d'ailleurs pas très digne. Son aura en est sévèrement froissée, à mes yeux. Haro sur la réconciliation (beaucoup) trop facile !

On ressort néanmoins de cette lecture sur une note très sympa. C’est léger, drôle, gourmand. Pour la saison, c’est tout bon. (^▽^)👍

Harlequin, coll. &H, 2023

Par l'autrice de Cher Père Noël, je voudrais un mec ! [N.B. : Maureen est la meilleure amie d'Aly] et Je te ferai aimer Noël !

⭐⭐⭐⭐

21 mars 2023

The Kiss (The Winner's Trilogy #3) de Marie Rutkoski

Update fin de lecture : J’ai besoin d’un câlin 😓🤗
‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵‿︵

The Kiss

J'ai entamé ce troisième tome avec beaucoup d'appréhension. Dans quel état allais-je retrouver les personnages ? Tellement de coups durs sur leur chemin ! Je ne sais plus qui est à plaindre. Le sort de Krestel est terrifiant, celui d'Arin également. Nulle éclaircie à leur horizon. Et la guerre se prépare.

J'ai vécu intensément cette lecture, j'ai tremblé, frémi, hurlé et soupiré la plupart du temps. Plus les chapitres avancent, plus le cœur est lourd. Je sentais la détresse de la jeune femme, sa colère et son chagrin. Tout pareil pour le gouverneur rebelle, avide de vengeance.
Franchement, cette saga figure parmi les modèles du genre en matière de tension insoutenable ! C'est autant palpitant que poignant à suivre. Pfiou, j'étais rincée après les 600 pages. De vraies montagnes russes émotionnelles.
Mais c'était si bon aussi. J'avais beau râler au fil de ma lecture, je ne tenais pas en place et j'avais désespérément besoin de connaître la suite. J'ai adoré être malmenée par l'auteur. C'était vicieux, mais très excitant.
De plus, on alterne les passages bouleversants, les scènes d'action, les envolées lyriques et les grandes séquences romantiques. Vraiment, quelle agréable surprise ! Je sors absolument conquise par cette découverte. Une saga qui date de 2017-2018 pour la VF et qui démontre un vrai caractère de survivante ! hashtag oldiesbutgoodies J'adore.♥

Par contre, je reste frustrée par l'absence d'épilogue. J'ai une profonde tendresse pour le chapitre 43. Les dernières phrases etc. ça n'a pas de prix. Et ici, elles touchent en plein cœur. Je reste néanmoins curieuse de l'après. On suppose, mais on spécule pas mal surtout. Tant de chantiers sont encore en cours.

Dommage. J'aurais bien signé pour d'autres livres. 😊

Lumen éditions, 2018 pour la traduction. Traduit par Mathilde Montier

⭐⭐⭐⭐✨

12 novembre 2022

La Sorcière captive (Les Faucons de Raverra #1) de Melissa Caruso

La Sorcière captiveJ'ai terminé le premier tome de la trilogie des Faucons de Raverra mais je ne pense pas que j'irai plus loin dans la découverte de cette série. Le début m'a semblé long, bavard, empêtré dans des discussions politiques et autres plans diplomatiques. C'est assez lent.

Les personnages ne se démarquent pas non plus du lot. Amalia est l'héritière d'une puissante famille destinée à régner. Elle est devenue malgré elle la Fauconnière d'une sorcière de feu opposée au système. Zaira est une voleuse, orpheline et arrogante. Elle n'entend pas se plier aux règles de la cour en battant des cils. Mais oubliez ce caractère rebelle, la jeune femme fait très peu de vagues ! Seuls quelques propos insolents sortent de sa bouche. Au final, elle se révèle conciliante et résignée sur son sort. Et puis il y a le lieutenant Verdi acteur maladroit de cette alliance. Si vous raffolez du gendre parfait, vous avez tiré le bon numéro.

M'enfin. L'ensemble est correct mais lisse. On trouve aussi peu de magie et de coups de théâtre (j'ai cherché les traîtres, je n'avais pas tout deviné). Ce n'est pas mauvais, toutefois je n'ai pas ressenti de folle passion à plonger dans cette histoire ni d'impatience au moment d'y retourner. Et comme j'ai une règle : trop de livres à lire, plus de temps pour l'acceptable. Je zappe la suite.
Voilà, c'est tout.

©2021 Hardigan (P)2021 Hardigan

⭐⭐⭐

28 novembre 2022

La Constance du prédateur (Série Ludivine Vancker), de Maxime Chattam

Nouveau titre du redoutable Maxime Chattam. Oh que c'était flippant !

La Constance du prédateur

Les descriptions sont extrêmement poussées et souvent perturbantes. On n'a d'ailleurs qu'à tendre l'oreille lorsque la lame du scalpel s'approche des dépouilles, au moment de l'autopsie. C'est impressionnant comme la sensation est palpable.

Qu'est-ce que j'ai pu frémir en écoutant ce passage ! Ce n'est pas le seul, dans le roman. Où tout est conçu pour nous ficeler sur place et ne pas en perdre une miette. Jamais l'auteur ne nous lâche. Et l'histoire n'a de cesse de rebondir, on suit aussi bien le calvaire des victimes, la perfidie du criminel et la traque des gendarmes.

J'en frissonne encore même si j'ai plongé dans ma lecture avec avidité. J'ai pas mal retenu mon souffle. Plongé dans le gouffre de l'horreur. Et c'est traumatisant.

On retrouve aussi Ludivine, l'héroïne de La Conjuration primitive, qui ne cesse d'évoluer dans sa carrière et sa vie de femme. Sitôt promue au Département des Sciences du Comportement, là voilà encore face aux pires ignominies.

Quelle enquête, pfiou ! On remonte loin dans le temps et dans le cheminement des esprits tordus. On piste un certain Charon, le Passeur des Enfers. On découvre des charniers. On dresse des arbres généalogiques cauchemardesques. On bascule pas loin entre folie et épouvante. 

Du pur thriller, signé Chattam. Les plus fidèles retrouveront la bonne vieille mécanique de l'auteur, sans aucune amertume. Moi, ça me réconforte. Je sais dans quoi je m'embarque et ça me convient très bien. Après quoi, prolongez l'écoute jusqu'aux remerciements dans lesquels l'auteur exprime la complexité de son travail. Là aussi, c'est passionnant !

Je dois également tirer mon chapeau à la performance du comédien, Sylvain Agaësse, remarquable pour donner le ton à cette ambiance singulière. Si vous n'avez aucun apriori sur les livres audio, foncez ! Ce titre (à l'instar des précédents) est très, très bon.

©2022 Éditions Albin Michel (P)2022 Audiolib

  • Lu par : Sylvain Agaësse
  • Durée : 13 h 23
  • Ils l'ont surnommé Charon, le passeur des morts.

    De son mode opératoire, on ignore tout, sauf sa signature, singulière : une tête d'oiseau.

    Il n'a jamais été arrêté, jamais identifié, malgré le nombre considérable de victimes qu'il a laissées derrière lui. Jusqu'à ce que ses crimes resurgissent du passé, dans les profondeurs d'une mine abandonnée...

    Plongez avec Ludivine Vancker dans le Département des Sciences du Comportement, les profilers, jusque dans l'âme d'un monstre.

⭐⭐⭐⭐

26 septembre 2022

La Reine sans Royaume, de Holly Black ( ◡́.◡̀)(^◡^ )

La Reine sans royaumeJ'ai adoré ce tome trois ! Émotions. Sacrifices. Révélations. Héroïsme. C'était magique et flamboyant. Je ne regrette pas du tout d'avoir enchaîné les livres. J'ai plongé dans un univers faerique si sombre et dénué de tendresse que j'ai souvent failli en pleurer de détresse. Mais j'étais fascinée. Complètement obsédée par l'histoire.

Ma voix n’est qu’un murmure : – J’ai perdu ta cape. Il m’observe. – Menteuse, réplique-t-il, les yeux brûlants de rage. Espèce de sale menteuse mortelle.

Si vous aimez les intrigues royales, les personnalités complexes et les contes à faire peur, saisissez votre chance ! Tout n'est pas parfait mais l'ensemble fait son effet. Cette fois encore, j'ai vécu mille sensations au cours de ma lecture. Depuis le début, je ne savais plus quoi penser de toutes ces âmes tourmentées. Je trouvais Jude tellement compliquée à suivre. Sa relation avec Cardan, presque nocive. Les complots, par contre, sont incroyables. La soif de pouvoir rend dingue. Les prophéties deviennent des chaînes. Et les pièges dans ce labyrinthe infernal sont nombreux.

– Quand j’étais dans le monde des mortels, je te considérais comme mon ennemi, mais tu me manquais quand même, dis-je. – Ma chère ennemie jurée, comme je suis heureux que tu sois revenue.

Finalement, ce tome trois apporte des solutions. Pose les personnages. Lisse. Explique. Réconcilie. C'est un vrai confort à lire. Ouf, merci Holly Black ! Tellement de bonnes choses sont dites ou avouées. Ça n'enlève rien du ton mordant et revanchard. La tension dramatique va d'ailleurs atteindre des sommets. Pfiou, boule au ventre, gorge nouée, estomac serré et frissons dans le dos. J'étais à fond dans ma lecture !

Je suis faite pour les ombres ; pour l’art de manier les couteaux, pour les effusions de sang et les coups d’État ; pour les paroles venimeuses et les gobelets empoisonnés. Je sais comment planter un couteau dans ma paume. Je sais comment haïr et me faire haïr. Je sais aussi comment triompher, du moment que je suis prête à sacrifier tout ce qu’il y a de bon en moi.

...

J’ai dit que, si je ne pouvais pas être meilleure que mes ennemis, alors je serais pire. Cent fois pire.


J'ai dévoré. J'ai adoré. ♥

Comment les êtres comme nous s’y prennent-ils pour ôter leur armure ?

Rageot, 2022 pour la traduction. Traduit par Leslie Damant-Jeandel

– C’est toi, que j’aime, confesse-t-il. J’ai passé une grande partie de ma vie à préserver mon cœur. J’ai si bien réussi que je pouvais faire comme si je n’en avais pas. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un organe scabreux, abîmé et rongé par les vers. Mais il t’appartient.

⭐⭐⭐⭐⭐

– Moque-toi si ça t’amuse, susurre-t-il. Peu importe ce que j’imaginais alors ; maintenant, c’est moi qui serais prêt à te supplier en rampant pour obtenir un mot gentil de toi. Ses yeux sont noirs de désir. – Tu m’as terrassé, souffle-t-il.

🖤

21 mai 2022

Ne m'échappe pas (Insaisissable #2) de Tahereh Mafi

Ne m'échappe pasSpoiler Alert. La Juliette du Point Oméga est pénible - merci Kenji d'avoir exprimé haut et fort ce que nous pensions tous. Haro sur son attitude puérile et égoïste ! Adam, pas mieux dans ce psychodrame en puissance. Et Warner, égal à lui-même.

Juliette a donc rejoint la résistance, après avoir échappé à Warner en lui laissant un souvenir cuisant. Mais sa relation avec Adam est compromise. Les pouvoirs de la jeune fille ne font que bouillonner dans ses entrailles. Ils ne demandent qu'à sortir et sont incontrôlables. 

La situation au Point Oméga est tendue. La présence de Juliette met finalement tout le monde en danger, d'autant que Warner n'a pas renoncé à elle. Il la traque et accompagne jour et nuit les patrouilles qui sillonnent le Secteur 45. Ses sentiments ne font que la troubler, car Juliette refuse de voir au-delà de l'image du meurtrier impitoyable qu'il est. 

Et pourtant... et pourtant.

Mon cœur, lui, a chaviré. Dans ce roman, j'ai beaucoup soupiré contre l'héroïne. Trop centrée sur ses atermoiements amoureux. Elle saoule le monde avec son histoire impossible. Adam est affaibli. Sujet à une batterie de tests. Le couple passe moins de temps ensemble, et donc ne se parle plus. S'installent les incompréhensions. Imaginez alors les crises de larmes et les déclarations déchirantes... Inspire, expire.

C'est un peu pénible car ça occulte presque qu'une révolution est en cours. Une opération pour éliminer le Commandant Suprême. Juliette doit être équipée pour sa première mission. Surprise : tout va partir en cacahuète. Mais notre héros au charme ténébreux va faire un retour fracassant ! Ô joie. 

... Bon, mon cœur va se briser au chapitre 62. Ça, c'est moins cool.

Sans quoi, quel plaisir de lire ce deuxième tome ! Au départ, j'ai un peu grincé des dents. Le changement d'ambiance est déstabilisant, les comportements des personnages sont parfois indigestes. Mais l'écriture fait des merveilles. Peu à peu, j'ai plongé avec délice dans l'histoire. J'ai accompagné Juliette (et Kenji) dans cette aventure dingue, dingue, dingue.

On s'habitue également au rythme erratique de la série. Tahereh Mafi joue beaucoup avec la sensibilité des personnages, faisant apparaître des faces cachées et des fêlures insoupçonnées. La notion de triangle amoureux est d'ailleurs biaisée dès le départ. Mais tout s'explique. Patience... 

Éditions Michel Lafon, 2013 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Noël Chatain

“I want you,” he says. He says “I want all of you. I want you inside and out and catching your breath and aching for me like I ache for you.” He says it like it’s a lit cigarette lodged in his throat, like he wants to dip me in warm honey and he says “It’s never been a secret. I’ve never tried to hide that from you. I’ve never pretended I wanted anything less.”

⭐⭐⭐⭐⭐

26 avril 2022

Rêves de Glace (Accords Corrompus #1), de Kelly St Clare

Cette série a été MA révélation des dernières semaines. J'ai lu les quatre tomes à la suite. J'ai plongé dans chaque livre avec passion. J'ai savouré le moindre souffle de l'histoire, aussi intense et palpitante soit-elle. J'ai swooné comme une midinette, j'ai bu les déclarations, les promesses d'amour et j'ai adoré ce festival d'émotions. C'était fort, vibrant et passionnant. Une expérience vécue comme un marathon de lecture transcendant.

reves de glace

Dans ce premier tome, nous découvrons deux royaumes que tout oppose, par la culture, le climat et l'ambiance. À Osolis, règne la Tatum, une femme au caractère endurci et impitoyable, qui a notamment imposé à sa fille Olina de porter un voile depuis son enfance. Nul ne doit jamais voir son visage. Olina ignore pourquoi - elle a grandi dans sa tour, séquestrée et tabassée par son oncle. Mais suit secrètement les leçons du maître d'armes de son frère et a appris à se battre comme une redoutable guerrière.

Pour l'heure, les apparences doivent être préservées avec l'arrivée de la Délégation pour la Paix du royaume de Glacium, parmi laquelle se trouve le prince Kendrick. Celui-ci débarque, tout sourire. Il charme la demoiselle voilée, devient son plus proche ami et son confident. Ils tombent peu à peu amoureux. Et lorsqu'il lui demande de soulever son voile, la veille de son départ, elle accepte sans hésitation. 

Mais les événements vont se précipiter et basculer dans un chaos sans nom. Olina est entraînée de force vers les contrées hostiles et enneigées de Glacium. Face au roi Jovan, autoritaire et imposant, la Tatuma n'en mène pas large. La réputation de ce peuple brutal n'est plus à faire. Ce sont des rustres, aux coutumes exubérantes. Les Brumas rient et parlent fort, se dénudent sans complexe. Tout le contraire des mœurs guindées des Solatis. 

Et là, amis lecteurs, accrochez-vous... l'histoire n'a pas fini de vous surprendre. Car notre Tatuma a une enquête à mener, en toute discrétion. Ses jours sont en danger, donc elle doit se méfier de tous. Son séjour au château sera, de loin, une épreuve de chacun instant. Est-ce que c'est bon ? Oh oui. Rien que d'y repenser, j'ai envie d'y replonger ou de relire des passages.

Pourtant, c'est une lecture qui affiche un rythme tranquille, qui prend son temps et qui donne du champ libre pour se déployer. À aucun moment, on ne s'ennuie. L'action frémit légèrement, avec un air de ne pas y toucher, mais laisse entendre que les apparences sont trompeuses. Des révélations vont retentir.

Autre richesse de cette lecture : l'univers est fascinant. Ce n'est pas un monde, pas deux mondes, mais plein d'autres qu'on découvre. Bravo pour les tours de passe-passe. Les personnages sont également extraordinaires. Même si la série se focalise sur l'héroïne - la Tatuma Olina - toutes ses rencontres sont belles, fortes, attachantes.

Gros, gros potentiel droit devant ! Foncez.

Éditions Bookmark, coll. Infinity - 2017 pour la traduction

29 novembre 2021

Never Let You Go, de Laureline Maumelat

Never let you goQuelle histoire adorable et riche en émotions !

Son Master de droit en poche mais sans l'envie d'exercer la fonction d'avocate, Liv exprime son désir de se lancer dans une carrière d'illustratrice. Elle a un mois pour terminer son roman graphique et vient s'isoler au bord de la mer dans sa maison de famille en accord avec son père très exigeant. Sur place, Liv rencontre Solal. Son voisin tellement sexy qui vient à son secours alors qu'elle simule une noyade et qui s'emporte sitôt la supercherie découverte. Mystérieux et insaisissable, il n'a pas le temps pour les enfantillages et prévient illico la demoiselle de ne plus l'approcher. Liv fait tout le contraire car elle n'a qu'une idée en tête : le conquérir. Au diable ses rebuffades. Elle le veut, dans sa vie. Dans son lit. Dans son cœur.

Si au départ la demoiselle se montre irréfléchie et cabocharde, elle va également révéler un vrai fond sensible et très touchant. Mais d'abord, elle suit son instinct et n'écoute que ses envies. Elle est obsédée par son voisin grincheux (qui se refuse à elle). Sauf qu'un lien s'est déjà créé entre eux, au grand dam de Solal, et ce lien ne va jamais cesser de se tisser envers et contre tous les obstacles ! De son côté, Solal est un homme brisé. Au fil des chapitres, on va également découvrir son histoire ... pfiou, un cauchemar ! D'où ses sautes d'humeur et son attitude, disons-le, horrible. Le gars campe désespérément sur ses positions et enchaîne les volte-face. Hmm. Un cas désespérant. Au final, Liv va servir d'électrochoc et c'est un moindre mal pour un (grand) bien.

J'ai franchement savouré ma lecture. C'était doux, tendre, craquant. Les personnages sont attachants. Pourtant, ils sont longs à la détente et traînent à se comprendre. À se faire confiance. À rendre les armes. (Surtout lui.) Mais c'est une romance slow burn, pleine de folie douce et de mélancolie, de drames et de larmes, de rires et de cadeaux. Et puis ça se passe en bord de mer, en plein hiver. On entend le grondement des vagues et le vent qui fouette le visage. Me sentais bientôt comme à la maison. Bref. J'ai beaucoup aimé. Une découverte (auteure) que je vais suivre avec grand plaisir.

HarperCollins, coll. New Adult, 2021

#NeverLetYouGo #NetGalleyFrance

⭐⭐⭐⭐

5 octobre 2021

Vicious (Sinners #1), de L.J. Shen

Disponible en format audio ! 

Vicious

“Sacrifices were like vices. You made them, gave up something good, in order to get something better.”

************

Vicious. C'est le nom que Baron Spencer s'est choisi pour parler de lui-même. C'est un homme froid et cruel. Une âme sombre et désabusée. Dix ans plus tôt, Millie a encaissé ses sautes d'humeur, supporté ses délires et ses humiliations. Elle lui a tenu tête et il a détruit sa vie en la forçant à tout plaquer (son petit copain, sa famille et la Californie). Le soir où il surgit dans le bar de Manhattan où elle travaille, Millie sait qu'il est venu la chercher. Elle ne se fait pas d'illusions, rien ne l'arrêtera. Mais Emilia n'est plus l'adolescente aux émotions pures et aux idéaux romantiques. Elle ne le laissera plus dicter ses choix.

Ce que j'aime dans les romances de LJ Shen, c'est que ce n'est jamais nunuche ! C'est grossier, rude, sexy, obscène et indécent. Puis d'un seul coup, c'est tendre, doux, terriblement sentimental et renversant. Un vrai ascenseur émotionnel. La relation entre Vicious et Emilia joue sur cette tension de haine et d'amour, ce qui rend leur rapprochement chaud bouillant. Mais si la liaison est explosive, elle est assurément profonde et drapée de faux-semblants.

On a vite compris que Vicious est dingue d'Emilia et qu'il lui en fait baver exprès pour se préserver. Le type est ravagé de l'intérieur, il n'accorde sa confiance à personne (sauf à ses potes) et il refuse d'admettre ses sentiments. Nul n'est dupe de ses stratagèmes, mais tous observent l'idée faire son chemin non sans cynisme. De son côté, Emilia a cessé d'être naïve - Vicious ayant brisé ses illusions. Elle prétend désormais être plus revancharde alors que sa fraîcheur et sa spontanéité demeurent intactes.

Résultat, c'est torride et sauvage entre eux. Et c'est très, très bon. On a une romance sans concession et riche en sensations. Une lecture intense, vibrante et électrique. Miam ! C'est aussi le premier livre qui introduit les Four Hot Heroes (cf. Sulfurous pour rencontrer Jaime). Et franchement, j'en redemande.

©2017 Vi Keeland (P)2021 Audible Studios

  • Lu par : Jérôme BerthoudEve Reinquin
  • Durée : 10 h 15
  • La performance audio est plutôt bonne. En fait, c'est difficile d'écouter une femme jouer le rôle du personnage masculin, et inversement. Le comédien s'en sort mieux dans cet exercice car la voix de Vicious dans la bouche d'Eve Reinquin est ... loupée. Ridicule. Mais elle incarne une Emilia LeBlanc très franche et convaincante. Jérôme Berthoud tire son épingle du jeu.
  • J'ai globlament apprécié mon écoute, malgré mes appréhensions. Car j'étais très, très heureuse de découvrir L.J. Shen dans le catalogue français d'Audible. Non sans une certaine appréhension. J'ai toujours l'angoisse des interprétations hasardeuses ou contraignantes à l'oreille. Parfois ça passe, parfois ça casse. J'espère que la suite sera disponible prochainement !
  • Merci Audible Studios 

⭐⭐⭐⭐⭐

21 octobre 2021

Rozenn (Livre 2), de Laëtitia Danae

RozennPour une découverte, cette duologie a tapé dans le mille ! C'était exotique, ensorcelant et riche en sensations. D'un charme vaporeux, c'est fou.

Pour rappel : Rozenn et ses sœurs ont été conviées chez leurs ennemis pour fumer le calumet de la paix. Sous couvert de rapprochement avec les princes Maddy. Mais le Sultan œuvre en coulisses pour biaiser les relations et placer ses pions stratégiquement. Quand Rozenn réalise sa duperie, le temps lui est déjà compté. La belle est kidnappée par les rebelles et les masques tombent.

Petite frustration au moment d'entamer le deuxième tome car il m'a semblé moins entraînant. Plus politique et engagé. On explore davantage les particularités des djinns, des éthérés et des dagnirs. Les enjeux sont mis en avant. Finalement, ce qui était aussi le charme du premier tome, à savoir la séduction et les rivalités amoureuses, est beaucoup moins prononcé ici. La valse des sentiments persiste mais elle occupe moins le terrain.

D'ailleurs, j'ai éprouvé un petit pincement au cœur pour Cece Roya (alors que je n'étais pas particulièrement fan) mais je n'envie pas son rôle. C'est assez triste !

Quant au dénouement, expédié vite et bien, c'est un poil frustrant même si la solution trouvée était évidente. Ça reste du miel sur mon cœur donc c'est précieux. J'ai profondément aimé cette série, son univers enchanteur, ses personnages, la sensation d'évasion et les émotions qu'elle procure. Un très bon point pour cette lecture qui se conclut plaisamment.

Sous vos applaudissements. Merci & au revoir.

J'ai Lu (2020) - Existe aussi en format audio ©2021 SAGA Egmont (P)2021 SAGA Egmont

⭐⭐⭐⭐

7 juin 2021

Anne de Green Gables, de L. M. Montgomery

Anne de Green GablesJ'ai beau connaître déjà l'histoire, je ne me lasse pas de la découvrir à nouveau - sous une nouvelle traduction ou par le format audio. La magie opère instantanément ! Qu'est-ce que c'est beau.

J'aime d'amour cette petite Anne Shirley, son romantisme exacerbé, son imagination flamboyante, son esprit vif et passionné. Elle offre à cette lecture son caractère entier : tout en douceur et en poésie.

Dès la première page, c'est simple, on se confond de bonheur et de nostalgie jusqu'à la dernière note (bouleversante). Anne est une petite orpheline qui débarque par erreur chez les Cuthbert - lesquels attendaient un garçon pour aider à la ferme. Que faire de cette petite rouquine, maigrichonne et tellement bavarde, qui les attend sur le quai de la gare ?

Il lui faudra, cependant, peu de temps pour conquérir ce couple (frère et sœur) abasourdi par sa langue bien pendue et son imagination débordante. Il faut dire que Anne Shirley est un petit miracle : elle est touchante, attachante et inoubliable. Elle fera donc son nid dans ce petit coin des Pignons verts, où tout l'enchantera : la nature, les arbres, les chemins, les étoiles... Elle trouve d'ailleurs une note romantique et romanesque à tout.

Quelle héroïne ! Je suis vraiment en adoration. 🥰

J'ai également profité de la sortie en format audio chez VOolume pour plonger (et replonger) dans cet univers. Quelle expérience... c'est exaltant et réussi. La voix de la comédienne est bien choisie, son ton est agréable et apaisant. Seul bémol : la prononciation à la française du nom de Gilbert Blythe.

Sans quoi, le texte est très doux à l'écoute et conforte cette sensation de vivre dans une bulle hors du temps. En tout cas, l'invitation à visiter la maison aux pignons verts et partager un bout de chemin avec Anne Shirley ne se refuse pas ! Quelle belle balade...

©2021 Il était un ebook (P)2021 VOolume

  • Lu par : Emilie Moget
  • Durée : 10 h 46
  •  
  • Petite précision : la version audio n'est pas celle dernièrement éditée et traduite (par Hélène Charrier) pour les éditions Toussaint Louverture. 
  • Lucie Maud Montgomery brosse le portrait singulier d'une petite fille au caractère bien trempé, qui affirme haut et fort son désir d'exister et d'être heureuse malgré les aléas de son existence. Anne, la maison aux pignons verts est un grand classique de la littérature canadienne. Il fut notamment adapté à la télévision sous le titre "Anne, le bonheur au bout du chemin" (1985) et plus récemment par Netflix sous le nom "Anne with an E". 

    La nouvelle traduction de Laure Valentin est l'occasion de découvrir ce grand roman sur le pouvoir de l'imagination, l'acceptation de sa différence et la liberté. Exempt de toute mièvrerie, souvent drôle, il plaira aux plus jeunes comme à leurs parents.

anne et la maison aux pignons verts

7 juin 2021

Ancestral (Rebecca Kean #4), de Cassandra O'Donnell

AncestralCe quatrième tome était très attendu après le final de Potion macabre et offre ainsi un démarrage en fanfare. Waouh, que d'émotions !

Après quoi, l'histoire stagne, plouf, nous laissant une intrigue criminelle peu consistante. Une mère de famille a été massacrée. Sa fille rescapée est choquée. Le fils et le père ont disparu. Pour l'occasion, Rebecca doit se rendre chez les Muteurs et composer avec leur chef, le très sensuel Aligarh.

Finalement, dans cet épisode, les cartes sont redistribuées : les prétendants vont et viennent. Ce n'est pas non plus un harem. Rebecca est fidèle à sa ligne de conduite. Pourtant, rien n'est jamais acquis. Bien malin celui qui pourrait prédire la suite.

De plus, Rebecca a changé depuis ses débuts. Elle n'est plus la sombre garce impitoyable. Son tempérament est certes toujours volcanique (et tyrannique) mais la jeune femme a réalisé que sa vie à Burlington avait quelque peu modifié son rapport aux autres. Et c'est tant mieux. J'aime la découvrir sous d'autres aspects, moins égocentriques ou vaniteux.

Sa fille Leonora prend également davantage de place - on n'en attendait pas moins de la fillette au patrimoine génétique hors du commun (et au caractère affirmé). Chaque livre réserve son lot de surprises et je m'en frotte les mains d'impatience. Le point fort de la série réside aussi dans son casting cinq étoiles. Bruce est mon chouchou. Ali attise ma curiosité (un beau mâle au charme sensuel) et tire son épingle du jeu dans ce quatrième tome. Quant à Raphael, le mystère s'épaissit !

Que de révélations et que de promesses à venir. Quelle fin aussi. C'était prévisible, mais tout de même. Ô frustration. Comme à chaque fois, dès que je termine un roman de cette série, j'ai envie de bondir sur le suivant. C'est terriblement addictif : écriture simple, mais scénario redoutable. J'aime, beaucoup.

©2013 Les éditions J'ai lu (P)2016 Audible Studios

  • Lu par : Caroline Klaus
  • Série : Rebecca Kean, Volume 4
  • Durée : 11 h 
  • Très bonne lecture faite par Caroline Klaus, à l'exception du personnage de Raphael dont la voix est beaucoup trop glaçante. C'est exagéré et un peu agaçant. Je ne comprends plus ce changement de cap. Par contre, j'aime son interprétation de Rebecca, vraiment excellente !

⭐⭐⭐⭐

10 mai 2021

Le prince déchu (Les héritiers #4) par Erin Watt

“I’m Easton Royal, superficial and only interested in how to have a good time. I don’t want to look deep into my being and see the bottomless, black, boring pool of nothingness. I want to live in blissful denial.”

Le prince déchu

Ce deuxième cycle de la série des Héritiers se consacre au personnage d'Easton. Le trublion de la famille. Le plus torturé aussi. Comptez sur lui pour prouver qu'il est fidèle à sa réputation. Alcoolique, dépendant aux drogues, violent. Easton Royal est incontrôlable. Il aime détruire et ne croit pas au bonheur.

Dans le fond, c'est lui le plus fragile et le plus sensible depuis la mort de leur mère. Easton se sent responsable de ça et rumine ses idées noires sans s'ouvrir aux autres. Après tout, il trouve de moins en moins sa place parmi sa famille. Il est carrément paumé. S'il cède à ses démons, c'est pour mieux oublier sa détresse. Lorsqu'il rencontre Hartley Wright, une nouvelle élève quelconque, Easton est désarçonné par cette fille qui le snobe, indifférente à ses numéros de charme, et qui prétend ne pas avoir de temps pour s'amuser.

Easton se met alors en tête de la conquérir car il est de plus en plus obsédé par cette mystérieuse Hartley dont la vie est également un gros sac de nœuds. D'ailleurs, ces deux-là auraient mieux fait de ne jamais se croiser car l'histoire va aller de mal en pis. Easton Royal n'est ni un prince charmant ni un preux chevalier. Et côté famille dysfonctionnelle, chez les Wright aussi, la question se pose. Qu'est-ce que j'ai pu soupirer ou lever les yeux au ciel.

On voit ces jeunes gens se débattre avec leurs problèmes ou se créer d'autres problèmes. Easton, quoi qu'il fasse, fait tout de travers. Mais ses actes ont souvent des répercussions malheureuses. Et ça ne cesse jamais. Résultat, l'avalanche de drames n'est jamais loin. Lui court se réfugier dans l'alcool à la moindre contrariété, tandis que sa copine est la cible de la mesquerie jalouse de ses camarades d'Astor Park, tous des cinglés, comme dans la série All Saints High de L.J. Shen.

En bref, j'ai été un peu déçue par ce rendez-vous. La série était franchement top au début mais sa qualité ne cesse de faiblir au fil des tomes. Dans La princesse de papier, Easton Royal était un garçon insolent et insouciant. On savait à quoi s'en tenir. Je n'ai pas aimé vivre dans sa tête, plonger dans ses tourments, assister à ses délires, ça tue un mythe et c'est usant. J'ai également eu du mal à m'attacher au couple car leur relation est, pour l'instant, inexistante. Trop de problèmes. Trop de drames. Pas envie d'avoir le cœur léger quand on découvre ce qu'ils traversent.

Et la fin ne fait que confirmer mes pires craintes. Au secours ! Le Royaume est en danger.

©2018 Hugo Roman (P)2018 Audible Studios

  • Lu par : Benjamin Jungers
  • Série : Les héritiers, Volume 4
  • Durée : 8 h 27
  • Suis déçue par la technique. La voix du comédien, surtout pour le personnage de Felicity, est trop caricaturale. C'est insupportable. L'écoute n'est pas très harmonieux et n'offre pas une lecture hyper engagante. Je lirai la suite, mais j'hésite à opter pour le livre audio en raison des fausses notes.

⭐⭐⭐

6 avril 2021

Rouge, de Julie Huleux

RougeEn voilà une histoire adorable et très fleur bleue que j'ai beaucoup, beaucoup aimée. ♥

Lui est pompier, elle est étudiante en cinéma. Ils se rencontrent après une soirée trop alcoolisée (elle vomit sur ses rangers). Mais leurs regards sont connectés. Alexandre et Ophélie se retrouvent au bal des pompiers quand lui vient alors une brillante idée. Après avoir fait des pieds et des mains pour décrocher une autorisation, elle débarque dans sa caserne pour son nouveau projet (filmer l'équipe sur le terrain). Et c'est Alex qui est chargé de sa sécurité.

Leur relation devra cependant rester strictement conventionnelle - pas d'écart de conduite. Non, non. Sauf que ces deux-là se dévorent des yeux et sont proches de la combustion sitôt qu'ils sont côte à côte. Oh oui, c'est chaud chaud chaud.

Place donc à une romance exquise, qui prend tout son temps pour s'épanouir. Ophélie est une nana espiègle et habituée à draguer les garçons sans complexe. Mais en présence d'Alexandre, elle sent qu'elle doit se retenir car c'est un homme droit, sûr et respectueux. Ouhlala. Dois-je vous présenter ce fameux lascar ? Toujours est-il que ce cher Alexandre a franchement l'étoffe du superhéros. Comment ne pas succomber ! ?

Sinon le roman met également en avant la camaraderie, le sens du devoir et de l'honneur chez les pompiers. On plonge au cœur de l'action, on vibre, on glousse, on soupire. Que c'était chouette, vraiment chouette, mazette !

JC Lattès, collection &moi, 2019

 ⭐⭐⭐⭐

21 novembre 2020

T’embrasser sous la neige, par Emily Blaine

T’embrasser sous la neigeJ'ai souvent été déçue par les autres romans d'Emily B. donc je ne prévoyais plus d'en lire à nouveau jusqu'à ce que je découvre qu'un rocker se cache dans cette histoire ! Eh oui. L'esprit est fort mais la chair est faible. Amen. Finalement, bien m'en a pris car j'ai été follement séduite par cette lecture ! Youhou.

On croise ainsi Juliette dont le cœur a été meurtri suite à sa rupture (et trahison) de son petit ami. Ses amis voulant la consoler l'incitent à s'inscrire à un concours de baisers et lui suggèrent de jeter une bouteille à la mer en envoyant un SMS à un numéro au hasard. Ce hasard s'appelle Evan. Il est guitariste dans un groupe de rock. Mais surtout il a le moral en berne depuis la mort de son frère. Plus le goût de remonter sur scène ou de composer de nouvelles chansons. Et pourtant, cette invitation tombée du ciel va peu à peu le tirer de son deuil et le conduire à rencontrer Juliette pour un gala de charité. Enfin bref, c'est une histoire qui fonctionne à merveille et c'est tout à la fois magique, incroyable, drôle et savoureux.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance générale qui enveloppe ce roman et qui nous absorbe aussi. En plus, c'est loin d'être tristounet malgré les apparences. L'esprit des fêtes est également présent sans en faire des tonnes - si ce n'est un sapin mesurant trois mètres, ça reste très raisonnable ! Haha. On ressent pleinement la sensation chaleureuse et bienveillante que l'auteure a distillée dans son histoire. C'est doux et réconfortant. Tout simplement. Pour ma part, j'avais juste envie de me poser et de sourire béatement. De passer un moment agréable avec des personnages tous adorables. Oui, vraiment : tout est fabuleux. Romantique à souhait et si féerique. ​😁​+​⭐​⭐​=​🤩​

HarperCollins / Harlequin ; Collection &H / 2020

⭐⭐⭐⭐

11 août 2020

Mecs mortels cherchent colocataire (sexy) stylée, de Julie Vallin

Mecs mortels cherchent colocataire

Très, très sympa !!! Dans la pure tradition des comédies contemporaines, enlevées et rigolotes, où l'on suit accessoirement une histoire d'amour mais surtout une belle histoire d'amitié.

L'héroïne débarque dans une colocation tumultueuse qui va chambouler sa vie. Sage étudiante, constamment sur la réserve, Caroline doit briser sa coquille pour affronter son public (elle publie sous pseudonyme une série de livres à succès dont l'éditrice souhaiterait accélérer la promotion en organisant des séances de dédicaces). C'est cette dernière qui lui suggère de vivre chez un cousin pour la sortir de sa routine... et là voilà donc en train d'emménager parmi une bande de joyeux lurons tous plus attachants les uns que les autres.

Elle décroche également un job de serveuse dans un pub et fait la rencontre d'Alexis qui vient de rentrer d'un long périple. Détail non négligeable : c'est sa chambre qu'elle occupait durant son absence mais ses amis n'ont pas pris la peine de le prévenir et multiplient les ruses pour planquer Caroline dans les placards... pour ménager la surprise ?

En tout cas, c'est super drôle à lire et franchement distrayant. J'ai beaucoup apprécié l'ambiance générale, la convivialité de la colocation, les personnages soudés dans leur amitié sans faille, les traits d'humour et les situations cocasses. L'histoire prend son temps pour installer tout ce petit monde - du coup, on y trouve naturellement sa place... on s'imagine d'ailleurs qu'ils existent pour de vrai. Quel bien fou.

L'éclosion de Caroline est radicale - trop radicale - car on ne me fera pas croire qu'une nana crispée par la foule et le jugement des inconnus est capable d'un tel aplomb en affrontant autant d'obstacles. Ceci étant dit, la sensation d'avoir partagé une lecture désopilante est trop bonne pour chipoter. Tout était nickel. Simple, efficace, sans prétention. Et l'histoire se passe à Lille. #fierténordistechevilléeaucorps

J'en veux encore... focus sur les autres personnages par exemple !

Harlequin - Collection HQN - 2020

Format ebook

#NetGalleyFrance 

#Mecsmortelscherchentcolocatairesexystylée

⭐⭐⭐⭐

 

11 mars 2020

L'assassin du train (Les Sœurs Mitford enquêtent #1), par Jessica Fellowes

L'Assassin du trainPremière déception au moment de découvrir l'histoire : le personnage de Louisa Cannon. Cette jeune femme prend beaucoup de place alors que j'avais imaginé que les sœurs Mitford seraient les pièces centrales.
Louisa est donc la nouvelle nounou de la famille. En fait, elle vient d'échapper à son oncle qui voulait l'utiliser pour régler des dettes de jeu... Entraînée de force, elle a réussi à s'enfuir du train et ainsi rencontrer Guy Sullivan, un policier des chemins de fers. Au même moment, un meurtre est signalé. Le corps de l'ancienne infirmière Florence Nightingale Shore a été retrouvé dans un wagon verrouillé et sans voyageur à bord. Un mystère façon “chambre jaune” qui n'est pas pure fiction mais hélas bien réel (et jamais élucidé).

Jessica Fellowes s'en empare et va même proposer une solution (à mettre entre guillemets) car c'est de la pure présomption. De toute manière, j'ai envie de dire que ce crime est juste accessoire dans ce paysage littéraire. Le roman n'est pas une vraie enquête, les sœurs Mitford font de la simple figuration, on partage la vie de famille avec une Nancy exubérante, passionnée et romanesque... ses parents offrant une image excentrique et guindée. Mais j'en attendais davantage d'où ma déception. Je n'avais pas cadré le personnage de Louisa dans ce rendez-vous (je la trouve sans intérêt).
Par contre j'ai été séduite par l'ambiance, les années 20 et l'aura magique des enfants de lord Redesdale (« Je suis normal, ma femme est normale, mais mes filles sont toutes plus folles les unes que les autres. ») ♥

éditions du Masque, 2018 - traduit par Valérie Rosier

⭐⭐⭐

11 février 2020

L'Enfant du Cerf (Shikanoko, #1) par Lian Hearn

A58814C'est encore une immersion hallucinante que nous propose Lian Hean à travers cette série (en quatre tomes) qui s'inspire des grandes épopées guerrières du Japon médiéval. Comme souvent avec les romans japonais, les noms des personnages me freinent un peu pour me sentir à l'aise et naviguer à l'aveugle. J'ai besoin de temps pour m'acclimater et mémoriser la distribution.
Nous suivons donc le jeune Kazumaru, orphelin de père, condamné par son oncle, abandonné en pleine montagne où il rencontre un sorcier et reçoit un masque de cerf au pouvoir remarquable. Désormais Shikanoko (son nom adulte) voyage en compagnie d'un vieux sage et d'une belle enchanteresse qui fera tourner les sens du seigneur Kiyoyori. Lorsque son fils, le jeune Tsumaru, est enlevé, l'homme n'a plus trop le choix que de se rendre chez le prince abbé pour prêter allégeance. Une conspiration contre l'empereur gronde, mais Kiyoyori reste fidèle à ses valeurs.
Humm... en fait, c'est pratiquement mission impossible de présenter cet ouvrage car l'intrigue est nouée de mille nœuds qui cadenassent le plan de façon remarquable. Plus on progresse dans la lecture, plus les liens nous apparaissent et nous ébranlent.
Car c'est une sempiternelle histoire de pouvoir, de vengeance, d'amour et de jalousie. Une histoire avec des accents fantastiques car les bois sont hantés par des esprits, les personnages sont possédés et la magie circule dans l'air. C'est assez sombre aussi car les ambitions - et les passions - sont dévorantes. Je ne vous raconte pas la fin, mais j'étais sous le choc !
Impossible de ne pas ouvrir La Princesse de l'Autumne dans la foulée.

Gallimard jeunesse, 2017 

Couverture illustrée par : Yuko Shimizu

Traduit (anglais) par : Philippe Giraudon

Lian Hearn dévoile dans ce «prequel» les origines mythiques du «Clan des Otori». Elle nous plonge dans un monde envoûtant où se mêlent les aventures de samouraïs traditionnelles et une dimension surnaturelle d'une grande originalité.

⭐⭐⭐⭐

4 janvier 2020

Passé imparfait, de Julian Fellowes

Passé imparfait lizzieQuarante ans après leur dispute, le narrateur retrouve son vieil ami Damian Baxter rencontré à l'université de Cambridge. Ce jeune et beau roturier a depuis gravi les marches du succès en devenant un riche homme d'affaires. Mais c'est un homme seul et malade que le narrateur retrouve - condamné par la maladie, il aimerait retrouver son héritier pour lui léguer sa fortune et demande à son camarade de recontacter ses anciennes conquêtes.

Retour donc sur leur folle jeunesse, sur leur cercle d'amis privilégiés, sur les soirées mondaines et sur les codes de la gentry qu'on ne pouvait jamais effriter. Damian était un jeune homme courtisé, au charme ravageur, qui faisait trembler les têtes couronnées avec sa nonchalante insolence à se faufiler dans leur cercle. En renouant avec son passé, le narrateur aussi replonge dans une histoire de passions interdites et de grand amour secret - la fascinante Serena Gresham a bouleversé son cœur à jamais. Désormais écrivain en perte de vitesse, notre quinquagénaire fixe son horizon sentimental d'un calme plat en soupirant amèrement sur les nombreux actes manqués de son insouciante jeunesse.

Le roman offre ainsi un aperçu du changement sociétal de l'Angleterre des années 60 à nos jours, des mœurs et des modes des jeunes gens de la haute société, mais aussi des relations au sein des familles, des valeurs éculées, des rendez-vous loupés, des ambitions dévorantes et des traditions qui se fossilisent. Le constat est doux-amer, chacun ayant un peu amorcé les lendemains de fête avec la gueule de bois, et cela se ressent à la lecture, parfois longue et édifiante. Le narrateur aussi se pose en donneur de leçons mais n'inspire guère la sympathie... j'étais loin d'applaudir ses exploits. Tout ce joli monde apparaît finalement mesquin et narcissique. Mais je me moquais bien de leurs déboires, par contre j'étais curieuse de connaître leurs histoires, de comprendre les événements survenus lors des vacances au Portugal, d'expliquer la brouille entre les deux hommes, de deviner qui est la mère de l'enfant etc.

Bref. C'est un gros roman pompeux, pétri d'un charme suranné, avec des mystères qui exhalent un parfum de scandale et au leitmotiv farouchement aguicheur. Cela a suffi pour m'intriguer et j'ai signé pour 650 pages / 16 heures d'écoute auprès d'un Philippe Résimont qui incarne le narrateur accablé et dépassé par la situation avec beaucoup de flegme. Son interprétation est agréable (mais n'excelle guère en voix féminines). C'est d'ailleurs devenu le Test Ultime auquel les candidats se cassent les dents... Fatalité, quand tu nous tiens.

©2014 Sonatine pour la traduction française. Traduit par Jean Szlamowicz (P)2019 Lizzie

Un voyage vers le passé plein de fantômes et de stupéfiantes révélations... Avec une verve élégante, le créateur de la série Downton Abbey signe un portrait au vitriol de l'aristocratie anglaise bousculée par les sixties.

 Passé imparfait collector

10-18 édition collector 2017

 

 

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