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Chez Clarabel
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30 mai 2022

Labyrinthes, de Franck Thilliez

Après Le manuscrit inachevé et Il était deux fois, un nouveau imbroglio judicieusement tricoté par l'ami Thilliez !

LabyrinthesL'histoire débute par un meurtre - une victime défigurée, une suspecte soudainement amnésique. La jeune enquêtrice se rend chez un psychiatre pour discuter de l'affaire.

Celui-ci prévient qu'il va lui raconter une histoire construite comme un labyrinthe où s'entremêlent plusieurs parcours : une journaliste marquée par la mort de ses parents et le cambriolage de leur maison, une adolescente kidnappée et séquestrée dans une cellule par un maniaque du contrôle, une romancière un peu barge et une autre psy qui vit isolée dans une cabane au fond des bois et qui oublie la mort tragique de sa fille en buvant de la vodka.

Tout lecteur avisé (et coutumier des romans de l'auteur) ne tombera toutefois pas dans le panneau et va veiller à chaque détail de cette longue, longue analyse.

Résultat : c'est subtil. Fin. Captivant.

On compte en effet autant d'intrigues qui guident les pas du lecteur vers un dénouement pas si surprenant (*fan de la première heure*). Mais c'était si bon à écouter - 10 heures de lecture fascinante.

Et en bonus, quinze minutes pour se faufiler dans les coulisses de la création et sur l'invitation de Franck Thilliez lui-même. La grande classe ! En bref, j'ai beaucoup aimé ce roman, intelligible et astucieux.

©2022 Fleuve Éditions (P)2022 Lizzie

⭐⭐⭐⭐

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5 mars 2022

Un Palais de Glace et de Lumière (A Court of Thorns and Roses #3.5), de Sarah J. Maas

Un Palais de Glace et de LumièreCette lecture est en fait une petite parenthèse pour panser les plaies et les blessures des derniers événements. Un temps pour souffler, pendant 300 pages.

Et pour ce faire, la Fête du Solstice va servir de prétexte pour rassembler tout le monde en espérant libérer le trop-plein d'émotions.

Les cœurs ne sont hélas pas en joie. On perçoit le poids des larmes et des traumatismes. Les silences lourds et pesants. Les conflits en attente. Les lendemains difficiles en approche. Pfiou, que d'amertume dans tout ça.

C'est poignant et pourtant cette lecture me touche tellement. Car il reste de beaux apartés, des éclats de rire et des mots d'amour pour se consoler. Et les personnages sont tous parfaits. C'est peut-être un tome intermédiaire mais il est riche en indiscrétions qui seront importantes pour la suite.

Et même si le fond est drôlement mélancolique et angoissant, le tout est captivant à lire ! Enfin moi, j'ai adoré. Comme à chaque fois, cette série ne cesse de m'épater.

Je suis maintenant en chemin pour Un Palais de flammes d'argent 🥰 non sans une impatience folle !

La Martinière J. (2019)

⭐⭐⭐⭐⭐ 😍

8 mars 2022

La lettre d'amour interdite, de Lucinda Riley

La lettre d'amour interditePour une surprise, en voici une belle ! Habituellement méfiante vis-à-vis des romans de Lucinda Riley, j'aurais parié les yeux fermés que la lecture serait lisse et gentillette. J'étais d'ailleurs quasiment sûre de moi, surtout quand les uns et les autres se mélangeaient amoureusement. Alerte cucuterie droit devant.

Mais voilà que l'intrigue se révèle assez sombre et angoissante. Ça commence comme une enquête banale (une journaliste veut se renseigner sur une lettre qu'une vieille dame lui a confiée peu avant de mourir). Or, il semblerait que son contenu fasse trembler les murs du palais de Buckingham ! Très vite, l'affaire se corse : les services secrets veulent museler l'intrépide reporter et déploient tous les moyens (illégaux) pour étouffer ses révélations.

En clair : ça tue à tour de bras. Les cadavres s'accumulent. Même là où on ne s'y attend pas, et souvent ça se passe sans état d'âme. J'avais des yeux ronds comme des billes. Oui, c'était plutôt une bonne surprise. Action, rebondissements, chemins retors, suspense et trahison. Ça change, vraiment. Par contre, attendez-vous encore à du mielleux qui colle aux doigts et au plausible qui s’est fait la malle. Parce que l'explication de la lettre est sacrément tarabiscotée. Et que dire du dénouement, qui nous tombe sur la pomme comme si Lucinda ne pouvait s'empêcher de faire autrement... rhalala.

©2018 Leduc.s (P)2018 Audible Studios

⭐⭐⭐.5

28 janvier 2022

Le Syndrome du spaghetti, de Marie Vareille

Le Syndrome du spaghettiLéa est passionnée par le basket qu'elle pratique depuis toujours. Elle est entraînée par son père, lui aussi un ancien champion. Et son chemin semble tout tracé : la demoiselle vise l'excellence, pas moins. Elle se plie à une discipline stricte. Elle respire le basket. C'est son souffle de vie. Lorsque la sélection tombe, pour intégrer l'INSEP, elle est folle de joie. Pas à pas, elle touche au but ultime.

Et patatras, tout s'effondre. Tout ce qui était acquis n'est plus. Tout ce qui façonnait son univers et son monde rassurant est fissuré. Tout ce qui la motivait s'est envolé à jamais. Et comment une jeune fille de 16-17 ans encaisse tout ça ? En déconnant, bien sûr. Oh, pas méchamment. Léa se comporte juste différemment, elle va mentir ou édulcorer la réalité. Elle va se réfugier ailleurs pour ne plus affronter la tempête. Elle va choisir le déni. Elle fuit sa famille aussi. Même ses amis proches ignorent à quel point ça déraille... gare à la chute !

J'ai trouvé cette lecture extrêmement touchante et bien construite pour aborder les contrecoups du deuil et l'acceptation de tourner le dos à un rêve. On s'attache au parcours de Léa, même quand ça va mal et quand ses décisions sont erratiques. On suit son chemin en se demandant jusqu'où elle va pousser le bouchon. Car on lui pardonne tout. On a envie de lui tendre les bras et de la réconforter. J'avoue, j'avais le cœur lourd. Je me suis également sentie très proche de la maman ! Et j'ai aimé Amel, Nico, Tony, Oncle Ben... toutes ces âmes bienveillantes. 

Enfin voilà, j'ai aimé ce roman alors que j'avais hésité à le lire au départ (pas attirée par la couverture ni par l'histoire du basket). Finalement, j'ai été conquise. Je n'ai pas versé de larme, mais j'ai été profondément attendrie par les revers tragiques de l'histoire. Je crois avoir lu cette histoire au bon moment aussi. Ça m'a fait du bien, quelque part. Puisque c'est un roman positif et porteur, avant tout. Ne l'oublions pas !

©2020 éditions Pocket Jeunesse (P)2021 Lizzie

⭐⭐⭐⭐

13 février 2014

Attachiante, de Sarra Manning

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Quelle bonne tranche de rigolade a su offrir cette lecture ! C'est sur la base commune que tout les oppose, ils se détestent et pourtant ils ne font que se croiser, que débute notre petite histoire. Jeane Smith est une originale, une excentrique, par son look, ses idées, sa façon de vivre. Michael Lee est beau gosse, populaire, sexy, attachant, serviable. Pour elle, il est hyper arrogant et prétentieux. Pour lui, elle n'est rien qu'une folle mal fagotée.

Ces deux-là se parlent la première fois car Michael suspecte sa petite copine de flirter avec le petit copain de Jeane, ou inversement. Perplexe, notre demoiselle met les pieds dans le plat et sème malgré elle une zizanie à petite échelle (cela reste tout de même cantonné dans la sphère du lycée). Jeane est également une sommité dans l'univers 2.0, elle tient un blog, tweete à longueur de journée, a développé sa marque, donne des conférences, etc. Elle vit carrément sur une autre planète que celle de ses congénères.

À ses yeux, Michael Lee incarne tout ce qui la hérisse, il le lui rend bien, et pourtant toute cette tension électrique entre eux va finir par leur exploser en pleine figure. Devinez quoi ? Ils vont se jeter dans les bras l'un de l'autre, en cachette bien évidemment. Cela pourrait nuire à leur réputation. C'est très, très drôle de suivre leur “idylle” impossible, ponctuée de joutes verbales, de taquineries, de chamailleries. C'est plus fort qu'eux, il faut qu'ils rejettent toute idée romantique de leur folle liaison, qu'ils mettent sur le compte d'une pulsion physique et hormonale.

Qu'est-ce que j'ai pu rire, sourire, ricaner, glousser, en demander encore ! C'est bon aussi d'avoir une héroïne à forte personnalité, qui rappelle ainsi la vieille notion du Girl Power chère aux Spice Girls, même si toute cette fanfaronnade masque bien évidemment des blessures profondes et un sentiment amer de solitude. J'ai juste trouvé que ça manquait de punch vers la fin, surtout après le passage à New York, mais les 3/4 du roman sont à déguster, sans faire la fine bouche. C'est la bidonnade assurée !

Hachette jeunesse, septembre 2013 - traduit par Cécile Leclère

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19 avril 2013

Retrouver quelque chose d'essentiel, mais quoi ?

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Anaïa et ses parents viennent d'emménager dans le mas provençal, qui appartenait à son grand-père, et s'installent avec bonheur dans une nouvelle vie au pays des oliviers et de la lavande. Dès son premier jour de fac, Anaïa retrouve une amie d'enfance, Garance. Elles font route ensemble tous les matins, suivent à peu près les mêmes cours. Les premiers chapitres défilent ainsi, sur un train de vie routinier et très ordinaire. Seule ombre au tableau : toutes les nuits, Anaïa rêve qu'elle rencontre quelqu'un dans une tour. De plus, les grains de beauté sur sa main gauche commencent à se multiplier et forment un dessin étrange.

La vie amoureuse de la jeune fille est également plate, même si deux beaux garçons gravitent autour d'elle : Eidan, le musicien taciturne et aux humeurs changeantes, et Enry, le viking sûr de son charme. Mais toujours pas de cœur qui palpite ! A bientôt 18 ans, Anaïa ignore tout des élans passionnés. Même elle commence à trouver ça pénible. C'est d'autant plus bizarre que ni Eidan ou Enry ne lui font du rentre-dedans, tous deux demeurent évasifs avec leurs propos sibyllins, selon lesquels Anaïa doit plonger dans ses souvenirs pour découvrir qui elle est vraiment.

J'ai passé un moment très sympathique à parcourir ce livre, en compagnie d'une héroïne tantôt cruche, tantôt soupe-au-lait, mais jamais agaçante. Son cadre de vie est tout aussi ordinaire, on s'y sent comme un poisson dans l'eau, et sincèrement j'ai énormément apprécié l'ambiance générale. L'intrigue est plutôt simple, mais ponctuée de petites scènes attachantes, ou drôles, ou mystérieuses. C'est globalement bien fichu, j'ai été moi-même surprise du plaisir ressenti chaque fois que je reprenais ma lecture, c'est plutôt bon signe ! De plus, l'auteur saupoudre son histoire de petits détails pertinents, avec beaucoup de références musicales et un bon gros clin d'œil à Autant en emporte le vent (film fétiche). Donc, je suis séduite, conquise, curieuse de connaître la suite ... qui justement vient de paraître ! Cf. Le brasier des souvenirs.

Phaenix, tome 1 : Les Cendres de l'oubli, par Carina Rozenfeld
Robert Laffont, coll. R (2012)

... il y a une scène dans ce livre qui est bouleversante (merci la musica !)

6 janvier 2015

Le Ver à Soie, de Robert Galbraith

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Auréolé de son récent succès dans l'affaire Lula Landry (cf. L'Appel du coucou), Cormoran Strike voit son business de détective privé prendre enfin l'essor espéré. Il peut désormais traiter les dossiers selon son bon vouloir, et non plus pour renflouer des caisses désespérément vides, assurer sa survie, payer son loyer, prouver qu'il n'est pas un raté, etc.

Lorsque la petite Mrs Quine, épouse de l'écrivain Owen Quine, se présente à son bureau, déboussolée et ruisselante de larmes, Cormoran est saisi de compassion. Son mari a disparu de la circulation, soit-disant pour fignoler son dernier roman. Sa maison d'édition balaie tous les doutes possibles : elle n'est au courant de rien ! Ceci dit, Owen Quine venait de mettre le point final à un ouvrage sulfureux, qui tournait en dérision sa famille et ses proches. L'homme n'était plus à un scandale près et prenait plaisir à multiplier les audaces pour regagner l'intérêt du public. Il semblerait, hélas, que son énième tentative ait provoqué la colère de trop.

Les suspects ne manquent pas, les pistes non plus, c'est ce qu'on découvre au détour des chapitres de ce roman passionnant, classique dans sa ligne de conduite, mais toujours hyper efficace pour captiver l'amateur d'intrigues finement troussées, au suspense psychologique redoutable. C'est toujours bon aussi de retrouver Cormoran et son assistante Robin, dont la relation ne cesse de s'étoffer, entre complicité professionnelle et amitié sincère. Le quotidien de la jeune femme est pourtant mis à mal. Son couple formé avec Matthew est toujours sur la corde raide, Robin étant tiraillée entre son besoin d'épanouissement personnel et ses rêves de petite fille... Cormoran aussi nous ouvre les portes de son intimité, en croisant ses amis ou son demi-frère, le seul membre de sa famille paternelle à se soucier de lui. L'homme fait montre d'une certaine sensibilité, sur laquelle il ne s'étend pas, mais qui se révèle très touchante !

Robert Galbraith (= J.K. Rowling) réussit un véritable tour de force : à la fois nous passionner pour l'enquête, pour son issue, sans réellement soupçonner l'identité du coupable, et pour la vie de nos hérosSans bouleverser les codes du genre, le roman s'y attache et touche sa cible. On est séduit par tant de finesse, par la minutie des détails et la construction de l'intrigue. On s'impatiente déjà pour la suite ! 

Audiolib, décembre 2014 ♦texte intégral lu par Philippe Résimont (durée : 17h 05) ♦ traduit par Florianne Vidal pour les éditions Grasset

10 septembre 2017

Te laisser partir, de Clare Mackintosh

TE LAISSER PARTIRJacob, un môme de cinq ans, est fauché un soir de pluie par une voiture, qui prend aussitôt la fuite. La mère est brisée, la presse crie au scandale, la police lance de nombreux appels à témoins, et malgré tous leurs efforts, l'enquête stagne. Pour le capitaine Ray Stevens et sa jeune collègue Kate, la frustration est énorme au moment de se résoudre à classer l'affaire sans suite. Pour Jenna, une artiste locale, l'existence aussi a été impactée par ce drame. Bouleversée et en pleine tourmente émotionnelle, la jeune femme part recommencer sa vie au Pays de Galles, en louant un petit cottage abandonné, proche de la mer. Jenna est secrète, mais a besoin de retrouver calme, paix et sérénité. Dans ce trou paumé, sa retraite semble parfaitement indiquée et bénéfique. 

Ce qui est intéressant dans cette lecture, c'est son calme imperturbable à nous raconter les vies des uns et des autres - entre Jenna, en pleine remise en question personnelle, le capitaine Ray, qui néglige sa famille et ne la comprend plus, et enfin Kate, jeune, libre et sans attache... On sent le drame qui s'infiltre partout, entre les lignes, et qui connote le roman d'une ambiance bien lourde et poignante. 
Au départ, j'ai trouvé que cela fonctionnait très bien et n'ai d'ailleurs pas vu venir le coup de bâton qui clôt la première partie. Stupeur et tremblements. C'était tout moi. Seulement voilà, après ça, j'ai été déçue par le nouveau tournant de l'histoire, par le rapport de force inégal et branlant. J'ai très vite senti l'arnaque, d'où mon agacement à participer à cette mascarade.
L'enquête aussi a pris mauvaise tournure, entre les négligences et les énormités, j'ai trouvé son déroulement incongru. Par contre, on découvre un autre aspect du travail de la police et on se rend compte que rien n'est jamais providentiel, que les inspecteurs sont des types ordinaires, et que la vie ne ressemble pas à une série tv.
OK pour la forme, mais j'ai été peu surprise par ma lecture, finalement peu audacieuse et trop convenue. L'ensemble est bancal, malgré une prestation audio de bonne qualité - Joséphine de Renesse est touchante, Philippe Résimont fait carrément flipper (mais n'est pas à l'aise avec les voix féminines). 
Si ce n'avait été pour son format audio, littéralement happant, j'aurais probablement mis de côté les 450 pages du roman. Un buzz littéraire moyennement justifié, pour ma part. :/

©2014 Clare Mackintosh / Publié pour la première fois au Royaume-Uni, sous le titre "I Let You Go", par Sphere, un département de Little, Brown / Hachette Livre (Marabout) pour la traduction française

(P)2017 Audiolib, Texte lu par Joséphine de Renesse & Philippe Résimont (durée : 11h 35)

2 février 2015

A Kiss in the Dark, de Cat Clarke

« J'étais amoureuse d'une fille qui était amoureuse de moi. Je vivais exactement ce dont on parlait partout, ce que les chansons racontaient, ce qui faisait tourner le monde, apparemment. Je comprenais ce que c'était désormais, l'amour. J'aurais voulu arrêter des gens au hasard dans la rue pour leur dire que j'étais amoureuse, mas ça aurait été trop bizarre. Je n'ai jamais été très bavarde, mais tout à coup j'aurais voulu avoir quelqu'un avec qui partager mon bonheur. Quelqu'un en dehors de Kate. (...) J'aurais voulu avoir une meilleure amie à qui me confier, une personne à qui j'aurais cassé les pieds à force de lui rabâcher à quel point Kate était géniale. Étrange comme être amoureuse me faisait me sentir plus fille, d'une certaine façon. »

A Kiss in the Dark

Alex et Kate font connaissance sur un forum de discussion d'un groupe de rock et se rencontrent à leur concert. Tout de suite, s'installe la connivence. Puis la sensation intime d'être un tout. Kate est adorable, spontanée, fraîche et sentimentale. Alex fond et se coule dans cette relation avec le même enthousiasme. Toutefois, leur idylle naît sur un malentendu : Alex est une fille (révélation faite page 22).

Solitaire et secrète, la jeune fille n'a jamais été très féminine, a longtemps admiré son grand frère et a toujours caché son corps dans des vêtements amples et asexués. Ce qu'elle vit auprès de Kate est nouveau et euphorisant. Pour la première fois, elle se sent pleinement heureuse avec quelqu'un. Entière, épanouie, transformée. Elle a conscience de son mensonge, mais elle a aussi très peur de tout perdre, alors elle préfère travestir la vérité.

On découvre donc une jolie histoire d'amour, avec ses délices et ses frissons, qui bouscule les idées reçues en ne collant pas aux « clichés traditionalistes ». L'auteur a beaucoup joué avec les nuances pour raconter cette relation, avec aussi pudeur, tendresse et naïveté. C'est très touchant, même si on n'oublie pas les conflits, les tourments, la confusion des sentiments, la sensation de trahison et le besoin de vengeance.

Cela se lit d'une traite, c'est plaisant mais un peu facile et mièvre sur la fin (je n'ai pas aimé le dénouement !). Toutefois, il me reste de ce roman une sensation forte, poignante et percutante, avec une envie de secouer les idées toutes faites, de faire réfléchir et de chambouler le lecteur. Pari réussi pour l'auteur, dont les livres se suivent et ne déçoivent pas.

éd. Robert Laffont, coll. R, juin 2014 ♦ traduit par Alexandra Maillard

« L'amour pousse les gens  à faire des trucs complètement dingues. Quand on trouve l'amour, on serait prêt à faire n'importe quoi pour le garder. Je le savais parce que j'avais éprouvé la même chose. »

14 novembre 2013

Sans un mot, par Harlan Coben

sans un mot

Plusieurs intrigues fleurissent au cours de cette lecture : un adolescent s'est complètement renfermé sur lui-même, suite au suicide d'un copain, ses parents installent alors en cachette un programme d'espionnage sur son ordinateur. Quelques jours après, le garçon disparaît. Un faux moustachu et sa complice enlèvent des femmes pour les massacrer et sèment de fausses pistes pour troubler les enquêteurs. Il faudra la perspicacité de Loren Muze, l'enquêtrice du procureur Paul Copeland, pour flairer la mauvaise odeur.

On suit ainsi plusieurs personnages empêtrés dans des histoires pas possibles, lesquelles viendront forcément entrer en collision, sinon quel serait l'intérêt d'un tel éparpillement ? Cela confère donc à l'ensemble un aspect complexe et saisissant, auquel on adhère pas mal. On est pris dans un engrenage, et plus on avance dans l'histoire, plus on a envie de comprendre et de savoir. Lorsque les premiers masques commencent à tomber, quelle jubilation !

Ce titre fait écho à un autre (Dans les bois), car il répond à quelques questions laissées en suspens à la fin de celui-ci. C'est juste un petit détail, qui plaira aux plus pointilleux, je pense. Sans quoi, j'ai nettement préféré ce deuxième titre, qui m'a semblé plus dense, plus habilement construit et plus haletant. Pas que j'ai été déçue par le précédent, mais j'ai vraiment bien accroché à cette histoire.

Note sur la version audio : François d'Aubigny commet l'erreur de lire M. Novak tel quel, au lieu de Monsieur Novak auquel le M. fait référence. Je pense que cette subtilité aurait été plus appréciable, car cela surprend d'entendre textuellement M. Novak ! Ceci étant purement anecdotique, bien entendu, la version Audiolib reste une adaptation sérieuse et pointilleuse de la lecture en général.

Audiolib, mars 2009, lu par François d'Aubigny et traduit par Roxane Azimi pour les éditions Belfond

7 février 2011

Pêle-Mêle Clarabel #21

IMG_2289L'histoire est simple et gentille, mais elle s'est révélée super émouvante, en fait. Ninon apprend que sa mère, âgée de 38 ans, attend son 2ème enfant. La jeune ado n'est pas franchement emballée, elle se braque dès que son beau-père tente de s'immiscer dans leur quotidien, elle fait de la résistance passive pour attirer l'attention car elle se sent de plus en plus délaissée. Il n'en a que pour le bébé dans le ventre ! C'est d'un ridicule, pense Ninon, qui ne s'interroge pas sur ce qu'elle ressent. Serait-elle jalouse ou ennuyée par les changements à venir ? Elle verra ça plus tard. Pour l'instant, elle soupire fort, très fort et regrette de devoir partager sa mère. Puis, arrive la naissance prématurée. Longtemps le bébé sera entre la vie et la mort, toute la famille est bouleversée, Ninon est toujours tenue à l'écart, sa mère n'est plus qu'un zombie, Stéphane, lui, avance ses billes avec précaution mais efficacité. Je ne sais pas l'expliquer, mais j'ai été vraiment émue par le stress et la détresse qui gagnent la jeune fille concernant le sort de sa soeur, entre la découvrir totalement indifférente puis fondre pour ce gnome qu'elle trouvait inutile et affreux. A croire que son statut d'aînée la conduit à se montrer moins exclusive dans sa relation avec sa mère - et là encore, c'est un sujet qui me touche beaucoup ! Enfin bref, cela a été une lecture surprise fort agréable.

- Tu vois tous ces petits bébés ? Ils se battent pour vivre. Ils se battent jour et nuit. On ne peut pas les fragiliser avec des microbes.
J'ai pensé que mes microbes n'étaient pas pires que ceux de maman ou de Stéphane, mais je n'ai rien dit. Quand quelqu'un vous fait une faveur exceptionnelle, ce n'est pas le moment de chipoter.

La petite fille dans une boîte en verre - Marie Leymarie
Gallimard jeunesse, coll. Hors-piste (2010) - 154 pages - 8€
illustrations de Pierre Bailly

A signaler en sortie(s) poche :

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Ce que j'ai vu et pourquoi j'ai menti, roman de Judy Blundell : New York, 1947. Evie vit dans le Queens avec sa mère et Joe. Lorsque ce dernier reçoit un coup de fil insistant, il décide de partir en vacances en Floride. A Palm Beach, ville fantôme où seul un petit hôtel minable est ouvert, les Spooner vont lier connaissance avec un autre couple, les Grayson, et un ancien soldat qui a connu Joe en Europe, Peter Coleridge. Evie tombe immédiatement amoureuse de lui, elle a quinze ans, elle est naïve et a toujours vécu dans un cocon, elle voue une vraie fascination pour sa mère, Bev, qui est belle comme Lana Turner. A côté, Evie se sent comme le vilain petit canard, quelconque, transparent jusqu'à ce que Peter l'aborde, l'invite à danser, lui sourit, propose de la balader dans sa voiture et l'embrasse.

Sous ce climat lourd et pesant, la tension monte, donne du suspense au récit, lequel va très mal se terminer, mais le lecteur s'en rend compte tout seul, au fur et à mesure que l'histoire avance, l'amertume gagne du terrain, les masques tombent, certaines révélations apparaissent, les confiances se perdent, et au milieu Evie se prend la plus grande claque de sa vie. Son passage à l'âge adulte résonnera comme une lente tombée du haut d'un ravin, tant elle comprendra qu'autour d'elle il n'y a que duperie, mensonge et trahison. C'est ahurissant, et le décor de l'après-guerre apporte aussi son lot en dramaturgie et autres horreurs à dévoiler, c'est franchement flippant et hallucinant. La voix d'Evie devient encore plus poignante et magnifique, on partage longtemps cette dualité qui naît en elle, en même temps que la tragédie va fragiliser son petit monde.

C'est un roman à lire d'une traite, écrit dans un style proche des films noirs d'après-guerre, classique et envoûtant, aussi amer qu'un chocolat. Une atmosphère à laquelle j'ai été très sensible.

Coll. Pôle Fiction chez Gallimard jeunesse - 6,60€

A venir : Les confidences de Calypso - Romance royale.

22 avril 2009

La ferme de grand-père ~ Patricia MacLachlan

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Oubliez la famille Ingals et faites désormais connaissance avec les Witting, grâce à cette série commencée avec Sarah la pas belle (publié en 2004) et qui se boucle avec ce cinquième tome.

C'est donc l'histoire d'une famille de pionniers dans la grande prairie américaine, un père veuf vivait seul avec ses deux enfants, grâce à une petite annonce il a rencontré Sarah, la famille s'est agrandie, les petits ont quitté le nid, dans ce dernier tome, par exemple, Anna se marie. C'est l'occasion de faire une grande fête et de réunir tous les oisillons éparpillés.

J'ai trouvé dommage de ne pas avoir respecté le titre original, Grandfather's dance, parce que cela symbolise un passage très important dans l'histoire. Bonpa est réapparu dans la vie des Witting en cours de route (cf. Le Journal de Caleb, tome 3), depuis il occupe une place cruciale, surtout pour le petit Jack, le dernier né. Une vraie complicité s'est créée entre eux.
Quand l'enfant fait pour la première fois une crise de colère, seul Bonpa arrive à le calmer en le grondant sévèrement. L'enfant se tait. Il a compris. Mais grand-père se sent mal d'avoir haussé le ton, alors pour s'excuser, sous un rayon de lune, il danse une gigue exprès pour son petit-fils. Sa façon à lui de dire pardon.

Bref, afin d'éviter de vous raconter toute l'histoire, je vous invite à la découvrir car c'est un bijou de tendresse, c'est même très émouvant, drôle aussi. C'est une série attendrissante, qui mérite d'être davantage connue et conseillée aux enfants dès 8 ans.

Illustrations de Quentin Blake

Folio Cadet, 2009 - 105 pages - 7,90€
traduit de l'anglais (USA) par Anne Krief

La série comporte cinq titres :

  1. L'histoire de Sarah la pas belle
  2. Sarah la pas belle se marie
  3. Le journal de Caleb
  4. Un cadeau pour Cassie
  5. La ferme de grand-père
29 mars 2009

Il n'y a pas de petits lecteurs ! #3

(nous lisons bien et beaucoup en ce moment... pourquoi s'en priver ?)

La drôle de vie d'Archie - Agnès Laroche
illustrations de François Foyard

archieLa vie n'est pas drôle pour Archie, élève de 6ème. Ses parents se sont séparés, sa mère est rentrée dans son pays, en Angleterre, et a cru que son fils n'aurait pas supporté le choc d'un déménagement doublé d'une expatriation. C'était sans savoir que la situation à la maison allait virer en catastrophe : son père ne travaille plus (il est enquêteur de police), il dort toute la journée et il s'est mis à boire. Archie doit se débrouiller seul pour manger, faire ses devoirs etc. Ses résultats scolaires sont déplorables, le garçon n'a pas la tête à apprendre ses leçons, il préfère dessiner (et il est doué pour croquer de savoureuses caricatures des personnages et des situations qui l'entourent).
Au collège, il a un seul copain, Pierre-Louis, surnommé le P'tit. C'est un enfant précoce, il a neuf ans. Lui aussi a des soucis : sa mère le couve trop, depuis son veuvage. Elle s'est dernièrement mise en tête d'inscrire son fils dans une école spécialisée pour les enfants surdoués, mais Pierre-Louis n'en a pas du tout envie. Comme sa mère reste sourde à ses protestations, le P'tit a un super plan. Il est persuadé que cela va résoudre tous les problèmes, y compris ceux d'Archie.
Pierre-Louis explique que leurs parents ont besoin d'un électro-choc. Alors il décide de disparaître. Il met en scène sa fugue, sauf qu'Archie ignore où se cache son copain, même lorsque sa mère vient le supplier ou lorsque la police a ouvert son enquête. D'ailleurs cela devient de plus en plus inquiétant. Où est Pierre-Louis ?

Un super plan qui n'en est pas vraiment un, un papa qui prend conscience de sa déchéance, une mère qui étouffe son enfant, un prof d'arts plastiques bienveillant, une enquêtrice qui ressemble à un hamster, un copain qui n'a peur de rien, une recherche de repères, un besoin d'amour, un espoir d'être entendu, écouté, compris... enfin voilà de quoi parle ce roman !

Nous avons pris beaucoup de temps à lire ce roman, à voix haute. Contrairement à d'habitude, c'est un livre assez long, de 155 pages, et qui parle de sujets que nous n'avons pas coutume de lire (mais cela n'empêche pas de s'y intéresser) :  l'alcoolisme, la solitude, le désarroi. Très vite, l'histoire parle également d'espérance, d'entraide et laisse présager un horizon teinté d'amour, des retrouvailles avec la maman et des familles qui resserrent leurs liens. C'est un roman sensible, agréable à lire. Nous avons beaucoup aimé la personnalité d'Archie et ses dessins qui illustrent son état d'âme.   

le blog d'agnès laroche : http://agneslaroche.blogspot.com/

Rageot, coll. Famille, 2009 - 155 pages - 6,30€
A partir de 9 ans.

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Un week-end d'enfer - Brigitte Smadja

weedendMehdi et Baptiste sont meilleurs copains depuis toujours. Medhi garde pourtant secret son amour fou pour Angelica, la soeur de 17 ans de Baptiste. Il sent une profonde et inexplicable animosité chez le garçon envers son aînée, qui ne s'améliore pas lorsque les parents annoncent leur projet de week-end au Maroc et la charge à Angelica de garder son frère et son camarade. Medhi est fou de joie, ce qui contraste avec l'humeur bougonne de Baptiste. Il traite sa soeur de démone, et elle l'appelle Crapaud. L'ambiance s'annonce lourde et orageuse.
Mais dès le vendredi soir, tout se passe à merveille. Angelica bichonne les garçons, leur cuisine un gratin dauphinois (loupé) et gère sans sourciller la situation quand, en pleine nuit, ils sont tous tirés du lit en catastrophe car la chaudière manque de les asphyxier. Arrive le samedi et le climat idyllique est rompu. Angelica informe les plus jeunes qu'ils sont consignés dans la chambre de Baptiste car elle organise une fête (avec l'accord des parents) où ne sont invités que les 'vieux' de 17 ans, pas moins. Le petit coeur de Medhi se brise, il ressent la même rancune qu'éprouve son ami, meurtri et blessé d'être rejeté par sa grande soeur. Alors il choisit ses armes pour se venger : il passe la nuit à chatter sur le net avec une nana du nom de Dita, elle est plus âgée, ça le flatte. Aussi il accepte sans réfléchir un rendez-vous fixé au lundi.

Entre nuit d'enfer, nuit apocalyptique, climat polaire et climat enfiévré, le roman se balade... Angelica et ses amis sont des amateurs du gothique - un code comme un autre pour se prouver qu'ils existent en appartenant à un groupe. Le regard de Medhi, le narrateur de l'histoire, est intransigeant, parfois moqueur. Il sait aussi que son ami agit bêtement en discutant avec une inconnue, par simple esprit de vengeance et parce qu'il se sent incapable d'avouer à sa soeur qu'il l'aime très fort et qu'il attend d'elle de l'intérêt sincère.
La personnalité de Baptiste est vraiment troublante, très paradoxale, épuisante aussi car elle change tout le temps. On passe de l'euphorie au stade dépressif en un quart de tour. Une vraie crise d'adolescence, avec ses inépuisables complexités.
A lire en connaissance de cause, sinon ça use !

Ecole des Loisirs, coll. Neuf, 2009 - 93 pages - 8,00€
dès 10-11 ans

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Un oeuf dans la foule - Manuela Draeger

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Les Josette sont un groupe d'écolières qui s'appellent toutes Josette. Depuis un mois, elles ne vont plus à l'école mais sur les bords de l'estuaire manger des oeufs durs. Elles attendent la douze millième Josette. Bobby Potemkine, Lili Nebraska et Lili Iomelli essaient de savoir pourquoi.

Une brochette de personnages hors du commun, une histoire à se taper la tête contre un mur, une nuit qui ne tombe jamais, des écolières qui font l'école buissonnière, une Josette numéro 12000 est attendue... où, pourquoi, comment. Le narrateur - Bobby - mène une enquête qui échappe à toute logique. Le décor n'a pas de lieu, le temps n'est plus et le lecteur se sent vite perdu.
Ce livre correspondrait davantage aux goûts des amateurs d'intrigue tordue et innovante, aux amateurs d'onirisme.
S'assurer aussi que son cerveau est bien connecté. (Ce n'était pas mon cas, voilà pourquoi !)

Après recherche, j'ai trouvé ceci sur le site de Ricochet :

Derrière Manuela Draeger se cache Antoine Volodine, qui est peut-être lui-même un pseudonyme… On le connaît aussi sous le nom de Lutz Bassmann, Elli Kronauer. Les différents auteurs, qu’il appelle des « voix du post-exotisme », sont censés venir d’un ailleurs inventé, un monde de fiction politisé et dur. Ils racontent ces univers dans des livres pour en échapper. Cela donne des romans étranges, hypnotisants, et Manuela Draeger plonge dans le surréalisme le plus total. Son héros récurrent Bobby Potemkine lutte contre les difficultés de communication, la solitude engendrées par son environnement. Une expérience littéraire à ne pas manquer.

 

(Tout s'explique !)

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2009 - 63 pages - 7,00€

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rendez-vous le week-end prochain pour un nouveau tour d'horizon car... il n'y a pas de petits lecteurs ! ;o)

9 décembre 2008

SATC - I want to believe !

Avez-vous vu le film Sex and the City ?

J'en étais restée à la série, fétiche et chérie depuis son commencement, et j'avais accepté de lâcher la main de Carrie et ses copines, un peu consciente qu'il fallait leur laisser vivre leur vie, même si cela allait me manquer... Oui, j'aurais préféré en rester là. M'en tenir à cette idée et garder en mémoire les quatre nanas prendre leur bain de soleil sur une terrasse à New York.

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Tomber du rideau, quelques larmes, mais le sourire aux lèvres et le sentiment d'avoir à jamais une série que je vais aimer toute ma vie ! Or, trois ans après la fin de la saison 6, un film a donc été tourné et propose de revenir sur les quatre copines quatre ans après... (en vrac) le mariage, le déménagement sur la côte Ouest, le grand amour, la vie tout court. Et moi je ne peux pas résister. Il faut que je reprenne des nouvelles de mes copines new-yorkaises.

J'ai l'impression d'y être... encore. De suite, j'ai aimé l'intro qui reprenait certaines scènes de la série, en guise de piqûres de rappel. Cela a le goût d'autrefois, on déballe un cadeau surprise avec excitation, ayé ça commence, je m'installe... et là Houston, nous avons un problème. Han, il y a un truc qui cloche. Ce n'est pas du tout ça. Et je crois que cela vient de la part de Carrie. (Pour commencer.) Franchement je ne la reconnais pas. Ce n'est pas méchant ce que je vais écrire, mais je la trouve vieillie et abîmée. Moins éclatante. Et puis elle appelle Big ... John ! Hic ! hic ! hic ! C'est d'ailleurs dans ce film que je découvre son véritable nom, John James Preston. Ouch. Adieu, mon Mr. Big. Même toi tu n'étincelles pas, tu es terne, passable et décevant.

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Clairement, j'ai été déçue, même si j'ai aimé les sacro saintes parties entre filles, les virées shopping, le défilé de Carrie dans les robes de haute couture. C'est fidèle à l'esprit de légèreté, au glamour et la verve de Samantha tombe toujours à point pour pimenter la sauce des dialogues... mais hic, encore, pourquoi nous claquer des scènes olélé qui éclatent comme des pétards mouillés ? C'est un peu fourre-tout, je le crains : on prend tous les ingrédients de la série, on touille dans un grand saladier, on réchauffe et on obtient...  un gros gâteau à la crême écrasé de pub de marques, trop sucré, avec en figurines des personnages en demi teintes (les filles sont devenues bien sages !)  mais c'est quand même Sex and the City !!!  Un film de filles, et/ou qui fait se sentir fille !!!!

(Mais je préfère de loin la série.) 

Réalisé par Michael Patrick King
Avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis, Chris Noth...

Et comble de tout, Carrie porte de la fourrure ! Je ne suis pas d'accord, mais alors pas du tout !

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(Un clic pour voir en grand)

5 mars 2009

A marée basse - En poche ! #22

Voici un roman enfin disponible en poche et que je vous recommande fortement !

A marée basse - Jim Lynch 

51X_2BnNCczcL__SS500_Miles O'Malley, 13 ans, sort souvent de chez lui en secret pour explorer les eaux de la baie de Puget Sound (Washington). Une nuit, à marée basse, il découvre un calmar géant échoué dans la vase, puis, quelques jours plus tard, un ragfish en piteux état. Ces deux découvertes extraordinaires s'accompagnent d'autres phénomènes étranges. Le garçon va avoir bien du mal à gérer sa soudaine popularité. Miles est un gamin banal, qui souffre de sa petite taille et qui dévore les livres parlant de biologie marine. C'est un fan absolu de l'auteur Rachel Carson. Il est aussi fou amoureux de son ancienne babysitter, Angie Stegner, la fille du Juge, qu'il souhaite conquérir grâce à ses histoires. Son meilleur ami s'appelle Phelps, et ensemble il vont vivre un été hors du commun.

Car la presse arrive avec ses gros sabots, mais le garçon a plutôt envie de fuir. Il a d'autres préoccupations en tête, comme le divorce de ses parents, les chutes libres d'Angie, la santé fragile de Florence. Cette dernière est une vieille médium qui perd un peu la boule, elle vit seule dans son bungalow qui sent la mer, elle n'a plus que quelques jours à vivre, et Miles l'aime beaucoup et souhaite l'aider du mieux qu'il peut. Avec son mètre 47 et sa peau rougie par le soleil, Miles aimerait toutefois redevenir un petit garçon anonyme, et non plus ce pseudo Messie qui percevrait les choses et entendrait la mer lui annoncer d'autres faits anormaux. Cet été chargé en événements commence à devenir interminable, c'est trop pour un petit bonhomme !

J'ai adoré ce roman. Dès la première page ouverte, j'ai su, instinctivement, que j'allais aimer et ne plus décrocher. C'est difficile à expliquer, mais il s'est passé un déclic... A marée basse est un roman initiatique, doublé d'une grande profondeur poétique, qui se lit en toute simplicité et avec beaucoup de plaisir. On passe du rire aux larmes tout au long des 360 pages, et on en sort avec un sourire béat tellement la plénitude s'accroche aux mots de Jim Lynch. Ne loupez pas ce beau roman !

(roman lu en mars 2008)

Livre de Poche, 2009 - 350 pages - 6,50€
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch

Éditeur d’origine : Editions des Deux Terres 

11 octobre 2021

Gargantis (Les Chroniques de Sinistre-sur-Mer #2) , de Thomas Taylor

GargantisJ'ai découvert cette série en mars 2020 - ô mois cruel - et suis immédiatement tombée sous le charme. Tout m'avait plu : l'histoire, les personnages, les illustrations, l'humour et le suspense. Il me tardait de lire la suite des aventures de Herbert et son amie Violette.

Depuis les tragiques événements, la tranquillité n'a pas regagné leur petite ville de Sinistre-sur-Mer puisqu'une violente tempête s'annonce et contraint les pêcheurs à la prudence. Tous refusent de sortir leurs bateaux et évoquent une vieille légende qui fait trembler les murs (Gargantis... ce monstre des profondeurs marines).

Mais notre jeune héros est lui aussi au cœur d'un terrible conflit, qui oppose le directeur du musée, la récolteuse des objets échoués et des familles de pêcheurs. En effet, tous réclament une certaine bouteille en forme de poisson qui vient de surgir de nulle part et qui suscite leur convoitise. Herbert et Violette doivent trancher mais s'engagent d'abord à mener leur enquête.

Au cours de l'histoire, riche en péripéties, les enfants vont également se confronter à leur passé. Herbert ignore tout de sa famille. Il sait juste qu'il a miraculeusement survécu à un naufrage et a été retrouvé sur la plage dans une caisse de citrons. Herbert a autant envie de percer le mystère de ses origines qu'il meurt de trouille d'apprendre toute la vérité. C'est sans compter sur son amie Violette qui le bouscule et le force à sortir de sa zone de confort (hello le bibliodispensaire).

Quel bonheur de retourner dans cette contrée peuplée de légendes et où les habitants forment une communauté à part. Tout est chargé de mystères, d'intrigues impénétrables, de promesses et de secrets. Je trouve ça follement excitant. Dans ce deuxième tome, on perd moins de temps à décrire les lieux, à présenter les particularités des uns et des autres, et croyez-moi, c'est pour le moins insolite. On adopte instinctivement notre rythme de lecture à la course frénétique qui se dégage de l'histoire : humour, tendresse et frissons. Voilà un chouette programme.

Si vous n'aviez jamais tenté jusqu'à présent, n'hésitez plus à prendre un ticket pour Sinistre-sur-Mer. 

Seuil jeunesse, 2021 - Traduit par Amélie Sarn 

⭐⭐⭐⭐⭐

18 avril 2014

L'accro du shopping à Manhattan, de Sophie Kinsella

L’ACCRO DU SHOPPING À MANHATTAN

Cet épisode 2 m'a offert de beaux fous rires ! Bon sang, cette Becky est impayable. D'abord, son weekend à la campagne et son casse-tête tout personnel au moment de faire sa valise, du léger, a dit Luke, bah voyons... elle fait alors secrètement appel à une livraison express, mais son colis se perd en route. Sur place, la demoiselle se retrouve sans rechange, ou juste une chemise de nuit à enfiler de façon très détachée, en décrétant que c'est le must absolu. C'est cela, oui...

Et les noces du fils des voisins, où Becky passe pour une affabulatrice, esseulée et amoureuse éplorée du marié, franchement, c'est d'un comique ! Vient ensuite le départ pour New York, les promesses d'une vie nouvelle, ambitieuse, chic et accomplie. Becky en a la tête qui tourne et se défoule dans les boutiques. Elle rencontre aussi sa belle-mère, est prise pour une serveuse lors d'un déjeuner huppé, se voit offrir une séance cultissime chez l'esthéticienne, tente de faire du sport, se ridiculise auprès du nouvel associé de Luke...

Croyez-moi, Sophie Kinsella est en très grande forme dans ces nouvelles aventures de Becky et ça fait un bien fou de s'y plonger tellement on sourit et on rit du début à la fin. Soit, le rêve va virer au cauchemar, l'occasion pour notre acheteuse compulsive de faire peau neuve et de prendre un nouveau départ. Sa vie sentimentale va aussi connaître des remous, ce qui ne fera pas de mal aux concernés ! En somme, j'ai vibré, gloussé, ricané tout du long. Pour l'heure, c'est mon tome préféré de la série. Je continue sur cette belle lancée.

Pocket, décembre 2005 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond

4 février 2021

Beautiful Stranger (Beautiful #2), de Christina Lauren

Beautiful StrangerParce que j'avais bien aimé Beautiful Player, j'ai voulu donner une chance à ce roman qui figurait également parmi le lot trouvé en bouquinerie l'été dernier. Et ma foi, c'était pas si mal.

D'accord, c'est toujours aussi chaud chaud chaud (les chapitres s'enchainent et ne font guère l'impasse sur une petite scène explicite). En plus le couple se lance des défis avec des jeux coquins et affiche un penchant exhibitionniste. 🤨🤨🤨

Mais finalement, Sara et Max sont très attachants et ont réussi à m'embarquer dans leur histoire. C'est léger, sexy, drôle et divertissant. Pour changer, c'est la nana qui mène la danse et se sert de son apollon pour assouvir ses fantasmes.

Entre nous, Max Stella est hyper craquant. British do it better. ♥

©2013 Hugo Roman. Traduit de l'anglais par Margaux Guyon (P)2014 Audible Studios

  • Lu par : Ingrid Donnadieu
  • Série : Beautiful, Volume 2
  • Durée : 6 h 57 
  • Ingrid Donnadieu, la narratrice, fait le job. S'écoute sans souci.

Après avoir suivi les aventures de Bennett et Chloé dans Beautiful Bastard, voilà maintenant l'histoire de Sara Dillon, une amie de notre précédente héroïne et du séducteur anglais, Max Stella, rencontré à New York.

En rompant avec son petit ami infidèle, et filant s'installer à Manhattan, Sara a décidé de reprendre sa vie en main. Nouveau travail, nouvelle vie et nouvelle attitude : les hommes c'est fini, au moins pour une relation durable. À peine arrivée, elle va pourtant tomber sur un superbe spécimen masculin d'origine britannique, Max Stella, connu du tout New York pour son amour des femmes.

Jamais une seule n'a su le retenir. Jusqu'à Sara, et les photos coquines qu'elle le laisse prendre d'elle, il ne s'était jamais posé la question de construire un couple. Face au charme viril de Max, Sara sait que finalement elle ne renoncera pas à tous les plaisirs que les hommes peuvent lui offrir...

⭐⭐⭐⭐

2 mai 2023

Les Dix Mille Portes de January, par Alix E. Harrow (& Lu par Zina Khakhoulia)

Imaginez qu’un jour, au milieu de nulle part, vous trouviez une Porte. Et que cette porte ouvre sur un monde inconnu. Un monde parallèle, d’où viendront votre destin, votre passé et votre futur.

Les Dix Mille Portes de January

Cela vous tente ? Moi, oui. J'étais très curieuse de plonger dans cette histoire et d'aller à la rencontre de Miss January Ruddy. Une fillette vivant dans un manoir chic, dans la plus grande solitude, depuis ses sept ans, alors que son père parcourt le monde en quête de trésors. Son bienfaiteur, M. Locke, veille cependant sur elle, comme la prunelle de ses yeux.

Sauf qu'en grandissant, la demoiselle se contente de moins en moins de vivre dans sa bulle. Entre l'amertume face aux absences répétées de son père, trop secret, et l'exubérance de son protecteur, lui aussi énigmatique, la jeune January a besoin de réponses.

C'est finalement en recevant un mystérieux livre, un cadeau anonyme, qu'elle bascule enfin vers d'autres vérités. Vers la découverte de mondes plus vastes, de voyages dans le temps, de personnages incroyablement héroïques et d'un destin aux possibilités infinies.

Je vous laisse évidemment découvrir la suite, qui se dévoile petit à petit. Au départ, j'étais un peu perplexe, perdue mais fascinée par la poésie de l'histoire. La narration est limpide, ronde, chantante et entraînante. Elle laisse deviner un enchevêtrement d'intrigues guidées par des portes et une quête ultime. Elle évoque la famille et l'amour absolu, le sacrifice, les traditions et l'héritage. Tout ce qui me plaît. Et elle ne lâche pas un instant January dans son aventure au parcours si labyrinthique.

Sans doute, l'ensemble peut sonner curieux, parfois inégal, un brin foisonnant et paradoxalement trop artificiel. Mais en audio, le moindre défaut s'efface et le tout est très agréable à écouter. La lecture proposée par Zina Khakhoulia n'est que fraicheur et enthousiasme débordant. Le plaisir est contagieux, et l'invitation parfaite. Place ensuite à la magie et aux dangers - comprendre les missions et leurs enjeux.

January ne s'y trompe pas, en s'imaginant revêtir une étrange combinaison de Gulliver et d'Alice proche du chat errant ! Si la sensation est par instants confuse et délirante, elle inspire aussi beaucoup d'admiration. Et c'est tout ce que je retiens de cette expérience, beaucoup de potentiel, d'inventivité et d'audace dans l'exercice. Une prose éblouissante, qui fait forte impression.

©2021 Le Rayon imaginaire/Hachette Livre (P)2023 Audiolib

  • Lu par : Zina Khakhoulia
  • Durée : 13 h
  • Finaliste des prix Hugo, Nebula, Locus et World Fantasy Novel.
  • Hommage à Terremer d’Ursula K. Le Guin, porte ouverte sur le pouvoir éternel des histoires et des livres. 

⭐⭐⭐⭐

25 juillet 2013

“In vain have I struggled...”

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Toute lectrice de Jane Austen qui se respecte poussera toujours la curiosité à vouloir lire ces fameux petits ouvrages qui papillonnent autour de son œuvre, en s'inspirant de ses personnages ou de son histoire. Amanda Grange a cherché à percer la carapace du mystérieux Darcy en imaginant son point de vue lors de sa rencontre avec Liz Bennet dans Orgueil & Préjugés. Soit, l'idée est excitante et alléchante, évidemment je mords à l'hameçon.

Mais voilà, je suis un peu restée à l'extérieur de cette histoire qui ne m'est pas apparue nouvelle. Darcy est un gentleman engoncé dans ses bonnes manières et dans la haute opinion qu'il a de lui-même et de sa position dans la société. Mais on le savait déjà ! En fait, tout le charme de Darcy réside dans le voile de séduction énigmatique dans lequel il se drape. Moins on devine ses secrets, plus on fantasme sur lui. Alors, de le découvrir aussi accessible, avec ses interrogations aussi platounettes quant à cette inexplicable attirance qu'il éprouve pour Liz, ma foi, ça vous brise un mythe.

C'est plat, classique, avec énormément de retenue, jamais on ne s'évade, on est tenu dans un système qui sent le réchauffé, on s'ennuierait presque et on finit par se demander pourquoi on lit ce sous-Jane Austen alors qu'on pourrait replonger dans l'œuvre originale qui est mille fois plus spirituelle et enlevée !? Mais la lectrice est faible, elle lira d'ailleurs avec autant de scepticisme, mais non moins d'avidité, les autres livres de l'auteur (Mr Knightley, colonel Brandon, me voilà !).

Le journal de Mr Darcy, par Amanda Grange
Milady romance, coll. Pemberley, 2012 - traduit par Claire Allouch

7 septembre 2012

"You've felt it, haven't you? Those feelings that seem to get so big in your chest, like something is so beautiful it aches?"

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L'univers dystopique de Heather Anastasiu est un univers technologique, où les cartes à puce et les ports USB servent à réguler les sentiments des humains, condamnés à vivre selon une discipline stricte. Du coup, ils sont complètement amorphes et agissent comme des zombies. Seule Zoe se surprend à ressentir des sensations délicates qui la font sursauter. En gros, elle est capable de glitcher, ce qui est désormais une menace pour elle car elle risque d'être désactivée. Alors elle panique et choisit de s'enfuir, mais elle est rattrapée par un type, Adrien, qui la conduit à la Surface (là où flottent des gaz toxiques, des restes du cataclysme nucléaire qui a provoqué la fin du monde).

Brider les émotions humaines est un sujet déjà abordé dans un roman comme Delirium, toutefois le traitement dans GLITCH se révèle moins profond, limite juvénile et maladroit. Zoe est une héroïne cruche, qui s'adapte aux découvertes avec une naïveté pas du tout touchante (son comportement, dans la deuxième partie du roman, fait lever les yeux au ciel). Un troisième personnage va entrer dans l'arène et compliquer inutilement l'intrigue amoureuse (ce cher Max, pour ne pas le nommer, passe pour un obsédé de service, faut-il en rire ou pleurer, franchement j'hésite !).

D'un autre côté, l'auteur a beaucoup de choses à raconter, avec des tas d'éléments et des rebondissements à tous les étages, l'intrigue en devient habile et séduisante. C'est dommage qu'au coeur de ceci, les motivations des personnages nous inspirent aussi peu de compassion ou d'intérêt. J'avoue avoir été de plus en plus perplexe face à l'embrouillamini des troubles sentimentaux qui saisissent l'héroïne. Je sors donc de cette lecture avec une impression de manque ou d'imperfection qu'il faudrait corriger pour améliorer la suite, car la matière première n'est pas mal du tout, juste mal exploitée.

Glitch, par Heather Anastasiu
Robert Laffont, coll. R, 2012 - traduit par Madeleine Nasalik

14 avril 2016

Poptropica, T.1 : Le Mystère de la carte magique, de Jack Chabert & Kory Merritt

Poptropica

Tout commence par un vol en montgolfière, à bord duquel Oliver, Mia et Jorge découvrent avec des yeux ébahis le paysage sous leurs pieds. Et puis, sans l'expliquer, tout dérape. Leur pilote à la mine patibulaire se saisit de sa montre et se lance dans une manœuvre insensée, tandis que la montgolfière ploie sous un ciel gris menaçant et affronte les éclairs d'un orage fracassant. Après quoi, l'accalmie s'abat sur eux mais le décor qui les entoure est méconnaissable : des îles paradisiaques, où grouille une jungle foisonnante. Les enfants sont éberlués et interrogent leur pilote. Seulement Octavien en a assez de ces mômes fouineurs et encombrants, il les pousse par-dessus bord. Hop, bon débarras ! Oliver, Mia et Jorge se retrouvent seuls sur une terre isolée et inhospitalière, peuplée d'espèces disparues, comme des dodos ou un tigre à dents de sable, une créature coriace et affamée, sans oublier une colonie de vikings sinistres et impitoyables. 

Mais quelle est cette étrange dimension dans laquelle notre trio doit composer avec toute leur ingéniosité, leur énergie et leur courage ! ? C'est tout le plaisir que nous réserve cette lecture riche et palpitante, inspirée d'après la série Poptropica, véritable phénomène sur internet, qui propose sur son site une quête fabuleuse, également instructive et distrayante, et réunit de nombreux participants. Cette version BD s'éclate en couleurs et selon un graphisme simple, mais très réaliste, ponctué de séquences rigolotes. Le cocktail est goûteux, plein de charme et surtout débordant de pep's et d'aventure. C'est l'auteur du Journal d'un dégonflé, Jeff Kinney, qui est également le concepteur du jeu vidéo, et qui parraine avec fierté ce produit dérivé, annonçant le début d'une série très prometteuse ! 

Découvrez le book-trailer ici :

https://www.youtube.com/watch?v=mZKuFNsiOR0

Bayard éditions pour la traduction française (Anne Delcourt) ♦ BD Kids, Avril 2016

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11 janvier 2017

Le Musée des Monstres, Tome 1 : La tête réduite, de Lauren Oliver & H.C. Chester

Le Musée des MonstresLe Musée des Horreurs et Autres Curiosités de Dumfrey est le lieu des plus incroyables excentricités, imaginez l'homme-éléphant, la plus grosse dame du monde, la femme à barbe, le garçon contorsionniste, les jumelles albinos, le garçon-crocodile, la mentaliste, le magicien, la lanceuse de couteaux... et la tête réduite, tous réunis pour épater la galerie. Ce phénomène de la tête est d'ailleurs le clou du spectacle. Mais lorsque celui-ci vire au chaos - une vieille dame assise au premier rang tombe dans les pommes - le journaliste présent dans la salle s'empare du sujet pour en faire une mauvaise publicité. L'affaire prend un tour sérieux lorsqu'on retrouve le corps de cette vieille dame au pied de son immeuble et qu'on accuse la tête réduite d'être responsable de sa mort. Les affaires de Dumfrey coulent à pic. Pour sauver leur gagne-pain, Sam, Philippa, Thomas et Max, quatre enfants particuliers, décident de mener l'enquête.
Sans surprise, le premier point fort du livre réside dans son esthétisme et les illustrations de Benjamin Lacombe. Un choix indiscutable et pertinent. Le résultat est fabuleux et rend compte d'une ambiance sombre, inquiétante, vraiment captivante. Puis, vient l'histoire se déroulant dans un cadre mythique, celui du musée des monstres, lequel est plongé dans la tourmente et doit se défendre des calomnies qui accablent son intégrité. Même si ce sont quatre mômes qui vont conduire le bal, c'est loin d'être une petite promenade de santé parsemée de quelques séquences saisissantes. Il y a bel et bien de l'action, des meurtres à répétition, des rebondissements et du suspense au  menu. De quoi surprendre et piquer la curiosité à bon escient. Le succès récent des séries comme Miss Peregrine ou Lemony Snicket a permis d'autres lectures du genre de pulluler, dès lors qu'elles combinent l'étrange et le merveilleux, la production se multiplie. Je n'imaginais pas m'immerger aussi pleinement dans cet univers a priori farfelu car je ne supposais pas découvrir une histoire aussi élaborée et astucieuse. Mais la lecture se révèle réellement stupéfiante, capable à la fois de faire rêver, frissonner et tenir en haleine. Un roman riche et bon. 

Hachette Romans - Octobre 2016
Traduction d'Alice Delarbre / Illustrations de Benjamin Lacombe

Titre VO : The Shrunken Head (The Curiosity House #1)

6 juin 2019

Persuasion, de Jane Austen

PERSUASIONAnne Elliot est une beauté fanée de 27 ans. Éternelle célibataire. Son père, trop orgueilleux et dépensier, doit céder son domaine à un couple de locataires qui ramène dans son sillage une vieille connaissance.
Huit ans plus tôt, Anne a rompu ses fiançailles avec Frederick Wentworth, alors jeune lieutenant sans le sou. Son amie et bienfaitrice l'avait en effet persuadée de ne pas s'engager aussi hâtivement dans un avenir trop incertain.
Les années passant, Anne s'est donc éteinte. Mais son aura n'en demeure pas moins attrayante aux yeux de ses proches qui voient en elle une demoiselle discrète et compatissante. Sa compagnie est ainsi prisée... comme atteste la prévénance de son cousin, qui ne masque pas son intrigue.
Le retour de Frederick embrouille néanmoins l'esprit de notre héroïne, pas seulement parce qu'il est toujours d'une grande beauté et possède désormais de l'aisance. Plutôt parce qu'il se montre distant et rancunier. On l'acoquine même avec une demoiselle de leur cercle, après sa chute accidentelle sur la jetée.
Le lecteur ne peut que retenir son souffle car ce roman est excellent !
Avec un sens de la dramaturgie inégalable. Des regards et des silences insondables. Sans parler de sa tension insoutenable lors de deux épisodes clefs - la promenade tragique à Lyme et le soir du concert aux Rooms. Et cette lettre finale dont la seule réponse implique de censurer toute bienséance. Cours Anne, cours !
J'avais (presque) oublié le tourbillon romanesque de cette lecture... Que d'émotions, que de frissons. C'est super bon. J'en sors conquise et émoustillée.
Maintenant, imaginez Rupert Penry-Jones dans la peau du capitaine Frederick Wentworth et vous soupirez d'aise. C'est épique, vraiment !

©1980 Christian Bourgois éditeur. Traduction d'André Belamich ©1996 pour la présente édition 10x18

Il existe une version audio parue aux éditions Thélème.

Par contre, il s'agit d'un texte adapté & lu par Camille Cobbi (durée : 5 h env.)

Couverture de Persuasion

 

14 janvier 2012

“Let’s just remember, Sullivan, that I want you for your smoked meats and your smoked meats only.”

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Ce troisième tome se consacre au coeur du problème : la relation tumultueuse entre Merit et Ethan. Ces deux-là se tournent autour depuis le début, ils s'attirent et se repoussent, vont-ils enfin passer à l'action ? 
Oui. 
Amen. 
Sauf que la messe n'est pas dite, et de nouveau la passion tourmentée de notre couple vedette va revenir sur le devant de la scène. Comme c'est frustrant ! 
D'un autre côté, c'est ce qui alimente la série, et ici, pas de doute possible, l'intensité sexuelle est à son apogée. Merit est une héroïne admirable, elle aura besoin de toute sa force pour affronter ce que Sullivan va lui infliger. Ethan est odieux, oui, mais il est sexy et irrésistible dans son genre. Ce vampire est toxique, que voulez-vous, c'est ce que les filles veulent. 
Il serait, toutefois, difficile de résister à ses déclarations. Lorsqu'il abat ses cartes et annonce enfin qu'il est totalement démuni face à sa Sentinelle, ou lorsqu'il reconnaît qu'il a besoin d'elle plus qu'il n'en a jamais eu conscience dans sa longue existence, la lectrice pousse de grooos soupirs extatiques. 
Avec toutes ses hormones en ébullition, on en oublierait presque qu'une intrigue politique se dresse à côté. Les métamorphes se réunissent à Chicago pour décider s'ils veulent affronter le climat haineux de la population ou s'ils préfèrent rentrer chez eux à l'abri, en laissant tomber les vampires, leurs pires ennemis. Fait exceptionnel, l'Alpha Gabriel a sollicité l'aide de Sullivan et de Merit pour sa protection. Un contrat sur sa tête a été ordonné. Cela sent le grabuge et la trahison. Nos représentants de Cadogan ont de sérieux soucis à se faire. 
Et justement, la problématique politique frappera de plein fouet leur relation si compliquée... 
Ce tome 3 signe pour moi mon addiction totale et incompressible envers cette série. La lecture a juste été parfaite, j'en veux encore.

Twice Bitten (Chicagoland Vampires #3) - Chloe Neill
Published October 2010 by Gollancz 

- disponible en VF chez Milady : chloeneill3 

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Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
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Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


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