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Chez Clarabel
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16 août 2011

lectures de vacances #1

"There are no coincidences. And everything means something."

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Délicieuse ambiance que voilà ! Wicca est une série aux effets envoûtants, vis-à-vis de laquelle il ne faudrait pas se leurrer non plus, c'est l'histoire d'une adolescente de seize ans, qui se trouve quelconque, et qui tombe folle amoureuse du beau gosse du lycée, Cal, le nouveau venu, qui va également initier tout un petit groupe de lycéens à la Wicca. Miam, miam. La tournure des évènements fait des merveilles, c'est mystérieux et attrayant, bref je buvais du petit lait. Cela a su largement compenser l'aspect exaspérant qu'on retrouve dans les plates considérations adolescentes de Morgan, l'héroïne. Mes aïeux, qu'est-ce que c'est simplet ! Premiers émois amoureux, jalousie entre copines, fâcheries et vacheries, crises de colère, embrouilles avec les parents... ouhlala, c'est lourd ! (Oui, c'est l'âge.) Heureusement le thème de la Wicca fait oublier tout ce côté gonflant. J'ai été fascinée par le folklore, très curieuse d'en apprendre plus sur les origines de Morgan, de connaître l'histoire des anciens clans et de chercher à percer le mystère qui rôde autour de Cal, de sa mère et des autres personnages secondaires... Prenez donc votre mal en patience, il faut se farcir une petite nana qui joue avec nos nerfs, mais oubliez sa crise d'ado et plongez-vous dans l'univers captivant de la Wicca ! Cela vaut vraiment le détour.

Wicca, livre 1 : L'éveil - Cate Tiernan
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. 

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Cela ressemble à une petite brique noire, de plus de 400 pages. La couverture énigmatique donne le ton, ce sera fantastique et drôle et inventif, ou je ne m'y connais pas ! Dès le départ, nous faisons connaissance avec les trois personnages - Mélusine, Framboise et Tristan. Ce ne sont pas des adolescents ordinaires, ils possèdent des dons ou des capacités dont ils ignorent la portée jusqu'à ce qu'ils soient pris en charge par les dirigeants de l'université invisible. Isolés sur une île, ils appréhenderont les rouages de cette institution, vont parfaire leurs connaissances et développer ce qu'on nous présente comme étant une forme de télépathie et télékinésie en version plus élaborée. Au fil des chapitres, d'autres acteurs entrent en scène (des vampires, par exemple !) et de nouvelles données mettent à jour l'ambition teintée d'ambiguïté de l'université. Il ne faudrait pas croire que tout est parfait et altruiste dans ce monde ! Il se passe, bien évidemment, des tas de petits évènements qui, mis bout à bout, constituent une intrigue habile et haletante. Maëlle Fierpied a imaginé une société du futur vouée à la technologie (les livres sont rangés en tant que vieilleries), le fantastique y trempe un doigt de pied, j'ai même cru au début me rapprocher de la trilogie Phaenomen d'Erik L'Homme, mais finalement les similitudes sont beaucoup moins évidentes. Car ce que j'ai trouvé frais et très agréable ici, c'est l'humour un rien espiègle de l'auteur. Cela nous donne des personnages attachants, en gros des adolescents souvent susceptibles, boudeurs et bornés, mais doués et perspicaces, n'hésitant pas à braver les interdictions, et un rythme d'intrigue fluide et très digeste. J'ai juste un peu regretté la fin précipitée de cette tétrade, mais ceci dit je n'ai pas boudé mon plaisir et confirme que ce fut une lecture bien divertissante !

Chroniques de l'Université Invisible - Maëlle Fierpied
Ecole des Loisirs, coll. Medium, 2010. 

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3 mai 2011

Réel ou pas réel ?

(...) Rien n'indique que l'amour, l'attirance ou même la compatibilité de caractère pèseront dans ma décision. J'examinerai simplement ce que chacun de mes compagnons potentiels aura à m'offrir. Comme si, au bout du compte, tout se ramenait à la question de savoir qui du boulanger ou du chasseur saura me garantir la plus grande longévité. C'est horrible à dire de la part de Gale, et horrible à laisser dire de la part de Peeta. Surtout quand on sait que la moindre de mes émotions a aussitôt été récupérée et exploitée par le Capitole comme par les rebelles. Si je devais trancher maintenant, le choix serait simple. Je survivrais très bien sans aucun des deux.

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Vous ne serez jamais assez préparés pour encaisser le choc de cette lecture : troisième et dernier tome de la série Hunger Games, La Révolte surpasse les attentes les plus folles et Suzanne Collins n'hésite pas à nous servir un roman sans concession. C'est dur, douloureux, déprimant, violent, révoltant et plus encore. L'émotion est présente à chaque page car enfin la rébellion est en place. Katniss, l'héroïne, devenue le symbole du peuple oppressé, n'est pourtant plus que l'ombre d'elle-même, cassée moralement, doutant de chaque implication de ses paroles et gestes, mise en scène et manipulée par tous. C'est vous dire comme c'est fort et inattendu... La couverture d'un bleu représentant l'espoir n'est pas anodine, Katniss va s'arracher de ses chaînes pour obtenir sa liberté, mais à quel prix ! ? J'ai lu le roman en VO sitôt sa parution (fin août 2010), j'avais le coeur lourd au moment de tourner la dernière page, j'étais pleine d'amertume (et je le suis encore un peu) car ce livre est tout simplement bouleversant. Les mois ont passé et je n'ai pas su l'oublier. Aujourd'hui, même sa version française me fait frissonner et me rend la tête lourde. J'ai relu tous les passages les plus éprouvants, les plus renversants et de nouveau j'ai vibré au rythme du Mockingjay - le geai moqueur. C'est captivant, mais frustrant aussi. Bien des moments vous échapperont, vous feront hurler de dégoût et d'incompréhension. Mais c'est ce qui élève cette série au rang de rendez-vous exceptionnel et inoubliable. Mon coeur s'est à jamais perdu dans le District 12...

Hunger Games, tome 3 : La révolte - Suzanne Collins
Pocket jeunesse (2011) - 415 pages - 17,90€
traduit de l'anglais (USA) par Guillaume Fournier

1 mai 2009

mangamaniac #1

coeur_de_pirate

Tu es plus facile à faire qu'à comprendre et tomber, je n'ai pas pu te prendre
Partir trop loin de toi, j'ai voulu te manquer à tes yeux fins d'exister

Et au sud de mes peines, j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi
J'ai tenté de voler loin de toi

Tu es plus facile à suivre, dans la ville qui devient notre plus grande fuite
Et moi, étendue dans ce lit, je contemple ce que je t'ai donné de ma vie

Et au sud de mes peines j'évolue loin de toi
pour couvrir mon cœur d'une cire un peu noire
Que tous les regards lancés à mon égard,
j'ai tenté de voler loin de toi

paroles : coeur de pirate

 

 

 

 

*****

Switch Girl !  (Natsumi Aida)

switch_girlC'est exagéré, totalement grotesque, mais qu'est-ce que j'aime ça ! Ne pas se prendre au sérieux. Être soi-même. Se moquer du regard des autres. Nika est la fille la plus populaire de l'école, superbe, très belle, tirée à quatre épingles, son charisme est dévastateur. Par contre, Nika a un secret, qu'elle partage avec sa meilleure amie : en mode off, notre demoiselle se lâche, à bas la bienséance, l'attitude prout-prout, elle est complètement nature. Méconnaissable, avec ses vilaines lunettes, son survêtement lâche et sa culotte qui bouloche, une tue-l'amour finie !! Et pourtant, un garçon vient de découvrir le pot-aux-roses : Arata, le nouvel élève. Mais lui aussi cultive une double facette : au lycée il porte des binocles à double fond, alors qu'il a un charme fou sans sa panoplie d'enlaidissement. Pourquoi ce cinéma ? Arata est un garçon bizarre, très mystérieux, parfois il est gentil, mais souvent il envoie balader Nika. Schéma classique, mais qui fonctionne à merveille : l'histoire est drôle, surtout burlesque, mais la relation entre les deux promet de belles, belles scènes !!!

Delcourt, avril 2009 - 6,25€
Série en cours, le tome 2 sort en juin. :)

 

 

Lovey Dovey, tome 4 (Aya Oda)

lovey_doveyAvant-dernier épisode de cette série pas transcendante, mais fort sympathique, dans le genre comédie olé-olé rigolote. Cette fois-ci l'histoire insiste sur les tentatives de séparation du couple par leurs ennemis. Toutefois je regrette que tout trouve aussitôt sa solution, le suspense est creux, mais au moins on comprend pourquoi l'amour est interdit dans cette école ! On sent que la série se termine, tant ça piétine, par contre les déclarations entre les deux amants sont toujours aussi enflammées, ça fait plaisir à voir. Et la fin est craquante !
L'éditeur ne le précise pas, mais certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes / prudes
.

Soleil Manga, mars 2009 - 6,95€
Sortie du tome 5 début juin !!! yessss ! :)

Five, tome 1 (Shiori Furukawa)

fiveNouvelle élève, Hina intègre la classe A+ réservée aux cracks et dans laquelle on ne trouve que des garçons, et le fameux club des Five, soit cinq types canons et populaires, les coqueluches du lycée. En tête, Toshi la prend sous son aile et rompt avec son habitude de coureur de jupons. Devenue leur princesse, Hina découvre aussi l'amitié, elle qui a passé toute son enfance ballottée de ville en ville par ses parents.
A première vue, les dessins ne me plaisaient pas du tout, les personnages ont parfois de drôles de tête, mais on s'y habitue. L'histoire est vraiment bien, pas très originale, à prendre comme une bonne comédie sentimentale, et j'aime beaucoup ! Toshi et Hina entretiennent une jolie relation, pour l'instant encore chaste, mais ce jeu du chat et de la souris est aussi très mignon !

Kana, mars 2009 - 4,50€
série en cours, le tome 2 est déjà dispo.

Désir C Max, tome 5 (Ayane Ukyo)

desircmaxDe nouvelles révélations sur les liens familiaux entre Mio, Hinata et Shoei sont donc tombées. L'équilibre est chamboulé, et la jeune fille perd un peu la tête. Shoei se sent blessé mais n'en dit rien, il préfère agir avec force en manipulant l'élue de son coeur. Mio a le coeur pris en étau, Hinata a choisi de passer à l'attaque lui aussi, point d'inceste dans tout ceci, le garçon n'est pas plus son frère que Shoei. L'argent aidant, Shoei et Hinata se livrent un jeu cruel, qui brouille les sentiments de Mio.
La série a relevé la barre, tant mieux, le sujet était devenu glissant et salement pervers, je n'aimais pas trop. Le caractère de Shoei est toujours dérangeant, trop autoritaire et exigeant, c'est parfois écoeurant, par contre c'est à égalité avec ce qu'inspire Hinata, ce personnage, mal défini depuis le début de la série, devient un trublion dans l'intrigue sentimentale, prêt à tout pour séparer les amants.
Attention, l'éditeur le précise en tout petit mais ce manga comporte quelques scènes explicites. A ne pas mettre entre toutes les mains, j'insiste !

Panini Manga, février 2009 - 6,80€
Série terminée en 7 volumes : le tome 6 est déjà disponible, le 7 sort en juin ! :))
 

My first love, tome 1 (Kotomi Aoki)

myfirstloveA huit ans, Mayu et Takuma se déclarent leur amour et promettent de se marier quand ils seront plus grands. A douze ans, ils sont toujours inséparables mais le destin met son grain de sel. Très malade et soigné par le père de Mayu, Takuma apprend, lors de son voyage scolaire, qu'il est condamné à vivre jusqu'à vingt ans. Est-ce pour cette raison que le couple va se séparer au lycée ?
Ce premier tome est long à mettre en place l'histoire, on s'attarde sur l'enfance et l'adolescence des personnages, on comprend la grave maladie du garçon et la dévotion de la jeune fille. C'est un amour très pur et beau qui les lie, précoce aussi, je le conçois, je suis toujours impressionnée par ces histoires d'amour qui grandissent au fil des années, sans faillir, mais c'est de la fiction, ne blablatons pas plus ! Pour l'instant, on ne comprend pas encore pourquoi à l'âge de dix-huit ans tous deux auront rompu. Et c'est simplement dans le tome 2 que l'action décolle !
Mais ce n'est pas grave, ce début est prometteur et me convient tout à fait pour cerner la personnalité du couple. J'avais trouvé la couverture peu engageante, mais les dessins à l'intérieur sont plus jolis (en souhaitant que cela ne change pas pour la suite !).

Soleil Manga, mars 2009 - 6,95€
Série terminée en 12 volumes. Le tome 2 est déjà dispo, le 3 sort en juin.

NB : Utilisez les tags pour davantage d'infos ! ;o)

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21 décembre 2012

L'histoire du soir #35 : Lutin veille, par Astrid Lindgren & Kitty Crowther

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Dans une vieille ferme, où tout le monde dort, un lutin veille. Il habite un recoin de la grange et il sort la nuit, sans faire de bruit. Nul ne le voit jamais, mais les hommes devinent sa présence car parfois, au réveil, les traces de ses petits pieds sont dessinées dans la neige.

Le lutin va et vient à pas feutrés dans le clair de lune. Il veille sur sa ferme, et plus particulièrement sur les animaux. Le lutin leur parle à la manière d'un lutin, une petite langue silencieuse que seuls les animaux peuvent comprendre. Ainsi, il rassure la vache, le cheval, les moutons et les agneaux, puis les poules et le chien.

Quand il a fini son petit tour, le lutin s'en retourne chez lui, dans la grange, où vit aussi le chat qui attend dans le foin, car il veut son lait que lui donne le lutin. Il se glisse sous la couette, prend un livre et rêve de l'été. Tous les soirs, le lutin fait son va-et-vient à petits pas feutrés, entre les bâtiments. Il veille sur la ferme et ses habitants, pendant que les hommes dorment. Et cela dure depuis plusieurs centaines d'hivers...

Ce texte d'Astrid Lindgren est inspiré du personnage de Tomten, célèbre dans les pays du Nord. C'est un conte doux et apaisant, à lire et découvrir les soirs d'hiver, on comprend alors la nécessité de cultiver de belles histoires qui inspirent tant de chaleur dans ces pays où les hivers sont longs et rigoureux. 

Lutin veille, par Astrid Lindgren et Kitty Crowther (Pastel, 2012)

4 janvier 2009

L'Eglise des pas perdus - Rosamund Haden

51P4ny_hKiL__SS500_Catherine et Maria sont deux amies que rien ne sépare, malgré les apparences. Elles ont huit ans, l'une est la fille de la cuisinière, elle est noire ; l'autre est la fille du fermier, blanche et intrépide. Nous sommes en Afrique du Sud, sur les terres de l'apartheid. Katie a tout appris à Maria - l'anglais, lire, nager - et a juré de rester amies pour la vie. Les parents en décideront autrement, Catherine suit sa mère et part en Angleterre. Vingt longues années vont passer, et la jeune fille rentre au pays. Or, ses terres appartiennent maintenant au couple Fyncham. Et lorsque Catherine rencontre Tom la première fois, elle en a l'estomac noué. Il est beau, il est mystérieux, il est seul... elle se sent prête à tomber amoureuse, mais avant il faut comprendre. Quel triste sort a connu son père ? Où se trouve Isobel Fyncham ? Que cache Tom derrière ses virées nocturnes et les coups de fil qui crépitent ? Maria a-t-elle des réponses ? Et qui est ce garçon curieux qui rôde près de l'église lorsque la nuit est tombée ?

Ce roman est en fait un voyage, qui vous emmène loin, en Afrique du sud. L'apartheid n'est ici qu'effleuré, car on assiste davantage à une grande histoire d'amitié, d'amour, de passion et de drame. Il y a du charme et du mystère en puissance, beaucoup de sensualité, un paysage d'une beauté à couper le souffle... on s'y croirait. A Hebron, on piétine l'herbe folle dans les koppies, plonge sans frémir depuis un rocher pour se baigner dans l'eau fraîche de l'étang. On boit du whisky, flâne sur la véranda, admire le coucher de soleil et on s'égare sous une pluie d'orage. On vole, on roule fenêtres ouvertes, on danse, on nage, on aime, on se quitte, on tue aussi. C'est intense, il y a du secret derrière la volupté, des larmes derrière les élans du coeur. J'ai vraiment beaucoup aimé.

La musique d'Edmundo Ros envahit l'espace, la magie aussi se faufile par les visions de Maria, et l'ambiance dans l'église ensorcelle parce qu'elle suscite l'étrangeté. Bref, c'est une très belle découverte. Un roman admirable, qui pourrait se prêter à une adaptation cinématographique... j'imagine très bien Tom Fyncham sous les traits de Hugh Jackman (*). Cela peut vous dire combien les images sont très présentes, au coeur du roman ! Et le sentiment de chaleur, entrelacée à la torpeur, vous file des frissons sur tout le corps. Mais pas seulement. Lisez, vous comprendrez. 

(*) C'est pas ma faute... mais celle d'Ori !!!

Livre de poche, 2008 - 280 pages - 6,95€
traduit de l'anglais (Afrique du sud) par Judith Roze

--) Alice vient également de le lire...

et les avis de Brize, Praline, Delphine, Lo, Joëlle, Amanda

Une petite phrase, pour toutes les amoureuses de livres (qui se reconnaîtront) : « Elle est nulle en ménage, vous savez. Elle lit toute la journée. Elle a lu presque tous les livres de la bibliothèque. »

Acheter : L'Eglise des pas perdus

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2 janvier 2009

Où en étais-je ? - Philippe Beaussant

41tNV2PdDfL__SS500_Un écrivain, assis à sa table devant la fenêtre, scrute la rue qui s'offre à lui et s'invite dans son activité de noircisseur de pages. En un coup de crayon, sans ternir ni réfléchir, l'homme plonge dans la digression avec une élégance rare et appréciable. Il nous croque des histoires empruntées au précieux 17ème siècle, mouille sa plume dans les pièces de Molière ou redessine les contours flous des créatures croisées ci et là dans la rue. Tout commence par une voiture rouge, non pas une berline classique, d'abord le véhicule est d'un beau rouge coquelicot, mais un rien plus acide, tirant sur le corail, et il s'agit ensuite d'une belle américaine... d'un rêve galbé. Je n'invente rien, je suis, je souris car notre homme est un idolâtre du mot juste. A travers son récit, il nous explique en long, en large et en travers les dessous de son métier, celui d'écrivain. C'est une activité intense, épuisante, excitante aussi. Il soupire d'être incompris, il brûle d'évoquer le roman tel un civet de lapin qui se hume et s'apprécie avant et après... Tout un programme.
Cette lecture est une invitation au voyage littéraire, de façon poétique et juste elle déploie les ailes de la digression. Il est conseillé au lecteur de se prêter au jeu, sous peine d'être recalé, sinon perdu en chemin.
De l'intelligence, de la poésie, de l'imagination, de l'effronterie, de la folie, de l'étrangeté aussi... l'académicien Philippe Beaussant nous en offre comme sur un plateau.

Fayard, 2008 - 202 pages - 17€

2 octobre 2012

“My enemies are everywhere. And sometimes, those we least suspect turn out to be our biggest threats.”

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Je me suis replongée avec angoisse et excitation dans la série The Lying Game, avec ce deuxième tome qui s'inscrit dans la directe lignée du premier. Emma tente de résoudre le meurtre de sa soeur Sutton en se faisant passer pour elle, même si cela lui réserve toujours autant de désagréables surprises. Les jumelles ont des tempéraments opposés, Emma est donc décontenancée par le déferlement de haine et de jalousie qu'a su exacerber Sutton. Celle-ci, qui intervient in petto, est également spectatrice de sa pitoyable existence et prend conscience du mal qu'elle a fait autour d'elle, sauf que c'est un peu tard pour réparer les dégâts !

Ce deuxième tome va se focaliser sur les Jumelles Twitteuses et revenir sur l'incident du train, où Sutton aurait une nouvelle fois joué un rôle peu honorable. La pression est poussée à son maximum, car il est impossible de ne pas remettre en question l'honnêteté de tous les personnages, entre les copines qui se comportent comme des garces entre elles, les garçons qui sont trop beaux pour être vrais et dégainent habilement leur amertume au moindre faux pas, sans oublier les parents, pourquoi pas, leur rôle aussi est trouble et peut-être dangereux. Le climat est basé sur une telle tension psychologique qu'on n'a jamais l'esprit en paix. On doute de tout, et de tous.

Il y a notamment un passage où les filles partent en randonnée dans le désert et qui montre bien la perversité du scénario, car on a franchement les chocottes à ce moment-là. Les nanas sont de vraies folles, la frontière entre le jeu et l'enjeu est tellement mince, ce n'est plus étonnant que l'une d'elles ait finalement trouvé la mort ! Bref, pour ceux qui apprécient les ambiances angoissantes et les intrigues avec des noeuds impossibles à délier, voilà une série qui ne devrait pas les décevoir. On mord très vite à l'hameçon et on n'a qu'une envie, passer au chapitre suivant et en découvrir toujours plus, en supputant des tas de théories !

The Lying Game, tome 2 : Ne jamais dire jamais, par Sara Shepard
Fleuve Noir, coll. Territoires, 2012 - traduit par Isabelle Troin 

-) à découvrir : le nouveau morceau de -M- (sortie de l'album en novembre) youhou !!!

1 octobre 2012

"I know you can hear me. The guy I love is still in there. Come back to me."

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** Spoilers droit devant ! ** Nous retrouvons la spectrale Bianca et le très vampirique Lucas, condamnés à retourner à Evernight où Mrs Bethany, cruelle et impitoyable, promet de ne pas rester les bras croisés, avec ce sourire énigmatique et ce regard hautain plaqués sur le visage, pour bien longtemps ! En effet, elle prépare un projet fou en cherchant à emprisonner les fantômes ancrés aux humains. Pourquoi, comment ? Notre couple va se donner la peine de trouver des explications.

Ce n'est pourtant qu'une goutte d'eau dans un océan, pas seulement parce que l'ambition démesurée de la directrice représente une vraie menace pour toute l'humanité, c'est surtout la nouvelle condition du couple qui pose un gros dilemme. Ils ont été maudits, condamnés, seuls contre tous... Maintenant, ils sont pire que tout : immortels, mais sans espoir de vivre ensemble. C'est compliqué, je sais, mais si je lâche le morceau, ce ne sera plus drôle pour les prochains lecteurs.

En fait, j'ai trouvé ce dernier tome assommant de romantisme, de lyrisme et d'absolutisme... que du -isme gonflant dont certaines séries pour ados s'abreuvent, à tort, car cela représente tout ce qui me pompe l'air dans ce créneau ! Donc, vraiment dommage. Un peu d'humour, par exemple, ne fait jamais de mal. J'ai apprécié le retour à Evernight (l'académie me manquait), mais les idées sur l'immortalité, le retour à la vie, le mélange des sangs, les sacrifices et tout ça, pfff, j'ai eu du mal. Je regrette aussi la présence effacée de Balthazar, personnage qui deviendra le héros exclusif du 5ème livre, avec la jeune Skye Tierney, mais ce sera un roman totalement indépendant de la série. Donc, voilà la fin de l'histoire, sans surprise, sans éclat, et tellement sirupeuse. Finalement seuls les deux premiers tomes de cette saga valaient le coup d'oeil, le reste... c'est moyen.

Evernight (Livre IV), par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2012 - traduit par Cécile Chartres

“You’ll live forever and being remembered by you is the only immortality I’ll ever need if I only live on as a part of you – Bianca, that’s my idea of heaven.” 

18 septembre 2012

Une maison n'est jamais tranquille dans l'obscurité pour ceux qui écoutent intensément.

Jonna vit dans un orphelinat et n'a qu'un rêve : être adoptée par une jolie maman coiffée en chignon et un gentil papa aux souliers vernis. Or, un jour, déboule une vieille voiture déglinguée, d'où surgissent deux jambes poilues à moitié couvertes par un jean miteux, puis un torse velu, et enfin une grosse tête noire en forme de poire avec un sourire idiot. C'est un gorille ! La directrice ne laissera jamais cette espèce de guenon crasseuse adopter un enfant, Jonna en est sûre. Et pourtant, horreur ! C'est elle que la gorille choisit...

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C'est une histoire totalement hallucinante, révélée par ce roman à la jolie couverture illustrée par Arnaud Boutin, et dont le titre aux accents excentriques ne fait pas de doute sur la question. Mais il faut dépasser les premières impressions et en apprendre plus sur Jonna et sa maman gorille, qui vivent sur un terrain convoité par la mairie, et qui sont confrontées aux bêtises et aux jugements des autres. 

La fillette aussi va changer d'état d'esprit, car au départ elle n'était pas fière d'avoir été choisie par cette maman hors du commun, elle avait peur et honte de se promener en sa compagnie. Finalement une tendre complicité va naître entre elles. Elles vont apprendre à mieux se connaître, à discuter, partager leurs désirs, leurs rêves et leurs peines. 

"Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être." écrit Jonna, à la fin.
En effet, son histoire se pose comme un rappel à l'ordre : il faut combattre les préjugés, avoir droit à la différence, s'accepter, se tolérer, ne pas juger. Il faut dénoncer la méchanceté et l'ignorance, afficher sa fantaisie, revendiquer sa part du bonheur. Cette lecture en apparence futile et légère se révèle donc beaucoup plus profonde et pertinente dans sa réflexion.
Une découverte attendrissante et faussement cocasse
.

Ma mère est un gorille (et alors ?), par Frida Nilsson 
Bayard jeunesse, 2011 - traduit du suédois par Ludivine Verbeke

Voilà une nouvelle série pour les juniors : Esprit, es-tu là ? Ce premier tome est une lecture bien gentille, autour d'une héroïne, Kate, qui se découvre médium, comme sa mère, le jour de ses 13 ans. Au collège, elle se frite avec la fille la plus populaire mais devient copine avec une nouvelle venue, Jac, qui se trimballe partout avec son violoncelle (son boulet, dit-elle). Elle aussi a un secret, et comme par hasard, tout est lié par des fils invisibles. L'issue peut sembler placide, il ne faut pas s'attendre à de grands frissons, mais le suspense tient la route et titille notre curiosité jusqu'au bout. Cette série sans prétention a de beaux atouts pour séduire les plus jeunes (à partir de 10 ans). Elle mêle habilement vie quotidienne, fantastique, humour et suspense.

Le fantôme de la bibliothèque, par Elizabeth Cody Kimmel
Bayard jeunesse, coll. Estampille, 2012 - traduit de l'américain par Anne Lauricella
illustration de couverture : Lucie Durbiano

3 octobre 2012

“...maybe hope isn't such a bad thing. Maybe it's what keeps us together.”

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Cette suite n'aura pas connu le même enthousiasme ravi et débordant, comme cela avait été le cas pour le 1er tome, Ephémère, tant les deux livres ne se ressemblent en rien ! ** risque de spoilers ** La fuite de Rhine et Gabriel est à moitié une réussite, ils ont quitté le manoir de Vaughn mais sont rapidement kidnappés par une vieille maquerelle, au coeur d'une fête foraine, un endroit faussement féérique puisque les filles sont retenues contre leur gré, droguées, battues et abusées sexuellement.

Nous effectuons donc nos premiers pas dans une ambiance sordide et démoralisante, à la rigueur je n'ai rien contre, je trouve que c'est une bonne prise de risque de la part de l'auteur, qui s'affranchit de la tendance mielleuse du moment à vouloir rester lisse et consensuelle en toutes circonstances. Lauren DeStefano, par exemple, ose aborder des sujets à prendre avec des pincettes (la prostitution, la drogue, la dépendance, le sexe aussi) avec une franchise non déplacée. Alors pour une fois qu'un auteur sort des sentiers battus, je ne vais pas bouder non plus.

Le problème, c'est qu'à force de peindre tout en noir, on a le moral dans les chaussettes à la fin du roman ! (J'étais soulagée de tourner la dernière page.) Dans le premier tome, nous avions eu droit à l'illusion du bonheur au sein du manoir, auprès de Linden, maintenant on découvre l'état du monde extérieur, complètement ravagé, auprès de Gabriel. Le contraste est saisissant, et j'avoue une préférence pour l'atmosphère languide et oppressante de la première partie. J'ignore quelle issue possible s'offrira à Rhine, mais cela laisse la porte grande ouverte au dénouement ! De plus, j'ai grandement apprécié la plume, belle et envoûtante, de Lauren DeStefano. A l'instar d'autres auteurs anglo-saxons, comme Maggie Stiefvater ou Tessa Gratton, elle se libère du simplisme dont souffrent de plus en plus les romans pour ados pour une vraie qualité littéraire, fortement appréciable.

Fugitive (Le Dernier Jardin #2) - Lauren DeStefano  
Castelmore, 2012 - traduit par Tristan Lathière 

27 septembre 2012

“Come on, Mercer. Me, you, the cellar. What could go wrong?”

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Ce tome est la conclusion parfaite d'une série qui a su jouer avec intelligence avec les codes des romans pour jeunes ados, en mêlant romance, action, magie et humour sans se prendre au sérieux. Résultat, le cocktail est enivrant ! On retrouve une Sophie Mercer rescapée d'un désastre sans nom survenu à Londres, ses alliés les plus fidèles ont disparu et c'est au sein du clan des soeurs Brannick, ses ennemies, qu'elle trouve refuge. Bizarre, bizarre. L'auteur a réussi là une belle pirouette, un projet de série spin-off est d'ailleurs à l'étude, quelle coïncidence !

Pendant toute la première partie, nous explorons l'univers de ces sorcières chasseuses de démons et faisons connaissance avec de nouveaux personnages, en soupirant bien fort pour les retrouver tôt ou tard. Puis, retour aux sources, à Hex Hall, le lieu de tous les dangers... je n'en dévoile pas davantage, mais la tension va être poussée d'un cran et on va subir des bouffées d'angoisse et de stress au fil des chapitres, d'autant plus que le rythme va vicieusement ralentir, l'intrigue piétiner et nous faire râler in petto. Dans la dernière ligne droite, subitement ça s'énerve, les solutions affluent mais les dangers ne sont pas écartés, ni les sacrifices non plus (une pensée particulière pour UN personnage dont on taira l'identité, cette scène est douloureuse !!!).

J'ai relu ce roman en une soirée et l'ai pleinement savouré. J'y ai retrouvé tous les éléments qui avaient su m'enchanter dès la première lecture, avec le tome 1. Pour moi, c'est l'exemple parfait de la série qui sait divertir sans forcément rouler des mécaniques, et cet enthousiasme est communicatif. Vous connaissez des petites lectrices de 12-13 ans qui ne savent pas quoi lire ? Conseillez Hex Hall, c'est le succès assuré !

Hex Hall, tome 3 : Le sacrifice, par Rachel Hawkins
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Raphaële Eschenbrenner

24 mai 2007

Pour les lecteurs dès 10 ans

Folio Junior fête ses 30 ans et, pour l'occasion, arbore un design nouveau, flambant neuf, pour donner encore plus de tonus à leur collection ! ... J'aime bien la phrase qui caractère celle-ci : Rire, frissonner, imaginer, vibrer, rêver, découvrir, réfléchir, partir à l'aventure ... Lire un folio junior, c'est se laisser emporter dans un monde nouveau.

En voici un échantillon :

manuelo_de_la_plaineLe 21 juin 1937, premier jour de l'été, Manuelo est fou de joie : il vient d'être reçu premier au certificat d'études primaires. C'est une sacrée fierté pour ce fils d'immigrés portugais, installés dans l'impasse Boise, à la Plaine Saint-Denis. Le même jour, Manuelo apprend que sa mère est gravement malade, qu'elle souffre de tuberculose et que la famille n'a pas les moyens de l'envoyer se soigner au sanatorium.

Sans rien dire, Manuelo et sa bande de copains vont chercher du boulot. Ils n'ont pas 13 ans et pourtant ils trichent, osent affichent 15 ans, sont enrôlés dans une usine des "Petits Chevaux" ou tentent le tout pour le tout en risquant leur peau à bord d'un train à charbon. La vie est difficile et rude, mais le quartier est solidaire, souhaite échapper au misérabilisme en organisant des soirées dansantes dans les cafés ou des sorties au cinéma.

Manuelo de la Plaine est un roman très court mais qui ne peut pas laisser insensible. Il permet de rappeler la condition difficile des travailleurs immigrés, dans les années 30-40. De plus, le conflit en Espagne n'est pas loin et on en lit les grosses lignes entre les aventures de Manuelo, ce garçon au grand coeur, dépassé par les événements, et qui parfois s'oublie dans l'ingratitude et l'égoïsme.

Ce roman pour la jeunesse est écrit par Valentine Goby, autrement connue pour être l'auteur de La note sensible, Sept jours et L'antilope blanche.

Illustrations de François Lachèze. 92 pages

soupe_de_poissons_rougesLe retour de la famille des Jean-quelque chose ! Papa, maman et les six garçons ont donc quitté Cherbourg pour s'installer à Toulon. Jean-B entre en 6ème, l'absence de son meilleur ami le déprime un peu mais son frère Jean-A le tarabuste un bon coup et notre garçon va reprendre du poil de la bête !

Cette chronique familiale demeure attachante, désopilante. Les Jean-quelque chose sont de gentils garçons qui ne manquent pas d'imagination, ils n'ont pas la télé chez eux (flûte ! ils vont louper leur épisode de Zorro !) mais ils passent leur temps à jouer aux 1000 Bornes, à construire une cabane et un plan d'attaque contre le gang des Castors. Ils jouent à la carabine à patates, ont des nouveaux amis, des poissons rouges ( Wellington et Zakouski), une voisine qui leur offre des pâtisseries alsaciennes. Ils se rendent pour la 1ère fois à une boum, à la plage (interdiction de se baigner après manger, leur médecin de père recommande deux heures de répit !).

Encore un sympathique épisode des péripéties de la famille des Jean-quelque chose, de la maman très organisée et d'un papa qui sait tout faire de ses dix doigts !  Incontournable.

La soupe de poissons rouges, avec des illustrations de Dominique Corbasson. Egalement disponibles : L'omelette au sucre & Le camembert volant.  135 pages

reviens_papaLa jeune Emie et sa famille fêtent Noël et pensent qu'il s'agit d'une journée extraordinaire grâce aux cadeaux fantastiques qu'ils ont tous reçus ! Mais ce soir-là, Emie surprend son beau-père au téléphone avec une autre femme. Le drame éclate et papa annonce qu'il quitte la maison.

Emie, Vita et Maxie sont désespérés, comme leur mère. Seule leur grand-mère, chez qui ils vivent (pour une question de moyens financiers), exprime sa colère et remue toute la troupe un peu trop vivement. Il est difficile pour les enfants de comprendre le départ du papa, qu'ils vont voir de temps en temps avant de faire connaissance avec sa nouvelle petite amie. Les situations de catastrophes et de dépits sont nombreuses, et on suit cette histoire à travers le monologue de la jeune Emie, âgée de 12 ans. Celle-ci est un peu ronde, n'a jamais connu son vrai père, lit avec passion les romans de Jenna Williams et va commencer à raconter de fabuleuses histoires.

L'atmosphère oscille entre les rires, les larmes, les crises d'incompréhension et de colère. Reviens, papa ! est un livre actuel et qui traite de la famille et de la séparation. C'est un ensemble d'émotion et d'humour qui plaira aux adolescents, davantage qu'aux parents, plus sévères sur le dénouement de cette histoire. Mais c'est très bien écrit, très agréable à lire, avec une ambiance totally british.

Jacqueline Wilson / illustrations d'Anne Simon. 316 pages

girafe_blancheDans la nuit suivant sa journée d'anniversaire, Juliette, 11 ans, est réveillée par un rêve puis par la sensation de brûlé dans la maison. Effectivement, il y a le feu ! Juliette parvient à se sauver, mais découvre trop tard que ses parents sont restés prisonniers des flammes.

Brutalement orpheline, Juliette apprend qu'elle est confiée à la tutelle de sa grand-mère, Gwyn Thomas, qui vit en Afrique du Sud où elle s'occupe d'une réserve. L'arrivée dans cette nouvelle vie n'est pas sans bouleverser la jeune fille, et l'accueil de la grand-mère n'est franchement pas chaleureux. La cohabitation s'annonce difficile, et tout semble plus compliqué pour Juliette.

Mais d'un autre côté, l'adolescente va découvrir un monde nouveau, un univers enthousiasmant où on parle de légendes, d'animaux et de cultures ancestrales. D'ailleurs, une ancienne connaissance de Gwyn va confier à Juliette "qu'elle possède un don". Impossible d'en savoir plus.

Dans la nuit, Juliette croit apercevoir une girafe blanche. Est-ce un rêve ? On parle d'un conte autour de cet animal, certains prétendent que ce sont des sornettes, d'autres restent plus mystérieux. Il y a, toutefois, un point inquiétant : les braconniers qui espèrent mettre la main sur cette créature exceptionnelle.

Entre mythe, songe et sorcellerie, La girafe blanche se veut une histoire tout à fait passionnante. Elle suit les traces d'une jeune fille solitaire, et finalement guère ordinaire, qui découvre un monde inconnu et inattendu. A lire, c'est tout simplement captivant ! L'atmosphère africaine est bien rendue, l'auteur a passé son enfance au Zimbabwe, en bordure d'une réserve animalière. Son sujet n'est donc pas brodé à la légère.

Il est appréciable aussi de partager les conflits de Juliette, à l'école, avec sa grand-mère et dans la réserve, contre les braconniers. C'est à la fois poignant et léger, bien dans l'esprit actuel je trouve. Ce livre annonce une trilogie, à suivre donc ! Avec plaisir.

Lauren St John / illustrations de David Dean. 220 pages.

10 décembre 2012

Les Chroniques de Wolf Springs, tome 1 : Déchaînés, par Nancy Holder et Debbie Viguié

“What kind of freaks are they? Is this some result of banjo inbreeding?”

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Katelyn vient de perdre sa mère, elle quitte la Californie pour s'installer chez son grand-père, Mordecai McBride, qu'elle ne connaît pas du tout. C'est un type rustre, qui aime la chasse et la solitude, il impose à sa petite-fille des règles de vie très strictes : pas de sortie la nuit tombée, pas de promenade dans la forêt environnante, pas de balade en solo, tout simplement, et des leçons pour apprendre à tirer avec une arme à feu. Huuu, quel scandale pour cette petite mijorée herbivore, qui passe son temps à se plaindre et à pleurnicher.

Déjà, Katelyn ne me plaît pas des masses ! Mais je fais l'impasse, après tout l'ambiance de Wolf Springs n'est pas dénuée de charme, si l'on apprécie le côté petite ville américaine, figée dans le temps, baignant dans ses légendes, ses mystères et ses secrets. Un peu de poudre aux yeux, et me voilà presque séduite. Katelyn entame sa vie de lycéenne, se lie d'amitié avec Cordélia, une solitaire qui ne s'entend pas non plus avec sa famille, et fait la route tous les jours avec Trick, le mauvais garçon aux blagues pourries, mais très chevaleresque, ce qui pourrait chatouiller la jeune fille.

Bon, celle-ci croise aussi le cousin de Cordélia, Justin le motard, et là c'est le coup de foudre. Du genre, magnétisme animal. Elle lui saute dessus, il lui avale la langue, elle s'accroche à lui comme à une bouée de secours, il pourrait la dévorer sur place. Ahem et triple ahem. Après ce petit flirt très poussé, Katelyn tente de remettre ses idées en place en bûchant sur son exposé (une vieille histoire sur une mine d'argent, et un Cerbère qui sème la terreur dans la région). Dans le même temps, Wolf Springs est frappé par une série de meurtres. Les langues se délient, les masques tombent, Katelyn court tous les risques et sa nouvelle meilleure amie ne cesse de pâlir, blêmir et balbutie des excuses à la gomme.

Au programme, donc, un enchaînement d'évènements, de non-évènements, de passions débridées, d'émotions fortes et de révélations fracassantes... Pfiou ! J'ai slalomé sur la piste entre le bon et le moins bon, mais au final je sors décontenancée par ma lecture, riche en promesses, mais tenues à la légère. Peut-être la faute à une construction malhabile, des personnages qui s'éparpillent et font des grands gestes en poussant des cris très fort, sans le moindre intérêt. C'est un peu dommage, j'avais perçu le potentiel du livre, mais au final il me laisse insatisfaite et frustrée. La suite tranchera ! Sans quoi, je suggère aussi la découverte d'une autre série méconnue, 13 to Life de Shannon Delany - j'en appelle aux éditeurs français !

Milan, coll. Macadam, 2012  -  traduit par Marie Cambolieu

15 juin 2012

“Want to start a fairy-tale romance with me?”

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Bon, très sincèrement j'ai entamé ma lecture sur une note d'ennui, je trouvais l'histoire gnangnan et molle, j'étais moyennement séduite. Et puis le miracle s'est produit tout doucement, je crois que le coupable porte le nom de Brendan A. Salinger. Mea culpa, mea maxima culpa. J'ai perdu tout sens commun face à ce garçon au charme irrésistible ! D'abord il nous apparaît comme un pur sauvageon d'humeur lunatique, sexy en diable, avec son regard émeraude qui met notre héroïne, Emma, sens dessus dessous. Cette fascination s'explique aussi parce que la demoiselle est complètement “envoûtée”, au sens strict du terme, par le jeune homme, qui ne cesse de la snober honteusement.

L'intrigue du roman est plutôt moyenne, avouons-le, c'est encore et toujours l'histoire d'une romance entre deux adolescents, marquée par une malédiction. Ce n'est pas nouveau mais c'est efficace. Nos deux chéris se tournent autour pendant plusieurs chapitres, avant de céder à la tentation. Il semblerait même que cette tendre affinité fasse son petit effet, car le couple fonctionne à merveille. Les personnages secondaires sont particulièrement repoussants, machiavéliques et horripilants (miss Kristin et sieur Anthony, bleh !). Leur pugnacité à empoisonner l'existence d'Emma fait d'ailleurs lever les yeux au ciel, mais je pense qu'il y a matière à épiloguer.

Sans mentir, l'histoire dégage un parfum de conte de fées, particulièrement enivrant. J'étais complètement gaga à la fin... la honte. Enfin bon, je ne vous fais pas un dessin, vous voyez le genre. Je me suis surprise à avaler les pages du livre avec enthousiasme, tout n'est pas parfait non plus, mais dans l'idée de passer du bon temps, en se vidant l'esprit, cette lecture est à prescrire avec les compliments de votre libraire (huhu).

Envoûtement, par Cara Lynn Shultz
Harlequin, coll. Darkiss, 2012 - traduction de Juliette Bouchery 

4 mai 2012

"I told you, I have no desire to put myself under the thumb of any man, ever again."

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Par une nuit pluvieuse, Gabriel rencontre Callie et son fils Nicky au bord d'une falaise. La jeune femme cherche un abri pour son fils, sans révéler toutefois qu'elle est princesse et lui prince héritier, menacé de mort, et qu'elle souhaite se tenir à distance de ses ennemis, sans éveiller le moindre soupçon. Lui, Gabriel, ne voit qu'une belle dame au caractère trempé, veuve, elle a décidé de mener sa barque en toute indépendance, ne voulant plus subir le joug masculin. Il lui offre le gîte et le couvert, elle accepte... du bout des lèvres.

A sa façon, Callie est adorable dans son obstination à ne vouloir compter sur personne, à maintenir ses origines secrètes et à surprotéger son fils. Nicky a une jambe boiteuse, il a peur des chevaux mais ne demande pas mieux de vivre comme un gamin normal, si bien qu'il se sent très vite à l'aise chez Gabriel. C'est un homme remarquable, très attentif, taquin aussi. Il est totalement sous le charme de Callie, et le lui fait savoir en lui volant des baisers, elle joue les belles effarouchées, qui tape du pied et du poing, mais n'en paraît pas moins insensible pour autant.

Il y a aussi toute une petite tribu qui vient se greffer au trio, ce sont des personnages secondaires très attachants, qui rendent le récit encore plus fluide et agréable à suivre. On se glisse avec aisance et bonheur dans l'existence de cette communauté, on s'y sent très bien, mais pour les besoins de l'intrigue, il faut que ça bouge à Londres, où on prend réellement connaissance avec les fameux Archanges du Diable (c'est le nom de cette série !). Et là, la famille de Gabriel Renfrew dévoile ses secrets, ou une partie, ce qui augure de belles heures de lecture. C'est d'ailleurs ce que je retiens de cette jolie romance, une touche de délicatesse et de romantisme, c'est mignon comme tout, ça ressemble à un cocon douillet, on aime les personnages, il y a une belle alchimie au sein du couple, l'histoire connaît quelques revers avec une fin en suspension (toutes les questions n'ont pas eu leurs réponses, il me semble, qu'en est-il du vilain de l'histoire ?!). En somme, c'est une lecture classique et potable, une mise en bouche savoureuse, où il manque toutefois un petit ingrédient indéfinissable...

Le Cavalier de l'orage (Les Archanges du Diable #1), par Anne Gracie
J'ai Lu Aventures & Passions, 2012 - traduit par Catherine Berthet 

4 mars 2013

"I met a girl in the rain, who had lost her mother's earrings. And I killed her."

Enfin, la suite d'Humaine :

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L'histoire reprend exactement là où elle se terminait dans le tome 1, et sincèrement ce n'est pas difficile de se familiariser à nouveau avec ce qu'il se passe, car les évènements ont pris une telle tournure qu'on ne peut que suivre le rythme imposé. Le temps de la contemplation, des envolées lyriques et des descriptions émerveillées sur le plaisir de reprendre goût à la vie est bel et bien révolu. Désormais Lenah doit rendre des comptes et, même si elle tente de s'accrocher à son petit univers, ses erreurs du passé ne cessent de la rattraper.

Vicken a donc été sauvé par Lenah au terme d'un nouveau rituel. Rhode également est de retour et Justin, comprenant qu'il est de trop, prend ses distances avec une certaine amertume. Il est bon de souligner que les sentiments de Lenah sont encore très forts pour tous ses prétendants, et chacun remplira un rôle bien défini au cours de l'histoire. Attendez-vous à des cœurs qui s'emballent, des ventres noués et des sourcils qui se haussent de surprise, car l'aventure promet monts et merveilles.

Lenah doit donc affronter la présence d'un vampire sur le campus de Wickham, un vampire redoutable et sanguinaire, qui n'hésitera pas à tuer tous les proches de la jeune fille jusqu'à ce que celle-ci accepte de lui céder les secrets du rituel. Mais Lenah est sous le coup d'un blâme des Aeris, les vamps qui dictent les règles. Ils sont fâchés après elle pour avoir pratiqué la magie et lui imposent de choisir entre retourner dans le passé et sauver toutes les âmes qu'elle a volées, ou demeurer dans le présent, mais avec l'interdiction d'aimer librement Rhode.

L'ambiance dans cette suite est donc totalement opposée à ce que la série avait suggérée en premier lieu, et franchement j'ai beaucoup aimé cette nouvelle orientation. Reste du premier tome une sensation de charme éthéré, mais l'histoire a clairement évolué. Les personnages seraient ridicules de se comporter comme des adolescents lambda, aussi l'auteur n'a pas hésité à les brusquer, en multipliant les pertes et les victimes, en les mettant face à des choix douloureux ou au cœur de situations inextricables, et en proposant des solutions hasardeuses. J'espère que l'attente pour la suite ne sera pas trop longue, aucune date n'a été annoncée à ce jour.

Âmes soeurs (Humaine #2), par Rebecca Maizel
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Rebecca de Hassard

 A écouter : le nouveau single de Vanessa Paradis (en attendant l'album le 13 mai) ♥

26 novembre 2020

Rira bien qui rira le dernier (Hamish Macbeth #7), de M. C. Beaton

Rira bien qui rira le dernier Hamish Macbeth 7Une réunion familiale qui vire à la soupe à la grimace ? Rendez-vous chez les Trent qui s'attendaient à se recueillir auprès d'un vieil homme mourant et qui réalisent trop tard avoir été les dindons de la farce. Encore une fois. Andrew Trent est en effet connu pour ses vilaines blagues, sauf qu'elles ne font rire personne. Ses proches n'en peuvent plus. Surtout qu'ils s'imaginaient assister à son trépas puis à la lecture du testament. Bref. Cette déconfiture vient plomber tous les projets.

Heureusement un meurtre va mettre un peu de piment au séjour et Hamish Macbeth va débarquer avec ses gros sabots. Celui-ci va vite se rendre compte que les membres de cette famille sont tous cinglés et détestables. Nul n'est affligé par le drame qui se joue. Lui aussi est désarçonné par ce qu'il découvre - a priori l'enquête ressemble à un huis-clos rempli d'amertume et de rancœur - mais sa présence va aussi mettre un peu d'ordre au chaos.

Tiens donc, cette chère Priscilla est dans la place et prête une oreille attentive aux spéculations de son ami. Ouf ! Le malentendu sentimental entre eux semble dissiper. Hamish a admis qu'il n'était plus amoureux d'elle. Elle a digéré la pilule mais se montre un tantinet jalouse dès qu'une péronnelle s'approche trop près. Ça va, c'est de bonne guerre - l'ensemble de la lecture ayant été salutaire et très apprécié. J'aime bien cette série écossaise, son ambiance cosy et ses intrigues criminelles habilement troussées (je n'avais rien deviné). Hamish Macbeth est un bon bougre débonnaire et très sympa comme rencart.

©2020 Albin Michel (P)2020 Audible Studios

EXCELLENTE LECTURE AUDIO ! J'aime beaucoup le travail proposé par François Delaive - sans fausse note. Il ne ridiculise pas Hamish donc c'est bien. 🤭

⭐⭐⭐⭐

11 novembre 2020

L'amour est un dessert... qui se mange à deux, de Cécilia City

L'amour est un dessert qui se mange à deuxPetite hésitation avant de découvrir ce roman. Je n'étais pas emballée par la présentation mais j'ai craqué pour la couverture ! ♡(.◜ω◝.)♡

Lila a le béguin pour Loris qui est marié mais malheureux en ménage sauf qu'il veut préserver son petit garçon et ne souhaite pas divorcer. Loris et Lila travaillent ensemble dans la pâtisserie familiale (la Maison Dorée). Leur complicité ne fait aucun doute pour leurs proches qui guettent avec hâte le moindre rapprochement. Lila aussi se sent prête de lui sauter au cou alors que Loris ne cesse de souffler le chaud et le froid sous des prétextes bidon. Soupirs et longs soupirs.

D'entrée de jeu, j'ai eu du mal à me situer. Faut-il aimer ou pas Loris ? Le type est marié (wesh). Son comportement avec Lila est louche. Encore une amitié amoureuse qui me laisse dubitative - cf. Viens, on s'aime de M. Moncomble. Quid d'Arthur ? Le rouquin flamboyant, trop charmant pour être honnête ? Avouez qu'on s'y perd ! C'est d'ailleurs rare de douter autant dans une romance !

J'ai donc choisi de tricher (amen) en lisant les deux derniers chapitres du roman. Je voulais en avoir le cœur net car je n'aimais pas cette sensation de flou. En plus, je n'étais pas attirée par Loris. Au final, je suis toujours dans le doute car j'ai adoré certains passages, j'ai ri aux éclats et j'ai bien aimé l'ambiance générale (légère, insouciante et sucrée). Mais quel bazar aussi !

J'ai vraiment eu le sentiment d'avoir été prise pour une girouette. Ça tourne dans tous les sens, ça t'envoie des paillettes et ça t'embrouille les idées. Oui, oui. Le dénouement est assez inattendu car les indices sont éparpillés. Et surtout, ce n'est pas un triangle amoureux. Tous ne jouent pas franc jeu et on ne sait jamais sur quel pied danser. Enfin, voilà un charmant micmac ! Gourmand, croquant et confondant.

Harlequin / HQN / 2020

#Lamourestundessertquisemangeàdeux #NetGalleyFrance

⭐⭐⭐

7 octobre 2020

La promesse, de Mia Sheridan

La promesseCela aurait pu être une lecture PARFAITE si la fin n'avait pas été aussi poussive : avalanche de mélodrames, de larmes, de cris, de chantages, de quiproquos et de départs. Vraiment, TOO MUCH.

À part ça la relation du couple est adorable, lui grincheux et méfiant, elle pétillante et d'un optimisme à toute épreuve. On frétille devant leurs petits jeux de séduction, même involontaires. Lui la voit comme une princesse gâtée et tombée de son piédestal, alors qu'elle est simplement en quête de rédemption.

Kira et Grayson se méprennent donc sur leurs intentions réciproques. Et, ma foi, ça donne un roman assez excitant et qui prend son temps. Avec très peu de sexe, notamment !!! Les sentiments sont privilégies, la patience et la découverte aussi. Eh oui, c'est possible.

C'est une lecture qui m'a fait beaucoup sourire mais qui cherche trop à toucher aussi. C'est assez regrettable d'avoir autant de révélations fracassantes dans les derniers chapitres. Où l'attitude de Grayson est définitivement impardonnable. J'ai été très déçue de ses sautes d'humeur et ses jugements hâtifs. Je n'en pouvais plus de lui, c'était foutu pour moi.

Sinon, gros big up pour la scène du bal qui est d'un romantisme fou et qui me rappelle combien ce roman a su être merveilleux pendant très, très longtemps !

©2017 Hugo Roman (P)2017 Audible Studios

  • Lu par : Marie ChevalotRenaud Dehesdin
  • Durée : 10 h 50
  • Gros souci avec le livre audio : de nombreuses erreurs techniques, des montages loupés, des répétitions, des hésitations, des mêmes phrases lues deux fois. Bref. Comme si le travail n'avait pas été supervisé ou corrigé. Un peu dommage, car les voix des comédiens sont irréprochables. J'avais écouté l'extrait avant de me décider, et j'avais été totalement séduite.

Quand Kira croise Grayson à la banque, elle pense avoir trouvé la solution à son problème : il est visiblement à la recherche d'argent et elle est prête à partager celui dont elle héritera si elle se marie. Il ne lui reste plus qu'à faire sa proposition, un peu inhabituelle. Apparemment, ils partagent bien peu de choses. Ils ont également des préjugés l'un sur l'autre. Mais, au cours d'un été, au milieu des vignes, ils vont apprendre à se découvrir, à s'apprivoiser, à découvrir que leur rencontre va peut-être leur permettre de trouver bien plus qu'un avantage financier.

⭐⭐⭐.5

17 juillet 2019

L'Aviatrice, de Paula McLain

L'Aviatrice audibleNe faisons point de mystère. J'ai adoré ce roman !

Il s'agit en fait de la biographie romancée de Beryl Markham. Cette contemporaine de Karen Blixen - entraîneuse de chevaux de course et pilote d'avion - a également connu une grande histoire d'amour avec Denys Finch Hatton (et une probable liaison avec le prince Henry).
Femme libre et indépendante, Beryl a toujours été éprise de grands espaces. Ayant principalement vécu au Kenya, elle a également renié les conventions de son rang et assumé toutes ses passions. Elle a ainsi traîné une réputation scandaleuse, échoué à devenir une petite épouse bourgeoise et défrayé la chronique mondaine.

À travers son portrait, c'est aussi une vision exaltante de l'Afrique qu'on redécouvre. Un continent magnifique et farouche - avec malheureusement une banalisation de la chasse et du safari - pour un voyage d'un autre temps. C'est aussi follement romanesque. Une plongée sensuelle et poétique pour raconter un parcours de femme audacieux et néanmoins incompris.
En clair, une lecture passionnante !

©2015 Presses de la Cité. Traduit par Isabelle Chapman (P)2016 Audible Studios

 

Disponible en format poche chez LdP (2017)

l'aviatrice

30 octobre 2018

Mort sur le Nil, d'Agatha Christie & lu par Samuel Labarthe

Mort sur le nil audiolibCe titre d'Agatha Christie est sans doute celui dont j'ai vu et revu le plus souvent l'adaptation TV, à tel point que l'histoire a fini par s'imprimer dans mes petites cellules grises. Je connais l'intrigue, je connais le dénouement, je connais les ruses, je connais les répliques... mais qu'importe. Je signe pour une nouvelle escapade et j'ai pris grand plaisir à voguer sur le Nil en compagnie de ces voyageurs crapuleux (la brochette de personnages est large et croustillante), en plus d'assister à un mélodrame de premier ordre, qui s'avère poignant jusqu'au bout. 

Scandale dans la bonne société anglaise ! La belle et riche héritière, Linnet Ridgeway, vient d'épouser son régisseur, Simon Doyle, auparavant le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Le couple convole en justes noces en Égypte, avec l'extrême désagréable surprise de trouver l'amoureuse déchue à leurs trousses. Voilà une attitude fortement désobligeante. Jacqueline se défend d'être jalouse ou haineuse, mais son attitude prouve tout le contraire. Hercule Poirot, lui, est également troublé pour l'entêtement de la demoiselle, dont il avait déjà croisé le chemin à Londres, alors qu'elle se trouvait en galante compagnie et ne cachait rien de ses sentiments amoureux. Pour notre détective belge, c'était assurément une démonstration excessive et préoccupante. Alors que ce joli monde embarque à bord de la même croisière sur le Nil, l'ambiance est aussi lourde de sensualité que de cupidité autour de ce singulier trio. Et le danger gronde...

Un très, très grand roman, admirablement lu par Samuel Labarthe, connu en tant que commissaire Laurence dans Les Petits Meurtres d'Agatha Christie (ou voix française de George Clooney). C'est divinement bon. N'hésitez pas à publier d'autres romans de la Duchesse du crime en format audio SVP !

©1937 Agatha Christie Limited / Éditions du Masque / Éditions Lattès. Traduit par Elise Champon et Robert Nobret

(P)2016 Audiolib :

 

 

 

10 mai 2015

En poche ! # 45

Une jolie moisson de nouveautés, pour de belles heures de lecture au parfum de vacances ! 

♦♦♦♦♦♦

 

Tombée du ciel   DIEU ME DÉTESTE   MISS ALABAMA ET SES PETITS SECRETS

Tombée du ciel, de Cecelia Ahern  [LU]

Dieu  me déteste, de Hollis Seamon

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg

 

VACANCES À L’ANGLAISE   LES COULEURS DE L’ESPOIR   LE BEAU MONDE

Vacances à l'anglaise, de Mark Haddon

Les Couleurs de l'espoir, de Julie Kibler

Le beau monde, d'Harriet Lane  [LU]

 

 

Londres par hasard   Une dernière danse   Un si beau jour

Londres par hasard, d'Eva Rice

Une dernière danse, de Victoria Hislop  [LU]

Un si beau jour, d'Elin Hilderbrand

 

L'oubli, d'Emma Healey   Les Dieux sont vaches

L'oubli, d'Emma Healey

Les Dieux sont vaches, de Gwendoline Hamon  [LU]

 

N'oublier jamais   GUIDE À L’USAGE DES JEUNES FEMMES À BICYCLETTE SUR LA ROUTE DE LA SOIE   À la claire rivière, de Katherine Webb

N'oublier jamais, de Michel Bussi  [LU]

Guide à l'usage des jeunes filles à bicyclette sur la route de la soie, de Suzanne Joinson

À la claire rivière, de Katherine Webb

 

ABOMINATION   LA MORT S’HABILLE EN CRINOLINE   LA DERNIÈRE CARTE

Abomination, de Jonathan Holt

La mort s'habille en crinoline, de Jean-Christophe Duchon-Doris

La dernière carte, de Carin Gerhardsen

 

Le duel   Ce qui n'est pas écrit   Un assassinat de qualité

Le duel, d'Arnaldur Indridason  [LU]

Ce qui n'est pas écrit, de Rafael Reig  [LU]   

Un assassinat de qualité, d'Ann Granger

 

Les suprêmes   La petite communiste qui ne souriait jamais

Les Suprêmes, d'Edward Kelsey Moore  [LU] ♥

La Petite Communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon  [LU]

 

28 décembre 2023

La Prophétesse (Le Lys de feu #1), de Jacquelyn Benson & Lu par Adelaide Poulard

La ProphétesseQuelle excellente découverte ! Où l'on rencontre Lily Albright qui est capable de voir le futur et qui se lance dans une enquête pour sauver son amie Estelle. En chemin, elle est épaulée par un séduisant et énigmatique lord, lui aussi doté de pouvoirs extraordinaires.

Ce premier tome des Charismatiques est certes introductif mais surtout passionnant. Il nous entraîne dans une société londonienne du début du XXe siècle. L'univers est extrêmement bien planté. Les mystères scientifiques côtoient les phénomènes surnaturels. L'intrigue se plie à un rythme soutenu (et la version audio est captivante). Le texte lu par Adélaïde Poulard est élégant et ne souffre d'aucune lassitude.

J'ai beaucoup aimé les personnages : Lily est une jeune femme indépendante, forte mais consciente d'un handicap familial que la bienséance pourrait blâmer. Strangford est un homme solitaire, un brin mystérieux mais éminemment fascinant. Leur relation va elle aussi gagner en confiance et en respect - un bonus très appréciable dans cette ambiance sombre et hivernale un peu flippante. Conquise, je suis.

Je suis d'ailleurs ravie d'apprendre que le deuxième tome, La Houle éclatante, a déjà été enregistré pour les studios VOolume avec parution le 2 janvier. Chic !

©2021 Rivka (P)2023 VOolume

27 juin 2023

Dolorine à l'école (Les Sœurs Carmines#3), par Ariel Holzl & Lu par Adélaïde Poulard

Dolorine à l'écoleCe troisième tome boucle efficacement cette série ! En combinant toujours aventures, humour et fantaisie.

C'est donc au tour de la plus jeune des sœurs Carmines de donner de la voix. Dolorine est expédiée dans un pensionnat et doit composer avec des événements bizarres en prétendant que tout est normal. Même sa fidèle peluche est anormalement imperturbable.

Mais ça va drôlement bouger dans les derniers chapitres. La ville de Grisaille va sombrer dans le chaos. Les frangines vont se retrouver. Et Nyx le héros de la fin va bondir ! Et rugir de plaisir. Hahaha.

Cette série découverte en audio a été un très, très chouette rendez-vous. Chaque livre a son propre caractère, son soupçon de folie douce et son univers d'inspiration gothique. J'ai beaucoup aimé nos trois héroïnes et leurs histoires pleines de panache.

C'était joyeux, entraînant, sombre et décalé. Miam ♥

©2022 Mnémos (P)2023 VOolume

  • Lu par : Adélaïde Poulard
  • Série : Sœurs Carmines, Volume 3
  • Durée : 6 h 30
  • Présentation : Pour Dolorine Carmine, la rentrée des classes est une bonne occasion de se faire de nouveaux ennemis. Cependant, la fillette n'a pas trop l'habitude de parler avec les vivants. Les fantômes, en revanche... Dans le pensionnat bizarre où elle a atterri, les spectres manquent pourtant à l'appel. Ont-ils été chassés par les horreurs des environs ? À moins qu'ils ne travaillent au laboratoire de Miss Elizabeth, la nouvelle institutrice ?
  • Personne ne semble avoir la réponse. Monsieur Nyx veut tout brûler. Mais Dolorine reste optimiste : en fouinant partout, elle finira bien par les retrouver !

⭐⭐⭐⭐

27 juillet 2022

L'Ange Mécanique (The Infernal Devices #1) de Cassandra Clare

Je viens de relire ce premier tome en livre audio (exclusivité audible). Cela m'a remis le pied à l'étrier car j'ai très envie de lire la suite maintenant. Plonger dans l'univers des Shadowhunters dans un Londres du 19e siècle. Retrouver les personnages. L'histoire. Les rebondissements. C'était parfait ! ♥

L'ANGE MÉCANIQUE

Endeuillée par la mort de sa tante, Tessa débarque à Londres sur l'invitation de son frère. Or, dès son arrivée, elle n'a aucune nouvelle de celui-ci et doit séjourner chez d'inquiétantes Sœurs Noires. Non seulement elles lui révèlent qu'elle n'est pas qu'une simple humaine et possède un don, mais elles prévoient aussi de la marier à un inconnu. Tessa est anéantie et prévoit de fuir dès que possible. 

Entre alors en scène Will Herondale. Un jeune Shadowhunter débordant de fougue et d'insouciance. Il va tirer Tessa de sa cellule et l'emmener à l'Institut dirigé par Charlotte et Henry Branwell. La jeune fille est accueillie, protégée et soutenue car la disparition de son frère Nate reste très préoccupante. Une enquête est rapidement ouverte et va conduire à un tourbillon d'aventures.

Ce premier tome dévoile donc beaucoup et peu sur l'intrigue. Et c'est très bien ainsi. Je ne cache pas non plus que l'ambiance du 19e siècle présente un attrait particulier, même s'il n'est pas poussé à fond non plus. Il faut dire que la vie au sein de l'Institut ne dispense aucune contrainte et fait fi de toute étiquette. Toutefois, c'est tout un microcosme qu'on observe et des personnages auxquels on s'attache.

Car le roman présente aussi le célèbre trio : Tessa Gray, Will Herondale et Jem Carstairs. La demoiselle est troublée, Will possède un charme fou mais se montre trop instable, tandis que Jem manifeste une grande sensibilité et une douceur qui ne peuvent laisser indifférente. Or, ces trois-là ont aussi leurs secrets. Leurs zones d'ombre. Leur passé. Et peut-être les révélations peuvent troubler les élans du cœur. Qui sait...

J'ai savouré ce moment de lecture, même si ce n'est pas nouveau, cela reste un univers riche et fascinant. Et j'ai apprécié scruter les indices et relever les références qui deviendront, par la suite, importantes. Croiser Magnus Bane, par exemple. Tracer les liens invisibles entre les familles. Bref. J'ai vraiment beaucoup aimé. Depuis le temps que j'envisageais d'y retourner... ♥

©2010 / 2012 Cassandra Clare / Univers Poche / Pocket Jeunesse. Traduit de l'anglais par Julie Lafon (P)2022 Audible Studios

⭐⭐⭐⭐

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