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Chez Clarabel
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19 octobre 2012

Un bon petit diable à la fleur de l'âge, La jambe légère et l'oeil polisson, Et la bouche pleine de joyeux ramages

directement de nos étagères, nous avons : 

  • L'inspecteur Cats   inspecteurcats  

Flic un peu voyou, amateur de kung-fu, champion de boxe anglaise et grand joueur de belote, l'inspecteur Cats a pour habitude de boucler ses enquêtes avec brio. La dernière en date (la disparition du lapin magicien Pouâlane) ne devrait pas faire exception à la règle, sauf si notre grand charmeur perd la tête devant les beaux yeux de Miss Tigri, ou de la diabolique Félicia Félix, à moins d'être mis k-o par l'ignoble Rat Tafia ou l'infâme docteur Fox. Bon, rassurons-nous, le brigadier Berlioz, bon pépère un rien maladroit, veille au grain car il ne voudrait pas que Cats se débrouille tout seul.

Divine ambiance, façon vieux polar au charme rétro, cette histoire met en scène un héros de génie, des méchants vraiment redoutables, de la bagarre, un peu d'amour et beaucoup d'humour. Une recette classique mais efficace. En plus, c'est gai et dynamique, illustré à la manière des bandes dessinées, avec des mélodies d'inspiration jazzy.

par Agnès Bihl et Eric Héliot (illustrations) - Actes Sud junior, 2012   

    -)  bande-annonce à découvrir : http://youtu.be/QhUzVRAHu3I

  •  Emile et Knack au restaurant emileetknack  

Encore un livre circuit ! C'est la mode, ma parole. Heureusement le principe m'enchante. Nous suivons donc monsieur Emile et son chien Knack (une saucisse sur pattes) en route pour une petite promenade dans le quartier. Midi sonne et Knack a le déclic : aussitôt il s'échappe et monsieur Emile tente de le rattraper. Il va devoir courir, le pauvre, et se glisser dans les coulisses du resto (des cuisines au frigo, en passant par la cave et les fourneaux) pour mettre la main sur son chien, avant de passer à table et avaler un bon petit plat bien mérité.

J'ai adoré cet album, chic et rigolo ! Thomas Bass, comme il se définit lui-même, a un style plutôt old-school, un genre d'ORTF avec de l'humour. J'ai savouré tous les détails et joué le jeu, encore une fois, avec mon petit doigt qui suit les pistes du chien ou qui cherche les objets perdus. Trop, trop facile. Mais j'adore.

par Thomas Baas - Actes Sud junior, 2012   

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15 octobre 2012

Betrayed by a kiss on a cool night of bliss

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Sans le vouloir, l'héroïne, Gabrielle Jerningham m'a fait beaucoup rire ! Décrite comme étant potelée et maladroite, elle rebute son fiancé attitré, Peter Dewland, qui a honte d'elle et refuse de l'épouser. C'est donc l'autre frère, Quentin alias Quill, qui se dévoue. Son problème, c'est qu'il a été accablé par une terrible maladie et doit désormais ménager ses efforts (physiques) pour éviter toute migraine. En gros, il est incapable d'accomplir ses devoirs conjugaux et d'offrir un héritier à sa lignée. Huhuhu.

On n'en finit plus de nous le présenter comme un type sombre et taciturne, sauf qu'il en pince pas mal pour la petite Gabrielle, dont la fraîcheur et la naïveté le comblent honteusement. Elevée aux Indes par un père excentrique, Gabby découvre les coutumes et moeurs anglaises avec une franche innocence. Pour masquer sa vulnérabilité, elle ne cesse de bavarder sans réfléchir. Bref, c'est l'association de deux individualités totalement opposées. Donc, forcément ça ne peut que coller !

Et pourtant... Au final j'ai été plus que déçue par ma lecture, parce qu'elle ne ressemble à rien, c'est excessif et ridicule à plus d'un titre. C'est dommage, car il y a des passages où la maladresse de Gabrielle prend des tours inattendus et offre de grands moments de rigolade (la scène du décolleté pigeonnant, par exemple) ! Une prochaine fois, peut-être, c'était le premier titre d'Eloïsa James que je découvrais, j'espère que le suivant ne me décevra pas autant.

Plaisirs interdits, par Eloïsa James
J'ai Lu, coll. Aventures & Passions, rééd. 2012 - traduit par Catherine Plasait

11 octobre 2012

Assez de ce monde qui tourne de travers. Rien, personne ne polluera cette journée. C'est décidé. Craché, juré !

Arthur aimerait un peu de calme et de douceur. Il aimerait juste un peu de tranquillité. Il aimerait croire un instant que le monde recèle de la magie et aussi de l'humanité. Il aimerait qu'on lui raconte des histoires légères qui montrent des visages amusés ou riants. Il aimerait croire que le bonheur est un mot, un vrai et pas seulement quelques lettres qui n'ont pas de sens. Arthur aimerait être tranquille, et pourquoi pas, joyeux.

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Quelle petite merveille de douceur et de vérité ! Enfin une histoire qui met des couleurs dans la tête et qui redonne un sens au mot BONHEUR. Autour de nous, il n'y en a que pour les mauvaises nouvelles, on accumule les drames, les angoisses, c'est sinistre et déprimant. On en oublierait presque qu'il existe un droit au bonheur ! Arthur a donc choisi de s'échapper et de profiter de la vie autour de lui, il regarde passer une procession de chenilles, écoute les rossignols énamourés se susurrer des chansonnettes avec coquinerie, puis rencontre Alice la merveilleuse et vole à ses côtés dans une montgolfière. Ensemble ils évoquent les voyages, les rêves, l'autre côté du miroir. Ils partagent chocolat, biscuit chocolat et bonbons chocolat, avec du rose aux joues, et ils échangent un baiser, des promesses, parlent d'amour.  

Enfin voilà, c'est beau, c'est poétique, c'est contemplatif. Cet album nous rappelle qu'il est permis d'être heureux et d'oublier le reste du monde, qu'il faut aussi apprendre à regarder le monde autrement, un monde où fruits, fleurs et baisers fondent sous la langue, dans le bonheur d'exister. Que de délicatesse dans les mots de Julia Billet et dans les illustrations d'Alice Bohl ... c'est un mariage classique et élégant, vraiment magnifique !

- Tu crois, toi, qu'il y a de la place pour nous dans tout ce fatras de drames, là-bas, en bas ?
- J'en suis sûre et certaine. Je sais qu'il y a le devant mais aussi le derrière des choses : j'en connais quelque chose ! Il suffit de prendre le temps de faire des détours et aussi, de ne pas se laisser hypnotiser par les images dans les boîtes ou sur les murs des villes. Elles viennent souvent cacher mille autres images, bien plus belles. 

 

Une bonne nouvelle, par Julia Billet & Alice Bohl (Océan Ti Lecteurs, 2012)

13 octobre 2012

“Would you play the gallant and find me a glass of lemonade?" "I assume 'lemonade' is code for wine?”

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Marissa a choisi de se débarrasser de son encombrante virginité en couchant avec un soupirant mais refuse de l'épouser ! La famille York pousse des cris d'orfraie et réclame des fiançailles avec le premier venu : ce sera Jude Bertrand, un ami proche, rejeton des amours d'une courtisane et d'un duc.

Le hic, c'est que Marissa trouve qu'il a un physique de jardinier, la demoiselle est superficielle et apprécie la beauté. Elle aime les mignons, qui ont de belles cuisses moulées dans leurs culottes, c'est avec eux qu'elle flirte en toute impunité. Ses frères lui font de gros yeux, sa mère tombe dans les vapes, mais Jude ne s'offusque pas : il la met au défi de se rendre irrésistiblement désirable. A l'entendre, elle ne pourra plus se passer de lui !

Que de prétention, que d'arrogance ... et que d'inconvenance aussi ! En gros, c'est génial ! Voilà une romance impertinente et coquine, dont le succès repose entièrement sur la magie du couple  (une héroïne chipie et un héros aux répliques mordantes, *applause*). J'ai adoré ! C'est drôle, sexy, effronté et charmant. (La parfaite petite lecture en ce weekend pluvieux.)

La Famille York, tome 1 : Coeur rebelle, par Victoria Dahl
Milady, coll. Pemberley, 2012 - traduit par Constance de Mascureau

5 octobre 2012

"Chocolate doesn't solve everything, Nana." - It solves a whole heck of a lot, though."

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Divin. Savoureux. Excitant. Drôle. Bête. Méchant. Injuste. Révoltant. Déchirant. Enfin, pff ! quoi. Ce roman m'en a fait voir de toutes les couleurs. Heureusement, j'ai adoré. L'histoire se passe dans un futur lointain, en 2083, à Manhattan, le chocolat et la caféine sont des produits illicites, d'où la contrebande et les activités mafieuses. Le père d'Anya Balanchine était un criminel très célèbre, aimé et détesté, il a finalement été assassiné sept ans plus tôt. Depuis, Anya tente de s'occuper de sa famille (sa mère aussi a été tuée) du mieux qu'elle peut.

Chez les Balanchine, la famille c'est sacré ! Et pourtant, même si elle a l'étoffe d'une meneuse, Anya tient à tout prix à se maintenir à l'écart des affaires crapuleuses de son clan, lesquelles se rappellent toujours à elle d'une manière ou d'une autre. On n'efface pas son nom, son passé, son héritage aussi facilement. De plus, Anya s'est entichée de Win Delacroix, fils du nouvel assistant du procureur, ce qui place notre jeune couple sous la bonne étoile des amants maudits. Youhou.

Mais bon, il est préférable d'en dévoiler le moins possible, de toute façon il se passe tellement de choses que l'ensemble n'est qu'une suite logique, mais il n'empêche, il y a des moments où les papillons voltigent allègrement dans le ventre, parce que c'est mignon, ne nous voilons pas la face, mais on pousse des râles de colère aussi, devant l'accumulation des problèmes ou les choix impensables à envisager. C'est follement romanesque, j'assume, mais c'est tellement bon. Il y a quelques petites imperfections, comme une construction bancale, la manie d'expédier des détails ou le refuge derrière le catholicisme que pratique l'héroïne avec ferveur (oui, parfois ça m'a gonflée). Rien de bien rédhibitoire non plus.

C'est un roman qui se lit avec une facilité décontertante, l'histoire est passionnante, dans un contexte excitant (bien entendu, j'ai pensé à Boardwalk Empire !), en plus les personnages sont vraiment attachants (Anya au caractère franc et frondeur, Win absolument romantique et craquant jusqu'au bout, Scarlet et son grain de folie, Natty et Leo pour leur détresse, et aussi Nana, Imogen, Yuji Ono...). J'ai totalement succombé à ce petit monde, me suis baladée avec bonheur dans cet univers et je suis impatiente de lire la suite (déjà disponible en VO !).

La Mafia du Chocolat, par Gabrielle Zevin
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit par Cécile Chartres

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10 septembre 2012

"Nous rapportons vos secrets. Vos secrets nous rapportent."

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Au 43, rue du Vieux-Cimetière, vit un jeune garçon de onze ans, Les Perrance, dont les parents se trouvent actuellement en Europe pour démontrer scientifiquement que les fantômes n'existent pas. Le problème, c'est que leur fiston croit tout le contraire. Et il a bien raison : sous la coupole de la maison, se trouve une certaine Adèle I. Vranstock. Propriétaire morte depuis des années, elle continue de hanter ses murs, jusqu'à ce que ses talents de romancière soient un jour reconnus, clame-t-elle.

C'est l'été, Ignace Bronchon, célèbre auteur de livres pour enfants, a loué la vieille demeure pour y écrire le nouveau volume de sa série à succès, mais il ignore qu'il devra cohabiter avec un enfant, un chat et un fantôme ! Forcément, il est très mécontent. Bronchon est un mauvais coucheur, qui doit reprendre de la plume pour des raisons financières, sauf que l'homme est frappé du syndrome de la page blanche. La belle aubaine, pour Adèle !

C'est une histoire qui se lit extrêmement vite, puisqu'elle n'est composée que de lettres et de coupures de journaux. L'ensemble est de plus très aéré et illustré par des dessins simples mais rigolos. Point de vue esthétique, c'est vraiment un chouette ouvrage ! Quant à l'intrigue, très classique, elle se laisse découvrir avec grand plaisir. Bronchon est un faux méchant, au départ son caractère est détestable mais il va évoluer au cours de l'aventure. Les et Adèle forment une jolie paire attachante, surtout quand on connaît les antécédents familiaux du garçon... Enfin bref, on passe un bon moment, l'ambiance est délicieusement rétro, tout en charme et en finesse. Je conseille ! 

43, rue du Vieux-Cimetière (Livre Un : Trépassez votre chemin) par Kate & M. Sarah Klise 
Albin Michel jeunesse, coll. Witty, 2012 - traduit par Mickey Gaboriaud

6 septembre 2012

Souvent, je me dis que la vie des gens qui ne peuvent pas aller dans les nuages doit être bien ennuyeuse.

extrait d'un petit roman ouvert par hasard, lu en quelques minutes (oui, oui), parfois il n'est pas nécessaire d'écrire des tartines pour attester sa qualité...

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C'est une histoire un peu folle, l'histoire d'un garçon qui se réfugie dans les nuages ou visite le fond des mers grâce à un poisson nommé Robert, il est aussi le roi des taupes, conservateur de musée, jardinier excentrique, grand explorateur et un aventurier hors pair. Il explore les rivières souterraines, dresse des cartes et se bat contre des animaux sauvages. Il râle aussi, il peste contre le dérangeur et le désordre sur sa planète, il insiste quand sa parole est mise en doute, il soutient que son histoire est vraie. Ce serait dommage de le contrarier. Ce texte aux accents oniriques est une jolie invitation à l'évasion et à la réflexion. (En effet, ce garçon ne raconte pas que des bêtises, voyons !) A considérer comme une fable, à lire à voix haute, tout en contemplant les illustrations d'Adrien Albert qui se fondent sans complexe dans cet univers de doux-dingue.

Le roi des taupes, par Olivier Rolin 
Mouche de l'Ecole des Loisirs, 2012 - illustrations d'Adrien Albert

29 août 2012

I need an easy friend. I do, with an ear to lend.

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J'ai été très agréablement surprise par cette lecture - encore des vampires ? une romance bidon avec des scènes d'acrobaties sexuelles toutes plus insensées les unes que les autres ? des personnages au glamour dévastateur, parfaitement risible que c'en est inquiétant ? Eh bien, non ! Ce livre ne ressemble pas à ses cousins ou frères éloignés, il est drôle, décalé, ne se prend pas au sérieux, propose une intrigue différente, avec une héroïne qui a grandi aux côtés de parents qui s'enrichissaient sur le compte des pauvres gens, une nana pas idiote non plus car elle n'est pas du genre à craquer pour un vampire... (Un vampire, c'est le Mal !)

C'est aussi un livre riche en références musicales, l'histoire tourne autour de WVMP Radio, la radio des vampires, où Ciara, l'héroïne, effectue un stage en marketing et craint un peu pour sa peau. Elle n'est pas folle, et même si le très séduisant Shane craque pour elle et fait tout pour la séduire, elle n'a pas envie de perdre la tête  pour si peu ! J'avoue, j'ai adoré leur romance. Il faut dire que Shane est un personnage canon et irrésistible (pour le coup, je suis folle !). L'intrigue n'est pas trop mal, une fois qu'on a adhéré au ton et au style du roman, on est quitte pour dévorer le reste. Je suis plus que tentée pour poursuivre la série, en espérant que la suite tienne aussi bien la route.

Le Sang du Rock, tome 1 : Wicked Game par Jeri Smith-Ready
Milady, coll. Bit lit, 2012 - traduit par Sébastien Baert

13 septembre 2012

Mais quel est son secret ?

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Après la fin de la guerre, à Moscou, la maman de Nina Volkovitch est arrêtée par des hommes en noir tandis que la jeune fille est envoyée dans un orphelinat. A quinze ans, celle-ci paraît aussi chétive qu'une enfant de huit ans. Elle a cessé de grandir et grossir pendant les années difficiles. Considérée comme une fille de traîtres, Nina s'endurcit et attend son heure pour s'enfuir et retrouver sa mère.

Ce roman est le premier tome d'une trilogie (parution rapprochée de la suite), et il ne laisse absolument rien filtrer de ses mystères. C'est ce qui m'a particulièrement séduite, en plus de son atmosphère quelque peu sordide et frileuse, nous sommes dans l'Union Soviétique de Staline, on y découvre les magouilles politiques, les traitements scandaleux infligés à ceux qui ne se montraient pas dignes du Parti, et il y a aussi l'influence artistique, notamment avec la peinture, qui tisse ses liens avec les ressorts cachés de la trame romanesque. La maman de Nina travaillait au musée d'art où elle s'opposait aux mesures drastiques du régime. Concernant son papa, on ignore encore où il est, ce qu'il est, mais cela fait partie de l'intrigue. Je vous laisse découvrir ce qui attend Nina, laissez-vous porter par son aventure fabuleuse et mystérieuse. Impossible de ne pas être tenue en haleine par son épopée !

Je tenais aussi à souligner le remarquable travail d'esthétisme sur l'ouvrage (couverture et liseré doré sur les pages). Quelque part, ce roman a fait naître le même enthousiasme qu'avait su susciter une lecture comme celle de Méto d'Yves Grevet. Vraiment une formidable découverte littéraire, à vous conseiller chaleureusement.

Nina Volkovitch, tome 1 : La Lignée, par Carole Trébor
Gulf Stream éditeur, 2012 - illustration 1ère de couv : Cali Rezo

26 juillet 2012

The Surprise of Her Life / The Sweetest Moment of His ♥

Me voilà coupable de séances de gloussement à répétition, après la lecture de cette délicieuse petite romance, gourmande et épicée, mais tant pis, parfois il est bon d'assumer son goût pour les friandises ! 

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C'est l'histoire d'une jeune Américaine, Sarah Hamilton, qui débarque fraîchement en Angleterre pour rencontrer son riche cousin, depuis la perte douloureuse de son pauvre père. La jeune femme a grandi dans un milieu austère, où la politique alimentait toutes les conversations et les ambitions, puis a poursuivi son éducation auprès de vieilles filles prudes et guindées. Résultat, Sarah est ravissante, franche, naïve et sans le sou. Son arrivée sur le sol anglais se solde par une nuit dans une auberge où on se méprend sur son compte (elle est seule, et rousse comme les prostituées !). Durant la nuit, un gentleman se glisse sous la couette de son lit et devine qu'elle lui est offerte en cadeau, et là ! c'est le scandale. Pour réparer cette supercherie, James Runyon, duc d'Alvord, s'empresse de joindre l'utile à l'agréable : il a besoin d'un héritier, aussi il souhaite épouser Sarah, mais celle-ci est complètement effarouchée par tant de précipitations et refuse avec obstination.

Bon, James ne s'avoue pas vaincu et se livre à une cour enjouée, coquine et entreprenante. De son côté, Sarah fait ses premiers pas dans la Société, avec son lot de désagréments et autres déconvenues, et en tire la conclusion que tous les nobles sont des libertins et des débauchés. A ses yeux, James ne fait pas exception à la règle. (Au début, c'est mignon de sa part d'avoir autant d'innocence et de pureté... mais à la longue, ça frise le ridicule !!! Et je ne parle pas du moment où le couple va croquer dans la pomme, de façon gloutonne et expéditive. Han, han, de qui se moque-t-on ?! Tsss.)

Cette petite romance, comparée à un gâteau au chocolat, est à savourer sans complexe, en quelques cuillerées gourmandes, cet écart n'y paraîtra plus ! L'histoire d'amour entre James, bougrement séduisant par son naturel et son culot, et Sarah, constamment affolée par sa découverte des moeurs anglaises, se veut légère, savoureuse et pleine de charme. Personnellement, j'ai apprécié leurs jeux amoureux, où l'effronterie se heurtait à la pudibonderie, c'était très souvent cocasse.

Dès leur première rencontre, on sent que le couple va nous servir un assortiment de plats sucrés-salés. D'ailleurs les tours et détours de leur intrigue, aussi improbables soient-ils, n'ont pas loupé de faire leur petit effet. J'ai suivi leurs aventures avec grand plaisir, et puis ça se lit tout seul, ce serait dommage de s'en priver. J'ai toutefois été grandement surprise par la crudité affichée par l'ennemi juré de James (son cousin jaloux, celui qui veut récupérer le titre de noblesse), tant de perversité assumée, franchement ça fiche les jetons mais au moins on ne fait pas semblant ! C'est la seule ombre au tableau, car la lecture se veut guillerette et sans retenue. Je ne manquerai pas de lire la suite, pour retrouver certains des personnages déjà présents dans ce 1er tome.

Le Duc mis à nu (Noblesse oblige #1), par Sally MacKenzie
Milady Romance, coll. Pemberley, 2012 - traduit par Vincent Basset

23 juillet 2012

“Are you telling me you think Ranger's a superhero ?”

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Ce troisième tome me voit atteinte de Stephanie-Plumite aigüe, c'est décidé, je passe l'été à Trenton, dans le New Jersey ! En effet, je ne fais que me bidonner avec les aventures complètement folles de notre chasseuse de primes. Sa dernière mission : dégoter l'Oncle Mo, le papy confiseur préféré de tout le quartier, du coup les bonnes gens grondent contre Stephanie qui veut le livrer à la police ! C'est vilain de sa part, elle le sait, mais elle a besoin d'argent. Alors elle va en baver, entre les coups de fil anonymes et les tentatives d'intimidation, la jeune femme a chaud aux fesses !

Même sa nouvelle acquisition automobile va lui en faire voir de toutes les couleurs, pour notre plus grand bonheur, car cela signifie le retour de la célèbre Buick 1953 !!! Pour son enquête, Stephanie se rapproche de Ranger, toujours aussi énigmatique et efficace, Lula et elle pensent d'ailleurs qu'il s'agit d'un super-héros et réunissent toutes les preuves pour s'en convaincre. Présentation de Lula : pétulante, rigolote, de l'argot à revendre, ancienne prostituée, actuellement embauchée chez Vinnie, en passe de devenir une chasseuse de primes, elle aussi !

Toutes les deux forment la paire : empotées, brouillonnes, fonçant bille en tête, souvent au coeur de situations compromettantes, elles nous régalent de courses-poursuites qui ressemblent à du grand n'importe quoi (le coup du cadavre qui atterrit sur leur voiture, puis le corps fourgué dans le coffre avec le pied qui dépasse, autour duquel un foulard a été glissé en guise de fanion !). Bref, on ne s'ennuie pas une minute.

Quid de l'inspecteur Morelli ? J'ai cru que ce tome allait faire la part belle à l'outsider, j'ai nommé Ranger, ce qui n'est pas déplaisant non plus, mais Morelli a tout de même ce charme canaille qui le rend particulièrement irrésistible, notre flic préféré surgit donc comme un beau diable hors de sa boîte, prêt à secourir Stephanie, ou lui faire du rentre-dedans, ce tome 3 nous offre vraiment de belles scènes, sexy, rigolotes, mettant nos nerfs à rude épreuve, dans tous les cas j'en redemande !

A la une, à la deux, à la mort (Stephanie Plum #3), par Janet Evanovich
Pocket (mai 2001) - traduit de l'américain par Philippe Loubat-Delranc

19 juillet 2012

“This is war,' I yelled through the door. -'Lucky for me,' Morelli said. 'I give good war.”

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Parce que je viens de voir le film, avec Katherine Heigl dans le rôle de Stephanie Plum, j'ai eu envie de renouer avec la série dont je n'avais lu que le tout premier tome, il y a déjà un bon bout de temps. Bien m'en a pris, car ce fut une vraie partie de rigolade ! Stephanie n'est certes pas la meilleure chasseuse de primes du New Jersey, mais elle n'a pas l'intention de raccrocher son tablier. Ses missions mettent du sel dans sa petite existence, et puis ses collaborations avec l'inspecteur Morelli valent le détour.

Son dernier prévenu, Kenny Mancuso, est aussi un vague cousin de Joe, ce qui expliquerait son implication dans l'affaire, mais Stephanie se méfie, car Morelli prend sans jamais donner en retour. Et pourtant, leur complicité fait vraiment plaisir à suivre ! Il y a de l'électricité entre ces deux-là, hmm, ça sent l'histoire en devenir, à tel point que le personnage de Ranger n'est qu'une ombre dans le décor, le type disparaît pendant les 3/4 de l'intrigue, avant de repointer son museau cinq minutes avant la fin.

Bon, cette série ne serait pas ce qu'elle est, si on ne pouvait compter sur sa brochette d'artistes de second plan. Mamie Mazur, pour commencer, est une grand-mère adorable, pimpante et carrément déjantée. Elle s'improvise assistante de sa petite-fille en l'accompagnant aux expos funéraires et en fourrant ses doigts partout. On trouve d'ailleurs de bonnes scènes d'anthologie dans ce tome, notamment chez la famille Plum, surtout lorsque Stephanie reçoit son paquet-surprise de New York, huhuhu, c'est d'un comique ! La trame policière met du peps à l'ouvrage, mais j'ai presque honte à avouer que ce n'est pas ce qui importe le plus non plus, en somme je déclare Trenton ma nouvelle destination pour les vacances !

Deux fois n'est pas coutume (Stephanie Plum #2), par Janet Evanovich
Pocket (juin 2000) - traduit de l'américain par Philippe Loubat-Delranc

10 juillet 2012

Chaque fin est aussi un nouveau début.

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Katie Sutton est une adolescente anglaise à la vie ultra banale. Elle a deux meilleures copines, Hannah et Loops, avec qui elle traîne au parc en retrouvant des garçons de leur âge, mais Katie fantasme comme une folle sur le beau Ben Clayden, sans espoir de retour. Elle vit à Brindleton, une petite ville qui s'étend comme une étoile de mer, où tout le monde connaît tout le monde.

Cet été s'annonce donc particulier puisque la mère de Katie va tomber amoureuse d'un homme plus jeune, plus écolo et tellement plus insupportable en tout que Katie et sa soeur aînée ont juré de le faire tomber en disgrâce. Dans le même temps, Katie s'est déclarée experte sur le comportement des Adultes et rédige un guide d'utilisateur (comment gérer ses parents sans peine), sauf que tout va de travers, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'ouvrage ! 

Rassurez-vous, la révolution n'aura pas lieu mais ça n'empêche pas de passer du bon temps entre les pages de ce livre, qui n'a nulle prétention sinon d'être déjanté et cocasse. Katie Sutton est une narratrice hors pair, avec un sens de l'auto-dérision qui suscite de grands sourires. Dans son genre, c'est un livre qui défend ses chances, le ton est léger et drôle, tendance sarcastique, à destiner surtout pour les jeunes lectrices (la narratrice a 13 ans).

Le journal de Katie Sutton (comment gérer ses parents sans peine) par Jenny Smith
Nathan, 2012 - traduit de l'anglais par Anne Delcourt
illustration de couverture : Diglee

21 juin 2012

“My name's Val, not Buffy. Do I look like a blond cheerleader with questionable taste in men?”

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Val Shapiro se transforme toutes les nuits en Tueuse de vampires. Cela permet d'alimenter en énergie sa moitié de succube qu'elle tente de refouler en elle, sauf que sa vie est frustrante. Sa famille vient de la mettre à la rue, ne supportant plus les risques inconsidérés qu'elle faisait courir à ses proches (sa demi-soeur Jen, par exemple).

Heureusement elle est recrutée par le chef de la Section des Crimes Obscurs et fait équipe avec un certain Dan Sullivan, qu'elle trouve de plus en plus à son goût. Mais comme elle a honte, ou peur, de sa part démoniaque (elle a donné le prénom de Lola à son succube), elle préfère se tenir à distance des autres et se sent donc très seule !

Chargée d'une enquête épineuse, Val va pouvoir se changer les idées, réaliser que la ville de San Antonio regorge de créatures maléfiques et combattre le Mal pendant qu'il est encore temps. De plus, elle est assistée d'un chien-démon, baptisé Croc, qui fait preuve d'un humour mordant. Dans l'intervalle, Val fera la rencontre opportune de son *cousin* Micah et compte énormément sur lui pour apprivoiser la bête qui dort en elle.

Voilà grosso-modo pour ce premier tome d'une série qui s'annonce, ma foi, pas trop mauvaise, mais pas transcendante non plus. Je pense que toutes les bases sont posées, pour permettre à l'auteur de mieux s'éparpiller par la suite afin d'enrichir son univers. Déjà son héroïne est attachante, pas chipoteuse, c'est une fonceuse, une vraie, qui réfléchit beaucoup et qui sait se poser les bonnes questions (elle n'a que 18 ans aussi). Elle a également besoin de tendresse, et d'amour, sans que ça tourne à l'obsession non plus. 

J'ai apprécié ce mélange de force brute et de délicatesse, de prise de conscience et d'action dure et violente (ça reste de l'urban fantasy). Je n'ai peut-être pas envie de lire la suite immédiatement, mais j'y reviendrai sans doute car quelque chose m'a intriguée dans cette série.

Demon inside, tome 1 : Mords-moi par Parker Blue
Baam! éditions J'ai Lu, 2011 - traduction d'Emilie Etcheverry

14 juin 2012

"Sometimes love was not about winning, but about wise sacrifice and the realiability of friends."

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Ce recueil de quatre histoires, ancrées dans l'univers de Lauren Kate, est une parenthèse dans la série, un petit détour du droit chemin avant de retrouver le dénouement à paraître cet automne (octobre 2012).
Shelby et Miles viennent de franchir un Annonciateur, pensant être de retour à Shoreline, en Californie. Au lieu de ça, ils sont quelque part en Angleterre, à l'époque médiévale. Miles perd sa casquette préférée, la guigne, Shelby en profite pour jeter un oeil plus loin afin de retrouver Luce. Au cours de cette courte aventure, nos deux amis vont se découvrir des sentiments nouveaux l'un pour l'autre, c'est mignon et drôle à la fois.
Puis arrive Roland, dans sa tenue de chevalier. Il est d'humeur nostalgique, car il vient de retrouver son amour perdu, Rosaline. Il sait bien que son erreur du passé est impardonnable, mais il compte bien lui faire un dernier petit cadeau d'adieu en empêchant son compagnon de partir à la guerre.
Puis c'est l'histoire d'Arriane, amoureuse d'un démon, Tessriel. Et enfin, Daniel et Luce, nos amoureux maudits. Pour la première fois, ils vont pouvoir passer une nuit de la Saint-Valentin ensemble, sans craindre la malédiction. L'histoire est très romantique, fabuleusement plantée dans un décor où règne une profusion de fleurs.
Cerise sur le gâteau, le livre offre un avant-goût du dernier tome, Volupté, avec un extrait du prologue et du chapitre 1.

Amours damnées, par Lauren Kate
Bayard jeunesse, 2012 - traduit par Danièle Darneau 

21 mai 2012

"We teleported. Like in Star Trek or Harry Potter, sort of. No! Like in Dr. Who if you think of the Tardis! Holy canola !"

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Voilà le quatrième et dernier tome de la série, qui se veut une bonne conclusion pour une lecture charmante et souvent pleine d'humour. Le seul défaut de ce tome-ci, comme pour le précédent, repose dans les longueurs. Après tout, j'estime que l'auteur aurait pu goupiller les deux livres en un seul pour rendre son intrigue encore plus entraînante et riche en intensité dramatique et romantique.
A ce propos, Zara est toujours confrontée à son casse-tête sentimental, entre Nick, son premier amour, et Astley, le roi lutin qui a toute ma préférence, la jeune fille a du souci à se faire, sans oublier la menace de l'Apocalypse, le roi Frank et Isla la folle qui veulent la zigouiller, les kidnappings répétés des habitants de Bedford, bref Zara qui rêvait de sauver le monde va pouvoir réaliser son vieux rêve !
C'est seulement dans la deuxième partie du roman qu'on entre dans le vif du sujet, avec un sacré twist dans les derniers chapitres qui risque de vous inspirer des cris d'horreur. Je n'en dévoile pas davantage, mais j'ai traversé un petit moment de flottement à ne plus savoir quoi penser. Là, je dois avouer, Carrie Jones a été grandiose !
Avec son style enthousiaste et souvent maladroit, l'auteur a réussi à mener sa série vers une issue honorable, sans prétention, et c'est ce qui m'a tout le temps plu au cours de la lecture. Je me suis amusée, j'ai un peu rêvé, j'ai été bluffée, j'ai pesté, j'ai soupiré, mais au final je ne regrette pas cette découverte, cela ne fait pas de cette série un rendez-vous incontournable, juste un bon moment à passer.

Désolation (Envoûtement #4) - Carrie Jones
City éditions, 2012 - traduction d'Ariane Maksioutine 

25 mai 2012

Elle est à tout le monde, la mer ! Tout le monde... A nous aussi, y a pas de raison !

- Oui, on va aller à la mer, déclare-t-elle d'un ton absolument résolu. La vraie mer, celle qui est à 503 km, qui a des vagues, qui porte les bateaux, celle qui va loin, loin, jusqu'en Amérique...
- Celle qui est salée ! crie Johnny.
- Celle qui a des crabes ! crie Noah.
- Des pirates ! Des requins ! hurle Noah.
- Des baleines ! Des sirènes ! ajoute la maman en riant.
- Et du saumon fumé, dit Johnny pour voir ce que ça fait de mettre de la poésie dans la conversation.
Et il va ajouter : « Et des beignets. Au chocolat, même, des fois. » 

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Johnny n'est pas un élève brillant, certaines choses le dépassent, comme la poésie ou les livres à la bibliothèque. Il aime bien y aller toutes les semaines, avec sa classe, mais ce qu'il préfère ce sont les voyages en bus, sa place derrière le chauffeur, pour bien voir la route.

A la maison, la famille ne sort pas beaucoup et ne peut pas se payer des vacances non plus. Est-ce que ça le chagrine, Johnny ? Non, pas vraiment. C'est sa maman qui a soudain le blues et qui décrète qu'ils iront, eux aussi, cet été à la mer, la mer qui se trouve à 503 km. 

Voilà un roman pétillant, optimiste, jovial et léger comme une bulle. C'est un petit texte à l'effet magique, qui évoque les rêves et la poésie, avec pour héros un garçon très attachant, gentil, simple et attendrissant. Je ne vous raconte pas le bonheur que cette lecture procure... A découvrir, tout bonnement ! 

Je veux aller à la mer (Où l'on apprend que la mer est à 503 km) par Jo Hoestlandt, illustré par Jean-Pierre Blanpain
Oskar éditeur, coll. Trimestre, 2012 

13 mars 2012

Julie Faulques et Olivier Latyk adaptent Jack et le haricot magique & Blanche Neige

Très jolie, cette collection Tam Tam des éditions Tourbillon. On reprend les classiques, avec une touche plus contemporaine grâce aux illustrations de Julie Faulques et Olivier Latyk dans le cas présent. 

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Jack et le haricot magique, adapté par Camille Guénot & illustrations de Julie Faulques

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Blanche-Neige, d'après les frères Grimm & illustrations de Olivier Latyk

-) des adaptations plus abordables pour les jeunes lecteurs, des albums aux couvertures cartonnées, des formats pratiques pour les petites mains, des illustrations rigolotes, surtout celles d'Olivier Latyk qui dépoussièrent la version classique des frères Grimm... de chouettes lectures, donc, pour les amateurs de contes traditionnels.

11 mai 2012

♪♫ Rockoholic ♪♫

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Le roman s'ouvre sur un enterrement, celui du grand-père de Jody. C'était un type original, rock-n-roll dans sa façon de vivre et de penser. C'était un modèle pour la jeune fille. Aussi, elle tire une tronche de vingt kilomètres au cours de la cérémonie trop traditionnelle et pompeuse. Jody est en guerre avec sa mère, alors elle décide de pirater les ondes et de semer la zizanie en mémoire de son aïeul.

Résultat, Jody est punie et interdite d'aller au concert de son groupe préféré, The Regulators. Elle s'enfuit de chez elle et se réfugie chez son meilleur pote, Mac. Celui-ci lui offre son billet pour qu'elle puisse vivre son rêve pour de bon, car Jody est folle amoureuse du leader du groupe, Jackson Gatlin.

Elle est prête à tout pour attirer son attention, et c'est de bon matin qu'elle se rend dans la file d'attente pour être placée au premier rang. Le temps s'écoule lentement, alors Jody fait preuve de sarcasmes en observant la foule des fans. Mac vient de temps à autre lui tenir compagnie, parce qu'il faut tout de suite le souligner, ce garçon est génial ! Un vrai soutien. Un amour de copain. Une patience du tonnerre. Une écoute sans faille. Une présence sûre. Bref, spécimen à adopter de toute d'urgence.

Jody se sert honteusement de son amitié, sans réaliser qu'il y a peut-être un petit quelque chose derrière. Elle est aveuglée par Jackson Gatlin, complètement mordue par cet inconnu qu'elle croit connaître à travers les coupures de journaux. Et lorsque l'occasion se présente, elle + lui seuls au monde, la jeune fille prend une décision radicale. Elle embarque Jackson loin de son monde de pacotilles, le rockeur est épuisé, usé, drogué par les amphétamines, en mode zombie sous hallucinogène.

Cette rencontre providentielle va vite ressembler à un cauchemar sans nom, puisque Jody va découvrir une autre facette de son idole... et la déception est rude. De plus, la presse fait les gros titres sur la disparition du chanteur, il va falloir trouver une solution, finir de jouer la comédie et forcer Jackson à sortir de sa coquille.

Le situations les plus cocasses vont se succéder, Jody est une héroïne tordante à sa façon, qui ne manque jamais de ressources et qui fait face sans rechigner, cette parenthèse dans sa vie va lui apporter beaucoup, comme de calmer ses relations tendues avec sa mère. Et puis le roman ne cache rien de l'envers du vedettariat et de la folie adolescente et du sentiment jusqu'au boutisme qui frappe un peu tout le monde lorsqu'on cherche à échapper aux contraintes. Enfin bon, ça reste une lecture traitée sur le mode humoristique, mais qui se révèle assez conventionnelle à la longue.

Rock Addict, par C.J. Skuse
Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2012 - traduction d'Alice Marchand 
illustrations de couverture : Anne Simon 

16 mai 2012

TrAquEUr !

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J'ai entamé cette lecture par hasard, sans la moindre idée de ce qui m'attendait, et aussitôt les premiers chapitres avalés, aussitôt j'étais tenue en haleine. Je n'ai plus voulu refermer le livre avant la fin ! C'est l'histoire d'un adolescent de quinze ans, Jake, passionné de comics d'épouvante, qui mène une existence simple et ordinaire. Les parents du garçon travaillent à l'institut Hobarron où se tiennent des activités scientifiques subventionnées par le gouvernement, du moins c'est ce qu'il pense.

Il suffira d'une rencontre avec un type au teint blême, nommé Quilp, et de son familier, M. Pinch, pour comprendre qu'une terrible menace démoniaque pèse sur leurs vies. Jake va l'apprendre brutalement, ce qui ne fait qu'accentuer le rythme de l'histoire. Une course contre la montre vient de débuter, Jake doit décamper et se réfugier dans le Creux d'Hobarron, un village au milieu de la forêt, où plusieurs présages annonçant la Déferlante vont s'abattre. Et c'est le garçon qui serait à l'origine de tout, son père lui a demandé de pousser son enquête, de trouver des réponses pour empêcher la catastrophe, au risque de révéler certaines vérités pas bonnes à entendre.

Bien ficelée, l'histoire joue cartes sur table pour nous étourdir et nous emporter. La cadence est infernale. C'est aussi un vrai récit d'épouvante, avec des tentatives de meurtre, des malédictions, des vengeances et des sacrifices... On y croise des créatures qui font froid dans le dos, des démons, des sorciers, des jeunes gens paumés qui veulent sauver le monde, un chat obèse aussi ! Bref, cette lecture a plus d'un tour dans son sac, elle surprend, elle étonne, elle séduit et elle vous colle à votre fauteuil. Tous les amateurs de la série L'Epouvanteur de Joseph Delaney ne pourront qu'adorer !

Traqueur (tome 1) par William Hussey
Castelmore, 2012 - traduit de l'anglais par Nenad Savic 

25 avril 2012

“You make me feel things, Beth. That's why you have to stay. Hell's whole lot brighter with you in it.”

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Cette suite de Halo est intéressante sur un certain plan, l'auteur nous fait découvrir un autre univers, celui de Hadès, le royaume des enfers, avec de nouveaux personnages confrontés à leurs horreurs, et les assumant pleinement. C'est véritablement la face sombre de la trilogie, après la démonstration des talents des anges, de la nécessité de leur présence et de leur mission sur Terre...
Bethany a donc été enlevée par Jack Thorne, conduite à Hadès pour y être consacrée princesse du Troisième Cercle. Elle se voit dans l'incapacité d'en sortir ou de contacter ses proches. Cette situation la mine, mais elle tient tête à son tortionnaire, lequel fait étrangement preuve de délicatesse et de patience avec elle. C'est aussi l'élément qui rend ce tome plus excitant, Jack nous apparaît toujours aussi diabolique et dangereux, mais il n'en est pas moins mystérieux. Il semble sincèrement attiré par Bethany, sensible à ne pas la décevoir pour gagner ses faveurs. Il n'ignore pas l'amour qu'elle porte à Xavier, simple mortel, sauf que cet amour est interdit et qu'il a encore toutes ses chances de son côté. 
Dans cette optique, on pense que des personnages comme Ivy ou Gabriel vont être relégués au second plan, mais pas tant que ça. Après un léger flottement, ils vont organiser la contre-attaque pour sauver Bethany, et c'est par un procédé ingénieux que l'auteur nous permet de suivre l'histoire en parallèle. C'est ainsi que nous retrouvons un Xavier plus acharné que jamais pour arracher sa douce des mains de l'Enfer... 
Globalement l'histoire n'est pas déplaisante, mais j'avais trouvé qu'elle était plus mignonne et romantique dans le premier tome. Cette fois, j'ai été gênée par l'influence religieuse et l'affrontement entre le Bien et le Mal qui est très marqué, à mon goût. L'épilogue aussi a des risques de vous soutirer quelques larmes d'amertume, alors qu'une certaine déclaration fait véhiculer un message à prendre avec des pincettes (pour moi, ce sont des valeurs niaises, attention car cette lecture s'adresse essentiellement à des jeunes lectrices de 12 ans, il ne faudrait pas qu'elles prennent ça pour du pain bénit, mais ceci n'est que mon humble avis !). L'histoire se termine en chute libre, de quoi espérer un troisième tome final qui exigera encore plus de sacrifices chez notre jeune couple. 

L'amour interdit, tome 2 : Hadès par Alexandra Adornetto
Pocket jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (Australie) par Leslie Boitelle

5 mai 2012

..it hit her like a mallet to the temple, the realization that she was in love with him. Stupidly, dreadfully in love with him.

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Pendant un long, long, long moment, j'ai adoré ce que je lisais. Le couple Tremaine, séparé depuis dix ans, veut divorcer. Une farouche bataille s'engage alors, Gigi souhaite retrouver sa liberté pour épouser un nouveau parti, mais Camden, exilé à New York, rentre aussitôt au bercail pour exiger d'elle un héritier. Cette ultime humiliation est la suite logique d'une série de coups bas dont leur union a fait les frais. Aujourd'hui le couple est trop orgueilleux pour admettre qu'une attirance est encore perceptible entre eux, et puis l'amertume née d'un sentiment de trahison a fini de les éloigner.

Le couple s'acharne donc à se disputer et s'agacer du mieux possible, donnant ainsi des joutes verbales absolument jubilatoires. Heureusement l'histoire alterne aussi avec le passé, permettant de suivre la première rencontre de Gigi et Camden, une rencontre placée sous le signe de l'espièglerie, de la séduction et de l'audace. Camden pensait alors en épouser une autre, Gigi a rusé et a raconté un mensonge pour le détourner du droit chemin, résultat le couple s'est fiancé dans la joie et l'allégresse, et le soir de la nuit de noces, la vérité a éclaté et Camden a pris la poudre d'escampette.

Tous les deux sont maintenant bêtes et butés, ils préfèrent se convaincre que tout est fini entre eux, alors qu'on voit bien que l'alchimie est intacte. Ils se comprennent, sont encore sensibles aux charmes de l'un et l'autre, et puis ils ont changé aussi, dans le fond Gigi n'est plus capricieuse et égoïste, Camden s'est adouci, les dix années de séparation ont eu du bon ! Mais que de perte de temps... Peut-être la situation tend à s'éterniser et la lecture perd de sa saveur dans la deuxième partie. Cela n'enlève pas le charme, l'éclat et la vitalité de cette jolie romance, autour d'un couple explosif et de leur relation tumultueuse. Il faut aimer le style pétulant, en ce qui me concerne cela a été une vraie partie de plaisir.

Arrangements privés, de Sherry Thomas
J'ai Lu Aventures & Passions, 2009 - traduit de l'anglais par Anne Busnel 

15 mars 2012

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?

La Fontaine, Chedid, Huot ou Prévert : des poètes d'hier et d'aujourd'hui déroulent le fil de la vie et vous invitent au partage des mots entre générations. 

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C'était mon clin d'oeil pour le printemps des Poètes, avec cette anthologie de poèmes illustrés par Aurélie Guillerey (je ne me lasse pas de son talent !).

Pourquoi ma grand-mère tricote des histoires ?
Sélection proposée par Célia Galice et Emmanuelle Leroyer - Préface de Georges-Emmanuel Clancier
Bayard jeunesse, 2012 

PRINTEMPS-DES-POETES

affiche illustrée par Joëlle Jolivet

21 avril 2012

You can dance, you can jive, having the time of your life...

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L'idée de base du roman est tellement tentante : pouvoir parler à celle qu'on était trois ans plus tôt, la prévenir des erreurs à éviter, des mauvaises rencontres à contourner, des devoirs à travailler, des efforts à fournir, etc. L'avenir n'en serait-il pas meilleur ? C'est ce que cherche à nous raconter ce roman. Devi se trouve au centre commercial au moment où son téléphone valdingue dans une fontaine. L'appareil n'est pas mort, mais une nouvelle option s'offre à elle : être en ligne directe avec l'adolescente qu'elle était, en seconde.

C'est trop beau pour être vrai, Devi a 17 ans et demi, son coeur est brisé par la faute de son petit copain, elle choisit de prévenir son passé de ne pas sortir avec ce garçon. Et c'est là que tout s'emballe, son présent se modifie au fur et à mesure que la Devi de 14 ans opère des changements, ces derniers ont des conséquences plus ou moins lourdes, de quoi exciter notre héroïne, jamais contente, toujours à l'affût, elle-même déstabilisée par une vie de tous les jours qui ne cesse de connaître des soubresauts. Les Devi sont à la fête, car faire la navette entre le passé et le présent a de quoi vous donner le tournis !

Pour le lecteur, c'est une vraie partie de plaisir. C'est surtout la découverte des situations nouvelles qui s'offrent à la Devi du présent qui sont hilarantes, un jour elle est réconciliée avec ses meilleures amies, l'heure d'après elle embrasse un type, quelques temps plus tard c'est une autre histoire, et tout ça avec l'expérience du vécu qu'elle croyait sien jusqu'à présent (c'est très compliqué, je sais !).

L'intrigue est virevoltante, jamais reposante, heureusement elle montre aussi qu'on ne peut pas toujours jouer avec le destin, et qu'en voulant changer le passé on bouleverse certaines cartes en générant des crises d'une autre envergure. La valse des lettres pour les entrées à l'université, par exemple, est un excellent point de repère quant au tourbillon que vit Devi. C'est aussi devenu le leitmotiv de notre héroïne en Terminale, à tel point qu'elle finit par harceler son double plus jeune.

Et la question se pose : jusqu'où peut-on dicter sa vie, s'empêcher de s'en remettre au hasard, accepter les coups du sort, admettre que cela fait partie du jeu aussi... car c'est à partir de ses erreurs qu'on apprend à se construire ! C'est sur cette note que le roman se boucle, d'ailleurs : non, on n'échappe jamais à son destin. Voilà de quoi faire réfléchir et s'interroger sur qui l'on est et ce qu'on le veut dans la vie (à part grandir !).

Parle-moi !, par Sarah Mlynowski
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Claudine Richetin 

18 avril 2012

“I learned long ago that it does no good to think too far into the future. There is only here. Only now.”

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Cette suite est toujours aussi sombre et pesante, ce qui lui confère définitivement tout son charme ! Lia et son amie Sonia se sont réfugiées à Londres, avant d'entreprendre un voyage jusqu'à une île nommée Altus, afin de retrouver les pages manquantes du livre légué par son père. La prophétie a éloigné les deux soeurs, Alice a basculé dans la magie noire et son âme est dévorée par la jalousie et la folie. Lia prend aussi conscience qu'une réelle menace pèse sur elle et ses proches, d'ailleurs ça ne manque pas et un nouvel élément vient brouiller les pistes. Lia doit repenser son voyage, revoir sa confiance, surveiller son sommeil durant lequel ses rêves l'emportent vers des ailleurs terrifiants.
Un nouveau personnage fait également son apparition : Dimitri Markov. C'est peu de dire que sa relation avec Lia relève du coup de foudre. J'aime beaucoup, je me demande ce que tout ça va donner, pour l'instant je suis totalement séduite par les qualités, assez rares en jeunesse / young adult, de cette série : un rythme nonchalant, une atmosphère mystérieuse et un brin inquiétante, un cadre gothique, des personnages complexes et attachants, bref c'est envoûtant !

Maudites, tome 2 par Michelle Zink
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2010 - traduit de l'anglais (USA) par Laurence Kiefé
le tome 1 est disponible en Livre de poche 

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